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  • il y a 3 heures
Pascal Praud revient pendant deux heures, sans concession, sur tous les sujets qui font l'actualité. Une émission durant laquelle VOUS avez la parole. Vous pouvez réagir en appelant le 01.80.20.39.21 (appel non surtaxé) ou sur les réseaux sociaux d'Europe 1 (Facebook , X et Instagram).

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Transcription
00:0116h18, Pascal Proé-Vous sur Europe 1.
00:04Julien, avec qui nous étions avant 16h30 et qui avait envie de réagir.
00:09Vous êtes surveillant pénitentiaire, vous êtes dans quelle région ?
00:12Vous avez le droit de le dire ou vous préférez que ce soit anonyme ?
00:16Non, je peux le dire, sachant qu'en plus j'ai un mandat syndical là où je suis,
00:22donc là j'ai aucun souci là-dessus. Je suis sur l'Occitanie.
00:26– Est-ce que vous sentez sur le terrain une société plus fracturée, plus violente qu'elle ne l'était
00:33?
00:33Je ne sais pas depuis combien de temps vous travaillez dans les prisons,
00:36mais c'est un laboratoire, forcément une prison, Julien ?
00:38– Tout à fait, tout à fait.
00:40Alors moi je suis rentré dans l'administration pénitentiaire en 2014
00:44et depuis maintenant deux ans, je travaille dans un service d'extraction judiciaire.
00:49Donc en fait, je fais le même travail que nos deux collègues,
00:52malheureusement décédés au péage d'Incarville.
00:55Et oui, clairement, oui, depuis, on a vu un glissement de toute façon,
01:00alors que ce soit déjà d'un point de vue de la population pénale,
01:02on a vu un glissement avec une population pénale de plus en plus vindicative,
01:07que ce soit avec nous sur le terrain, que ce soit avec, également,
01:11parce qu'on travaille étroitement avec la police,
01:13quand ils viennent les chercher en détention pour les emmener en garde à vue
01:17ou pour des auditions.
01:18Et puis il y a aussi un autre facteur aussi, depuis quelque temps,
01:21qui se développe de plus en plus,
01:23c'est que nous sommes sur la voie publique de plus en plus apostrophés,
01:28suivis, insultés, voire des fois avec des tentatives de légères collisions
01:35quand nous sommes dans les villes.
01:38Enfin voilà, il y a vraiment une haine qui se développe de plus en plus en France.
01:43Et ça, malheureusement, ça a été un glissement qui a commencé depuis 20-30 ans
01:48et qui a connu une accélération depuis 10 ans.
01:51C'est indéniable.
01:53On a le sentiment d'un engrenage.
01:55Ça fait plusieurs fois que j'utilise ce mot.
01:58Et cet engrenage inquiète.
02:01Ah mais clairement, là on est, la roue a tourné doucement au début
02:06et puis là finalement, elle est en train de perdre les pédales
02:09et puis elle est en train de s'accélérer.
02:11Et le problème, c'est que cette situation, pour moi,
02:15vient aussi d'un fait que depuis 10 ans, 20 ans, 30 ans,
02:19on a refusé à chaque fois de nommer les choses
02:24tout de suite en se cachant de fachos, etc.
02:28Non, tout ça est un équilibre.
02:30Le socle commun sur lequel tout le peuple français doit s'établir,
02:35c'est un socle où il y a d'un côté le social
02:39qui est inévitable et utile.
02:41Là-dessus, personne ne dira le contraire.
02:43Mais le côté sécuritaire, en fait, a été complètement balayé.
02:48Et je le dis, que ce soit par la gauche et aussi par la droite,
02:54parce qu'il ne faut pas l'oublier quand même que les années Sarkozy
02:56ont vu aussi un certain nombre de postes enlevés dans la police
03:00qui aussi les a fragilisés au niveau du renseignement, au niveau du terrain.
03:04Aujourd'hui, on peut saluer, moi je salue en tout cas,
03:08mes confrères de la BAC dans le 78,
03:11qui font quand même partie d'un groupement
03:14qui veut être dissous par certains candidats à la présidentielle
03:17et qui aujourd'hui, sans eux,
03:18et bien cette personne aurait pu faire beaucoup plus de dégâts.
03:22C'est vrai qu'on le dit depuis 16h, la BAC.
03:24On peut rappeler d'ailleurs, les gens entendent ce mot BAC, Stanislas,
03:28on peut rappeler ce qu'est la BAC,
03:31qui intègre la BAC et comment elle fonctionne ?
03:35Alors ce sont des brigades anti-criminalité,
03:37c'est leur terme consacré,
03:39qui sont en fait spécialisées pour faire notamment de l'interpellation
03:42dans le cadre du flingue en délit.
03:43Ils sont aussi formés d'ailleurs aux violences urbaines,
03:45c'est intéressant de le rappeler,
03:47puisque souvent ils interviennent pour aller interpeller des,
03:50alors appelons-les comme on veut, manifestants, émeutiers,
03:54c'est le terme consacré plutôt en ce moment,
03:56et qui sont aussi amenés à porter secours,
04:00parce qu'ils ne font pas que de l'activité répressive,
04:02c'est important de le rappeler.
04:04Et je salue aussi le courage des collègues de la pénitentiaire,
04:08parce que je sais que leur travail est extrêmement difficile,
04:10je sais que d'ailleurs,
04:12quand M. Darmanin avait créé les nouveaux quartiers
04:15de lutte contre la criminalité organisée,
04:18beaucoup d'ailleurs de vos collègues, cher Julien,
04:20ont été suivis jusqu'à leur domicile,
04:22il y a des établissements pénitentiaires qui étaient menacés,
04:25donc le climat d'ultra-violence,
04:27c'est vrai qu'il s'est installé en toute impunité dans la société,
04:31et nous on dit que la violence,
04:33elle devrait être une cause nationale,
04:35et qu'en fait il faudrait un jour essayer la fermeté.
04:38Un jour essayons la fermeté.
04:39– Et ces gens qui travaillent à la BAC,
04:42qui sont des policiers d'élite,
04:44je ne sais pas si c'est le terme qui convient,
04:46ils sont généralement jeunes,
04:47parce que ça demande une forme physique,
04:51bien sûr, parce que tu es amené à courir parfois,
04:55et ce sont donc des jeunes inspecteurs ?
04:58– Alors non, en fait, ce sont pour la plupart du temps des gardiens de la paix,
05:02c'est-à-dire le corps d'encadrement et d'application,
05:04ils passent des tests,
05:06et ils ont une habilitation notamment,
05:08qui est dans un certain temps, je dirais, confortée,
05:13ils ont des formations notamment continues,
05:16alors quand c'est possible,
05:17parce que ça aussi c'est le parent pauvre,
05:20évidemment de la police nationale,
05:22c'est la formation continue dans nos rangs,
05:24et surtout ils sont parfois un appui extrêmement important
05:28pour les collègues par exemple du Servi Général,
05:31de la police secours de voie publique,
05:34parce que quand sur le terrain ça devient compliqué,
05:36qu'on est en sous-nombre par exemple,
05:38et bien c'est bien de pouvoir savoir compter sur les autres.
05:40Alors nous on n'utilise pas le terme d'élite,
05:43parce qu'on essaie de ne pas faire de hiérarchie,
05:46il y a des groupes d'intervention qui sont surentraînés,
05:48et puis qui interviennent sur les situations les plus à risque,
05:51comme le RAID, les BRI, le GIGN,
05:54et puis il y a les brigades anticriminalités,
05:56qui je le rappelle encore une fois,
05:57sont formées aussi pour notamment intervenir
06:01sur ce qu'on appelle de la tuerie de masse,
06:03et ça aussi, ça permet de montrer que,
06:06je dirais, les collègues heureusement qu'ils sont là,
06:08heureusement qu'ils sont engagés.
06:09ais ?
06:09Alors là,

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