00:00Europe 1, la France bouge, 20h30, 21h30, Elisabeth Assayac.
00:13On choisit tous les musiques avec Christophe Pierrot.
00:17Bienvenue dans la France bouge, Christophe Pierrot qui réalise l'émission.
00:20Et ce soir dans la France bouge, on est avec le patron d'une grande entreprise française.
00:23C'est le numéro 1 européen de la location de matériel, notamment pour le BTP.
00:29On est avec Gérard Després, président de l'Oxam.
00:33Et on le disait hors antenne, le siège reste et restera breton.
00:38Oui, c'est partie de notre politique.
00:40Moi j'aime bien quand les gens ont des racines, savoir d'où ils sont issus.
00:44C'est vrai à titre personnel, c'est vrai aussi pour l'entreprise.
00:47Ça ne déplaît pas à l'international que je présente l'Oxam comme une entreprise française.
00:53Je n'ai pas de difficulté dans les autres pays.
00:55Et quand on me demande d'être encore plus précis, de dire en Bretagne.
00:58Je crois que les japonais aussi, ils aiment bien l'attachement.
01:01Quand ils disent je suis Dumont, ils aiment bien avoir...
01:04Ce n'est pas une étiquette, c'est connaître son partenaire,
01:07c'est savoir d'où il est issu, comment il s'est fait.
01:10Et j'explique plus facilement de mon développement,
01:12qu'à partir de la Bretagne je me suis développé sur la France,
01:15qu'à partir de la France je me suis développé à proximité de la France.
01:18Et après j'ai étendu un peu plus, il y a des cercles concentriques.
01:21Et c'est pas si inexpliqué, et personne, ni en Alsace mon veut,
01:25parce que l'entreprise est Bretagne.
01:26Et personnellement, moi j'ai mes racines, mais elles ne sont pas Bretonnes,
01:29je suis ici de notre région, mais c'est comme ça.
01:31Mais là je ne parle pas de moi, je parle d'Oxam.
01:33Donc on va rester sur l'Oxam.
01:34Donc il y a une fierté à ce que cette entreprise ait son siège en Bretagne,
01:38et vous le voyez dans la réaction de vos partenaires quand vous allez leur en parler.
01:41Oui, ils ont gardé le siège là-bas, avec un personnel très fidèle à l'entreprise,
01:45de haute qualité, qui trouve les bonnes raisons d'habiter là-bas.
01:48Ils se déplacent moins que moi, c'est un service stable,
01:52mais très performant, très bien.
01:54Je ne vois pas en quoi, si je le mettais ailleurs, ce siège, il serait meilleur qu'à l'Auilé.
01:59Gérard Després avec l'Oxam.
02:00Est-ce qu'on va au-delà de l'économie circulaire ?
02:04On est dans l'économie de la coopération, de la fonctionnalité,
02:08puisque ça va bien au-delà.
02:09Vous louez plus de 600 000 machines,
02:11et vous réduisez ainsi les émissions de 30 à 50% par rapport à un achat individuel.
02:17Donc on est dans l'économie, ça va au-delà de l'économie circulaire.
02:21Oui, ça va au-delà, parce qu'on veut aussi aller au-delà.
02:25Parce que je pourrais avoir des matériels que je renouvelle fréquemment,
02:28et donc ils auraient aussi à peu près le même bénéfice,
02:31mais au contraire, nous on leur donne des prolongations de vie.
02:34On a un centre de matériel qui est très important dans la région d'Alençon,
02:40qui est historique aussi, dans lequel on reconditionne des matériels,
02:43on leur donne une prolongation de vie,
02:45ce qui préserve de l'achat de matière.
02:47Parce qu'il y a aussi, on parle beaucoup de décarbonation,
02:50mais aussi on parle de terres rares, on parle de matériaux.
02:53Donc le matériel que je donne en clientèle, il est comme neuf,
02:58il a la même performance technique qu'un neuf,
03:01mais on l'achète moins,
03:03et donc on contribue de cette façon-là, d'une certaine manière,
03:06au développement durable par notre métier.
03:09Je vous le disais, on va aussi par l'interméaire de l'IAL digital,
03:13on permet une mutualisation des matériels maintenant,
03:16au lieu d'avoir des multiparcs,
03:17on va permettre à de mêmes entreprises d'utiliser le même matériel
03:21quand elles sont sur le même chantier,
03:23en vérifiant s'ils en ont les capacités,
03:25et en vérifiant dans les conditions dans lesquelles ils l'utilisent,
03:27le plus en sécurité.
03:29Donc on continue à tendre systématiquement vers cet aspect virtueux,
03:34ce qui tend la recherche des gens qui sont chez nous,
03:36qu'est-ce qu'on peut faire de mieux à chaque fois.
03:38Lucie Bache.
03:38C'est ça qui est génial avec l'allocation,
03:40c'est que ça a tellement de sens et de vertu,
03:42et économiquement et durablement,
03:44pour les ressources, etc.
03:45Et nous, avec Popin, c'est vraiment ce qu'on fait pour les particuliers.
03:49Le coup de se dire, tous nos objets du quotidien,
03:50comment est-ce qu'on augmente leur durée d'utilisation ?
03:54C'est exactement ça, c'est pour ça que c'est très intéressant,
03:55parce que tout ce que vous dites, nous c'est ce qu'on dit,
03:57et qu'on veut mettre à disposition de monsieur et madame tout le monde.
04:00Et les entreprises ont compris il y a des décennies,
04:02avec Popin, on essaie de faire que ça devienne un réflexe pour nous tous,
04:05parce qu'on peut payer moins cher, dépenser moins de carbone et moins de ressources,
04:09et donc posséder en commun des objets qu'on utilise finalement rarement,
04:13comme un diable, une machine à raclette...
04:16Ou le karcher.
04:17Ou le karcher.
04:18Le premier frein est un frein culturel.
04:21Bien sûr.
04:22Les gens préfèrent acheter, préfèrent le posséder, l'avoir.
04:26Alors dans certains cas, il y a un intérêt.
04:28Il n'y a pas toujours...
04:31Mais le premier frein culturel est de dire,
04:34ce n'est pas parce que je le possède que je suis plus riche ou que j'ai plus de
04:37pouvoir.
04:38Je dirais même au contraire, mais je ne vais pas vous interrompre davantage.
04:42Non, mais c'est marrant de parler des richesses,
04:43parce que nous on a lancé une campagne qui s'appelle les nouveaux riches,
04:45et c'est l'idée de se dire, en fait, on est bien plus riche
04:48quand on a accès à ce dont on a besoin, quand on en a besoin uniquement,
04:51et donc se remettre dans ces nouvelles pratiques de location, d'échange, de partage,
04:56ça nous permet à tous d'avoir accès à plus,
04:58et donc d'être un nouveau riche,
05:00parce qu'en fait, on a accès à tous les objets dont on a besoin.
05:02Philippe Sose.
05:03Oui, M. Després, vous parliez d'Alençon, et notamment de la maintenance.
05:07Avez-vous des problématiques de ressources pour la maintenance,
05:11pour trouver du personnel qui soit apte à faire ce type de métier,
05:15parce que c'est encore un métier différent ?
05:17Oui, c'est un métier différent.
05:18Alors, je vous dirais, on trouve de...
05:22Je recherche des informaticiens, je recherche de très bons commerciaux,
05:25je recherche des bons mécaniciens, on recherche tout le monde.
05:29Alors, dans ce domaine, qu'est-ce que l'on fait ?
05:30On participe, on prend des apprentis, on les forme,
05:34et quand ils sont inquis à ce métier qu'ils ont fait,
05:36même leur formation chez nous,
05:38et bien, comme c'est assez local, ils ont tendance aussi à rester.
05:42Bon, maintenant, après, ils ont une évolution de carrière,
05:44on ne peut pas forcément donner des emplois à tout le monde,
05:48mais ce problème des mécaniciens est peut-être un peu plus tendu,
05:52mais il est comme pour tous les autres métiers,
05:54où on ne trouve pas des gens formés juste comme ça.
05:56Il faut s'impliquer dans la formation de son personnel.
05:58C'est bien de le préciser, parce que c'est effectivement des métiers
06:01où, parfois, on peut avoir des difficultés à trouver dans d'autres secteurs.
06:04Donc, on le disait, vos marchés sont aussi dans les chantiers,
06:10les professionnels du bâtiment et des travaux publics sont très exposés
06:13aux accidents du travail, aux maladies professionnelles,
06:15aussi en raison de la nature physique et changeante des chantiers.
06:19Il faut s'adapter à des nouvelles machines,
06:21et ce soir, on a peut-être la solution.
06:26La Pépite, c'est vous, Paul Essig,
06:28vous, l'entreprise est née en 2019,
06:32juste avant le Covid.
06:34Vous avez une formation d'ingénieur,
06:36vous avez fait Centrale Supélec,
06:37avec une spécialisation en data et intelligence artificielle,
06:41et puis vous avez rejoint, en quelque sorte,
06:45le projet pour lequel vous êtes là ce soir,
06:47Moten Technologies.
06:48C'est né d'un constat ?
06:50C'est né d'une expérience ?
06:51En fait, c'est né d'une idée d'un de mes cofondateurs,
06:54qui s'appelle Maxime Progetti,
06:55qui est lui et qui a créé le capteur que je présenterai après,
06:57et qui, en fait, de 2019 à 2021,
07:00s'est intéressé à voir comment est-ce qu'il pourrait être une technologie
07:02qui était déjà utilisée pour la sismologie,
07:03pour sonder les sols,
07:04en disant, est-ce que je peux maintenant sonder le corps humain,
07:06et finalement avoir de l'information sur les contraintes biomécaniques.
07:09Donc, il y a eu une idée un petit peu comme ça,
07:11un peu lumineuse,
07:12même si la science existait derrière.
07:13Et puis, effectivement,
07:14une fois que la maturité de la technologie est arrivée au bout en 2021,
07:17là, on a fondé l'équipe dirigeante,
07:19et moi, j'ai rejoint tout le projet,
07:21pour notamment la partie data et A,
07:22puisque c'est une technologie, forcément,
07:24qui en embarque un paquet.
07:25Allez, je vous laisse pitcher.
07:26Moten Technology, concrètement.
07:28Moten Technology, en fait,
07:29nous, on a développé un capteur,
07:31que je vous montre ici, justement, à l'écran,
07:33qui va être capable de mesurer l'ensemble des contraintes biomécaniques
07:36auxquelles peut être soumis, justement, un salarié dans son environnement.
07:38Donc, on parle ici des efforts musculaires,
07:40ou alors des postures contraignantes,
07:41des gestes répétitifs,
07:42ou même des vibrations auxquelles ils sont exposés.
07:44Et ça va être utilisé plutôt, en fait,
07:46ce socle data par les entreprises et leurs professionnels de santé,
07:49donc c'est les HSE, des ergonomes, des infirmiers du travail,
07:51qui vont utiliser ces technologies-là
07:53pour bien caractériser et lutter ce qu'on va appeler l'usure professionnelle.
07:57D'ailleurs, ça, en fait, il y a deux grands enjeux majeurs qui sont taclés.
08:00Le premier, c'est simple, c'est que l'usure professionnelle,
08:01c'est la première cause d'absentéisme en France à l'heure actuelle.
08:05Et l'absentéisme, pour rappel, il y a plusieurs études qui font des lois,
08:07c'est 100 milliards d'euros par an pour les entreprises et pour la France, en moins.
08:11Donc, en fait, il y a un vrai enjeu de performance pour les entreprises
08:14associé à un enjeu de durabilité, en fait, aussi, aujourd'hui.
08:17Et puis, l'autre enjeu, il est humain.
08:18De toute façon, c'est clair et net,
08:20puisque derrière une usure répétée,
08:21finalement, ça va être des troubles musculosquelétiques,
08:23ça va être des maladies professionnelles qui vont se déclarer.
08:25Et en fait, un cas sur deux, par exemple, pour des personnes,
08:27ça arrive sur une perte d'employabilité.
08:29Donc, dit autrement, elle ne peut plus exercer son métier ou elle n'a plus le droit.
08:32Et donc, là, il y a un enjeu humain et sociétal, à nouveau, qui se pose.
08:34Merci, Paul Essic, cofondateur et président de Moten Technologies.
08:37Donc, vous alertez l'entreprise, vous pouvez dire, grâce à vos capteurs,
08:42tiens, ce poste-là est le plus à risque que l'autre,
08:44cette gestuelle est compliquée.
08:47Tiens, vous connaissiez Gérard Després, vous êtes le patron de l'Oxam.
08:50Quel regard portez-vous sur le pitch et surtout sur Moten Technologies ?
08:54Alors, les accidents, la sécurité, c'est un point crucial
08:58sur lequel on investit beaucoup.
09:01on met beaucoup de capteurs.
09:03Alors, vous avez les vibrations, je vais quand même plaider.
09:07Auparavant, vous avez des gens qui étaient sur des pylonnaises,
09:10des marteaux-piqueurs, ça vous dit quelque chose.
09:12Eh bien, aujourd'hui, ces gens-là, vous ne vous en voyez plus dans la rue,
09:15en tout cas en France, ils sont ainsi dans une mini-pelle
09:18qui est climatisée, chauffée, protégée.
09:21Et c'est l'engin qui fait ces vibrations.
09:24Donc, on tend, d'une manière générale, sur des biais multiples et différents
09:27de régler les problèmes.
09:28Vous êtes une solution, il y a des solutions par la mécanisation
09:33qui interviennent.
09:34Ce n'est pas le même prix de revient, bien entendu.
09:36C'est-à-dire, il y a probablement de l'intérêt.
09:38Je suis en train de vous écouter.
09:39Je me dis aussi, il y a des sportifs qui ont des gestes répétitifs
09:42et que ça pourrait aussi intéresser un monde de l'entreprise et d'autres mondes.
09:47Mais bon, monsieur...
09:48Oui, tout à fait.
09:49Un marché possible.
09:50Qu'en pense Philippe Sos ?
09:52Philippe Sos nous disait que c'était visionnaire.
09:54On va écouter son point de vue juste après le point sur la...
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