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Après une nouvelle nuit de couvre-feux localisés dans plusieurs villes pour empêcher les violences des 17 et du 18 octobre de se reproduire, le gouvernement cherche toujours une issue à la crise et se veut déterminé d'abord à rétablir l'ordre.
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00:00C'est une parole rare, celle d'un homme qui samedi dernier a assisté presque impuissant à la vague de
00:07violence qui a déferlé dans certains quartiers de la capitale.
00:11Steve est policier, régulièrement déployé sur des opérations de maintien de l'ordre.
00:16J'ai jamais vu ça. Pour moi, ça fait déjà plus de 10 ans que je suis ce métier. Sincèrement,
00:23c'est quelque chose d'inédit, d'inédit en France.
00:27La journée du 17 octobre, considérée par ce policier comme une journée d'une intensité sans précédent.
00:34Pendant des heures, il a été confronté aux casseurs et aux pilleurs.
00:39Dès les premières heures, on a constaté qu'il y avait plusieurs groupes qui se formaient.
00:45Pas forcément des black box, mais des individus issus des quartiers.
00:54Et la particularité, ces groupes qui sont facilement musulables, qui se détachent, ils ne se reconnaissent pas forcément.
01:01Mais ils s'habillent en noir, ils sont gantés, cagoulés pour la plupart.
01:06Et moi, j'ai quand même remarqué avec mes collègues que c'était beaucoup plus des émeutiers qui étaient là
01:13pour profiter de la situation.
01:15Ils ont des émeutiers de très jeune âge, quoi. 16, 17, 18 ans.
01:20Une tension extrême. Et aujourd'hui, il le reconnaît, la peur a changé de camp.
01:28On a tous peur. Moi, personnellement, c'est une peur qui est mesurée.
01:32Ça va se passer quoi ? Ils n'ont plus peur d'attaquer la police.
01:37Quand on est désarmé juridiquement, quand on est désarmé sur le plan matériel, sur le plan humain,
01:44c'est des jets de projectiles, c'est des pierres, c'est des chemins qui sortent des toits,
01:52c'est des mortiers qui ont une capacité de plus de 300 coups à la seconde.
01:59Et nous, en face, les forces de police ou le gendarmerie, ça nous déstabilise, ça nous met en danger.
02:08D'autant qu'il se prépare déjà à la prochaine mobilisation annoncée pour samedi.
02:14Samedi qui arrive. On pense que ça va être de la même intensité.
02:19On va être mobilisés. On va se serrer les coudes.
02:22Parce que si on abandonne, sincèrement, il n'y a plus personne.
02:28Là, je constate que les commerçants, ils essayent de s'organiser pour défendre leur commerce.
02:35Mais ils se mettent aussi en danger.
02:37Si on ne met pas le paquet, on peut avoir des blessés graves.
02:42Et on peut même risquer, j'espère que ça n'arrivera pas, mais un mort, ça sera regrettable.
02:52Une crainte, alors que le gouvernement a déjà annoncé la mise en place d'un dispositif de sécurité massif dans
02:58l'ensemble du pays.
02:59L'objectif, éviter les pillages, les saccages ou les incendies qui, la semaine dernière, ont ravagé la France.
03:06Au cours d'un week-end qui devait être celui de manifestation pacifique.
03:14Mais qui s'est transformé en émeudiant.
03:23Samedi après-midi, ce sont d'abord les symboles de l'Etat qui sont directement visés par les casseurs.
03:30Comme ici à Lyon, où l'office du tourisme est incendié sous les acclamations de certains manifestants.
03:40Autre ville, autre lieu pris pour cible.
03:44La maison préfectorale de Bordeaux, retrouvée entièrement saccagée.
03:49Par là, par là. Reste là, reste là, reste là.
03:52Allez, merci.
03:53Merci.
03:56À Marseille, certains parviennent même à pénétrer à l'intérieur de l'hôtel de ville.
04:07Je ne comprends pas comment, en toute impunité, des personnes ont pu, pendant des heures, massacrer ma vie, sous les
04:14yeux, sous les yeux, de personnes qui auraient dû intervenir.
04:18Je veux là aussi avoir la vérité sur ce qui s'est passé.
04:21Une chose est sûre, c'est que la manifestation du 17 octobre avait été identifiée comme une manifestation qui allait
04:28amener beaucoup de personnes appartenant à la mouvance de l'ultra-gauche.
04:33Ils sont environ 5000 à pouvoir agir comme ça en France, après le renseignement territorial.
04:38Et ils ont été présents dans la manifestation de samedi.
04:41Et on sait très bien que les symboles de l'Etat, les mairies, parfois les banques, parfois les grandes entreprises,
04:47sont des cibles privilégiées pour les personnes d'ultra-gauche.
04:49À Marseille, la police est aussi ciblée.
04:54D'abord ce commissariat.
04:59Puis ces véhicules et leurs occupants.
05:05Qui ici, semblent même devoir battre en retraite.
05:14À l'intérieur du fourreau, les policiers filment la scène.
05:40Des violences, des dégradations qui ne reflètent qu'une seule facette de cette journée de mobilisation nationale contre la vie
05:47chère.
05:50Une journée gâchée pour ce manifestant marseillais.
05:54C'est parti totalement en bris.
05:55On n'a même pas eu justement le temps de venir et de commencer notre manifestation.
05:58C'était déjà parti dans un chaos.
06:04Ce dimanche, en plein centre-ville de Paris.
06:08Les mêmes scènes, filmées par des riverains sidérés.
06:14Au pied des immeubles, des dizaines de personnes habillées en noir, souvent cagoulées et masquées, déambouillées.
06:25Avec des barrières et des barres de fer qu'elles trouvent en chemin, elles montent des barricades.
06:30Personne, regarde ça !
06:33D'après les sources policières, il y a eu une alliance, je cite, inédite entre d'un côté l'ultra
06:39-gauche et l'autre des jeunes de quartier populaire.
06:42Tout au long de la journée, les membres de l'ultra-gauche ont en quelque sorte reçu des renforts des
06:46jeunes de quartier populaire
06:47qui, peut-être voyant derrière leur téléphone ou la télévision qu'il y avait de la casse, en ont profité
06:52par opportunité pour venir aussi casser dans des magasins et voler des marchandises.
06:58Ces groupes, venus de toutes parts, s'emprènent aux magasins qu'ils croisent sur leur route.
07:05Ici, c'est cette boutique de téléphonie mobile qui est prise pour cible.
07:10Là, cette enseigne d'électroménager.
07:13Les pilleurs ont réussi à lever suffisamment le rideau de fer pour s'infiltrer à l'intérieur.
07:33En quelques semaines, les voleurs ressortent avec d'immenses cartons et n'hésitent pas à se filmer en direct sur
07:40les réseaux sociaux.
07:42« Troutinette électrique ! Troutinette électrique ! En direct, les gars ! En direct ! »
07:51Au même moment, dans les rues voisines, les forces de l'ordre se déploient.
07:57« Attention, ça va être le fight ! Attention ! »
08:02Et progressent pas à pas au milieu des feux de poubelle.
08:06« Dans le quartier des Halles, entre jets de mortiers et gaz lacrymogènes,
08:20ces compagnies de CRS chargent à plusieurs reprises pour tenter de disperser les pilleurs. »
08:27« De chasse aux pilleurs qui tentent à chaque fois, toutes les 5-10 minutes, d'entrer dans des commerces.
08:36»
08:39« Des pilleurs, quasi insaisissables. »
08:44« Sur ces images, les voici en train de s'en prendre à un bureau de tabac très connu dans
08:48le quartier République, la barrique. »
08:54« Pire encore, les assaillants finissent par mettre le feu au commerce. »
09:01« Désormais, entièrement calcinés. »
09:10« Un cauchemar qu'a vécu Alinli. »
09:16« Deux jours après les faits, la patronne de cette institution peine encore à réaliser. »
09:29« Ils étaient quoi ? 100, 200, peut-être 300, j'en ai aucune idée. »
09:34« On a laissé piller parce qu'on n'a pas le choix, on est monté en haut. »
09:38« Et on ne savait pas qu'il y avait une incendie. »
09:40« On s'était réfugié parce qu'on ne pouvait pas sortir. »
09:44« Après, on a vu la fumée, donc on s'est échappé. »
09:47En quittant son bar, cette gérante est agressée physiquement par les casseurs.
09:52Sur son visage, les traces de cette attaque sont encore visibles.
09:57« Il y avait des jeunes, des très très jeunes, mais c'est quand même des barbares et des animaux.
10:05»
10:05« Je ne vois pas de sens humain, je ne vois pas de quelqu'un qui soit vraiment humain pour
10:09faire ça et pour détruire comme ça. »
10:13Des bars, des magasins dévastés, les uns après les autres, en quelques minutes seulement.
10:22En plein cœur du marais, au milieu de la rue Rambuteau à Paris,
10:27Cyril fait les 100 pas devant ce qu'il reste de son magasin.
10:31« J'attends la police depuis maintenant 3 heures. Je les ai eus en ligne. Ils m'ont dit «
10:34Touchez surtout à rien, on arrive. »
10:37« Ça fait 3 heures, j'attends. Il ne se passe rien. »
10:57« Et en fait, en arrivant de côté, je voyais ça qui pendait. Et je me suis dit « Aïe,
11:01aïe, aïe. »
11:02« Quand je suis arrivé, c'est comme ça. »
11:04« D'abord, ils ont essayé de casser effectivement les vitrines. »
11:07« Comme ils n'ont pas pu, après, ils ont voulu rentrer. Donc ce qu'ils ont fait, ils ont
11:10essayé de... Mais c'est débile.
11:11Ils ont essayé de s'attaquer au sas. Ils ont arraché ici. Ils ont un peu tordu la porte.
11:17Puis ils ont vu que c'était blindé. Donc à la fin, c'est cassé. Ils ont cassé pour casser.
11:22»
11:22« C'est même écrit pourtant qu'il y avait des choses qui étaient fausses. Mais ils ont cassé pour
11:25casser. C'est bien écrit en gros. »
11:28Un sentiment d'incompréhension totale, mêlée à une certaine résignation.
11:33« C'est du pillage. C'est du pur pillage. C'est des gens qui viennent là pour piller, voler.
11:38Et de toute façon, ils les attrapent, ils les font sortir. J'ai vu une vidéo à la télé. Ils
11:42étaient dans des habitations, dans des couloirs.
11:45Qu'est-ce qu'ils ont fait ? Les policiers se sont mis en ligne, sortaient, dégagés.
11:48« Tu viens de les attraper. Allez, c'est fini. Tu les prends. C'est fini. »
11:51« Non, les ordres, c'est laisser les filer. Ça devient du délire. Donc ils vont recommencer. Ils ont raison
11:56même.
11:57Allez-y, cassez tout. Allez-y, cassez tout. »
11:59La déliquescence d'un état qui est complètement à côté de la plaque aujourd'hui. Complètement.
12:06Après plusieurs heures d'attente, lassé de rester là sans rien faire, Cyril décide finalement de prendre les choses en
12:13main.
12:14« Je suis obligé de prendre les mesures parce que des plaques, il n'y en a plus tellement de
12:16disponibles partout.
12:17Et elles font un 2,50 m sur un 22. Donc il faut que je calcule.
12:21Il faut que je laisse ça d'ouvert pour pas qu'il recasse.
12:23Parce que si je mets du bois, ils vont croire que c'est précieux à l'intérieur si je ferme
12:27tout.
12:27Donc je suis obligé de laisser à moitié ouvert et de me fermer à moitié pour sécuriser que les gens
12:31s'abiment pas. »
12:35Il prend alors la direction d'un magasin de bricolage à proximité.
12:39Nous le retrouvons quelques minutes plus tard, bien équipé avec ses achats.
12:44« Un kit visseuse, des embouts, des planches. Ils les ont coupés à la bonne taille. En tout cas, j
12:50'espère. Et on y va. C'est parti. Plus de choix. On s'improvise. »
12:57Le système D, faute de mieux.
13:02Pour éviter de subir le même sort que Cyril, à 800 km de là, à Marseille, Karine, dont le magasin
13:10a été épargné le week-end dernier, s'organise.
13:14« Moi, j'ai quand même un triple vitrage. J'ai le rideau. Après, j'ai le système alarme. J
13:20'ai un smoker. Un smoker, ça va diffuser de la fumée intégralement. On voit pas sa main quand ça crache.
13:26Mais bon, après, pour dire, moi, il y a mon mari qui a fait la garde. Mon mari, il a
13:30fait la garde toute la nuit, le samedi. Il va refaire la même chose ce samedi ? »
13:34« Bah ouais. Parce qu'après, on nous dit de nous barricader. Mais justement, j'ai l'impression que ça
13:39va attiser, justement, les envies. Donc, vaut mieux pas faire. Enfin, je sais pas. C'est mon avis. Voilà.
13:46Voilà. On va fermer le magasin. On va tout éteindre. On va tout vider. Et... Pas d'un qui pourra.
13:53»
13:54Des présentoirs déjà à moitié vides. Karine met d'ores et déjà son stock à l'abri. C'est aussi
14:01ce que compte faire Cédric dans sa boutique de vélo.
14:03« On va essayer de pas les tenter et de pas les provoquer non plus en leur montrant qu'on
14:07est là et qu'on continue à vendre. Donc, en espérant qu'ils soient pas là, même si je souhaite
14:12pas que ça arrive à d'autres commerçants de d'autres quartiers.
14:14Donc, on va mettre tout à la cave, certainement, sur les coups de midi, en laissant un peu un créneau
14:21horaire à nos clients le matin. Et ensuite, on descendra les grilles.
14:24« Je mettrais du cartonné aussi pour montrer peut-être que le magasin a déjà été vandalisé et qu'il
14:31n'y a plus rien à prendre. Voilà. Ce qui est le cas, d'ailleurs. »
14:35« Et puis après, on prie pour pas que ça soit aussi dégénérant que la semaine dernière. »
14:53« On a perçu des familles qui arrivaient, des gens qui arrivaient, qui avaient des sacs pour remplir les sacs
14:59de... »
14:59« Ouais, des sacs, des caddies. »
15:01« Des caddies, tu vois, enfin, des trucs pour remplir un maximum. »
15:05Cédric peine encore à réaliser ce qu'il s'est passé. Pour autant, cette semaine, à l'approche de la
15:11mobilisation de samedi, il ne compte pas déserter.
15:14« On en a parlé avec mes collègues de travail. Ils viendront. On sera là. On sera nous, à l
15:19'intérieur. Si ça dégénère, ils rentreront à la maison et je resterai certainement seul pour essayer d'éviter le pire.
15:27« Si ma vie est en danger, j'irai au combat. J'irai au combat si je vois que je
15:32risque d'y laisser ma peau. »
15:34« Ça veut dire quoi, aller au combat ? »
15:36« J'irai à la confrontation. Si je suis acculé dans un coin, je ne peux pas m'enfuir ou
15:41autre. Je ne vais pas me laisser démonter sans réagir. »
15:44« Je préfère couler avec mon magasin. Je veux le voir. Je ne veux pas le voir décrépire de chez
15:48moi ou à la télévision. Je veux être là. »
15:54Alors que l'ensemble des villes touchées par les émeutes pensent leur plaie du week-end dernier,
16:01ces deux étudiantes parisiennes sont venues constater les dégâts de leur quartier.
16:06« Bien évidemment, tout le monde condamne les pillages. Ça s'est fait juste à côté de chez nous, parce
16:10qu'on habite ici. Donc c'est très désolant de voir les petits commerces. »
16:14Une sidération qui n'entache en rien leur détermination, car elles ont bien l'intention de continuer à se mobiliser.
16:21« On ne veut pas s'arrêter tout de suite, en fait. On n'a pas vraiment l'égalité dans
16:26tous les mouvements.
16:30Donc on attend de voir des choses concrètes, je pense, et des vraies choses avant d'arrêter le mouvement qui
16:35est bien parti. »
16:36Un mouvement d'ampleur. Alors faut-il s'attendre à une manifestation conséquente samedi prochain ? Le cortège sera-t
16:43-il une nouvelle fois émaillé de violences ?
16:47À quelques kilomètres de là, au palais de justice de Paris, l'heure des premières comparutions immédiates pour les émeutiers
16:55et les pilleurs présumés a sonné.
16:57Devant la salle d'audience, des files d'attente. Plus de 300 dossiers doivent être examinés.
17:04Parmi eux, celui d'un jeune homme de 21 ans, défendu par Tristan Lolles, avocat au barreau de Melan.
17:11« C'est quelqu'un qui a été interpellé parce qu'il était dans la manifestation, il est venu dans
17:16la manifestation avec sa copine.
17:17C'est un étudiant de 21 ans, en BTS audiovisuel, il veut devenir réalisateur de films.
17:22Et il a été interpellé parce qu'il s'est retrouvé au mauvais endroit au mauvais moment, très clairement.
17:25On lui a reproché d'avoir lancé des pierres sur des policiers, ce qu'il me dit qu'il n
17:30'a jamais fait.
17:31On lui a reproché d'avoir mis une planche sur une barricade en bois.
17:35Il me dit qu'effectivement il l'a fait, mais c'est parce qu'il y avait une poubelle qui
17:37cramait à côté.
17:37Alors il l'a lancé sur la barricade pour éviter que ça flambe.
17:40Et les CRS ou les policiers ont chargé.
17:43Et malheureusement, il a couru moins vite que les autres.
17:45Il a été interpellé. Et il a été interpellé sauvagement.
17:50À la barre, le jeune homme qui se présente avec un cocard à l'œil gauche s'avance.
17:55Et ni les faits qui lui sont reprochés.
17:57Mais la procureure, elle, insiste, parle de violence d'une particulière intensité.
18:03Et requiert cinq mois de prison ferme avec mandat de dépôt.
18:07Il est finalement condamné à six mois avec sursis.
18:11Pour moi, je pense qu'il n'aurait même pas dû être déclaré coupable des faits qu'on lui reprochait.
18:14Parce que sur un dossier comme ça, en temps normal, je lui aurais dit que je plaiderais à la relaxe.
18:19Et j'aurais cru à la relaxe.
18:20Moi, je trouve que c'est sévère par rapport à ce qu'on voit habituellement dans les tribunaux.
18:23Pour parfois des gens qui ont commis des infractions qui sont bien plus graves que celles qu'on reprochait à
18:28la mission.
18:29Ce même jour, deux pilleurs ont eux été condamnés à des peines de dix mois de prison en semi-liberté.
18:36Ou six mois sous bracelet électronique.
18:40Une réponse judiciaire, à Limoges aussi, pour ceux qui s'en sont pris au symbole de la République.
18:48Samedi après-midi, en marge du cortège des manifestants,
18:52des individus s'introduisent dans la mairie de la ville et décident de mettre le feu à l'édifice.
18:58Les flammes gagnent la toiture, puis c'est le beffroi qui s'embrase avant de s'effondrer.
19:18Le lendemain matin, les habitants découvrent effarés leur mairie ravagée, entièrement calcinée.
19:29J'aime le patrimoine, j'aime la démocratie, c'est un emblème fondamental de la République.
19:35Et je suis très attristé, je me suis marié ici, comme de nombreux limougeaux,
19:39et je suis très triste, une colère froide.
19:42Ça fait 22 ans que j'habite Limoges, ça fait 22 ans que je passe pratiquement tous les jours devant
19:47cette mairie.
19:47Et aujourd'hui, c'est désolant de l'avoir dans cet état, c'est un monument historique.
19:51Je ne m'attendais pas à voir une scène de violence comme ça, ici dans ma ville à Limoges.
19:57Une violence inouïe, des casseurs ultra déterminés, qui ont totalement défiguré les lieux.
20:05A l'intérieur, il ne reste plus rien, un champ de ruines que le maire de la ville n'a
20:12pas pu éviter.
20:14Les policiers municipaux, vous savez, tout courageux qu'ils sont,
20:18ils n'ont pas les moyens et les équipements pour lutter contre 250, 300, 400 excités
20:22qui ont des mortiers, qui ont un bélier de 200 kilos pour enfoncer la porte,
20:26qui ont des cocktails monotophes.
20:27C'est une scène de guerre urbaine à laquelle on a assisté.
20:30Et d'ailleurs, quand une partie de ces gens sont rentrés dans l'hôtel de ville,
20:34ils ont menacé de mort les agents qui étaient là.
20:36Ils ont dit à l'agent de la loge qui gagne 1 500 euros par mois, on va te crever.
20:39Donc il y avait une volonté de tuer.
20:41Il y avait une volonté, pour certains d'entre eux, il y avait une volonté de tuer.
20:44L'un des suspects de l'incendie a ce mardi été interpellé.
20:48Un homme de 34 ans.
20:50C'est une personne qui est fichée S, fichée S comme appartenant à la mouvance de l'ultra-gauche,
20:56qui serait déjà connue des services de police pour violences sur personnes dépositaires de l'autorité publique.
21:01C'est l'antenne des policiers du RAID de Bordeaux qui a été mobilisée pour l'interpeller.
21:06Et généralement, quand on mobilise le RAID, c'est parce qu'on a des personnes qu'on considère comme dangereuses,
21:10peut-être armées et donc qu'on veut mettre le maximum de chances de notre côté pour l'interpeller dans
21:15de bonnes conditions.
21:16La sous-direction antiterroriste a été saisie.
21:19Dans plusieurs villes de France, comme Marseille, Nice, Bordeaux ou encore certains quartiers de la capitale,
21:25un couvre-feu a été décrété.
21:28Il a été reconduit pour la nuit de mercredi à jeudi.
21:31Sous-titrage Société Radio-Canada
21:34Sous-titrage Société Radio-Canada
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