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  • il y a 29 minutes
Après une nouvelle nuit de couvre-feux localisés dans plusieurs villes pour empêcher les violences des 17 et du 18 octobre de se reproduire, le gouvernement cherche toujours une issue à la crise et se veut déterminé d'abord à rétablir l'ordre.

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Transcription
00:00Nous avons eu, pas le sentiment, nous avons vécu une forme d'effondrement, un effondrement, j'espère provisoire, momentané, de
00:10l'État.
00:12C'est le sentiment que je partage avec, à la fois, beaucoup de tristesse et de colère, mais que partagent
00:18surtout l'ensemble de nos compatriotes.
00:22D'abord, il y a eu, ça a été dit, répété, y compris assumé par le gouvernement, il y a
00:28eu des failles, des failles en termes d'organisation, de prévision, d'anticipation du maintien de l'ordre.
00:36Je vois, en tout cas, que cela est en train de changer et qu'on est en train de préparer
00:41les prochains rendez-vous, notamment celui de samedi prochain, avec la volonté de mettre le paquet.
00:48Mais qui a failli ? Vous avez été au cœur de la machine Place Beauvau.
00:51J'ai entendu quand même, j'ai entendu quand même, à un moment, une critique sur nos renseignements.
00:56Nos renseignements, quand même, qui nous ont prémunis, qui nous ont protégés de plusieurs attentats déjoués.
01:01Oui, mais ce sont des boucs émissaires, personne n'y croit.
01:03Oui, moi, je n'ai pas apprécié, je n'ai pas aimé, je n'ai pas aimé, je n'ai
01:07pas apprécié que, notamment, le Président de la République, dans son allocution de dimanche, jette en pâture le renseignement territorial.
01:16Ce n'est pas tout à fait le même type de renseignement.
01:20C'est l'ensemble d'un dispositif d'un aveuglement.
01:25Vous savez, quand c'est difficile de gouverner, moi, je ne suis pas là pour donner des leçons.
01:31Vous dites quand même clairement sur Emmanuel Macron qu'il y a une faillite.
01:34Oui, mais c'est parce qu'il y a un triple déficit aujourd'hui qui prend à la gorge le
01:39pays et qui, d'une façon, est en train de converger d'une manière étonnante.
01:45D'abord, il y a le déficit public, massif, qui empêche de donner des réponses concrètes aux Français en termes
01:52de pouvoir d'achat ou aux attentes des lycéens.
01:55Il y a un déficit, malgré tout, de dialogue social.
01:58Vous avez évoqué tout à l'heure la loi El Khomri.
02:01Ça a été difficile.
02:02Il y a eu des violences.
02:03Mais les syndicats réformistes, la CFDT, l'UNSA, la CFTC, soutenaient la loi que nous portions avec Myriam El Khomri.
02:12Et qui, grâce à ça, a pu créer des emplois.
02:13Au début du premier quinquennat de Emmanuel Macron.
02:18Merci de le rappeler.
02:19On est loin de cette situation.
02:20Et le troisième déficit ?
02:21Il y a un déficit politique et démocratique.
02:24C'est-à-dire qu'on a déstabilisé le pays avec la dissolution.
02:31C'est quoi la France ?
02:33C'est mille choses.
02:34On parlait très bien.
02:35Ce fut un grand pays ?
02:36Mais ça l'est toujours.
02:37Ça l'est toujours avec un État qui tient ?
02:38Mais c'est un État qui crée la nation.
02:41C'est un État puissant qui est incarné.
02:45Quand l'État se désagrège après les réformes qui ont percuté les préfets.
02:50La mise en cause de l'ENA.
02:54Et surtout...
02:54Mais c'est le rapport avec les pilleurs, les casseurs, ceux qui ont brûlé la mairie du Moïse.
02:58C'est-à-dire qu'une certaine conception de l'État, d'une certaine verticalité.
03:02Et que cet État est mis en cause parce qu'il n'y a pas de majorité à l'Assemblée
03:06nationale.
03:07Parce qu'il y a des déficits qui grèvent l'avenir.
03:09Parce qu'il y a un déficit de dialogue social.
03:12Parce que le Président de la République pense que lui tout seul, il peut tout faire.
03:15Ce n'est pas normal que le Président de la République, dimanche, mette en cause les services de renseignement.
03:20Que depuis le Qatar ou l'Arabie Saoudite, il annonce une réunion sur le renseignement.
03:24Ce n'est pas son rôle.
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