- il y a 17 heures
À la croisée de la science, du marketing et de l’expérience sensorielle, l’industrie cosmétique fait face à un défi majeur : concilier désirabilité et responsabilité. Dans un secteur où textures, fragrances, gestes et émotions occupent une place centrale, la transition écologique invite à repenser les produits et leurs usages à travers davantage de sobriété, une utilisation raisonnée des ressources et de nouveaux modèles d’innovation.
🔗 Le désir, enjeux de la beauté durable : https://www.marieclaire.fr/le-desir-enjeux-de-la-beaute-durable,1521954.asp
🔗 Le désir, enjeux de la beauté durable : https://www.marieclaire.fr/le-desir-enjeux-de-la-beaute-durable,1521954.asp
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:00...
00:08Notre prochain regard croisé posera la question suivante
00:12et si la sobriété devenait source de créativité et de désir.
00:16Pour en discuter, je vous demande d'accueillir nos trois prochains experts.
00:21Sarah Laurier, directrice analyse des tendances à l'IFOP,
00:25Nicolas Bonneville, parfumeur, chère DSN,
00:28Firmenich et Armel, directeur RSE de Kenzo Parfum.
00:32Sarah, bonjour. Merci d'être avec nous.
00:36Vous dirigez la cellule cosmétique et tendance de l'IFOP.
00:40Vous décortiquez nos désirs, nos aspirations de consommateurs et de consommatrices.
00:45La cosmétique est une industrie de sensorialité, de plaisir.
00:50Est-ce que la sobriété rentre progressivement dans nos usages ?
00:55Oui, je pense que la sobriété rentre progressivement dans les usages,
00:58mais je ne pense pas comme on le pense.
00:59En tout cas, pas comme il y a 5 ou 10 ans.
01:02Tout à l'heure, on a vu les différents chiffres dans les rapports sur la quantification du CO2
01:06en lien avec justement la sobriété et l'impact de la cosmétique.
01:10Je pense qu'aujourd'hui, les consommatrices, elles y rentrent aussi par injonction.
01:14Nous, c'est vrai qu'à l'IFOP, on étudie les Français et aussi tous les scopes.
01:18Et c'est vrai qu'aujourd'hui, près d'un Français sur quatre a du mal à finir les fins
01:22de mois.
01:22Donc ce qui va l'obliger aussi à avoir des injonctions budgétaires et des arbitrages budgétaires
01:27qui vont être différents.
01:28Et c'est ce qui va faire que, et notamment dans la beauté,
01:31on va avoir aussi des attentes pour justement des comportements plus sobres.
01:35Je pense que ce qui est intéressant dans la beauté,
01:37c'est que les consommatrices, elles sont quand même très exigeantes.
01:40C'est-à-dire qu'aujourd'hui, un produit doit être clean, bien sûr,
01:42mais ça ne doit pas être en dépit de sa performance, de sa sensorialité
01:47et aussi, je pense, vraiment du plaisir d'usage.
01:49Donc on en a parlé juste avant.
01:51Le plaisir dans l'usage, il est important.
01:52Et en fait, c'est ça qui va aussi permettre de comprendre des histoires,
01:56de raconter le désir.
01:57Et dans tout ça, c'est vrai que, par exemple, l'ingrédient va être très important aussi
02:02parce que celui-ci est vecteur de désir pour les consommatrices.
02:05Il est vecteur aussi vraiment, en fait, il va parler du temps,
02:09il va parler d'une culture, il va parler de naturel, il va parler de chimie.
02:15Et d'ailleurs, je pense que Nicolas va en parler aussi.
02:17Il va venir raconter des histoires.
02:19Et je pense que, justement, la sobriété doit venir raconter des histoires
02:23et doit venir se reconnecter aussi à ce qui fait plaisir aux gens.
02:28Et donc, vous expliquez que les habitudes des consommateurs changent,
02:33la sobriété fait changer les habitudes de consommation ?
02:36Tout à fait. Donc, nous, c'est vrai qu'on constate, en fait, que les consommatrices
02:39et les consommateurs sont de plus en plus créatifs.
02:42Ils sont de plus en plus créatifs parce que qui dit contrainte budgétaire
02:45dit besoin d'ingéniosité, dit besoin d'inventer des choses
02:48avec des produits qu'on a déjà.
02:50On le voit dans toutes les catégories.
02:52Sur le skincare, on mélange des crèmes et un sérum
02:54et du coup, l'alliance est plus performante.
02:56On le voit dans le parfum où on a du layering à foison
02:59mais qui permet, en fait, d'avoir un jus qui tient plus.
03:02Et c'est bien, tu as raison, Armelle.
03:04Layering, tu peux expliquer ?
03:06Vous pouvez expliquer ?
03:06Oui, bien sûr, le layering, c'est quand vous associez des parfums.
03:09Plusieurs parfums.
03:10Donc, vous mettez un peach d'un parfum
03:12et puis ensuite, vous mangez avec un autre
03:14ou vous prenez une crème parfumée
03:16à laquelle vous ajoutez un autre spray de parfum.
03:19Ça, ça permet aux consommatrices d'avoir, en fait, une odeur,
03:23en tout cas, une sensorialité qui est décuplée
03:25et qui tient souvent plus longtemps.
03:27Donc, comme on le voit, les consommatrices,
03:28elles sont hyper créatives.
03:31Donc, parfois, l'innovation vient aussi des salles de bain.
03:34En tout cas, nous, c'est ce qu'on voit
03:35et c'est très, très visible aussi sur les réseaux sociaux.
03:37Et c'est ce qui fait qu'en fait, elles sont très curieuses,
03:40elles sont très ingénieuses
03:41et elles vont être aussi vraiment friandes
03:44de nouveaux produits, nouveaux formats
03:47qui viennent réinventer la sensorialité,
03:50qui viennent justement proposer des nouveaux gestes,
03:53que ce soit avec du stick, par exemple,
03:56ou en tout cas, qui vont venir un petit peu
03:58attiser leur curiosité et les surprendre.
04:00Et du coup, est-ce que, justement,
04:02quand on parle de récits et d'imaginaire,
04:05est-ce que vous voyez un glissement des récits,
04:07même auprès des consommateurs et des consommatrices ?
04:10Je pense qu'aujourd'hui, c'est assez clair,
04:13on ne peut plus parler de sobriété avec un imaginaire
04:15qui est celui du craft, celui du verre,
04:19celui du label, etc.
04:21Donc, ça, c'est clairement ennuyant.
04:23Les consommatrices, elles ont quand même envie
04:24de se faire plaisir.
04:25Elles ont envie, en fait, d'avoir des imaginaires
04:28qui vont aussi, en tout cas, créer un dialogue
04:31avec ce qu'elles vivent tous les jours.
04:33Ça peut être une réflexion sur le temps.
04:35Le temps, il peut être plus long.
04:36Ça peut être une réflexion aussi sur la saisonnalité.
04:40Ça va être aussi des réflexions
04:41qui peuvent être en lien, bien sûr,
04:43avec le plaisir.
04:45Donc, vraiment, en fait, avoir, je pense,
04:48sortir un petit peu de la standardisation des codes
04:50qu'on a eues depuis des années,
04:53je pense, sur cette catégorie
04:55pour quelque chose qui, du coup,
04:56va être plus granulaire,
04:58qui va être plus sensoriel
04:59et qui fait aussi rêver, j'ai envie de dire.
05:01Et peut-être aussi cette différence
05:03avec l'accumulation,
05:04avec le fait que le désir,
05:07ces années passées,
05:08c'était basé sur l'accumulation aussi.
05:11Je pense qu'on a eu beaucoup
05:13d'associations du désir
05:15avec cette idée de consommation.
05:17Donc, c'est-à-dire,
05:17plus je consomme, plus j'achète,
05:19plus je suis content,
05:20plus j'ai du plaisir.
05:21Et je pense qu'aujourd'hui,
05:22les contraintes budgétaires,
05:24la situation socioculturelle
05:25nous amènent à réfléchir
05:27le désir peut-être comme plus
05:28un désir d'intensité
05:29qu'un désir, en fait, d'accumulation
05:32et qui veut dire
05:33qu'il y aura peut-être moins de matière,
05:34peut-être un peu moins de produits,
05:35mais il y aura plus d'émotions,
05:38plus d'attachements,
05:39des produits qui vont être vraiment
05:40les produits qu'on veut chérir,
05:42qu'on veut emmener partout
05:43et qu'on va forcément, du coup,
05:44racheter au fur et à mesure.
05:46Mais en tout cas,
05:46ça fait vraiment un shift
05:48et ça vient, en fait,
05:50et je pense qu'Armel
05:51va pas mal en parler aussi,
05:54ramener de l'émotion.
05:55Beaucoup d'émotion, en fait,
05:57dans les imaginaires
05:58autour de la sobriété.
05:59Merci beaucoup.
06:00Je me tourne vers Nicolas.
06:02Vous êtes parfumeur,
06:03objet de désir, le parfum.
06:06Et justement,
06:07comment votre métier évolue
06:09avec ces nouveaux enjeux ?
06:10Est-ce que vous pouvez
06:10nous raconter un petit peu ?
06:11Oui, alors notre métier
06:12aujourd'hui de parfumeur,
06:13il est en pleine mutation
06:15puisque notre palette
06:16se transforme du fait
06:17des nouvelles réglementations.
06:19Les parfumeurs,
06:19on devient de plus en plus
06:20experts de tous nos ingrédients.
06:22On doit savoir exactement
06:23comment ils sont faits,
06:24le sourcing,
06:25l'impact environnemental,
06:27le cahier des charges,
06:28le brief que je reçois
06:29d'une marque,
06:29comme ça peut être
06:30avec Armel.
06:32Voilà, il y a déjà
06:33un brief édonique
06:34où on va partir
06:35de l'ADN de la marque
06:36avec une demande très spécifique,
06:38un parfum masculin,
06:39féminin,
06:40avec des références.
06:41Un brief,
06:42ça peut être très varié,
06:43ça peut être un mood board,
06:45ça peut être une musique,
06:45ça peut être une simple phrase.
06:46Et donc c'est à moi après
06:47d'aller mettre des odeurs
06:48sur les mots
06:49qui me sont donnés
06:49par les marques
06:50en corrélation
06:51avec un cahier des charges
06:52qui est de plus en plus exigeant
06:54et qui fait que les parfumeurs,
06:55on doit être de plus en plus
06:56experts de nos ingrédients
06:58pour répondre au cahier des charges
07:00d'un point de vue
07:00carbone renouvelable,
07:02biodégradabilité,
07:03sourcing, etc.
07:04Et donc il faut qu'on compose
07:07et qu'on fasse un produit désirable
07:09avec beaucoup d'émotions
07:11avec ce cahier des charges
07:12qui est en pleine mutation.
07:13Notre palette se transforme.
07:14Voilà, on est obligé
07:16de transformer notre palette
07:17et de l'accompagner.
07:18C'est quelque chose
07:18de très excitant
07:19pour un parfumeur
07:20parce qu'on pourrait penser
07:20que toutes les associations
07:21de plantes ont déjà été faites
07:22dans la parfumerie moderne.
07:24Aujourd'hui,
07:24il y a des matières premières
07:25qui nous sont retirées
07:26ou qui sont remises en question.
07:27Donc notre R&D nous pousse
07:28à créer des nouveaux ingrédients.
07:30Et voilà,
07:31on va pouvoir explorer
07:32des champs des possibles différents.
07:33donc c'est très excitant.
07:35Mais justement,
07:35s'il y a moins de matières premières
07:38et ça vous enlève des choses
07:40dans votre palette,
07:41comment vous faites justement ?
07:42Alors oui,
07:43ça nous en enlève
07:44ou ça apporte des nouvelles nuances.
07:46En fait,
07:46avec des nouveaux procédés d'extraction,
07:48je pense par exemple,
07:49historiquement,
07:50le jasmin n'est extrait
07:51que par extraction
07:52au solvant volatil à l'exane
07:54pour en obtenir un absolu.
07:57Il y a certaines parties résiduelles
07:58de ces extraits
07:59qui sont aujourd'hui
08:00un peu dans le viseur
08:01de la réglementation.
08:02Donc à nous,
08:02de nous organiser en amont
08:04pour pas que notre palette,
08:06certaines nuances
08:07de notre palette disparaissent
08:08et préserver cet héritage olfactif.
08:10Donc chez DSM Firminich,
08:12par exemple,
08:12on a un procédé d'extraction
08:14qu'on est unis
08:14et qu'on est les seuls à faire
08:15qui est un extraction Feargood,
08:17qui est un procédé micro-ondes.
08:19Et en fait,
08:19grâce à ça,
08:20on a réussi pour la première fois
08:21à extraire du jasmin
08:23d'une autre façon.
08:24Donc ça apporte
08:25une nouvelle couleur,
08:26une nouvelle nuance olfactive.
08:28donc ça vient enrichir aussi
08:29notre palette.
08:30C'est une évolution
08:31qu'on doit suivre.
08:33Et ces nouvelles technologies,
08:35ces nouveaux processus
08:35d'extraction
08:36nous permettent aussi
08:37d'aller extraire
08:38d'autres biomasses
08:39qui nous étaient jusqu'à présent
08:40muettes,
08:41comme le muguet,
08:41la pivoine
08:42ou des extractions de fruits.
08:44Donc en fait,
08:44cette mutation,
08:45au début,
08:46on peut la voir
08:47comme une contrainte,
08:47mais finalement,
08:48on peut aussi l'aborder
08:49de façon très positive
08:50en disant que ça vient enrichir,
08:53ouvrir le champ des possibles.
08:54Ça vient capter
08:55des molécules odorantes
08:56d'un spectre olfactif différent
08:57d'une belle biomasse.
08:58Donc en fait,
08:59on vient élargir
09:00notre palette olfactive
09:01et aussi amener
09:02des nouveaux territoires,
09:03des fruits,
09:04des plantes, etc.,
09:05qu'on n'avait pas jusqu'à présent.
09:06Et je vais reprendre
09:07ce que vous disiez
09:08sur les fleurs muettes.
09:09Vous pouvez expliquer un peu
09:10comment vous faites maintenant
09:12et surtout comment vous faisiez ?
09:13Avant,
09:14on ne faisait pas.
09:14Enfin si,
09:15d'une certaine façon,
09:16on ne faisait pas.
09:16On n'avait pas d'extrait naturel.
09:17Je pense au muguet.
09:18Le muguet,
09:19c'était une fleur
09:19qui nous était impossible
09:20d'extraire par infusion,
09:22distillation absolue.
09:24On n'arrivait pas
09:24à obtenir un extrait naturel
09:26de muguet,
09:27en l'occurrence.
09:28Donc on venait composer
09:29soit avec d'autres plantes
09:30qui avaient des affinités olfactives,
09:33qui avaient des proximités olfactives,
09:34soit avec des éléments
09:35issus de la chimie,
09:37des molécules
09:37qui ont plus ou moins disparu
09:40ou qui sont toujours pérennes.
09:41Enfin voilà,
09:41donc on a suivi l'évolution
09:43de notre réglementation
09:44pour toujours interpréter
09:46l'odeur muguet
09:47avec des naturels,
09:48des synthétiques.
09:49Et aujourd'hui,
09:49on a la chance
09:50d'avoir un extrait naturel
09:51de muguet.
09:52Donc en fait,
09:52c'est une mutation perpétuelle
09:53et on vient réinterpréter
09:55avec les outils,
09:57les nuances
09:58qu'on a à disposition.
09:59Et j'imagine
10:00avec la raréfaction
10:01des ressources naturelles,
10:05l'upcycling
10:05dont on a parlé tout à l'heure,
10:07c'est-à-dire que
10:07c'est l'utilisation,
10:09on va dire,
10:09de déchets végétaux,
10:11vous l'utilisez aussi.
10:13Est-ce que ça change aussi
10:14l'odeur,
10:16votre palette ou pas ?
10:18Oui, de toute façon,
10:18on est tous dans cette volonté
10:20de se tourner vers
10:21ce que la nature nous donne
10:23dans sa globalité.
10:24C'est-à-dire que l'upcycling,
10:24c'est aussi
10:25quand on n'arrive pas
10:26à capter l'ensemble
10:27des molécules olfactives
10:28qui sont dans une biomasse
10:29avec un procédé d'extraction,
10:31on va essayer
10:31de compléter
10:32avec un autre procédé
10:33pour capter ce qui reste.
10:35En fait,
10:35on est tous dans une volonté
10:36de puiser au maximum
10:38ce qu'une biomasse
10:40va nous donner,
10:40déjà parce que
10:41ça a un impact
10:41en environnemental,
10:42c'est coûteux.
10:43Donc voilà,
10:44on est tous dans une optimisation
10:45de nos ingrédients
10:46et de nos biomasses.
10:47L'upcycling en fait partie
10:49issu de, par exemple,
10:50l'ameublement
10:51ou de l'industrie alimentaire,
10:53etc.
10:53Et nous,
10:54on va venir récupérer
10:54avec des procédés d'extraction
10:56qui sont assez récents
10:57pour récupérer
10:58tout ce que la nature nous donne.
11:00Et du coup,
11:00est-ce que vous utilisez aussi,
11:02expliquez-nous un petit peu
11:03sur les biotechnologies,
11:05comment vous utilisez ?
11:06Oui, en fait,
11:07on est obligé de se diversifier
11:08sur les procédés d'extraction.
11:09Il y a aussi de la biotechnologie,
11:10donc par fermentation,
11:12par réaction enzymatique
11:14et on est obligé
11:14de se diversifier
11:15dans nos procédés d'extraction
11:16d'un point de vue chimique
11:18pour essayer de se dégager
11:18de la partie pétrole,
11:20se tourner vers des dérivés
11:21de térébenthine.
11:22Donc oui,
11:23ça fait partie
11:24de notre pérennisation
11:25de notre palette
11:26côté aussi synthétique
11:27et enrichissement
11:28de notre palette au global
11:29pour répondre
11:30aux cahiers des charges
11:30qui nous sont donnés
11:31par les marques.
11:32Et justement,
11:32le cahier des charges
11:33donné par les marques évolue ?
11:35Très simple.
11:36Comment vous faites justement
11:37pour gérer tout le brief ?
11:39Vous utilisez des logiciels ?
11:41Comment ça se passe ?
11:42Oui,
11:42en fait,
11:43à l'intérieur même
11:43de notre logiciel de formulation,
11:45on a développé des outils
11:46qui sont dynamiques,
11:48interactifs et immédiats
11:50où en fait,
11:50on peut regarder
11:51si on correspond
11:52à toutes les données
11:53que nous sont données
11:54et imposées par les marques.
11:56Et c'est le jeu du parfumeur
11:58d'arbitrer,
11:59j'allais dire,
12:00les postes de dépense
12:00en termes de carbone renouvelable,
12:02d'impact environnementaux,
12:05impact social, etc.
12:06Et donc,
12:06en fonction de ça,
12:07avec les contraintes,
12:08on compose
12:09et on fait du mieux qu'on peut.
12:10Il y a des familles olfactives
12:11qui sont plus simples
12:12que d'autres.
12:13Et quels, par exemple ?
12:13Sur les notes boisées,
12:14c'est un petit peu plus simple
12:15parce que la palette
12:16est un peu plus riche
12:17et puis que sur les...
12:18Ce qu'on parlait tout à l'heure,
12:18l'upcycling nous aide énormément.
12:20Sur les citrus,
12:21c'est relativement simple.
12:22Mais quand on commence
12:22à aller sur certaines fleurs
12:24ou certains fruits,
12:25il y a des champs olfactifs
12:27qui sont à date
12:28un peu compliqués à exprimer.
12:30Donc après,
12:30c'est le travail du parfumeur
12:31de composer
12:32et de trouver des parades
12:34pour rendre le produit
12:36toujours désirable
12:37et mettre que l'émotion
12:39qu'on veut exprimer
12:40soit au plus juste.
12:41Est-ce qu'il y a une évolution
12:42de l'utilisation
12:45ou des désirs
12:46des consommateurs
12:47en matière de parfum
12:48sur l'intensité ?
12:49On parlait de l'usage
12:49tout à l'heure.
12:51Oui, tout à l'heure,
12:51on l'évoquait,
12:52il y a un vrai désir
12:53de performance.
12:54Donc on vient aussi,
12:55nous,
12:55utiliser des molécules
12:56de plus en plus performantes.
12:58Déjà aussi,
12:58on parlait un peu de sobriété,
12:59pour utiliser éventuellement
13:01moins de matières premières.
13:02Mais il y a eu ce phénomène
13:04sur Internet,
13:05sur TikTok,
13:06etc.,
13:06de beast mode.
13:07Il faut se sentir
13:08de plus en plus,
13:08de plus en plus fort.
13:09Il faut montrer un peu
13:10qu'on est là,
13:11qu'on existe.
13:11C'est quoi cette trend ?
13:13Je suis passée à côté.
13:14C'est un peu une trend
13:15qui nous vient,
13:16je pense,
13:16du Moyen-Orient
13:17où c'est des parfums
13:17très volupteux
13:19qui s'expriment
13:20avec des notes boisées en bré.
13:21Même on rentre dans la pièce
13:22ou on prend l'ascenseur
13:23et on sait qui y était
13:24il y a cinq minutes.
13:25Donc il y a cette volonté,
13:26il y a un sillage.
13:28Le parfum est aussi
13:28un produit qui est devenu
13:29de plus en plus coûteux.
13:30Donc les gens veulent
13:31en avoir pour leur argent.
13:32Ils veulent avoir l'impression
13:33qu'ils payent
13:34pour une performance,
13:35pour être là,
13:36pour exister,
13:37pour s'exprimer.
13:37Il y a une volonté
13:38de s'exprimer
13:38dans ce milieu
13:40et dans ce monde
13:41ultra digital.
13:42Les gens sont aussi
13:43en demande
13:45de s'exprimer
13:46dans la vraie vie
13:48et d'exister,
13:49de montrer qui ils sont.
13:50Je pense que le parfum
13:51a cette vocation
13:52d'être un des premiers
13:53messages olfactifs,
13:54un des premiers,
13:55presque premiers mots
13:56qu'on va exprimer
13:58à l'autre
13:58via l'odeur.
14:01Et voilà,
14:01il y a cette volonté
14:02d'avoir des choses
14:02de plus en plus performantes.
14:03Oui, ça c'est sûr.
14:04Donc nous,
14:04on compose avec.
14:06Je vous voyais un mail
14:07à caisser.
14:07J'avais envie de répondre.
14:08C'était partie des briches.
14:09Évidemment, j'avais envie
14:10de répondre.
14:11Je vous laisse du coup
14:11la parole.
14:12Vous êtes directeur
14:13RSE de développement durable
14:15de Kenzo Parfum.
14:16Ça vous faisait réagir ?
14:17Oui, absolument.
14:18Effectivement,
14:19ce que je voulais rajouter
14:20qui est dans les itérations.
14:22C'est-à-dire qu'en fait,
14:22quand on fabrique un parfum,
14:23à peu près un an de boulot
14:24sur la partie juste jus,
14:26création.
14:28Donc c'est un travail itératif
14:29avec le parfumeur.
14:30On se voit régulièrement.
14:32Effectivement,
14:32on briefe le parfumeur
14:33sur ce qu'on souhaite.
14:34Et la performance
14:35est un enjeu,
14:36effectivement,
14:36qu'on a.
14:37On appelle le long lasting
14:38en anglais.
14:39Donc c'est la capacité
14:40à ce que ça dure.
14:41Ça, ça fait partie des briefs.
14:42Et du coup,
14:43le parfumeur développe
14:44et co-travail avec les équipes
14:45pour vraiment essayer
14:46de répondre
14:47à ce qu'on attend,
14:48finalement,
14:49du parfum.
14:50Et c'est là
14:51où il y a un échange
14:52hyper fort
14:52sur les notes
14:53qui sont travaillées.
14:55Et nous,
14:55en fait,
14:55ce qui nous intéresse
14:57côté Kenzo,
14:57on est une maison
14:58où on a une relation
14:59à la nature
14:59qui est un peu particulière
15:00puisque, effectivement,
15:01historiquement,
15:02on a un imaginaire
15:03autour de la nature.
15:04Mais ce n'est pas
15:04une nature,
15:05on va dire,
15:06un peu basique
15:07dans le sens
15:07où c'est une nature
15:08qui est plutôt réinventée,
15:10une nature qui est assez créative
15:11et on est une maison
15:12assez poétique.
15:13Donc l'idée,
15:14ça va être de se dire
15:14comment on génère
15:16de l'émotion.
15:17Si on pense à
15:18Flower by Kenzo,
15:19c'est un parfum
15:19qui a une base de rose.
15:20on n'a pas fait
15:21de la publicité
15:22avec des chants de rose
15:23partout.
15:24Parce qu'en fait,
15:24Flower by Kenzo,
15:25c'est plutôt une émotion
15:26qui est générée
15:26de quelqu'un
15:27qui est dans la ville,
15:28etc.
15:29Donc c'est une relation
15:29à la nature
15:30qui est assez particulière,
15:31qui est quelque chose
15:32d'assez poétique.
15:33Et du coup,
15:33c'est un peu ça
15:34quand on briefe,
15:35justement,
15:35ça va être
15:36comment reproduire
15:37l'odeur de la rosée,
15:40enfin ce genre de choses.
15:40Donc on va être
15:41sur des choses comme ça
15:42et du coup,
15:42le travail du parfumeur
15:44va être de recréer ça
15:45à partir des notes existantes.
15:46Et ce qui est absolument
15:47fabuleux en ce moment
15:48dans le secteur,
15:48c'est que,
15:49comme le disait bien Nicolas,
15:50c'est qu'il y a beaucoup
15:51de nouvelles notes
15:51qui apparaissent
15:53liées à des contraintes
15:55ou effectivement
15:55à tous les programmes
15:56de R&D des maisons,
15:57de compositions,
15:58qui vont justement
16:00aller chercher
16:00à partir
16:02d'une matière première
16:03ou d'une base
16:04qui est existante,
16:05mais le traitement
16:05de la base
16:06va être différencié
16:07et du coup,
16:08ça va générer
16:08des nouvelles notes.
16:09Et donc ça,
16:10c'est assez dingue.
16:11Comment à partir,
16:12on a un Nilan-Nilan,
16:13par exemple,
16:14dans nos derniers parfums
16:16qui est traditionnel,
16:17on le connaît,
16:18il y a,
16:18via la technologie
16:19qui a mentionné Nicolas,
16:20un traitement,
16:21la fameuse micro-onde,
16:22qui permet justement
16:23de sortir une note
16:24qui n'existait pas.
16:25Donc ça,
16:26c'est assez fou
16:27de voir,
16:28et c'est assez excitant,
16:29j'ai envie de dire,
16:30même,
16:30de voir cette transformation
16:31et comment du coup,
16:32toutes ces nouvelles matières
16:33peuvent servir finalement
16:35des briefs.
16:35On mesure l'impact
16:36environnemental
16:37de ces nouvelles matières
16:37et on essaie justement,
16:38dans les briefs aussi,
16:39de soutenir toute la R&D
16:41parce qu'il faut bien comprendre
16:42qu'il y a un double phénomène,
16:43c'est-à-dire que
16:43les maisons de composition fabriquent,
16:45donc DSM,
16:46qui investissent pas mal d'argent
16:47pour développer
16:47des nouvelles formules,
16:49enfin des nouvelles molécules,
16:50pardon,
16:50mais ces molécules,
16:51il faut qu'elles soient utilisées.
16:52Donc il y a un espèce
16:53de double jeu
16:53entre les donneurs d'ordre,
16:55entre guillemets,
16:56et les gens qui imaginent
16:57finalement ces molécules.
16:58Oui,
16:58donc c'est une discussion
17:00entre vous
17:01et une idée de désir aussi.
17:03Il suffit plus aujourd'hui
17:04juste de sentir bon,
17:05il faut aussi répondre
17:06à un cahier des charges,
17:07il faut être performant
17:08et il y a une course
17:08à l'innovation
17:09qu'on amène
17:10pour nos clients,
17:11nos marques,
17:11mais aussi pour le consommateur
17:12où on vient amener
17:13des nouvelles choses,
17:15des nouvelles tonalités.
17:16On parlait de l'e-langue
17:17Fear Good
17:17qui historiquement
17:18était un e-langue
17:19qu'on utilisait
17:20dans notre palette
17:20qui était un e-langue
17:21fait par une huile essentielle
17:23et là on est sur une tonalité
17:25beaucoup plus solaire,
17:26un peu peau chauffée au soleil,
17:28etc.
17:28Donc on vient amener
17:29une émotion,
17:31une sensibilité,
17:32une couleur en plus
17:32et en fait,
17:34c'est le travail du parfumeur
17:35et des maisons de composition,
17:36c'est de proposer ça
17:37à nos clients
17:37pour amener
17:38des nouvelles émotions.
17:40Donc dans le parfum finalement,
17:42les enjeux de durabilité,
17:44finalement d'un point de vue créatif,
17:47ça vous aide,
17:47ça vous ouvre
17:48des nouvelles perspectives ?
17:49Ça ne nous aide
17:50pas tous les jours
17:51en fonction de la demande
17:52mais ça nous aide
17:53dans le sens
17:54où ça nous amène
17:54des nouvelles choses.
17:55Donc en fait,
17:56je pense qu'il faut
17:57se tourner vers ça.
17:58Il y a des contraintes,
18:00il y a toujours eu des contraintes,
18:01il y en aura toujours
18:02et c'est le travail du parfumeur
18:03de trouver des parades
18:05et de trouver
18:06de nouvelles façons
18:07d'explorer
18:08et d'exprimer les choses.
18:09Donc oui,
18:10notre palette s'enrichit,
18:11elle est amoindrie
18:12d'un certain côté
18:13parce que la réglementation
18:14nous en enlève
18:14mais voilà,
18:15il faut se nourrir
18:16de la nouveauté
18:16et il faut voir ça
18:17de façon très optimiste
18:19et essayer de trouver des...
18:20Je trouve ça hyper encourageant.
18:23Il y a quand même
18:23beaucoup de choses
18:24qui ont été faites
18:24dans la parfumerie
18:25par mes aînés
18:25et les parfumeurs
18:27des générations d'avant.
18:28Je trouve que c'est
18:29un beau moment
18:29où on peut venir exprimer
18:31des nouvelles choses,
18:31des nouvelles couleurs
18:32parce qu'il y a des nouvelles choses
18:33qui se passent dans l'industrie.
18:34Il y a une R&D
18:35qui est ultra forte
18:36et je trouve que ça nous aide
18:37à s'ouvrir à d'autres choses en fait.
18:40Et nous en tant que maison,
18:41on a un enjeu
18:42de réinvention perpétuelle.
18:43Alors je ne sais pas
18:44si c'est bien ou pas bien
18:45mais c'est vrai qu'on sort
18:45quand même des produits régulièrement
18:46et donc du coup,
18:47il y a un besoin
18:48de comment à partir
18:49d'un parfum iconique
18:50on va le tirer
18:51et toujours en proposant
18:52toujours des choses nouvelles
18:53en termes d'émotions
18:54aux consommateurs.
18:54Donc je trouve que ce travail-là
18:57il est vraiment intéressant
18:58et ce qui se passe en ce moment
19:00nous permet aussi, nous,
19:02de répondre à des enjeux
19:03d'innovation de notre côté
19:05pour répondre justement
19:06à ces demandes de consommateurs
19:07qui cherchent des choses nouvelles.
19:09Si on parlait du long lasting,
19:11il y a une molécule pareille
19:12qui est au concours...
19:13Du quoi ?
19:13Pardon, de la tenue du parfum.
19:17Et il y a des molécules intéressantes
19:18qui sont un peu nouvelles.
19:19Donc l'aqua-zone,
19:20c'est un peu technique
19:21mais c'est une molécule,
19:22voilà, pareil,
19:22qui est un captif propre
19:24ADSM Firminich
19:25et du coup, pareil,
19:26c'est des molécules
19:26qu'on va nous utiliser
19:27donc des molécules nouvelles
19:28qui sont un procédé de transformation
19:31qui est hyper intéressant
19:32et qui permet justement
19:33sur nos...
19:34qui donne une note,
19:35Nicolas en parlera
19:36beaucoup mieux que moi
19:36mais quelque chose
19:38d'assez pur, etc.
19:39qui répondait bien
19:39à notre brief
19:40donc qui générait de l'émotion
19:41et qui générait de la performance
19:43et c'est ça
19:44qui est hyper intéressant.
19:45Oui, c'est une molécule
19:46qui est issue de l'upcycling
19:47et c'est une des notes
19:49aquatiques les plus puissantes.
19:50Donc en plus,
19:50on n'a pas besoin
19:51d'en mettre beaucoup
19:51et ça amène
19:52un côté cristallin
19:54un côté pur, aéré
19:55un peu cette...
19:57parce qu'on va dire
19:57comme cette aire de montagne
19:58cette sensation de blooming
20:00et donc c'est hyper intéressant
20:01parce que ça vient amener
20:02un souffle dans une fragrance
20:03et ça vient amener
20:04quelque chose de très cristallin
20:06et voilà,
20:06c'est des tonalités
20:08qu'on peut aujourd'hui exprimer
20:10qu'on utilise
20:11et voilà,
20:12aujourd'hui,
20:13il y a aussi une question
20:13de...
20:14toutes ces molécules-là
20:14nous aident aussi
20:15à exprimer le style
20:16les tendances actuelles
20:17parce qu'on pouvait dire
20:18Rojasmin il y a 50 ans
20:20avec les ingrédients
20:21qu'on avait à la palette
20:22avec un style,
20:23avec une écriture
20:24Rojasmin aujourd'hui
20:25ça ne s'écrit plus pareil
20:26déjà parce qu'il y a peut-être
20:27des molécules qu'on n'a plus
20:27il y a peut-être des ingrédients
20:28qu'on n'a plus
20:29et aujourd'hui
20:30parce qu'on a des nouvelles choses
20:31et parce que la parfumerie
20:32a évolué
20:33et donc en fait
20:33c'est ce travail commun
20:35qu'on fait avec les marques
20:36en corrélation avec leur ADN
20:37et leur demande
20:38avec l'héritage de la maison
20:40et voilà,
20:40on va venir exprimer
20:41au plus juste
20:42une intention
20:43avec les nouvelles molécules
20:44qu'on a à la palette.
20:46Je peux ajouter
20:47c'est vrai que
20:47sur la perspective
20:48des consommatrices
20:49et des communautés beauté
20:50il y a vraiment
20:51une attente aussi
20:52autour de ce storytelling.
20:53Je pense sur le parfum
20:54en fait
20:55le succès aujourd'hui
20:56des parfums de niche
20:57c'est parce qu'en fait
20:58ils ont réussi
20:58à venir
21:00je pense vraiment
21:01fusionner les imaginaires
21:03à avoir des nouveaux ingrédients
21:04et en fait
21:05à raconter des histoires
21:07aussi
21:07derrière finalement
21:09les jus
21:09derrière les associations
21:10derrière les notes
21:11et ils osent
21:12en fait
21:13justement
21:13venir mélanger
21:15les palettes
21:15venir parler
21:16d'upcycling
21:17etc
21:17dire que
21:18le naturel
21:20se fusionne
21:21avec la chimie
21:22et du coup
21:23je pense que
21:24c'est vraiment ça
21:25en fait
21:25qui fascine aussi
21:27les gens
21:28et qui drive aussi
21:29les achats
21:29c'est justement
21:31en fait
21:32toutes ces histoires
21:33toutes ces palettes
21:34qu'on vient raconter.
21:36Je veux juste
21:36préciser que
21:37tout est chimie
21:38donc même le naturel
21:39est chimie
21:39donc c'est pas
21:40la chimie
21:40synthétique
21:41il faut bien rappeler ça
21:42parce que c'est vrai
21:42qu'on a tendance
21:43à être un peu opposé
21:44mais tout est chimie
21:45nous sommes chimie
21:46tout à fait
21:47Armel
21:47peut-être une dernière question
21:49le parfum
21:50c'est invisible
21:51et justement
21:52ça
21:52comment dire
21:53ça touche
21:55notre sensorialité
21:56et un désir
21:58assez puissant
21:58est-ce que
21:59justement
21:59la valeur d'un parfum
22:01au-delà de tout ça
22:03ce ne serait pas aussi
22:05ces évolutions
22:06ces certitudes
22:07que la durabilité
22:08est au coeur
22:09aussi des préoccupations
22:10de la marque
22:11qu'on achète
22:12en fait je trouve
22:12que le thème
22:13de la journée
22:14d'aujourd'hui
22:14c'est intéressant
22:15parce que c'était science
22:16et on voit bien
22:16je pense à travers
22:17le discours
22:18enfin les éléments
22:19de langage
22:19qu'on a là
22:19c'est de voir
22:20à quel point
22:20il y a de la science
22:21derrière
22:21et en même temps
22:22quand on regarde
22:23le parfum
22:23dans un point de vente
22:24on pense plutôt
22:25émotion etc
22:26et donc du coup
22:28ce lien entre science
22:29et émotion
22:29il est vraiment
22:30très particulier
22:31et même les témoignages
22:32avant sur les gens
22:33qui sont plus en cosmétique
22:34ou qui font
22:35des soins capillaires
22:36etc
22:36on voit bien
22:37qu'il y a quelque chose
22:38à raconter
22:38qui est parfois
22:39un peu plus fonctionnel
22:40même si l'émotion
22:41on en a beaucoup
22:41entendu parler
22:42dans le consommateur
22:43il a envie de s'évader
22:44et dans le contexte actuel
22:46Sarah l'expliquait bien
22:48les gens
22:49finalement c'est aussi
22:50l'acte plaisir
22:51ça va nous faire du bien
22:52et donc
22:53on achète aussi
22:54le parfum pour ça
22:54et donc notre enjeu
22:55c'est effectivement
22:56de réussir à doser
22:59cette réalité scientifique
23:00versus ce qu'on raconte
23:02qui est vraiment
23:03pas un exercice facile
23:04parce qu'on voit bien
23:05que
23:06et Sarah l'a dit aussi
23:07quand on leur parle
23:08trop de ces sujets là
23:09finalement ça casse
23:11un peu la dynamique
23:12qui fait rêver
23:14donc on a un juste
23:15milieu à trouver
23:16et parfois
23:17je me questionne
23:18moi à titre personnel
23:19est-ce qu'il faut raconter
23:20l'histoire
23:20cette histoire là
23:21parce qu'en fait
23:22ça n'empêche
23:23que c'est super bien fait
23:24derrière
23:25et que
23:25en tout cas
23:26il y a des leviers
23:27probablement encore
23:27à aller travailler
23:28pour les marques
23:29de valoriser
23:30tout ce travail derrière
23:31et notamment
23:32dans un contexte
23:33compétitif
23:34où il y a des parfums
23:35d'inspiration
23:36des grandes maisons
23:37qui inondent le marché aussi
23:38et qui n'ont pas
23:39forcément derrière
23:40voilà absolument
23:41qui n'ont pas du coup
23:42derrière
23:42tout ce savoir-faire
23:43et toute cette
23:44toute cette valeur
23:45finalement
23:46et tout ce temps
23:46et tout cet argent
23:48investi aussi
23:49pour faire finalement
23:50des grands parfums
23:51et je trouve que
23:51c'est probablement
23:52un moyen aussi pour nous
23:53de réaffirmer la différence
23:54entre une copie
23:55pas chère
23:56qui est tout à fait
23:57entendable
23:58dans le contexte
23:58économique actuel
23:59mais qui est différent
24:00finalement
24:00d'un parfum
24:01fait par une maison
24:02qui prend du temps
24:04et qui finalement
24:06développe autre chose
24:07je rajouterais même
24:08que à la différence
24:09de la cosmétique
24:10je pense qu'en parfum
24:11le consommateur
24:12est de plus en plus expert
24:13via les réseaux sociaux
24:15via la parfumerie de niche
24:16et que la partie scientifique
24:18ou des molécules de synthèse
24:19je pense par exemple
24:20à l'ambroxan
24:21on le retrouve
24:21dans des pyramides olfactives
24:22qui sont communiquées
24:24chez Sephora
24:25ou dans tous les points de vente
24:25ou sur des sites internet
24:26c'est devenu des références
24:28culturelles
24:29que les consommateurs
24:30ont appris à connaître
24:31qui sont source
24:32d'une émotion
24:33pour eux
24:33qui veulent dire
24:34quelque chose de sexy
24:35de sensuel
24:36de raffiné
24:37etc
24:37qui laisse un sillage
24:38donc le consommateur
24:39devient de plus en plus expert
24:41aussi
24:42grâce aux réseaux sociaux
24:43on n'a pas la chance
24:44tous de savoir
24:44ce que sent une huile essentielle
24:45de champaca
24:46un vétiver
24:47je pense que
24:48madame Michu
24:48qui va acheter
24:49de son parfum
24:49chez Sephora
24:50elle est complètement
24:52perdue
24:52et c'est aussi pour ça
24:53que la niche
24:54a vulgarisé aussi un peu
24:56le parfum
24:57en se permettant
24:58de parler de fruits
24:59et nous
24:59en parallèle
25:00dans notre industrie
25:01on a pu développer
25:02des procédés d'extraction
25:03avec des fruits naturels
25:04donc en fait
25:04c'est une espèce de synergie
25:05où en fait
25:07je trouve que
25:09le parfum
25:09est devenu
25:10si je peux m'exprimer
25:12un petit peu moins snob
25:13en faisant un pas
25:13vers le consommateur
25:14vers des références
25:15culturelles
25:16il y a eu la grosse tendance
25:17des parfums gourmands
25:18avec Angel etc
25:18donc on voit que
25:19les gens se parfument
25:20pour se faire plaisir
25:21ils ont besoin
25:22de cette notion
25:23d'être désirable
25:24d'éprouver une émotion
25:26qui leur parle
25:26avec leur bagage olfactif
25:28leur culture olfactive
25:29qui leur est propre
25:31leur madeleine de Proust
25:31et donc en fait
25:32je trouve qu'en ça
25:33le parfum peut se permettre
25:34de parler un peu plus
25:35de synthèse
25:36et d'éléments synthétiques
25:37puisque notre consommateur
25:39devient de plus en plus expert
25:40c'est vrai que je trouve
25:41que se poser la question
25:42de est-ce qu'on raconte
25:43l'histoire ou pas
25:44c'est aussi quelque chose
25:45qui raconte les mutations
25:46d'aujourd'hui
25:46et c'est vrai que la sobriété
25:48elle peut aussi être silencieuse
25:49et ça peut être aussi
25:50un engagement de marque
25:51qui est là
25:52qui est un prérequis
25:53qui va être silencieux
25:55qui va pas forcément
25:55toujours être raconté
25:56au profit d'autres histoires
25:58celle du plaisir
25:59de la sensorialité
26:00de la beauté
26:01de l'ingrédient
26:01etc
26:02mais je trouve que
26:03c'est intéressant
26:03de se dire en fait
26:04qu'on a plusieurs choix
26:06notamment en termes
26:07de narratif de communication
26:08et qu'il faut aller aussi
26:10dans le sens
26:11des consommateurs
26:12et des communautés
26:13parce qu'en fait
26:14c'est elles qui à la fin
26:15vont aussi
26:16après adopter les usages
26:17et faire en sorte
26:18justement d'avoir
26:19des choix produits
26:20qui sont plus responsables
26:21plus beaux
26:22et du coup forcément
26:24plus sobres et engagés
26:25d'une certaine manière
26:26vous avez été encore très clair
26:27bravo
26:27merci beaucoup
26:28merci
26:29merci