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  • il y a 20 heures
La quête d’une beauté plus durable passe aujourd’hui par une profonde transformation de la formulation cosmétique. Portées par les avancées en biotechnologie, en fermentation ou encore en chimie du vivant, de nouvelles solutions émergent pour réduire la dépendance à certaines ressources conventionnelles tout en maintenant un haut niveau de performance. Entre innovation scientifique, validation de l’efficacité et attentes des consommateurs, les acteurs du secteur travaillent à concevoir des formules capables de conjuguer durabilité, sécurité et résultats prouvés.

🔗 La science au service d’une beauté durable et performante : https://www.marieclaire.fr/la-science-au-service-d-une-beaute-durable-et-performante,1521939.asp

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00:00...
00:08Il est temps maintenant d'ouvrir notre première table ronde
00:11qui va répondre à la question
00:13comment sont développées les formules cosmétiques de demain ?
00:16Et pour discuter de cette thématique,
00:18je vais demander à nos trois experts de nous rejoindre sur scène.
00:21Merci d'applaudir Delphine Hucmatis,
00:24enseignante-chercheuse à AgroParisTech.
00:27Vous pouvez l'applaudir.
00:39Merci à tous les trois d'être parmi nous.
00:42Delphine Hucmatis, vous êtes enseignante-chercheuse en formulation à AgroParisTech.
00:48Vos travaux portent sur la conception de nouveaux ingrédients
00:50pour améliorer le profil environnemental des cosmétiques.
00:53On entend parler de biotech, d'enzymes, de fermentation, de chimie verte.
01:00Qu'est-ce que ça veut dire tout ça ?
01:01Que vous pouvez nous aider à y voir un petit peu plus clair ?
01:03En effet, on a déjà entendu ces mots prononcés aujourd'hui
01:07et je comprends que ça puisse poser question.
01:10On va essayer d'aller assez vite sur le sujet.
01:12Peut-être ce qui différencie d'abord biotechnologie et chimie verte,
01:17ça va être le côté bio.
01:18La biotechnologie, elle implique forcément quelque chose de vivant.
01:23On parlera micro-organismes, on leur donnera des noms, des bactéries, des levures,
01:27ça peut être plein de choses, mais ce sera toujours une question d'utilisation du vivant.
01:32La chimie verte, elle va plutôt travailler à repenser la chimie telle qu'on la connaît
01:40de façon plus classique, j'allais dire, par des nouveaux solvants,
01:45des limitations d'usage en termes d'eau, en termes d'énergie.
01:50La partie commune de ces deux mondes va être autour des enzymes qui sont vivants,
01:55mais qui peuvent être utilisés pour catalyser en chimie verte également.
01:58Très clair, j'ai tout compris pour une fois.
02:01Et justement, en quoi ces procédés sont vraiment utiles
02:04dans la réduction de l'impact environnemental de nos formules et formules cosmétiques ?
02:09À différents niveaux.
02:10On peut d'abord essayer de penser à justement ce qui a été explicité,
02:15l'amenuisement des ressources ou l'impact qu'on va pouvoir quantifier
02:19lorsqu'on vient puiser dans un vivier naturel par extraction, par exemple classique,
02:25puisqu'on va pouvoir générer à partir de différents types de substrats
02:30une molécule qui va être extrêmement pure.
02:33C'est le cas de la fermentation de précision, ça va être le cas de nombreux procédés
02:37de chimie verte, ce qui veut dire qu'on va avoir un excellent rendement.
02:41On va produire cette molécule-là et pas une autre.
02:44Donc on va moins avoir tendance à laisser de côté, à créer par exemple ces coproduits
02:48qui ont été mentionnés, où on va pouvoir optimiser les procédés,
02:51chauffer moins, moins modifier le pH, avoir tendance à vraiment cibler ce qu'on veut faire.
02:57C'est un exemple donné.
02:58Le deuxième, il va être sur le mix énergétique, parce qu'en réalité,
03:01ces procédés-là, ils sont vraiment vertueux si le mix énergétique lui-même est adapté.
03:08Il faut bien le comprendre.
03:09Donc ça veut dire quoi, le mix énergétique ?
03:11Ça veut dire que vous pensez le procédé, tout l'impact lui-même du procédé, c'est ça ?
03:16C'est ça.
03:17Si on imagine un fermenteur, une cuve, dans laquelle on va plonger des micro-organismes,
03:23leur donner un substrat, donc de la nourriture, et leur demander de produire quelque chose
03:28qui vous intéresse, mais que c'est chauffé au charbon, que c'est chauffé avec des énergies
03:33dites fossiles, l'impact peut être différent d'une production qui est basée sur un autre
03:37type d'énergie renouvelable, par exemple.
03:40Ça, il faut bien le penser.
03:41Le procédé a un rôle clé aussi dans ces nouveaux procédés-là.
03:46Et donc justement, systématiquement, c'est une donnée qui est toujours prise en compte ?
03:52Alors, toujours prise en compte, c'est une excellente question, mais toujours quantifiée, elle le doit.
03:56Je reviens sur la présentation précédente que j'y souscris.
03:59La capacité à quantifier les choses, c'est là où on va vraiment pouvoir déterminer l'impact.
04:04D'où les fameux KPI.
04:07D'où les fameux KPI, par exemple, oui.
04:09En tout cas, ce sont des indicateurs utilisés par les entreprises pour pouvoir cartographier,
04:18suivre les évolutions.
04:19Et ça, vous le faites systématiquement.
04:20Alors, on le promeut.
04:23On essaye, en tout cas, parce que ce qui a été dit, c'est aussi tout à fait justifié.
04:26Une chaîne de valeur, un cycle de vie, on va avoir un paquet des indicateurs.
04:32Donc, il faut être capable ensuite d'aller les chercher et donc de mobiliser des acteurs.
04:36En agroalimentaire, on dirait du champ à l'assiette.
04:38Là, on dirait sans doute du champ à la peau.
04:40Pour être capable d'aller les quantifier.
04:42Il y a une pluralité de personnes qui vont être impliquées,
04:46qui nécessitent de mobiliser pas mal de troupes.
04:48Et Stéphanie parlait aussi de l'intervention, de l'utilisation de l'IA.
04:53On en est tous là.
04:54Est-ce que l'IA, justement, joue un rôle ou pas dans ces procédés, ces innovations ?
05:01Alors, là aussi, tout dépend ce qu'on va appeler l'IA, j'imagine.
05:05Je pense que ce qui a toujours joué un rôle dans ce milieu-là,
05:08c'est la capacité à modéliser et la volonté de prédire.
05:11Quand on a des données, on est capable, peut-être, d'utiliser les mathématiques
05:15pour essayer de se dire si j'ai telles données aujourd'hui,
05:19qu'est-ce qui se passe demain ?
05:19C'est la météo que vous regardez tous les jours.
05:21D'accord ?
05:23Avant l'IA, entre guillemets, ou grâce à ça, l'IA est arrivée.
05:26En tout cas, il y a ce côté-là qui a toujours existé, qui continue à exister.
05:29Ce que rajoute l'intelligence artificielle,
05:31c'est la capacité à assimiler beaucoup, beaucoup de ces données-là
05:36et à travailler sur des modèles un petit peu plus complexes
05:41avec ce qu'on appellera le deep learning, par exemple,
05:43donc cette capacité à entraîner sur des énormes jeux de données
05:45pour que la prédiction soit la plus précise possible.
05:48Ça, oui.
05:49Le deuxième usage, en tout cas, qu'on pourrait lui trouver,
05:53ça va être un terme un peu technique, par exemple,
05:56mais qu'on appelle les jumeaux numériques.
05:57C'est-à-dire, est-ce que vous pourriez vous reproduire
06:00l'usine qui vous intéresse par ordinateur
06:03avec toute sa complexité
06:05et essayer de la travailler en amont
06:07plutôt que d'avoir à tester sur le terrain
06:09une infinité de solutions qui ont des coûts ?
06:12Donc oui, il y a des vrais usages aujourd'hui de ces technologies-là,
06:15mais qui ne sont peut-être pas à leur balbutiement,
06:18mais qui sont encore au début, en tout cas.
06:20Et tous ces actifs issus de la biothèque
06:22ou de la chimie verte,
06:24est-ce qu'ils sont aussi sûrs que ceux traditionnels ?
06:27Alors, la sécurité, notamment en cosmétique,
06:30ou les aspects sanitaires,
06:32ils sont, à mon sens, complètement indépendants
06:35du type de sourcing que vous considérez.
06:38La nature fait des merveilleux poisons,
06:40la chimie fait des choses qui sont très vertueuses ou pas,
06:42en termes de sécurité.
06:44Là, ça va vraiment être la réglementation d'abord.
06:47On a des réglementations cosmétiques qui doivent être suivies,
06:49quelle que soit l'origine de votre ingrédient.
06:51Il est d'origine naturelle, 100% naturelle,
06:55d'origine naturelle ou pas.
06:57Il est fermenté ou pas.
06:58Il est issu de biothèques ou pas.
07:00Vous devez souscrire à ce règlement-là.
07:02Et la sécurité doit être démontrée.
07:04Puis après, vous aurez bien sûr l'effet dose.
07:06Et puis la question de la pureté que j'ai évoquée tout à l'heure
07:08peut jouer un vrai rôle.
07:10Parce que quand on utilise un ingrédient,
07:11on l'utilise souvent pour une propriété particulière,
07:14pour une molécule peut-être.
07:16Or, il va en fait contenir la plupart du temps une pluralité.
07:19Et ça, il faut vraiment le prendre en compte.
07:21Et c'est peut-être là-dessus, par exemple,
07:23que des fermentations de précision ont un rôle à jouer, pour le coup.
07:27Merci beaucoup Delphine pour ces explications.
07:29Je me tourne maintenant vers Annabelle.
07:32Annabelle Tratapel, bonjour.
07:33Merci d'être avec nous.
07:34Vous êtes directrice innovation et marketing produit chez La Rosée.
07:38Comment pilotez-vous l'innovation chez vous ?
07:41Alors, chez La Rosée, c'est vrai qu'au cœur de nos produits,
07:43c'est vraiment d'aller travailler la formule, l'ingrédient, le packaging,
07:47prendre le produit dans sa globalité.
07:49On l'a vu aussi penser à l'usage du consommateur.
07:51Donc, par exemple, dans l'hygiène, on l'a vu,
07:54l'importance de la rinçabilité du produit
07:56va aider à réduire l'impact aussi chez le consommateur final.
08:00Donc, il faut mesurer tout ça.
08:02Et donc, pour conduire l'innovation,
08:04on utilise un outil d'analyse de cycle de vie
08:07pour pouvoir comparer nos formules, nos améliorations formules
08:11ou quand on crée une nouveauté,
08:13se comparer à des références du marché
08:15pour vraiment avoir mesuré l'impact de nos choix,
08:19comparer justement ces différentes méthodes
08:21ou les différents ingrédients qu'on a envie de choisir.
08:24On travaille beaucoup les différentes méthodes qu'on a citées.
08:28Les coproduits, c'est quelque chose qu'on utilise beaucoup.
08:31On va chercher des coproduits d'origine naturelle,
08:35des déchets issus de l'agroalimentaire
08:37qu'on va transformer avec les différentes méthodes qu'on va citer.
08:40Vous pouvez donner un exemple ?
08:41Oui, je vais prendre un exemple.
08:43Quand on a choisi un antioxydant pour nos formules solaires,
08:48c'est vrai que l'antioxydant, il y a plein de formes d'antioxydants,
08:50des antioxydants synthétiques, des antioxydants d'origine naturelle.
08:53On en trouve énormément de formes.
08:55On a choisi l'olivier.
08:57On a choisi l'olivier. Pourquoi ?
08:59Parce qu'il y avait énormément de littératures scientifiques
09:03qui vantaient justement les phénols présents dans l'olivier,
09:07notamment l'hydroxythyrosole,
09:08qui est un polyphénol qui est très intéressant
09:10pour son pouvoir antioxydant largement supérieur à la vitamine C
09:16ou à d'autres antioxydants quand on va extraire la molécule.
09:20Mais comment aller justement extraire avec la bonne méthode ces molécules-là ?
09:26Et parfois, c'est aussi intéressant de garder différents polyphénols
09:28qui sont aussi dans l'ingrédient.
09:30On a travaillé à la fois sur différents coproduits de l'olivier.
09:37Et on a fait un partenariat justement avec un producteur d'olivier en Provence
09:42qui taille forcément ses oliviers tous les ans.
09:44Et donc, il y avait des déchets de feuilles d'olivier.
09:47Et tout ce qui a été important, c'était de travailler justement
09:50sur la récupération de coproduits,
09:52puisque du coup, on n'immobilise pas de sol supplémentaire.
09:55On va utiliser des feuilles qui, de toute façon,
09:58étaient vouées à être coupées et détruites,
10:01puisque c'est vraiment une taille qui a lieu
10:03pour justement stimuler la fabrication d'olivres à la saison suivante.
10:07Et en plus, elles sont coupées au meilleur moment,
10:09là où elles sont le plus concentrées, juste à la sortie de l'hiver,
10:11là où elles sont le plus concentrées en polyphénol.
10:13Et il a fallu identifier un procédé doux de transformation,
10:16donc là, on a plutôt travaillé sur des procédés à froid,
10:20du broyage des feuilles, la récolte des feuilles, le broyage.
10:22Et ensuite, on s'est intéressé au mode d'extraction.
10:26Et là, on a travaillé plutôt sur des ultrasons,
10:30donc des procédés plus courts,
10:32en un temps plutôt qui n'hésite pas trop de temps de chauffage,
10:36en deux heures plutôt que douze heures.
10:39Enfin voilà, c'est tous ces petits enchaînements d'actions
10:42qui sont invisibles pour le consommateur.
10:44Pour lui, c'est un extrait d'olivier, riche en antioxydants,
10:47mais qui ont un impact, finalement, sur le...
10:50Justement, quand on fait l'analyse de ce cycle de vie,
10:52qui ont un impact sur cet ingrédient
10:53qui va nécessiter uniquement deux heures, effectivement,
10:57d'ultrasons pour aller en extraire et le titrage en polyphénol recherché
11:01et lui procurer sa capacité antioxydante qui va apporter au produit.
11:05Et après, bien sûr, il faut tester si on retrouve bien les polyphénols recherchés.
11:10Et enfin, tester dans le produit fini s'il apporte bien sa capacité antioxydante.
11:14Et c'est ce qu'on a fait sur nos produits solaires.
11:16Voilà pour un premier exemple.
11:18Merci beaucoup.
11:19On parlait tout à l'heure de la place de l'usage dans l'impact des produits.
11:24Les problématiques de rinçage, par exemple, sur les formules de shampoing durable,
11:29est-ce que vous avez particulièrement...
11:30Vous avez un exemple à nous donner sur des formules qui ont été changées
11:34pour justement proposer des produits qui soient performants,
11:37des produits durables, qui soient performants sur ce type de produit
11:40qui est un peu compliqué.
11:41On sait comment c'est les durables.
11:42La difficulté quand on formule justement des produits d'hygiène,
11:46c'est qu'aujourd'hui, il y a la force de l'habitude,
11:49comme on dit, des gestes qu'on fait sans y penser.
11:52Dans les produits d'hygiène, il y a une recherche de mousse.
11:55Tant que le produit n'a pas moussé, le consommateur ne va pas rincer.
11:59C'est un petit peu quelque chose qui n'est pas forcément conscientisé
12:02quand on se lave.
12:04Mais en tout cas, aujourd'hui, quand on a un produit naturel,
12:07peut-être qu'il mousse moins, on va en utiliser plus.
12:09Donc ça va augmenter l'impact de l'utilisation du produit.
12:12Ou à l'inverse, quand on a un produit comme nous,
12:15on a une huile de douche, qui est un produit riche en huile,
12:18on va justement avoir un produit qui est moins moussant.
12:20Et du coup, c'est pareil, le consommateur peut se dire
12:23qu'il doit se rincer plus longuement.
12:25Donc travailler la rinçabilité, c'est justement avoir la bonne équation,
12:29avoir le bon niveau d'ingrédients, ce qu'on appelle fonctionnels,
12:33qui ne sont pas les actifs qu'on met en avant sur le packaging,
12:36mais qui sont les tensuactifs, les agents moussants,
12:39les agents démélants, j'en parlerai après,
12:42qui sont aujourd'hui des ingrédients qui sont connus, reconnus,
12:47mais qui apportent de l'efficacité à la formule,
12:49mais qui ont parfois des sourcils plutôt chimiques,
12:52issus de la chimie traditionnelle,
12:54avec des procédés de transformation qui utilisent du pétrole,
12:59qui vont aussi parfois être plus difficiles à biodégrader,
13:03dans les formules, ou en tout cas, comme les silicones,
13:06des choses qui vont s'accumuler,
13:08qui contribuent effectivement à une perception d'efficacité,
13:10de performance pour le consommateur,
13:12auquel il est attaché.
13:14Et c'est tout le travail d'arriver à trouver des substituts,
13:17des ingrédients qui permettent d'avoir le même niveau de performance,
13:20mais en étant plus durable,
13:22pour montrer qu'effectivement, la naturalité peut réduire notre impact,
13:26tout en garantissant toujours la performance du produit.
13:28Et sur le cheveu, je vais revenir sur les soins formules dont vous parlez,
13:33sur les nouveaux ingrédients durables,
13:35comment vous faites pour vous assurer de l'efficacité identique
13:41entre ces nouvelles formules et les formules traditionnelles ?
13:45Quand je dis qu'il faut trouver des ingrédients qui soient aussi performants
13:47et avec des modes de transformation plus durables,
13:51on a travaillé sur le soin capillaire.
13:54Le soin capillaire, c'est des agents démêlants,
13:56il y a une vraie recherche de performance,
13:58on sait que les formules naturelles se heurtent parfois,
14:01justement, à ce retour consommateur qui est,
14:06oui, je veux bien essayer, mais ce n'est pas aussi efficace.
14:08C'est tout le paradigme et le challenge,
14:10quand tu es une marque, justement, de produits naturels,
14:13et qu'on arrive sur ce type de produit capillaire
14:16où il y a une attente de performance,
14:17c'est d'arriver à trouver des alternatives.
14:20Et dans les soins capillaires,
14:23il y a deux choses qui, pour nous, avaient un impact.
14:26Les silicones, qui contribuent à l'effet brillant,
14:29immédiat ressenti quand on a le soin,
14:32et ce qu'on appelle les agents démêlants,
14:35comme le BTAC, etc.,
14:37les ammoniums quaternaires, la famille des quats,
14:40qui sont de plus en plus décriés par les consommateurs,
14:43et c'est vrai que quand on voulait s'en affranchir,
14:47on nous disait, la performance ne va pas être au rendez-vous.
14:50Et on a travaillé, justement, sur des alternatives,
14:52issues de coproduits,
14:54justement, qu'on a testées,
14:56versus ces agents démêlants traditionnels.
14:58Donc, l'alternative qu'on a mis dans nos soins,
15:01c'est un agent démêlant qui est issu de coproduits de la betterave,
15:05donc la betterave sucrière.
15:06On en produit énormément en France, du sucre,
15:08et quand on produit du sucre,
15:10on a des résidus qui sont la mélasse,
15:13et qu'on a été transformé.
15:14Alors, c'est déjà bien connu,
15:16c'est des transformations type bétaine, etc.
15:18Enfin, c'est des choses qui sont déjà largement utilisées
15:22dans nos domaines,
15:23et qui sont connues,
15:24mais on n'avait pas forcément encore poussé le curseur,
15:27jusqu'à penser que c'est déjà un ingrédient
15:29qui est chargé positivement.
15:31Et sur, vous le savez peut-être pas,
15:32mais sur les agents démêlants,
15:33c'est vraiment ça qu'on recherche
15:35quand on transforme chimiquement,
15:37finalement, un agent démêlant,
15:38c'est pour le faire devenir positif.
15:40On est obligé de le transformer
15:41par des procédés de chimie lourdes
15:42pour qu'il devienne positif,
15:44pour justement avoir cette action conditionneur,
15:46puisque le cheveu est chargé négativement,
15:48et donc, ça va vraiment apporter
15:50l'effet conditionneur démêlant au cheveu.
15:52Et là-dessus, il fallait vraiment
15:54qu'on arrive à changer un petit peu
15:57le mode de transformation,
15:58donc un mode de transformation plus durable,
16:00une transformation qui soit moins liée au pétrole,
16:03en tout cas, qui soit plus éco-responsable,
16:05plus légère, on va dire,
16:06en chimie verte,
16:06voilà, un processus qui permette
16:09d'avoir une moindre transformation
16:10puisque l'ingrédient de betterave
16:11est déjà chargé positivement,
16:13donc on a moins à le transformer.
16:14Et du coup, on a un ingrédient
16:15qui est d'origine naturelle,
16:17issu de coproduits,
16:18donc qui ne mobilise pas
16:18une ressource supplémentaire,
16:20et qui en plus va être biodégradable,
16:22et c'était l'effet recherché.
16:24Le dernier effet recherché,
16:25c'est la performance,
16:26c'est ce qu'on était en train de dire.
16:27Et du coup, comment on teste la performance ?
16:29On la teste en aveugle,
16:30d'abord en laboratoire sur l'ingrédient,
16:31on l'a comparé au silicone,
16:33bon, les silicones, ça ne marche pas,
16:34donc effectivement,
16:34on était largement plus efficaces
16:36que les silicones,
16:37mais on était aussi efficaces,
16:39voire plus sur certains paramètres,
16:40sur mèche, du coup,
16:41déjà en laboratoire,
16:42sur mèche,
16:42donc sur la partie brillance,
16:44démêlage, etc.,
16:46donc en aveugle,
16:47versus les amonormes
16:49quaternières classiques
16:50comme le BTAC, etc.
16:52Donc ça, c'était le premier test,
16:53on va dire,
16:54sur l'ingrédient à l'aveugle,
16:55en laboratoire,
16:56qui permet, avant de formuler,
16:57déjà de se rassurer,
16:58et de se dire que ça va fonctionner.
17:00Et ensuite,
17:01c'est de le tester sur nos formules
17:02avec différents niveaux,
17:03donc du scorage sous contrôle de coiffeurs
17:05sur l'action démêlante,
17:07la brillance,
17:08la réparation du cheveu aussi.
17:09On a fait des tests au microscope
17:11pour voir l'effet conditionneur
17:12et vraiment l'effet réparateur
17:14sur la cuticule,
17:15qui peut être aussi observé,
17:16visible au microscope
17:18avec des photos,
17:18donc on peut très bien visualiser
17:19qu'effectivement,
17:20ça fonctionne.
17:21Et enfin,
17:22la satisfaction consommateur
17:23qu'on a pu avoir
17:24et lors de ces scorages,
17:25par exemple,
17:26on a obtenu
17:26plus de 74% de brillance,
17:28enfin vraiment des résultats
17:29largement comparables
17:31à des formules conventionnelles.
17:33Donc ça peut marcher.
17:33Merci beaucoup.
17:34Merci Annabelle.
17:35Jean-Charles Lomé,
17:37bonjour.
17:38Bonjour.
17:38Merci d'être parmi nous.
17:39Vous êtes directeur recherche
17:41et développement
17:41de l'Occitane en Provence.
17:43On l'a dit tout à l'heure,
17:45en tant que consommateur
17:45et consommatrice,
17:46on veut un peu tout,
17:48donc des produits plus durables,
17:49des produits efficaces
17:50et sûrs.
17:51C'est vous qui pilotez
17:52l'innovation durable
17:53chez l'Occitane en Provence.
17:55Est-ce que vous pouvez nous expliquer
17:56comment vous faites
17:57pour répondre à tout ça ?
17:59Oui,
18:00alors nous,
18:00chez nous,
18:00l'innovation,
18:01elle est vraiment portée
18:02sur comment on va apporter
18:05du mieux-être,
18:07du bien-être,
18:07mais même du mieux-être
18:08pour deux de nos clients principaux
18:10que sont nos consommateurs
18:11et la nature.
18:13En fait,
18:13quand on parle de mieux-être,
18:14on va vraiment parler
18:15de vitalité,
18:16de se sentir bien.
18:18Et donc,
18:19l'enjeu,
18:19il n'est pas tant
18:20de rajouter des années de vie,
18:22mais plus de la vie aux années.
18:24Et donc,
18:24c'est comment,
18:24en fait,
18:25on va participer
18:26à un épanouissement
18:28des personnes.
18:28Et cet épanouissement-là,
18:29il est dynamique,
18:30il est propre à chacun.
18:31Certains veulent paraître plus jeunes,
18:33d'autres plus relaxés,
18:34énergisés,
18:36lumineux.
18:36Et donc,
18:37le but,
18:37c'est vraiment comment,
18:38à travers nos produits
18:39et nos expériences,
18:39on va répondre à ce sujet.
18:41Et donc,
18:42pour pouvoir faire ça
18:43sur le consommateur
18:43et la nature,
18:44on a trois sujets
18:45qu'on travaille de manière
18:46injustement,
18:47complètement en interconnexion.
18:49c'est l'efficacité,
18:50le plaisir,
18:51au sens noble du terme,
18:53la sensorialité,
18:54mais pas que,
18:55et la durabilité.
18:56L'efficacité,
18:57parce qu'en fait,
18:58si on veut participer
18:58au mieux-être des gens,
19:00il y a des problématiques
19:01de peau,
19:01de cheveux,
19:02sur lesquelles il faut répondre,
19:03il faut qu'on soit efficace.
19:04Le plaisir,
19:05puisqu'on pense vraiment
19:06que l'expérience
19:07de nos produits,
19:08à travers les textures,
19:10les parfums,
19:11vont générer des émotions.
19:12Et si nous,
19:13quand on sort de la douche
19:14et qu'on a utilisé
19:14notre produit,
19:15en fait,
19:16on donne du sourire aux gens,
19:17on pense vraiment
19:18que ça va participer
19:19à leur bien-être
19:20et leur mieux-être.
19:21Et la durabilité,
19:22on ne peut pas parler
19:22de bien-être
19:23et être une marque de cosmétiques
19:24qui est dépendante
19:25de la nature
19:25et de ne pas travailler
19:27à, en tout cas,
19:28la préserver.
19:29Et donc,
19:30le vivant va nous aider
19:31puisque c'est un outil,
19:33alors on parle de biotechnologie,
19:34c'est un outil pour moi,
19:35il y a d'autres manières de faire,
19:37mais c'est une aide
19:38pour pouvoir travailler
19:39et comme on l'a très bien dit avant,
19:40c'est pas uniquement
19:41sur un actif
19:42ou une formule,
19:43c'est sur l'entièreté
19:43de la chaîne.
19:44Oui, c'est ça,
19:45donc en fait,
19:45vous travaillez,
19:46vous m'expliquez
19:47quand on a préparé
19:48cette table ronde
19:50qu'une formule,
19:51c'est pas uniquement
19:52une succession d'actifs.
19:54Alors c'est surtout
19:54qu'un produit
19:55et une expérience,
19:56et on l'a très bien vu,
19:56ça part d'un champ,
19:58alors quand on fait
19:59de la cosmétique naturelle,
20:00bien sûr,
20:01et puis ça va jusqu'à l'eau
20:02qui va être,
20:03et du packaging vide
20:05qui va devoir être recyclé.
20:08Et donc,
20:08c'est là où le vivant
20:09peut être un outil formidable
20:10si on part du champ,
20:12l'agroécologie,
20:13l'agriculture régénérative,
20:14c'est rien d'autre
20:15que de permettre
20:17à la vie du sol,
20:17qui sont des micro-organismes,
20:19etc.,
20:19de s'exprimer
20:20et que ce sol,
20:21en fait,
20:22soit renouvelable
20:22et rendre tous les services
20:24dont la nature
20:25et l'humanité a besoin,
20:26le carbone,
20:27l'eau,
20:27la biodiversité,
20:28etc.
20:29Ensuite,
20:29c'est aussi,
20:30à travers,
20:31on peut utiliser
20:32le vivant
20:33dans nos usines
20:34et typiquement
20:35sur la circularité
20:36de l'eau.
20:36Aujourd'hui,
20:36nous,
20:37on a des systèmes bactériens
20:38qui viennent retraiter l'eau
20:39et qui nous permettent
20:40de réutiliser une eau
20:41qui a déjà été utilisée,
20:42donc en boucle circulaire,
20:43ce qui va nous permettre
20:44d'être jusqu'à 30%
20:45d'économie d'eau,
20:47mais on couple ça
20:48avec,
20:48sur l'énergie,
20:49des systèmes plus conventionnels
20:50comme des panneaux solaires.
20:51Et ensuite,
20:52sur les principes
20:52de la chimie verte,
20:53on peut aller justement
20:54dans la formule
20:55sur les actifs.
20:56Alors,
20:56sur la formule,
20:57on a travaillé
20:57à la biodégradabilité
20:59qui est extrêmement importante
21:00sur l'usage ensuite
21:01de nos produits,
21:03la rinçabilité
21:03aussi de nos formules,
21:05le dosage,
21:06on a fait des doses
21:07qui sont des doses utiles
21:08et donc parfois,
21:09en fait,
21:09on diminue,
21:10on a un savon,
21:11on a diminué la dose
21:11quasiment par deux
21:12puisqu'en fait,
21:13la dose utile
21:13pour le consommateur,
21:14on ne veut pas
21:15qu'il surutilise
21:16nos produits.
21:17Il y a des systèmes
21:18de pompes
21:20qui pré-dosent,
21:21c'est ça ?
21:21En fait,
21:22on a calculé
21:22la dose utile
21:23pour avoir des mains propres
21:24et une expérience
21:25qui soit agréable,
21:26etc.,
21:26mais dans le bon temps
21:27puisqu'en fait,
21:28plus vous allez avoir
21:29de produits,
21:29plus vous allez le rincer,
21:30vous allez utiliser
21:30beaucoup plus d'eau chaude
21:31en l'occurrence.
21:33Et donc,
21:33ça a des impacts
21:34sur l'eau
21:34et sur le climat.
21:37Et donc,
21:37de pouvoir travailler
21:38sur tous ces sujets-là,
21:39ça permet justement
21:40d'avoir des produits
21:41qui, globalement,
21:42restent hyper désirables,
21:44sensoriels,
21:44mais rendre aussi
21:45ce service
21:46en termes d'éco-conception.
21:47Et je peux donner
21:48un autre exemple
21:49sur les principes
21:49de la chimie verte.
21:50Alors,
21:50c'est un peu la même chose,
21:51c'est sur notre gamme anti-âge,
21:54l'immortel,
21:55c'est notre plante iconique.
21:56Donc,
21:56on utilise depuis des années
21:57l'huile essentielle
21:58qui est,
21:59donc,
21:59au passage,
21:59on a travaillé vraiment
22:00à une filière
22:01d'agriculture biologique
22:03sur lesquelles
22:04on travaille aussi
22:05sur les principes
22:06d'agroécologie.
22:07Et ensuite,
22:07on va utiliser la plante
22:08pour la distiller
22:09et faire l'huile essentielle.
22:10Et comme on voulait innover
22:11pour pouvoir justement
22:13apporter des bénéfices
22:14complémentaires,
22:15plutôt que de reprendre
22:16une plante
22:16ou de refaire cultiver
22:17plus de surface d'immortel,
22:18on a récupéré
22:19le déchet de la distillation
22:20puisque l'huile essentielle,
22:22c'est à peu près
22:22150 molécules,
22:23un peu plus de 150 molécules,
22:24donc ça paraît énorme,
22:25mais ces 150 molécules,
22:27c'est 1%
22:27du potentiel moléculaire
22:29de la plante.
22:30Ça veut dire qu'on a encore
22:3099% à aller
22:32explorer, chercher.
22:34Et c'est là
22:34où les principes
22:35de la chimie verte
22:35sont géniaux,
22:36c'est qu'on a pris
22:37ce déchet
22:38et on a appliqué
22:39une technologie
22:39qui s'appelle
22:40CO2 supercritique.
22:41Donc il y a
22:41un principe de la chimie verte
22:43à bas impact
22:44et qui nous a permis
22:46d'extraire
22:47des nouvelles molécules.
22:47Ces molécules
22:48sont hyper intéressantes
22:49puisque comparé
22:50au rétinol,
22:51donc ça c'est
22:52une molécule
22:53qui est très connue
22:53dans l'antillage
22:54mais qui est souvent
22:55aussi synthétique,
22:56etc.
22:56On a pu démontrer
22:57qu'on était aussi efficace,
22:58ça c'est pour l'efficacité.
23:00La durabilité,
23:00j'en ai parlé,
23:01on est sur une source
23:02éco-conçue dès le départ
23:04et l'intérêt aussi
23:05c'est que
23:06en fait
23:06cet extrait-là
23:08il est beaucoup mieux
23:08toléré par la peau.
23:09Sur la notion de plaisir
23:11en fait,
23:12dans notre produit
23:13on ne va pas devoir
23:15lutter
23:15contre la tolérance
23:16de cet ingrédient.
23:17Donc là typiquement
23:18c'est un exemple
23:18de on peut faire
23:19des co-conceptions
23:20sur un ingrédient
23:21qui va permettre
23:22d'avoir cette performance
23:24qui fait du sens
23:24au global
23:25sur l'efficacité,
23:26le plaisir
23:26et la durabilité.
23:28Vous pouvez peut-être
23:29nous partager
23:29sur quoi vous travaillez,
23:31sur les innovations
23:31de demain,
23:33sur les formules ?
23:34Oui,
23:35juste avant,
23:35un petit,
23:36parce qu'on parle aussi
23:37de,
23:37on a parlé de biothèque
23:38mais sur l'usage
23:41parce que c'est aussi
23:42la conversation
23:42qu'on peut avoir
23:43avec nos consommateurs.
23:44Donc ça c'est un produit,
23:45c'est une huile de douche
23:46et ce qui est intéressant
23:46c'est que nous depuis 2008
23:47on a travaillé
23:48sur le développement
23:49des éco-recharges.
23:50Alors ça devient tendance
23:51aujourd'hui,
23:51c'est génial
23:52et de plus en plus
23:52d'entreprises s'investissent.
23:54Et ce qui est intéressant
23:55c'est qu'on avait
23:55les premières éco-recharges
23:57qui ont été comme ça
23:57en 2008
23:58qui étaient déjà super,
23:59le problème c'est que
23:59ce packaging-là
24:00n'était pas recyclable.
24:02Et typiquement
24:02l'innovation
24:03de mes équipes
24:04c'est de pouvoir
24:05avoir un produit
24:06qui soit désirable
24:07qui est éco-conçu
24:08parce que le plastique
24:08il est 100% recyclé.
24:10Alors vous le voyez
24:10transparent là,
24:11le plastique recyclé
24:12n'est pas transparent,
24:13en fait la paroi
24:13est tellement fine
24:14qu'on a l'illusion
24:15de la transparence.
24:16Et donc avec ça,
24:17ça nous permet
24:18de gagner 80%
24:19du poids de plastique
24:20par rapport
24:21au produit initial.
24:23Donc ça c'est
24:23sur le côté matériaux.
24:24Et ce qui est intéressant
24:25dans l'usage,
24:26c'est que si on achète
24:27trois produits comme ça
24:28ou alors si on achète
24:30un produit comme ça
24:30et deux recharges,
24:32en fait l'impact
24:32sur le packaging
24:33va être réduit
24:34de 50%.
24:35Donc il y a à la fois
24:36le travail sur
24:37la conception du produit
24:38en lui-même
24:39mais ensuite
24:39il faut vraiment
24:40considérer l'usage,
24:41on en a parlé
24:42de l'eau de la fin de vie
24:42mais également
24:43dans les comportements
24:44d'achat
24:44et de réachat
24:45quand les produits
24:46sont émés
24:46et ça c'est un best-seller
24:47donc on sait
24:48que les gens
24:48vont racheter le produit.
24:49Ça nous permet
24:50d'avoir de diminuer
24:50l'impact
24:51de manière très importante.
24:55pour ne pas dire
24:56les éduquer
24:56mais leur expliquer
24:57que les usages
24:58sont aussi importants
24:59dans l'impact.
25:00Oui et par exemple
25:00non seulement
25:01nos consommateurs
25:02mais chez nous
25:03en fait ça
25:04ça fait partie
25:04de nos objectifs
25:05donc si on veut
25:06atteindre nos objectifs
25:07avoir des primes
25:08il faut promouvoir
25:09la vente
25:09auprès de nos consommateurs
25:10et donc c'est totalement
25:12intégré dans le système
25:12global de l'entreprise.
25:14Et donc rapidement
25:15vous ne voulez pas nous dire
25:16ce sur quoi vous travaillez ?
25:17Si, si.
25:17Vous avez un petit peu de temps.
25:19Si, si.
25:20En plus c'est bien
25:21parce qu'on revient
25:21justement sur l'aspect
25:22du vivant
25:23des micro-organismes
25:23etc.
25:24Nous on travaille
25:24et c'est pour moi
25:25un sujet
25:26qui peut révolutionner
25:28la cosmétique
25:29c'est le microbiote.
25:31En fait on a longtemps
25:31considéré que la peau
25:32c'était une paroi
25:34tissulaire
25:35faite d'une couche
25:36de cellules.
25:36En fait aujourd'hui
25:37si on s'inspire du vivant
25:38et qu'on regarde
25:38de manière
25:39comme un écosystème
25:40en fait on se rend compte
25:41qu'il y a la peau
25:42et puis il y a
25:42des milliards
25:43de micro-organismes
25:44qui sont autour.
25:45Il faut s'imaginer
25:46que le microbiote
25:48donc les micro-organismes
25:48les bactéries
25:49les virus etc.
25:50qui sont
25:51qui vivent avec nous
25:52au quotidien
25:53c'est 100 fois plus
25:54de gènes
25:55que notre génome humain.
25:57Ce qui veut dire
25:57qu'en fait la définition
25:59même de notre personne
26:00elle n'est pas définie
26:01que par notre génome
26:02puisqu'il y a beaucoup
26:03plus de présence
26:04en fait de micro-organismes
26:05que ce soit dans l'intestin
26:07et également sur la peau.
26:08Et donc ce qui est intéressant
26:09c'est que déjà
26:10sur nos modèles de peau
26:11donc on a des modèles de peau
26:12pour pouvoir tester
26:13puisqu'on ne fait pas de test
26:13sur les animaux etc.
26:15En fait on a intégré
26:16ce microbiote humain
26:17ce qui nous permet
26:17de mieux comprendre
26:18l'interaction de nos produits
26:19par rapport à non seulement
26:20la peau
26:21mais aussi son écosystème autour.
26:23Ce qui est aussi intéressant
26:24c'est qu'en vraiment
26:25en approfondissant
26:25et en essayant de comprendre
26:27ce microbiote
26:28on a découvert
26:28une vingtaine de bactéries
26:30qui n'avaient jamais été décrites
26:31dans le monde
26:31et il y en a 7
26:32qui évoluent avec l'âge.
26:34Ce qui est assez fou
26:35c'est que du coup
26:36ça nous permet de nous dire
26:37on n'est pas obligé
26:38de travailler sur la peau directement
26:39mais on peut travailler
26:40sur ces bactéries là.
26:42Il faudra prouver bien sûr
26:43que la relation à l'âge
26:45elle est directe
26:46mais en tout cas
26:46c'est des perspectives
26:47qui sont géniales.
26:48Donc ces bactéries là
26:49on les a déposées
26:50à l'Institut Pasteur
26:51et aujourd'hui ça nous permet
26:52de travailler sur des probiotiques
26:53prébiotiques
26:54et même utiliser aussi
26:57le monde bactérien
26:58pour aller travailler
26:59sur des nouveaux extraits
27:00des actifs.
27:01Et donc ce microbiote
27:02c'est sur l'écosystème peau
27:04et on peut même généraliser
27:05plus loin
27:06sur le traitement de l'eau
27:07etc.
27:07Donc l'utilisation du vivant
27:09et c'est ça qui est génial
27:10c'est que l'avenir
27:10de l'humanité
27:11encore repose sur le vivant
27:12et reposera toujours sur le vivant
27:14ça n'empêche pas
27:15d'utiliser la chimie
27:17à bon escient
27:17quand c'est de la chimie verte
27:18etc.
27:19mais en tout cas pour moi
27:20ça c'est vraiment
27:21une perspective
27:21qui est énorme
27:22et qui pourrait changer
27:23jusqu'à un jour
27:24utiliser peut-être
27:24des bactéries vivantes
27:26c'est interdit
27:27par la réglementation
27:27donc pour l'instant
27:28on n'en parle pas
27:29mais ça peut vraiment
27:31révolutionner le monde
27:32de la cosmétique.
27:32Merci beaucoup Jean-Charles
27:34Nous allons vous laisser
27:36poser vos questions
27:37si vous en avez
27:38Moi j'ai une question
27:39pour toi Annabelle
27:40tu parlais du BTAC
27:42que vous faites
27:43à partir de coproduits
27:44c'est peut-être
27:45une question un peu technique
27:46mais si vous mesurez
27:48l'impact du produit final
27:50qui utilise cet ingrédient
27:51est-ce qu'aujourd'hui
27:52vos fournisseurs
27:53ils arrivent à vous prouver
27:54et vous donner
27:55des données fiables
27:56sur de combien
27:58ça a été réduit ?
27:59C'est compliqué aujourd'hui
28:00d'intégrer des nouveaux matériaux
28:02justement dans tous les outils
28:03d'analyse de cycle de vie
28:05qui existent
28:05parce qu'aujourd'hui
28:06chaque fois qu'on crée
28:07une nouvelle matière
28:08il faut la créer
28:09dans le référentiel
28:09et c'est là
28:11où c'est compliqué
28:12de mesurer
28:12donc on arrive
28:13à avoir des ACV
28:14plutôt sur l'ingrédient
28:16en lui-même
28:16en comparaison justement
28:18tout de A à Z
28:20du sourcing
28:20de l'ingrédient
28:21de l'impact
28:22quand c'est un coproduit
28:23on réduit l'impact
28:24de la source
28:25le temps de chauffe
28:26la chimie verte
28:28le procédé de chauffe
28:28tout ce qui intervient
28:29dans le procédé
28:31de fabrication
28:31en tout cas là
28:32de notre ingrédient
28:33qui est comparé
28:33donc aux ammoniums
28:34quaternaires
28:35il y a effectivement
28:36à chaque étape
28:37on a pu réduire
28:38de l'impact
28:38ne pas utiliser
28:39une transformation lourde
28:41pétrochimique
28:41ne pas avoir à faire
28:43cette transformation
28:43trop importante
28:44puisque la charge positive
28:45est déjà là
28:46tous ces procédés là
28:47qui ont pu
28:47avoir un impact
28:48réduit
28:49et qui vont faire
28:50que le score
28:51on va dire
28:52de la matière première
28:52va être réduit
28:53par rapport à l'ingrédient
28:55le BTAC
28:56en l'occurrence
28:56celui auquel
28:57on s'est comparé
28:58donc ça
28:59on peut le mesurer
29:00mais c'est vrai
29:00que dans l'outil
29:01les outils
29:03notamment nous
29:04on utilise
29:05Ascore
29:05aujourd'hui
29:05en interne
29:06à chaque fois
29:07qu'on travaille
29:07un nouveau matériau
29:08il n'est pas
29:09forcément modélisé
29:10et donc du coup
29:11il faut aussi
29:12accompagner le changement
29:13faire modéliser
29:14ces nouveaux ingrédients
29:15pour partager
29:16aussi ce savoir-faire
29:17c'est d'expliquer
29:18qu'il y a des nouvelles
29:20méthodes qui existent
29:21qu'on peut
29:22essayer de penser
29:23différemment
29:24que demain
29:25peut-être
29:25on trouvera encore
29:26une meilleure transformation
29:27et encore
29:28une nouvelle façon
29:29de faire
29:30qui sera encore
29:30plus durable
29:31parce que là
29:32il y a encore
29:33de la transformation
29:33certes
29:34c'est de la chimie verte
29:35mais encore
29:35de la transformation
29:36et de se dire
29:37que sur d'autres ingrédients
29:38il y a aussi
29:39d'autres voies
29:40qui ne sont pas
29:40forcément
29:41toujours valorisées
29:42dans un outil
29:43d'analyse de cycle de vie
29:45je pense surtout
29:46aux coproduits
29:46qui ne sont pas toujours
29:48même au plastique recyclé
29:50qui est parfois
29:51très très impacté
29:52dans l'unité d'analyse
29:53de cycle de vie
29:54avec par exemple
29:55pour le PET
29:55même quand on utilise
29:56du 100% PET recyclé
29:58il a un impact environnemental
29:59qui est assez élevé
30:00dans les outils d'ACV
30:01parce qu'il est venu
30:02de plastique à l'origine
30:04donc forcément
30:05ce n'est pas anodin
30:06même si c'est déjà un geste
30:08de réutiliser
30:09de faire un flacon
30:10avec 100% de plastique recyclé
30:12c'est tout l'enjeu
30:13c'est ce qu'ont partagé
30:16des différents secteurs
30:17de travailler aussi ensemble
30:18pour faire des synergies
30:19récupérer des coproduits
30:20trouver des nouveaux modes
30:21de transformation
30:22merci beaucoup
30:23merci pour cet échange
30:24passionnant
30:25je vais vous libérer
30:26merci beaucoup
30:27merci
30:28merci
30:29merci à tous
30:30merci à tous
30:31merci à tous
30:37merci à tous

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