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  • il y a 5 heures
Face aux défis liés au climat, à la biodiversité et à la préservation des ressources naturelles, l’industrie cosmétique est engagée dans une transformation profonde. Entre nouvelles attentes des consommateurs, évolutions réglementaires et nécessité de repenser les modes de production, le secteur doit faire émerger de nouveaux modèles. Dans cette transition, l’innovation scientifique joue un rôle clé en développant des solutions capables de concilier performance, durabilité et respect du vivant.

🔗 Les enjeux de la beauté durable, où en est le secteur ? : https://www.marieclaire.fr/les-enjeux-de-la-beaute-durable-ou-en-est-le-secteur,1521937.asp

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00:08Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans cette nouvelle édition des Beauty for Good,
00:14les conférences dédiées à la transition écologique du secteur de la beauté,
00:18à l'initiative de Marie-Claire et de la Fébéa.
00:21Je m'appelle Cédrine Meyer, je suis journaliste spécialiste des enjeux environnementaux
00:26et je suis ravie de vous retrouver dans ce lieu emblématique, la Maison de la Chimie.
00:30Alors pourquoi ici ? Parce que ce lieu raconte une histoire qui fait écho à notre sujet.
00:35La Maison de la Chimie, c'est un lieu dédié aux sciences, à la recherche, à la matière,
00:40à cette intelligence qui, molécule après molécule, invente des solutions nouvelles.
00:45Et c'est de cela dont on va parler aujourd'hui, d'une beauté durable qui ne se fabrique pas
00:50sans science,
00:50d'un secteur qui tend à réinventer ses procédés pour respecter davantage le vivant.
00:56Dire qu'on veut une cosmétique plus respectueuse du vivant, c'est une intention.
01:01Mais la traduire dans une formule, dans un flacon, dans un geste industriel, c'est une autre histoire.
01:06Une histoire qui est faite de contraintes, de choix scientifiques, parfois d'arbitrage, et souvent d'inventivité.
01:14On est donc ensemble pour explorer cette question passionnante, comment la science résout l'équation défi de la beauté durable.
01:22Et allier respect de la nature, de la réglementation, et de nos attentes de consommateurs et de consommatrices,
01:29où on veut de l'efficacité, de la sécurité, de l'accessibilité et du plaisir aussi.
01:35Au cours de cette matinée, nous allons explorer cette question à travers plusieurs prismes.
01:41D'abord la science au service de nouvelles formules, avec la chimie verte et avec les biotech.
01:47Ensuite le désir et la créativité face à l'impératif de sobriété.
01:52Ensuite la sécurisation des ressources naturelles.
01:55Et enfin des outils pour mieux choisir ce qu'on met dans nos salles de bain et sur notre peau.
02:01On va avoir la chance d'écouter des scientifiques et des experts qui travaillent sur les cosmétiques de demain.
02:06On va plonger dans les coulisses des marques comme La Rosée, L'Oréal, Kenzo Parfum, Aromazone, Interparfum et L'Occitane
02:17en Provence,
02:17qui nous expliqueront leurs innovations pour réduire les impacts environnementaux.
02:22Une matinée de décryptage et d'échange, il vous sera possible de poser vos questions à la fin de chaque
02:27table ronde.
02:27Pour poser le décor, nous allons avoir le plaisir d'écouter Marine Bincly de la Fébéa, la Fédération des entreprises
02:34de la beauté.
02:35Marine travaille notamment sur la transition RSE du secteur et va nous expliquer les défis auxquels il fait face.
02:41Vous pouvez l'applaudir, Marie Bincly.
02:44Bonjour à tous.
02:45Je suis très heureuse de vous accueillir aujourd'hui pour cette matinée consacrée à un sujet qui se trouve désormais
02:51au cœur des réflexions de notre secteur.
02:54Comment concilier nature, science et efficacité pour construire la beauté durable de demain ?
03:00Je remercie chaleureusement Marie-Claire pour ce partenariat qui nous permet de réunir aujourd'hui des scientifiques,
03:07des entreprises, des experts de la durabilité, des journalistes et des acteurs de terrain autour d'une conviction collective.
03:16La transition écologique de la cosmétique ne pourra se faire qu'en croisant les expertises et les regards.
03:22Le secteur cosmétique entretient avec le vivant une relation qui est particulière.
03:27Bien sûr, toutes les activités économiques dépendent des ressources naturelles.
03:31Mais dans notre secteur, cette dépendance, elle est particulière.
03:34Elle est particulièrement visible, particulièrement directe, presque intime.
03:40Nos ingrédients proviennent de plantes, de fleurs, d'algues, d'arbres, de micro-organismes.
03:47Ils nécessitent de l'eau, des sols fertiles, des écosystèmes fonctionnels et des chaînes d'approvisionnement capables de résister aux
03:55aléas climatiques.
03:56Notre industrie est profondément connectée à la biodiversité.
03:59C'est d'ailleurs l'une des caractéristiques qui distingue la cosmétique de nombreux autres secteurs.
04:04Les entreprises ont depuis longtemps compris que la préservation du vivant n'est pas uniquement un enjeu sociétal ou environnemental.
04:12C'est aussi une question de pérennité économique.
04:14Lorsque certaines cultures sont fragilisées par la sécheresse, lorsque les rendements deviennent plus incertains, lorsque les écosystèmes se dégradent,
04:24ce sont aussi les matières premières dont nos autres entreprises ont besoin qui deviennent plus rares, plus coûteuses ou plus
04:31difficiles à sécuriser.
04:33Autrement dit, protéger le vivant, c'est aussi protéger la capacité même de notre secteur à innover, à produire et
04:42demain à se développer.
04:43Cette prise de conscience est aujourd'hui très largement partagée par l'ensemble des entreprises de la beauté.
04:49Mais pour autant, la relation entre la cosmétique et le vivant reste souvent mal comprise.
04:53Les efforts en matière de durabilité sont souvent considérés comme allant de soi.
04:58Ils sont attendus, parfois même tenus pour acquis.
05:01Pourtant, au-delà de quelques ingrédients emblématiques,
05:03il est souvent difficile pour le grand public d'appréhender la complexité des chaînes de valeurs et des enjeux liés
05:11au vivant.
05:11Il faut reconnaître que ce n'est pas simple.
05:13Les interactions entre les espèces, les sols, l'eau, le climat, les pratiques agricoles ou les activités humaines sont extraordinairement
05:23nombreuses.
05:24Les effets ne sont pas toujours immédiats ni totalement prévisibles.
05:29Les arbitrages peuvent être délicats.
05:31Et c'est précisément pour cette raison que la science occupe une place aussi importante pour la transformation de notre
05:38secteur.
05:39La cosmétique est depuis toujours une industrie de recherche et d'innovation.
05:42Depuis des décennies, les laboratoires travaillent à développer des actifs plus performants,
05:47à améliorer la connaissance de la peau, à perfectionner les procédés,
05:52à garantir l'efficacité et la sécurité de nos produits.
05:55Les entreprises investissent massivement dans la recherche.
05:58Elles déposent des brevets.
06:00Elles construisent leur compétitivité sur leur capacité à innover.
06:04Aujourd'hui, cette dynamique se poursuit, mais elle s'enrichit d'une nouvelle ambition.
06:08Il ne s'agit plus seulement d'innover pour obtenir de meilleures performances,
06:12il s'agit d'innover pour réduire les impacts.
06:15Et de nouvelles solutions apparaissent grâce aux biotechnologies,
06:18à la fermentation, à la chimie verte, aux outils numériques ou encore à l'intelligence artificielle.
06:24Elles permettent d'imaginer de nouvelles matières premières,
06:28de nouvelles voies de production,
06:30de nouvelles méthodes d'évaluation et d'optimisation.
06:34La science devient ainsi un levier absolument essentiel
06:37pour répondre simultanément aux attentes environnementales,
06:41aux exigences réglementaires et aux attentes des consommateurs.
06:45Mais l'innovation, ce n'est pas qu'un travail en laboratoire.
06:48Les entreprises s'intéressent aussi de plus en plus aux pratiques agricoles.
06:52Le sujet n'est plus seulement de savoir ce que l'on fait avec une matière première,
06:56il est aussi de comprendre comment elle est produite,
06:59comment préserver les sols,
07:01comment réduire les pressions sur les ressources en eau,
07:03comment renforcer la résilience des cultures face aux conséquences du changement climatique
07:08et comment accompagner les producteurs dans l'adoption de pratiques agroécologiques.
07:13Sur ces questions, la cosmétique a véritablement un rôle à jouer
07:17parce qu'elle travaille avec de nombreuses filières végétales dans le monde,
07:21parce qu'elle dispose d'une capacité d'innovation et d'investissement importante,
07:25parce qu'elle peut contribuer à faire émerger des modèles agricoles
07:29conciliant performance économique, résilience et préservation des écosystèmes.
07:35C'est donc tout un écosystème qui est en mouvement
07:37et c'est précisément ce que nous allons explorer ce matin.
07:40Nous parlerons de biodiversité, nous parlerons d'eau, de climat,
07:45de science, de biotechnologie, d'innovation, de filière durable,
07:50mais aussi d'information des consommateurs.
07:53Nous verrons que les réponses n'existent pas dans un seul domaine.
07:56Elles émergent au croisement de plusieurs disciplines,
07:59de plusieurs expertises et parfois de visions différentes mais complémentaires.
08:05Parce qu'au fond, le défi de la beauté durable, il est peut-être là.
08:09Réussir à concilier ce qui pourrait nous sembler contradictoire.
08:13Nature et technologie, efficacité et sobriété,
08:18innovation et préservation, et désirabilité et durabilité.
08:24Je vous souhaite à toutes et à tous une excellente matinée d'échange et de réflexion.
08:30Merci beaucoup Marine, merci.
08:32Pour continuer à approfondir notre connaissance sur le sujet,
08:35nous avons sollicité une experte de la transition durable des entreprises de la cosmétique.
08:41Je vous demande d'accueillir Stéphanie Johan de Cantis,
08:45qui va nous donner un panorama du secteur.
08:48Merci Cédrine.
08:48Ce matin, avant de venir ici, vous avez tous sans doute fait quelque chose que vous faites tous les matins
08:55sans y penser.
08:56Vous vous êtes lavé, coiffé, hydraté, une crème, un peu de dentifrice,
09:02peut-être un coton que vous avez utilisé pour enlever le maquillage de la veille.
09:06Des gestes simples, quasi mécaniques.
09:09Et pourtant, ces gestes, ils ont un coût pour la planète.
09:13Une routine de beauté européenne moyenne, c'est environ 700 grammes de CO2 par jour.
09:21Pour vous donner une image, en termes d'émission, c'est comme si on consommait, on mangeait tous les jours,
09:28une petite tablette de chocolat noir, 365 jours par an.
09:32Mais ce qui m'a le plus surpris, moi, quand j'ai commencé à calculer tout ça,
09:38c'est qu'en fait, l'impact, il n'est pas toujours là, on l'imagine.
09:43Il n'est pas toujours dans le flacon.
09:46Il n'est pas toujours dans l'usine.
09:49En fait, les études de Cantis, donc le cabinet de conseil où je travaille,
09:54montrent que pour certains produits, comme les shampoings,
09:57près de 75% de l'impact carbone vient de la phase d'usage.
10:05Donc, c'est l'eau que vous faites chauffer pour rincer le produit
10:09ou, pour le cas de produits de maquillage, c'est le coton que vous utilisez pour vous démaquiller.
10:14Donc, je me présente.
10:16Je m'appelle Stéphanie Johan.
10:18J'ai travaillé quelques années dans la recherche innovation cosmétique.
10:22Et après ça, j'ai rejoint un cabinet de conseil en développement durable qui appartient au groupe BCG.
10:27dans lequel j'accompagne les acteurs de la beauté dans leur transition écologique.
10:31Mais bon, cette histoire de coton et de tablette de chocolat, elle nous dit quelque chose d'essentiel.
10:37Elle nous dit que si l'impact, il se cache aussi là où on ne regarde pas,
10:44pour le réduire, il faut aussi aller regarder au-delà du produit lui-même.
10:50Il faut regarder le produit dans sa globalité, de façon systémique,
10:55en commençant par regarder de la fleur qu'on cultive jusqu'à l'eau qui part dans le robinet.
11:01Et pour ce faire, on va revenir cinq ans en arrière.
11:05Il y a cinq ans, Cantice publiait son premier rapport,
11:08« Make up the future » destiné aux entreprises de la cosmétique.
11:12L'idée de ce rapport tenait globalement en deux messages.
11:16Le premier, on demandait aux entreprises de mesurer leur impact
11:20et de prendre des engagements forts pour les réduire.
11:23Le deuxième message, c'était « aller au-delà du carbone ».
11:28C'était le message le plus difficile à l'époque.
11:30Parce qu'aller au-delà du carbone, ça veut dire quoi ?
11:34Ça veut dire en fait accepter une deuxième vérité,
11:37qui est qu'il n'y a pas qu'un seul impact.
11:40Il y a le climat, oui, mais il y a aussi l'impact sur l'eau,
11:44l'impact sur les milieux, l'épuisement des ressources,
11:48la santé des sols et la pollution des milieux.
11:52Donc en fait, on ne fera pas de beauté durable,
11:55ni d'ailleurs on ne fera aucune transition écologique,
11:57si on ne parle que de CO2.
11:59Mais ça, c'était il y a cinq ans.
12:02C'était une alerte, une projection.
12:05Aujourd'hui, malheureusement, ce n'est plus une projection.
12:09Cet été, dans plusieurs rivières européennes,
12:12on a vu réapparaître les pierres de la faim.
12:15Ce sont des pierres qui ont été gravées par nos ancêtres,
12:17il y a quelques siècles,
12:19lors de grandes sécheresses,
12:21pour prévenir les générations futures.
12:23Sur l'une d'elles, on lit,
12:25« si tu me vois, pleure ».
12:27Ces pierres, elles, en fait, elles étaient sous l'eau,
12:30et n'auraient apparaissé que très rarement.
12:33Ben là, c'est la deuxième fois,
12:35en cinq ans, qu'elles réapparaissent.
12:36Et bon, il y a eu les méga-feux,
12:39ici, en France, chez nous,
12:42pas dans une contrée lointaine.
12:43Mais de toute façon, si on regarde au niveau de la planète,
12:46ce n'est pas mieux,
12:47parce que la science montre que sept des neuf limites planétaires
12:51ont déjà été franchies.
12:53Qu'est-ce que ça veut dire, concrètement, pour la beauté ?
12:56Donc aujourd'hui, je voudrais parler de trois exemples
12:59qui, bien sûr, ne sont pas exhaustifs,
13:00d'impact sur la beauté.
13:02Le premier, c'est la rupture des chaînes d'approvisionnement.
13:06La Fébéa, justement,
13:08elle a publié un guide sur la menace
13:10que le changement climatique fait peser
13:12sur l'approvisionnement des matières végétales.
13:15Ce guide étudie huit matières,
13:18dont, par exemple,
13:19le karité, le colza,
13:21la palme et le coco.
13:23Et il montre qu'à horizon
13:242050-2070,
13:27il y aura un changement,
13:29un recul,
13:29des zones de production de ces matières.
13:32Ce qui veut dire que
13:34les zones qui produisent aujourd'hui nos formules
13:36ne seront peut-être plus les mêmes,
13:38voire n'existeront plus demain.
13:40Quand on dit diminution des zones de production,
13:42on dit diminution des volumes,
13:43on dit augmentation des prix.
13:45Le deuxième impact,
13:46presque évident,
13:48c'est la sécheresse.
13:49À Grasse,
13:50la capitale mondiale du parfum,
13:51en 2022,
13:53une sécheresse a ravagé la culture de fleurs.
13:55La tubéreuse,
13:56elle a perdu 40% de sa production
13:59en un an.
14:01Grasse,
14:01c'est le cœur olfactif
14:03des grandes maisons françaises.
14:04Quand l'eau manque là-bas,
14:06c'est tout un secteur qui vacille.
14:09Et le dernier impact,
14:11c'est la réglementation.
14:12Avec tous ces impacts
14:14qui sont de plus en plus visibles,
14:15le cadre réglementaire européen,
14:18il n'est pas simplement
14:19en train de se durcir.
14:21Il devient mouvant
14:22et fragmenté.
14:24Plus strict côté produit,
14:25avec les réglementations
14:27sur les emballages,
14:28les microplastiques
14:29et les PFAS,
14:30mais plus allégé
14:32sur le reporting.
14:33Et c'est justement
14:34cette instabilité
14:36qui change tout.
14:38Aujourd'hui,
14:38ce qu'on voit,
14:39c'est qu'au niveau de l'entreprise,
14:41la conformité réglementaire,
14:43ce n'est plus un dossier
14:44d'un seul département.
14:45En fait,
14:46elle est en train de diriger
14:46dans tous les départements.
14:48Achats,
14:49marketing,
14:50R&D
14:51et finances.
14:52Et tout ce système,
14:53il ne s'arrête pas
14:55à la fabrication.
14:56Il ne parle pas que
14:57de fabrication.
14:58Comme on a vu au début,
14:59il continue au moment
15:00de l'usage
15:01et il va continuer
15:02encore
15:03quand le produit
15:04repart dans le robinet.
15:06Des études montrent
15:07que quand on regarde
15:09l'impact environnemental
15:10total,
15:11donc pas que carbone,
15:13pour certains produits
15:14comme les crèmes de visage,
15:16jusqu'à 60%
15:17de l'impact
15:17est lié
15:18à la fin de vie
15:20des ingrédients.
15:21C'est-à-dire,
15:22c'est l'ingrédient
15:23qui part
15:23dans les canalisations
15:25et sa capacité
15:26ou pas
15:27de se dégrader.
15:29Donc,
15:29fabrication,
15:31usage,
15:32fin de vie,
15:33carbone,
15:34eau,
15:35biodiversité.
15:36La beauté durable,
15:38c'est un peu
15:39comme un rouage
15:40et on ne répare pas
15:41un rouage
15:42pièce par pièce
15:43ou très difficilement.
15:45Alors,
15:46si tous les fondements
15:47sont en train de bouger,
15:48notre cadre de pensée
15:49se doit d'évoluer.
15:52Et c'est précisément
15:53ce qu'on a essayé
15:54de faire
15:54dans notre deuxième rapport
15:56Make Up The Future
15:56destiné pour les entreprises
15:58cosmétiques.
15:59On a essayé
16:00de déresser
16:00un cadre de pensée
16:02séparé en trois niveaux
16:03et on montrera
16:05comment la science
16:06a son rôle à jouer
16:06dans ces niveaux.
16:08Le premier
16:08étant
16:09l'industrie.
16:11Donc,
16:11aujourd'hui,
16:12on ne devrait plus
16:13avancer
16:14marque contre marque.
16:15D'ailleurs,
16:16la cosmétique
16:17possède
16:17plein d'initiatives
16:19collectives
16:19où les marques
16:21coopèrent ensemble
16:22et travaillent
16:23sur les bons sujets
16:24qui sont mis en évidence
16:26par la science
16:27avec des données
16:28partagées
16:29et des méthodes
16:30de mesure
16:31robustes
16:32et communes.
16:33Et pourquoi
16:34communes ?
16:35Parce que
16:35communes pour que
16:37nous tous,
16:38les consommateurs,
16:39on puisse comparer
16:40de façon fiable
16:41et faire des choix
16:42en confiance.
16:44Et donc,
16:45une de ces initiatives
16:46que je connais
16:47de l'intérieur,
16:48l'Eco Beauty Score,
16:49c'est précisément
16:51ce qu'ils ont essayé
16:51de faire.
16:52Donc,
16:52l'Eco Beauty Score
16:53que vous voyez en bas,
16:55c'est une note
16:55environnementale
16:56pour les produits
16:57cosmétiques
16:57de A à E.
16:59C'est une initiative
17:00qui est basée
17:01sur la méthode
17:03de mesure
17:03reconnue
17:04par la Commission
17:04européenne
17:05qui regarde
17:06toutes les étapes
17:07du cycle de vie
17:08d'un produit
17:09et qui se base
17:10sur 16 indicateurs
17:12environnementaux.
17:13Donc,
17:13c'est un langage
17:14commun
17:14pour la cosmétique.
17:16Le deuxième niveau,
17:17c'est l'échelle
17:18de l'entreprise.
17:19Et là,
17:20je vais me permettre
17:21un petit écart.
17:22Je vais vous parler
17:23de récits.
17:24Jusqu'à présent,
17:25le développement durable
17:27est très souvent perçu
17:29comme un centre de coût.
17:31Et on sait tous
17:32que ce n'est pas le cas.
17:34Et en plus de ça,
17:36on a aujourd'hui
17:37une méthode
17:38qui a été développée
17:39par le Center
17:39of Sustainable Business
17:40de NYU
17:41qui s'appelle
17:42le ROSI.
17:43C'est le Return
17:44on Sustainability Investment.
17:46En gros,
17:47le retour
17:48sur investissement durable.
17:50Et l'idée,
17:50elle est simple.
17:51C'est-à-dire,
17:52c'est de chiffrer
17:53en euros
17:54les bénéfices
17:56que la démarche apporte.
17:57Les bénéfices
17:58qu'apporte
17:59la fidélité consommateur,
18:01les coûts évités
18:03ou même
18:04les économies.
18:05Pour vous donner
18:06un exemple très concret
18:07qui a déjà été mentionné,
18:09quand une entreprise
18:11investie sur des filiales agricoles
18:13qui utilisent
18:13des méthodes
18:14régénératives
18:15durables,
18:16elle s'expose moins
18:18aux aléas climatiques
18:19et elle aura moins de risques
18:21d'avoir une baisse de production.
18:23Ça,
18:23c'est des coûts évités.
18:25Plus proche du consommateur,
18:26quand une entreprise
18:27propose
18:28des produits
18:29avec un système
18:30de recharge,
18:31il est démontré
18:32que les consommateurs
18:33vont acheter
18:34beaucoup plus ce produit
18:35que s'il n'y avait pas
18:37de recharge.
18:38Donc tout ça,
18:39ce n'est pas des coûts,
18:40c'est des bénéfices,
18:42des coûts à éviter.
18:43Et ce récit,
18:44en fait,
18:45il faut qu'il soit
18:46chiffré en euros
18:47et il faut qu'il remonte
18:48dans les comités
18:49de direction
18:49et les discussions
18:51financières.
18:52Et le dernier niveau,
18:53c'est celui
18:54du produit.
18:55Et c'est là
18:56où la science
18:57a le rôle
18:57le plus spectaculaire
18:58à jouer.
18:59Et encore une fois,
19:00ça a déjà été mentionné,
19:02les biotechnologies,
19:03la fermentation,
19:04aujourd'hui,
19:05nous permettent
19:05de créer
19:06des nouveaux ingrédients
19:07avec un impact moindre.
19:08Par exemple,
19:09un squalane
19:10qui vient du sucre,
19:11une vanilline
19:12qui est faite
19:13à partir de résidus
19:14de bois.
19:14Et on a aussi
19:16ce qu'on appelle
19:17le upcycling
19:18ou les coproduits,
19:19c'est-à-dire
19:19un déchet
19:21d'une entreprise
19:22qui devient matière
19:23première pour une autre.
19:25Et dans certains cas,
19:26ça peut venir baisser
19:27l'impact du produit
19:29à moitié.
19:30Et on peut aussi
19:31travailler
19:31sur la phase d'usage
19:33en éco-concevant
19:34des produits
19:35par exemple,
19:36sans rinçage
19:37ou qui fonctionnent
19:38très bien
19:39avec l'eau froide.
19:40Et là,
19:40on va s'attaquer
19:41aux 75%
19:43du début
19:44de la présentation.
19:45Et pour finir,
19:46je voudrais revenir
19:47sur ce geste simple
19:48du quotidien
19:49qu'on fait
19:50presque
19:51sans y penser.
19:52Et c'est ce presque
19:53qui compte
19:55le plus
19:55et de plus en plus.
19:57Aujourd'hui,
19:57un consommateur,
19:58il n'ouvre pas
19:59le même flacon
20:00cosmétique
20:01comme il y a 5 ans.
20:02Aujourd'hui,
20:03il s'informe,
20:04il compare,
20:05il questionne.
20:06Et cette vigilance,
20:07elle,
20:08elle ne va pas s'arrêter,
20:09elle va continuer.
20:10Et donc,
20:11la question pour la cosmétique,
20:12elle n'est pas
20:13si les ruptures
20:14vont se passer,
20:15mais c'est à quelle ampleur.
20:16Et cette question,
20:18elle en amène
20:18une autre encore
20:19plus concrète
20:20qui est comment nous
20:21et comment les acteurs
20:22de la cosmétique
20:23se préparent
20:24pour continuer
20:25à faire leur métier
20:26sans aggraver
20:28le problème.
20:29La beauté durable,
20:30ce n'est pas
20:31un renoncement
20:32à la routine
20:33du matin,
20:34à cette routine
20:35du quotidien.
20:36Bien au contraire,
20:37c'est la garantie
20:38qu'elle puisse continuer
20:39à exister demain
20:40mais en mieux.
20:41Et c'est précisément
20:42ce que les intervenants
20:43de la journée
20:43vont vous démontrer
20:44très concrètement.
20:46Merci beaucoup.
20:47Merci beaucoup Stéphanie
20:48pour cette introduction
20:50passionnante.
20:53Sous-titrage Société Radio-Canada

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