00:00Thomas Bonnet, depuis hier matin, le gouvernement multiplie les prises de parole pour tenter de répondre politiquement aux scènes de
00:07chaos de ce week-end.
00:08Thomas, un exercice de communication que vous trouvez peu convaincant.
00:11Écoutez, je vais laisser chacun être juge avec une image, une mise en scène, la politique c'est aussi de
00:16la mise en scène,
00:17celle de Sébastien Lecornu, hier, entouré de ses ministres sur le perron de Matignon, et vous le voyez, c'était
00:23au moment de prendre la parole.
00:25Alors, je ne suis pas un expert en communication politique, mais disons qu'on a connu plus efficace, pour rassurer
00:31les Français,
00:31je vous passe la petite musique d'ascenseur qui a émané visiblement du portable d'un ou d'une ministre
00:36et qui a accompagné la prise de parole de Sébastien Lecornu, qui a été retransmise en direct sur toutes les
00:40chaînes d'information,
00:41avec cette petite musique en arrière-plan.
00:44Alors, en l'absence d'un président qui a quitté le navire, parti de manière incompréhensible pour le Moyen-Orient,
00:49on peut dire quand même que Sébastien Lecornu fait le job, le Premier ministre adopte un langage clair,
00:54un langage simple, on peut lui reconnaître au moins de ne pas être enfermé dans une approche techno de la
00:59situation.
00:59Dans l'après-midi, ensuite, des ministres inexpérimentés se sont rendus dans des commerces pillés
01:04pour jouer à fond la carte de l'empathie face à ceux qui ont tout perdu.
01:07Ils sont venus les poches pleines d'argent public.
01:10Alors, ça s'appelle fonds de soutien, ça s'appelle chômage partiel, mais ça recouvre la même réalité.
01:14Malgré les promesses, cette fois encore, c'est nous qui allons payer les dégâts.
01:18La loi casseur-payeur, évidemment, elle va dans le bon sens, mais elle va mettre du temps à être appliquée,
01:23à être en vigueur,
01:24parce que, disons-le, la Macronie se réveille bien tard.
01:26Celui qui doit incarner le retour de l'ordre, c'est le ministre de l'Intérieur, c'est Laurent Nunez.
01:30Et imaginez plutôt, le même ministre qui doit désormais plancher sur des solutions
01:34est précisément celui qui a failli au point de remettre sa démission au président de la République.
01:39Alors, comme d'habitude en Macronie, le sens des responsabilités n'existe pas à l'Élysée,
01:43et donc, elle a été refusée, cette démission.
01:45Mais comment un ministre qui admet avoir perdu le contrôle samedi peut-il rester en fonction ?
01:50C'est invraisemblable de confier notre sécurité, la sécurité du pays, aux responsables de ce fiasco.
01:55Laurent Nunez est sûrement un grand serviteur de l'État,
01:58mais il a manqué de surface politique pour affronter les événements, les grenades interdites,
02:02puis autoriser les messages contradictoires jusqu'à son annulation du 20h dimanche soir,
02:07même l'annulation d'un déplacement à Marseille, finalement reprogrammé en urgence hier soir.
02:12Bref, tout ça donne l'impression d'un grand cafouillage qui ne répond en rien aux véritables enjeux du moment.
02:16Quels sont ces enjeux, selon vous, Thomas ?
02:18On ne peut pas simplement réduire la réponse pénale, même si c'est important.
02:21Il faut taper fort, et c'est ce que dira sûrement Gérald Darmanin, qui est notre invité ce matin.
02:25Mais il faut faire changer la peur de quand.
02:27Cesser de faire peser sur les forces de l'ordre le poids du soupçon,
02:30qui agit comme une tenaille contre ceux chargés de nous protéger.
02:33Faire des exemples, comme dit Gabriel Attal.
02:35Aller chercher les pillards là où ils sont, les faire payer.
02:37La guerre, c'est aussi une question d'image, et on ne peut pas opposer aux scènes des meutes
02:40simplement des images de rassemblement devant les mairies.
02:43Il faut taper fort, et il faut taper vite.
02:45Il faut par exemple s'attaquer aux organisations politiques,
02:48associatives, syndicales, qui sont responsables de ce climat de violence.
02:51Si ces associations avaient été de droite, je peux vous assurer que leur sort aurait été scellé depuis longtemps.
02:56Et puis il y a le sujet, l'éléphant au milieu de la pièce, c'est le sujet identitaire.
03:00Une jeunesse déracinée, qui voue une détestation à notre pays,
03:03qui est prête à passer à l'acte pour chaque prétexte.
03:05Hier, c'était une manifestation, demain, ce sera Halloween,
03:08puis le Nouvel An, puis n'importe quel match de foot.
03:10Si on veut éviter de vivre dans un couvre-feu permanent,
03:13il faudra tôt ou tard s'attaquer enfin aux problèmes de fond.