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Dans son édito du 19/10/2026, Paul Sugy revient sur les violences qui ont eu lieu dans toute la France après les mobilisations du 17 octobre.

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Transcription
00:00On apprend ce matin que le président de la République a refusé la démission du ministre de l'Intérieur Laurent
00:03Nunez
00:04après les très graves violences survenues durant tout le week-end.
00:07Il y a pourtant eu des failles dans le dispositif de sécurité.
00:11Évidemment qu'il y a eu des failles romains.
00:12De toute évidence, ce dispositif a été contourné, débordé, enfoncé même par les meutes de Black Bloc
00:17qui ont pu parfois presque, sans être inquiétés par les forces de l'ordre,
00:20piller ou vandaliser les centres-villes à Lyon, Marseille, Paris bien sûr, Limoges, Bordeaux et j'en passe.
00:26Les policiers n'étaient peut-être pas assez nombreux par endroits.
00:28Ils n'étaient certainement pas assez renseignés.
00:30Il est possible qu'ils n'étaient pas non plus assez armés.
00:33En ce sens, les attaques répétées de l'extrême-gauche contre la police tout au long de ces dernières semaines
00:38ont joué.
00:39Mais surtout, le fait qu'elles aient été entendues en haut lieu,
00:42il y a une forme de désarmement moral de la police commis au plus haut de l'État.
00:47Et ce, en même temps sécuritaire, était un désastre.
00:49Emmanuel Macron, plus encore que son ministre de l'Intérieur Laurent Nunez, en était responsable.
00:53Mais c'est vrai que le départ de Laurent Nunez ce lundi matin
00:56aurait au moins permis d'avouer en toute transparence un échec
00:59et surtout signifier à tout le pays que l'on va changer de braquet
01:02dans la réponse à présent qui sera apportée aux émeutes.
01:04On se rappelle que ce même Laurent Nunez s'enfaronnait il y a quelques jours sur France Inter
01:07en affirmant qu'il n'avait jusqu'ici jamais perdu le contrôle.
01:11Perdre le contrôle, disait-il, c'est si vous aviez des hordes de personnes
01:14qui défilaient dans les centres-villes et qui pillaient les magasins.
01:18On peut le dire ce matin avec certitude,
01:20tout au long du week-end, Laurent Nunez a perdu le contrôle.
01:22Oui, c'est exactement ce qui s'est passé ce week-end et hier soir.
01:25Vous pensez que ce qu'a déclaré Emmanuel Macron à 20h hier soir
01:28suffira à calmer les émeutiers, les pilleurs, les casseurs ?
01:31Je ne crois pas, d'abord parce que tout le pays a eu le sentiment d'entendre
01:34un président de la République complètement dépassé par la situation
01:36et qui assonnait des éléments de langage, d'ailleurs toujours les mêmes,
01:39qu'on entend à chaque fois, sans véritablement y croire.
01:42Et je ne suis pas certain que ça suffise à calmer qui que ce soit.
01:45Mais surtout, nous n'avons pas affaire à un mouvement
01:47qui peut se calmer d'abord par une réponse politique.
01:50Parce qu'au fond, ça n'est pas d'abord un mouvement politique.
01:53Bien sûr, il y a des responsabilités politiques.
01:55Et en disant ça, je ne veux pas paraître les minimiser.
01:57La France Insoumise, aux côtés d'autres partis et de syndicats d'extrême-gauche,
02:00ont excité la colère en répétant depuis des semaines
02:03que la police agissait de façon criminelle envers les lycéens.
02:06Et ce faisant, ils ont lancé des appels quasi insurrectionnels.
02:10Mais ce week-end, ça n'était pas réellement une insurrection,
02:12ni même d'ailleurs une guerre civile.
02:14Alors, c'était quoi ?
02:15C'était d'abord un défoulement de rage profondément nihiliste.
02:19Les appels à se rassembler étaient déjà vagues,
02:21mais les actions des Black Blocs, des pillards, des vandales
02:24n'étaient menées sous aucune bannière, sous aucun slogan.
02:27Ces gens ne revendiquent rien.
02:29Ils ne rêvent même pas de prendre le pouvoir.
02:31Ce n'est pas une révolution.
02:32Ce n'est même pas une manifestation qui dégénère.
02:34C'est d'abord une décharge de colère, de vengeance,
02:36un phénomène infrarationnel qui manifeste un profond refus
02:40de l'ordre public, de l'ordre même social et économique.
02:42Au fond, l'expression d'une désaffiliation politique
02:45est aussi la preuve d'un opportunisme face à la faiblesse de l'État
02:48qui n'a cessé de se trahir chaque fois que des violences similaires
02:51étaient commises sans être suffisamment réprimées.
02:54Aucune promesse, aucune réponse politique ce matin
02:57ne sera jamais suffisante.
02:59Il faut d'abord établir en urgence un État fort
03:01qui ne transige avec aucune de ses règles
03:03et qui ne laisse aucun espace à ceux qui pensent pouvoir s'en affranchir.
03:07Sous-titrage Société Radio-Canada
03:08Sous-titrage Société Radio-Canada

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