00:00Éric Ciutite avec nous. Bonsoir, M. Sauti. Vous êtes le maire de Nice et le président de l'IDR.
00:06Bonsoir.
00:07Une première réaction, tout simplement parce que, comme l'a dit Alain Duhamel, ce que nous avons vécu hier, c
00:14'était une forme de sidération, de désolation.
00:16Pour certains, un véritable assaut sur le pays, comme si tout cela avait été orchestré pour affaiblir la France.
00:21Cette allocution du président de la République s'inscrit donc dans un moment extrêmement important. Est-ce que ces propos
00:26ont été à la hauteur ?
00:31Je ne le crois pas. J'ai le sentiment, après avoir écouté le président de la République, qu'une nouvelle
00:36fois, une énième fois, peut-être une fois de trop,
00:40vu la gravité du moment, il a parlé pour ne rien dire. Que retient-on de son intervention ?
00:47Une réunion des partis politiques à Matignon, pourquoi dire, pourquoi faire ?
00:53De vagues commissions, le renvoi d'une responsabilité sur des acteurs qui n'ont pas de responsabilité politique.
01:03Tout ça, quelque part, est un peu indigne.
01:06Tout à l'heure, j'ai fait un rêve, avant d'écouter le président de la République, de me dire
01:12que peut-être, il allait tirer les conséquences de son impuissance.
01:16Dire qu'aujourd'hui, notre pays est devenu totalement paralysé, qu'il est rentré dans une crise financière épouvantable qui
01:25va nous coûter très cher
01:26et que désormais, il est dans une crise sécuritaire qui débouche sur une crise politique.
01:31Et qu'il en tire les conséquences en anticipant l'élection présidentielle pour qu'il y ait un vrai changement.
01:37– Naturellement, ce n'est pas ce qui a motivé cette expression, cette expression qui caractérise l'impuissance de ceux
01:46qui nous dirigent,
01:47et plus encore depuis 2024. De quoi s'agit-il ? Nous sommes face à un fascisme rouge.
01:54Nous sommes face à une antifada française, à une forme d'insurrection,
01:58où se rejoignent les islamistes, les casseurs, les pilleurs, tout ça téléguidé par des groupes d'ultra-gauche
02:08qui ont un caractère et qui ont des visées terroristes.
02:11C'est pour cela d'ailleurs que j'ai demandé que le parquet national antiterroriste se saisisse de cette situation.
02:17Parce que lorsqu'on veut tuer un policier, lorsqu'on détruit une mairie, une préfecture,
02:22eh bien ce sont des actes de terrorisme. Il n'y a aucune réponse à la hauteur de la gravité
02:29du mouvement
02:30que nous subissons, que les Français subissent dans le discours du président de la République.
02:35J'étais toute la journée aux côtés de mes concitoyens à Nice.
02:39J'ai rencontré les commerçants qui ont été saccagés, qui ont été pillés, qui ont été volés.
02:45Il y a de la sidération, il y a de la colère et il y a aussi une forme de
02:51lassitude, presque de résignation.
02:53Beaucoup m'ont dit mais est-ce qu'il n'est pas trop tard ?
02:56Non, je crois qu'il n'est pas trop tard.
02:58Il faut dire aux Français ce soir que ceux qui nous gouvernent et qui ont failli doivent partir
03:03et qu'ils vont bientôt partir.
03:05Et qu'il faut que le vrai changement autour de Marine Le Pen arrive le plus vite possible.
03:10– Monsieur Sioti, vous avez évoqué là, ça m'interpelle, vous avez parlé d'intifada française.
03:16Ça veut dire que si je vous comprends bien, vous estimez qu'une partie de ces casseurs,
03:21ces émeutiers, estiment qu'il y a quoi ? Une force d'occupation face à eux ?
03:26On peut transposer une situation du Moyen-Orient à une situation française aujourd'hui ?
03:31C'est ce qu'on vit dans notre propre pays, sur notre propre sol ?
03:34– Quand on voit les drapeaux qui peuplent ces manifestations,
03:40il y a plus de drapeaux palestiniens que de drapeaux français,
03:45avec quelques drapeaux rouges.
03:47J'ai eu même des drapeaux de l'Union soviétique sous les balcons de l'hôtel de ville de Nice.
03:52Mais aujourd'hui, quand on lance des pavés,
03:56quand on lance des objets pour tuer contre les forces de l'ordre,
04:00eh bien oui, on est dans une situation d'insurrection.
04:02J'ai beaucoup échangé avec des policiers qui m'ont dit que dans toute leur carrière,
04:07ils n'ont jamais vécu une telle violence, une telle haine.
04:12Les groupuscules qui ont pris la tête des manifestations,
04:17qui ont dépassé les manifestants, je dirais, classiques,
04:20qui ne sont que des alibis à l'insurrection portés par l'ultra-gauche,
04:25eh bien ont été d'une violence absolue.
04:29Et cette violence, elle doit être éradiquée par ceux qui ont le monopole de la violence légitime,
04:36c'est-à-dire les forces de l'ordre.
04:38Et ces forces de l'ordre, aujourd'hui, elles sont cruellement démunies de moyens.
04:43On entend chaque fois qu'il y a un fait grave,
04:47qu'il y a un homicide, qu'il y a un assassinat,
04:50on entend qu'il y a des émeutes,
04:52on entend toujours les mêmes discours.
04:54Les Français n'y croient plus, ils n'en peuvent plus,
04:57et il n'y a qu'un changement radical pour changer tous ceux
05:02qui sont les artisans d'une sorte de faillite française,
05:06d'effondrement français.
05:08On est comme en 1958.
05:10Ces gens qui nous gouvernent ont ruiné la France
05:13et sont en train de la détruire par leur impuissance
05:16et leur complicité, quelque part, avec l'extrême-gauche.
05:20Parce que laisser faire ça, c'est être complice de l'extrême-gauche.
05:24– Éric Ciotti, très concrètement, dans votre ville,
05:27d'abord, ça a été une forme de chaos également,
05:30comme dans beaucoup d'autres villes françaises.
05:32Encore ce soir, dites-nous ce qui s'est passé,
05:35parce que moi, j'ai beaucoup de commerçants de votre ville
05:38qui m'envoient des messages sur des vitrines brisées,
05:41sur des magasins à l'instant saccagés.
05:44Est-ce que ça veut dire, comme à Paris,
05:45Place de la République, avec les images tout à l'heure,
05:48parce que là, semble-t-il, c'est plus calme,
05:50c'est bis repetita, c'est un jour sans fin ?
05:53– On a un peu ce sentiment.
05:58Ce soir, il y a 200 casseurs qui tournent en ville.
06:02Pour l'instant, il n'y a pas de dégradation essentielle.
06:0616 commerces ont été hier vandalisés, cassés, pillés.
06:11Il y a eu des cambriolages, des caisses ont été dérobées.
06:16De l'argent a été dérobé.
06:18Donc on voit bien qu'il y a une convergence de ceux qui veulent casser.
06:22Dans un quartier, on a attaqué un poste de police municipale,
06:26on a brisé une caméra de vidéosurveillance
06:30qui surveillait un point de deal après l'assassinat qui a frappé notre ville
06:34au mois de mai, le double assassinat provoqué par des dealers.
06:38Donc il y a aussi les dealers qui se sont mis dans la partie.
06:42Il y a cette convergence de tous ceux qui veulent détruire la République.
06:46Il y a des islamistes aussi.
06:48Il y a la conséquence d'une immigration de masse
06:52qui aujourd'hui n'a pas été suffisamment intégrée aux valeurs de la République.
06:59C'est tout cela que l'on paye.
07:01C'est des années, des décennies d'échecs, de renoncements, d'impuissances, de lâchetés.
07:07Cela appelle une réaction et un changement radical.
07:10Mais alors, si ce sont des années de lâchetés, de faillites,
07:13si c'est la convergence des faillites,
07:16ce n'est pas une allocution qui peut effacer des années,
07:19d'ailleurs, de droite et de gauche.
07:21Donc tout va se résoudre, comme l'a dit le président de la République,
07:24ou pas en tous les cas, mais il va y avoir un exutoire.
07:26C'est l'élection présidentielle.
07:28Est-ce que ce soir, vous-même, vous appelez ?
07:30Est-ce que tout se passe dans 6 à 7 mois ?
07:35Vous avez raison.
07:37La solution, c'est l'élection.
07:40C'est le seul moyen, c'est la seule chose qui vaille
07:45pour garder une démocratie.
07:48Et cette élection, elle doit être celle du changement.
07:51Elle doit renverser la table dans la sérénité.
07:54Et j'ai vu tout à l'heure le discours extrêmement calme, serein, républicain de Marine Le Pen
08:02face à ce verbiage impuissant et qui ne convainc plus personne du président de la République.
08:10Le macronisme est un naufrage.
08:13Et ce naufrage, il faut qu'il s'arrête le plus vite possible.
08:15Alors, bien sûr, je suis respectueux des institutions.
08:18Il s'arrêtera le 2 mai prochain.
08:21Mais que de temps perdu.
08:23Et que de temps perdu depuis cette dissolution de 2024.
08:28Où je le rappelle quand même,
08:29puisque on entend les discours contre LFI
08:32de certains tenants de la majorité actuelle.
08:35Mais je rappellerai quand même que tout ce beau monde de M. Wauquiez,
08:40en passant par M. Attal, par M. Philippe qui a appelé à voter LFI,
08:45tout ce beau monde s'est retrouvé au second tour dans une coalition avec LFI.
08:51La réalité, elle est là et c'est ce que nous payons aujourd'hui.
08:55– Une dernière question, Éric Ciotti.
08:57Est-ce que vous restez, malgré tout ce que vous avez dit,
09:00dans un esprit constructif ?
09:02Est-ce que vous irez justement à cette réunion
09:05avec les différents chefs de parti ?
09:07Est-ce que vous viendrez également avec des propositions ?
09:08Je sais que vous avez évoqué la saisine du parquet antiterroriste.
09:12Vous voulez aussi que tous les mouvements antifa soient dissous.
09:15Est-ce que tout cela, vous allez le porter très concrètement
09:18jusqu'à la table de l'exécutif ?
09:20– Écoutez, nous le porterons dans les instances
09:24qui structurent encore notre démocratie,
09:28au Parlement, au travers de propositions de loi
09:30ou d'amendements à la loi casseur-payeur,
09:34parce qu'il faut que ceux qui cassent payent.
09:36Je ne suis pas convaincu de l'utilité de ces réunions.
09:41J'ai assisté à beaucoup de ces réunions,
09:43ces messes où ceux qui parlent s'écoutent parler,
09:46comme aurait dit ma grand-mère.
09:47Voilà, tout ça, c'est une énième ressucée
09:51de l'impuissance macroniste.
09:54Donc agissons.
09:55Et ce soir, je veux dire surtout mon soutien total,
09:59sans réserve aux forces de l'ordre.
10:01Il faut dans notre pays qu'il y ait un quoi qu'il en coûte sécuritaire.
10:05On paye aussi les instructions qu'a données M. Macron
10:09au ministre de l'Intérieur.
10:11Beaucoup de préfets m'en ont parlé et ils sont en colère.
10:14On leur a demandé de lever le pied pour qu'il n'y ait pas d'incident.
10:18Et nous avons ce soir 1000 policiers et gendarmes blessés.
10:23C'est le fruit des instructions de modération qui ont été données.
10:28Mais face à des barbares, on n'est pas modéré.
10:31Face à ceux qui défient l'autorité,
10:33on utilise au même rang la force pour que force, justement, reste à la loi.
10:39Autrement, c'est la loi des barbares, c'est la loi des pilleurs,
10:43celle à laquelle nous assistons aujourd'hui
10:45et qui est devenue insupportable à une majorité de Français.
10:49Merci Éric Ciotti, maire de Nice, président de l'UDR.
10:52Merci beaucoup.
10:53Merci pour votre réaction en exclusivité sur BFM TV
10:56après l'allocution du président de la République.
10:58Merci à mes Tipeurs et souscripteurs.
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