00:0021 juillet 1954, après un mois d'intenses négociations à la Conférence Internationale de Genève,
00:06Pierre Mendès France, alors président du Conseil, met fin à la guerre d'Indochine.
00:11Ce dont personne ne se doute, c'est qu'il mène, en parallèle de ses négociations,
00:14le règlement d'un autre dossier colonial, celui de la Tunisie.
00:19Pour interlocuteur, il fait le choix audacieux d'un avocat comme lui, Habib Bourguiba.
00:25Bourguiba est, dans les années 1950, le chef du parti, le néo-destour,
00:36qui a pris en charge, de façon tout à fait hégémonique, le combat pour l'indépendance de la Tunisie.
00:43En choisissant Bourguiba, Mendès France s'affranchit des pratiques colonialistes menées par ses prédécesseurs.
00:48Il ouvre ainsi un vrai dialogue basé sur la volonté commune de régler la question de l'émancipation de la
00:54Tunisie.
00:55Mendès France a l'intelligence de comprendre très vite que le vrai chef du mouvement de libération nationale, c'est
01:03Bourguiba.
01:03Et qu'il lui faut avoir l'accord de Bourguiba pour arriver à négocier l'autonomie interne de la Tunisie.
01:10Si on réfléchit bien, cette entente, d'abord implicite, ensuite explicite, entre Mendès France et Bourguiba,
01:16ne tenait pas au hasard, elle reposait sur des bases qu'on peut identifier.
01:20Cette identité de formation, d'idée, de perspective entre Bourguiba et Mendès France a été un élément très important de
01:29la réussite du processus.
01:31Mendès France et Bourguiba savent-ils qu'ils vont lier leur nom pour la postérité
01:35et bouleverser durablement le cours de l'histoire de la Tunisie et de la France ?
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