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  • il y a 36 minutes
Retrouvez tous les jours en podcast le décryptage d'un faits divers, d'un crime ou d'une énigme judiciaire par Jean-Alphonse Richard, entouré de spécialistes, et de témoins d'affaires criminelles.

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Transcription
00:0114h15, c'est l'heure du crime sur RTL, avec Jean-Alphonse Richard.
00:09Les époux Courgeot sont bien, les parents des deux bébés retrouvés morts dans leur congélateur en Corée du Sud.
00:15Les tests ADN réalisés cette fois en France ont confirmé ceux effectués en Corée.
00:21Une révélation chocte, monsieur et madame Courgeot ont été placés en garde à vue dès hier, ils continuent à nier.
00:28Bonjour, Véronique Courgeot, 38 ans, mariée, deux petits garçons, pas un nuage sur sa vie.
00:35En 2006, les corps de deux nouveau-nés sont retrouvés dans un congélateur, loin de la France, en Corée du
00:41Sud.
00:42C'est elle, la maman, elle les avait étouffées.
00:46Avant cela, elle avait déjà donné la mort à un premier enfant.
00:49Quel vertige a saisi la mère de famille pour avoir tué trois fois en secret Véronique Courgeot
00:56et ses bébés fantômes, l'heure du crime.
00:59Votre rendez-vous 100% fait divers, c'est tout de suite sur RTL.
01:10Dimanche 23 juillet 2006, 11h58 du matin,
01:14le commissariat du quartier de Bangbe-dong à Séoul
01:18est informé qu'un résident français vient de découvrir les corps de deux nouveau-nés
01:23dans le congélateur de sa vie-là.
01:26C'est en voulant déposer des macros qu'on venait de lui livrer qu'il a fait la découverte.
01:31Le français Jean-Louis Courgeot, 39 ans, reçoit tout de suite la visite de la police.
01:37Il vit à Séoul depuis 4 ans avec son épouse et leurs deux garçons âgés d'une dizaine d'années.
01:42Femmes et enfants sont actuellement en vacances en France.
01:46Il était seul lors de la découverte.
01:48Dans le tiroir du bas du congélateur, les policiers trouvent un nouveau-né mort,
01:53enveloppé dans une serviette de toilette.
01:56Un autre dans un tiroir supérieur, protégé par un sac plastique noir.
02:01Jean-Louis Courgeot ignorait la présence de ces petits cadavres.
02:06Il se demande qui a pu les déposer ici.
02:09On l'autorise à rentrer en France.
02:11Cinq jours plus tard, un laboratoire coréen indique qu'à 99,99% que M. Courgeot est bien le père
02:21des nouveaux-nés.
02:21Deux garçons, pas des jumeaux.
02:24L'un d'eux pèse 3,2 kg, l'autre 3,6 kg.
02:27Selon l'autopsie, le cordon ombinical a été arraché ou découpé grossièrement.
02:32Ils étaient vivants à la naissance, ils sont morts étouffés.
02:38Mercredi 2 août 2006, les autorités françaises sont alertées de la découverte des bébés morts de Séoul.
02:45Les Courgeot se trouvent alors en famille, à Souvenis de Touraine, en Indre-et-Loire.
02:50Le couple est entendu chez eux par la PJ d'Orléans.
02:53Il nie toute implication dans cette histoire.
02:56Selon le mari, au mois de juin, aucun corps ne se trouvait dans le tiroir du congélateur,
03:01là où ils conservent une bouteille de vodka.
03:0317 août, les Coréens confirment que Véronique Courgeot est bien la mère des bébés congelés.
03:10L'ADN est formel.
03:11Un juge de Séoul est saisi.
03:13À nouveau, les Courgeot contestent la fiabilité des examens.
03:16Il s'agit d'une erreur, une machination.
03:19On leur en veut.
03:20Le couple et leurs deux enfants ne sortent plus de la maison de Souvenis.
03:2422 août, Jean-Louis et Véronique Courgeot, assiégés par les journalistes,
03:29donnent une courte conférence de presse à Tours.
03:32C'est vrai que cette affaire nous dépasse totalement.
03:34On ne comprend pas ce qui nous arrive, en fait.
03:36La seule chose dont nous sommes sûrs, c'est que nous ne sommes pas les parents de ces deux enfants.
03:40Et ma femme n'a pas eu de bébés pendant ces années-là.
03:46Jeudi 5 octobre 2006, le laboratoire de police scientifique de Paris confirme à son tour que
03:52Véronique et Jean-Louis Courgeot sont les parents des deux petites victimes.
03:56Ceux qui connaissent le couple sont abasourdis.
03:59Jean-Louis et Véronique, amoureux, fait l'un pour l'autre, sont parfaitement inoffensifs,
04:04ce sont de très bons parents.
04:05Véronique est réservée et timide, mais c'est une excellente mère, va affirmer sa belle-mère.
04:12Un couple, dans la tourmente des analyses à Séoul et à Paris, qui les désigne comme
04:17les parents des nouveau-nés décédés, pas morts à leur naissance, mais volontairement
04:21asphyxiés.
04:22Les Courgeot vont être placés, évidemment, en garde à vue.
04:26Qu'est-ce qu'ils vont raconter ?
04:27Et qu'est-ce qu'ils savaient vraiment de toute cette affaire ?
04:29Ça sera à suivre dans le chapitre suivant de l'heure du crime.
04:32On va revenir à Séoul, la capitale de la Corée du Sud, dans la villa des Courgeots.
04:39Bonjour, Franck Moulin.
04:41Bonjour, merci beaucoup d'être avec nous, Franck Moulin.
04:43Vous n'êtes pas loin, puisque vous êtes directeur de la rédaction de RTL.
04:46À l'époque, vous étiez évidemment journaliste et vous avez suivi cette affaire pour TF1.
04:51Vous étiez envoyé spécial sur place.
04:55Racontez-nous un petit peu, on est à Séoul, en Corée, grande ville.
05:00Qu'est-ce qu'on se raconte autour de cette histoire ?
05:02Il y a une stupéfaction totale en France, bien sûr, mais aussi en Corée.
05:05Moi, je suis parti en Corée du Sud pour faire un reportage pour l'émission de reportage de TF1
05:11qui s'appelle 7 à 8.
05:13Je suis arrivé, j'étais donc le premier et le seul journaliste français présent sur place.
05:17Je suis arrivé en août, c'est-à-dire juste après les analyses ADN du laboratoire coréen.
05:24Et donc, à Séoul, j'ai le souvenir très précis de ce quartier français,
05:31un quartier d'expatriés autour du lycée français,
05:34avec des trottoirs en bleu, blanc, rouge, avec des magasins qui s'appellent Paris Croissant.
05:38Et donc, dans un premier temps, on avait interrogé le gardien de la résidence des Courgeots
05:44qui nous avait raconté très précisément M. Courgeot
05:48qui arrive affolé avec, dans une main, les macros congelés
05:52et dans l'autre, les bébés pour alerter.
05:55Incroyable !
05:56Et puis, nous avions recueilli ce témoignage.
06:01Et ensuite, c'était vraiment un contexte, peut-être on y reviendra,
06:05où d'un côté, les Courgeots et leurs avocats en France
06:10expliquaient que les analyses coréennes ne pouvaient pas être justes.
06:16Et d'un autre côté, la Corée voulait montrer que ces analyses étaient très solides.
06:22Donc, nous avions été au laboratoire qui faisait ces analyses
06:26et qui nous avaient montré la technologie
06:29et prouvé, entre guillemets, que...
06:31Enfin, démontré son sérieux.
06:33Il n'y avait pas de doute, c'est ça ?
06:34Non, c'est un aspect très intéressant.
06:36Très rapidement, il y avait une sorte de défiance à l'égard de la Corée.
06:40C'est-à-dire, c'est comme si on avait oublié, à ce moment-là,
06:43pendant quelques jours, quelques semaines,
06:45que la Corée est un pays qui investit 5% de son PIB
06:48dans la recherche et le développement,
06:50que la Corée est la 14e puissance mondiale
06:52et que la Corée est un pays largement aussi développé que la France
06:55et que ce laboratoire scientifique était vraiment tout autant performant,
07:00voire plus, que les laboratoires occidentaux et français.
07:02Bien sûr, mais ça, effectivement, il y a un petit doute au début.
07:05Et d'ailleurs, bonjour Christian Parver.
07:07Bonjour à tous.
07:08Merci beaucoup d'être avec nous en direct dans l'heure du crime.
07:10Vous êtes évidemment journaliste à RTL
07:12et vous êtes notre correspondant dans la région centre.
07:15Christian Parver, on entend ce que dit Franck Moulin,
07:18mais je pense que vous allez croiser, effectivement, vos paroles l'un et l'autre.
07:21Il y a cette conférence de presse avec Véronique Courgeot et son mari.
07:25C'est intéressant.
07:26Qu'est-ce qu'ils disent ?
07:28Ils disent, c'est pas nous, on n'y est pour rien, c'est ça ?
07:30Franck a tout à fait raison.
07:31Il y a une défiance à l'égard de la Corée.
07:34Il y a même un peu de racisme primaire.
07:36On ne sait pas très bien ce qui est fait en Corée.
07:38Il y a une défiance terrible.
07:40Par exemple, la belle-maman me dit, c'est incroyable.
07:43Elle dit ça en riant.
07:44Elle me dit, vous allez voir, Christian,
07:46dans quelques minutes, on va dire que Véronique est la maman.
07:49C'est dingue.
07:49Vivement que ça se termine.
07:50Vivement que ça se termine, cette histoire.
07:52Voilà, c'était ça le contexte.
07:54Il y avait même l'idée que peut-être c'était un complot.
07:57Un complot de Coréens contre M. Courgeot
08:00qui travaillait dans une usine de diesel,
08:02pourtant un poste pas du tout stratégique.
08:04Oui, c'est ça.
08:04Donc, effectivement, dans ce climat...
08:06Équipementier automobile, oui, tout à fait.
08:07Un climat un petit peu toxique, j'ai envie de dire.
08:09Bonjour, Dr Paul Bensoussan.
08:11Bonjour, Jean-Alphonse.
08:12Merci beaucoup, vous aussi, d'être avec nous dans le studio
08:15L'heure du crime, expert psychiatre.
08:17Vous avez, à l'époque, expertisé Véronique Courgeot.
08:20Autant dire que votre science, votre expérience
08:23nous est très très précieuse aujourd'hui.
08:26Mais un petit mot tout de suite.
08:27On a l'impression que la vedette, finalement, au début,
08:30ce n'est pas Véronique Courgeot.
08:32C'est plutôt son mari.
08:33C'est lui qui découvre tout ça, etc.
08:36Et il porte le flambeau de la vérité.
08:39Il dit, mais ce n'est pas nous.
08:41On n'y est pour rien.
08:41Sa sincérité est absolument frappante.
08:44Et avant d'être l'expert, puisque j'ai expertisé les deux,
08:47je vous rappelle que Jean-Louis Courgeot
08:48a été mis en examen au départ.
08:50Mais avant d'être l'expert, j'étais un téléspectateur,
08:52comme tout le monde.
08:54Et ce dont parlait Franck, la force du mensonge
08:57est absolument sidérante.
08:58C'est-à-dire, effectivement,
09:01un sujet convaincu devient convaincant.
09:03On arrive à douter de l'ADN.
09:06J'ai deux exemples que tout le monde aura en mémoire.
09:08Il y a le mensonge, je dirais,
09:10à la Cahuzac,
09:12les yeux dans les yeux.
09:13Et c'est troublant.
09:15Tout le monde doute à ce moment-là.
09:16Et puis, il y a un autre exemple plus récent.
09:19Puisque j'ai également été expert dans l'affaire Lelandais,
09:21je ne sais pas si vous vous souviendrez
09:22de Maître Jakubowicz.
09:25Au moment où on voit l'Audi A3 de Nordal-Lelandais
09:28avec la petite silhouette en robe blanche
09:30qui est présente à l'aller et qui n'est pas présente au retour
09:32dans l'affaire Maïlis,
09:35Maître Jakubowicz,
09:36qui est sur tous les plateaux de télévision,
09:38dit,
09:38je me fais fort de démontrer
09:40que ce n'est pas une silhouette d'enfant
09:42et que mon client est innocent.
09:44Et je crois que Maître Jakubowicz
09:46était totalement sincère à l'époque,
09:49aussi sincère que l'était Jean-Louis Courgeau.
09:51C'est ça, Jean-Louis Courgeau, il est sincère.
09:53Franck Moulin, encore une petite question.
09:55L'affaire, elle fait énormément de bruit à l'époque.
09:57C'est le fait d'hiver de l'été.
10:00Et on sait que ça va être un fait d'hiver mondial.
10:02Oui, c'est un fait d'hiver mondial.
10:04On en parle beaucoup en Corée,
10:06qui les Coréens se sentent vexés, entre guillemets,
10:09que leur enquête, qui est tout à fait solide,
10:12soit remise en cause.
10:13Et puis, en France, avec d'un côté Madame Courgeau
10:16qui ment, on le découvrira plus tard,
10:19et M. Courgeau, qui, je pense, est sincère,
10:22croit vraiment sa femme,
10:24sont vraiment en train de répéter
10:26« Ce ne sont pas nos enfants »,
10:27de tenter de discréditer l'enquête coréenne.
10:31Donc oui, il y a vraiment ces deux versions
10:34qui s'affrontent.
10:37Oui, tout à fait.
10:39Et c'est la contagiosité du mensonge
10:42qui est fascinante.
10:43C'est vraiment que quelqu'un de convaincu
10:45qui m'en peut convaincre.
10:47Et il y a aussi l'envie de croire
10:49à une histoire.
10:51Le couple soupçonné est en garde à vue.
10:54Véronique Courgeau et ses bébés fantômes,
10:56ils étaient en mois et deux mois.
10:59Mais ce n'était pas des êtres humains.
11:01L'enquête de l'heure du crime,
11:02on se retrouve dans un instant sur RTL.
11:03Toute la journée, RTL vous accompagne.
11:13RTL.
11:14Votre radio.
11:17Avec Woldo.
11:18L'heure du crime,
11:19présentée par Jean-Alphonse Richard sur RTL.
11:22L'heure du crime consacrée à l'affaire Courgeau.
11:25À l'été 2006, ce couple d'expatriés français
11:27est soupçonné d'avoir mis fin
11:29au jour de leurs deux nouveau-nés
11:30à Séoul, en Corée.
11:32Une nuit, trois mois après la révélation des faits,
11:35mari et femme sont interrogés.
11:40Mardi 10 octobre 2006,
11:42Jean-Louis et Véronique Courgeau,
11:4439 et 38 ans, sont en garde à vue.
11:46Tous deux se disent étrangers
11:48à cette rocambolesque affaire.
11:50Véronique est catégorique.
11:52Elle n'a jamais accouché
11:52de ses deux enfants trouvés dans le congélateur.
11:55Mais après 24 heures de garde à vue,
11:57elle baisse la garde.
11:59Elle souhaite qu'on fasse venir son mari.
12:01L'épouse annonce qu'elle avait accouché
12:03de jumeaux à Séoul en décembre 2003.
12:06Les enquêteurs savent qu'il ne s'agit pas
12:08de jumeaux, mais ils la laissent parler.
12:09Elle était seule chez elle.
12:11Elle a coupé elle-même les cordons
12:13bilicaux avec des ciseaux.
12:16Les bébés ont respiré,
12:17ils ont crié, puis elle les a
12:19étranglés.
12:20Elle a placé les deux corps
12:22dans le congélateur.
12:24Quand le couple a déménagé,
12:25quelques mois plus tard,
12:26elle les a transportés
12:27dans un sac isotherme
12:29jusqu'au nouveau domicile.
12:30Selon elle,
12:31Jean-Louis n'était au courant de rien.
12:34Puis la maman avoue
12:35qu'il s'agissait bien de
12:36deux grossesses séparées.
12:38Octobre 2002,
12:40puis décembre 2003.
12:41chaque fois, elle a accouché
12:43dans la salle de bain.
12:44Elle révèle encore qu'en 99,
12:47elle avait déjà mis au monde
12:50un bébé à Villeneuve-la-Comtesse
12:52en Charente, le domicile du couple.
12:54Elle l'avait étranglée.
12:56Pas congelée celui-ci,
12:58mais incinérée dans l'insert
12:59de la cheminée.
13:04Interrogé,
13:05Jean-Louis Courgeot assure
13:06qu'il ne s'est jamais aperçu de rien.
13:08Il avait bien noté
13:09que sa femme prenait du poids,
13:10mais rien de frappant.
13:11Elle portait toujours
13:12des vêtements amples.
13:13Il ne se formalisait pas
13:15quand elle refusait
13:16d'avoir des relations sexuelles.
13:18Après son dernier accouchement,
13:19Véronique Courgeot
13:20a subi une hystérectomie.
13:22Elle ne pouvait donc plus
13:23avoir d'enfant.
13:25Le mari est placé
13:26sous contrôle judiciaire,
13:27l'épouse est crouée.
13:28Les légistes français
13:29qui examinent le corps
13:30des bébés congelés
13:32indiquent que l'un est mort
13:33après qu'on lui ait
13:34bouché le nez
13:35et la bouche.
13:36Le deuxième
13:37après une forte compression
13:40du visage.
13:44Réentendu quelques semaines
13:45plus tard,
13:46Véronique Courgeot
13:47raconte avoir cessé
13:48de prendre la pilule
13:49après la naissance
13:50de son premier fils.
13:51Elle ignore pourquoi
13:52elle n'a pas continué
13:53à avoir recours
13:54à la contraception.
13:55Elle est incapable
13:56d'expliquer pourquoi
13:58elle a fait ça.
13:58Cet enfant était de moi
14:00et en moi.
14:01Je m'octroyais
14:02tous les droits,
14:03même celui extrême
14:04de ne pas le laisser vivre.
14:05Elle poursuit.
14:05C'était comme si
14:06ce n'était pas des bébés.
14:08Pour moi,
14:08ce n'était pas des êtres
14:09à part entière.
14:10Véronique Courgeot
14:11raconte qu'elle ne souhaitait
14:12pas se retrouver
14:13dans la situation
14:14de sa mère,
14:15laquelle n'avait jamais
14:16eu le temps
14:16de s'occuper vraiment
14:18de ses sept enfants.
14:21Et évidemment,
14:21Véronique Courgeot
14:22va être réinterrogée
14:23sur ses motivations
14:25parce que c'est un vrai mystère
14:26cette femme.
14:26On a du mal
14:27à la comprendre
14:28et savoir vraiment
14:29pourquoi elle a fait ça.
14:31Juge d'instruction,
14:32expert,
14:33psychologue,
14:33psychiatre
14:34vont se pencher
14:34sur le cas déroutant
14:36de cette mère de famille.
14:37Qu'est-ce qu'elle va raconter ?
14:38Est-ce qu'elle va enfin dire
14:39une vérité
14:41qu'on puisse comprendre ?
14:42Ça sera dans la suite
14:43évidemment de cette émission
14:44tout de suite.
14:45Évidemment,
14:46il y a cette garde à vue
14:47décisive
14:48trois mois après.
14:50Franck Moulin,
14:50vous connaissez bien ce dossier.
14:52Vous étiez à Séoul
14:52au tout début de l'affaire.
14:54Véronique Courgeot,
14:55vous êtes journaliste,
14:56vous êtes le patron
14:57de la rédaction de RTL.
14:58Véronique Courgeot,
14:59elle nie toujours
15:01avec aplomb
15:02avoir tué les bébés
15:03en début de garde à vue
15:04en tout cas.
15:05Et elle va même dire,
15:06quand elle va avouer,
15:07elle va encore mentir.
15:08Elle va dire
15:09que ce sont des jumeaux.
15:10Oui,
15:10c'est-à-dire que
15:11jusqu'à temps
15:13qu'elle ait été confrontée
15:15à des preuves
15:17irréfutables,
15:17elle va toujours tenter
15:18d'adapter sa version.
15:20D'abord,
15:21c'est pas moi,
15:22puis ce sont des jumeaux,
15:24puis en fait,
15:25ce ne sont pas des jumeaux,
15:26ce sont deux enfants,
15:28deux enfants,
15:29en 2002,
15:29en 2003.
15:30Elle a même dit,
15:32ça ne peut pas être mes enfants
15:33car je ne peux plus
15:34avoir d'enfants,
15:35vu qu'elle avait eu
15:36les ovaires et l'utérus
15:38enlevés,
15:38mais elle avait eu justement
15:39les ovaires et l'utérus
15:40enlevés en décembre 2003
15:42à Séoul,
15:43après avoir accouché
15:44seule du second bébé.
15:46Elle avait eu une infection.
15:48Voilà,
15:48exactement.
15:49Et puis enfin,
15:51elle a fini par reconnaître
15:53le troisième bébé tué,
15:56celui de 1999
15:58qui est donc le premier,
15:59mais il a fallu
16:02une longue enquête
16:03et beaucoup de faisceaux
16:05d'indices et de preuves
16:06pour finalement
16:06qu'elle puisse dire la vérité.
16:08Alors,
16:09Véronique Courgeot,
16:10elle est dans le mensonge.
16:11On va en parler beaucoup
16:12puisque c'est au cœur
16:12effectivement
16:13de cette émission.
16:15Christian Panvert,
16:16vous êtes notre correspondant
16:17et journaliste RTL
16:18dans la région Centre.
16:19sur place,
16:20il y a cet aveu,
16:21un troisième bébé,
16:22enfin,
16:22c'était même le premier
16:23à disparaître,
16:24qui lui a été jeté
16:25dans la cheminée.
16:26Là,
16:27je suppose que
16:28tout le monde tombe
16:29un petit peu
16:29de l'armoire
16:31dans cette région
16:32où on connaît bien
16:32les Courgeots.
16:33C'est exactement ça.
16:35Je me souviens précisément
16:36du moment
16:37où ça a été annoncé.
16:39J'étais avec mes confrères
16:40de l'agence France Presse
16:41et d'Associated Press
16:42qui n'osaient pas
16:44donner cette information
16:45selon laquelle
16:46elle aurait brûlé
16:47un troisième enfant.
16:48On disait,
16:48ce n'est pas possible,
16:49il faut faire attention,
16:50il faut faire attention.
16:51Et finalement,
16:51ça a été confirmé.
16:53Et le commissaire Bégeot
16:54qui était là
16:56durant la garde à vue
16:57me disait,
16:58j'ai vu un homme
16:59qui avait pris un train
17:01avec plusieurs dizaines
17:02de wagons sur le corps.
17:03Il se sentait coupable,
17:05c'était une tragédie grecque
17:06parce que finalement
17:07s'il n'avait jamais
17:08appelé la police
17:09en Corée,
17:10on n'en serait pas là.
17:11Bien sûr.
17:13Et finalement,
17:14Jean-Louis Courgeot
17:15me disait,
17:15mais le ciel m'est tombé
17:17sur la tête
17:18ce jour-là.
17:19Ah oui,
17:20ça c'est très impressionnant.
17:22Docteur Paul Bensoussan,
17:23vous êtes avec nous
17:23dans le studio
17:24L'Ordre du Crime Expert Psychiatre.
17:25Vous avez expertisé
17:26le couple Courgeot.
17:29C'est étonnant,
17:30ça il faut en parler un petit peu.
17:31Ce n'est pas le déni,
17:33on est dans le mensonge.
17:34On essaie de manipuler
17:35un petit peu la vérité,
17:37mais très naïvement
17:38du côté finalement
17:39de Véronique Courgeot.
17:42Chez Véronique Courgeot,
17:43il y a cette illusion
17:44qui est décrite
17:46par un auteur
17:46sur le mensonge
17:47et la sincérité
17:48qui s'appelle Dromar,
17:49cette illusion
17:49que la force du mensonge
17:52va finir par convaincre.
17:53Et quand on convainc,
17:55ça renforce encore
17:56le sujet
17:57dans sa propre conviction.
17:58Ça,
17:59c'est le mensonge
18:00qui est presque
18:01la pensée magique.
18:02C'est-à-dire,
18:02non,
18:03l'ADN se trompe.
18:04Mais du côté
18:05de Jean-Louis Courgeot,
18:06il est d'une sincère...
18:07Vraiment,
18:08j'étais avec le professeur
18:09Brion aujourd'hui décédé,
18:10nous étions co-experts,
18:12d'une sincérité
18:13absolue
18:14et d'une naïveté
18:15sans borne.
18:16Il est dans l'amour
18:17de son épouse,
18:19il est déconnecté,
18:21il ne comprend rien
18:22lorsqu'on lui pose
18:24les questions
18:25les plus simples.
18:25Je vais vous donner
18:26un exemple.
18:27Son inconscient
18:27fait irruption
18:28dans le langage
18:29mais d'une façon sidérante.
18:31Je lui dis,
18:31mais quand vous trouvez ça,
18:33monsieur,
18:33est-ce que vous pensez
18:34appeler votre épouse
18:35avant d'appeler
18:37la police de Séoul ?
18:39Réponse,
18:40non mais réponse
18:41toujours au ras
18:41des pâquerettes,
18:42très concrète.
18:44Vous savez,
18:44il y a un décalage important,
18:45c'était la nuit en France.
18:47Je sais bien, monsieur,
18:47mais en même temps,
18:48c'est une découverte
18:49qui sort un peu
18:50de l'ordinaire.
18:51Qu'auriez-vous dû faire
18:53si vous aviez voulu
18:54joindre...
18:55Elle n'était pas chez...
18:56Ok,
18:56si vous aviez vraiment
18:57voulu la joindre,
18:58alors j'aurais dû appeler
18:59sa sœur, etc.
19:00Et il me dit,
19:02textuellement,
19:03mais je voulais trouver
19:04un embryon de solution
19:06avant d'appeler Véro.
19:07Un embryon de solution ?
19:09Un embryon de solution.
19:10C'est du jamais vu.
19:11Il n'entend même pas
19:12ce qu'il dit.
19:13Effectivement,
19:14c'est très étonnant.
19:16Franck Moulin,
19:18effectivement,
19:18on est au cœur du sujet
19:20avec ce couple
19:21qui est perdu.
19:23Lui, bon,
19:23s'aperçoit que
19:24tout lui échappe.
19:26Et puis cette femme
19:27qui continue
19:28consciencieusement
19:28à essayer d'établir
19:29sa vérité,
19:30de donner ce qu'elle croit.
19:31Oui,
19:32à tel point que
19:33quand la vérité a éclaté,
19:35dans un premier temps,
19:36ni Jean-Louis Courgeot
19:38ni sa famille
19:39n'ont voulu y croire.
19:41Il se trouve que
19:42pour un des reportages télé,
19:45et je me trouvais
19:45avec les parents
19:47de Jean-Louis Courgeot
19:48physiquement,
19:49chez eux,
19:50quand ils ont reçu
19:50le coup de fil
19:51qui annonçait
19:52que Véronique
19:53avait avoué
19:54un second
19:59meurtre
20:00de bébé,
20:01ils n'y croyaient pas.
20:03Ils croyaient vraiment
20:03que la police
20:04l'avait maltraitée,
20:07l'avait forcée
20:08à avouer
20:08que c'était
20:09des aveux extorqués.
20:13Christian Porver,
20:14un petit mot
20:14sur cette famille Courgeot,
20:16famille très unie,
20:17très aimante,
20:18c'est ça aussi
20:18qui a un contraste
20:20terrifiant avec les faits.
20:21Oui,
20:22c'est une famille aimante,
20:23ce sont des gens connus,
20:26ce sont des bourgeois
20:27de province,
20:27le papa est conseiller
20:28municipal à Chinon,
20:30il est assez orgueilleux,
20:31il veut défendre
20:32le nom Courgeot,
20:33et la maman
20:35qui travaillait
20:36à Air France
20:36est aussi
20:37dans cette idée-là
20:40de dire
20:40on ne va pas
20:41la laisser
20:41dans ce qu'ils appelaient
20:44eux
20:44un lynchage médiatique
20:46et un complot.
20:49Les infanticides
20:50dans le regard des psys,
20:52Véronique Courgeot
20:53et ses bébés fantômes,
20:54je n'y pensais pas
20:55à chaque fois
20:56que j'ouvrais
20:56le congélateur,
20:58l'enquête
20:58de l'ordre du crime,
20:59la mère de famille
21:00va-t-elle livrer
21:00le déclic
21:01qui l'a conduite
21:02à asphyxier
21:03ses nouveaux-nés,
21:03c'est à suivre
21:04dans un court instant
21:05sur RTL.
21:06Bonne journée
21:07sur RTL.
21:12RTL,
21:12votre radio.
21:16L'heure du crime
21:17présentée par
21:18Jean-Alphonse Richard
21:18sur RTL.
21:20C'est impensable
21:21que Jean-Louis
21:22ait pu ne pas s'apercevoir
21:23que sa femme
21:24était enceinte.
21:25D'autre part,
21:26je ne vois pas
21:26comment une mère de famille
21:27peut programmer
21:28son accouchement clandestin
21:30entre 8h30 le matin
21:31et 4h30 le soir
21:32pendant que les enfants
21:33sont à l'école.
21:34Je ne vois pas
21:34comment on peut faire ça.
21:36Au programme
21:37de l'heure du crime,
21:38l'affaire Véronique Courgeot,
21:39cette mère de deux garçons
21:40à avoir tué
21:42en les étouffant
21:43trois nouveaux-nés
21:441999-2002
21:46puis 2003,
21:48elle ne voulait pas
21:49de ses enfants.
21:50Les experts
21:51vont tenter
21:51de comprendre.
21:55Psychologue,
21:56psychiatre,
21:57décrive Véronique Courgeot
21:58comme une femme
21:59de bon niveau intellectuel.
22:01Les pieds dans la réalité
22:03qui s'est pourtant comportée
22:05plus en spectatrice
22:06passive et neutre
22:07qu'en auteur des faits.
22:09Elle s'exprime
22:10sur le sujet
22:10avec un certain
22:11détachement affectif
22:12et émotionnel.
22:14Elle dit
22:14« Les bébés,
22:15je n'y pensais pas
22:17à chaque fois
22:17que j'ouvrais
22:18la porte du congélateur. »
22:20Les experts
22:20remarquent son pouvoir
22:21de dissimulation.
22:23Elle a réussi
22:23à cacher trois grossesses.
22:25À son mari tout d'abord
22:26mais aussi à sa belle-sœur
22:27qui est pourtant médecin.
22:29« J'avais illusion
22:30de les convaincre »,
22:31raconte Véronique Courgeot.
22:32« Je pensais
22:33que rien ne m'arriverait.
22:34Je ne sais pas
22:35par quel tour
22:36de magie
22:37mais je pensais
22:38que les tests coréens
22:39seraient démentis
22:40par les tests français. »
22:42Les psychologues
22:42indiquent
22:43que les actes criminels
22:44ont été commis
22:45sans affect,
22:46sans plaisir,
22:47sur un mode
22:47assez automatique.
22:49Les experts assurent
22:50qu'il n'y a dans cette affaire
22:51ni sadisme
22:52ni perversion.
22:56L'avocat de Jean-Louis Courgeot,
22:58maître Marc Morin,
22:59évoque des crimes
23:00sans mobile
23:01alors que Véronique Courgeot
23:02selon lui
23:03avait tous les moyens
23:04matériels
23:04d'accueillir ses bébés.
23:06Les experts psy
23:07affirment
23:08qu'une grande part
23:09de l'inconnu
23:09persistera probablement
23:11toujours
23:11dans la nature
23:12du fonctionnement psychique
23:13de l'intéresser.
23:16Alors là c'est intéressant
23:17parce qu'on rentre
23:17dans une matière
23:18effectivement
23:18qui est importante
23:20dans ce dossier Courgeot
23:21c'est la psychanalyse,
23:23c'est la psychiatrie,
23:25c'est la psychologie.
23:27Tout ça est très important.
23:28Docteur Paul Bensoussan
23:29vous êtes avec nous
23:30et je vous remercie encore
23:31d'être avec nous
23:31dans le studio
23:32Lors du crime.
23:33Vous aviez expertisé
23:33Véronique Courgeot
23:34et son mari
23:35Jean-Louis Courgeot.
23:38Alors vous écrivez
23:39un peu tous
23:39les experts
23:40quand je lis
23:41les notes de l'époque.
23:43C'est une maîtresse
23:44dans la dissimulation.
23:46On pourrait presque
23:47penser à une certaine
23:48perversion
23:48mais ce n'est pas le cas.
23:49Il y a eu
23:51il y a eu
23:52un psychiatre
23:53qui a parlé
23:53je ne nommerai pas
23:55par courtoisie
23:56qui a parlé
23:56de perversion
23:57et de plaisir sadique
23:58qui a tué ses bébés.
23:59On n'a pas du tout
24:00rejoint là-dessus
24:01sur la froideur
24:02en revanche
24:03oui bien sûr
24:04mais c'est une
24:06cécité psychique
24:07qui a été contagieuse
24:08qui a été
24:09au sein d'un couple
24:11elle choisit
24:12de dissimuler
24:12et le mari
24:14est aveugle.
24:15Véronique Courgeot
24:16nous dit
24:17en parlant de son couple
24:18on ne se disputait pas
24:20mais on ne se parlait pas
24:21et j'ajoute
24:23à la barre
24:23la cour d'assises
24:24à côté l'un de l'autre
24:25c'est ça
24:25c'est ça
24:26mais j'ajoute
24:26à la barre
24:27de cour d'assises
24:27et on ne se voyait pas
24:29il ne voit pas sa femme
24:31à l'évidence
24:32donc il y a
24:34cette force du mensonge
24:35il y a la cécité psychique
24:37contagieuse
24:37et il y a bien sûr
24:38cette espèce
24:40d'incapacité
24:41à anticiper
24:41parce qu'une femme
24:43se sachant enceinte
24:44car elle se savait enceinte
24:47peut se demander
24:48par hypothèse
24:48si elle va être seule
24:49au moment de l'accouchement
24:51mais non
24:51j'y pense
24:52et puis j'oublie
24:54par moment
24:54elle avait cette pensée
24:55elle savait qu'elle allait
24:56dans le mur
24:57en klaxonnant
24:58comme on dit
24:58mais elle vivait
24:59comme si ça n'existait pas
25:01question assez basique
25:02elle dit
25:03je ne voulais pas
25:04de ces enfants
25:05c'était impossible
25:06ils ne m'appartenaient pas
25:07c'était des êtres
25:08sans nous des êtres
25:09mais je ne les sentais pas
25:10dans mon corps
25:11etc
25:12mais pourquoi
25:13elle n'a pas eu recours
25:14à la contraception
25:15elle ne voulait plus d'enfants
25:16elle ne supportait plus
25:18d'avoir beaucoup d'enfants
25:18autour d'elle
25:19une question quand même
25:20assez basique
25:21facile
25:22c'est vraiment l'énigme
25:23j'en ai vu beaucoup
25:24depuis de ces affaires
25:25d'infanticide à répétition
25:26l'énigme c'est la suivante
25:28je l'ai posé comme ça
25:29comme une question
25:30à Véronique Courgeot
25:31je lui ai dit
25:32mais elle avait une sexualité
25:33extrêmement pauvre
25:35pour le dire gentiment
25:36et je lui dis
25:37mais qu'est-ce qui vous fait
25:38femme
25:39et elle me répond
25:41c'est lorsque je suis enceinte
25:42que je me sens femme
25:43c'est la maternité
25:45qui me fait femme
25:46c'est vertigineux
25:47c'est vertigineux
25:48donc elle a ce paradoxe
25:50de se sentir femme
25:51en tant que mère
25:53et uniquement
25:54en tant que mère
25:55et de ne plus vouloir
25:56être mère
25:57moi j'ai une question
25:58Franck Moulin
26:00une fois que la vérité
26:02a éclaté
26:02un des moyens de défense
26:04au moins médiatique
26:05était de dire
26:06oui mais
26:08elle les a tués
26:08dans une forme de sidération
26:09c'était un déni de grossesse
26:11est-ce que c'est le cas ?
26:13alors
26:13il faut
26:14j'ai peur de faire une réponse
26:16un tout petit peu longue
26:17ça a été car
26:18pas trop
26:19ça a été
26:19pas trop
26:19je vais être très court
26:21ça a été caricatural
26:23dans une stratégie
26:24de compassion
26:25vis-à-vis de Véronique Courgeot
26:27le déni de grossesse
26:28c'est quand une femme
26:29n'a pas de conscience
26:30d'être enceinte
26:30elle ne sait pas
26:31qu'elle est enceinte
26:32ce déni peut aller
26:33jusqu'au moment de l'accouchement
26:35l'image qu'on a
26:36de façon caricaturale
26:37c'est une ado
26:38dont les parents ignorent même
26:39qu'elle avait des relations sexuelles
26:41qui en plein milieu de la nuit
26:42est prise de contraction
26:43accouche et jette son enfant
26:45voilà
26:45ça c'est le déni caricatural
26:47mais ce déni peut être partiel
26:49c'est-à-dire que
26:50en cours de grossesse
26:51la femme va se rendre compte
26:52et puis
26:53et là
26:54l'infanticide n'est pas du tout automatique
26:56loin de là
26:57alors que dans la grossesse
26:59dissimulée
26:59il n'y a pas d'autre issue
27:01que l'infanticide
27:02c'est ça
27:03parce qu'on est en solo
27:04effectivement
27:05elle va dire
27:05elle est dans cette salle de bain
27:07elle est toute seule
27:07elle n'attend qu'il n'y ait plus personne
27:09et chaque fois ça se passe comme ça
27:11Christian Panvert
27:12journaliste RTL
27:13correspondant dans la région centre
27:15est-ce qu'il y a des remords
27:17ou des regrets
27:18dans cette famille Courgeot ?
27:19Est-ce que vous avez entendu
27:20des choses qui vont dans ce sens-là ?
27:22Alors
27:23ce qui est curieux
27:25dans cette affaire
27:26c'est que
27:27M. Bensoussan le dit vraiment très bien
27:29et je le revoyais
27:31en l'entendant tout à l'heure parler
27:33elle a toujours eu
27:35un rapport
27:36avec les enfants
27:36très curieux
27:37il faut rappeler quand même
27:38qu'elle est assistante scolaire
27:39en prison
27:40à Orléans
27:41elle s'implique
27:42dans une association
27:43qui avait pour mission
27:44d'accueillir les enfants
27:45qui viennent visiter
27:46un de leurs parents détenus
27:47c'est comme si
27:48c'était pour
27:49rattraper
27:50quelque chose
27:51je pense que
27:52il y a vraiment
27:54un problème
27:55dans cette affaire
27:56avec son rapport
27:57aux enfants
27:58et aussi
27:58alors là on est
28:00vraiment dans la psychiatrie
28:02ce qu'elle a vécu
28:03quand elle était enfant
28:03en voyant sa mère
28:05dépassée par les événements
28:06et c'est ce qu'elle ne voulait pas reproduire
28:09Juste un mot là-dessus
28:11Paul Bensoussan
28:12elle est obsédée
28:13par les enfants
28:14vous disiez tout à l'heure
28:15qu'elle n'en veut pas
28:17mais à la fois
28:17c'est ce qui l'a fait vivre
28:18qui l'a fait avancer
28:19C'est ce qui la rend femme
28:20elle est femme
28:21à travers sa maternité
28:23tout le monde dit
28:24qu'elle a choyé
28:25ses deux enfants
28:26je ne cite pas les prénoms
28:27parce que c'est sensible
28:29mais elle les a choyés
28:30elle était une très bonne mère
28:32mais il faut qu'on ait
28:33un regard un peu compassionnel
28:35ce n'est pas
28:37lorsque ça se produit
28:38un meurtre d'enfant
28:39pourquoi ?
28:40parce qu'une femme
28:41qui a une grossesse
28:42désirée
28:43attendue
28:44a une image
28:45de son bébé
28:46elle lui parle
28:47elle sent ses mouvements
28:48elle l'attend
28:50on appelle ça
28:51la représentation
28:52elle en a une représentation
28:53une femme
28:54qui va choisir
28:55de dissimuler sa grossesse
28:56à autrui
28:58puis finalement
28:58elle-même
28:59n'en a aucune représentation
29:01donc il ne faut pas
29:03c'est ce que j'ai dit
29:04à la barre de la cour d'assises
29:05elle n'est ni folle
29:06ni monstre
29:08l'épouse
29:09toute seule
29:10va être jugée
29:12Véronique Courgeot
29:13et ses bébés fantômes
29:14ses grossesses
29:15n'ont pas été
29:16comme celles
29:16de mes deux fils
29:17avec eux
29:18je leur parlais
29:18quand ils étaient
29:19dans mon ventre
29:20l'enquête de l'heure du crime
29:21on se retrouve
29:22dans un instant
29:22sur RTL
29:32l'heure du crime
29:34présentée par
29:35Jean-Alphonse Richard
29:36sur RTL
29:37retour dans
29:39l'heure du crime
29:39sur l'affaire
29:40Véronique Courgeot
29:40cette mère
29:41de deux jeunes garçons
29:43a reconnu en 2006
29:44avoir étouffé
29:45en 1999
29:462002
29:472003
29:48trois de ses nouveau-nés
29:50elle est incapable
29:51d'expliquer son geste
29:52trois ans plus tard
29:53elle est jugée
29:57mardi 9 juin 2009
29:59Véronique Courgeot
30:0041 ans
30:01cardigan beige
30:02et chemise grise
30:04cheveux attachés
30:05en queue de cheval
30:05apparaît dans le box
30:07des accusés
30:07de la cour d'assises
30:08d'Indre-et-Loire
30:09à Tours
30:10elle promène
30:11un regard triste
30:12sur l'assistance
30:12son mari Jean-Louis
30:14qui a bénéficié
30:15d'un non-lieu
30:15est sur le banc
30:16de la partie civile
30:17il soutient l'accusé
30:18Véronique Courgeot
30:20est née dans une famille
30:21de viticulteurs
30:22sept enfants
30:23qui se sont succédés
30:24sans vraiment se connaître
30:25pas de violence
30:27pas d'alcool
30:28une mère épuisée
30:29par la marmaille
30:30je serai mieux
30:32au fond du trou
30:33aurait-elle dit un jour
30:34le président veut savoir
30:35si l'accusé
30:36se souvient des gestes fatales
30:38elle répond
30:39qu'elle ne sait pas
30:40pourquoi elle a fait ça
30:40je n'ai pas de réponse
30:41ces grossesses
30:43n'ont pas été
30:44comme celles de mes deux fils
30:45avec eux
30:46j'avais établi un lien
30:47je leur parlais
30:49quand ils étaient
30:49dans mon ventre
30:52Jean-Louis Courgeot
30:54est interrogé
30:54aucune parole sévère
30:56contre son épouse
30:57tout au contraire
30:58il vole à son secours
30:59ces enfants
31:00je ne les ai jamais
31:02attendus
31:03puisque je ne savais pas
31:04qu'ils étaient là
31:05je n'ai pas de lien
31:07affectif
31:08avec ces bébés
31:09ça n'empêche pas
31:10la douleur
31:10motivée
31:11par ses actes
31:12et par cet énorme
31:13gâchis
31:14déclare-t-il
31:15au septième
31:16et avant dernier jour
31:17du procès
31:18Véronique Courgeot
31:19lâche
31:19j'ai tué mes enfants
31:21pourquoi ?
31:22je n'ai toujours pas
31:23la réponse
31:24j'espère en trouver
31:25l'avocat général
31:27réclame alors
31:2710 ans de prison
31:29on va voir
31:30quel va être le verdict
31:31parce que le verdict
31:32il est très intéressant
31:33dans cette histoire
31:33l'avocat général
31:3410 ans de prison
31:35elle risquait la perpétuité
31:37il ne faut pas l'oublier
31:38Véronique Courgeot
31:39alors effectivement
31:40il faut revenir à ce procès
31:41Christian Panvers
31:42vous êtes notre correspondant RTL
31:44dans la région Centre
31:45procès qui se déroule
31:46à Blois
31:46c'est votre ville
31:47Christian
31:48quelle est l'ambiance
31:50qui règne
31:51sur cette salle d'audience
31:53comment se présente
31:54déjà cette accusée
31:55à quoi elle ressemble ?
31:57alors je vais vous faire
31:58une confidence
31:58je ne suis jamais parvenu
32:00à regarder
32:01Véronique Courgeot
32:02dans un cours d'assises
32:03de tour
32:03dans les yeux
32:04son regard était
32:06fuyant
32:07c'est toute la famille
32:08fièvre
32:09finalement
32:09qu'il fallait regarder
32:10pour tenter
32:11de chercher
32:11des explications
32:12je vais vous donner
32:13un exemple édifiant
32:14je ne sais pas
32:14si le docteur
32:15s'en rappelle
32:16mais l'avocat général
32:17à un moment donné
32:18demande au papa
32:19quelle est la couleur
32:20des yeux de sa fille
32:21alors on voit tous
32:23qu'elle a les yeux clairs
32:23entre vert et bleu
32:25et le père a cette réponse
32:27je ne sais pas
32:28vous savez monsieur
32:29quand on a 7 enfants
32:30on ne peut pas
32:31s'occuper de tout
32:33ça c'était
32:34la maman de Véronique
32:35c'est ça
32:36le papa
32:37le papa
32:41le papa
32:42et finalement
32:42c'est cette famille
32:43durant le procès
32:44qu'on a aussi regardé
32:45qu'on a scruté
32:46un peu plus que Véronique Courgeot
32:48qui elle avait toujours
32:49le regard baissé
32:52docteur Paul Bensoussan
32:53évidemment
32:53vous suivez
32:54ce procès
32:55vous avez expertisé
32:56Véronique Courgeot
32:58et son mari
32:59Jean-Louis Courgeot
33:00je crois que vous avez
33:01vu Véronique Courgeot
33:02ce qui est assez rare
33:03d'ailleurs
33:04quasiment avant l'audience
33:05presque quelques jours avant
33:06peut-être
33:07ou quelques semaines avant
33:07oui le président
33:08de la cour d'assises
33:09dans des affaires
33:10exceptionnelles
33:11peut demander aux experts
33:13de revoir
33:14l'expertisé
33:15pour mesurer
33:16notamment l'évolution
33:17ou la compréhension
33:18la seule chose
33:19qui intéressait
33:19la cour d'assises
33:20c'était la compréhension
33:21donc elle avait
33:22deux ans de thérapie
33:24en prison
33:24lorsque je l'ai revue
33:25je n'ai pas revu
33:26la même femme
33:27en 2007
33:28elle se noie
33:29dans ses larmes
33:30elle se noie
33:31dans son chagrin
33:32je me revois
33:34demander
33:35à la surveillante
33:36pénitentiaire
33:37je ne peux pas dire
33:38à la matonne
33:39des mouchoirs
33:40de secours
33:41parce que j'avais épuisé
33:42tous les miens
33:42les larmes coulaient
33:44pas des sanglots
33:45des larmes ininterrompues
33:46et je revois
33:47en 2009
33:48très peu avant le procès
33:49une femme
33:50beaucoup plus
33:51beaucoup moins spontanée
33:53beaucoup plus froide
33:54qui est
33:55et à l'évidence
33:57imprégnée
33:58des conseils
33:58de ses avocats
33:59les radios
34:00et les télés
34:01ne parlaient
34:01que du déni de grossesse
34:03revenant sur des choses
34:04qu'elle m'avait dites
34:05très importantes
34:06par exemple
34:07en 2007
34:08elle reconnaissait
34:09avoir senti
34:09les mouvements
34:10du bébé
34:10dans son ventre
34:11on appelle ça
34:12la perception
34:13des mouvements
34:13fétaux
34:14en 2009
34:15elle me dit
34:15non
34:15je vous ai dit ça
34:16c'est vrai
34:17mais j'ai confondu
34:18ce sont les enfants
34:19que j'ai acceptés
34:20les autres
34:20je ne les ai pas sentis
34:21c'est ce qu'elle va dire
34:22d'ailleurs à l'audience
34:23absolument
34:23elle va dire
34:23ceux-là
34:24moi je ne les sentais pas
34:25et je ne leur parlais pas
34:26ça c'est important
34:27alors il y a ces enfants
34:28à qui elle a ôté
34:30la vie
34:31c'est ce qu'elle va dire
34:32ils n'étaient pas
34:32ils n'étaient pas comme les autres
34:33ils n'existaient pas
34:35ils étaient un petit peu
34:36comme des bébés fantômes
34:37dans son ventre
34:38oui c'est pour ça
34:39que je dis
34:39qu'il ne faut pas
34:40porter un regard
34:41trop accusateur
34:42et trop
34:43sur ces faits
34:44qui sont évidemment atroces
34:46mais
34:47pour le psychiatre
34:48que je suis
34:48on ne juge pas
34:49on essaye de comprendre
34:50et quand une femme
34:52a refusé sa grossesse
34:53et l'a dissimulé
34:55elle n'a pas
34:56c'est une abstraction
34:57elle n'a pas
34:58la représentation
34:59de ses bébés
35:01bien sûr
35:01que ce sont des êtres vivants
35:03qui vont sortir d'elle
35:04mais il ne faut pas
35:05s'imaginer
35:07ce n'est pas
35:08notre projection
35:09sur l'infanticide
35:10c'est étonnant
35:10ce que vous dites
35:11parce que le mari
35:11dit à peu près
35:12la même chose
35:12il dit moi
35:13ces enfants
35:14je ne les ai pas connus
35:15je ne les connais pas
35:17ils n'ont pas d'existence
35:17il n'a pas pu les imaginer
35:19c'est ce qu'il dit
35:19c'est étonnant
35:20parce que les deux
35:21sont alignés
35:21le couple est aligné
35:22c'est ça
35:23mais elle
35:23elle a quand même
35:23vécu la grossesse
35:25et ça c'est effectivement
35:28le détail très important
35:29qui fait la différence
35:30Christian Panvert
35:31il y a toute la famille
35:33partie civile
35:34le mari en tête
35:35c'est étonnant
35:36parce qu'on témoigne
35:38toute son affection
35:39à Véronique
35:40ça serait presque
35:41une victime
35:42j'ai envie de dire
35:43ah oui
35:44je vous assure
35:45l'audience
35:46c'était thérapie
35:47chez les courgeaux
35:48et chez les fièvres
35:50la belle famille
35:51la belle famille
35:52peut-être même
35:53plus chez les fièvres
35:54pour moi
35:55l'événement du procès
35:57c'est aussi la plaidoirie
35:58de maître Henri Leclerc
35:59parce que
35:59il aurait pu
36:00il y a pensé
36:01plaider l'acquittement
36:02et au contraire
36:02il demande à ce qu'elle soit condamnée
36:04à une peine juste
36:05et grand moment d'émotion
36:07il se tourne vers Véronique Courgeau
36:09et il lui dit
36:09ces bébés
36:11ce sont les vôtres Véronique
36:12donc elle lève la tête
36:14il se tourne vers les jurés
36:15et il a cette phrase incroyable
36:17ces bébés
36:18ce sont les nôtres aussi
36:20ce sont les enfants de tous
36:22et avant de conclure
36:23ce qui est carrément paradoxal
36:24que les enfants vivants
36:27de Véronique Courgeau
36:28eux
36:28et bien
36:29l'attendent
36:30ils ont une dizaine d'années
36:31et ils veulent revoir très vite
36:33dit maître Henri Leclerc
36:35leur maman
36:36c'est vraiment normal
36:39c'est naturel
36:39pour des enfants
36:41mais effectivement
36:41c'est étonnant
36:41ce genre de sortie
36:43à l'audience
36:44Paul Bensussan
36:45je crois que
36:46Véronique Courgeau
36:47disait à son mari
36:48donc elle a beaucoup menti
36:49on l'a dit
36:50elle disait qu'elle prenait la pilule
36:51oui c'est exact
36:53c'est tout le mystère
36:54de cette répétition
36:55c'est qu'il ne faut pas confondre
36:58cet infanticide
36:59avec ce qui arrive
36:59à une ado
37:02qui ignore
37:03qu'elle est enceinte
37:03c'est le mystère
37:06elle fait croire
37:07qu'elle prend la pilule
37:09elle l'achète
37:10sa pilule
37:11elle ne les prend pas
37:12donc ça nous renvoie
37:13à cette fameuse phrase
37:15sur ce qu'il a fait femme
37:16c'est à dire la maternité
37:18mais je voudrais
37:19puisqu'on évoque
37:20Henri Leclerc
37:22évoquer quelque chose
37:24en sa mémoire
37:25avec l'immense respect
37:26qu'on peut avoir
37:27pour ce très grand avocat
37:28il avait fait une charge
37:30très agressive
37:30contre moi au début
37:31parce que
37:33justement
37:34j'expliquais
37:34que ça n'était pas
37:35un dédié de grossesse
37:36et après avoir reçu
37:38certaines de mes explications
37:39il me rend
37:41avec beaucoup d'élégance
37:42il me dit cette phrase
37:44ce que vous dites
37:45embarrasse beaucoup
37:45ma défense
37:46mais vous le dites mieux
37:47que vos confrères
37:48et nous ne plaiderons pas
37:50le déni de grossesse
37:51après 8 jours de procès
37:53le verdict
37:55Véronique Courgeot
37:56et ses bébés fantômes
37:57ne la diabolisez pas
37:59mais n'en faites pas
38:00une icône non plus
38:01l'enquête de l'heure du crime
38:02je vous retrouve tout de suite
38:03sur RTL
38:05retrouvez toutes vos émissions
38:06en podcast
38:07sur RTL.fr
38:08ou sur l'application RTL
38:10là
38:11l'heure du crime
38:12présentée par
38:13Jean-Alphonse Richard
38:14sur RTL
38:16dans l'heure du crime
38:17l'affaire Véronique Courgeot
38:18cette mère de deux enfants
38:19a reconnu en 2006
38:20avoir tué trois nouveau-nés
38:22qu'elle venait de mettre au monde
38:23en 99
38:242002
38:252003
38:25jugé trois ans
38:27après les faits
38:27sans avoir pu
38:29expliquer son geste
38:30voici le verdict
38:35jeudi 18 juin 2009
38:37après huit heures
38:38de délibéré
38:39Véronique Courgeot
38:40est condamnée
38:40à huit ans de détention
38:42par la cour d'assises
38:43d'Indre-et-Loire
38:44la mère de famille
38:45reste impassible
38:46l'avocat général
38:47avait un peu plus tôt
38:49demandé au juré
38:50ne diabolisez pas
38:52Véronique Courgeot
38:53mais n'en faites pas
38:53une icône non plus
38:58vendredi 14 mai 2010
39:00Véronique Courgeot
39:02parvenu à mi-peine
39:03quitte la maison d'arrêt
39:05d'Orléans
39:05son mari est venu l'attendre
39:07le couple retrouve l'anonymat
39:0920 ans après l'affaire
39:11des bébés congelés
39:12cette affaire garde toujours
39:14sa part de mystère
39:16c'est une peine
39:17qui va nous permettre
39:18de reconstruire
39:20d'entrevoir le bout du tunnel
39:22dans quelques temps
39:23je ne sais pas exactement
39:24quelques mois
39:25ce sera le début
39:26du renouveau
39:28voilà
39:29je suis sûr que
39:30ce sera des bons moments
39:32Jean-Louis Courgeot
39:33le mari de Véronique Courgeot
39:35c'était juste après
39:35le procès
39:36et évidemment
39:37c'est un document
39:38RTL
39:38qui avait suivi de très près
39:40toute cette affaire
39:41et grâce à vous aussi
39:42Christian Panvert
39:43Christian Panvert
39:44vous êtes notre correspondant
39:45à Blois
39:45dans la région Centre
39:47qu'est-ce qu'ils deviennent
39:48les Courgeot
39:49ils se sont fait oublier
39:51ils continuent à souffrir
39:53de cette histoire
39:54et qu'est-ce qu'on sait d'eux ?
39:55alors il y a beaucoup de choses
39:57qui ont été dites
39:58qui sont fausses
39:59d'ailleurs
39:59on a dit que le couple
40:00avait changé de nom
40:01pour la sœur de Jean-Louis Courgeot
40:02Béatrice que j'ai appelée
40:03c'est impossible
40:04aucun membre de la famille
40:05n'est au courant
40:06on a dit aussi
40:08souvent
40:08qu'ils avaient quitté la France
40:10à ma connaissance
40:11et bien le couple Courgeot
40:13vit toujours en Touraine
40:15vous savez Jean-Alphonse
40:16j'aurais tendance
40:17à vous dire que
40:18ceux qui s'en tirent
40:20les mieux
40:20dans cette histoire
40:21et bien c'est le couple Courgeot
40:22c'est Jean-Louis et Véronique
40:24ils sont ensemble
40:26ça a l'air d'aller
40:27en revanche
40:28les dommages collatéraux
40:29sur la famille
40:30sont catastrophiques
40:31les deux enfants
40:32ont vécu un cauchemar à l'école
40:33le père de Jean-Louis Courgeot
40:35est mort
40:36trois mois après les faits
40:37alors qu'il n'avait jamais
40:38été hospitalisé
40:39de toute sa vie
40:40et la sœur de Jean-Louis Courgeot
40:42avec qui j'ai longuement discuté
40:43hier
40:44c'était une discussion
40:45très émouvante
40:47elle n'a jamais repris
40:48son travail
40:49de médecin
40:50médecin
40:51elle n'avait jamais vu
40:52que sa belle-sœur
40:54était enceinte
40:55et elle est en affection
40:56longue durée
40:57pour syndrome
40:58post-traumatique
40:59ça résume un petit peu
41:00ce qu'est devenu aussi
41:04cette affaire Courgeot
41:05et elle me disait
41:06d'ailleurs
41:06on devrait dire
41:07que c'est l'affaire fièvre
41:08et pas l'affaire Courgeot
41:10donc on sent
41:10qu'il y a un peu de tension
41:11au sein de la famille
41:12oui c'est une
41:13enfin ce que vous décrivez
41:14c'est une destruction
41:16c'est une catastrophe
41:17pour cette famille
41:18c'est bien ça
41:18Christian Panvers
41:20oui oui
41:20c'est les dommages
41:22collatéraux
41:23qui ont été
41:23terribles
41:24alors
41:25la seule chose
41:26laquelle se rattache
41:27un peu
41:28se raccroche
41:29cette famille
41:29c'est de dire
41:30finalement
41:30au moins
41:31et peut-être
41:32que le docteur
41:33nous en dira plus
41:35là-dessus
41:35voilà un procès
41:37qui n'aura pas
41:38servi à rien
41:38moi je me souviens
41:40d'une jeune femme
41:40qui est venue me voir
41:41et qui me dit
41:41vous savez monsieur
41:42j'ai fait des kilomètres
41:43pour venir assister à ce procès
41:45j'ai dit mais pourquoi
41:46elle me dit
41:46je voulais comprendre des choses
41:48je lui ai dit
41:48mais quoi
41:50je ne l'ai pas revue
41:50elle a disparu
41:51c'était très énigmatique
41:53donc je pense qu'il y a eu
41:53un avant
41:54et un après
41:55cette affaire dite
41:56des bébés congelés
41:57docteur Paul Bensoussan
41:58la question elle est pour vous
41:59effectivement c'est très intéressant
42:01ce que dit Christian Panvers
42:02est-ce qu'il a servi
42:03à quelque chose
42:03ce procès
42:04est-ce qu'on a compris
42:05la mécanique
42:06de cette femme
42:06et de ce couple d'ailleurs
42:07parce qu'ils sont très intimement liés
42:09à Véronique et Jean-Louis Courgeot
42:10je pense que la compréhension
42:12nous n'y sommes pas parvenus
42:14ni les experts
42:14ni la cour
42:15et l'énigme reste
42:17presque entière
42:18comme toujours
42:19dans ces affaires d'infanticide
42:21à répétition
42:22car le mot clé ici
42:24c'est la répétition
42:24en revanche
42:25je conserve effectivement
42:27le souvenir
42:28d'une dimension humaniste
42:30de ce procès
42:31qui n'a pas été
42:34qui n'a pas diabolisé
42:35Véronique Courgeot
42:36qui ne l'a pas non plus
42:38dédouanée
42:38de ce qu'elle avait fait
42:39je crois que cette formule
42:41qu'elle n'était
42:42ni une femme
42:44pardonnez-moi mon lapsus
42:46vous l'avez compris
42:46avec ce que j'avais dit avant
42:47ni une folle
42:48ni un monstre
42:49c'est exactement ça
42:51qui peut résumer
42:52en très peu de mots
42:52le côté humaniste
42:54de ce verdict
42:55et de ce procès
42:56le verdict était clément
42:58elle sortait
42:59quelques mois plus tard
42:59parce qu'il était évident
43:01qu'il n'y avait
43:02que de la tragédie
43:03même dans le box
43:04des accusés
43:05ça n'était qu'une tragédie
43:07un mot
43:07soyez sincère
43:08vous savez qui elle est
43:09aujourd'hui
43:10Véronique Courgeot
43:11vous l'avez comprise
43:12je ne pense pas
43:14l'avoir comprise
43:15je pense avoir
43:17approché
43:18peut-être
43:19une dimension
43:20de ces affaires
43:21d'infanticide
43:22car je vous le redis
43:23j'en ai vu
43:24de nombreux depuis
43:25Franck Moulin
43:26on va terminer
43:27cette émission
43:27avec vous
43:28affaire exceptionnelle
43:31on est 20 ans
43:32après les faits
43:32et 20 ans après les faits
43:33on se bat encore
43:34pour avoir des explications
43:35pour avoir des réponses
43:36et c'est compliqué
43:37c'est ça qui est fascinant
43:3820 ans après les faits
43:39moi je retiens deux choses
43:40qui concernent le journalisme
43:41d'ailleurs
43:41d'abord c'est à quel point
43:43il est parfois
43:44difficile de voir les faits
43:46si on ne fait pas un effort
43:47contre soi-même
43:48certains ont mis quand même
43:49en doute
43:49une analyse ADN
43:51qui était scientifique
43:51et solide
43:52et puis la deuxième chose
43:53c'est que dans le journalisme
43:54c'est jamais gagné
43:54j'ai beaucoup échangé
43:56avec monsieur et madame Courgeot
43:58en 2006-2007
43:59et j'ai jamais réussi
44:00à faire un entretien
44:02enregistré avec eux
44:03c'est ça
44:04donc le silence est resté
44:05et le silence est retombé
44:06merci beaucoup
44:07à tous les trois
44:09Franck Moulin
44:10Christian Panvert
44:11et le docteur Paul Bensoussan
44:13d'avoir été aujourd'hui
44:13les invités de l'art du crime
44:15c'était passionnant
44:16merci à l'équipe
44:17de l'émission
44:18rédactrice en chef
44:18Justine Vigne
44:19en préparation
44:20Marie Bossard
44:20Lili Labeille
44:21réalisation en direct
44:22Jonathan Gris

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