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Tous les jours, actualité, débats et bonne humeur rythment L'Heure des pros. Ce mardi, Pascal Praud revient sur les nombreux discours sur la violence dans les établissements scolaires qui ne changent rien.

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Transcription
00:00Donc écoutez par exemple ce que disait monsieur Jeffrey, ça c'était hier, on ne touche pas à un professeur.
00:04Hier.
00:06Il y a quelque chose de sacré dans l'école.
00:08Et il y a un tabou qui est tombé il y a quelques années, qui est l'inviolabilité de l
00:11'école et l'inviolabilité des professeurs.
00:13Ce tabou, il faut le restaurer. Il faut le restaurer dans les familles, il faut le restaurer dans les sociétés,
00:18il faut le restaurer dans les médias, partout.
00:21On ne touche pas à un professeur, on ne touche pas à un institution scolaire. Je ne sais plus en
00:24quelle langue le dire.
00:26Mais ça doit être universellement partagé dans notre pays.
00:30Voilà, très clairement. Et à partir de là ensuite, on fait les opérations de contrôle, on surveille les entrées des
00:34établissements, etc.
00:35Et on ne peut pas vivre dans une espèce de contrôle permanent de tous contre tous quand le contrat de
00:40base est un contrat qui repose sur la confiance des uns et des autres.
00:43C'est terrible, vous allez voir, d'écouter toutes ces mots parce que c'est les mêmes.
00:47Donc les gens en ont assez, ma main ne tremblera pas, nous serons impitoyables.
00:52Bon, on aimerait évidemment que les choses changent.
00:55Ce n'est pas les réformes qu'il faudrait faire.
00:56Écoutez, Édouard Geffray, c'était en septembre, il y a quelques jours, après qu'un écolier a attaqué une proviseure.
01:05On ne touche pas à un proviseur ou à un professeur, disait-il.
01:10Des actes et des propos qui, dans les deux cas, sont inqualifiables.
01:14Vous connaissez ma ligne, c'est la même depuis le début.
01:16On ne touche pas à un professeur.
01:18On ne touche pas à un professeur, j'entends, mais il faut peut-être prendre des mesures.
01:21Je ne sais plus dans quelle langue le dire.
01:23On a envie de lui dire, arrête de dire, fait.
01:25Bien joué.
01:27Février 2027, 2026.
01:29Février 2027, ça serait intéressant, mais février 2026.
01:32Édouard Geffray.
01:34Il faut reposer certains tabous en termes de violence.
01:39Il y a des tabous qui sont tombés.
01:41On ne touche pas à un professeur.
01:43On ne frappe pas à un professeur.
01:45D'ailleurs, il faut lui dire qu'on ne touche personne.
01:47On ne touche pas à un professeur, on ne touche pas à un journaliste, on ne touche pas à un
01:50policier.
01:52Charlotte.
01:52Parce que pendant des années, on a expliqué que la violence, il y avait une excuse.
01:57Après, c'était les policiers, c'était la faute des policiers.
01:59Les pompiers, on ne sait pas très bien pourquoi.
02:01Maintenant, il y a les professeurs, on comprend encore moins.
02:03Et il y a parfois des camarades de classe et ce n'est pas plus excusable.
02:06Le vrai lien qu'il y a, évidemment, on comprend très bien pourquoi tout le monde précise
02:09que ça n'a rien à voir avec le blocage des lycées.
02:11Le collège n'était pas bloqué.
02:12Ce n'est pas un élève qui a participé au blocage, ni une organisation dans la foulée des blocages.
02:18Maintenant, le rapport à la violence d'une frange significative de cette jeunesse est absolument terrifiant.
02:25Et ça, ça parcourt tous les mouvements désormais.
02:27Et ça vient s'inviter, en effet, sur un terrain de gamins qui n'ont plus rien de...
02:34Je vais reciter Maurice Berger, mais qui dit depuis des années qu'en centre éducatif fermé,
02:39il a des gamins qui ont 12, 13, 14 ans, qui arrivent en face de lui,
02:43ils n'arrivent pas à leur faire prendre conscience de la gravité des coups portés et parfois mortels.
02:49Il dit, on en est là, on est obligé de passer des heures à faire prendre conscience.
02:53Il prenait un exemple qui, moi, m'a terrifié.
02:55Il avait des gamins en face de lui et il dit, mais est-ce que tu te rends compte
02:58que tu lui as retiré la vie à cet enfant ?
03:00Est-ce que tu as pensé à ses parents, ses frères et sœurs ?
03:02Il a dit, de toute façon, il serait mort un jour.
03:05Voilà les réponses qu'il avait.
03:06Ce rapport à la violence, à l'incapacité de concevoir les actes qu'il pose,
03:13là-dessus, le ministre de l'Éducation nationale avait raison.
03:16Ce n'est pas juste l'école, c'est une société entière qui doit se remettre en cause.
03:21Elisabeth Borne en octobre 2023.
03:29Je voudrais qu'on écoute, parce que, évidemment, de tout entendre comme ça
03:34fait prendre conscience de notre incapacité à résoudre ces problèmes.
03:37Elisabeth Borne en octobre 2023.
03:40Je veux le dire à tous les enseignants, nous serons au rendez-vous pour assurer votre sécurité.
03:48enseignants, élèves, équipes pédagogiques, vous protéger, c'est protéger la République.
03:54L'école est un sanctuaire.
03:56Mais comment croire encore en ces gens-là ?
03:58Moi, je vous assure, je ne les crois plus.
04:00Je ne les crois plus du tout, mais je ne suis pas le seul.
04:02Parce qu'on est un pape Ndiaye.
04:04Que voulez-vous qu'ils disent d'autre ?
04:05Mais qu'ils disent d'autre ?
04:06Mais alors, qu'ils ne parlent pas.
04:07Mais qu'ils le fassent.
04:07Mais regardez-les.
04:08Qu'ils le fassent sur les...
04:09Qu'ils le disent, qu'ils le disent.
04:10En fait, c'est des mots, j'en ai...
04:11Qu'ils le fassent quoi ?
04:12Ah ben, je sais ce qu'il faut faire.
04:17Entre éducatif fermé.
04:18Ah ben, d'abord, tout ce...
04:20Tolérance zéro.
04:20Non mais, vous avez un problème.
04:21D'abord, tolérance zéro.
04:22Alors ça, oui, d'abord.
04:23Et puis après, d'abord, répression, évidemment.
04:26Et puis, éducation.
04:27Alors là, je suis d'accord.
04:28Bien évidemment.
04:29Je suis d'accord là-dessus.
04:29Mais en fait, à ce problème collectif de la montée de la violence chez les jeunes,
04:33où en fait, ils sont insensibilisés.
04:36Parce qu'en face, ils ne voient même plus des êtres humains en face d'eux.
04:38C'est ce que raconte très bien Maurice Berger.
04:41Ce ne sont que des solutions individuelles.
04:43Ce sont des gamins...
04:44Le mot tabou n'arrête pas de revenir.
04:46Mais précisément, ce qu'il n'y a plus dans notre société,
04:49et là, il faut lire fourquet,
04:50le nouveau régime psychique dans lequel nous vivons,
04:52celui où justement, régime déstructuré,
04:54où il n'y a plus de tabou.
04:55Et il n'y a plus de totem non plus.
04:58Cet tabou, c'est quoi ?
04:59Un tabou, c'est quelque chose dont on ne parle pas.
05:01Un totem, c'est quelque chose devant lequel on s'arrête de penser,
05:03devant lequel on s'incline.
05:04Mais toutes choses qui ont disparu de notre société.
05:07Donc la mort, agresser l'autorité à qui l'on doit le respect,
05:11ces choses-là, aujourd'hui, sont relatives dans notre société.
05:15Aubagne, comme tant d'autres affaires,
05:17sont finalement le symptôme de ça.
05:18Et on peut, comment dire, dire Aubagne,
05:21ça montre qu'il faut affronter ce problème de la violence à l'école.
05:25Mais c'est un problème qui est aujourd'hui trop complexe
05:27pour être réglé collectivement.
05:29C'est un problème à prendre individu par individu.
05:31C'est un travail de titan.
05:33Les gens n'ont pas besoin de ces grilles de lecture
05:36qui sont trop complexes, pardon, Dimitri,
05:39trop complexes, qu'ils voient,
05:40comme les policiers sur le terrain,
05:42ils arrêtent, les jeunes sont à peine présentés à la justice
05:45et relâchés immédiatement.
05:48Mais si, mais au bout de quelques mois,
05:50il va être relâché.
05:51Charlotte, on termine,
05:53parce qu'on va être en pause dans une seconde.
05:56Écoutez ce que disait Papandiaï,
05:57des fameux ministres, il y en a huit.
05:59Donc quand voulez-vous que ça marche
06:01avec un président de la République
06:03qui n'a eu aucune ligne directrice sur l'éducation ?
06:05Ça devait être l'éducation nationale,
06:07ça devait être le plan marchal de l'éducation nationale.

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