00:00Par exemple, on va voir, c'est une séquence dans le lycée Stéphane Hesselle.
00:03Vous avez visiblement quelqu'un qui travaille dans ce lycée
00:07et qui veut prendre un extincteur pour éteindre un feu.
00:10Il est pris à partie.
00:12Enfin, moi, je veux bien que c'était une scène qu'on ne voyait pas jadis.
00:15Enfin, jamais j'ai vu ça.
00:17Jamais j'ai vu un personnel de l'établissement.
00:21Jamais je n'ai vu cette violence en France.
00:24C'est du lynchage.
00:24Pardonnez-moi.
00:25C'est-à-dire qu'il y avait parfois des bastons entre bandes rivales.
00:28Pourquoi pas ?
00:29Mais c'est fou.
00:32C'est fou notre société.
00:33Alors, si vous trouvez que ça n'a pas autant changé que ça,
00:38moi je ne suis pas d'accord avec vous.
00:39Alors, une autre séquence que je voulais vous montrer, cette fois-là, elle est à Lyon.
00:43C'est une jeune femme qui prend la parole.
00:45Alors, il y a un drapeau palestinien.
00:46Elle vient parler donc de l'école.
00:48Il y a un drapeau palestinien, je ne sais pas pourquoi il est là.
00:50Elle est cagoulée, on ne sait pas pourquoi,
00:52parce qu'elle a des revendications lycéennes.
00:53Avant, les gens n'étaient pas cagoulés lorsqu'ils avaient des revendications sur le lycée.
00:57et elle s'exprime, quand je dis, elle parle vulgairement, je suis en-delà de la réalité, en deçà.
01:05Donc, je me dis, où sont les parents de cette jeune fille, par exemple ?
01:08Parce que si c'est une de vos filles qui parle comme ça, le soir, tu lui dis, mais tu
01:12as été élevé où, en fait ?
01:13Tu as été élevé où ?
01:15Tu parles comment ?
01:17Tu ne peux pas dire les choses différemment ?
01:19Écoutez cette jeune femme cagoulée.
01:22Du coup, ils ne vont pas la reconnaître.
01:24On est là pour le manque de moyens, pour le manque de professeurs,
01:27et pour l'ambiance générale des lycées qui coulent la merde !
01:36Il y a le drapeau palestinien.
01:41Vous imaginez qu'elle rentre chez elle et que les parents lui disent,
01:43mais où tu as été élevé, toi ?
01:47Vous croyez qu'on en est encore là, mais c'est fini !
01:50On a basculé dans quelque chose qui est complètement incontrôlable.
01:53C'est-à-dire que les parents, ils ont peur de cette gamine.
01:55Ils ne vont pas lui faire une réflexion, parce qu'elle va les traiter de fasciste, de nazi,
01:58peut-être les frapper aussi comme cette responsable.
02:01Là, vous parlez d'un autre monde, moi j'étais très ému.
02:04Mais comment tu t'exprimes ? Tu n'as pas honte ?
02:06C'est fini ! C'est fini !
02:08C'est fini !
02:09Alors, vous qui êtes un intellectuel, un littéraire,
02:12vous devriez faire un papier sur la honte qui a disparu.
02:16Bien sûr !
02:17C'est un sentiment qui a complètement disparu.
02:19Oui, c'est vrai !
02:19Et c'est très intéressant, parce que la honte, par exemple,
02:23moi je ne peux pas avoir honte de vous, nous sommes d'accord.
02:26Elle nécessite un lien affectif.
02:29Tu peux avoir honte, je ne sais pas, de quelqu'un qui te sont chers, qui t'est chers.
02:33Et puis tu peux avoir honte de toi.
02:34Voilà ! Ça nous est arrivé !
02:37Bien sûr !
02:37Parce que voilà, on a mis des bêtises, et c'est un sentiment très puissant d'ailleurs, la honte.
02:44Très puissant ! Elle a disparu de nos sociétés.
02:48Cette jeune fille, elle dit ça.
02:49Mais il y a 40 ans, tu te serais cachée, tu t'aurais dit, je ne vais pas parler.
02:55Elle est cachée, elle est cagouée.
02:57C'est du folklore post-révolutionnaire.
03:00Franchement, moi quand j'étais étudiant en 86,
03:04et qu'on manifestait contre la loi de Vaquet,
03:07c'est pareil, on descendait dans la rue avec des sacs US,
03:09on avait des keffiers.
03:11Vous étiez cagoulé aussi ?
03:12Ah ouais, vous avez mal commencé dans la vie.
03:14Non, j'étais...
03:16Bon, alors des jeunes, en Haute-Savoie,
03:18écoutez ce qu'ils disaient hier, le premier, il m'amuse,
03:20il dit, il y a trop de cours,
03:22de 8h à 17h, c'est pas possible !
03:24Mais il croit quoi ? Qu'il va être en vacances toute sa vie ?
03:27Donc écoutez ce...
03:28Ah, on ne l'a pas celui-là !
03:30C'est dommage, c'est bien vendu !
03:32Non, non, il n'était pas en téléphone portable,
03:34je le dis pour Lucas, on l'a écouté hier soir,
03:36c'est une circonstance qui était en Haute-Savoie.
03:37Bon, on va écouter alors la séquence Sable d'Olonne,
03:40avec...
03:40Alors, le proviseur, il fait quelque chose,
03:42manifestement, qui n'est pas malin non plus,
03:43il jette un portable.
03:45Mais alors, la jeune femme se met dans un...
03:49Comment dire ?
03:49Dans une colère, face au proviseur.
03:51C'est le lycée bleu, visiblement, des Sables d'Olonne.
03:54Voyez cette séquence.
04:15Il est proviseur, là, monsieur.
04:22Moi, je me souviens du proviseur,
04:23je me souviens encore de son nom,
04:25à Talence, il s'appelait monsieur Kiger.
04:27Mais quand il passait dans la cour,
04:30tout le monde était terrorisé.
04:34Là, c'est le proviseur.
04:37Mais il peut le piétiner aussi, si elle veut.
04:40Je vous assure, mais je ne sais pas ce qu'on va faire.
04:42Et voyez, une dernière séquence avant qu'on aille à Lille,
04:45avec ce jeune homme qui trouve qu'il y a trop de cours.
04:47Entre 8h et 17h !
04:49Oh merde !
04:498h, 17h, il trouve que c'est trop.
04:55Pourquoi on fait la grève ?
04:56Je fais la grève parce qu'il y a trop de cours
04:58et trop d'horaires.
05:00Il faut bien bosser, quand même, dans la vie.
05:02On bosse !
05:03On bosse toujours.
05:04C'est quoi, trop de cours, pour toi ?
05:06C'est faire du 8h, 17h30 tous les jours.
05:09Et au boulot, tu veux faire du 8h, 17h30 tous les jours, après ?
05:12Bah ouais, mais là, on est mineurs.
05:13Ah ouais, on est mineurs, donc pas assez...
05:15Ah voilà, c'est ça.
05:18Et tu penses qu'on donne la grève, ça va ranger les choses ?
05:21Bien sûr.
05:21Oui, monsieur, il y a toute la France qui se mobilise, ça va changer quelque chose.
05:24Ça va changer quelque chose.
05:27Et qui est-ce qui doit changer ?
05:29Les conditions de travail, les emplois du temps, les profs qui sont là pour nous,
05:33la coaching, les règles, tout.
05:34Non, non, pas le mieux, monsieur.
05:36Alors, conditions de travail, quoi ?
05:38Bah, on est là, on est 25 dans des salles, il n'y a pas de profs.
05:42Ça manque de profs, ça manque de plein de choses, monsieur.
05:45Je vous assure, en fait, c'est un sketch des inconnus.
05:47C'est exactement ça, c'est Bernard Campand.
05:49C'est Bernard Campand qui met...
05:51Il y a trop de cours et trop d'horaire.
05:53Ce qui est formidable déjà comme formule.
05:55Il y a trop de cours et trop d'horaire.
05:57Avec la cantine.
05:58Et la cantine, ça ne va pas.
06:00Écoute, franchement, il y a un moment, moi, je suis les parents,
06:03je dis, bon, allez, tu vas bosser et puis tu te tais, quoi.
06:06Il a peut-être vu le droit à la paresse de la Fargue.
06:13Ben oui, on fait la Fargue, je veux bien qu'on parle du droit à la paresse de la Fargue.
06:17Il est 25 dans sa classe, on était 40.
06:19Je présente, je présente.
06:20En fait, on ne va pas s'en sortir.
06:21Le droit à la paresse, quand il va se retrouver en entretien d'embauche, ça va être joli.
06:24Si tu n'as pas d'autorité, si tu n'as pas quelqu'un qui va dire,
06:26bon, hé, vous rentrez en cours, vous êtes là pour apprendre
06:29et puis vous la fermez un petit peu et puis vous allez apprendre.
06:32Justement, pour revenir sur le fond, la revendication...
06:36C'est leur rendre service, hein ?
06:38C'est leur rendre service, Mathien ?
06:40Ça m'est reçu comme tel.
06:41Je vous assure, c'est leur rendre service.
06:43Mais j'entends bien.
06:45La revendication des lycéens, c'est justement, quand même, globalement,
06:49d'avoir de meilleures conditions de travail.
06:51Mais non !
06:51Et déjà, il y a trop de cours et trop de cours !
06:53Quand vous écoutez des coordinations lycéennes,
06:56ils demandent des personnels d'assistants d'éducation,
06:59ils demandent des meilleurs locaux,
07:00ils demandent un certain nombre de choses.
07:01Et là, ils demandent de moins travailler, qu'est-ce que vous allez faire de ça ?
07:04Ils demandent du rap, qu'ils arrêtent tout de suite.
07:07Ils l'ont lissé, ils ne vont même pas faire des éducers derrière.
07:09Il y a un vice dans la rue qui rigole et qui ne pense pas ce qu'il dit.
07:12Bon, Lille !