- il y a 15 heures
Tous les jours, actualité, débats et bonne humeur rythment L'Heure des pros. Ce lundi, Pascal Praud revient sur la deuxième semaine de mobilisation des lycéens après une première semaine ponctuée par de nombreuses violences.
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00:00Bon, les blocages, alors les émeutes en chiffres, quand même plus de 5000 interpédations depuis une semaine,
00:05dans environ 85% de mineurs, 78 personnels de l'éducation nationale blessés,
00:09600 policiers gendarmes blessés, 24 établissements ont été incendiés ou s'aggâchés.
00:14Qu'est-ce qui peut se passer aujourd'hui ? Vous voyez le sujet de Louisa Paris.
00:18Et à 9h09, nous sommes évidemment sur Europe 1 comme tous les matins, et nous sommes également sur antenne de
00:23CNews.
00:25Une nouvelle semaine qui s'annonce sous haute tension.
00:29L'appel des lycéens à continuer les blocages de leur établissement fait craindre de nouveaux débordements.
00:34Le ministre de l'éducation nationale, Edouard Geffray, accuse la gauche radicale d'alimenter le mouvement.
00:41Il y a des militants, notamment d'ultra-gauche, qui ont infiltré le mouvement lycéen,
00:44qui ont dépossédé les lycéens du mouvement et qui ont été extrêmement violents.
00:48Très clairement, ça fait aussi courir un risque, et à nos personnels, et à nos élèves.
00:53Les lycéens jugent insuffisantes les réponses apportées à leurs revendications.
00:57Ils devraient alors se joindre au mouvement intersyndical organisé ce mardi à Paris.
01:02Les autorités redoutent des violences urbaines encore plus importantes que la semaine précédente.
01:08Là, ça basculait en véritable violence urbaine, avec une désinhibition en termes d'usage de la violence,
01:16et en termes d'usage d'armes par destination.
01:18Autre problème, c'est qu'il risque d'avoir une forme de conjonction, de croisement entre les mouvements étudiants,
01:27et également les mouvements de salariés de la fonction publique, notamment.
01:31Pour rappel, pas moins de 5000 interpellations ont eu lieu la semaine dernière.
01:3685% étaient des mineurs.
01:39Thomas Bonnet, l'exécutif.
01:41La loi Casseur-Payeur qui arrive, 27 octobre, nous a annoncé Maud Bréjean ce matin.
01:47En fait, c'est plutôt une bonne proposition, c'est-à-dire que c'est un peu pourquoi vous plaidiez
01:51depuis longtemps,
01:52c'est-à-dire que maintenant, si vous êtes dans un attroupement où il y a des violences,
01:55même si vous n'êtes pas directement responsable des violences,
01:57vous pouvez être poursuivi et être condamné à rembourser.
02:00– Ils n'ont pas un centime, c'est pas ça qu'ils font.
02:03– Le problème, c'est que c'est 10 000 euros maximum par personne en plus.
02:05– Mais ils n'ont pas un centime, ces jeunes gens.
02:07Il faut les mettre, ceux qui cassent, il faut les mettre en prison, point.
02:10– Alors, ça fait partie aussi des réponses possibles.
02:12– C'est simple d'ailleurs, tu attaques un flic, tu brûles un lycée, tu vas à la casse-prison.
02:18Ça ne paraît pas sorcier.
02:20– On pourra ponctionner sur les aides, les allocations familiales, les aides au logement,
02:25donc ça permettra aussi, même si ça prend du temps, de…
02:27– Mais Thomas, je vais vous dire, c'est bidon, voilà.
02:30Tout le monde le comprend.
02:31Il n'y a qu'une chose qui n'est pas bidon, tu prends des gosses, tu les mets en
02:34prison.
02:35Ça, c'est pas bidon.
02:36Parce que là, les parents, ça peut changer.
02:38Vous avez fait ça ?
02:39Casse-prison.
02:41Ils ne vont pas rester, je ne les mets pas 10 ans non plus, je ne les mets pas 5
02:43ans,
02:43tu les mets un mois, deux mois, pour qu'ils réfléchissent.
02:46– Croyez-moi, ça changerait.
02:48– Avant de les mettre en prison, il va se passer du…
02:51– Mais tu les mets à…
02:52– Pascal.
02:53– Qu'ils aient n'importe, j'ai envie de dire, n'importe quel âge,
02:56à 14 ans, 15 ans, 16 ans, ils sont bien capables de faire ça.
02:59Ben, s'ils sont capables de faire ça, ils en assument leurs conséquences.
03:02– Des centres éducatifs fermés, pourquoi pas ?
03:04– Mais tout ça, c'est bidon.
03:06Je vous dis, il faut reconstruire 100 000 places de prison
03:09et dire à tout le monde, maintenant, tous ceux qui sortent des clous,
03:13c'est la case-prison.
03:14Huit jours, 15 jours, trois semaines, un mois, deux mois.
03:16C'est simple.
03:17– Justement, il y en a un qui a été attrapé,
03:19qui allait en chien, un policier à Belfort, 17 ans.
03:22Il est en prison actuellement.
03:23Est-ce qu'il va y rester ?
03:24Mais même s'il y a, à cet âge-là, même si tu peux imaginer
03:28que ce n'est pas des dangereux gangsters,
03:31tu peux imaginer que ça serve de leçon,
03:33et surtout que c'est dissuasif.
03:35Parce que quand les parents vont commencer à savoir
03:37que leurs gamins, dont ils s'occupent comme ça,
03:39de loin, manifestement, de temps en temps,
03:41bon, parce qu'ils sont aussi responsables, les parents,
03:43où sont les parents ?
03:44Quand ton gosse va aller en prison 8 jours, 15 jours,
03:473 semaines, un mois, pour dégradation,
03:48pour avoir mis le feu quelque part,
03:51il me semble que ça peut changer les choses.
03:53Vous avez raison, cher Pascal,
03:54sur le problème structurel du manque de place de prison,
03:57mais également sur le déficit de sanctions
04:00concernant les parents,
04:01puisque je rappelle qu'il y a quand même un article
04:02dans le Code pénal, le 227-17,
04:05qui énonce clairement que tout parent
04:07qui met en danger la santé physique ou mentale
04:09de son enfant doit être puni.
04:11On n'entend jamais parler de l'application de cet article.
04:13Oui, j'ai des témoignages de policiers,
04:15c'est une fois qu'il y a des parents qui arrivaient au commissariat
04:19parce que leurs gamins étaient en garde à vue,
04:22furibards, en insultant les policiers.
04:24Les parents, les parents,
04:27je vais mettre tout le monde en prison,
04:28on est là pour parler de la responsabilité des parents,
04:31je pense qu'on devrait aussi éduquer les parents.
04:33Il y a quelque chose quand même
04:35qui doit interroger l'homme politique que vous êtes.
04:37Aujourd'hui, dans n'importe quel pays du monde,
04:40les peuples veulent faire ce qu'ils veulent
04:41et il n'y a plus d'autorité nulle part.
04:43Ah oui.
04:44C'est-à-dire que moi je suis frappé de ça,
04:45mais quasiment dans tous les pays du monde,
04:47sauf peut-être la Corée du Nord,
04:50bon, mais ce n'est pas un régime souhaitable.
04:53La Chine, contrairement à ce qu'on dit,
04:55ça bouge beaucoup plus qu'on ne pense,
04:57beaucoup plus qu'on ne pense la Chine,
04:58beaucoup plus qu'on ne pense.
05:00La Russie, ce n'est pas clair,
05:03il y a des mouvements.
05:05Tu n'as rien, comment dire,
05:07l'autorité verticale.
05:08Oui, évidemment.
05:10Et ça, ça interroge comment ?
05:12Le Salvador.
05:13Alors oui, mais le Salvador,
05:15c'est encore différent parce que le peuple
05:17est d'accord avec celui qui dirige.
05:19C'est ça qui est intéressant.
05:20Voilà, là, le peuple est complètement d'accord.
05:23Il n'en pouvait plus et il est d'accord.
05:26Donc ça, ça pose un problème à tout l'Occident,
05:30pas que l'Occident d'ailleurs.
05:31Comment vous faites pour gouverner nos pays aujourd'hui ?
05:34Le pays a besoin d'ordre et d'autorité.
05:37Philippe Ballard.
05:37Ça se voit dans les résultats d'ailleurs électoraux
05:41partout en Europe,
05:42où il y a des mouvements.
05:43Alors on n'est pas forcément affilié,
05:45je pense à l'Allemagne, l'AFD,
05:48les propos extrémistes qui sont prononcés,
05:50ce n'est pas notre tasse de thé.
05:51Mais enfin, ça démontre quand même quelque chose.
05:54Eh bien, il faut des mesures.
05:55Là, vous parliez des sanctions.
05:56Par exemple, nous, on est pour le rétablissement
05:58de la loi anti-casseurs.
05:59Entre parenthèses, le texte dont Mme Bréjean parlait,
06:03nous, après les émeutes,
06:05qui ont suivi la mort de Naël,
06:06on l'avait présenté à l'Assemblée.
06:08Eh bien, tout le monde a voté contre.
06:10C'était le principe du casseur-payeur.
06:12Maintenant, les macronistes,
06:13sous pression de la rue,
06:14vont nous dire, on va faire un texte...
06:15Non, mais la loi anti-casseurs,
06:16c'était la loi qui a été abrogée en 80.
06:18En 80, en 70, en 80.
06:20Et c'est passé de 2019.
06:22Mais ça permet quoi ?
06:23Alors, c'est un petit peu inspiré
06:25de ce qui va être fait,
06:25c'est que vous participez à un rassemblement.
06:28Parce que là, par exemple,
06:29si on prend Nantes, le lycée,
06:31je crois que c'est Nelson Mandela,
06:32qui a craqué la lumette.
06:34Ils sont 50, 100, ils sont masqués.
06:38Donc, cette loi, ça permettrait de dire,
06:40écoutez, vous,
06:41alors, c'est peut-être pas vous
06:41qui avez craqué la lumette,
06:43mais vous étiez présents dans ce regroupement.
06:45Vous allez payer, ça aura un effet dissuasif.
06:47C'est ça, le principe.
06:49Et effectivement, après, on est d'accord.
06:50Marine Le Pen le dit régulièrement.
06:52Le Pays-Bas le font une semaine en prison.
06:54Si on est condamné à une semaine,
06:55on fait une semaine.
06:56Une semaine en prison, voilà.
06:5815 jours, on fait 15 jours.
06:59Trois semaines, on fait trois semaines.
07:00Voilà, la prison, c'est dissuadif.
07:01Et il y a des centres fermés éducatifs.
07:03Olivier de la Garde.
07:04Et il en faudrait un par département,
07:06ce qui n'est pas le cas actuellement.
07:07Olivier de la Garde.
07:09En fait, il y a deux mouvements sociaux
07:10qui se superposent.
07:12Il y a celui des lycéens
07:12et puis il y a celui des black blocs,
07:13dont on parle peu, finalement.
07:15Et ceux qui se font choper,
07:16on voit ce chiffre,
07:1885% des personnes interrogées
07:19et interpellées par la police
07:20sont des mineurs.
07:22C'est des lycéens.
07:22Les black blocs, eux,
07:24on ne les attrape pas.
07:25Pourquoi ?
07:25Parce que ce sont, quelque part,
07:27des professionnels de la contestation.
07:29D'ailleurs, il y avait un magistrat
07:31qui me racontait
07:31que quand ils arrivent
07:32en comparution immédiate,
07:33ils ont leur dossier
07:34qui est entièrement déjà arrêté.
07:36Là, il n'y a pas des black blocs,
07:37c'est des jeunes.
07:38Il y a des black blocs.
07:39Il y a des black blocs qui sont là.
07:40Il y a beaucoup de dossiers.
07:41Il y a des syndicats de la magistrature
07:42leur dossier,
07:43parce que le syndicat de la magistrature
07:44donne comment contester,
07:46comment arriver à une nullité
07:48dans la procédure.
07:49Et je ne comprends pas
07:50comment est-ce qu'on n'arrive pas
07:51à mettre hors d'état de nuire
07:52ces black blocs.
07:53Comment est-ce que les renseignements généraux
07:54ou ce qu'on ne veut manger ?
07:56Parce que mon camarade,
07:57on ne veut pas.
07:59Bien sûr.
07:59Voilà.
08:00Et alors, la loi anticasseur,
08:02c'était la loi,
08:02après 1968,
08:04mise en place par Chabon,
08:05qui n'était pas un dangereux fasciste,
08:08adoubé par Pompidou,
08:09gardée par Giscard,
08:10qui n'était pas non plus
08:11un dangereux fasciste,
08:12et qui permettait effectivement
08:14d'être efficace.
08:15Alors, puisque vous parlez
08:16du syndicat de la magistrature,
08:17on avait prévu d'en parler
08:18un petit peu plus tard,
08:19mais c'est vrai que
08:20ce syndicat de la magistrature,
08:21il dit beaucoup également,
08:23forcément,
08:25de l'état du pays,
08:26puisque,
08:27vous savez cette phrase idiote,
08:29il faut écouter la colère des jeunes.
08:31Je t'en ficherai d'écouter
08:32la colère des jeunes.
08:33Vraiment.
08:34Je veux dire,
08:35il y a sûrement des revendications
08:38qu'on peut écouter,
08:39mais dans 9 cas sur 10,
08:40vous savez bien
08:41que c'est autre chose.
08:43Là, que se passe-t-il à Lille ?
08:44me dit Lucas Busutil.
08:46La police se charge à Lille.
08:48Donc, si la police se charge à Lille,
08:50c'est qu'elle a des bonnes raisons
08:52de charger.
08:53Sûrement,
08:53elle ne charge pas comme cela.
08:55Bon, il y a des bouteilles
08:56qui sont lancées sur les policiers,
08:58me dit Lucas Busutil.
08:59Il y a des bouteilles
08:59qui sont lancées
09:01sur les journalistes.
09:03Donc,
09:03elle ne charge pas par plaisir
09:06la police.
09:06Elle est en réponse,
09:08bien évidemment.
09:09Et c'est l'occasion
09:10de saluer d'ailleurs
09:10les pauvres policiers
09:12qui sont sous le terrain
09:12qui auraient bien autre chose
09:13à faire
09:15que de combattre
09:17comme cela
09:19les manifestants.
09:20On est à Lille
09:22avec notre journaliste
09:24que nous avons entendu
09:25tout à l'heure.
09:25Que se passe-t-il ?
09:29Une quinzaine de policiers
09:31sont en train
09:31d'avancer
09:32vers un groupe
09:34vers le groupe
09:35de jeunes
09:36dont je vous parlais
09:36tout à l'heure
09:37qui leur lancent
09:37des projectiles en vert
09:39mais elle est un peu
09:40prise en étau
09:40puisque derrière
09:41le blocus
09:41qui a été jusqu'après
09:43les personnes
09:43qui formaient le blocus
09:44devant l'établissement
09:45sont également
09:45derrière les policiers.
09:47Donc,
09:47actuellement,
09:47les policiers
09:48sont entre
09:51deux forces de jeunes.
09:53Le groupe de jeunes
09:54qui était un petit peu
09:54plus calme
09:55mais qui,
09:55en tout cas,
09:57les insultent
09:59et lancent
09:59des hackables
10:01et de l'autre côté
10:02des jeunes
10:02qui ont fait un feu
10:04et qui leur lancent
10:05des projectiles en vert.
10:06Nous aussi,
10:06nous sommes au milieu.
10:07C'est un petit peu compliqué
10:08de vous parler.
10:09On est un peu sous pression
10:10comme les policiers,
10:11cette quinzaine de policiers
10:12que vous voyez
10:12sur les images.
10:15Non mais,
10:15vous voyez ces images.
10:16Je vous assure,
10:17tous ces jeunes gens
10:19qui lancent une pierre
10:21vers un policier,
10:22je leur mets
10:22un stage prison
10:24de quelques jours
10:25parce que
10:26ces pervers,
10:27ils savent
10:28qu'il ne leur arrivera
10:29rien.
10:30Ils savent
10:31que les policiers
10:32ne peuvent pas charger.
10:33Ils savent
10:34que l'exécutif
10:35a dit
10:35attention,
10:36surtout qu'il n'y ait pas
10:37de blessés
10:38chez les étudiants
10:39et je ne veux même pas
10:39imaginer quelque chose
10:41de plus grave.
10:42Donc,
10:43ils tapent sur des flics
10:44qui ne peuvent pas répondre.
10:46Mais enfin,
10:47jusqu'à quand
10:48tu peux tolérer ça
10:49dans ce pays ?
10:50Je ne sais pas d'ailleurs
10:51ce que vous feriez,
10:51le Rassemblement National,
10:53si vous étiez au pouvoir.
10:54Parce que
10:55je ne suis pas sûr
10:56que vous arriveriez
10:57à être efficace
11:00sur des situations
11:02comme celle-là.
11:02ce qu'il faudrait déjà
11:03c'est