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  • il y a 20 heures
Après des années d'endettement massif pour faire face aux crises, les investisseurs perdent confiance dans la capacité de la France à maîtriser sa dette. La crise obligataire française est désormais ouverte, et le spectre d'une contagion à l'ensemble du continent refait surface, alors même que l'État français devra rembourser pas moins de 91 milliards d'euros à ses créanciers d'ici 2027.

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00:02Générique
00:10Un invité avec nous tous les midis pour décrypter les enjeux de la séance, les enjeux de cette semaine et
00:15le lundi, c'est John Plassard. Bonjour John.
00:19Bonjour Pauline.
00:20Vous êtes associé responsable de la stratégie d'investissement pour la banque Cité Gestion. John, bienvenue dans un monde où
00:27les tensions géopolitiques sont plus présentes que jamais avec la Russie, l'Ukraine, l'Iran et puis au milieu de
00:35tout cela évidemment Donald Trump, le président américain a annoncé un arrêt des frappes, je le rappelais en introduction, sur
00:42les infrastructures énergétiques entre la Russie et l'Ukraine.
00:45L'Ukraine qui dit ne pas en avoir connaissance, la Russie pour l'instant qui ne dit rien. Toujours est
00:51-il que cette annonce a un petit peu fait reculer les prix du pétrole ce matin alors qu'ils sont
00:58repartis à la hausse au moment où on parle, il y a à peu près 10 minutes John.
01:02Oui, tout à fait. Alors d'abord il faut rappeler une chose, c'est que le président Trump aurait trouvé
01:08un accord avec le président russe pour que le président russe leur vende plus et aussi, pas seulement aux États
01:15-Unis, mais aussi pour l'Europe, beaucoup plus de diesel.
01:18Alors on est dans une situation où évidemment la Russie est un élément clé pour le diesel parce qu'ils
01:25ont des raffineries, c'est ce qui manque notamment à l'Europe.
01:31Et évidemment si on avait une trêve confirmée d'une non-frappe notamment ukrainienne sur les raffineries russes, eh bien
01:42ça protégerait quelque peu les nouvelles pénuries potentielles de diesel.
01:50Ce n'est pas le cas aujourd'hui. On voit que la détente est absolument limitée, même avec cette offre
01:58supplémentaire de diesel, ça peut aider quelque peu les produits, le marché des produits raffinés,
02:05mais ça ne crée pas davantage de pétrole brut et puis ça ne règle pas la perturbation logistique bien évidemment.
02:11Et en plus, en même temps, on a, vous l'avez dit, l'aéroport à Riyad où on dénombre apparemment
02:18à l'heure à laquelle on parle 14 morts et donc ça met une dose de stress supplémentaire
02:25parce que les Américains pourraient aussi intervenir en combattant directement avec l'Arabie saoudite, les Houthis.
02:31Donc on est vraiment dans une question de prime de risque qui est absolument incroyable, inédite, je dirais, et qui
02:40aura des conséquences.
02:42Bien évidemment, penser aujourd'hui que le prix du baril puisse baisser de 20-30 dollars par baril avant les
02:50élections de mi-mandat, c'est absolument exclu.
02:53On voit que l'Iran d'un côté ne veut pas d'accord ou pas l'accord proposé par les
02:58États-Unis, les Houthis non plus.
03:00Et puis de l'autre côté, on a la question de la guerre en Ukraine.
03:05Donc si on met tout ça ensemble, on voit qu'avant, on ne parlait que de l'Ukraine, après, on
03:10ne parlait que du Moyen-Orient.
03:12Et là, on parle vraiment d'un groupe, je dirais, d'événements tragiques qui sont extrêmement perturbateurs pour l'évolution
03:20du prix du baril.
03:21Oui, c'est sûr. Et puis on rappelle, John, qu'on ne met pas de pétrole dans sa voiture, mais
03:25bien du diesel qui est un produit raffiné.
03:27L'objectif de Donald Trump étant de faire baisser ce prix du diesel avant les élections de mi-mandat, peut
03:34-être pour espérer de reconquérir certains électeurs.
03:39En attendant, l'arrêt des frappes entre l'Ukraine et la Russie, si jamais c'est confirmé, ne rouvrira pas
03:44le détroit d'Ormuz.
03:46Pendant ce temps-là, les tensions persistent au Moyen-Orient, vous l'avez rappelé.
03:49Un autre sujet dont je parlais en introduction, John, c'est évidemment ce cas français, la France sous surveillance.
03:57On en parle d'ailleurs partout dans le monde du cas français.
04:00Quels sont les enjeux du budget français à l'aube de cette élection présidentielle ?
04:04Et surtout des élections législatives qui interviendront après, au mois de juin, qui seront déterminantes, John.
04:10Roland Lescure a indiqué éviter les ordonnances pour faire passer le budget et privilégie justement un débat parlementaire.
04:19Si les taux français se détendent légèrement aujourd'hui, reste globalement stable.
04:23Le spread, lui, reste élevé.
04:25Où sont les risques principaux pour les marchés de John ?
04:28Et est-ce qu'il y a des moments où le marché s'alarme, entre guillemets, pour peu ?
04:35Non, alors je dirais la première des choses, c'est bien évidemment l'enjeu du budget français.
04:40Ce n'est pas de trouver une mesure spectaculaire.
04:43On ne la trouvera pas, ça c'est sûr.
04:44Il faut démontrer une trajectoire crédible de déficit.
04:49L'objectif, et je crois que c'est la chose la plus importante, qui ne sera bien évidemment pas atteint,
04:56mais l'objectif officiel, c'est de ramener le déficit à 5% en 2027, contre normalement 5,4%
05:03cette année.
05:04Ça, c'est la première des choses.
05:05Alors, le débat, évidemment, il faut un débat.
05:07Évidemment, politiquement, c'est extrêmement sain, mais le marché, lui, ne veut pas de débat.
05:13Et le marché, il veut des solutions très concrètes.
05:16Et à chaque fois qu'on regarde le spread, on regarde beaucoup ce spread entre l'OAT et le Bund
05:22allemand,
05:23et bien, à chaque fois qu'il s'écarte, ça nous montre une nouvelle fois que la France est le
05:31pays malade de l'Europe.
05:32Parce que rappelons qu'aujourd'hui, on fait une comparaison entre la France et l'Allemagne,
05:37et l'Allemagne n'est pas spécialement mieux lotie.
05:40On sait qu'il n'y a aucune décision politique qui ne sont plus prises en Allemagne
05:45parce que le gouvernement est en situation de faiblesse face à l'extrême droite.
05:50L'AFD qui gagne absolument dans tous les landes.
05:54Et donc, ici, on est dans une situation où on compare le pays malade qui est la France
06:00avec un autre pays qui n'est pas spécialement le pays qui a une croissance extrême,
06:06malgré le fait qu'ils ont légèrement repris ou remonté leur estimation de croissance.
06:12Alors, je dirais que le vrai risque, ici, et il faut être très clair,
06:17c'est une dérive qui est lente avec un budget qui est affaibli,
06:21des mesures qui sont reportées après des débats,
06:25rien qui se passe après les élections présidentielles parce qu'il n'y a pas de majorité,
06:30une croissance insuffisante, on le sait,
06:33et puis une hausse, évidemment, progressive des charges de la dette.
06:36Donc, quand vous mettez tout ça ensemble, on peut arriver dans une situation
06:41qui est encore plus dramatique au niveau économique que ce qu'on voit aujourd'hui.
06:46Et ça, pour la France, ça se signerait par la baisse des crédits,
06:52la baisse des notations des agences qui vont faire leur travail très rapidement.
06:57Oui, et puis ce que surveille le marché aussi, John,
07:00c'est évidemment un possible risque de contagion au reste de l'Europe.
07:04On voit, on en a parlé lundi dernier, John, l'euro-dollar qui était au plus bas depuis 2025,
07:10un euro-dollar qui est toujours au plus bas puisque là, à l'euro où on parle,
07:14il est à 1,1180 contre 1,1160 lundi dernier.
07:17Donc, c'est vrai que ce risque de contagion avec d'autres pays,
07:21vous le rappeliez, l'Allemagne, mais aussi l'Italie qui va avoir des élections rapidement,
07:27et puis l'Espagne le 29 novembre avec ses élections anticipées, affaire à suivre.
07:32On surveillera tout ça et puis on en parlera évidemment avec vous, John.
07:35Enfin, il nous reste une minute pour parler de cette saison des résultats.
07:40John, qu'est-ce qu'on peut attendre des comptes des entreprises
07:43qui commencent à livrer justement leurs résultats ?
07:48Écoutez, d'abord, si on regarde les marchés américains,
07:50les attentes sont extrêmement élevées
07:52parce que les bénéfices du S&P 500 sont attendus en hausse de près de 30%
07:57sur un an au troisième trimestre et avec une croissance du chiffre d'affaires
08:01de plus de 12% et une marge proche de 15% contre 13% l'année passée.
08:07Donc, on voit qu'il y a une réaccélération.
08:09On n'est pas du tout dans décélération.
08:11Donc, en fait, les attentes sont très importantes.
08:13Et si je peux faire un parallèle avec ce qui se passe en France
08:17et le chiffre d'affaires de LVMH ce soir, eh bien, c'est le message.
08:22Ce n'est pas ce qui s'est passé au troisième trimestre.
08:24C'est le message pour le quatrième trimestre.
08:27Quel est l'impact de la hausse du prix du baril ?
08:30Quel est l'impact de la baisse de la confiance du consommateur aux États-Unis ?
08:34Et quel est l'impact des faibles mesures du gouvernement chinois,
08:39notamment pour le secteur du luxe ?
08:41Donc, on a plein, plein, plein, plein de questions.
08:43On aura, et on le commentera la semaine prochaine,
08:45on aura, bien évidemment, les banques américaines cette semaine
08:48avec JP, Goldman, Citigroup et Wells Fargo
08:51qui nous donneront une indication sur le crédit
08:55mais aussi sur la santé du consommateur américain
08:59parce que toutes ces banques, bien évidemment, ont des cartes de crédit
09:01et toutes les données qui nous sont utiles
09:03pour savoir comment on consomme aux États-Unis et dans le reste du monde.
09:08Oui, ce sera un indicateur, évidemment, qu'on va surveiller,
09:10qu'on détaillera ensemble lundi prochain
09:12et puis plus globalement dans Smart Bourse
09:14tout au long de cette semaine.
09:16Une semaine qui s'annonce par ailleurs chargée en termes de macro également,
09:20John, puisqu'on attend l'inflation américaine justement pour septembre,
09:25attendue en progression de 3,6% sur un an
09:28et de 2,5% en version cœur
09:32avec aussi les ventes aux détails américaines
09:34et puis les PPI qu'on va regarder, évidemment.
09:38Merci beaucoup, John.
09:39John Plassard, associé et responsable de la stratégie d'investissement
09:42pour la banque Cité Gestion.
09:44John, à lundi prochain.
09:46Merci à tous de nous avoir suivis.
09:49On se retrouve ce soir en direct à 17h30 dans Smart Bourse.
09:54Sous-titrage Société Radio-Canada
09:55Sous-titrage Société Radio-Canada

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