00:00Pour les mineurs, comme vous l'avez dit, pas de chiffre sur les condamnations,
00:03parce que vous savez que le code de justice des mineurs
00:06impose une première étape d'analyse éducative et de personnalité du mineur,
00:12puis ensuite il y a le temps de l'audience, puis ensuite il y a le temps de la condamnation.
00:15Et donc là, aujourd'hui, l'ensemble des mineurs,
00:18comme d'ailleurs la quasi-totalité des gens qui ont été déférés,
00:21étaient des personnes qui étaient inconnues.
00:23– D'accord ?
00:24Donc, cette étude éducative pour les mineurs va se…
00:30– C'était pour la plupart des gens inconnus,
00:32ça veut dire qu'ils avaient un casier judiciaire vierge,
00:34ils n'étaient pas connus de la justice, c'est leur première action…
00:37– Voilà, c'était même au-delà du casier judiciaire portant mention d'aucune condamnation,
00:40c'était pas connu, y compris au niveau des…
00:42– Pas connu du tout ?
00:43– Par les services de police ou de gendarmerie.
00:45– Ok.
00:45– Donc c'était vraiment des gens qui étaient confrontés…
00:48– Ça dit du profil ?
00:49– Pour la première fois à l'institution policière et judiciaire,
00:52ce qui peut aussi considérer que lorsqu'on passe 48 heures de garde à vue,
00:56plus 20 heures au dépôt, plus la confrontation à un magistrat,
01:00c'était important.
01:01Donc pour répondre à votre question,
01:03les seules condamnations que je peux évoquer devant vous,
01:06c'était des majeures,
01:08et certes, beaucoup ont demandé un délai pour préparer leur défense,
01:12donc condamnations qui interviendront,
01:14c'est leur droit qui sera décalé.
01:16Les premières condamnations qui sont intervenues
01:18sont des condamnations à des travaux d'intérêt général,
01:21pour des durées,
01:22travail d'intérêt général qui, si ils ne le font pas,
01:25en porte-peine de prison,
01:26interdiction de porter une arme,
01:27ou interdiction de manifester.
01:29Ça, ce sont ce que j'appelle les peines complémentaires.
01:31Et puis il y a eu aussi des peines d'emprisonnement avec sursis.
01:35– Il y a eu des peines d'emprisonnement avec sursis ?
01:36– Avec sursis.
01:37– C'est-à-dire que personne ne dort en prison au moment où on se parle.
01:39C'est-à-dire que sur toutes ces interpellations,
01:42sur les images que l'on a vues,
01:44au moment où on se parle,
01:45en tout cas pour Paris,
01:46il n'y a pas une personne qui est en prison.
01:47– Non, ceux qui ont été renvoyés,
01:49enfin la réponse est oui.
01:51– Oui, il n'y a aucune personne en prison.
01:52– La réponse est oui à votre question pour y répondre très clairement.
01:54Sur les poursuites qui ont été engagées,
01:57en voie de déferment,
01:59ceux qui sont passés à l'audience,
02:00comme ceux qui ont été renvoyés devant le tribunal
02:04pour enfants ou le jus des enfants,
02:05les faits qui étaient reprochés,
02:07c'était soit des violences à l'encontre des forces de l'ordre,
02:12sans incapacité totale de travail,
02:13mais ce qu'on a considéré comme violences,
02:15c'est par exemple le fait d'user un mortier à tir tendu
02:17en direction des forces de l'ordre.
02:19Voilà, soit des faits de dégradation importantes,
02:22soit des faits de détention de mortiers,
02:24pas ce qu'on appelle les mortiers improprement,
02:26mais de faits de détention de mortiers.
02:28Et donc ça, ça fait partie de ceux qui sont passés à l'audience.
02:33Mais ce que je voudrais dire par rapport,
02:35si vous me permettez de rebondir sur vos interrogations,
02:37c'est que sur votre chaîne, comme sur d'autres,
02:41on a vu un certain nombre de faits tout à fait gravissimes.
02:45Là, si vous voulez, ceux qui sont passés,
02:46c'est ceux qui ont été interpellés immédiatement,
02:48dans leurs gestes qui troublent de façon majeure l'ordre public,
02:52parce qu'ils empêchent ce qui est le droit de manifester,
02:55ce qui est un droit constitutionnel.
02:57Le blocage n'est pas autorisé,
02:58c'est-à-dire qu'on a le droit de manifester,
03:00mais on n'a pas le droit d'empêcher des étudiants ?
03:02On n'a jamais déféré des gens tout simplement parce qu'ils faisaient des blocages.
03:07On a déféré des gens, soit parce qu'ils étaient détenteurs de mortiers,
03:10soit parce qu'ils commettaient des violences,
03:11soit parce qu'ils mettaient en danger la vie d'autrui.
03:14Typiquement, ce qu'on constate chez les mineurs aujourd'hui,
03:17c'est que, je ne sais pas si c'est sur les réseaux sociaux,
03:19ils arrivent sur les lieux de certains blocages avec des briquets,
03:24puis une bombe déodorante, et ils essayent de faire...
03:27On a vu cette fameuse image, cette fameuse image d'un jeune
03:30qui, effectivement, à l'aide d'une bombe aérosol,
03:33à laquelle il a mis le feu, a brûlé directement,
03:37comme une sorte de lance-flamme, le visage d'une femme
03:40qui tentait de protéger un abrébus.
03:42Cette image-là, elle est assez symptomatique, effectivement,
03:44d'une violence directe.
03:47Si on en venait à ce cas-là, par exemple,
03:50qu'est-ce qu'on risque quand on fait ça ?
03:51Qu'est-ce qu'on risque quand on est un jeune ?
03:53Je crois qu'il est mineur, en l'occurrence celui-là,
03:55parce que je crois que vous aviez eu l'information.
03:58Il avait 16 ans.
04:00Qu'est-ce qu'il risque ?
04:01S'il risque au niveau de la condamnation,
04:04c'est ce qu'on appelle des violences volontaires.
04:05Selon qu'il y a une incapacité totale de travail ou pas,
04:10les peines augmentent,
04:11mais à minima, ça peut être une peine de 3 ans,
04:14puis on cumule les circonstances aggravantes,
04:15avec arme, avec préméditation, etc.
04:17Mais est-ce que dans les faits, ça arrive vraiment ?
04:19Sur la plaque parisienne,
04:21cette image n'était pas de la plaque parisienne.
04:22C'était à Marseille, et le mineur, avec 15 ans,
04:24il avait été placé en garde à vue.
04:26Voilà. Alors, à chaque fois, il faut forcément,
04:28qui dit infraction pénale, dit placement en garde à vue,
04:30dit, encore une fois, je le répète,
04:33défermant, c'est la politique pénale du Parquet de Paris.
04:35Dès qu'on commet des violences,
04:37ou qu'on met en danger de quelconque manière
04:38la vie d'autre...
04:39Concrètement, on passe 24 heures ?
04:41On passe déjà 24 heures de plus, 48 heures...
04:46Et ensuite, on voit un juge.
04:47Et ensuite, on voit un juge,
04:48en étant quelquefois jusqu'à 20 heures au dépôt.