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  • il y a 13 minutes
Laure Beccuau, procureure de la République de Paris, était l'invitée de BFMTV ce lundi 1er juin. Elle est revenue sur les débordements après le sacre du PSG.

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Transcription
00:00Bonjour madame de Malheur.
00:01Merci d'être avec nous ce matin.
00:02Vous êtes la procureure de Paris.
00:04Concrètement, un grand nombre de ces interpellations,
00:08ça atterrit chez vous,
00:10avec ensuite la question de la réponse qui va y être apportée,
00:13garde à vue ou pas garde à vue,
00:15et à l'issue de ces gardes à vue,
00:16des comparutions pour certaines dès cet après-midi,
00:18vous allez nous le dire,
00:19et la question ensuite des peines encourues,
00:21des peines prononcées,
00:22et des peines véritablement exercées.
00:24Au moment où l'on se parle, combien de garde à vue ?
00:26Alors, au moment où l'on se parle,
00:29je peux vous dire que ce que les magistrats du parquet
00:31liés aux événements du PSG...
00:33On parle vraiment là des événements de ce soir.
00:35Il y a bien sûr tout le reste qui continue,
00:37Il y a toutes les autres gardes à vue qui ont continué parallèlement.
00:41Il y a eu 256 gardes à vue
00:43qui ont été traités par le parquet de Paris.
00:46Alors, il y a eu bien sûr plus de gardes à vue
00:48sur l'agglomération parisienne,
00:49mais l'agglomération parisienne, ce sont d'autres parquets,
00:52et notamment d'autres parquets,
00:54tels que Bobigny, Créteil,
00:56et autres parquets,
00:57qui prennent en compte les mineurs
00:59qui ont pu être interpellés sur la plaque parisienne,
01:01parce que vous savez que le principe,
01:02c'est le parquet du lieu de domicile pour les mineurs.
01:04Pour les mineurs, s'ils sont interpellés même à Paris,
01:07effectivement, et qu'ils habitent en dehors de Paris,
01:09c'est là-bas qu'ils sont jugés.
01:12256 gardes à vue, dites-vous.
01:13Au moment où l'on se parle, combien sont prolongés ?
01:16Combien ont été levés ?
01:17Alors, il y a actuellement plus de 70 prolongations de gardes à vue,
01:22et pour être très clair, nous en sommes à peu près
01:25à 82 prolongations de gardes à vue.
01:3082 prolongations de gardes à vue ?
01:31Voilà, et vous aurez compris que ces 82 prolongations de gardes à vue
01:35correspondent évidemment aux faits les plus graves.
01:37C'est un peu une progression des procédures
01:41qui est toujours la même,
01:43c'est-à-dire que les faits les plus simples
01:45sont assez rapidement élucidés
01:47au cours des premières 24 heures de gardes à vue,
01:49mais les faits sur lesquels il faut continuer les auditions,
01:53voire procéder à des confrontations,
01:55voire procéder à des actes d'investigation qui manquent,
01:57font l'objet de prolongations de gardes à vue.
01:59Est-ce qu'il y aura, oui, dès cet après-midi,
02:02des moments de comparution immédiate ?
02:04Bien sûr, il y a d'ores et déjà,
02:06à minima annoncé pour cet après-midi,
02:0811 dossiers qui passent en comparution immédiate.
02:11Ce sont des dossiers qui concernent quasi exclusivement
02:14des violences faites aux forces de l'ordre,
02:17soit par usage de mortier,
02:19soit par jet de projectile.
02:21Il y a également un ou deux déferments en comparution immédiate
02:26qui concernent des atteintes aux biens
02:28ou des vols avec violence.
02:30Donc 11 dès cet après-midi,
02:32davantage à attendre dans les jours qui viennent ?
02:34Bien sûr, et d'ailleurs, j'ai déjà mobilisé le président
02:37et sollicité de sa part, si besoin était,
02:39la création d'audience supplémentaire
02:41pour faire passer les mises en cause en comparution immédiate.
02:45Parce que ce qu'il faut préciser ici,
02:46c'est qu'à l'égard de ces événements,
02:49la politique pénale que j'entends pratiquer à Paris
02:51est une politique pénale de fermeté
02:53et de renoncement à toute excuse
02:57qui est injustifiable en la matière.
02:59Je veux dire...
03:00Il n'y aura aucune excuse ?
03:01Dans les décisions de déferment,
03:04à partir du moment où les faits seront caractérisés,
03:07les intéressés seront déférés.
03:10Ils iront en prison ?
03:11Alors, entre le déferment et la prison,
03:14il y a une différence.
03:15Bien sûr.
03:15Mais bien sûr, si vous voulez,
03:16dans ce magma de garde à vue,
03:20il y a bien sûr des faits de haute gravité,
03:22les violences policières,
03:23les pillages des magasins,
03:25il y a les vols avec violence
03:26parce qu'il y a des faits d'opportunité,
03:29et puis il y a des faits qu'on va considérer
03:30comme de moindre gravité.
03:31Vous avez dit violences policières,
03:32mais j'imagine que vous vouliez dire violences
03:33vis-à-vis des policiers.
03:35Voilà.
03:35Pardon, excusez-moi, j'ai été trop vite.
03:38J'ai une question parce que là,
03:40on est dans l'immédiateté,
03:41on a quand même un peu de recul
03:42puisqu'il s'est passé la même chose l'an dernier.
03:44L'an dernier, il y avait eu un peu moins
03:46de 500 personnes interpellées,
03:48il y avait eu 300 gardes à vue,
03:52et alors moi, d'après le suivi que j'avais eu,
03:55ce n'était même pas quelques dizaines de comparutions,
03:57enfin, il y avait des réponses judiciaires
03:59avec beaucoup de mesures alternatives.
04:02Est-ce que vous pouvez nous dire aujourd'hui,
04:03sur ces 500 personnes interpellées l'an dernier,
04:05quelle a été la réponse judiciaire au final,
04:08à la fin de la chaîne ?
04:09Alors, il y a déjà une différence
04:10entre les chiffres que vous citez, madame,
04:11parce que sur les 500 personnes interpellées,
04:14il n'y avait eu que 266 gardes à vue.
04:16Donc, il y avait déjà eu une chute de 50%
04:18entre interpellations et gardes à vue.
04:20Enfin, en tout cas, 266 gardes à vue
04:21traitées par le parquet de Paris.
04:23Alors, dans ces gardes à vue,
04:24il y avait un certain nombre de mineurs,
04:25et puis ensuite, il y a eu des comparutions immédiates.
04:28Mais sur les comparutions immédiates,
04:29alors vous me demandez des chiffres de l'année dernière,
04:31j'étais venue pour les chiffres d'aujourd'hui.
04:33Mais de mémoire, il y avait à peu près,
04:37non, non, il y a eu au minimum
04:39plus d'une trentaine de comparutions immédiates.
04:42Puisque je sais que nous avons eu
04:43trois jours de comparutions immédiates.
04:46Par audience, il y a un minima
04:47dix dossiers de comparutions immédiates par audience.
04:50Donc, nous en sommes à une trentaine
04:52de dossiers de comparutions immédiates,
04:53avec un certain nombre de peines d'emprisonnement à la clé.
04:56Gérald Darmanin avait dit à l'époque,
04:57il était déjà ministre de la Justice,
04:59que les condamnations n'étaient plus à la hauteur.
05:02Pas forcément les condamnations prononcées,
05:03mais les peines même encourues.
05:05Il estimait qu'il fallait changer les peines encourues,
05:09notamment pour les violences commises
05:11à l'encontre des forces de l'ordre
05:12ou pour destruction de biens.
05:14Ce ne sont plus des peines qui sont à la hauteur
05:16de la violence que connaît notre pays.
05:17Est-ce qu'un an après, les choses ont changé ?
05:19Alors, les peines sont toujours les mêmes,
05:21puisque la loi n'a pas évolué sur ce point.
05:23Mais il y a quand même un certain nombre de peines encourues
05:26qui m'apparaissent à la hauteur de la gravité des faits
05:29et peut-être des qualifications insuffisamment employées.
05:32Pour être clair, moi j'ai donné pour instruction,
05:34dans la préparation de ces éléments,
05:37aux services de police,
05:39et notamment aux services de police judiciaire,
05:41de retenir une incrimination qui est rarement utilisée,
05:44qui est celle d'acte d'intimidation
05:47à l'égard des forces de l'ordre.
05:48Cette incrimination fait encourir aux intéressés
05:52la peine de 10 ans d'emprisonnement.
05:54Très clairement, quel est son intérêt ?
05:56Eh bien, cet intérêt, c'est que quelqu'un, par exemple,
05:58lorsque les forces de l'ordre veulent interpeller un individu
06:01qu'ils ont, je ne sais pas moi,
06:03identifié comme ayant un port d'arme,
06:05et puis que sur leur trajectoire,
06:08eh bien, un autre individu s'interpose
06:10pour empêcher cette interpellation.
06:12Eh bien, cette infraction peut être...
06:14C'est-à-dire, pas celui qui tient,
06:16imaginons, le mortier d'artifice,
06:17ou je ne sais pas quoi,
06:18ou une barre de fer,
06:20mais celui qui tenterait d'empêcher
06:22ou d'éloigner les forces de l'ordre,
06:24lui, peut être arrêté pour cette infraction-là,
06:26vous dites, acte d'intimidation.
06:28Vous dites que ça peut aller jusqu'à 10 ans de prison.
06:30Je repose un peu la question que posait Géraldine,
06:32c'est-à-dire que ça, c'est la théorie.
06:34Dans les faits, combien iront en prison pour cela ?
06:35Alors, combien iront en prison ?
06:38Moi, je vais être claire avec vous
06:40et vis-à-vis de vos téléspectateurs et auditeurs, évidemment.
06:45Comme vous, comme vous tous,
06:47moi, j'ai vu aussi bien l'année dernière que cette année
06:49des images absolument scandaleuses
06:52qui démontrent que, dans certaines plaques
06:56de l'agglomération parisienne,
06:58il y a eu des phénomènes,
07:00on ne peut pas dire autre chose
07:02que c'était des phénomènes de chaos.
07:04Si, à côté de ça, vos téléspectateurs
07:07ou vous-mêmes et moi-même,
07:09entendons cet après-midi
07:10trois mois d'emprisonnement avec sursis.
07:12Je veux bien admettre toutes les critiques
07:14à l'égard de la justice
07:15en disant que la justice n'est pas au niveau.
07:17Simplement, ces trois mois d'emprisonnement avec sursis,
07:19ça ne correspondra pas au fait que vous avez vu.
07:22Les peines de trois mois d'emprisonnement avec sursis,
07:24elles sont prononcées dans quel contexte ?
07:26Elles sont prononcées dans un contexte d'outrage,
07:28c'est-à-dire d'absence de violence
07:30à l'égard des forces de l'ordre,
07:31mais de propos, je dirais, inadaptés
07:33à l'égard de ceux qui interviennent.
07:35Ou elles interviennent lorsque, par exemple,
07:36on n'a que le port du fumigène
07:40sans que celui-ci soit dirigé vers les forces de l'ordre.
07:43En fait, vous êtes en train de nous préparer,
07:44j'ai presque l'impression que vous êtes en train
07:45de préparer les esprits pour nous dire,
07:47voilà, oui, il y aura des comparations cet après-midi,
07:50mais ce ne sera pas les cas les plus graves.
07:52Donc, n'imaginez pas que les peines prononcées
07:55cet après-midi correspondent à l'ensemble
07:57des images que vous avez vues ce week-end ?
07:58Non, ce que je veux dire, c'est qu'il n'y aura pas seulement
08:00que les cas les plus graves.
08:02Typiquement, l'année dernière,
08:03et ça a sans doute été non suivi
08:06par certains de vos confrères ou consoeurs,
08:10en comparution immédiate, dans les premiers jours,
08:12sont passés des dossiers,
08:13et des dossiers ont été renvoyés,
08:15parce qu'en comparution immédiate,
08:16les avocats ont le droit de demander un délai
08:18pour préparer leur défense.
08:20Et un certain nombre de dossiers ont été renvoyés,
08:22et j'en citerai que l'un d'entre eux,
08:23eh bien, il est passé au mois d'août,
08:26puisque c'était les délais de renvoi,
08:27et les peines d'emprisonnement prononcées,
08:29c'était des refus d'obtempérer avec mise en danger,
08:32ont été de 5 ans d'emprisonnement
08:33avec mandat de dépôt.
08:35Donc, vous voyez, il y a de tout
08:38dans les présentations, bien sûr.
08:40Il faut évidemment suivre sur le champ long,
08:42tout cela, mais est-ce que vous diriez,
08:43vous avez dit, il y a eu du chaos,
08:45vous avez entendu peut-être le ministre de l'Intérieur
08:46qui disait, globalement,
08:47tout était à peu près sous contrôle.
08:48Est-ce que vous diriez, honnêtement,
08:50qu'on peut dire ça aujourd'hui ?
08:53Quand vous faites une comparaison
08:55entre le nombre,
08:56alors, il ne m'apparaît pas,
08:57ce n'est pas à moi qu'il appartient
08:59de juger ce qui s'est passé
09:00en matière d'ordre public.
09:01Moi, ce que j'ai, c'est les gardes à vue.
09:03Et ce que je peux dire,
09:04c'est que face aux échanges
09:05que j'ai avec les fonctionnaires de police,
09:07moi, je crois que nous avons progressé
09:09dans la manière de s'attaquer
09:11à ceux qui méritent d'être en prison.
09:13Je m'explique.
09:14Allez-y, allez-y.
09:15Je m'explique.
09:16Dans les années passées,
09:19lorsque l'on faisait le décompte des gardes à vue,
09:21nous avions beaucoup de gardes à vue
09:22qui étaient prises, par exemple,
09:23pour une incrimination qu'on appelle
09:25le groupement en vue de commettre des violences.
09:26C'est une infraction
09:29qui réprime le fait d'être là
09:31avec l'intention
09:32de soit de dégrader,
09:34soit...
09:35Or, c'était très compliqué à caractériser.
09:37Et même si les gardes à vue se produisaient,
09:39et même si nous allions jusqu'au bout des déferments,
09:41la plupart des intéressés disaient
09:43« Mais moi, je ne voulais pas commettre des violences. »
09:45Et donc, nous avions des peines relatives.
09:47Aujourd'hui, ce qui se passe dans les gardes à vue,
09:50c'est que nous avons un nombre de gardes à vue
09:52tout à fait significatif.
09:53Nous approchons les 50% sur violence
09:56à l'encontre des forces de l'ordre.
09:58Ça veut dire que ceux qui s'attaquent
09:59à nos policiers,
10:02ils sont actuellement en garde à vue.
10:04Et pour les faits les plus graves,
10:05je veux le dire, nous ne lâcherons rien.
10:07C'est-à-dire que les images
10:08auxquelles je faisais allusion,
10:10eh bien, elles vont être exploitées.
10:12Ce sont les instructions que j'ai données
10:14à la sûreté territoriale parisienne.
10:16C'est-à-dire que ceux qui sont rentrés chez eux
10:18en se disant « pas vu, pas pris »,
10:20eh bien, on va continuer à les chercher.
10:22Moi, je peux vous donner un exemple.
10:23J'étais derrière mon poste télé
10:25en même temps que j'étais au bureau hier.
10:27Et j'ai vu notamment un individu,
10:30je ne sais pas si vous l'avez repéré,
10:31qui s'est fait une joie de casser un abribus.
10:34Oui.
10:35On l'a pleine face.
10:36Je peux vous dire que l'enquête est...
10:39Donc lui, il sera à...
10:41Je compte sur l'efficacité des services de police
10:44pour l'identité.
10:44Une petite question là-dessus
10:45sur l'intelligence artificielle des caméras.
10:47Il court sur les Champs-Elysées
10:49avec son fumigène
10:50et face à la caméra,
10:51il fait un grand sourire,
10:52il le balance
10:53et on voit un instant.
10:54C'est un grand.
10:54Lui, il sera recherché,
10:57il sera arrêté.
10:57L'intelligence artificielle,
10:58l'idée de caméra
10:59qui puisse éventuellement...
11:00Caméra à reconnaissance faciale,
11:02est-ce que ça pourrait être
11:03un outil utile pour vous ?
11:04Ça, c'est les forces de l'ordre
11:06qui vous le diront.
11:07Nous, nous avons...
11:07Vous savez que la plaque parisienne
11:08étant cela très privilégiée
11:10par le fait que nous avons
11:11beaucoup de systèmes
11:12de vidéoprotection
11:14ou vidéosurveillance
11:15à la fois publique et privée.
11:16Et ce que je veux dire
11:17à ces gens-là,
11:18c'est,
11:19êtes-vous bien sûr
11:19que vous n'avez été filmé
11:21par aucune caméra publique ?
11:23Êtes-vous certain
11:24que vous n'avez été filmé
11:25par aucune caméra privée ?
11:27Êtes-vous certain
11:28qu'on ne va pas vous voir
11:30rentrer dans une station de métro
11:32et qu'on ne va pas pouvoir
11:33vous suivre par les caméras
11:34qui sont dans les stations de métro ?
11:34Donc ne vous sentez pas
11:35dans une situation d'impunité ?
11:36Oui, juste un mot.
11:37Il y a une forme de décalage
11:38pour ceux qui nous regardent
11:39parce qu'on vous entend,
11:40vous avez un discours
11:41de sévérité
11:41et parallèlement,
11:43on entend un certain nombre
11:44de responsables politiques
11:45qui disent
11:45mais la justice est laxiste,
11:47regardez,
11:48ils seront condamnés
11:49à des peines extrêmement faibles.
11:51On entend même
11:52des syndicats de police,
11:53je suis sûr que vous vous en souvenez,
11:54qui disent
11:54mais le problème de la police,
11:56c'est la justice,
11:57nous on fait notre boulot,
11:58on arrête les gens
11:59et à la fin,
12:00ils ne sont pas suffisamment condamnés.
12:01Qu'est-ce que vous leur répondez
12:03à ceux qui tiennent
12:03ces discours-là ?
12:04Alors, ce que je réponds
12:05à ceux qui tiennent
12:06ces discours-là,
12:07c'est qu'ils me paraissent
12:08tellement en décalage
12:09avec les relations
12:10que j'ai avec les forces
12:11de l'ordre au quotidien,
12:12tellement en décalage.
12:13Si je vous dis
12:14qu'aujourd'hui,
12:14on peut arrêter
12:15ceux qui me paraissent
12:16plus au haut du spectre
12:18que ceux qu'on y arrêtait
12:20naguère,
12:21eh bien c'est parce qu'on a pu
12:22travailler avec les services
12:23de police
12:23pour travailler sur des fiches
12:25de mise à disposition
12:26qui soient juridiquement
12:27plus adaptées.
12:28Moi, quand mes collègues
12:32effectuent des classements
12:33pour infractions
12:34insuffisamment caractérisées,
12:36ils sont dans leur rôle.
12:37Parce qu'imaginez
12:38que l'un quelconque
12:39de ce que vous connaissez
12:40va sur les Champs-Elysées,
12:42fête la victoire du PSG,
12:44se retrouve au milieu
12:45d'un groupe
12:45qui lui est un groupe violent.
12:47La police...
12:48Arrêtée dans le filet.
12:49Arrêtée dans le filet.
12:50Arrêtée dans le filet.
12:50Il est bien sûr
12:51de la responsabilité
12:52d'un magistrate
12:53de vérifier
12:54quelles sont les charges.
12:56Mais nous avons pu.
12:57Donc, je ne vais pas dire
12:59le problème de la justice
13:00si je ne peux pas poursuivre.
13:01C'est la police.
13:02Je comprends
13:03dans quel contexte
13:04elle agit.
13:04Et ces classements,
13:05ça fait partie
13:06de la responsabilité.
13:06Et ces classements,
13:07ils sont compris
13:08par les enquêteurs
13:09eux-mêmes.
13:10quand on en décide.
13:10On va revenir dans un instant
13:11sur le profil
13:12de ceux qui ont été arrêtés
13:13en garde à vue.
13:13On est au cœur quand même
13:14du sujet sur ces classements
13:15puisqu'on voit bien
13:16qu'il y a des centaines
13:17d'interpellations
13:17de garde à vue
13:18qui vont se solder
13:19à la fin
13:20par des condamnations
13:21par dizaines.
13:22Et c'est ça qui choque
13:23souvent les gens.
13:24Par plus que par dizaines.
13:25Par centaines ?
13:25Par plus que par dizaines.
13:27Moi, je pense que
13:28si vous suivez
13:29la réponse pénale,
13:30la réponse pénale
13:31l'année dernière,
13:32elle était à plus de 50%.
13:34Pas nécessairement...
13:35Non, mais réponse pénale.
13:36Dedans, vous mettez
13:37des alternatives aux poursuites,
13:38des rappels à la loi.
13:40Mais quand vous
13:42redéclenchez les choses,
13:44est-ce que c'est...
13:44Non, mais la question,
13:45parce que je n'ai pas
13:45terminé ma question,
13:46on voit bien
13:48lors des audiences
13:49cette question
13:50de l'identification
13:51qui est extrêmement
13:53contraignante
13:54pour les magistrats
13:55et c'est normal.
13:56Mais justement,
13:57la reconnaissance faciale
13:59dont on parle
13:59n'est pas nécessairement utilisée.
14:01Est-ce que ce serait
14:02de nature
14:02à changer
14:04l'issue
14:05de ces procédures ?
14:07Encore une fois,
14:07c'est un outil
14:08qui n'est pas utilisé
14:09puisqu'il n'existe pas.
14:10Il est sollicité
14:12par les forces de l'ordre.
14:13S'il a la sécurité
14:14de l'identification,
14:16pourquoi pas ?
14:17Moi, je ne...
14:18Tout ce qui peut être possible
14:20et favoriser
14:21la manifestation
14:22de la vérité,
14:23évidemment,
14:24il faut pouvoir
14:25s'en emparer.
14:26Moi, ce que je veux dire aussi,
14:27c'est que
14:28sur les faits d'hier,
14:31il y a des faits
14:32extrêmement graves
14:32qui se sont produits.
14:33Ce sont des policiers
14:36qui ont été atteints
14:37par ce qu'on appelle
14:38une bombe agricole.
14:39C'est ce que disait
14:40Linda Kebab à l'instant.
14:41Vous le confirmez donc ce matin,
14:43il y a eu des policiers
14:45touchés
14:46par des bombes agricoles.
14:47Les lésions sont terribles.
14:49La qualification initiale
14:51de départ d'enquête
14:52était celle de violence volontaire
14:54avec arme.
14:56Sur mes instructions,
14:57cette qualification
14:59est désormais
14:59celle de tentative
15:01d'homicide volontaire
15:02à l'encontre
15:02de forces de l'ordre
15:03avec les saisies
15:04de la police judiciaire.
15:07Ça veut dire que là aussi,
15:09ce discours de fermeté
15:10que je vous tiens aujourd'hui
15:12n'est pas un discours factice.
15:13D'ailleurs,
15:14j'invite tous ceux
15:15qui veulent exprimer
15:17des pourcentages,
15:18dire qu'il n'y a pas
15:19de condamnation,
15:20à aller à l'audience.
15:22Ce sont des audiences
15:23pour l'instant.
15:23Et aller à l'audience.
15:24Les audiences sont publiques
15:25et vous verrez
15:26la mobilisation
15:27des parquetiers
15:28et de la justice
15:29pour répondre à ces faits.
15:31Les magistrats
15:32ne sont pas des gens
15:33qui n'habitent pas Paris
15:33et ils veulent bien
15:35avoir un Paris apaisé.
15:36Eux aussi.
15:37Je voudrais préciser,
15:39ça fait plusieurs fois
15:39que je vous reçois,
15:41j'ai le sentiment ce matin,
15:43Laure Bécuot,
15:44que vous avez toujours
15:47été déterminés,
15:48je ne vous fais pas
15:48ce reproche,
15:49mais que ce matin
15:50vous voulez alerter
15:51sur la gravité des faits.
15:52C'était prévisible,
15:55vous saviez,
15:55vous aviez d'ailleurs prévu
15:56un dispositif
15:58de réponse immédiate,
15:59vous aviez anticipé
16:00un certain nombre de salles
16:01qui avaient été réservées
16:02dès aujourd'hui
16:03pour ces comparations immédiates.
16:05Bref,
16:05on ne peut pas vous faire
16:06le procès
16:06de ne pas l'avoir anticipé
16:07et de ne pas avoir
16:08prévu le dispositif.
16:10Est-ce que ce qu'il s'est passé
16:11vous paraît plus grave
16:12que ce que vous aviez imaginé ?
16:14Dans tous ces phénomènes collectifs,
16:16il y a malheureusement
16:17toujours
16:18un ou deux dossiers
16:19qui nous conduisent
16:20à dire que nous avons
16:21eu des faits graves
16:22à l'occasion
16:22de ces événements collectifs.
16:24Ce qui m'interroge
16:25aujourd'hui,
16:27et d'ailleurs
16:27un certain nombre
16:28de dossiers
16:28qui passeront
16:29en comparation immédiate
16:31le démontreront
16:32cet après-midi,
16:33c'est que désormais,
16:35lorsque l'on provoque
16:37un incendie de poubelle,
16:39lorsque l'on s'attaque
16:41à un policier,
16:42sur son propre téléphone portable,
16:44on s'en glorifie.
16:46On s'en glorifie.
16:47Dans les gardes à vue,
16:49vous avez eu accès à cela,
16:51il y a une sorte de...
16:52Il y a eu des accès
16:52à des téléphones portables
16:53qu'on démontre
16:54qu'on se filme
16:56pour finalement
16:56se satisfaire
16:57de l'action
16:58qu'on a perpétrée.
17:00Et donc,
17:00cela m'apparaît
17:01un élément de gravité
17:03et d'absence
17:03de prise de conscience
17:04sur ce qui se passe
17:05dans ces événements collectifs
17:06sur lesquels,
17:07aujourd'hui,
17:08la justice sera intraitable.
17:10Autant je vais être
17:11dans la compréhension
17:12de celui
17:13qui va vouloir
17:15s'amuser
17:15et va être
17:16avec un fumigène
17:17qu'il voudra utiliser
17:19seulement
17:19comme un feu d'artifice
17:21de joie
17:21à l'égard du PSG,
17:22il sera déféré
17:23d'autre même
17:23parce que c'est interdit.
17:25Mais là,
17:26ça peut être
17:26une procédure alternative.
17:28Payer ce qu'on appelle
17:29une contribution citoyenne
17:30à une association
17:31d'aide aux victimes,
17:32faire un stage
17:32de citoyenneté.
17:33Ça,
17:34c'est parce que
17:35c'était interdit
17:36mais la volonté
17:38n'était pas celle
17:39de mettre
17:40une atteinte
17:41à l'ordre public.
17:42Mais lorsque l'on se filme
17:43en se glorifiant
17:44de ce type d'actes,
17:45à mon avis,
17:46si vous me passez l'expression,
17:48il n'y a pas de doute
17:48et j'espère que le tribunal
17:50n'en aura pas,
17:50en tout cas le parquetier
17:52n'en aura pas,
17:53il s'agissait d'être
17:54sur place
17:54pour créer le désordre.
17:56Est-ce que vous diriez
17:57l'orbe écuot,
17:57vous qui êtes
17:58à la tête du parquet de Paris
18:00depuis désormais
18:01suffisamment de temps
18:02pour en avoir vu d'autres,
18:03que c'est une étape franchie ?
18:05On la sentait venir.
18:07On la sentait venir
18:08puisqu'on voyait bien
18:10sur les réseaux sociaux
18:11lorsqu'on arrivait
18:13à retrouver
18:14un certain nombre
18:15de ces images
18:16que ça devenait
18:17ce type de comportement
18:18de glorification.
18:20Après,
18:21il y aura des raisons
18:22de dire...
18:23Est-ce qu'un jour
18:23on se dira
18:24que ça n'est pas une escalade
18:25et un de plus en plus ?
18:27Là, on est à,
18:28cette fois-ci,
18:2845% de plus
18:29d'arrestations,
18:30d'interpellations
18:31que l'année dernière
18:31où on était déjà à...
18:33Est-ce qu'à un moment,
18:34on va être décrescendo ?
18:35Est-ce qu'à un moment,
18:36on aura touché le max ?
18:38Pardon,
18:38vous me posez comme ça.
18:39Je suis...
18:39Je n'ai pas de boule de cristal.
18:41J'aimerais bien l'avoir,
18:42Madame de Manier.
18:42Mais vous avez tout de même
18:43les outils qui permettent aussi ça.
18:45ce que je veux dire,
18:46c'est que moi,
18:47mon...
18:47Est-ce que vous vous dites
18:48que j'ai en main,
18:48est-ce que vous vous dites
18:49que j'ai en main aujourd'hui
18:50les outils suffisants
18:51pour permettre,
18:52en effet,
18:53à un moment de dire,
18:54on entend le président de la République
18:55qui dit,
18:55ras-le-bol,
18:56ça suffit,
18:56c'est fini.
18:56Est-ce que vous avez
18:57les outils en votre possession
18:59pour dire,
19:00oui, ça y est,
19:01ça va être fini ?
19:02Les outils qui doivent être
19:04dans notre possession
19:05sont des outils collectifs.
19:07C'est-à-dire qu'il faut
19:08que j'ai des services enquêteurs
19:09pour me permettre d'aboutir
19:11à des résultats d'investigation.
19:14Ce que je vous dis aujourd'hui,
19:15c'est que ces faits
19:16qui ont été constatés
19:17sur la vidéo,
19:19on ne les laissera plus passer.
19:21Vous comprenez bien
19:21que c'est un changement
19:23de perspective.
19:25Il y a assez longtemps,
19:26lorsque les événements
19:27étaient passés,
19:28étaient pris ce qui avait été pris
19:30et ont passé à autre chose.
19:31Aujourd'hui,
19:32je souhaite qu'on ne passe plus
19:33à autre chose
19:33et qu'on continue à rechercher
19:35les auteurs des faits
19:37que nous avons tous constatés.
19:39Je dirais,
19:40rentrer chez soi
19:40et se dire qu'on est à l'abri
19:41lorsqu'on a commis
19:42ce type de faits.
19:43Je veux en tout cas
19:44créer l'incertitude
19:45chez ceux qui les ont perpétrés
19:47du fait qu'ils seront
19:49attrapés.
19:50Madame la procureure,
19:52parmi tous ces dossiers
19:53qui retiendront aujourd'hui
19:53votre attention,
19:54on parle de possibles déferments.
19:57Combien sont des gens
19:58qui déjà avaient eu
19:59des démêlés avec la justice ?
20:00Est-ce qu'on peut parler
20:01de récidivistes ?
20:02Alors,
20:02j'allais d'ailleurs répondre
20:04aussi en ce sens
20:05à Madame de Malherbe.
20:07Aujourd'hui,
20:08je ne peux pas vous répondre
20:09puisque ce que nous avons
20:11traité aujourd'hui,
20:12enfin hier et aujourd'hui,
20:14c'était la gravité des faits
20:16et ça me permet
20:17de vous dire
20:17que face à cette gravité
20:19des faits d'atteinte
20:20aux forces de l'ordre,
20:20casier judiciaire
20:21ou pas casier judiciaire,
20:23il y a des fermants.
20:23C'est la raison pour laquelle
20:25je ne peux pas vous répondre
20:26aujourd'hui.
20:27Ça aurait pu être un critère.
20:28On atteint les forces de l'ordre,
20:30on n'a pas de casier,
20:31c'est autre chose,
20:32on a un casier,
20:33on déferme.
20:33C'est même pas à ce niveau-là
20:35de réponse que nous sommes.
20:36On atteint les forces de l'ordre,
20:38casier ou pas casier,
20:39il y a des fermants.
20:40Donc, je ne peux pas vous répondre.
20:41Mais l'analyse,
20:42Madame de Malherbe,
20:43pour répondre à votre question,
20:44de savoir si notre justice
20:46sera efficace,
20:46ça sera précisément ça.
20:48Si, à l'audiante,
20:50nous avons de moins en moins
20:51de gens qui récidivent,
20:53ça veut dire que les peines
20:54prononcées auront été adaptées.
20:55En effet dissuasif.
20:57Auront un effet.
20:58Après, l'effet dissuasif
20:59de la peine,
20:59vous savez qu'il est toujours
21:01relatif.
21:02Parce que,
21:03quand on est étudiant de droit,
21:05on cite toujours cet exemple,
21:07les faux monnayeurs au Moyen-Âge
21:08faisaient des faux billets
21:09et lorsqu'ils faisaient
21:10les faux billets,
21:11on leur disait
21:11que si vous êtes de la fausse monnaie,
21:12ils seraient brûlés vifs.
21:14Et pourtant,
21:15ils le reproduisaient
21:15en faisant leur faux billet.
21:17Quand on est délinquant,
21:18malheureusement,
21:19on pense toujours
21:19que les policiers
21:20vont arrêter celui d'à côté.
21:22Pas vous-même.
21:23Mais n'empêche que la peine,
21:25elle a un double sens,
21:26répond à la gravité des faits
21:28et puis elle a aussi
21:28empêché le renouvellement des faits.
21:30Et c'est dans ce sens-là
21:31que je vous tiens
21:33aujourd'hui sur le cours de fermeté.
21:35Merci beaucoup,
21:35Laure Bécu.
21:35Une dernière question.
21:38Jeune,
21:39plutôt masculin,
21:41des hommes,
21:41quels âges ?
21:42Est-ce que vous avez un profil ?
21:44On nous dit qu'il n'y a quasiment pas trop.
21:45Non, voilà.
21:46Pas de femmes,
21:47ça c'est un point acquis.
21:49Enfin, peu de femmes,
21:50quelques-unes,
21:50mais dans une proportion
21:52infinitésimale.
21:53Et sur le plus jeune,
21:54né en 2012.
21:55Pour le plus âgé,
21:56je ne peux pas vous répondre.
21:57Merci beaucoup, Laure Bécu,
21:58d'avoir pris le temps
21:59de répondre à nos questions
22:00et de nous donner
22:00toutes ces informations.
22:01Merci.
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