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  • il y a 16 heures
Le leader de la France insoumise, invité du « 20 Heures » de TF1 ce dimanche 3 avril 2026, a confirmé qu’il se lançait pour la quatrième fois dans la course à la présidentielle. Quelles vont être les conséquences de cette annonce ? On en discute avec RiboDansLaSauce et Anthony Cortes, journaliste politique.

00:00 Mélenchon annonce sa candidature à TF1
14:33 Quelle dynamique pour LFI
30:55 Mélenchon à Brut sur l'extrème droite
38:20 Mélenchon sur la Macronie
51:48 Les réactions (Delaporte)
1:01:10 Comment Mélenchon définit la gauche

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Transcription
00:00:01C'est officiel, c'était pas vraiment une surprise, on s'y attendait depuis déjà quelques années limite.
00:00:06Jean-Luc Mélenchon est officiellement candidat déclaré à la présidentielle de 2027 pour la France Insoumise, évidemment son mouvement plus
00:00:12ou moins.
00:00:13Donc il l'a déclaré au 20h de TF1 hier soir, après qu'il y ait eu une réunion de
00:00:18tous les élus LFI, donc c'était députés et eurodéputés qui s'étaient rassemblés pour désigner collectivement leur candidat.
00:00:24Et sans surprise, c'est Jean-Luc Mélenchon qui est ranquille pour une quatrième présidentielle à 72 ans, non, 74
00:00:30ans je crois qu'il a.
00:00:3074 ans, c'est ça, 74 ans, c'était déjà le doyen en 2022, le doyen de la présidentielle.
00:00:35Bon alors on verra, tous les candidats ne sont pas déclarés, même si il y en a énormément, énormément, en
00:00:40particulier à gauche.
00:00:41Mais oui, c'était attendu, mais voilà, le bureau des parlementaires de la France Insoumise, donc députés européens et députés
00:00:48à l'Assemblée nationale, s'est réuni hier.
00:00:50Et puis voilà, puis la fumée blanche est sortie, c'est finalement Jean-Luc Mélenchon qu'il annonce face à
00:00:56un claircoudré sur le journal de TF1.
00:00:58Et ce matin, Manuel Bompard était aussi sur Inter et il en a fait, il a fait un peu le
00:01:02service après-vente.
00:01:03Bon, peut-être qu'on en parlera un petit peu parce qu'on aime bien parler d'un jardin du
00:01:05Hamel.
00:01:05Bon là, ce matin, c'était pas le du Hamel qu'on aime, c'était le du Hamel.
00:01:08C'était pas Benji le Rouge ?
00:01:09Non, non, non, c'était le du Hamel qui aime les petites phrases, qui parle pas de fond et qui,
00:01:14visuellement, revient comme d'hab sur Epstein Epstein, comme d'hab.
00:01:19Pas très très étonnant.
00:01:22Mais on va peut-être regarder d'abord.
00:01:25On va commencer directement avec, je pense que vous l'avez déjà vu en partie le chat, mais on va
00:01:30commencer par ça, regarder directement l'extrait de Jean-Luc Mélenchon, au 20h de TF1 hier, qui annonce sa candidature.
00:01:37Formulation, on va dire oui.
00:01:38On va dire que oui, oui, oui.
00:01:39Oui, ben, c'est vrai que c'est ça l'argument que ressort Rélefi.
00:01:45Mélenchon a un poids politique.
00:01:46C'est une marque politique quasiment, il est très très très identifié, puisqu'il est candidat depuis 2012 à la
00:01:50présidentielle.
00:01:50Et c'était déjà quelqu'un qui était moins identifié, mais qui était déjà en politique depuis bien longtemps à
00:01:54ce moment-là.
00:01:55Et l'argument que Rélefi, c'est de dire, bon, le bulldozer Mélenchon et le poids politique qu'il a,
00:02:00personne d'autre ne l'a actuellement au sein de la France Insoumise.
00:02:02Donc, bon, pourquoi envoyer quelqu'un d'autre que Mélenchon ? A priori, c'est lui qui pourrait avoir la
00:02:06campagne la plus massive, on va dire.
00:02:08Oui, complètement. En fait, c'est intéressant de voir quel récit il développe, quels arguments aussi.
00:02:15Et aussi, comment les médias essaient de travailler Mélenchon sur le fait qu'il se porte candidat.
00:02:20Là, donc, un claircoudré lui dit, mais vous aviez émis le souhait d'être remplacé.
00:02:26C'est la même chose que Benjamin Duhamel a dit ce matin à Manuel Bompard.
00:02:30Comme si, en fait, il était plus légitime par la force de l'âge.
00:02:33Mais en fait, Jean-Luc Mélenchon, lui, essaie de contrer ça en disant, justement, si, en fait, on est dans
00:02:37une phase si grave
00:02:38que, en fait, pas qu'on ne peut pas mettre n'importe qui aux manettes, mais il y a un
00:02:42côté, il dégaine la carte du vieux sage.
00:02:45Voilà. Et puis, après, on peut aussi se poser la question et peut-être élargir la focale sur pourquoi Mélenchon
00:02:52et pourquoi pas un autre.
00:02:53Alors, je lisais ce matin dans l'IB, il y a tout un très long article, un long développement sur
00:02:59comment Mélenchon s'est imposé,
00:03:00comment il a mené un travail aussi pour rester le seul aux manettes et le seul présidentiel.
00:03:05Mais l'IB explique qu'en fait, Mélenchon avait en tête un successeur de base après 2022 et législative 2024.
00:03:12C'était Adrien Cadenance qui a été rattrapé par des affaires de violences conjugales.
00:03:20Je ne sais plus s'il avait été condamné.
00:03:22Je ne sais plus s'il a été condamné, mais en tout cas, il a avoué qu'ils m'ont
00:03:25été coupable de la France conjugale.
00:03:26Et donc, ça l'a mis complètement hors jeu.
00:03:29Ça a aussi créé des remous au sein de la France insoumise.
00:03:32Et donc, après ce moment-là, en fait, il n'y avait plus vraiment d'héritier.
00:03:37Et puis, Jean-Luc Mélenchon a poursuivi une sorte de campagne permanente.
00:03:42Et on l'a vu pendant les municipales.
00:03:43Pendant les municipales, c'était intéressant parce que Jean-Luc Mélenchon, un petit peu partout, faisait des grands meetings.
00:03:48Moi, j'avais pu assister à un meeting à Saint-Denis, notamment avec Bali Bagayoko.
00:03:54C'était le meeting où il y avait Stéphane Peu aussi ?
00:03:55C'était exactement.
00:03:57Et en fait, Jean-Luc Mélenchon a pris la parole pendant une heure et demie, deux heures.
00:04:02C'est à la fois un grand meeting de campagne présidentielle et une conférence géopolitique.
00:04:06Donc, c'était très intéressant.
00:04:08Mais on voyait déjà le Jean-Luc Mélenchon présidentiable qui déployait ses ailes.
00:04:13Alors après, est-ce qu'il est légitime à porter toute la gauche ou être seulement le candidat de son
00:04:18couloir ?
00:04:19Ça, c'est un autre sujet.
00:04:19Peut-être qu'on en parlera.
00:04:20Mais en tout cas, on savait que Jean-Luc Mélenchon se préparait.
00:04:25Et voilà pourquoi ce n'est pas une surprise.
00:04:26En tout cas, dans le cadre LFI, pour le coup, ce n'est absolument pas une surprise.
00:04:28Et pour moi, il n'y a rien de problématique au sens où le narratif qui essaye d'imposer une
00:04:32partie de la gauche et l'intégralité de la droite,
00:04:35ça serait de dire, regardez, le gourou Mélenchon, c'est lui qui choisit tout.
00:04:38Il disait qu'il avait un successeur, mais au final, non.
00:04:40Il ne se la joue perso.
00:04:41Mais aussi, on peut se poser la question de, en interne, est-ce qu'il y en avait qui étaient
00:04:43chauds pour y aller à la présidentielle ?
00:04:45Ou est-ce qu'en interne, les gens se disaient, bon, je pense que Mélenchon est effectivement mieux préparé que
00:04:49moi ?
00:04:49Il y a pas mal de gens qui disent, oui, Bonpart, il aurait pu y aller.
00:04:52Il est plus jeune, là, en ce moment.
00:04:54Il a pas mal de buzz.
00:04:55En vrai, on le voit beaucoup sur les plateaux télé.
00:04:57Il est bon, etc.
00:04:59Mais, je sais pas, peut-être que Bonpart n'avait pas envie d'y aller cette année ou ce genre
00:05:02de choses.
00:05:03Pareil, il y en a qui disent, oui, mais ça aurait été mieux si ça avait été une femme.
00:05:04Pourquoi pas Clémence Guettet ? Clémence Guettet, elle est super.
00:05:06Mais est-ce que Clémence Guettet a envie de se présenter à la présidentielle ?
00:05:09On peut se poser cette question-là dans ces termes-là et en interne à LFI.
00:05:12En réalité, c'est une surprise pour personne, effectivement, que Jean-Luc Mélenchon soit encore une fois candidat.
00:05:17Peut-être que dans un scénario différent, il n'aurait pas été candidat cette année et il aurait pu laisser
00:05:20sa place.
00:05:21Mais là, il se trouve que ça s'est goupillé comme ça.
00:05:22Là, du point de vue interne à LFI, on ne parle pas de la gauche dans son intégralité, de «
00:05:26est-ce qu'il aurait fallu une autre procédure de je ne sais quoi ».
00:05:28Pour ce qui est de LFI, franchement, il n'y a rien d'étonnant et surtout, il n'y a
00:05:31rien de scandaleux à ça.
00:05:32Et pourtant, sur les plateaux télé depuis hier, là, ça s'est dit « regardez, il est vieux, regardez, il
00:05:37n'a pas laissé sa place, tatati, tatata ».
00:05:39Peut-être qu'on pourrait se poser sincèrement la question de « en interne à LFI », ce qui a
00:05:43amené ce choix de représenter Jean-Luc Mélenchon.
00:05:45Mais franchement, pour ceux qui connaissent un peu la France insoumise, il n'y a vraiment rien d'étonnant ou
00:05:48de scandaleux.
00:05:49– Oui, complètement. Tu parlais de quelques noms, tu parlais de Manuel Bompard, Clémence Guettet, on pourrait ajouter Mathilde Panot
00:05:54aussi.
00:05:55Alors, je ne doute pas qu'ils aient dans un coin de leur tête qu'un jour, ils seront peut
00:05:59-être candidats de la France insoumise ou de la gauche à l'élection présidentielle.
00:06:03Mais je pense qu'il y a aussi une forme de respect pour le père fondateur de la France insoumise.
00:06:08Parce que Jean-Luc Mélenchon, la France insoumise, il a construit pierre par pierre.
00:06:12Enfin, vraiment, il faut se souvenir. Alors, il s'engage, d'abord il était au Parti Socialiste, donc il s
00:06:19'engage dans le camp du nom du traité constitutionnel européen en 2005.
00:06:24Là, il suit une sorte de traversée du désert, mais bon, un petit peu quand même.
00:06:30Il part et crée le parti de gauche, le front de gauche, donc avec les communistes ensuite.
00:06:38Et puis, il suit la création de la France insoumise, où il part pratiquement de zéro.
00:06:45Il crée une sorte d'équipe, il forme aussi des parlementaires, alors pas seulement à la force de ses bras,
00:06:50mais il participe aussi à créer une famille politique au sein de la gauche.
00:06:57Il mène aussi tout un travail aussi en termes de création d'idées avec l'Institut de la Boétie.
00:07:03Qui a été fondé en 2022, c'est ça, exactement, et qui est coprésidé par Clémence Guettet et avec Jean
00:07:09-Luc Mélenchon, je crois, si je ne me trompe pas.
00:07:11C'est les deux.
00:07:12Bref, Jean-Luc Mélenchon, alors qu'on soit d'accord ou pas, et puis bon, qu'on ne se trompe
00:07:16pas sur mes propos,
00:07:18je ne suis pas en train de dire que Mélenchon est Dieu sur terre.
00:07:19Mais je dis, il y a une forme de reconnaissance aussi du travail qui a pu être fait par Jean
00:07:26-Luc Mélenchon pour sa famille politique,
00:07:28que ce soit en termes politiques, mais aussi en termes d'idées, parce qu'on ne va pas réciter l
00:07:34'avenir en commun, etc.
00:07:35Mais il laisse quand même un vrai travail idéologique.
00:07:40Et puis, il a remis la gauche radicale aux avant-postes.
00:07:45Il en a fait à nouveau une force qui peut espérer se qualifier au second tour, voire l'emporter.
00:07:52Est-ce que c'est encore le cas aujourd'hui ? C'est un autre débat, mais on en parlera.
00:07:55C'est vraiment le débat au sens où, de toute manière, on ne conditionne pas une candidature à la certitude
00:08:01à 100% que c'est nous qui allons gagner à la fin.
00:08:04Ça n'a jamais été le cas. Et encore plus, quand on parle de la gauche radicale, gauche radicale, gauche
00:08:09du rupture, extrême gauche,
00:08:10il y a toujours ce débat un peu sémantique sur qu'est-ce que la France insoumise.
00:08:12Mais bon, la force est de constater dans tous les cas, actuellement, à gauche, il y a quand même deux
00:08:16pôles dans la gauche.
00:08:17Un pôle plus social-libéral, centriste, représenté par le PS, et un pôle plus gauche-radical.
00:08:21Alors après, beaucoup de gens à gauche disent, ce n'est pas la gauche radicale, le programme de l'EFI
00:08:25n'est pas plus radical que le programme de Mitterrand en 80.
00:08:27Ce qui est vrai en soi, mais dans la période actuelle, avec une droite qui est toute puissante et une
00:08:31extrême droite qui est vraiment aux portes du pouvoir,
00:08:33est-ce qu'on peut qualifier de gauche radicale le parti de Jean-Luc Mélenchon ?
00:08:36Peut-être, éventuellement, moi ça ne me dérange pas de le dire, ce n'est pas un gros mot, gauche
00:08:39radicale en réalité.
00:08:40Vaut mieux un peu de radicalité de nos jours, je pense que ce n'est pas une mauvaise chose, vous
00:08:43serez d'accord avec moi le chat.
00:08:46Donc, pourquoi je disais ça ? Je ne me souviens plus où j'allais avec ce que je suis en
00:08:54train de dire.
00:08:55En tout cas, je suis fatigué, pardon.
00:09:09Alors que, bon, même quand on parle avec des parlementaires, des représentants insoumis, ils ne se voient pas forcément comme
00:09:17un parti, par exemple, anticapitaliste.
00:09:18C'est un parti qui combat le capitalisme.
00:09:21Oui, de fait, ce n'est pas un parti réellement anticapitaliste.
00:09:34Non, je n'étais pas au Technival du 1er mai, je n'y étais pas. Je suis à la manif
00:09:36du 1er mai, cela dit.
00:09:37Bon, bref, peu importe. Non, ce que je voulais dire, c'est que oui, surtout quand on se positionne à
00:09:40la gauche radicale,
00:09:41normalement, quand on fait une candidature plutôt de gauche radicale, le but, ce n'est pas de se dire,
00:09:44oh là là, on va envoyer ce candidat de gauche radicale, si on n'est pas sûr à 100%
00:09:48qu'il va gagner les élections, on ne l'envoie pas.
00:09:50Ça n'a aucun sens, ça n'a jamais fonctionné comme ça.
00:09:52Les élections présidentielles, normalement, on représente une ligne, on représente un camp politique, et c'est ça qui compte.
00:09:57Donc, c'est une espèce, pas de chantage, mais de narratif qui consiste à dire, oui, Mélenchon va faire perdre
00:10:02la gauche,
00:10:03ou même LFI va faire perdre la gauche, parce qu'ils y vont en solo.
00:10:06Bon, en réalité, à partir du moment où c'est une candidature de gauche, plutôt gauche radicale, dans tous les
00:10:13cas,
00:10:13on a le droit d'y aller, je ne sais pas. J'ai du mal à comprendre cet argument.
00:10:16Puis c'est un corto, en fait. Donc là, chacun se jauge, chacun s'observe, on annonce sa candidature,
00:10:22on voit comment ça prend dans les sondages ou pas.
00:10:24Ce phénomène-là, on le retrouve même chez les sociodémocrates.
00:10:26Par exemple, ce n'est pas pour comparer Jean-Luc Mélenchon et François Hollande.
00:10:30Ah si, on voit, on pourrait comparer, parce que les deux représentent de manière extrêmement identifiée,
00:10:34les deux incarnent deux lignes qui s'affrontent au sein de la gauche.
00:10:37Oui, c'est ça. Et donc, en fait, l'un et l'autre, Jean-Luc Mélenchon annonce clairement sa candidature,
00:10:42mais François Hollande a lui annoncé qu'il se préparait, et on voit dans les off qu'il peut lâcher
00:10:48auprès de certains médias.
00:10:50En gros, il dit, je fais courir la rumeur de ma candidature,
00:10:55comme ça, je vois dans les sondages comment ça prend, on ne s'apprend pas,
00:10:57et d'ici la fin de l'année, je déciderai.
00:11:00C'est un peu la même chose, un petit peu partout, avec des annonces de candidature un peu plus fixes
00:11:05que d'autres, parfois.
00:11:06Enfin, voilà, Jean-Luc Mélenchon en est une, celle de Fabien Roussel aussi peut en être une autre,
00:11:12alors même s'il a un congrès qui décidera aussi de tout ça.
00:11:15Mais je veux dire, là, on est dans un moment où c'est très mouvant, c'est très flottant,
00:11:20où chacun lance des ballons d'essai, on verra ce que ça donnera, et puis après on verra comment une
00:11:24candidature ira à gauche.
00:11:25Et puis, il y a aussi une forme de rapport de force, il faut assumer ce côté-là,
00:11:29tout ne peut pas être forcément décidé de manière collégiale à l'échelle de l'intégralité de la gauche.
00:11:34On en a parlé plein de fois, est-ce que cette primaire va marcher ou pas ?
00:11:37Franchement, c'est un sujet dont on a abordé plein de fois,
00:11:39et il se trouve que cette primaire est en train d'aller droit dans le mur,
00:11:41et peut-être qu'elle s'organisera, enfin probablement qu'elle ne s'organisera même pas.
00:11:44Il y a peut-être aussi une raison à ça, c'est que, normalement, il y a des rapports de
00:11:47force politiques
00:11:47qui se jouent au sein de la gauche française, comme je disais, avec d'un côté l'EPS, de l
00:11:50'autre côté LFI.
00:11:52Ce rapport de force-là, il ne va pas être effacé comme par magie,
00:11:54parce qu'on a décidé de faire une grande primaire qui n'aurait pas de sens,
00:11:56parce qu'il ne se baserait pas sur un programme.
00:12:00Donc à partir de là, autant assumer qu'il y a une forme de rapport de force,
00:12:02et si Hollande décide de se présenter pour l'EPS,
00:12:05ça sera aussi en se basant sur un rapport de force dans lequel il est gagnant.
00:12:09Et en basant sa légitimité sur le fait que ça a été un ancien président de la République,
00:12:12que ça a déjà été un candidat PS victorieux à la présidentielle,
00:12:15et que se basant sur cet état de fait, il est légitime à représenter son camp politique,
00:12:20et collectivement, au sein du PS, il pourrait s'accorder à dire
00:12:22« Le candidat qui a le plus de poids, qui est le plus identifié, c'est Hollande,
00:12:26soyons pragmatiques, on va envoyer Hollande. »
00:12:28Si jamais le PS décide de faire ça, et c'est quand même une possibilité absolument pas négligeable,
00:12:32ça serait exactement le même raisonnement que LFI et Jean-Luc Mélenchon,
00:12:35qui se disent « Jean-Luc Mélenchon, il est légitime parce qu'il a fait 22% de la dernière
00:12:39élection présidentielle,
00:12:39il a su fédérer autour de lui, il a su mettre la gauche,
00:12:44et la gauche radicale a un score jamais vu en France depuis très très longtemps,
00:12:47et donc en se basant sur cette légitimité et sur ce rapport de force qu'il a un peu gagné
00:12:51par le passé,
00:12:51en s'imposant au sein de la gauche française en 2022, mais en fait aussi en 2017,
00:12:55en 2017 où il a fait quasiment trois fois, donc il a fait pile trois fois le score de Benoît
00:13:00Hamon,
00:13:00bon ben peut-être que c'est une légitimité suffisante,
00:13:03et une place suffisamment puissante dans ce rapport de force-là,
00:13:07pour qu'il y aille en se disant « bon ben j'ai toutes les règles mondiales et quoi ».
00:13:10– Oui complètement, mais en fait je suis complètement d'accord avec ce que tu as dit,
00:13:14et en même temps parfois on peut aussi relativiser le poids de la France Insoumise,
00:13:18pas dans le sens relativiser, dans le sens l'emoindrir,
00:13:21mais sur la question du socle, c'est vrai que je trouve ça intéressant ce débat-là,
00:13:24parce que c'est vrai que la France Insoumise a réussi à fixer un socle plutôt puissant à gauche,
00:13:31là on voit dans les sondages, alors est-ce qu'il faut se baser sur les sondages ?
00:13:34Je ne sais pas, c'est un débat qu'on a déjà eu plein de fois,
00:13:35mais en tout cas si on regarde des sondages et qu'on les compare,
00:13:37– Certaines informations sont apportées, pas toutes, c'est une grosse pancette.
00:13:40– On voit que Jean-Luc Mélenchon part à un taux plus élevé que d'habitude,
00:13:44donc on pourrait se dire peut-être qu'il y a un potentiel plus important,
00:13:47mais ce socle-là il est aussi à interroger,
00:13:49parce qu'on voit souvent que Jean-Luc Mélenchon arrive à attirer vers lui
00:13:54une sorte de soutien et de vote utile,
00:13:56parce qu'il arrive à se positionner comme en tête de la gauche radicale,
00:14:00et pas seulement, on l'a vu à certaines présidentielles,
00:14:04mais souvent juste après dans les élections qui suivent,
00:14:07notamment européennes, que ce soit en 2019 ou les dernières,
00:14:10c'était 2024, voilà exactement,
00:14:12on a vu que là le socle s'est un tout petit peu effrité,
00:14:16il y a une sorte de volatilité,
00:14:17mais qui n'est pas forcément imputable totalement à la France Insoumise,
00:14:20mais à la gauche en général en fait.
00:14:21On voit qu'on a des électeurs de gauche, sociaux, écolos,
00:14:27avec des relents radicaux,
00:14:29qui cherchent un peu une famille,
00:14:31et qui attendent parfois de voir qui se positionne le mieux,
00:14:35mais après il faudra voir si en 2027 ce sera différent,
00:14:39est-ce que Jean-Luc Mélenchon arrivera à attirer à lui
00:14:42davantage de monde par adhésion que par vote utile,
00:14:45mais en tout cas jusqu'à présent c'était quand même
00:14:46une des caractéristiques de la France Insoumise.
00:14:48Oui, c'est les dynamiques de campagne,
00:14:51on peut aussi voir ça comme ça,
00:14:51à chaque fois,
00:14:53c'était le cas en 2012 déjà,
00:14:54c'était un peu différent en 2012,
00:14:57en 2012 c'est plus,
00:14:57il a établi déjà le fait qu'il a fait 12%,
00:15:00entre 10 et 12%,
00:15:01quelque chose comme ça en 2012,
00:15:02à sa première candidature.
00:15:03Donc déjà il a fait plus de 10% à sa toute première candidature,
00:15:06donc c'était une manière de dire,
00:15:08bon ben voilà,
00:15:09je suis un candidat solide,
00:15:11je représente quelque chose en France,
00:15:12et je ne suis pas une candidature de témoignage
00:15:14qui a fait 1,5% ou ce genre de choses,
00:15:16mais ce n'était pas non plus,
00:15:17il n'y a pas eu une dynamique si spectaculaire que ça,
00:15:19enfin il y a eu une belle dynamique,
00:15:19mais c'était vraiment pour établir un truc de base.
00:15:21Mais en 2017 il y a eu une très très belle dynamique,
00:15:23au sens où quand on regardait les sondages,
00:15:24alors effectivement il ne faut pas croire les sondages,
00:15:26enfin les sondages un an et demi avant la présidentielle,
00:15:28à prendre avec d'énormes pincettes,
00:15:30mais en comparant les sondages d'un même institut,
00:15:32deux semaines en semaine,
00:15:33tout au long d'une présidentielle,
00:15:34on peut quand même observer des dynamiques,
00:15:36et la très belle dynamique de Jean-Luc Mélenchon en 2017,
00:15:38la très belle dynamique de Jean-Luc Mélenchon en 2022,
00:15:40ont été observées avec les sondages.
00:15:41Alors même si le tout dernier sondage qu'il donnait au plus haut en 2022,
00:15:45le donnait en dessous de son score réel,
00:15:47je veux dire cette dynamique de la candidature Mélenchon
00:15:49passe de 8% à 10%,
00:15:51puis à 12%,
00:15:52puis à 15%,
00:15:53puis à 17%,
00:15:54ça on l'a vu quand même dans les sondages.
00:15:55Et donc cette belle dynamique,
00:15:56c'est vrai que c'est la question qui se pose,
00:15:57est-ce qu'il pourrait être capable de la refaire l'année prochaine,
00:16:01ou est-ce que parce que la situation est très différente,
00:16:03qu'il y a une peur peut-être d'avoir un bardé là Mélenchon,
00:16:05avec la France qui tombe aux extrêmes,
00:16:06je ne sais pas,
00:16:07est-ce qu'une partie de ceux qui ont voté par pragmatisme,
00:16:09et pas forcément parce que c'est des insoumis,
00:16:11pour Jean-Luc Mélenchon en 2022,
00:16:12vont re-voter pour lui en 2027,
00:16:14ou est-ce qu'en contraire ils vont se dire
00:16:15« Ouh là là, l'heure est grave,
00:16:16je vais voter au centre pour être sûr de ne pas se taper Bardella président ».
00:16:19Ça c'est une vraie question qui se pose,
00:16:21et c'est dur d'identifier quel pourcentage d'électeurs en 2022
00:16:24a voté utile ou a voté pragmatique,
00:16:26on va dire,
00:16:27pour Jean-Luc Mélenchon,
00:16:28et ne voterait pas pour lui l'année prochaine.
00:16:30C'est un petit peu compliqué à dire,
00:16:31mais en tout cas le socle,
00:16:33je pense qu'on peut d'ores et déjà dire quelque chose,
00:16:34c'est que le socle électoral insoumis,
00:16:37il a plutôt grossi depuis 2022,
00:16:40je dirais.
00:16:40Qu'est-ce que tu en penses ?
00:16:41Oui, oui, je suis plutôt d'accord.
00:16:44Alors après,
00:16:45je pense qu'il a grossi dans le sens où
00:16:47il y a plus de,
00:16:49comment dire,
00:16:50il y a peut-être moins de personnes,
00:16:52enfin,
00:16:53je vais reprendre,
00:16:54mais en fait,
00:16:54on parle souvent du fait que Jean-Luc Mélenchon clive,
00:16:57donc il y a peut-être plus de personnes à gauche qui disent
00:16:59« Moi Mélenchon, je voterai pas pour lui »,
00:17:01mais par contre,
00:17:02il y a aussi plus de personnes
00:17:03qui a serré les reins autour de Mélenchon,
00:17:06voilà,
00:17:07parce qu'ils représentent une forme de défi
00:17:09lancé au système,
00:17:11entre guillemets,
00:17:11système politique et système médiatique,
00:17:15par sa stratégie populiste,
00:17:17mais populiste dans le bon sens du terme,
00:17:19on ne peut pas pour dire
00:17:20« Regardez, droite et gauche radicale,
00:17:23c'est la même chose à l'extraire ».
00:17:23Oui, populiste au sens de la ligne populiste de Mélenchon de 2017,
00:17:25etc.
00:17:26C'est quelque chose qui a été assumé par le passé,
00:17:28ce terme-là.
00:17:28Oui, c'est ça.
00:17:30Et là, cette fois,
00:17:30c'est moi qui ai perdu le fil,
00:17:32mais décidément,
00:17:34il faut vraiment qu'on voit en vacances.
00:17:36Moi, je dis ça,
00:17:37je reviens de vacances,
00:17:37donc moi,
00:17:38je n'avais pas d'excuses pour le coup,
00:17:38mais il faut que j'apaise mon âme.
00:17:42Mais qu'est-ce que je voulais dire ?
00:17:43Tu parlais du socle,
00:17:44la ligne populiste a fait que le socle a quand même grossi.
00:17:46Oui, oui,
00:17:47je pense qu'il y a plus de fidèles autour de Jean-Luc Mélenchon
00:17:49et de la France Insoumise,
00:17:51et en même temps,
00:17:52quand on regarde aussi les dernières élections en date,
00:17:53les élections municipales,
00:17:55si on regarde,
00:17:55alors après,
00:17:56la France Insoumise n'avait pas des candidats partout,
00:17:58dans toutes les communes,
00:17:58mais on voit que si on rassemble l'ensemble des voix
00:18:02et qu'on regarde ce que pèse chaque parti,
00:18:04la France Insoumise pèse 12%.
00:18:06Mais après,
00:18:07on peut l'analyser de deux façons.
00:18:09C'est le sens,
00:18:09on se dit,
00:18:10c'est déjà énorme,
00:18:11parce qu'en fait,
00:18:11que la France Insoumise,
00:18:12la gauche radicale,
00:18:13entre guillemets,
00:18:14ou en tout cas,
00:18:15un représentant de la France Insoumise pèse à lui tout seul 12%,
00:18:17c'est énorme.
00:18:18Et en même temps,
00:18:18on peut se dire,
00:18:19c'est bien moins que ce qu'il peut représenter aux élections nationales.
00:18:23Donc,
00:18:23c'est très difficile d'analyser,
00:18:24surtout que c'est ce que tu disais,
00:18:25on est dans une action très incertaine,
00:18:27très incertaine sur tous les plans.
00:18:30Quel sera le candidat de l'extrême droite en France ?
00:18:33Qu'est-ce qu'il pèsera ?
00:18:34Est-ce qu'on aura un bloc central divisé ?
00:18:35Est-ce qu'on aura une gauche divisée ?
00:18:36C'est ça, moi, la question,
00:18:37c'est le bloc central divisé.
00:18:38Voilà, c'est ça.
00:18:39Et donc,
00:18:39en fait,
00:18:41que pourra peser la gauche,
00:18:43que ce soit qu'elle soit représentée par Jean-Luc Mélenchon,
00:18:45par trois candidats,
00:18:46par quatre candidats,
00:18:47par douze candidats ?
00:18:48Je ne sais pas,
00:18:49mais,
00:18:49ah oui,
00:18:50et je sais ce que je voulais dire.
00:18:51Au-delà du socle,
00:18:52je trouve ce débat très intéressant,
00:18:54mais moi,
00:18:55ce que je me dis aussi,
00:18:56c'est que Jean-Luc Mélenchon bénéficie d'un allié de poids,
00:18:59et j'ai encore entendu ce matin,
00:19:01c'est les médias,
00:19:01parce que les médias,
00:19:02en le diabolisant absolument,
00:19:04et ce matin,
00:19:05en entendant Benjamin Duhamel
00:19:07refaire une interview
00:19:08où il oublie absolument le fond,
00:19:10il repart complètement sur les polémiques,
00:19:12moi,
00:19:12je me dis,
00:19:13et d'ailleurs,
00:19:13j'ai reçu plein de messages de potes
00:19:15qui sont plutôt sosdem,
00:19:17écolo,
00:19:17qui disent plus jamais Mélenchon,
00:19:19et qui m'ont envoyé des messages
00:19:19en me disant,
00:19:20les médias sont vraiment insupportables,
00:19:21et donc,
00:19:22je suis sûr
00:19:23que même cette frange-là
00:19:24peut potentiellement,
00:19:25je ne dis pas qu'elle le fera,
00:19:26mais peut potentiellement
00:19:27serrer les rangs
00:19:27pour rejoindre
00:19:29une ligne
00:19:31gauche radicale,
00:19:31et pourquoi pas Jean-Luc Mélenchon,
00:19:32parce que je ne pense pas
00:19:33que Jean-Luc Mélenchon
00:19:34soit l'épouvantail
00:19:35qu'on décrit,
00:19:35enfin,
00:19:36j'entendais hier,
00:19:38je crois,
00:19:38sur France Info,
00:19:39c'était,
00:19:41je ne sais plus,
00:19:41un constitutionnaliste,
00:19:42j'ai oublié qui,
00:19:44Morel, je crois,
00:19:45et qui disait,
00:19:46constitutionnaliste qu'on entend
00:19:47dans les médias,
00:19:47il n'y a pas beaucoup d'autres,
00:19:48oui,
00:19:48je crois que c'était lui,
00:19:49et qui disait que l'opinion
00:19:50avait une mémoire de six mois,
00:19:51et je pense que c'est vrai,
00:19:53je pense que c'est vrai.
00:19:53il suffit de regarder en 2022,
00:19:55en 2022,
00:19:56la situation était peut-être
00:19:57encore plus,
00:19:58enfin,
00:19:58pour LFI,
00:19:59la situation avant 2022
00:20:00était peut-être encore plus
00:20:01inquiétante,
00:20:01alors il y avait moins d'enjeux,
00:20:03entre guillemets,
00:20:03parce que c'était
00:20:04la réélection de Macron,
00:20:05on va dire,
00:20:06enfin,
00:20:06c'était pas sûr et certain
00:20:06que Macron allait être élu,
00:20:07mais bon,
00:20:08c'était quand même
00:20:09une élection
00:20:09où Macron,
00:20:10normalement,
00:20:11allait être au second tour,
00:20:11et ça n'allait pas être évident
00:20:12forcément d'aller lui arracher
00:20:14une victoire au second tour
00:20:14face à Macron,
00:20:15quoi.
00:20:15L'enjeu pour la France insoumise
00:20:17et pour Jean-Luc Mélenchon,
00:20:18c'était d'arriver devant Le Pen
00:20:19pour aller au second tour
00:20:20face à Macron,
00:20:22et probablement qu'ils auraient
00:20:23peut-être pas gagné derrière,
00:20:24il y a de bonnes chances
00:20:25pour que Macron,
00:20:25quand même,
00:20:25aurait été réélu,
00:20:26avec une forme de vote centriste,
00:20:28avec les voix de l'extrême droite
00:20:29qui se disent,
00:20:30ah ben nous,
00:20:30on déteste Mélenchon,
00:20:31donc on va voter pour Macron.
00:20:32Voilà,
00:20:32de la même manière que Macron
00:20:33s'est fait réélire
00:20:34de manière assez large
00:20:35contre Marine Le Pen,
00:20:36probablement qu'il aurait pu
00:20:37aussi se faire réélire
00:20:38de manière relativement large
00:20:39face à Mélenchon.
00:20:40Après,
00:20:40on ne sait pas,
00:20:40on ne sait pas ce qui se serait passé.
00:20:42Mais bref,
00:20:42tout ça pour dire que l'enjeu,
00:20:43en cas de défaite,
00:20:45en cas de la campagne de Mélenchon,
00:20:46ne prend pas,
00:20:47dans le pire des cas,
00:20:48Macron était réélu
00:20:48et c'est comme ça
00:20:49que ça s'est terminé,
00:20:50c'était relativement attendu.
00:20:52Là,
00:20:52il y a un enjeu qui est gigantesque
00:20:53et qui est inédit en France,
00:20:54c'est la possibilité
00:20:55de plus en plus concrète
00:20:56d'avoir effectivement
00:20:56l'ERN qui accède à l'Elysée
00:20:58avec Bardella
00:20:58ou peut-être Le Pen
00:20:59si elle est éligible,
00:21:00mais quand même,
00:21:00ça sent très très mauvais pour elle,
00:21:02là d'accéder à l'Elysée.
00:21:03Donc certes,
00:21:04les enjeux sont très différents
00:21:04et c'est pour ça que moi,
00:21:05je pense que les dynamiques électorales
00:21:06vont être certainement
00:21:07assez différentes
00:21:08et peut-être cette espèce
00:21:10de grand élan final
00:21:11où plein de gens se disent
00:21:12un petit peu au dernier moment
00:21:13« Allez,
00:21:13on va voter Mélenchon ».
00:21:14Ça ne sera peut-être pas le cas
00:21:15l'année prochaine,
00:21:15mais en tout cas,
00:21:16ce que je voulais dire,
00:21:16c'est que quand on regarde
00:21:17la situation un an avant l'élection
00:21:18par rapport à Mélenchon,
00:21:20il était bien plus bas
00:21:20dans les sondages,
00:21:21tout le monde le donnait pardon,
00:21:22tout le monde disait
00:21:23qu'il était terminé,
00:21:23etc.
00:21:24Il y a eu quand même
00:21:25pas mal de scandales avant,
00:21:26notamment le scandale de polémique,
00:21:27notamment la fameuse polémique
00:21:28de « La République,
00:21:29c'est moi,
00:21:29moi, personne n'est sacré,
00:21:30etc. »
00:21:30Ça, on en a parlé
00:21:31pendant des mois et des mois
00:21:32et des années
00:21:33et plein de gens se sont dit
00:21:34« Il est grillé Mélenchon,
00:21:36il ne refera pas son exploit
00:21:37de 2017 en 2022
00:21:38parce que là,
00:21:39le coup de « La République,
00:21:39c'est moi »,
00:21:40ça l'a grillé
00:21:40et maintenant,
00:21:41la moitié des gens
00:21:48a commencé à parler
00:21:49un petit peu de fond
00:21:50et que justement,
00:21:50LFI a pu dérouler
00:21:51son programme,
00:21:53sa communication
00:21:53et faire une très bonne campagne
00:21:55parce qu'on est habitué
00:21:56maintenant à ce que Mélenchon
00:21:57arrive à faire
00:21:57des très bonnes campagnes
00:21:58et créer des dynamiques
00:21:59autour de lui.
00:22:00Cette histoire de « La République,
00:22:00c'est moi »,
00:22:01c'était un petit peu oublié.
00:22:02Donc oui, effectivement,
00:22:03là, je pense que toutes les polémiques
00:22:04et surtout qu'il y en a eu tellement
00:22:04où normalement,
00:22:05on ne sait même plus
00:22:05quelle polémique,
00:22:06oui, mais laquelle,
00:22:07on ne sait même plus.
00:22:08C'est ça.
00:22:09Et puis en 2022,
00:22:09il y avait aussi la polémique,
00:22:10je crois que c'était
00:22:11juste avant le premier tour,
00:22:12c'était deux semaines
00:22:12avant le premier tour
00:22:13autour du Venezuela
00:22:14qui avait été...
00:22:14Je me demande
00:22:16si c'était même pas Libé
00:22:17à l'époque
00:22:17qui avait lancé un petit peu tout ça.
00:22:19Je ne me souviens plus exactement,
00:22:21mais voilà,
00:22:23il y a une espèce d'acharnement.
00:22:25Alors parfois,
00:22:26on peut se dire
00:22:27oui, mais est-ce que
00:22:27Jean-Luc Mélenchon
00:22:28ne cherche pas, etc.
00:22:29Notamment quand il joue
00:22:30avec certaines prononciations.
00:22:32Parfois, même à la France insoumise,
00:22:34enfin, je veux dire,
00:22:35ce qu'on me disait aussi,
00:22:36il y avait un côté genre
00:22:37bon, il faudrait qu'il arrête
00:22:38parce que là,
00:22:38il tend le bâton
00:22:38pour se faire battre.
00:22:39Mais en général,
00:22:40Jean-Luc Mélenchon
00:22:41se révèle surtout
00:22:41comme un phénix, en fait.
00:22:42Il est tout le temps
00:22:43en train de renaître
00:22:43en permanence,
00:22:44en permanence, en permanence.
00:22:46Mais aussi parce que
00:22:47à la fois,
00:22:47il s'est attiré à lui
00:22:50la lumière médiatique,
00:22:52il s'est porté de nouveaux sujets,
00:22:54il s'est créé l'actualité.
00:22:56Et là,
00:22:56je trouve intéressant
00:22:57par rapport à l'interview
00:22:58dans TF1,
00:22:59sur TF1
00:23:00et celle de Brut,
00:23:01c'est qu'il vise directement
00:23:03deux personnes
00:23:04ou deux camps,
00:23:05l'extrême droite
00:23:06et la Macronie.
00:23:06Mais d'abord,
00:23:07peut-être qu'on peut s'intéresser
00:23:07à l'extrême droite
00:23:09parce que,
00:23:10je ne sais plus,
00:23:11c'était un extrait
00:23:11qu'on avait.
00:23:12C'est sur route ?
00:23:13Je crois que c'était
00:23:14le premier peut-être,
00:23:15c'était sur TF1 alors peut-être.
00:23:17Vous l'enlevez ?
00:23:18Non, mais ce n'est pas bien grave.
00:23:21Mais en gros,
00:23:23Mélenchon explique
00:23:24que son premier adversaire,
00:23:25c'est l'extrême droite,
00:23:26c'est Jordan Bardella.
00:23:28Si c'est Jordan Bardella.
00:23:29Et c'est intéressant
00:23:31parce qu'il dit
00:23:32que c'est son premier adversaire.
00:23:33Je pense qu'il le montre
00:23:35plutôt comme un adversaire idéologique.
00:23:37mais un adversaire
00:23:37qu'il ne craint pas
00:23:38parce qu'il sous-entend aussi
00:23:40que l'extrême droite
00:23:40ne pourrait ne pas être
00:23:41aussi au second tour
00:23:42et rappelle 2022
00:23:43en disant
00:23:44qu'on n'était pas si loin
00:23:45Marine Le Pen et moi.
00:23:47Après,
00:23:49force est de constater
00:23:50qu'ils ont un peu grossi
00:23:51entre temps l'extrême droite.
00:23:52Si on prend par exemple
00:23:53les européennes,
00:23:53ils sont quand même passés
00:23:54de 20 à 30% aux européennes.
00:23:55Et les européennes,
00:23:56sur le papier,
00:23:57ce n'est pas censé être une élection
00:23:58où l'électorat d'extrême droite
00:23:58est particulièrement favorisé structurellement.
00:24:01Là où, pour le coup,
00:24:02à gauche,
00:24:03historiquement,
00:24:04on voit que le centre-gauche
00:24:05est un petit peu meilleur
00:24:07sur des élections
00:24:07comme les européennes
00:24:08que la gauche radicale
00:24:09qui a tendance
00:24:09à moins mobiliser ses électeurs,
00:24:10sur l'extrême droite,
00:24:11pas spécifiquement.
00:24:13Ils sont quand même passés
00:24:13de 20 à 30%.
00:24:14Donc, à priori,
00:24:15la base de conviction
00:24:17du Rassemblement national
00:24:17a plutôt grossi
00:24:18de 2022 à 2027.
00:24:20Pour le coup,
00:24:21c'est aussi un élément
00:24:22de langage politique,
00:24:24de dire
00:24:25qu'ils ne se trouvent peut-être
00:24:25même pas au second tour.
00:24:26C'est une manière de dire
00:24:27est-ce qu'on peut arrêter
00:24:27d'être tout le temps en flip
00:24:29par rapport à ça
00:24:29et juste dérouler notre plan
00:24:31parce que ça,
00:24:32au bout d'un moment,
00:24:32on va jouer selon les règles
00:24:33de l'adversaire.
00:24:34C'est un peu pour ça qu'il le dit.
00:24:35Mais en réalité,
00:24:36il y a quand même
00:24:36de très très très fortes chances
00:24:38que Bardella ou Le Pen,
00:24:39mais bon,
00:24:40ça devrait être Bardella
00:24:40soit au second tour en 2027
00:24:41et que justement,
00:24:45le jeu de l'élection,
00:24:46ça sera qui pourra aller
00:24:47affronter Bardella au second tour.
00:24:48De la même manière
00:24:48que l'année dernière,
00:24:49Macron aurait très bien pu
00:24:50ne pas être au second tour,
00:24:51mais bon,
00:24:53le truc c'était
00:24:54qui ira face à Macron
00:24:55au second tour.
00:24:56Là, ça risque d'être
00:24:56qui ira face à Bardella
00:24:57au second tour.
00:24:58Peut-être pas,
00:24:58peut-être pas,
00:24:58mais c'est quand même
00:24:59une chance,
00:24:59c'est quand même
00:25:00d'être bonne chance
00:25:00de pouvoir que ça fasse ça.
00:25:02C'est pour ça que malgré tout,
00:25:04dire l'adversaire principal
00:25:05dans cette période,
00:25:05c'est l'extrême droite,
00:25:06moi, ça me paraît assez pertinent
00:25:07parce qu'effectivement,
00:25:09de toute façon,
00:25:09le son qui parle
00:25:10de l'extrême droite,
00:25:10il dit effectivement
00:25:11l'adversaire principal
00:25:12c'est l'extrême droite.
00:25:12De toute façon,
00:25:12on a résumé ce qu'il disait.
00:25:14Par contre,
00:25:15ce qui est assez intéressant,
00:25:15c'est que là,
00:25:16il insiste vraiment
00:25:17sur l'aspect collectif,
00:25:18de dire il y a une équipe,
00:25:18vous les connaissez,
00:25:19vous connaissez la France insoumise.
00:25:20Là où en 2017,
00:25:21c'était vraiment une campagne
00:25:23qui était très très incarnée
00:25:24par Jean-Luc Mélenchon
00:25:24et en plus,
00:25:25c'était le moment
00:25:26où LFI venait d'être créée
00:25:26en réalité et c'était un peu
00:25:36Effectivement,
00:25:36depuis 2022,
00:25:37il y a plein de nouvelles personnalités
00:25:38de la France insoumise
00:25:39qui ont pu émerger médiatiquement
00:25:40et qui sont très très identifiées
00:25:41maintenant,
00:25:43notamment via les législatives
00:25:44de 2022
00:25:44puis les législatives de 2024
00:25:46qui ont vu les rangs insoumis
00:25:47à l'Assemblée
00:25:47grossir significativement,
00:25:49vraiment beaucoup.
00:25:50Et en plus,
00:25:51il y a eu ces municipales
00:25:51dernièrement avec d'autres figures
00:25:53qui ont un petit peu émergées.
00:25:53On pense bien évidemment
00:25:54à Baliba Gayoko
00:25:55mais aussi à David Guiraud
00:25:56qui là maintenant
00:25:57est maire de Roubaix.
00:25:58Donc pareil,
00:25:58ça a participé à mettre
00:26:01un prisme un peu plus collectif
00:26:02sur la France insoumise,
00:26:03les normaliser
00:26:03comme étant un acteur politique
00:26:04un petit peu incontournable
00:26:05et c'est pour ça que là,
00:26:06il joue aussi sur la carte
00:26:07de j'ai une équipe
00:26:08et c'est carré
00:26:09mais c'est pas juste dire c'est carré
00:26:10en mode vous me connaissez,
00:26:11je suis capable de dérouler
00:26:12une campagne,
00:26:13c'est de dire non,
00:26:13non, vous nous connaissez,
00:26:14nous la France insoumise,
00:26:15il y a toute une équipe derrière
00:26:16et voilà,
00:26:16si vous lisez moi,
00:26:18président de la République,
00:26:18vous savez déjà à peu près
00:26:20qui sera au gouvernement.
00:26:21Et puis de se présenter
00:26:22comme un mouvement collectif,
00:26:24il y a plusieurs raisons
00:26:26aussi derrière tout ça.
00:26:26Je pense qu'il y a aussi
00:26:27une façon de répondre
00:26:28au procès qui est régulièrement
00:26:29fait dans les médias
00:26:29et au-delà
00:26:30sur le fonctionnement
00:26:32autoritaire,
00:26:33antidémocratique
00:26:34de la France insoumise.
00:26:35Alors bon,
00:26:35qu'il y ait des critiques
00:26:36à émettre sur le fonctionnement
00:26:37démocratique de la France insoumise,
00:26:38c'est une chose,
00:26:39mais c'est vrai que
00:26:39il n'y a pas si longtemps,
00:26:40il y a eu tout un déferlement,
00:26:42notamment autour du livre
00:26:43La Meute de journalistes
00:26:45qu'on a un peu oublié depuis,
00:26:46enfin voilà,
00:26:47là encore pour revenir
00:26:48sur la mémoire de l'opinion,
00:26:49c'était il n'y a pas si longtemps
00:26:51et pourtant ça nous paraît
00:26:53terriblement loin.
00:26:54Donc il y a une façon
00:26:55de répondre à ça.
00:26:57Et puis c'est aussi,
00:26:58je pense,
00:26:58le message qu'on envoie
00:26:59aux autres partenaires de gauche,
00:27:02mais en tout cas
00:27:02aux autres forces de gauche,
00:27:04notamment en disant
00:27:06vous voyez ces visages,
00:27:07vous les connaissez,
00:27:08ce sera les visages
00:27:09du prochain gouvernement.
00:27:11Là,
00:27:11Jean-Luc Mélenchon,
00:27:12il ne se place pas
00:27:13dans une sorte de main tendue
00:27:15au reste de la gauche
00:27:16et d'ailleurs,
00:27:16il l'assume dans l'interview
00:27:17à Brut,
00:27:17peut-être qu'on le verra plus tard,
00:27:19mais là,
00:27:21il dit clairement,
00:27:22écoutez,
00:27:22en fait,
00:27:22on a travaillé,
00:27:23on s'est structuré,
00:27:24on est prêts,
00:27:25on est tous ensemble
00:27:27et en fait,
00:27:27on va y aller
00:27:28et même seul,
00:27:29en fait,
00:27:30on ne sera pas seul
00:27:30parce qu'on est à monter
00:27:31un collectif.
00:27:31C'est le message
00:27:33qu'il essaie de porter.
00:27:34En tout cas,
00:27:35c'est comme ça
00:27:35qu'on peut lire
00:27:36sa stratégie de communication
00:27:37et ses éléments de langage
00:27:38qui ont été déployés
00:27:40hier au journal de TF1.
00:27:41Je le vois comme ça.
00:27:42Je ne vais pas regarder
00:27:43l'interview de Brut en entier,
00:27:44mais dans TF1,
00:27:45alors ça,
00:27:45c'est un grand classique,
00:27:46ceux qui suivent
00:27:47les campagnes
00:27:47de Jean-Luc Mélenchon.
00:27:48Vous le savez,
00:27:49Jean-Luc Mélenchon a tendance
00:27:50à un peu adoucir
00:27:51sa persona,
00:27:52on va dire,
00:27:52quand il est en campagne présidentielle,
00:27:54c'est-à-dire que là où parfois
00:27:54il a ce côté un peu
00:27:55le bruit et la fureur,
00:27:56comme on dit,
00:27:57entre deux présidentielles,
00:27:58alors après,
00:27:58c'est toujours pour tenir
00:27:59des vrais discours derrière,
00:28:00c'est pas gratuit,
00:28:01on va dire,
00:28:02mais pendant les présidentielles,
00:28:03il a plus tendance
00:28:04à sortir un peu
00:28:05Mélenchon,
00:28:05le vieux sage,
00:28:07apaisé,
00:28:08rassembleur,
00:28:09républicain,
00:28:09etc.
00:28:09Je trouve que ça s'est déjà
00:28:10un petit peu vu
00:28:10dans l'interview de 20h,
00:28:11où il était particulièrement souriant,
00:28:13il était vraiment genre
00:28:13oui, madame,
00:28:14vous avez raison,
00:28:15etc.
00:28:16Il n'était pas en train
00:28:17de s'embrouiller
00:28:17avec l'intervieweuse
00:28:18et a priori,
00:28:19là,
00:28:20on va être parti sur un an
00:28:20de Jean-Luc Mélenchon
00:28:22relativement apaisé,
00:28:23je pense,
00:28:23sauf peut-être s'il parle
00:28:24de l'extrême droite,
00:28:25où là,
00:28:25il ne sera pas apaisé,
00:28:26mais bon,
00:28:26c'est plutôt une bonne chose.
00:28:27Comme par exemple,
00:28:28c'est très sur Brut,
00:28:29qu'on peut regarder maintenant,
00:28:29donc après l'interview
00:28:30qu'il a fait sur TF1,
00:28:31enfin son annonce de candidature,
00:28:32c'était les toutes petites interviews
00:28:33du 20h de TF1
00:28:34qui durent 12 minutes,
00:28:35c'est un exercice assez précis,
00:28:36les interviews aux 20h,
00:28:37c'est pas comme 25 minutes
00:28:39face à Benjamin Duhamel
00:28:40ou comme 2h face à Rémi Buzine
00:28:41pour Brut,
00:28:42donc là,
00:28:42c'était vraiment l'entretien fleuve
00:28:43où il a pu parler de fond,
00:28:44etc.
00:28:45Et voilà ce qu'il disait
00:28:46de Jordan Bardella.
00:28:48Je vais vous dire une chose,
00:28:49ce pays n'est pas rempli
00:28:50de racistes et de fascistes.
00:28:52Donc quand il a à choisir,
00:28:53puisqu'on dit que c'est Bardella
00:28:55qui va être là,
00:28:57entre un pétainiste
00:28:59d'extrême droite et moi,
00:29:01je n'ai pas l'ombre d'un doute
00:29:02sur ce qui se passera dans ce pays.
00:29:03Parce que ce pays
00:29:05n'est pas pétainiste,
00:29:07n'est pas raciste
00:29:08et ne veut pas de la guerre civile
00:29:09que ces gens portent en eux.
00:29:11Par conséquent,
00:29:11je vais vous dire une chose.
00:29:12Le son n'est pas assez fort apparemment.
00:29:14Alors attendez,
00:29:15je vais augmenter.
00:29:17Si tu peux commenter cet extrait
00:29:18pendant ce temps.
00:29:19Pardon.
00:29:20C'est intéressant
00:29:22parce qu'on se posait
00:29:24la question tout à l'heure
00:29:26de...
00:29:27On s'interrogeait
00:29:28sur le discours
00:29:29que déployait Jean-Luc Mélenchon
00:29:31avec une forme de méthode coué
00:29:33en disant
00:29:33de toute façon,
00:29:34oui,
00:29:35l'extrême droite
00:29:36est notre premier adversaire
00:29:38et en même temps,
00:29:39possiblement,
00:29:40il pourrait ne pas être
00:29:42au second tour.
00:29:43Là,
00:29:44il déploie des arguments
00:29:45et un ton très offensif
00:29:48vis-à-vis de l'extrême droite
00:29:48en disant qu'il le qualifie
00:29:51de péteniste d'extrême droite
00:29:53qui porte la guerre civile
00:29:54en lui
00:29:55et derrière tout ça,
00:29:56il vise forcément
00:29:57tout le rassemblement national
00:29:59et surtout,
00:30:00on est face à une sorte
00:30:02de, comment dire,
00:30:02de prolongement
00:30:03de sa stratégie
00:30:04du nous, nous, eux.
00:30:05À la fin,
00:30:05il restera nous, eux.
00:30:06C'est un truc qui répète
00:30:08assez souvent
00:30:08depuis quelques mois
00:30:10voire des années.
00:30:11Moi, je dirais plus,
00:30:11c'est un truc qui l'a dit
00:30:12à On n'est pas couché
00:30:13il y a longtemps
00:30:14et depuis,
00:30:14c'est répété par beaucoup
00:30:15de soutiens qui disent
00:30:16regardez,
00:30:16il l'a prévu depuis le début
00:30:17mais après,
00:30:17il n'a pas redit tant que ça.
00:30:19Non, non, non.
00:30:19Mais c'est juste,
00:30:20ça a pris,
00:30:21ça a été entendu
00:30:21par beaucoup de ses soutiens
00:30:23et il y a plein de gens
00:30:24qui vraiment sont
00:30:25sur cette ligne.
00:30:26Mais là,
00:30:26on voit une façon
00:30:27de façonner,
00:30:29de tailler,
00:30:30disons,
00:30:30ce nous ou eux
00:30:31avec, là pour le coup,
00:30:32avec des éléments
00:30:33plus précis
00:30:33dans le sens où
00:30:34en fait,
00:30:34c'est soit eux,
00:30:35c'est-à-dire les pétanistes
00:30:36qui sont porteurs
00:30:37d'une guerre civile,
00:30:38soit nous,
00:30:40c'est-à-dire la République,
00:30:41la paix sociale,
00:30:42etc.
00:30:43En fait,
00:30:43là on voit
00:30:45les prémices
00:30:45de tout ce que sera,
00:30:47je pense,
00:30:47sa ligne
00:30:48et son discours
00:30:49tout au long
00:30:50de cette campagne.
00:30:52Et d'ailleurs,
00:30:52là encore,
00:30:53je ne fais pas une fixette
00:30:54et une obsession
00:30:54sur les médias
00:30:55mais je trouve que
00:30:55c'est aussi
00:30:55une réponse aux médias.
00:30:56C'est-à-dire que les médias
00:30:57ont voulu pendant longtemps
00:30:59installer une forme
00:31:00de duel
00:31:01bien souvent
00:31:02en mettant un signe égal
00:31:03entre les deux,
00:31:04entre extrema droite
00:31:04et extrême gauche.
00:31:05Lui, en fait,
00:31:05il prend ce discours-là.
00:31:07Pour moi,
00:31:08c'est un peu le même procédé
00:31:08que quand il répond
00:31:09au grand emplacement
00:31:09par Nouvelle-France.
00:31:10En gros,
00:31:10vous dites ça.
00:31:11Ok, très bien.
00:31:12Vous voulez nous mettre
00:31:13face à face ?
00:31:14Ok, mais par contre,
00:31:14voilà ce qui nous sépare.
00:31:15Et donc,
00:31:16c'est là-dessus qu'il mise.
00:31:18Mais en vieux sage,
00:31:20Jean-Luc Mélenchon
00:31:22s'est trouvé
00:31:24les bons axes
00:31:25pour à la fois
00:31:25faire parler de lui
00:31:26et à la fois
00:31:27se différencier.
00:31:28Et là aussi,
00:31:29évidemment,
00:31:29c'est une stratégie pensée
00:31:30pour provoquer
00:31:31l'adhésion
00:31:32et possiblement aussi
00:31:33le vote utile
00:31:33à gauche.
00:31:34Parce qu'évidemment
00:31:35qu'à gauche,
00:31:36alors on verra
00:31:37encore une fois
00:31:38quelles seront
00:31:38les forces en présence,
00:31:39etc.
00:31:39Mais où que l'on soit
00:31:41à gauche,
00:31:42on est sensible
00:31:43forcément au discours
00:31:43de faire barrage
00:31:45à l'extrême droite
00:31:45et à tout ce qu'elle représente.
00:31:46Forcément.
00:31:47Oui, de toute façon,
00:31:47c'est un petit peu ça
00:31:48le plan de LFI
00:31:49pour gagner la présidentielle.
00:31:50Parce qu'encore une fois,
00:31:51moi, j'aimerais bien séparer
00:31:55parce que LFI,
00:31:56c'est pas juste,
00:31:56ils sont pas juste là
00:31:57pour gagner la présidentielle.
00:31:58Si tous les partis
00:31:59qui existent
00:31:59n'existaient que
00:32:00pour gagner une présidentielle,
00:32:01bon, ça veut dire
00:32:02que techniquement,
00:32:02la plupart ne servira à rien
00:32:03puisque par essence,
00:32:05la plupart des partis politiques
00:32:06ne remportent pas
00:32:06la présidentielle.
00:32:07Il n'y a qu'un seul gagnant
00:32:08dans cette grande course.
00:32:10Donc, ils sont aussi là
00:32:11pour porter un discours,
00:32:12pour porter une ligne politique
00:32:13et ce que beaucoup
00:32:15de soutien de LFI disent,
00:32:16c'est que LFI porte la gauche,
00:32:18la vraie gauche,
00:32:19entre guillemets,
00:32:19par comparaison à la gauche PS
00:32:21qui serait traître,
00:32:23etc.
00:32:24Mais c'est vraiment ça,
00:32:26moi, de ce que j'entends,
00:32:28les soutiens de LFI,
00:32:28c'est surtout pour ça
00:32:29qu'ils sont un soutien de LFI.
00:32:30Ils disent,
00:32:31la gauche,
00:32:32le parti socialiste
00:32:33a trahi la gauche
00:32:34et encore une vraie gauche
00:32:35qui existe dans ce pays
00:32:35elle est portée par Jean-Luc Mélenchon.
00:32:36C'est ce que disent
00:32:37tous les soutiens de LFI
00:32:38et c'est pour cette raison-là
00:32:39aussi qu'ils adhèrent.
00:32:40Donc, la question c'est,
00:32:42on se lance dans une campagne
00:32:42présidentielle
00:32:43pour porter une ligne politique,
00:32:44porter un message,
00:32:45porter un discours,
00:32:46même porter une espérance
00:32:46d'une certaine manière
00:32:47ou est-ce qu'on le fait
00:32:48uniquement de manière pragmatique
00:32:53et la fin justifie les moyens.
00:32:54C'est une vraie question
00:32:55qu'on se pose.
00:32:56Est-ce que LFI est là
00:32:57pour porter un discours,
00:32:59un message et des idées
00:32:59ou est-ce qu'ils sont là
00:33:00pour gagner la présidentielle ?
00:33:01En vérité,
00:33:02ils sont là pour les deux.
00:33:03Mais dans l'optique de la victoire,
00:33:05la stratégie de LFI
00:33:06de toute manière,
00:33:07et c'est à peu près
00:33:07la seule manière
00:33:08pour accéder au pouvoir,
00:33:09effectivement,
00:33:10ça serait accéder au second tour
00:33:11en faisant une belle campagne
00:33:12avec justement Mélenchon,
00:33:13le bulldozer Mélenchon,
00:33:14très identifié,
00:33:15qu'un coup d'avance,
00:33:16quand même cinq longueurs d'avance
00:33:17sur tous les autres candidats de gauche
00:33:18parce qu'il est là de plus très longtemps.
00:33:20Et là,
00:33:20ils ne sont pas en train
00:33:20de se décider au dernier moment.
00:33:21Comme il a dit,
00:33:22c'est quoi qu'il a dit exactement ?
00:33:23Il a dit c'est carré,
00:33:24on y va,
00:33:24je ne sais plus exactement.
00:33:26Mais donc,
00:33:27en se servant de cette légitimité
00:33:29qu'il a eue
00:33:30dès ses élections précédentes
00:33:31et de ce socle électoral
00:33:32très très chaud,
00:33:34accéder au second tour
00:33:34et derrière,
00:33:35gagner le second tour
00:33:36face à un Jordan Bardella
00:33:37grâce au barrage républicain,
00:33:38un petit peu comme
00:33:39toutes les élections présidentielles
00:33:40ont été remportées
00:33:41depuis 2017 en réalité.
00:33:42Donc,
00:33:43c'est la stratégie.
00:33:44Donc,
00:33:44évidemment,
00:33:44dès maintenant,
00:33:45Jean-Luc Mélenchon
00:33:46se positionne
00:33:46comme un barrage
00:33:47à l'extrême droite
00:33:47parce que si jamais
00:33:48il veut gagner un second tour
00:33:49de la présidentielle,
00:33:50ça sera en faisant
00:33:51le barrage à l'extrême droite
00:33:52qu'il gagnera.
00:33:53Exactement comme Macron
00:33:55a gagné en 2022.
00:33:56Il a gagné
00:33:57avec les voix
00:33:58des électeurs de gauche
00:33:59qui ont décidé
00:33:59de faire barrage
00:33:59contre l'extrême droite.
00:34:00Mélenchon se dit
00:34:01j'ai confiance en ma France,
00:34:03j'ai confiance en ma République.
00:34:04Là où la gauche
00:34:05a été responsable
00:34:06et a fait barrage
00:34:07en 2022,
00:34:08si je suis au second tour,
00:34:10y compris le centre,
00:34:11toute la France
00:34:12qui n'est pas fasciste,
00:34:12qui n'est pas raciste
00:34:15et pourrait être responsable
00:34:17de la même manière
00:34:17et faire barrage
00:34:18en votant pour moi.
00:34:19C'est vraiment ça qui joue
00:34:19et c'est pour ça
00:34:20je pense qu'il va vraiment
00:34:21être pendant une année entière
00:34:23comme étant le vieux
00:34:24sage républicain.
00:34:25Vous pourrez même
00:34:26peut-être sortir
00:34:27La République, c'est moi
00:34:28pour pouvoir rejouer
00:34:29ce jeu du barrage républicain
00:34:31face à Bardel.
00:34:32Ça serait quand même
00:34:32assez ironique.
00:34:34Pour l'anecdote,
00:34:35en plus,
00:34:35ça se voit aussi
00:34:37physiquement
00:34:37et vestimentairement.
00:34:38On finit le col Mao,
00:34:39maintenant on revient
00:34:40au bon vieux costume
00:34:41de République imprésentable.
00:34:43Et bleu en plus.
00:34:45Mais au-delà
00:34:46du choix vestimentaire
00:34:48de Jean-Luc Mélenchon,
00:34:49ce qui est intéressant aussi,
00:34:50c'est que ce barrage-là,
00:34:51il n'est pas uniquement défensif.
00:34:52Il est vraiment
00:34:53à l'offensif.
00:34:54On l'a vu dans le ton
00:34:54qu'il emploie face
00:34:55à l'extrême droite
00:34:56en disant que ce sont
00:34:57des pétainistes
00:34:58et qu'il génère
00:35:00la guerre civile.
00:35:01Mais on voit aussi
00:35:01vis-à-vis de la Macronie.
00:35:02Parce qu'en plus
00:35:04de se montrer
00:35:05comme une alternative
00:35:07à l'extrême droite,
00:35:08il montre aussi
00:35:08que face au monde
00:35:09qui est en train,
00:35:11qui a été mis en place,
00:35:11en tout cas qui a été
00:35:13développé, prolongé
00:35:14par la Macronie,
00:35:15par la présidence
00:35:15d'Emmanuel Macron,
00:35:17lui veut présenter,
00:35:18disons,
00:35:19un autre monde.
00:35:19Alors après,
00:35:21c'est un autre monde
00:35:23qui...
00:35:23Un autre monde est possible.
00:35:24C'est le sens
00:35:24de la campagne.
00:35:25Oui, alors ce n'est pas
00:35:26le seul, évidemment,
00:35:26surtout à gauche.
00:35:27Et puis il y a plein
00:35:28de points communs,
00:35:29on l'a vu par le programme
00:35:29du NFP, etc.
00:35:30Bref, je ne vous refais pas
00:35:31tout le truc.
00:35:33mais on voit aussi
00:35:34dans l'interview à Brut
00:35:36qu'il est aussi
00:35:38très offensif
00:35:39vis-à-vis du président
00:35:39de la République
00:35:41en comparant son bilan
00:35:43notamment à un bilan
00:35:44de temps de guerre,
00:35:45d'après-guerre.
00:35:46Et c'est plutôt intéressant
00:35:48à écouter.
00:35:49Peut-être qu'on peut
00:35:49s'écouter cet extrait-là,
00:35:51je pense.
00:35:51Il y a combien de temps ?
00:35:53Une minute neuf.
00:35:54Tout à fait.
00:35:54Alors qu'est-ce que
00:35:55Jean-Luc Mélenchon
00:35:56a à dire sur la Macronie ?
00:35:57C'est certainement le...
00:35:58Alors désolé,
00:35:58le son est un peu faiblard.
00:36:00Tout est au max.
00:36:01C'est la faute de Brut.
00:36:02Voilà, il faut les envoie
00:36:04à Rémi Buzine
00:36:04mais pas à nous.
00:36:05Terrible bilan
00:36:06de la Ve République.
00:36:07Pourquoi ?
00:36:07C'est bon, c'est blague.
00:36:08Commençons d'abord par ça.
00:36:09Il faut comprendre la France.
00:36:10La France, elle s'est créée
00:36:12toute de son état,
00:36:13je l'ai dit il y a un instant,
00:36:14de ses services publics,
00:36:15de sa sécu.
00:36:16Tout ça a été massacré.
00:36:19On dirait un pays en guerre.
00:36:21On a fermé 7000 km
00:36:23de chemin de fer.
00:36:25On a fermé 30 ou 40 maternités.
00:36:28L'équivalent de 200 hôpitaux.
00:36:32Comme si on avait connu une guerre.
00:36:34L'industrie s'est effondrée.
00:36:36Nous avons perdu des milliers d'entre eux.
00:36:37Je ne peux pas mettre le son plus haut,
00:36:38je suis désolé.
00:36:39C'est au max.
00:36:41L'agriculture s'est effondrée.
00:36:42Pour la première fois cette année,
00:36:45nous ne sommes plus ni souverains alimentairement,
00:36:47c'est-à-dire qu'on produit pas ce qu'on mange,
00:36:49mais deuxièmement,
00:36:50nous sommes en déficit
00:36:52dans l'échange avec l'extérieur.
00:36:54C'est-à-dire qu'on importe plus qu'on exporte.
00:36:56C'est une catastrophe.
00:36:58En plus, sur le plan international,
00:37:00nous avons été abaissés et repoussés.
00:37:02Et il ne reste plus maintenant à M. Macron
00:37:04qu'une espèce de prêchis-prêchis militariste
00:37:08pour faire croire
00:37:10qu'on joue un rôle qu'on ne joue pas.
00:37:14Abonne-toi à Brut.
00:37:15Abonnez-vous plutôt à Luma, premièrement.
00:37:17On veut bien s'abonner à Brut
00:37:17si vous mettez le son un peu plus fort dans les vidéos.
00:37:19Sans ça, c'est mort.
00:37:20Quelque j'ai d'un son.
00:37:22Je suis désolé, je ne pouvais pas mettre le son plus fort.
00:37:24Ça aussi, je peux le faire ici ?
00:37:25Non, je ne peux pas trop.
00:37:28Bilan de la Macronie,
00:37:30pas très bon.
00:37:32Ça, pour le coup,
00:37:32que ce soit Jean-Luc Mélenchon ou d'autres à gauche,
00:37:35je pense qu'à peu près tout le monde est d'accord
00:37:35pour dire que le bilan de la Macronie
00:37:36est assez désastreux,
00:37:38et notamment par rapport à l'extrême droite.
00:37:40Macron, c'était quand même celui qui avait promis
00:37:42être le barrage contre l'extrême droite.
00:37:43C'était le cas en 2017 particulièrement.
00:37:45C'est-à-dire, bon, je suis un gros capitaliste, certes,
00:37:47mais au moins, je ne suis pas un rasselard.
00:37:49En gros, c'était ça, la ligne de Macron en 2016-2017
00:37:52pour sa première élection.
00:37:53C'était résolument de droite sur les sujets économiques,
00:37:55mais progressiste malgré tout.
00:37:57Donc, ne vous inquiétez pas.
00:37:57Vous aurez un banquier d'affaires,
00:37:58mais au moins, je serai relativement woke.
00:38:00Au final, pas du tout.
00:38:02Il s'est transformé en homme de droite
00:38:03très, très rapidement et de manière accélérée.
00:38:05Et en 2022, il se fait rééler avec les voiles à gauche,
00:38:08comme je disais, pour au final dérouler le tapis rouge
00:38:10à l'extrême droite avec cette fameuse dissolution
00:38:12de l'Assemblée nationale à la demande de Jordan Bardella.
00:38:14Et ça, c'est vrai que c'est un truc bon.
00:38:15Effectivement, le temps passe.
00:38:16Deux ans après les législatives 2024,
00:38:18on ne parle plus trop de ce qui s'est passé à ce moment-là.
00:38:21Mais c'était quand même complètement fou,
00:38:23cette histoire, ce move d'Emmanuel Macron.
00:38:25Donc oui, effectivement, Macron a un petit peu cassé la France
00:38:27en disant de mandat, il n'y a rien qui va.
00:38:29Et Jean-Luc Mélenchon ne manque pas de le rappeler à raison.
00:38:32Complètement.
00:38:32Et c'est une façon aussi de se positionner face au RN
00:38:35et à son discours qui aime gonfler
00:38:38cet espèce de sentiment de décadence absolue, etc.
00:38:41Et en fait, Jean-Luc Mélenchon, il fait sien sur ce constat-là,
00:38:43mais pas en disant que ça vient du vivre ensemble
00:38:45des étrangers ou de que sais-je,
00:38:48ou de la modernité décadente ou je ne sais quoi.
00:38:51Lui, il dit que c'est le pur produit du libéralisme
00:38:55dont Emmanuel Macron est le premier représentant.
00:38:57Et ce qui est intéressant dans son développement,
00:38:59parce que, j'allais dire élément de langage,
00:39:02mais je pense que, voilà, quand on connaît Jean-Luc Mélenchon,
00:39:05quand on connaît la machine de la France insoumise,
00:39:06on sait que tout ça est évidemment préparé.
00:39:08Et on sait que, voilà, c'est fait pour, là,
00:39:13cette fois-là, créer des ponts entre toutes les populations
00:39:15pour essayer de faire grossir son socle.
00:39:17Et ce qui est intéressant, c'est qu'il cite comme raison,
00:39:20enfin, raison, comme élément, symptôme de cet effondrement
00:39:23des choses qui touchent tout le monde,
00:39:25tous les territoires et toutes les classes populaires.
00:39:28Et puis, au-delà, les classements, ils parlent de l'effondrement
00:39:33du chemin de fer, les maternités, l'industrie,
00:39:37les hôpitaux, l'agriculture, etc.
00:39:40Ils donnent des éléments concrets.
00:39:42Bref, là, on sent qu'il y a, alors qu'il y a eu longtemps,
00:39:45une volonté de conflictualiser, mais dans le bon sens du terme.
00:39:50Enfin, voilà, parce que la politique, c'est aussi du conflit,
00:39:53surtout quand on est à gauche et quand on est dans un système capitaliste libéral.
00:39:56À minima, c'est de l'opposition d'idées.
00:39:58Voilà, mais là, on sent qu'on est passé dans le Mélenchon phase 2 ou phase 3,
00:40:03c'est-à-dire que ce que tu disais sur le républicain respectable,
00:40:06là, il essaie de réunir un petit peu autour de problématiques
00:40:09l'ensemble des Français, dans le sens où, en fait,
00:40:11oui, vous ressentez un sentiment de décadence,
00:40:16de tout paravolo et de c'était mieux avant.
00:40:18OK.
00:40:19Par contre, en fait, ça vient d'Emmanuel Macron
00:40:23et de son système de pensée.
00:40:24Et puis, en face, vous avez l'extrême droite qui ne va rien arranger,
00:40:27au contraire, parce qu'elle, elle amène la division et la guerre civile,
00:40:31en quelque sorte.
00:40:32Donc, voilà, la stratégie de Jean-Luc Mélenchon jusqu'en 2027,
00:40:36elle apparaît assez clairement dans ces deux interviews.
00:40:39Oui.
00:40:40Alors, après, je n'ai pas regardé l'interview chez Brut,
00:40:41mais est-ce qu'il parle du fait que Bardella se transforme en Macron 10 petit à petit
00:40:45et qu'au final, il n'y a aucune différence, ne serait-ce que sur le plan économique,
00:40:48entre la droite libérale et le RN d'aujourd'hui ?
00:40:51Je ne sais pas s'il insiste là-dessus, mais je pense que pour le coup, ça, pareil,
00:40:53c'est un coup à jouer pour LFI.
00:40:55LFI qui a ce côté anti-système, en tout cas, dans leur électorat,
00:40:57ils sont perçus un petit peu en tant que tel,
00:41:00un peu comme le Rassemblement national.
00:41:01Alors, je ne dis pas du tout ce que...
00:41:02Je ne suis pas en train de dire les extrêmes surjouanes ou quoi que ce soit,
00:41:05mais le RN joue sur ce côté anti-système.
00:41:08J'ai encore vu un tweet de Laure Lavalette,
00:41:10donc, du coup, la députée RN,
00:41:12candidate malheureuse à la mairie de Toulon,
00:41:15qui disait, oui, vous êtes le parti du système
00:41:17parce que vous êtes allié avec les macronistes,
00:41:19pendant les législatives,
00:41:21alors même que, quand on regarde Bardella,
00:41:23sa manière qu'il a de parler,
00:41:24sa manière de faire des courbettes au MEDEF toute la journée,
00:41:26enfin, encore, tenir la ligne de,
00:41:29oui, le RN, on est anti-système,
00:41:30alors que Bardella est adoubé par Nicolas Sarkozy,
00:41:33ancien président de la République,
00:41:34et membre de LR,
00:41:36le parti qui, historiquement, a le plus dirigé la France
00:41:38sous la Ve République.
00:41:39Donc, être encore à dire,
00:41:40oui, on est anti-système, on anti-système,
00:41:42le RN, il y a un côté où ça prend de moins en moins,
00:41:43parce qu'il suffit juste de regarder Bardella,
00:41:45il n'y a pas besoin d'avoir un doctorat en sciences politiques
00:41:47pour se rendre compte qu'il n'est plus du tout
00:41:48sur une ligne anti-système en réalité,
00:41:49au contraire, il est sur une ligne de normalisation
00:41:51où il essaye de récupérer l'électorat
00:41:53qui lui manquerait éventuellement pour accéder au pouvoir,
00:41:55c'est-à-dire l'électorat de droite libérale,
00:41:57bourgeoise, classique,
00:41:57qui vote plus LR, normalement.
00:42:00Il s'en parlait du soutien des patrons aussi.
00:42:01Eh oui, il s'en parlait du soutien du patron.
00:42:03Alors après, soutien de LR, soutien des patrons,
00:42:05tout ça, c'est à peu près la même chose,
00:42:06puisque LR, c'est le camp patronal,
00:42:07on pourrait l'appeler comme ça.
00:42:08Bon, tout ça pour dire,
00:42:09où est-ce que je voulais en venir ?
00:42:11Cet électorat anti-système,
00:42:14il y a quand même des chances
00:42:15pour qu'à un moment donné,
00:42:16ils se disent, bon,
00:42:17le RN n'est pas si anti-système que ça,
00:42:18et je pense que LFI aurait un coup à jouer,
00:42:20en tout cas, c'est un truc qui est théorisé
00:42:21probablement chez LFI,
00:42:22à se dire, bon, ben voilà,
00:42:23on va garder notre ligne,
00:42:24nous, on est un peu anti-système pour de vrai,
00:42:26contrairement à ces bouffons du RN,
00:42:27donc à un moment donné,
00:42:28si on tient notre ligne,
00:42:29de toute façon, c'est un peu la ligne de LFI,
00:42:30c'est-à-dire, on tient notre ligne,
00:42:30et normalement, on va être avantagé
00:42:32par le fait d'avoir été solide sur nos appuis
00:42:34et d'être resté droit dans nos bottes, quoi.
00:42:36Et donc, s'ils le font en se disant,
00:42:37non, non, non, c'est nous qui sommes
00:42:38contre ceux qui nous gouvernent
00:42:40depuis des décennies,
00:42:41c'est nous la rupture,
00:42:42d'ailleurs, ils réutilisent
00:42:43ce terme gauche de rupture volontiers,
00:42:45par rapport à un RN qui est de moins en moins
00:42:46dans l'image de la rupture
00:42:54et au second tour, retomber dans la position
00:42:56vieux sage républicain,
00:42:59plus rassurant par rapport au péril brun
00:43:00représenté par Bardella, quoi.
00:43:02Moi, je suis très curieux,
00:43:04pendant cette campagne,
00:43:04de voir comment Jean-Luc Mélenchon
00:43:06va essayer d'élargir son socle,
00:43:08et même, je vois, on parlait des patrons,
00:43:09je trouve que ce sujet aussi,
00:43:11c'est intéressant de s'arrêter là-dessus,
00:43:12parce qu'il y a le RN,
00:43:15qui récolte une forme d'assentiment,
00:43:18disons, du patronat, du grand patronat,
00:43:20pour le coup, on parle du MEDEF,
00:43:21certains patrons du CAC 40,
00:43:23alors que Marine Le Pen a longtemps misé
00:43:25sur le soutien des TPE, PME,
00:43:27en tout cas, de ce petit patronat-là.
00:43:33Et alors, justement,
00:43:33on peut se poser la question,
00:43:34d'ailleurs, j'avais travaillé un article là-dessus
00:43:36où je parlais avec des petits patrons
00:43:37et qui me disaient,
00:43:38mais nous, on n'a pas les mêmes intérêts
00:43:39avec le grand patronat.
00:43:40Donc, en fait, quelque part,
00:43:42le RN est en train de brouiller
00:43:43son discours, son message.
00:43:46Et dans le même temps,
00:43:47c'est aussi intéressant de voir
00:43:48Jean-Luc Mélenchon,
00:43:49qui, par l'Institut de la Boétie,
00:43:51a organisé tout un colloque
00:43:53en invitant des patrons de TPE et PME
00:43:56pour, en gros,
00:43:57penser le petit patronat de demain,
00:43:59l'entreprise en particulier sociale et solidaire.
00:44:02Bref, on voit quand même
00:44:03des petites graines
00:44:06qui sont déposées déjà
00:44:07par Jean-Luc Mélenchon
00:44:07sur le fait d'élargir son socle
00:44:09au-delà, disons,
00:44:10de la gauche radicale convaincue.
00:44:13Et il va falloir voir.
00:44:14Là, on a quoi ?
00:44:14On a un an avant le deuxième tour ?
00:44:16On voit, à peu près.
00:44:18Donc, on s'en met à l'élection présidentielle.
00:44:19Donc, oui, là, on est à un an pile,
00:44:21quasiment, de l'élection présidentielle.
00:44:22Donc, ce sera intéressant de voir
00:44:23comment il va essayer de s'assagir,
00:44:26de se normaliser dans l'espace politique
00:44:28et médiatique,
00:44:28et à quel électorat il va s'adresser.
00:44:32Parce que c'est toujours délicat,
00:44:34à gauche,
00:44:34de s'adresser aux petits patrons
00:44:37et de les convaincre.
00:44:38Parce qu'en fait,
00:44:38quand on entend aujourd'hui
00:44:39les petits patrons,
00:44:40ce qu'ils veulent,
00:44:40c'est abolir les normes,
00:44:42moins d'impôts, etc.
00:44:42C'est un jeu assez périlleux,
00:44:45je trouve,
00:44:45auquel joue LFI par rapport à ça.
00:44:46Parce qu'effectivement,
00:44:47si on a un peu des bases marxistes,
00:44:49etc.,
00:44:49on peut très très bien dire
00:44:51que petits patrons,
00:44:52certes,
00:44:53ce n'est pas la même chose que les gros.
00:44:53Moi, mon avis là-dessus,
00:44:54c'est que d'un point de vue macroéconomique,
00:44:56effectivement,
00:44:57si on veut faire des mesures économiques,
00:44:58par exemple,
00:44:59arrêter ces exonérations
00:45:00de cotisations sociales
00:45:00pour le patronat,
00:45:01parce que ça ne fonctionne pas,
00:45:02ils ne créent pas d'emplois,
00:45:03ils se mettent tout ça
00:45:04dans leurs bénéfices,
00:45:05et basta,
00:45:06et que cette politique de l'offre
00:45:07de Macron ne fonctionne pas,
00:45:08OK,
00:45:09il faut supprimer
00:45:09les exonérations
00:45:10de cotisations sociales,
00:45:11et dans ce cas-là,
00:45:11par exemple,
00:45:12une politique économique,
00:45:13séparer les toutes petites entreprises
00:45:14qui, effectivement,
00:45:15pourraient peut-être se retrouver
00:45:16obligées de virer des gens
00:45:17pour raisons économiques
00:45:18si jamais on leur demande
00:45:19de payer plus de cotisations sociales,
00:45:21il peut y avoir des petites entreprises
00:45:22où, effectivement,
00:45:23c'est le cas.
00:45:24Il n'y a pas de grandes entreprises
00:45:25où c'est le cas.
00:45:26C'est vraiment faux de le dire.
00:45:26Donc, séparer un peu
00:45:27le gros patron du petit patron
00:45:29dans l'optique de prévoir
00:45:31une politique économique
00:45:32pour le pays,
00:45:33pour moi,
00:45:33c'est assez pertinent,
00:45:34mais après,
00:45:34d'un point de vue électoral,
00:45:35séparer forcément
00:45:36le petit patron du grand patron
00:45:37comme quoi ils n'auraient pas
00:45:38forcément les mêmes affects,
00:45:40ils n'auraient pas
00:45:40les mêmes intérêts de classe.
00:45:42Bon, au final,
00:45:43quand on regarde,
00:45:43un petit patron,
00:45:44souvent,
00:45:44il a tendance à penser
00:45:44quand même malgré tout
00:45:45comme un patron,
00:45:46un peu même comme un grand patron.
00:45:48Donc, là-dessus,
00:45:49c'est un jeu un petit peu perlieux.
00:45:50Moi, je vois la nécessité
00:45:51ou en tout cas l'utilité
00:45:52de séparer les petits des gros
00:45:53dans le cadre d'une politique économique
00:45:54mais dans un cadre électoraliste.
00:45:56Je ne suis pas tout à fait sûr
00:45:57que ce soit forcément ça
00:45:58qui soit le move gagnant.
00:45:59Ceci étant dit,
00:46:04il a parlé au milieu économique
00:46:05et au milieu même patronaux
00:46:06d'une certaine manière
00:46:07et notamment en 2022,
00:46:09il y a un moment
00:46:09qui avait presque marqué
00:46:10le début de sa progression
00:46:12dans les sondages.
00:46:13Moi, je sais que c'était le moment
00:46:13où je me suis dit
00:46:14oula, ça y est,
00:46:14la Mélenchon, il est lancé,
00:46:15il est très très chaud
00:46:16en 2022 à suivre.
00:46:18Et c'était au moment
00:46:18où il avait débattu
00:46:19sur France 2
00:46:20face à Geoffroy Roux de Bézieux.
00:46:23De Bézieux,
00:46:24je ne me souviens plus de son nom.
00:46:25De Bézieux, oui.
00:46:25De Bézieux,
00:46:26parce qu'il y a un viewer
00:46:26qui s'appelle comme ça.
00:46:27Il y a un viewer
00:46:29qui s'appelle Geoffroy Roux de Bézieux,
00:46:30c'est pour ça.
00:46:31Oui, Geoffroy Roux de Bézieux,
00:46:32patron du Medef de l'époque,
00:46:33donc l'ancêtre
00:46:33de Patrick Martin aujourd'hui.
00:46:35Et pareil,
00:46:35il avait fait ce débat
00:46:35avec lui en disant
00:46:36non, non, mais moi,
00:46:37je prends...
00:46:37Enfin, Geoffroy Roux de Bézieux
00:46:39avait dit,
00:46:39moi, je prends le programme
00:46:40de LFI au sérieux
00:46:41parce que vous êtes
00:46:41un candidat sérieux.
00:46:42Et Mélenchon avait vraiment
00:46:44joué le jeu de dire,
00:46:44moi, je vous parle
00:46:45en tant que patron.
00:46:46Alors certes,
00:46:46je ne vais pas faire vos affaires
00:46:47à vous, grands patrons,
00:46:48mais normalement, voilà.
00:46:49Ce truc de dire,
00:46:50la politique du carnet de commande,
00:46:51moi, je connais les petits patrons
00:46:52des petites boîtes
00:46:53qui font le tissu
00:46:55entrepreneuriel et industriel
00:46:55de la France,
00:46:56plus que les exonérations
00:46:57de cotisations sociales,
00:46:59ce qui leur parle,
00:47:00c'est le carnet de commande.
00:47:00Si leur carnet de commande
00:47:01est bien rempli,
00:47:02même s'ils doivent payer
00:47:02plus d'impôts,
00:47:03ils seront contents
00:47:03parce que le chiffre d'affaires
00:47:04explosera quoi qu'il en soit.
00:47:05Donc cette politique
00:47:06où il s'adresse aussi
00:47:06à une partie du patronat
00:47:07ou en tout cas une partie
00:47:08du tissu entrepreneurial français,
00:47:10on pourrait dire ça comme ça,
00:47:11il l'avait déjà fait en 2022
00:47:12et je trouve que ça avait
00:47:13plutôt bien fonctionné.
00:47:15Mélenchon est même assez à l'aise
00:47:16dans cet exercice
00:47:16où il parle à des petits
00:47:17et moyens patrons.
00:47:18Il l'avait refait encore
00:47:18il n'y a pas très très longtemps
00:47:20sur je ne sais plus
00:47:20quelle chaîne de télévision.
00:47:22Oui, et puis en plus,
00:47:22il y a un fond de colère aussi
00:47:24sur lequel il peut surfer.
00:47:26Là, je parle dans une démarche
00:47:27d'une volonté électoraliste,
00:47:28disons,
00:47:29chez les petits patrons,
00:47:30TPE, PME.
00:47:32On a énormément souffert,
00:47:33en particulier des deux quinquennats
00:47:35d'Emmanuel Macron
00:47:36parce que les TPE, PME,
00:47:38elles souffrent énormément,
00:47:39en particulier de la concurrence
00:47:40internationale.
00:47:40Et cette concurrence internationale,
00:47:41elle a été aussi permise
00:47:43par les deux mandats
00:47:45d'Emmanuel Macron.
00:47:46Et donc,
00:47:47quand j'en parlais
00:47:48avec des petits patrons,
00:47:49ce qu'ils me disaient,
00:47:49c'est qu'en fait,
00:47:50à la fois,
00:47:51il y a un vrai ras-le-bol
00:47:52avec parfois
00:47:53un vote contestataire
00:47:54qui peut être constaté,
00:47:56notamment du côté du RN.
00:47:57Et là, il y a plusieurs sondages
00:47:58qui le montrent
00:47:59en disant que le RN
00:48:00est le premier parti
00:48:02des petits patrons,
00:48:02mais aussi
00:48:03une énorme abstention.
00:48:04Donc,
00:48:05j'imagine que
00:48:06Jean-Luc Mélenchon
00:48:06et la France Insoumise
00:48:07se disent
00:48:07qu'il y a quelque chose
00:48:08à aller chercher,
00:48:09surtout qu'on sait que
00:48:11pour eux,
00:48:11l'abstention,
00:48:12c'est un réservoir
00:48:13dans lequel
00:48:13il faut aller puiser
00:48:15parce qu'il faut aller
00:48:16remobiliser des personnes
00:48:16qui n'y croient plus,
00:48:17etc.
00:48:18Et que donc,
00:48:18ça peut déplacer
00:48:19toutes les classes sociales.
00:48:20Bon, là,
00:48:21on sort un petit peu
00:48:22du marxisme
00:48:23comme tu le disais,
00:48:24mais c'est intéressant
00:48:25à analyser.
00:48:26C'est pas un parti
00:48:26marxiste orthodoxe
00:48:27loin s'en fout,
00:48:28à la fin.
00:48:29Après,
00:48:29c'est un parti
00:48:31qui est un petit marxisant
00:48:32sur les bords,
00:48:33on va dire,
00:48:34là au sens où
00:48:34ils ne rejettent pas
00:48:35la lutte des classes
00:48:35ou ce genre de choses.
00:48:36Ils ont un prisme de lecture
00:48:37qui est quand même
00:48:38relativement compatible
00:48:42projet économique.
00:48:43C'est un genre de projet
00:48:44keynésien,
00:48:44de relance
00:48:45par la consommation,
00:48:46par la planification
00:48:47économique et écologique
00:48:48et par la régulation
00:48:50du capitalisme.
00:48:50C'est pas un parti
00:48:51anticapitaliste,
00:48:52de fait.
00:48:52Même si parfois,
00:48:53ils jouent un petit peu
00:48:54les anticapitalistes.
00:48:55Mais moi qui viens
00:48:55vraiment du communisme
00:48:57révolutionnaire à l'origine,
00:48:58j'étais proche
00:48:59de lutte ouvrière
00:49:00à un moment donné.
00:49:00Moi, je sais que
00:49:02de base,
00:49:02j'ai un petit peu du mal
00:49:03parfois quand les filles
00:49:03se disent anticapitalistes
00:49:04parce qu'il y a des parties
00:49:06qui sont réellement
00:49:06pour une sortie concrète
00:49:08du capitalisme
00:49:08mais les filles
00:49:08n'en font pas partie.
00:49:09Et attention,
00:49:10les fils du tchat,
00:49:11quand je dis ça,
00:49:11c'est pas pour critiquer
00:49:12la France insoumise.
00:49:13C'est juste que de fait,
00:49:14effectivement,
00:49:15c'est pas vraiment
00:49:15un parti anticapitaliste
00:49:17même s'ils sont qualifiés
00:49:18comme ça parfois
00:49:19par leurs adversaires.
00:49:20D'ailleurs,
00:49:21en parlant des adversaires,
00:49:21peut-être qu'on peut
00:49:22s'écouter certaines prises
00:49:24de parole.
00:49:24Alors évidemment,
00:49:25forcément,
00:49:25ça fait réagir
00:49:26du côté du Parti socialiste.
00:49:28Le Parti socialiste
00:49:29qui a présenté déjà
00:49:30à peu près 28 candidats.
00:49:32Non mais on a déjà
00:49:33entendu l'annonce
00:49:34de candidature de Jérôme Gage
00:49:35et notamment
00:49:36qui était ce matin
00:49:37d'ailleurs sur France Info
00:49:38pour réagir.
00:49:39On a parlé de François Hollande,
00:49:40Raphaël Glucksmann,
00:49:42Bernard Cazeneuve.
00:49:43Glucksmann, Cazeneuve,
00:49:44ils sont un peu
00:49:44en dehors du PS
00:49:45mais c'est la même
00:49:45famille social-démocrate.
00:49:47Je pense pas qu'il y aura
00:49:47une candidature PS
00:49:48plus Glucksmann,
00:49:49ça serait vraiment cool.
00:49:50Alors vous aussi,
00:49:51les y faites ça
00:49:51mais pas très mal
00:49:52de votre part.
00:49:53Et on attend
00:49:54possiblement
00:49:54que se positionnent
00:49:56des Olivier Faure,
00:49:56des Boris Vallot.
00:49:57Est-ce que ce sera
00:49:58dans une primaire
00:49:59ou pas, etc.
00:49:59Bref.
00:50:00Et donc,
00:50:01les socialistes ont réagi
00:50:02à l'annonce
00:50:03de candidature
00:50:03de Jean-Luc Mélenchon.
00:50:05Forcément,
00:50:05forcément en sortant
00:50:06les dents,
00:50:07les crocs.
00:50:08Et oui,
00:50:08évidemment.
00:50:10Il dit que lui,
00:50:11il est prêt
00:50:12et pas vous en fait.
00:50:13Il dit surtout
00:50:14que ce qu'on savait déjà,
00:50:15il est candidat
00:50:16et il y a lui,
00:50:17lui et lui.
00:50:18Enfin, je veux dire
00:50:19la France Insoumise,
00:50:20c'est le parti
00:50:20de Jean-Luc Mélenchon.
00:50:21Jean-Luc Mélenchon,
00:50:21c'est la figure de pro
00:50:22de la France Insoumise
00:50:23et c'est surtout
00:50:24une irresponsabilité folle
00:50:26de partir comme ça
00:50:27alors qu'il est
00:50:27la personnalité
00:50:29surtout la plus détestée
00:50:30à gauche.
00:50:32Alors, juste,
00:50:33si François Hollande
00:50:34est candidat
00:50:35du Parti Socialiste,
00:50:36quartier de la porte
00:50:37et dit
00:50:37c'est la personnalité
00:50:38la plus détestée
00:50:39à gauche,
00:50:39dans aucun monde,
00:50:40Jean-Luc Mélenchon
00:50:41est moins détesté
00:50:42que François Hollande
00:50:42à gauche.
00:50:43Vraiment.
00:50:43Ou alors,
00:50:44sa définition de la gauche,
00:50:45c'est que ce n'est pas
00:50:45vraiment la gauche.
00:50:46La gauche,
00:50:46c'est le PS, non ?
00:50:47Oui, voilà, c'est ça.
00:50:48Surtout quand il dit ça.
00:50:49Enfin, s'il nous ressorte
00:50:50François Hollande,
00:50:51ce ne sera pas
00:50:51la figure de proue
00:50:52aussi du PS ?
00:50:53C'est à la base
00:50:53de quel processus
00:50:54de désignation ?
00:50:55Enfin, je ne sais pas.
00:50:56Pareil, Rotaillot,
00:50:57il n'y a pas eu de surprise
00:50:58que Rotaillot soit le candidat
00:50:58de LR.
00:50:59Il a dit
00:50:59je suis candidat
00:51:00à la présidentielle,
00:51:01alors qu'il n'avait pas
00:51:02prévenu son parti.
00:51:03Au final, le parti a fait quoi ?
00:51:04Comme prévu,
00:51:05ils ont dit
00:51:06oui, Rotaillot est notre candidat
00:51:08exactement comme chez LFI.
00:51:09Et c'est pareil,
00:51:10Bardella et Le Pen,
00:51:11ce n'est pas plus démocratique
00:51:12que n'importe quel autre parti.
00:51:13Enfin, il faut arrêter
00:51:14un petit peu avec ça,
00:51:15avec les processus
00:51:15de désignation interne.
00:51:16Parfois, il y a des candidats
00:51:17un petit peu naturels quand même.
00:51:18Ah, Jean-Luc Mélenchon,
00:51:19c'est le candidat naturel de LFI.
00:51:20Est-ce qu'il y a vraiment
00:51:21besoin d'expliquer ça ?
00:51:22Je ne comprends même pas
00:51:22que ça soit un sujet de débat.
00:51:24Je ne sais pas.
00:51:25Ou alors vraiment,
00:51:26leur take, c'est de dire
00:51:27LFI ne doit pas présenter
00:51:28de candidat à la présidentielle
00:51:29pour le bien de la gauche.
00:51:30Mais quand on est au PS,
00:51:31qui est le parti rival
00:51:32de la France insoumise,
00:51:34je veux dire, oui, évidemment,
00:51:35dans votre monde parfait
00:51:36au parti socialiste,
00:51:37s'il ne voudrait pas
00:51:37de candidature à LFI.
00:51:38Comme ça, tout le monde
00:51:39revote François Hollande
00:51:40dès le premier tour.
00:51:40Et puis, hop là,
00:51:41on a sauvé la France et la gauche
00:51:42en votant François Hollande.
00:51:43Enfin, bon, ça va.
00:51:44L'absence de chance
00:51:45de Jean-Luc Mélenchon
00:51:46de l'emporter dans cette présidentielle
00:51:47nous incite, nous,
00:51:49à faire preuve en retour
00:51:50de plus de responsabilités
00:51:51parce qu'il faut désormais
00:51:53tout mettre pour construire
00:51:54la candidature du rassemblement
00:51:56du reste de la gauche.
00:51:58Or, LFI,
00:51:58ce n'est pas une surprise,
00:52:00mais certains croyaient encore
00:52:01que Jean-Luc Mélenchon
00:52:02irait dans un processus
00:52:04de primaire, etc.
00:52:04Au Parti Socialiste,
00:52:05on avait acté depuis un an et demi
00:52:07de toute façon
00:52:08qu'il fallait construire
00:52:09ce cadre de primaire
00:52:10hors LFI
00:52:11et qu'il fallait par ailleurs
00:52:12chercher à tout faire
00:52:13pour trouver le processus
00:52:16qui nous permettra
00:52:17d'avoir à la fois un projet
00:52:18et une candidature
00:52:19de rassemblement
00:52:20sur cet espace politique.
00:52:22Ok, alors, il dit ça,
00:52:23mais ils ne vont pas participer
00:52:24à la primaire
00:52:24après, on est au sein du PS.
00:52:25Oui, non.
00:52:26C'est un débat
00:52:27parce que c'est vrai
00:52:27qu'Olivier Fort
00:52:27est plutôt favorable,
00:52:28mais après, bon...
00:52:29Oui, mais en minorité,
00:52:30C'est parti par rapport à ça,
00:52:31maintenant.
00:52:31Depuis que Boris Vallot
00:52:32c'est allé avec Nicolas Meilleur-Rossignol.
00:52:34Incroyable.
00:52:35C'est ça.
00:52:35Politique.
00:52:36Mais non, mais c'est marrant
00:52:38de voir,
00:52:38c'est intéressant en tout cas
00:52:39de voir les socialistes
00:52:41essayer de tout miser là-dessus
00:52:43sur le fait que Jean-Luc Mélenchon
00:52:44serait la personne
00:52:44la plus détestée à gauche.
00:52:47Enfin, d'ailleurs,
00:52:47il l'a dit à gauche,
00:52:48il ne l'a pas dit
00:52:48dans la population
00:52:49parce que dans la population,
00:52:51bon, imaginons,
00:52:52penchons-nous sur les sondages.
00:52:54Regardons ce qu'ils disent.
00:52:55Alors, j'ai noté quelques trucs.
00:52:57Il y a une enquête Ipsos.
00:52:58Alors, après, on va la critiquer,
00:52:59on va la déconcer.
00:53:00Ne vous inquiétez pas, vous inquiétez pas.
00:53:01On ne gobe pas bêtement ça.
00:53:04On essaie quand même.
00:53:05Parlons-en.
00:53:06Parlons du sujet qui fâche.
00:53:07Mélenchon, est-il clivant ?
00:53:08Pour l'interrogation.
00:53:09Mais donnez votre avis dans le chat.
00:53:10Dites oui ou non.
00:53:11Est-ce que vous pensez
00:53:11que Mélenchon est clivant ?
00:53:12Et est-ce que c'est une mauvaise chose ?
00:53:14Non, mais que ce soit une mauvaise chose
00:53:15ou pas, peu importe.
00:53:16Est-ce que vous pensez
00:53:16qu'il est clivant quand même ?
00:53:18Qu'il pourrait éventuellement
00:53:19y avoir un genre d'effet repoussoir ?
00:53:22Mais voilà, penchons-nous
00:53:23avant de voir la réponse du chat.
00:53:25Sur ce sondage,
00:53:26il y a tout un ensemble de sondages
00:53:27qui disent à peu près la même chose.
00:53:28Là, je cite une enquête
00:53:29Ipsos-Sevipaf qui dit
00:53:30en gros que Mélenchon...
00:53:32Oui, il est clivant.
00:53:33Normal, normal, c'est vrai.
00:53:34C'est vrai, il y a plein de gens
00:53:35qui ne l'aiment pas.
00:53:36Et donc ce sondage dit
00:53:38en gros que Mélenchon
00:53:39est la personnalité la plus rejetée.
00:53:4183% de jugement défavorable,
00:53:4360% de très défavorable.
00:53:46Deux tiers des Français
00:53:47le considèrent inquiétant.
00:53:49Bref.
00:53:49OK.
00:53:50Sauf que dans le même sondage,
00:53:52quand on s'intéresse
00:53:52aux sympathisants de gauche,
00:53:5474% à 94%,
00:53:56le soutiennent totalement.
00:53:58Attends, pardon.
00:53:5974% des sympathisants de gauche
00:54:01le soutiennent totalement ?
00:54:02Des sympathisants de la France insoumise.
00:54:03Ah, de la France insoumise.
00:54:04À gauche, mais sympathisants
00:54:05de la France insoumise.
00:54:05OK, OK, pardon.
00:54:06Mais qui ne sont pas forcément
00:54:07des militants,
00:54:08même s'il n'y a pas forcément
00:54:08de militants
00:54:09parce qu'il n'y a pas d'adhésion
00:54:10à la France insoumise.
00:54:10De toute façon,
00:54:10c'est littéralement le principe
00:54:11de l'EFI.
00:54:12Effectivement, il y a plein de gens
00:54:12qui soutiennent l'EFI.
00:54:13Y compris, ils se disent
00:54:14« Bon, je soutiens l'EFI.
00:54:15Moi, j'aurais préféré
00:54:15Guéthée ou Bompard. »
00:54:16Mais bon, c'est pas grave,
00:54:17je vais voter pour Mélenchon
00:54:17quand même parce que
00:54:18le programme, quand même,
00:54:19c'est ça qui compte le plus
00:54:20avant tout, normalement.
00:54:21La ligne politique, tout simplement.
00:54:22Et puis, la suite de ce sondage
00:54:23est intéressante
00:54:24parce que ce soutien,
00:54:24il est explicité,
00:54:25il est justifié par le fait
00:54:28que Jean-Luc Mélenchon
00:54:28est injustement diabolisé
00:54:30par les médias.
00:54:31Enfin, on revient à ce que
00:54:31je disais tout à l'heure
00:54:32sur le côté
00:54:32« Les médias sont les meilleurs
00:54:33alliés de la France insoumise
00:54:35pour essayer de voir
00:54:37le plus possible
00:54:38de personnes de gauche
00:54:39se faire bloc
00:54:39autour de Jean-Luc Mélenchon. »
00:54:40Alors après,
00:54:41qu'il soit la solution ou pas,
00:54:42j'en sais rien.
00:54:42Ce n'est pas ce que je suis
00:54:42en train de dire.
00:54:43Bref, mais en tout cas,
00:54:45on voit que c'est quand même
00:54:47à relativiser ce que dit
00:54:48c'était Arthur Dalaporte,
00:54:49je crois, député du Calvados.
00:54:52C'est malgré tout à relativiser
00:54:53qu'il soit clivant,
00:54:54oui, très clairement,
00:54:56que dans certains endroits
00:54:57en France,
00:54:58il est fait perdre
00:54:59des députés NFP.
00:55:01C'est vrai aussi,
00:55:02j'ai pu le constater
00:55:02en reportage,
00:55:03en particulier dans le Nord,
00:55:04c'est vrai.
00:55:05Il y avait des anciens,
00:55:06j'ai rencontré des anciens militants
00:55:08communistes, de gauche,
00:55:10radicales,
00:55:10pures et dures,
00:55:10qui disaient,
00:55:11en gros,
00:55:11je ne voterai pas
00:55:12pour un candidat
00:55:12qui a la même étiquette
00:55:14que Jean-Luc Mélenchon.
00:55:16Par contre,
00:55:17de là à en faire une généralité,
00:55:18il y a un monde.
00:55:20Et qui n'est pas clivant
00:55:21aujourd'hui en politique ?
00:55:22Macron a été réélu
00:55:23alors que tout le monde
00:55:23le détestait.
00:55:25Souvenez-vous
00:55:26de la popularité de Macron
00:55:27au moment des gilets jaunes,
00:55:28c'était quand même,
00:55:28juste après les gilets jaunes,
00:55:30puis après le Covid,
00:55:31etc.
00:55:32Macron démission,
00:55:32ça a été un mot d'ordre
00:55:33pendant tout son premier mandat
00:55:34et ça a dépassé
00:55:35le simple cadre
00:55:36de la gauche radicale
00:55:37et du black bloc
00:55:38et je ne sais quoi.
00:55:39Enfin,
00:55:39c'est quand même
00:55:39l'extrême impopularité
00:55:40de Mélenchon
00:55:41avant 2022 déjà.
00:55:42Avant 2022,
00:55:43il a quand même été réélu.
00:55:44François Hollande,
00:55:45est-ce qu'il était adoré
00:55:45de la France entière
00:55:46quand il a été élu en 2012 ?
00:55:49Bah non, non.
00:55:50En fait, je veux dire,
00:55:51surtout dans un pays
00:55:52comme la France,
00:55:53détester un petit peu
00:55:53son président de la République,
00:55:55trouver que tous les politiciens
00:55:56sont un peu
00:55:56un gros tas de menteurs
00:55:57payés avec nos impôts,
00:55:58c'est quand même
00:55:58un petit peu l'opinion de base
00:55:59dans ce pays
00:55:59malgré tout
00:56:00quoi qu'on dise.
00:56:01Et malgré ça,
00:56:02le jour de la présidentielle,
00:56:03les gens votent
00:56:04en se disant
00:56:04bon, c'est quand même
00:56:04un petit peu important
00:56:05de voter pour la présidentielle,
00:56:06ça peut vraiment changer ma vie
00:56:07pour le coup,
00:56:08c'est une élection importante,
00:56:09donc on va y aller
00:56:10et on va voir
00:56:10qui a le programme
00:56:11le moins pire.
00:56:12C'est aussi comme ça
00:56:13que beaucoup de gens votent.
00:56:14Enfin, de toute façon,
00:56:15c'est un truc qu'on répète souvent,
00:56:16mais ce n'est pas
00:56:18une course à la popularité
00:56:19la présidentielle,
00:56:20c'est que c'est politique,
00:56:21il y a de la politique derrière.
00:56:22Sans ça,
00:56:22Thomas Pesquet,
00:56:23il n'aurait qu'à se présenter
00:56:29clivant.
00:56:30Oui, c'est sûr,
00:56:31Bardella, il est clivant aussi.
00:56:32Enfin, le RN,
00:56:32si ce n'était pas clivant,
00:56:33le RN,
00:56:34il n'y aurait pas eu
00:56:34un arrangement électoral
00:56:36entre les macronistes
00:56:37et la gauche,
00:56:38y compris la France insoumise
00:56:39pour éviter de se taper
00:56:40Bardella à l'Elysée
00:56:40il y a deux ans.
00:56:41Donc, ce n'est pas la preuve
00:56:42qu'il y a un effet repoussoir
00:56:43autour de Bardella,
00:56:44ce n'est pas la preuve
00:56:45qu'il y a un plafond de verre
00:56:46autour du RN.
00:56:46Bah si, on peut dire ça
00:56:47exactement de la même manière
00:56:49pour le RN
00:56:49et pourtant,
00:56:50dans les médias dominants,
00:56:51on ne tient que ça
00:56:52en permanence
00:56:52sur la France insoumise.
00:56:54Voilà, le PS aussi
00:56:55a un effet repoussoir
00:56:56pour le PS.
00:56:57Édouard Philippe
00:56:58a un effet repoussoir.
00:56:58Tout le monde a un effet repoussoir
00:56:59parce qu'en fait,
00:57:00la France est très divisée,
00:57:01surtout avec la tripartition.
00:57:03Il y a toute une partie
00:57:03de la France
00:57:03qui est vraiment très à droite,
00:57:06plutôt fan de Bardella
00:57:07et compagnie.
00:57:08Ils ne peuvent pas
00:57:08blairer les gauchistes.
00:57:09Il y a tout un tas de gauchistes
00:57:10comme dans le chat,
00:57:11vous êtes très à gauche
00:57:12et vous ne pouvez pas
00:57:13blairer les racistes
00:57:14et les droits.
00:57:14Ça s'appelle la France
00:57:15en 2026.
00:57:16Donc, je veux dire,
00:57:17chercher quelqu'un
00:57:18le plus consensuel possible.
00:57:19C'est impossible.
00:57:20C'est impossible dans la France
00:57:21d'aujourd'hui
00:57:21qui est très très divisée
00:57:22et ce n'est pas le cas
00:57:23que de la France.
00:57:24C'est le cas dans absolument
00:57:24tous les pays d'Occident
00:57:25actuellement.
00:57:26Oui, puis tu parlais
00:57:27de Thomas Pesquet,
00:57:27mais c'est vrai que
00:57:28quand on regarde,
00:57:29il y a eu un sondage
00:57:30il n'y a pas si longtemps
00:57:30sur les personnalités
00:57:31préférées des Français
00:57:32politiques, évidemment.
00:57:33Premier, c'était
00:57:34Michel-Édouard Leclerc.
00:57:36Qui va voter Michel-Édouard Leclerc ?
00:57:37Je ne sais pas.
00:57:38Mais même dans les sondages,
00:57:39il est à 3% ou 2%.
00:57:41Ensuite, c'est Dominique de Villepin.
00:57:42Pareil,
00:57:43bon, après,
00:57:43je sais que tu l'aimes beaucoup,
00:57:44mais...
00:57:44Non, je n'ai pas dit ça.
00:57:46Il y a un scénario possible
00:57:48où il arrive à tirer
00:57:49son épingle du jeu
00:57:50contre toute sa tante.
00:57:51Mais ce n'est pas.
00:57:51Peut-être.
00:57:52Il y a eu un complément d'enquête
00:57:54cette semaine,
00:57:54il faut que je le regarde,
00:57:55mais apparemment,
00:57:56ça tangue un petit peu
00:57:57du côté de Dominique de Villepin
00:57:58qui a accepté
00:57:58quelques cadeaux.
00:57:59Je n'ai rien dit alors.
00:58:00C'était le cadeau de la Chine.
00:58:02C'était chef d'État africain.
00:58:03C'était un buste de Napoléon.
00:58:07avec Bourgie en intermédiaire.
00:58:08Enfin, bref,
00:58:08un truc un peu sale.
00:58:09Mais bon, bref,
00:58:09on en reparlera.
00:58:10On fera une spéciale
00:58:11de Villepin peut-être à l'occasion.
00:58:13Mais non,
00:58:13et puis,
00:58:13donc, il y a de Villepin,
00:58:14mais dans les sondages,
00:58:15il est à 6%.
00:58:16Donc, voilà,
00:58:17c'est ce que tu dis.
00:58:18Il est même à peine sondé, parfois.
00:58:19Oui,
00:58:19et puis, parfois,
00:58:20il est à peine sondé
00:58:20et puis dans une disposition particulière
00:58:22où il y a 800 candidats de droite
00:58:24ou du centre droit.
00:58:25Enfin, bref.
00:58:27Et tout ça pour dire que,
00:58:28oui,
00:58:28ce n'est pas la popularité
00:58:29qui fait qu'on va être élu ou pas.
00:58:31Mais ce que je trouve intéressant
00:58:32dans la stratégie de Jean-Luc Mélenchon,
00:58:33c'est là où je voulais en venir
00:58:34et dans le propos qu'il développe,
00:58:36c'est qu'à la fois,
00:58:37il essaie d'élargir son socle
00:58:38et donc,
00:58:39quelque part,
00:58:40de s'agir,
00:58:40mais il n'oublie pas non plus
00:58:42qu'il vient de la gauche
00:58:43et qu'il reprenne de la gauche.
00:58:44Il y a un extrait,
00:58:45je ne sais plus lequel c'est
00:58:46qu'on avait préparé,
00:58:47mais où il présente
00:58:48une définition de la gauche.
00:58:50Et c'était peut-être juste avant,
00:58:52je crois.
00:58:53Non,
00:58:53c'est ça.
00:58:55En 2026,
00:58:56qu'est-ce que ça veut dire
00:58:56d'être de gauche ?
00:58:56Je te propose qu'on regarde ça.
00:58:58Question intéressante,
00:58:59ce n'est pas évident de répondre
00:59:00qu'est-ce que ça veut dire
00:59:01d'être de gauche.
00:59:01Moi, je sais qu'au crayon,
00:59:02ils m'ont posé la question,
00:59:03c'était galère à répondre.
00:59:05Surtout qu'on parlait
00:59:06de clivant ou pas clivant,
00:59:08mais rien que le fait
00:59:08de se dire de gauche aujourd'hui,
00:59:10en France,
00:59:11dans un pays largement droitisé,
00:59:13c'est clivant, déjà.
00:59:14Mais de le voir assumer,
00:59:15c'est intéressant
00:59:16et on va écouter sa définition.
00:59:18Heureusement,
00:59:19assumer d'être de gauche,
00:59:20ça devrait être le strict minimum.
00:59:21Cela dit,
00:59:21Marine Le Pen
00:59:21n'assume pas le fait
00:59:22d'être de droite.
00:59:23Elle a redit il n'y a pas longtemps.
00:59:24Non, je ne suis ni de gauche
00:59:25ni de droite,
00:59:25je suis de France.
00:59:26Vraiment,
00:59:27comment on peut être
00:59:27plus dépolitisant que ça ?
00:59:28C'est un étudiant.
00:59:29Le camp national.
00:59:31Oui, le son est bas,
00:59:32on est désolé,
00:59:32on ne peut pas mettre
00:59:33beaucoup plus fort.
00:59:33La définition,
00:59:34ça veut dire quoi être de gauche ?
00:59:35C'est la faute de brut.
00:59:37En 2026,
00:59:38comme en 2025,
00:59:39comme en 1789,
00:59:41être de gauche,
00:59:43c'est considérer
00:59:44que la question politique centrale
00:59:46de la vie d'une société,
00:59:47c'est la souveraineté politique du peuple.
00:59:49C'est comme ça
00:59:50que ça a commencé la gauche.
00:59:52Le roi vient,
00:59:55enlève son chapeau
00:59:56devant les états généraux,
00:59:57je ne sais plus si c'était.
00:59:58C'est un autre type de Mélenchon
01:00:00qui est assez apprécié
01:00:01des Mélenchonistes,
01:00:01c'est le Mélenchon historien,
01:00:03le Mélenchon cultivé
01:00:04qui connaît son histoire de France
01:00:05et son histoire républicaine
01:00:06de la France.
01:00:07Et moi, je trouve que
01:00:08quand il joue là-dessus,
01:00:08quand il joue sur ce tableau-là,
01:00:09pour le coup,
01:00:09il peut être très très bon.
01:00:11Et justement,
01:00:11ça lui donne une autre image
01:00:12que ce fameux Mélenchon
01:00:14épouvantail,
01:00:15le bruit et la fureur,
01:00:16quand il sort
01:00:17des espèces de masterclass
01:00:18d'histoire comme ça,
01:00:19on va dire,
01:00:19généralement,
01:00:19c'est plutôt bien vu,
01:00:21y compris de la part
01:00:21de ses adversaires politiques.
01:00:22Je pense à la commission d'enquête
01:00:23sur l'entrisme
01:00:24des frères musulmans
01:00:25dans les partis politiques,
01:00:26machin bidule.
01:00:27Là, vraiment,
01:00:27il y a eu deux heures
01:00:28pour dérouler
01:00:29et parler vraiment
01:00:29de sa vision de la laïcité
01:00:30par rapport à l'histoire de France,
01:00:32en montant jusqu'à
01:00:32la Révolution française.
01:00:34Ça, même ses adversaires politiques,
01:00:35quand ils lanceront là,
01:00:36ils se disent
01:00:36« Ouais, non, on va,
01:00:37il est chaud. »
01:00:38Donc là,
01:00:38il ne les joue un peu sur ce tableau.
01:00:39Même en préparant le stream,
01:00:41je suis tombé sur une citation
01:00:42de Julien Dré
01:00:42il y a seulement quelques années
01:00:43où il dit
01:00:44« Le Mélenchon prof,
01:00:45c'est le meilleur,
01:00:45il devrait miser davantage là-dessus. »
01:00:47Julien Dré le dit.
01:00:48Julien Dré, ok, ok.
01:00:49Il a raison,
01:00:49il a le baron noir.
01:00:52Il ne s'agissait de savoir
01:00:53s'il aurait un droit de veto
01:00:54sur les lois.
01:00:56Lui, il est investi,
01:00:58comme vous le savez,
01:00:58de droit divin.
01:00:59Et donc,
01:01:00il propose d'avoir
01:01:01le droit de veto.
01:01:02Il met à gauche
01:01:03ceux qui sont contre
01:01:06et à droite
01:01:06ceux qui sont pour
01:01:07comme les élus du Seigneur.
01:01:09C'est à gauche
01:01:10qu'en avait le plus.
01:01:10Voilà quand est née la gauche.
01:01:12Et évidemment,
01:01:13la souveraineté politique du peuple,
01:01:15elle suppose,
01:01:16elle a une immédiate conséquence.
01:01:18Nous sommes tous égaux
01:01:19dans la décision à prendre.
01:01:20Mais le sommes-nous réellement
01:01:21dans la société ?
01:01:22Non.
01:01:23C'est ça la question
01:01:23des valeurs aujourd'hui.
01:01:25Valeurs de gauche aujourd'hui.
01:01:26Ce serait quoi les valeurs de gauche
01:01:27en quelques mots
01:01:28si on devrait résumer ?
01:01:31L'interrompre au milieu
01:01:32de sa démonstration,
01:01:33je trouve que c'est un peu nul
01:01:33parce que pour le coup,
01:01:34je trouve que c'est une excellente manière
01:01:35et c'est un peu ce que j'ai essayé de faire
01:01:36quand j'étais au crayon d'ailleurs,
01:01:37pour expliquer ce que c'est
01:01:38que la gauche, la droite,
01:01:39c'est historiciser le truc.
01:01:40C'est des familles politiques.
01:01:41Si on ne s'intéresse pas
01:01:42à l'histoire
01:01:42des différentes idées politiques,
01:01:43tu ne peux pas comprendre.
01:01:44Tu as un prisme de lecture
01:01:45qui est tout pourri
01:01:46et tu te retrouves à dire
01:01:47« Mais gauche et droite,
01:01:48peut-être que ça ne veut plus rien dire. »
01:01:49Ben si, ça veut dire quelque chose
01:01:50puisque tout ça s'inscrit
01:01:51sur le temps long
01:01:52et qui en remonte
01:01:53depuis jusqu'à 1789
01:01:54et la Révolution française.
01:01:56Donc justement,
01:01:56avoir l'approche pour dire
01:01:57« Ma définition de la gauche,
01:01:58c'est juste s'intéresser
01:02:00à l'histoire
01:02:00des mouvements politiques
01:02:01et des familles politiques »
01:02:02et en fait, voilà,
01:02:03la question, elle est vite répondue,
01:02:04j'ai envie de dire.
01:02:06Valeur, c'est un vocabulaire métaphysique.
01:02:08La gauche, elle a des principes.
01:02:10Le principe, c'est
01:02:11tout le monde a le droit à la vie,
01:02:13tout le monde a le droit
01:02:13de vivre dignement
01:02:14et donc il faut répartir la richesse.
01:02:17Et des fois,
01:02:17il faut nationaliser
01:02:20l'instrument de production.
01:02:21Et des fois,
01:02:22il faut nationaliser
01:02:23les biens communs.
01:02:24Les biens communs appartiennent
01:02:25à tous.
01:02:26Quels sont ces biens communs ?
01:02:27L'air, l'eau
01:02:28et combien d'autres choses ?
01:02:30Le savoir,
01:02:31le savoir est un bien commun.
01:02:32Aujourd'hui,
01:02:33il est privatisé
01:02:34par les GAFA
01:02:36et ainsi de suite.
01:02:37Il a deux doigts
01:02:37de parler de démarchandisation
01:02:39comme Boris Vallaud,
01:02:39dis-donc.
01:02:40Il arrive après.
01:02:42Ou alors, c'est peut-être
01:02:42Boris Vallaud
01:02:43qui parle de démarchandisation
01:02:44comme Jean-Luc Mélenchon.
01:02:45Ce n'est pas des valeurs,
01:02:47tout ça,
01:02:47c'est des principes.
01:02:49Bon, c'est d'accord,
01:02:50si quelqu'un dans la rue
01:02:52va me dire qu'elles sont...
01:02:54On partage des valeurs,
01:02:55je ne vais pas lui dire
01:02:55non, non, monsieur,
01:02:56des principes.
01:02:57Mais là,
01:02:57nous avons eu un dialogue
01:02:59et on essaye
01:02:59d'avoir un dialogue exigeant.
01:03:01Donc, si on doit aller
01:03:02sur le fond des mots,
01:03:03voilà.
01:03:04La gauche, c'est ça.
01:03:05Et puis, alors qu'on arrête
01:03:08ces larmoiements permanents
01:03:09qui sont toujours intéressés,
01:03:11vous savez ?
01:03:11Toujours intéressés.
01:03:13C'est-à-dire qu'on me pose
01:03:14des questions uniquement
01:03:15pour que la gauche se batte.
01:03:17Monsieur Mélenchon,
01:03:18madame Tondelier a dit de vous
01:03:19que vous êtes le roi du cimetière.
01:03:21Monsieur Mélenchon,
01:03:22monsieur Roussel a dit que...
01:03:23Et alors, moi,
01:03:24si je faisais la bêtise
01:03:25d'entrer dans ce jeu,
01:03:27à mon tour,
01:03:27je répondrais.
01:03:28Et là, tout serait horriblement,
01:03:30comment dire,
01:03:31démoralisant,
01:03:33démotivant.
01:03:34Et le but de ce qu'on fait,
01:03:35c'est le contraire.
01:03:36Pour faire la transformation
01:03:37de la société
01:03:38dont nous avons besoin,
01:03:39on a besoin d'une société
01:03:41mobilisée,
01:03:42donc consciente.
01:03:43Vous voyez ?
01:03:43Donc tout ça se tient.
01:03:44Alors, qu'est-ce que vous voulez
01:03:45que je vous dise ?
01:03:45Moi, j'en sais rien,
01:03:46je préférerais qu'ils soient avec moi.
01:03:47Ils ne veulent pas,
01:03:48je ne peux pas les forcer.
01:03:49Donc je m'en reste aux autres
01:03:50qu'il y a autour.
01:03:51Et puis aux électeurs de gauche,
01:03:52aidez-moi.
01:03:53Vous savez bien que de toute façon,
01:03:54nous sommes les premiers à gauche.
01:03:56Vous connaissez notre programme,
01:03:57vous n'avez pas de raison
01:03:59de grimper au plafond horrifié.
01:04:00C'est le contraire, non ?
01:04:02C'est intéressant ce qu'il a dit
01:04:02sur Marine Tondelier
01:04:04qui parle d'être les rois du cimetière.
01:04:06C'est vrai qu'il y a deux choses.
01:04:07Il a dit deux choses pour moi
01:04:08qui sont intéressantes.
01:04:09Il a dit
01:04:09« Tout le monde parle de moi en permanence. »
01:04:12Et c'est vrai que c'est intéressant,
01:04:13en fait,
01:04:13pour un peu comprendre
01:04:14ce que représente LFI aujourd'hui
01:04:16et pourquoi justement
01:04:17Mélenchon se sent légitime
01:04:18à ranquiller pour une quatrième candidature
01:04:21et y aller un petit peu
01:04:21en restant dans sa lane,
01:04:22c'est qu'à un moment donné,
01:04:24dans la tête de beaucoup de gens,
01:04:25LFI, c'est la gauche, quoi.
01:04:26Ou la vraie gauche
01:04:27avec un grand jeu, on va dire.
01:04:28Il y a un signe qui ne trompe pas.
01:04:29Sur les réseaux sociaux,
01:04:30quand tu as une parole de gauche,
01:04:31mais que tu parles de LFI ou pas,
01:04:33tu as mille droits tard qui arrivent
01:04:34et qui disent
01:04:38« Les critiques de LFI par ailleurs, etc. »
01:04:40On peut faire des tiers-listes sur toi
01:04:41pour dire que tu fais partie
01:04:42de la gauche anti-LFI.
01:04:43Dès que tu as une parole de gauche,
01:04:44quoi qu'il en soit,
01:04:45ça va arriver et te taper sur la gueule
01:04:46parce que soi-disant,
01:04:47tu es un LFiste.
01:04:49Pour les adversaires de la gauche
01:04:50et l'extrême droite en particulier,
01:04:52mais c'est aussi le cas
01:04:52pour les macronistes en réalité,
01:04:53dès que tu as une parole de gauche,
01:04:54par définition,
01:04:55on te classifie
01:04:56comme étant un LFiste.
01:04:58Donc, à partir de là,
01:04:59c'est vrai qu'il a ce côté
01:05:00« Je suis dans toutes les têtes,
01:05:01je suis dans toutes les bouches,
01:05:02c'est peut-être parce que
01:05:03c'est moi la gauche au final. »
01:05:05Il n'a pas tout à fait tort
01:05:05quand il dit ça.
01:05:06Premièrement.
01:05:07Et deuxièmement,
01:05:07il y a ce côté défaitiste,
01:05:09l'aspect défaitiste du PS,
01:05:10des écolos,
01:05:11de la gauche hors LF,
01:05:12on va dire,
01:05:13qui disent « Non, mais on va perdre,
01:05:14on va perdre,
01:05:15c'est pas possible,
01:05:15si on fait ça, on va perdre. »
01:05:16Mais dans ce cas-là,
01:05:16c'est quoi le chemin vers la victoire ?
01:05:17C'est mettre quelqu'un
01:05:18de ne pas être trop identifié
01:05:19qui arrive et s'il se voir
01:05:20et s'il perd.
01:05:21À ce moment-là,
01:05:22ça ne sert à rien
01:05:23d'avoir un discours défaitiste
01:05:24quand on est en campagne présidentielle.
01:05:26Donc à la fois,
01:05:27il a un peu articulé
01:05:28ces deux trucs-là
01:05:29dans ce bout d'interview.
01:05:29Je trouve ça assez intéressant.
01:05:31Et ça,
01:05:31ça en dit peut-être pas forcément
01:05:32beaucoup sur la stratégie
01:05:33de la France insoumise,
01:05:34mais sur les raisons
01:05:35qui les amènent à être confiants
01:05:36dans la candidature
01:05:37de Jean-Luc Mélenchon
01:05:37pour 2027.
01:05:38Pour moi,
01:05:39c'est à ce niveau-là
01:05:39qu'il faut aller chercher.
01:05:40À la fois,
01:05:40comment le reste de la gauche
01:05:41est impréparé,
01:05:42mais surtout,
01:05:43d'ores et déjà défaitiste,
01:05:44c'est un discours
01:05:44qui n'est pas forcément
01:05:45le plus mobilisateur
01:05:46si ce qu'on veut,
01:05:46s'est transformé la société
01:05:47avec un petit peu d'ambition,
01:05:48premièrement.
01:05:49Et deuxièmement,
01:05:50le fait que tout le monde
01:05:51parle de LFI en permanence
01:05:52dès qu'on parle de la gauche
01:05:52parce qu'il considère
01:05:54que la gauche,
01:05:55c'est déjà un peu lui de fait
01:05:56et donc il a toute la légitimité
01:05:58pour y aller
01:05:58et toutes les raisons de penser
01:05:59qu'il pourrait au moins
01:06:00accéder au second tour
01:06:00et mettre après les autres.
01:06:02Enfin, tout le monde,
01:06:02la France dans son intégralité,
01:06:04dans un grand moment politique
01:06:05de vérité finalement,
01:06:07à dire bon,
01:06:07alors,
01:06:07est-ce que vous êtes antifasciste
01:06:08ou pas ?
01:06:09Je vous pose la question.
01:06:11En fait,
01:06:12je trouve que c'est intéressant
01:06:13parce qu'on voit l'illustration,
01:06:14voir la conclusion
01:06:15de cette stratégie
01:06:16depuis quelques années
01:06:17de,
01:06:18j'allais dire conquérir la gauche,
01:06:20mais ce n'est pas le bon terme,
01:06:21mais en tout cas,
01:06:21d'être hégémonique à gauche.
01:06:23On se souvient qu'en 2024,
01:06:24avant les européennes,
01:06:26Jean-Luc Mélenchon
01:06:26avait proposé
01:06:27au reste de la gauche
01:06:28de mettre en place
01:06:30des listes uniques
01:06:30de la gauche.
01:06:31Alors,
01:06:31le but à l'époque,
01:06:32ce n'était pas de faire
01:06:33une union de la gauche
01:06:33où tout le monde a égalité,
01:06:34etc.
01:06:34C'était plutôt de dire
01:06:36voilà,
01:06:36nous sommes la force
01:06:37de gauche majoritaire,
01:06:40mettez-vous avec nous
01:06:40et puis nous serons
01:06:42la locomotive,
01:06:43mais d'une certaine façon,
01:06:45c'était une façon
01:06:46de reléguer
01:06:49ses partenaires
01:06:49au rang de supplétif,
01:06:51on va dire.
01:06:52Ensuite,
01:06:53c'était après
01:06:56le premier tour
01:06:56des législatives,
01:06:58non,
01:06:58juste après les européennes,
01:06:59pardon,
01:06:59une fois la dissolution actée,
01:07:01il y avait aussi
01:07:02cette campagne
01:07:03Mélenchon Premier ministre,
01:07:05avec,
01:07:06enfin voilà,
01:07:06il y a eu
01:07:06tout ce travail
01:07:07qui a été très court,
01:07:09mais sur le programme
01:07:09du NFP,
01:07:10on a vu cette union
01:07:11qui s'est faite,
01:07:11etc.
01:07:11Et puis Jean-Luc Mélenchon
01:07:12et la France Insoumise
01:07:13ont annoncé
01:07:14Mélenchon Premier ministre,
01:07:15etc.
01:07:15C'était une façon
01:07:16de,
01:07:18pas de court-circuiter tout ça,
01:07:19d'accompagner le mouvement,
01:07:20mais en même temps
01:07:20de dire,
01:07:20mais attention,
01:07:21c'est quand même nous
01:07:21qui sommes devant
01:07:22et si vous voulez gagner,
01:07:23il va falloir vous ranger
01:07:24derrière nous.
01:07:25Et là,
01:07:25c'est le prolongement
01:07:27de tout ça.
01:07:28Mais ce que je trouve
01:07:29surtout intéressant
01:07:29dans ce propos,
01:07:31c'est le fait
01:07:32de revendiquer,
01:07:33évidemment,
01:07:34le drapeau de la gauche,
01:07:34ça c'est intéressant,
01:07:35on l'a dit,
01:07:36mais aussi l'héritage révolutionnaire.
01:07:37Et là,
01:07:41on a encore parlé de lui.
01:07:43Est-ce que Dominique de Villepin
01:07:44ne serait pas dans toutes les bouches
01:07:45et toutes les têtes ?
01:07:46Quand on parle du sang,
01:07:47c'est de la même manière
01:07:47que Mélenchon,
01:07:48on l'est pour la gauche.
01:07:48C'est la preuve
01:07:49qu'il a créé la surprise.
01:07:51Mais Dominique de Villepin,
01:07:51il y a quelques temps,
01:07:53il avait publié
01:07:53une sorte de manifeste
01:07:54sur son site,
01:07:55je ne sais plus
01:07:55comment il s'appelait
01:07:56Le Pouvoir de dire non,
01:07:57je crois,
01:07:57quelque chose comme ça,
01:07:57il dit toujours non
01:07:58comme une façon
01:07:59de rappeler l'Irak.
01:08:00Il dit trois
01:08:00pour la guarnir.
01:08:04Mais Dominique de Villepin
01:08:05me dit
01:08:06le clivage structurant
01:08:07aujourd'hui
01:08:08et dans les temps prochains,
01:08:10ça va être le clivage
01:08:10révolutionnaire
01:08:11contre révolutionnaire.
01:08:12Et là,
01:08:12Jean-Luc Mélenchon,
01:08:13c'est un petit peu
01:08:14ce clivage-là,
01:08:16ce créneau-là
01:08:17qu'il prend.
01:08:19Et évidemment,
01:08:20il faut le reconnaître,
01:08:21qu'on soit mélenchoniste
01:08:21ou pas mélenchoniste,
01:08:22qu'on soit vert,
01:08:24socialiste
01:08:25ou insoumis
01:08:26ou communiste.
01:08:27Le Mélenchon prof
01:08:28qui nous rappelle
01:08:29qu'on vient de la révolution,
01:08:31qu'on est porteur
01:08:31de cet héritage,
01:08:32il est bon.
01:08:34Il n'y a rien à dire là-dessus.
01:08:35Sous-titrage Société Radio-Canada

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