- il y a 10 heures
Cela fait 6 ans qu'il ne s'était pas rendu à la Fête de l'Humanité. Gauche, Nupes, rentrée sociale, violences policières... Jean-Luc Mélenchon est interrogé ce samedi, depuis la tribune de l'Agora, par Julia Hamlaoui, la cheffe du service politique de l’Humanité.
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NewsTranscription
00:00:00Bonjour, bonjour à toutes et tous.
00:00:04Merci à vous tous qui êtes si nombreux avec nous en Essonne aujourd'hui.
00:00:09Merci aussi à tous ceux qui nous suivent en direct via nos réseaux sociaux et l'humanité.fr, notre site
00:00:17internet.
00:00:19Et bonjour à vous, surtout Jean-Luc Mélenchon.
00:00:22Nous sommes ravis de vous retrouver à l'agora de l'humanité pour cette édition pleine de nouveautés.
00:00:29Une nouvelle fête de l'humanité avec son déménagement, un nouveau quinquennat aussi qui commence et une nouvelle alliance à
00:00:37gauche.
00:00:37On aura l'occasion d'en parler.
00:00:40Mais sans plus tarder, on entre tout de suite dans le vif du sujet, puisqu'en cette rentrée, une question
00:00:47occupe les esprits, l'inflation et ses multiples facettes.
00:00:51Après les prix de l'essence qui ont occupé ces derniers mois, l'INSEE prévoit une envolée des prix de
00:00:57l'alimentaire de 12% d'ici la fin de l'année.
00:01:01La crise énergétique laisse aussi craindre le pire.
00:01:05En quoi l'inflation est-elle, selon vous, un accélérateur vertigineux de la lutte des classes, comme vous l'avez
00:01:10récemment déclaré ?
00:01:12Bon, merci pour votre accueil. Il est très émouvant pour moi.
00:01:18Merci à mes camarades que je vois un peu partout.
00:01:22Je vous embrasse bien fort.
00:01:24Bon, la question des prix.
00:01:27Dans la théorie marxiste de la monnaie, lorsque le signe excède la valeur réelle et produite qui s'échange, il
00:01:34y a un mécanisme d'inflation.
00:01:36Ce mécanisme, il est en place dans le capitalisme depuis maintenant les années 70.
00:01:41Et c'est la puissance des Etats-Unis qui maintient le dollar à une valeur fictive.
00:01:47Mais nous autres tous, nous savons qu'il y a 4 fois, 5 fois, 10 fois, 4 000 fois la
00:01:52valeur des biens réels qui circulent représentée en dollars.
00:01:55Mais ce n'est pas le sujet de l'inflation aujourd'hui.
00:01:58Le système capitaliste est un système qu'on dit métastable, c'est-à-dire à la limite de l'équilibre.
00:02:03Et il a reçu plusieurs chocs violents, par exemple en 2008.
00:02:07Mais depuis, il y en a eu d'autres.
00:02:09Et là, il y en a eu un qui a rompu les chaînes de production, c'est la Covid.
00:02:14Et la Covid a rompu le mécanisme du capitalisme contemporain, du capitalisme productif.
00:02:19Vous savez, on pêche les crevettes à un endroit, on les décortique à un autre, et on les mange à
00:02:25un troisième.
00:02:26Tout ça parce que le coût du transport est quasiment nul et qu'on cherche partout le prix du travail
00:02:30le plus bas.
00:02:32Et donc cette chaîne s'est rompue et ça a mécaniquement produit une rareté de biens.
00:02:37Par exemple, en France, c'est absurde, le bois, le fer, etc.
00:02:41Mais on met toutes ces causes techniques de côté.
00:02:44Il reste une chose.
00:02:47L'augmentation des prix, qu'on dit aux alentours de 10%,
00:02:52qui naturellement n'est pas de 10%, est plus importante parce que dans le panier,
00:02:57qui est celui d'un travailleur ou d'une famille de salariés, c'est plus que 10%.
00:03:03Ça revient en fait à une nouvelle répartition entre le capital et le travail de la valeur produite.
00:03:08Et c'est le travail qui contribue à se faire voler 10%.
00:03:13Parce que si les prix augmentent de 10%, c'est 10% de moins de capacité d'achat.
00:03:18Et c'est comme ça que vous avez le résultat suivant.
00:03:22Les gens ont moins.
00:03:24Et le capital s'est gonflé d'une manière spectaculaire.
00:03:28Puisque dorénavant, comme vous vous en souvenez tous,
00:03:305 personnes possèdent autant que 27 millions.
00:03:33Et les très grandes fortunes de notre pays ont augmenté de 300, 400 et 500%.
00:03:39Par conséquent, ma proposition initiale en septembre 2021,
00:03:43était qu'on bloque les prix.
00:03:45Pourquoi ?
00:03:46Parce que la décharge, si vous voulez, comme sur une corde,
00:03:50la décharge retournée à l'expéditeur.
00:03:53Les prix augmentent, fort bien, ils sont bloqués, c'est vous qui payez l'arboise.
00:03:57Si c'est vous, travailleurs, qui la payez,
00:03:59évidemment pour eux c'est le rêve.
00:04:01La vie continue comme avant.
00:04:03Je terminerai donc blocage des prix d'un côté,
00:04:06et de l'autre côté, des mesures qui auraient pu être prises
00:04:09si nous avions présidé le pays.
00:04:12C'est-à-dire si on avait passé au deuxième tour
00:04:15et gagné l'élection présidentielle.
00:04:18Pourquoi l'Union européenne, qui est si forte à faire des phrases,
00:04:21n'a pas pris la seule bonne décision qu'il y avait à prendre
00:04:24à propos du prix du carburant ?
00:04:27Si l'Union européenne avait dit, nous bloquons le prix,
00:04:29nous refusons l'augmentation des coûts.
00:04:32Que se serait-il passé ?
00:04:34Quel pays était capable ?
00:04:35Quel producteur de pétrole était capable de dire,
00:04:38non, non, nous on s'en fout, on ne vendra plus en Europe ?
00:04:41Personne, nous sommes 450 millions de consommateurs.
00:04:45Et vous voyez que des mois après, ça se termine
00:04:48exactement par ce qu'on leur disait,
00:04:50fixez un prix de gros,
00:04:51et vous obligerez les producteurs à le facturer à ce prix.
00:04:55Maintenant, après avoir fait toutes sortes de gesticulations,
00:04:57ils sont partis pour négocier avec les Russes
00:05:00le prix du gaz, qui est positivement grotesque.
00:05:03Il aurait fallu peut-être commencer par là,
00:05:05et ce n'était pas le gaz qui était le principal problème,
00:05:07c'était l'essence.
00:05:08Donc, blocage des prix, négociation,
00:05:11fixation d'un prix de gros au niveau européen,
00:05:14et en tout cas au niveau français.
00:05:16J'avais fait pour les sujets les plus importants,
00:05:19une proposition aussi, c'était que dès le départ,
00:05:22on aille voir les Algériens, pour une fois,
00:05:24dans une relation égalitaire et mutuellement respectueuse,
00:05:27qui était de dire, vous, vous avez besoin du blé français,
00:05:3020% du blé algérien vient de France,
00:05:33et nous avons besoin de gaz et de pétrole.
00:05:35Donc, nous pouvons échanger à des niveaux de prix non spéculatifs.
00:05:40Les Algériens y auraient trouvé leur compte, et nous aussi.
00:05:43Pour finir, il a tellement traîné
00:05:44que les Italiens sont passés avant.
00:05:46Donc, toute cette affaire a été spectaculairement mal gérée.
00:05:49Mais je vous dis, nous avons une obligation de lutte
00:05:52contre la guichère, parce que c'est,
00:05:55le capital va s'emparer de 10% des revenus du travail.
00:06:00Par conséquent, la lutte doit être globale,
00:06:02frontale et générale.
00:06:04Et tout doit être consacré à la réunion de l'unité populaire
00:06:09pour faire face au capital dans la répartition de la richesse produite.
00:06:14Je termine en vous disant, les gens,
00:06:16rappelez-vous toujours que ce n'est pas le capital
00:06:20qui augmente la valeur de la richesse.
00:06:22C'est le travail et rien d'autre que le travail.
00:06:24Que votre paye n'est jamais rien qu'une partie de la richesse produite.
00:06:31Ce n'est pas un cadeau.
00:06:32Et de la même manière, toutes les cotisations sociales ne sont pas une faveur.
00:06:37C'est votre propre paye.
00:06:40Par conséquent, ça ne veut rien dire que le système est généreux.
00:06:43C'est les travailleurs et les salariés qui, par leur cotisation et la répartition des allocations
00:06:49qui s'en déduisent, qui sont forts dans le rapport avec le capital.
00:06:54Alors, justement, vous parlez de la prédation du capital.
00:06:59Emmanuel Macron défend avec ardeur les intérêts des siens, exigeant de tous les autres la fin de l'abondance
00:07:05que, par ailleurs, beaucoup n'ont jamais connue.
00:07:07Il semble l'oublier.
00:07:10Mais qu'est-ce qui manque de l'autre côté de la barrière pour engranger des victoires ?
00:07:14Vous avez appelé, à la fin de l'été, à une bataille générale.
00:07:18Au-delà de la question du blocage des prix, sur quoi doit-elle porter en priorité ?
00:07:24Évidemment, on n'en finirait plus de faire la liste.
00:07:25Ce que vous connaissez tous et que vous avez sous les yeux,
00:07:28c'est la conséquence ultime de la dégénérescence du capitalisme de notre époque.
00:07:33Nous sommes plongés dans un système qui, sans doute pour une des premières fois de l'histoire,
00:07:38mais en tout cas la première fois, sous cette forme globale qui prend en compte le monde entier,
00:07:45à un système qui se nourrit des désastres qu'il crée.
00:07:49Par exemple, la Covid est une épidémie, c'est un virus, bien sûr, qui est en cause,
00:07:54mais le virus, il n'est pas tombé du ciel, il est venu de la zoonose,
00:07:58c'est-à-dire de l'exploitation forcenée des animaux,
00:08:01mis dans des élevages massifs qui prennent les microbes qui arrivent,
00:08:04les virus qui arrivent, des animaux sauvages qui ne peuvent plus vivre,
00:08:08dans leur milieu naturel, ça se transmet à eux et ça se passe aux hommes, aux êtres humains.
00:08:13Donc la racine de la pandémie, c'est le capitalisme, alors ça peut paraître curieux,
00:08:18mais oui, c'est pas le virus, il était là avant.
00:08:21Par conséquent, vous les avez vus pendant cette crise provoquée par le système,
00:08:26en profiter et augmenter leur fortune.
00:08:29Donc nous sommes en face d'un système qui est fondamentalement irresponsable,
00:08:34qui n'assume pas et va tirer avantage des désastres qu'il provoque.
00:08:39Ça, c'est un fait nouveau dans l'histoire, vous l'avez sous les yeux,
00:08:42en France, progressivement, vous le savez tous,
00:08:45nous sommes dans une situation de tiers-mondisation.
00:08:48La tiers-mondisation, naturellement, ça ne dit rien de, comment dire,
00:08:52désagréable pour ceux qui ont le malheur de vivre dans ce qu'on appelle le tiers-monde.
00:08:57Mais ça veut dire l'hôpital qui ne marche plus, l'école qui ne marche plus,
00:09:01les transports qui vont moins vite que... etc. etc. etc.
00:09:05C'est-à-dire une dégradation générale de tout ce que la société avait inventé,
00:09:10de systèmes qui mutualisent l'effort, mutualisent la défense, la dépense.
00:09:16Le système collectiviste, l'avantage qu'il a, c'est qu'il est plus économique
00:09:19que le système capitaliste qui, lui, fonctionne sur la compétition et la concurrence.
00:09:24Nous, nous fonctionnons dans notre idée sur l'entraide
00:09:27et nous détruisons donc tous les coûts de publicité, de compétition, etc. etc.
00:09:33Donc, nous devons nous concentrer, bien sûr, sur la bataille.
00:09:37Mais on doit... on pense quand même, on peut le dire à la fête de l'humain.
00:09:40Oui, nous sommes des collectivistes et nous l'assumons.
00:09:43Alors, il faut choisir le mot, mais il faut le défendre.
00:09:48Vous savez, mes amis et mes camarades,
00:09:51quand la première fois j'ai parlé de planification écologique,
00:09:54c'était le grand évanouissement général.
00:09:56On était dans les années de fer du néolibéralisme.
00:09:59Qu'est-ce qu'on s'en fout ?
00:10:00Les mots sont comme des obus.
00:10:01Ils font éclater des certitudes.
00:10:05Eh bien, il faut assumer le mot collectiviste.
00:10:07Oui, nous croyons au collectif.
00:10:10Nous croyons à ce qui est l'entraide.
00:10:12Nous croyons à la mutualisation.
00:10:15Et nous pensons que c'est un bon principe de société.
00:10:18Bon, si les gens en veulent, on le fera.
00:10:20S'ils n'en veulent pas, ils feront autre chose.
00:10:21Donc, à voir comme ça marche, leur truc.
00:10:23Mais je vais vous dire une chose.
00:10:25Nous avons besoin d'une démonstration de force.
00:10:29Alors, évidemment, il y a des composantes différentes.
00:10:32Les syndicats mènent l'action dans l'entreprise,
00:10:34font des grèves, etc.
00:10:35Des actions collectives de salariés.
00:10:37C'est leur rôle.
00:10:38Et nous, c'est pas notre part du combat.
00:10:44Il n'y a pas, par exemple, moi je suis un insoumis,
00:10:46tout le monde le sait,
00:10:47il n'y a pas de structure insoumise dans les entreprises.
00:10:49Et ce n'est pas le sujet pour nous.
00:10:51Par contre, nous avons besoin de moments
00:10:54où participent à la lutte tous ceux qui y sont intéressés.
00:10:57C'est-à-dire tous ceux qui ont besoin d'accéder au réseau
00:11:00pour vivre et pour survivre au réseau du collectif.
00:11:03C'est-à-dire les étudiants plongés dans la misère,
00:11:06les retraités pris à la gorge,
00:11:08les gens qui ne peuvent pas travailler,
00:11:11les chômeurs qui, eux, ne demandent pas mieux que de travailler,
00:11:14mais qui ne trouvent pas d'emploi.
00:11:16Parce que quand il y a 6 millions de chômeurs,
00:11:18on ne vient pas nous raconter que 300 000 emplois
00:11:21sans personne qui les prenne,
00:11:24ça représente une masque significative.
00:11:26Vous m'avez tous compris.
00:11:27C'est pourquoi nous avons besoin d'action populaire du peuple,
00:11:31telle que je viens de le décrire dans ses composantes,
00:11:34tous ensemble, avec toute la force qui peut être la nôtre.
00:11:38Nous avons besoin d'une démonstration de force du peuple lui-même.
00:11:42C'est pourquoi je pense que l'idée de la marche est une bonne idée.
00:11:46Qu'elle ait lieu un samedi ou un dimanche
00:11:48qui permet à tout le monde de venir
00:11:50et de participer massivement à l'action.
00:11:58Alors, sur cette question, on y reviendra peut-être un petit peu plus précisément
00:12:01tout à l'heure si on en a le temps.
00:12:05Mais je voulais aussi revenir sur l'année écoulée,
00:12:08parce que vous disiez que vouloir mobiliser tous ceux qui ont besoin du collectif,
00:12:15au cours de l'année écoulée, on l'a vu, la gauche a marqué des points.
00:12:17Cependant, elle est plus nombreuse, avec 151 députés de l'ANUP à l'Assemblée nationale,
00:12:25mais elle a échoué à conquérir le pouvoir.
00:12:27On voit que le vote des classes populaires continue en partie de lui faire défaut,
00:12:32d'une part avec une abstention énorme,
00:12:35d'autre part avec l'extrême droite aussi, qui de son côté progresse.
00:12:40Par quel bout la gauche peut reconquérir les classes populaires, d'après vous ?
00:12:44Bon, le mieux est que je prenne la chose zen.
00:12:50Non ?
00:12:51Bon.
00:12:53Il est certain que nous avons manqué de peu
00:12:59l'accès au deuxième tour à l'élection présidentielle.
00:13:03Et je demande qu'on ne tourne pas trop vite la page,
00:13:06même si les journalistes passent d'une chose à une autre,
00:13:09mais il s'est passé un événement considérable.
00:13:13Nous avons raté le deuxième tour, sans doute parce que le projet initial,
00:13:18qui était celui des communistes et des insoumis,
00:13:23formalisé par l'existence du Front de Gauche, s'est rompu.
00:13:26Il est clair qu'ensemble, on passait le premier tour.
00:13:30Mais ce qui reste frappant, c'est que le projet politique,
00:13:35la stratégie politique arrêtée en commun entre communistes et insoumis en 2012,
00:13:41à savoir, quel était-il ?
00:13:44Que la gauche de rupture, je pèse mes mots,
00:13:48la gauche qui pense qu'on ne peut développer un programme populaire
00:13:52qu'en rupture avec le capitalisme et le productivisme,
00:13:56qu'il fallait que cette gauche passe en tête pour que puisse se rassembler le peuple.
00:14:01Que tant qu'on serait regroupé sur une ligne de centre-gauche,
00:14:04ou derrière le centre-gauche,
00:14:06on serait dans une ambiguïté qui écarterait de nous le nombre et les milieux populaires.
00:14:12Et je voudrais vous dire, et vous rappeler ceci,
00:14:15certes, il faut reconquérir, rien n'est jamais parfait,
00:14:19il faut toujours faire plus.
00:14:20Mais il ne faut pas se tromper.
00:14:22Nous sommes devenus le premier parti des chômeurs,
00:14:26le premier parti des précaires,
00:14:28le premier parti des jeunes de moins de 35 ans,
00:14:31le premier parti des centres urbains.
00:14:33Nous sommes le peuple des humiliés et des opprimés
00:14:37qui a réussi à mettre son drapeau en tête.
00:14:42Alors je demande qu'on arrête les jérémiades.
00:14:45C'est cette bataille-là qui continue.
00:14:48Nous avons avancé.
00:14:49Il faut avoir la patience de l'histoire.
00:14:52Et il faut régler les problèmes qu'il y a à régler,
00:14:54au lieu d'aller se battre la coupe sur la poitrine des autres.
00:14:58Nous avons avancé.
00:14:59Nous avons marqué des points.
00:15:01On doit continuer.
00:15:02Je vais vous dire ce qu'il faut continuer.
00:15:04Agir, bon sang de bois.
00:15:06Allez voir les gens un par un, comme nous le faisons,
00:15:08aux portes à portes, un par un, à expliquer.
00:15:13Camarades, voilà les élections législatives qui arrivent.
00:15:16Alors la dame ou le monsieur est dit législatif ?
00:15:20Oui, oui, c'est pour élire les députés.
00:15:21Ah oui, rien que ça déjà, c'était une bataille.
00:15:24Tous ceux qui dans cette salle sont des militants
00:15:26savent que tout commence par ces explications-là, un par un.
00:15:30Maintenant, je viens aux législatives.
00:15:32Aux législatives, nous avons fait un accord.
00:15:34Je vais vous parler bien cru.
00:15:36Il n'y aurait pas eu d'accord si ce n'était pas sur une ligne de rupture.
00:15:39La rupture est la condition de l'Union.
00:15:42Pas de rupture, pas d'union.
00:15:44Union, 6 ruptures.
00:15:46640 points, camarades.
00:15:49On m'avait dit on va faire 10 ou 15 points.
00:15:51Non, non, non, non.
00:15:52On va faire un programme.
00:15:54Et on a un programme partagé entre nous.
00:15:57Et il ne faut pas l'oublier.
00:15:58Ce qui a été signé, a été signé.
00:16:01Notamment sur la question européenne, la question de la désobéissance.
00:16:04Et ce qui était le plus facile à signer.
00:16:07Il y a eu d'autres questions plus compliquées.
00:16:08Il y en aura d'autres qui arriveront devant nous, qui sont compliquées.
00:16:12Et nous les réglerons parce que nous aurons tout le temps l'optimisme de l'action.
00:16:15Mais je termine sur la législative.
00:16:17Qu'est-ce qui s'est passé ?
00:16:19Nous avons gagné le premier tour.
00:16:22Ne vous laissez pas voler votre victoire.
00:16:24Nous avons gagné.
00:16:26Nous sommes arrivés en tête.
00:16:27Et au deuxième tour, que s'est-il passé ?
00:16:31Il faut regarder objectivement qu'est-ce qui s'est passé.
00:16:35La droite a préféré voter blanc, s'abstenir et laisser passer un facho
00:16:43plutôt qu'un membre de la NUPES et des Insoumis.
00:16:47Ils ont renoué avec le pire de leur histoire,
00:16:51qui disait plutôt Hitler que le Front populaire.
00:16:53Maintenant, c'est plutôt Le Pen que Mélenchon.
00:16:56Voilà la vérité de leur ligne.
00:17:00Alors n'allons pas nous, nous rendre coupables de leur turpitude à eux.
00:17:06C'est eux qui ont préféré, dans 40 cas, laisser passer un fasciste
00:17:11plutôt que d'élire un membre de la NUPES.
00:17:14Et quand je dis un fasciste, je sais de quoi je parle.
00:17:17Le but principal du fascisme, tel que les marxistes l'analysent,
00:17:21c'est d'interdire et d'empêcher la lutte de classe.
00:17:25Et la meilleure manière pour eux d'empêcher la lutte de classe,
00:17:28c'est de la dévier en racisme.
00:17:30C'est-à-dire dans la lutte contre les musulmans,
00:17:33contre les immigrés, contre tout ce que vous voulez,
00:17:35sauf la lutte de classe.
00:17:38Et c'est pourquoi on ne peut avancer qu'en menant dur la bataille contre le racisme
00:17:46et contre l'islamophobisme et contre toutes ces saloperies
00:17:49qui minent et divisent le peuple français et ceux qui vont voter.
00:17:54Il faut faire une guerre implacable.
00:17:56C'est la guerre des idées.
00:17:58Voilà ce qui compte.
00:18:02Oui, je l'ai pris jeune.
00:18:04Et oui.
00:18:05Mais ceci dit, effectivement,
00:18:09beaucoup de points marqués parmi ceux qui votent.
00:18:12Il y a aussi tous ceux qui ne votent pas.
00:18:14Et vous le disiez, ils restent à convaincre.
00:18:18Vous avez plaidé pour ça,
00:18:20pour offrir la perspective d'une société de l'entraide et du collectivisme.
00:18:24Vous avez commencé à en parler tout à l'heure.
00:18:28Je voulais qu'on s'étende un petit peu là-dessus
00:18:30sur ce que ça implique concrètement,
00:18:34la notion de collectivisme dont vous parlez,
00:18:37y compris quelle différence,
00:18:38puisque nous sommes à la fête de l'humanité avec le communisme,
00:18:42et aussi une question est qui produit quoi et pourquoi faire.
00:18:55Une autre est qui en décide.
00:18:58Est-ce que, outre le partage des richesses,
00:19:01le collectivisme que vous appelez de vos voeux
00:19:03passe aussi par le partage du pouvoir ?
00:19:06Et comment on y parvient ?
00:19:08Alors, commençons par le commencement.
00:19:11le collectivisme.
00:19:14Pendant deux siècles, on nous a dit,
00:19:17vous autres, vous êtes pour l'égalité
00:19:21et vous voulez faire un régime politique d'égalité.
00:19:24C'était la droite qui nous disait ça.
00:19:26Et il nous disait, mais l'égalité, où ça existe ?
00:19:30Il y a des grands, des petits, des gros, des maigres,
00:19:32il y a des hommes, des femmes,
00:19:34il y a des intelligents et des bêtas.
00:19:37Où il y a de l'égalité ?
00:19:39Il y en a nulle part, disait-il.
00:19:40Donc, si vous voulez faire un régime égalitaire,
00:19:43ce sera toujours un régime qui raconte la nature
00:19:46et ça sera donc forcément un régime de violence politique.
00:19:49Je pense que le capitalisme,
00:19:53dont le mécanisme interne,
00:19:55qui est la transformation de marchandises en argent,
00:19:58puis de marchandises en nombre plus grand,
00:20:00ou bien le passage de l'argent à la marchandise
00:20:03pour plus d'argent après,
00:20:04est un cycle qui ne peut aller que s'accélérant
00:20:07et qui va donc développer de toutes les façons possibles
00:20:10ce qu'on appelle le productivisme.
00:20:13Et c'est produire n'importe quoi, n'importe comment.
00:20:15Et comme le marché est toujours plus étroit,
00:20:18puisque les salaires ne sont pas à la hausse,
00:20:21par définition, on va essayer sans arrêt
00:20:24de vendre au même toutes sortes de choses,
00:20:26parmi lesquelles les plus inutiles
00:20:28et les plus dévastatrices.
00:20:31Dites-moi voir ce que vous apporte
00:20:33la nouvelle génération de téléphones portables.
00:20:35Qu'est-ce que ça change par rapport à la précédente ?
00:20:37Et pourtant sans cesse produire, sans cesse, sans cesse.
00:20:40Le capitalisme a donc,
00:20:43passant à 8 milliards d'êtres humains
00:20:47où nous sommes aujourd'hui,
00:20:48est fondamentalement destructeur.
00:20:50Le monde a des ressources finies,
00:20:51le capitalisme fonctionne comme si ses ressources étaient infinies.
00:20:55C'est d'ailleurs la raison pour laquelle
00:20:57la stratégie sociale-démocrate,
00:20:59je le dis en tout respect pour elle,
00:21:01n'a plus aucun avenir,
00:21:03puisque ça suppose qu'on corrige graduellement
00:21:05les inégalités en distribuant inégalitairement
00:21:11les produits de la croissance.
00:21:13Ça suppose qu'il faut une croissance sans fin.
00:21:14Et ça ne dit rien sur son contenu.
00:21:17Par conséquent, ce logiciel-là, il est mort.
00:21:19De la même manière,
00:21:20atteler le niveau de développement de la société
00:21:23au niveau de développement des forces productives
00:21:25est une formule qui ne veut plus rien dire
00:21:28si on ne discute pas de quoi on parle
00:21:30quand on parle des forces productives.
00:21:31Et Marx explique ça très bien.
00:21:33Dans l'idéologie allemande,
00:21:34il y a un petit moment où il dit
00:21:35le capitalisme développe l'argent et le machinisme
00:21:39qui deviennent des forces destructives.
00:21:41C'est exactement ce que nous avons sous les yeux.
00:21:44Par conséquent, nous avons, par la force des choses,
00:21:47gagné la première manche.
00:21:48C'est-à-dire qu'il est évident
00:21:50qu'il n'y a qu'un seul écosystème
00:21:52compatible avec la vie humaine.
00:21:54Et que ce qu'il détruit,
00:21:55c'est le productivisme capitaliste.
00:21:57Nous devons donc trouver un mode
00:22:00d'organisation de la société et de la production
00:22:03qui nous permet d'entrer dans une relation harmonieuse,
00:22:06c'est-à-dire l'harmonie des cycles,
00:22:09le cycle de la production, le cycle de l'échange,
00:22:12en harmonie avec le cycle de la nature
00:22:14capable de reconstituer ce que nous, oui, prenons.
00:22:18Mais à 11 milliards que nous serons bientôt,
00:22:21c'est une tâche qui commence à avoir une certaine urgence.
00:22:24Voilà pourquoi notre interrogation
00:22:27porte aussi bien sur qu'est-ce qu'on produit,
00:22:30comment on le produit.
00:22:31Je donne un exemple.
00:22:33Nous ne serons pas des décroissants sur tous les sujets.
00:22:36En ce moment, dans la rate de Brest,
00:22:38on est en train d'expérimenter une digue en métal
00:22:41qui fonctionne avec la houle.
00:22:44Le mouvement de la mer durera aussi longtemps
00:22:46qu'il y aura la Lune.
00:22:47Par conséquent, un, c'est gratos,
00:22:50deux, ça se reconstitue tout seul,
00:22:52et trois, c'est une énergie qui représente
00:22:5566 fois ce dont on a besoin à Terre.
00:22:57Sur la surface de la planète, c'est 300 fois.
00:23:00Je vais aller voir ça.
00:23:01Donc nous, je ne sais pas quand,
00:23:04mais ça viendra.
00:23:05Nous, on va, si ça marche,
00:23:07on fabriquera des digues.
00:23:08Des digues qui utiliseront l'énergie de la mer.
00:23:12Et ça, évidemment, il faudra le faire croître.
00:23:14Il faut donc de l'acier,
00:23:15il faut donc des ouvriers et des ouvrières
00:23:17hautement spécialisés, etc., etc.
00:23:20Il faut des navires qui amènent ces matériaux,
00:23:24qui les remènent, etc., etc.
00:23:26Par conséquent, nous ne serons pas décroissants
00:23:29sur tous les sujets.
00:23:30Mais ce qui est absolument certain,
00:23:32c'est que globalement, nous trouvons,
00:23:34dans ce cas-là, une forme de la décroissance.
00:23:37Parce que l'énergie qui sera produite de cette manière-là,
00:23:40nous n'aurons plus besoin de la produire d'une autre manière.
00:23:43Voilà comment nous devons,
00:23:45mes amis,
00:23:47pour beaucoup d'entre nous,
00:23:48dans le passé, on a quand même été un peu sectaires,
00:23:50on n'écoutait pas,
00:23:52on ricanait assez facilement.
00:23:54Il faut écouter tous ceux qui nous secouent,
00:23:56tous ceux qui mettent en cause ce à quoi nous avons cru,
00:23:59pour essayer de piocher dedans des idées.
00:24:02Moi, j'avoue que la secousse
00:24:04qu'a représentée la perception du fait,
00:24:08je suis tellement vieux que j'y étais,
00:24:10à la première COP.
00:24:12Et bon, j'ai bien vu qu'il n'y avait rien qui marchait,
00:24:14plus le temps passait,
00:24:15plus on dégradait la planète,
00:24:16plus on maltraitait les animaux,
00:24:18plus on méprisait la biosphère.
00:24:20Il faut donc réfléchir sur ces bases.
00:24:21Après, c'était quoi ta question ?
00:24:24Non, mais là, je lui ai répondu à la première partie,
00:24:26parce qu'elle était intéressante.
00:24:27Oui, c'était la première partie.
00:24:28Alors, la deuxième partie,
00:24:29peut-être qu'on peut rajouter un élément
00:24:31sur la question du partage des pouvoirs,
00:24:33de qui décide ?
00:24:35Parce que Emmanuel Macron,
00:24:36en cette rentrée,
00:24:37met en scène son Conseil national de la refondation
00:24:40pour tenter de donner le change
00:24:42en associant largement,
00:24:44alors il a été largement boudé,
00:24:46pour tenter de donner le change,
00:24:48mais comment concrètement on fait
00:24:52pour réellement associer le plus grand nombre
00:24:55et changer l'accaparement de ces décisions
00:25:01par Macron, les siens ?
00:25:04Alors, là, il y a plusieurs niveaux.
00:25:06D'abord, évidemment,
00:25:07que la question démocratique
00:25:09est la question centrale.
00:25:11Parce que je dis pourquoi centrale,
00:25:12parce qu'il y a souvent beaucoup de camarades
00:25:13qui disent,
00:25:14ah, mais attends, il y a plus urgent,
00:25:15il y a toujours plus urgent.
00:25:17Tu parles du chômage,
00:25:18il y a plus urgent, c'est l'écologie.
00:25:19Tu parles d'écologie,
00:25:20il y a plus urgent, c'est le chômage.
00:25:21C'est jamais au bon endroit.
00:25:22Non, mais la question de la démocratie
00:25:24est centrale pour deux raisons.
00:25:25La première, c'est que,
00:25:28comment dire,
00:25:29le code génétique du libéralisme
00:25:33le conduit à l'autoritarisme.
00:25:34Je vais, en quelques mots,
00:25:36vous expliquer pourquoi.
00:25:38Pour le capitalisme de notre époque,
00:25:41la voie d'avancer, c'est dérégulé.
00:25:43Pas de règles, pas de loi,
00:25:45tout ça, ça saoule,
00:25:46ça empêche le libre commerce
00:25:48et la possibilité pour le marché d'exister.
00:25:51Vous savez, la main invisible du marché
00:25:53qui est là,
00:25:54et alors suivant que vous demandez plus ceci,
00:25:56plus cela,
00:25:57bon bref, les prix changent, etc.
00:26:00Et le capitalisme, pour faire ça,
00:26:03quelle est la première source
00:26:05de la règle, du règlement,
00:26:07de la loi ?
00:26:08Qui c'est ?
00:26:08Les citoyens.
00:26:10Par conséquent,
00:26:11le libéralisme est toujours conduit
00:26:13à affronter la citoyenneté
00:26:15et à affronter la démocratie,
00:26:18quelle qu'en soit la forme.
00:26:19En France, c'est facile,
00:26:20au niveau institutionnel,
00:26:22c'est la Ve République
00:26:23qui s'en va se cacher
00:26:24dans son conseil de défense,
00:26:25il décide ce qu'il veut,
00:26:26et après, les Robocop
00:26:28lève la main en cadence.
00:26:29Sauf que cette fois-ci,
00:26:31plus de majorité.
00:26:32On en parlera peut-être tout à l'heure.
00:26:34Mais voilà pourquoi
00:26:36le néolibéralisme
00:26:37est intrinsèquement autoritaire.
00:26:39Voilà pourquoi il lui faut
00:26:40des démonstrations de force
00:26:42qui fassent peur.
00:26:43Par exemple,
00:26:44éborner 32 personnes
00:26:46dans des manifestations.
00:26:47Par exemple,
00:26:48foutent en cabane
00:26:50800 gilets jaunes
00:26:51à la sortie de leur manifestation.
00:26:53C'est tellement honteux.
00:26:54La poignée que nous avons été
00:26:56à l'époque,
00:26:56vous vous en rappelez,
00:26:57on s'est fait traiter d'antiflics.
00:26:59La poignée qu'on était à l'époque
00:27:00pour dire
00:27:01ce maniement
00:27:02et cette utilisation de la police
00:27:03est insupportable.
00:27:04Aujourd'hui,
00:27:05il y a une enquête de justice
00:27:07sur la manière avec laquelle
00:27:08le préfet Lallemand
00:27:09faisait nasser tout le monde
00:27:10dans les manifestations
00:27:11en 2019.
00:27:15Donc, camarades,
00:27:16on avait raison de tenir tête
00:27:18et pour ma part,
00:27:18je continuerai.
00:27:19Et j'en profite pour le dire
00:27:21même à ceux que ça dérange.
00:27:22Que quand je vois
00:27:23qu'on tue une gamine
00:27:25de 21 ans
00:27:25parce qu'elle est à côté
00:27:26d'un type
00:27:27qui ne veut pas s'arrêter,
00:27:27moi, ce qui m'émeut,
00:27:29c'est cette malheureuse
00:27:30qui est morte,
00:27:31sa pauvre mère
00:27:32qui l'a attendue
00:27:32à la maison pour rien.
00:27:34Je ne suis pas d'accord
00:27:35et rien ne me fera taire
00:27:37sur ce sujet
00:27:38et certainement pas
00:27:39des flics factieux.
00:27:41Alors, je termine.
00:27:43La composition,
00:27:45si la démocratie
00:27:47est l'antipoison
00:27:49du libéralisme,
00:27:50nous, on doit réfléchir
00:27:51parce qu'on n'a pas
00:27:52que des heures glorieuses
00:27:53dans notre livre.
00:27:55La planification,
00:27:56il y a aussi
00:27:56une bureaucratie terrifiante
00:27:58qui peut la faire
00:27:59et nous, on ne va pas créer ça.
00:28:01Donc, il y a des intervenants
00:28:03de la planification.
00:28:04Ça ne peut pas se faire du dessus.
00:28:06Quels sont ces intervenants ?
00:28:07D'abord, le monde du travail.
00:28:09Ceux qui produisent
00:28:10parce que c'est eux
00:28:11qui savent le mieux
00:28:12et au plus près
00:28:13quand on fait
00:28:14et on fabrique des choses
00:28:15qui sont inacceptables
00:28:17dans leur composition.
00:28:18C'est là que se trouve
00:28:19la qualification ouvrière
00:28:20et salariale
00:28:21qu'on doit faire basculer
00:28:23par exemple,
00:28:24si on fabrique des digues
00:28:25ou l'eau motrice,
00:28:26on va avoir besoin
00:28:27de gens qui ont un BTS
00:28:29ou qui ont un bac professionnel
00:28:32de métallurgie
00:28:33ou de chaudronnier,
00:28:35c'est-à-dire le plus haut niveau
00:28:36des qualifications ouvrières
00:28:38pour réaliser des machines
00:28:39qui se règlent au micron.
00:28:41Donc, vous voyez que
00:28:42c'est dans l'entreprise
00:28:44que va se trouver
00:28:45les gens capables
00:28:46de faire les choses,
00:28:47les gens capables de dire
00:28:48ça, il faut arrêter,
00:28:49c'est de la connerie,
00:28:50ça rend tout le monde malade.
00:28:52Premier élément,
00:28:52donc, il faut revenir
00:28:54sur cette situation
00:28:55que décrivait Jean Jaurès
00:28:57quand il disait
00:28:58la révolution française
00:29:00a rendu le Cerf,
00:29:02a rendu les Français
00:29:03rois dans la cité
00:29:04et Cerf dans l'entreprise.
00:29:06Les travailleurs,
00:29:08leurs qualifications
00:29:08sont la participation
00:29:10la plus importante
00:29:11qu'on puisse avoir
00:29:12à la nouvelle forme
00:29:13du développement.
00:29:14Deuxième chose,
00:29:15deuxième goutte à goutte
00:29:16de la démocratie,
00:29:17la commune.
00:29:19Pour ma part,
00:29:20je suis hostile aux métropoles,
00:29:21aux agglos
00:29:22et à tous fourbis de machins
00:29:23qui ont éloigné
00:29:25la décision politique
00:29:26du contrôle populaire.
00:29:28Je suis partisan
00:29:29de la commune,
00:29:30la commune.
00:29:31Et ceux qui disent
00:29:32« Ah, il y a 36 000 communes,
00:29:34eh ben, c'est bien dommage
00:29:35s'il n'y en ait pas 42 000 »
00:29:36parce que plus il y a
00:29:37de démocratie,
00:29:38mieux on se porte.
00:29:40Et donc,
00:29:40la commune
00:29:42est la base
00:29:43à partir de laquelle
00:29:45mes camarades,
00:29:46vous savez,
00:29:48la révolution de 1789
00:29:50contient encore
00:29:51des milliers
00:29:52d'enseignements
00:29:53qui n'ont pas été tirés.
00:29:54Vous autres,
00:29:55vous croyez que le 14 juillet,
00:29:56on célèbre
00:29:57la fête de la Bastille.
00:29:58Vous trompez lourdement
00:30:00parce que la Bastille,
00:30:01les bourgeois,
00:30:01pour eux,
00:30:01ce n'était pas une bonne nouvelle.
00:30:03Vous savez,
00:30:04Jean Jaurès a dit
00:30:04« Eh, bourgeois,
00:30:05même pour faire vos révolutions,
00:30:06c'est les ouvriers
00:30:07qui s'en chargent »
00:30:08parce que c'était
00:30:08les ouvriers
00:30:09du quartier Saint-Antoine.
00:30:10Bon, je passe.
00:30:12Mais la première fête
00:30:14de 14 juillet,
00:30:15c'est la fête
00:30:16de la fédération.
00:30:17Qu'est-ce que c'est
00:30:17la fédération ?
00:30:18La France n'était pas fédérale.
00:30:20C'était les communes
00:30:21qui venaient,
00:30:21qui étaient en train
00:30:22de se créer
00:30:22et qui se fédéraient.
00:30:24Par conséquent,
00:30:25nous devons être
00:30:25pour la liberté
00:30:26de se fédérer.
00:30:28Et ensuite,
00:30:29les fédérations
00:30:30doivent permettre
00:30:31de changer
00:30:32la nature du groupement.
00:30:34Je résume en un mot
00:30:35par un exemple précis.
00:30:36Aujourd'hui,
00:30:37les 13 régions
00:30:38qui ont été créées
00:30:39n'ont aucun sens,
00:30:40ni géographique,
00:30:41ni politique.
00:30:43Les régions,
00:30:44depuis 1950,
00:30:45on essaye de leur inventer
00:30:46un rôle,
00:30:46parce qu'il n'y en a pas en France,
00:30:47qui a un État unitaire.
00:30:49Bien.
00:30:49Mais nous pourrions donner
00:30:51un rôle fondamental
00:30:52aux régions.
00:30:53C'est qu'on réorganise
00:30:54toutes les régions
00:30:55d'après les bassins versant
00:30:57des fleuves
00:30:57et des rivières
00:30:58qui les traversent.
00:30:59Et la première responsabilité
00:31:01de la région,
00:31:02ça serait
00:31:03d'être la vigilance
00:31:05absolue,
00:31:06totale
00:31:06et le contrôle
00:31:07de tous les aspects
00:31:08qui contribuent
00:31:09à la pollution de l'eau,
00:31:10de manière à commencer
00:31:11à reconstruire
00:31:12un cycle de l'eau
00:31:14qui permette
00:31:14de bénéficier
00:31:15de l'eau potable
00:31:16dont nous avons besoin.
00:31:18Et de réparer
00:31:19les dégâts,
00:31:20c'est-à-dire
00:31:21de rendre à la nature,
00:31:23de rendre aux fleuves,
00:31:24de l'eau plus propre
00:31:25et à bonne température
00:31:26que celle que nous aurons pris.
00:31:28Voilà quelques idées.
00:31:30Donc,
00:31:30la démocratie,
00:31:31c'est la participation
00:31:32de ceux qui produisent,
00:31:34la participation
00:31:35de ceux qui peuvent être
00:31:36citoyens ou citoyennes
00:31:37à l'endroit
00:31:38où ils peuvent
00:31:38contrôler leurs décisions,
00:31:39la commune.
00:31:40Alors,
00:31:41j'en profite
00:31:41pour aller un peu plus loin
00:31:42parce qu'on est dans un monde
00:31:43où des multinationales
00:31:46pèsent aujourd'hui
00:31:47plus même
00:31:48que certains Etats.
00:31:51Comment,
00:31:52il y a la refonte
00:31:54de nos institutions
00:31:55que vous évoquiez
00:31:56à l'instant,
00:31:57la 6e République,
00:31:58mais comment reconquérir
00:31:59le pouvoir politique
00:32:01sur le pouvoir économique ?
00:32:04Alors,
00:32:05d'abord,
00:32:06pardon que j'ai oublié
00:32:07parce que je voulais
00:32:08entrer dans le détail,
00:32:09c'est pourquoi,
00:32:10pour nous,
00:32:12dans la thèse
00:32:13de la révolution citoyenne
00:32:14que nous avons en commun,
00:32:15nous autres insoumis
00:32:16et les communistes
00:32:17depuis deux congrès,
00:32:19je vous renvoie
00:32:19à la lecture de vos textes,
00:32:21il y a des communistes,
00:32:21je pense qu'il y en a
00:32:22quand même quelques-uns ici.
00:32:25Oui,
00:32:25la révolution citoyenne,
00:32:26pour nous,
00:32:27la stratégie centrale,
00:32:29c'est la constituante.
00:32:31Alors,
00:32:31ce n'est pas parce qu'on fait
00:32:32une constituante
00:32:32que ça marche à tous les coups,
00:32:34mais pourquoi la constituante ?
00:32:36Parce qu'une constituante,
00:32:38c'est le peuple
00:32:39qui se constitue lui-même
00:32:40en se reconnaissant des droits.
00:32:43C'est donc un acte majeur
00:32:44de politisation
00:32:45de la société.
00:32:46Pour nous,
00:32:46la politique,
00:32:47ce n'est pas
00:32:47pui, caca, berque,
00:32:49non,
00:32:50c'est le sel
00:32:51de la vie en commun.
00:32:52Donc,
00:32:53c'est comme ça
00:32:53qu'on imagine
00:32:54une sixième république.
00:32:55Maintenant,
00:32:56tu as posé le problème
00:32:58très important
00:32:59du rapport de force
00:33:00entre capital et travail
00:33:02à travers les multinationales.
00:33:04c'est là,
00:33:05mes amis,
00:33:06qu'il faut penser large.
00:33:08La stratégie des Français,
00:33:10si nous gouvernions le pays,
00:33:12ce serait évidemment,
00:33:13si ça m'était témoin,
00:33:14le non-alignement.
00:33:16Le non-alignement,
00:33:17ça ne veut pas dire
00:33:17la neutralité.
00:33:19Ça veut dire
00:33:20qu'on maintient
00:33:21les mêmes principes
00:33:22quel que soit l'agresseur.
00:33:24Il n'y a pas
00:33:25des bons agresseurs
00:33:26et des mauvais.
00:33:27Il n'y a pas
00:33:27des nuisibles dans un cas
00:33:30et pas nuisible dans l'autre.
00:33:31Quand nous critiquons
00:33:32l'absence de démocratie,
00:33:34ça s'applique aussi bien
00:33:35au Qatar et à l'Arabie saoudite
00:33:36qu'à d'autres pays
00:33:37réputés non-démocratiques.
00:33:39C'est les mêmes principes
00:33:40partout,
00:33:41non-alignés.
00:33:42Alors, des fois,
00:33:43ça fait qu'on se fâche
00:33:43avec des amis
00:33:44et d'autres fois,
00:33:46qu'on se fâche
00:33:46avec des gens
00:33:49qu'on a considérés
00:33:50jusque-là
00:33:51comme des adversaires.
00:33:53Mais,
00:33:53ce non-alignement,
00:33:55il doit avoir
00:33:56un contenu immédiat.
00:33:58C'est une diplomatie
00:33:59anti-altermondialiste.
00:34:01C'est-à-dire qu'on met
00:34:02sur la table
00:34:03non pas la guerre,
00:34:04non pas la vente
00:34:05de matériel de guerre,
00:34:07mais des accords mondiaux
00:34:08pour régler la situation.
00:34:10Dans le cas précis
00:34:11des multinationales.
00:34:13Alors, évidemment,
00:34:14pour moi,
00:34:15le lieu de référence
00:34:16c'est l'ONU.
00:34:16Il y a un mandat
00:34:17de l'ONU
00:34:18qui a été décidé
00:34:20sur la base
00:34:21d'une proposition
00:34:22de l'Afrique du Sud
00:34:23et de l'Équateur
00:34:24à l'époque
00:34:25dirigée par la gauche.
00:34:27Cette négociation
00:34:28dans l'ONU
00:34:29a pour but
00:34:30de créer
00:34:31un cadre légal
00:34:33qui oblige
00:34:33les multinationales
00:34:35sur un certain nombre
00:34:35de points
00:34:36de droit,
00:34:37social
00:34:37et environnemental.
00:34:39Quand la première réunion
00:34:41s'est tenue,
00:34:42les États-Unis d'Amérique
00:34:43ont décidé
00:34:44de ne pas y participer
00:34:45et l'Union européenne
00:34:48d'eux-mêmes.
00:34:49Les Français
00:34:50y sont restés
00:34:51en tant qu'observateurs.
00:34:52Depuis,
00:34:53l'Union européenne
00:34:54a réintégré le cadre.
00:34:55voilà un cadre international.
00:34:58Personne n'en parle.
00:34:59Vous n'en avez jamais
00:34:59entendu parler nulle part.
00:35:01Il y a d'autres cadres
00:35:02de l'ONU
00:35:03comme celui du mandat
00:35:04qui a été donné
00:35:05sur le sujet
00:35:06des dettes souveraines
00:35:07qui accablent
00:35:08tous les pays
00:35:08à l'initiative,
00:35:09ce mandat-là,
00:35:10de l'Argentine.
00:35:12Notre stratégie
00:35:13aurait donc été
00:35:14de construire
00:35:15un rapport de force
00:35:16par la participation
00:35:18des nations du monde
00:35:19qu'on saisirait
00:35:20de cette affaire.
00:35:21Et vous voyez bien
00:35:22comme moi
00:35:23que ce n'est pas pareil
00:35:23si c'est la France
00:35:24qui le dit
00:35:24que si c'est l'Équateur,
00:35:26petit pays
00:35:26d'Amérique centrale.
00:35:28Et ça n'enlève rien
00:35:29à la gloire de l'Équateur
00:35:30d'avoir proposé
00:35:31cette version.
00:35:33Évidemment que la France,
00:35:34qui est la cinquième puissance
00:35:35du monde,
00:35:36aurait eu un autre poids.
00:35:37C'est d'ailleurs pourquoi
00:35:38toutes les Amériques
00:35:40et une bonne partie
00:35:41de l'Afrique
00:35:41espéraient notre victoire
00:35:43et l'attendaient
00:35:43non pas seulement
00:35:44par sympathie pour nous
00:35:46mais parce que ça modifiait
00:35:47le rapport de force mondial.
00:35:49Voilà comment construire.
00:35:50Ensuite,
00:35:50dans nos pays,
00:35:51la lutte peut avoir lieu.
00:35:53J'attire votre attention
00:35:54sur la magnifique bataille
00:35:55qu'a engagée
00:35:57Leïla Chébi
00:35:57contre les Uber
00:35:59et qui a fini
00:36:00par obtenir ce vote
00:36:01qui est qu'il y a
00:36:02présomption d'emploi salarial
00:36:04sur lequel a prospéré Uber
00:36:07qui a détruit
00:36:08les mécanismes du taxi
00:36:09et généralisé
00:36:10une forme abominable
00:36:12de travail à la pièce.
00:36:13Vous voyez
00:36:14qu'on peut agir
00:36:15de la même manière
00:36:15dans la taxation.
00:36:17Si nous taxons
00:36:18les profits
00:36:19qui sont faits
00:36:20soit de pays par pays,
00:36:21soit à l'échelle
00:36:22européenne,
00:36:23nous aurons la capacité
00:36:24de marquer des points.
00:36:26Aucun capitalisme
00:36:27dans le monde
00:36:28ne peut passer
00:36:29à côté
00:36:29de l'Union européenne.
00:36:31Quand je dis
00:36:32l'Union européenne,
00:36:32je veux dire
00:36:33les pays
00:36:34qui la composent
00:36:35parce que ça représente
00:36:36une puissance économique
00:36:37qui aujourd'hui
00:36:38est agglomérée
00:36:39face à laquelle
00:36:40ils ne peuvent pas
00:36:41passer à côté.
00:36:42C'est 25%
00:36:42de la création
00:36:43de la richesse du globe.
00:36:45Voilà comment
00:36:46pour ma part
00:36:46j'envisage la lutte.
00:36:47Elle a un aspect
00:36:48local,
00:36:49elle a un aspect
00:36:50national.
00:36:51L'aspect local,
00:36:51je termine.
00:36:52Si vous décidez
00:36:53que vous voulez
00:36:55développer
00:36:55l'agriculture bio,
00:36:57si en même temps
00:36:57vous décidez
00:36:58que vous n'allez pas
00:36:58tout collectiviser,
00:36:59y compris les agriculteurs bio,
00:37:01vous devez donc
00:37:02créer une structure
00:37:03qui permette
00:37:04la rentabilité du travail
00:37:05parce que ça coûte plus cher
00:37:06de faire du vrai bio.
00:37:08Comment allez-vous le faire ?
00:37:09Eh bien par exemple,
00:37:10en donnant le monopole
00:37:12de la fourniture locale
00:37:14aux communes
00:37:14pour alimenter
00:37:17les cantines.
00:37:18Premier point.
00:37:19Deuxième point
00:37:20pour être sûr
00:37:20que ça marche,
00:37:21l'État prend en charge
00:37:22la gratuité
00:37:23de la cantine scolaire.
00:37:24Ça coûte 3,7 milliards
00:37:25c'est bien moins
00:37:27que les 140 milliards
00:37:28d'aides
00:37:28qui sont données
00:37:29aux entreprises.
00:37:30Il y a de la marge
00:37:31et on peut.
00:37:32Et nos gosses
00:37:33boufferaient tous.
00:37:33Mais je termine là-dessus
00:37:34le rapport de force.
00:37:37Le rapport de force
00:37:38c'est que pour ce que
00:37:39vous aurez consommé là,
00:37:41les multinationales
00:37:42elles n'y ont pas
00:37:43leurs pieds
00:37:43parce que l'agriculture bio
00:37:45vous êtes obligés
00:37:46de la relocaliser.
00:37:47Et donc les multinationales
00:37:49ne toucheraient pas terre
00:37:49et elles ne pourraient
00:37:50toucher terre
00:37:51que si elles-mêmes
00:37:52se mettaient à produire
00:37:53dans des conditions
00:37:54qui soient écologiquement
00:37:56supportables.
00:37:57Il n'y a pas de différence
00:37:58entre la bataille écologique
00:37:59et la bataille sociale.
00:38:01Je l'ai toujours dit,
00:38:02augmentez les salaires,
00:38:03les gens mangeront mieux,
00:38:05ils mangeront du bio.
00:38:08Et là,
00:38:09parce que je comprends
00:38:10que notre ami va finir
00:38:11par se tâcher
00:38:11si je n'en finis plus.
00:38:13Mais vous avez vu la bataille
00:38:14que j'ai commencé
00:38:15sur le silence.
00:38:15Les gens ne vous laissez pas
00:38:16dépouiller.
00:38:17Parce que tout le monde
00:38:18sait ce qu'est une passoire
00:38:20thermique.
00:38:20Mais il n'y en a pas assez
00:38:21qui parlent de ce que c'est
00:38:22qu'une passoire acoustique.
00:38:24Vivre dans le vacarme
00:38:26continuellement,
00:38:26c'est invivable.
00:38:28Quand vous repartirez d'ici
00:38:29si vous partez en voiture,
00:38:30vous allez passer devant,
00:38:32quand vous arrivez
00:38:33dans le creux là,
00:38:34c'est la cuvette de Savigny.
00:38:35Autour,
00:38:36il y a tout l'habitat populaire
00:38:37qui se mange
00:38:38depuis 30 ou 40 ans
00:38:39le vacarme de l'autoroute.
00:38:41Et ainsi de suite.
00:38:42Le silence nous unit,
00:38:43nous, êtres humains,
00:38:45nous unit aux animaux.
00:38:46Car les animaux aussi
00:38:47ont besoin du silence
00:38:48pour communiquer.
00:38:50Ne nous laissons pas piéger.
00:38:51Il n'y a pas de contradiction
00:38:52entre la bataille sociale
00:38:54et la bataille écologique.
00:38:55C'est la même.
00:38:56C'est la bataille
00:38:57contre le capitalisme.
00:38:58Alors,
00:39:02je voulais revenir
00:39:03sur la question du peuple.
00:39:06Mais juste avant ça,
00:39:06peut-être une toute petite incise
00:39:08en quelques mots,
00:39:09si vous le permettez,
00:39:10puisque vous évoquiez
00:39:11la question
00:39:12de la taxe des profits.
00:39:15Pardon,
00:39:16si je perd mes notes,
00:39:17ça ne va pas aller.
00:39:18De la taxe des profits,
00:39:19juste une toute petite incise
00:39:20en quelques mots,
00:39:21puisque c'est une campagne
00:39:23qu'a lancée la gauche
00:39:25en cette rentrée
00:39:26sur la taxation
00:39:27des super profits.
00:39:28Emmanuel Macron
00:39:29tente de renvoyer ça
00:39:30à l'échelle de l'Union européenne.
00:39:31Est-ce que c'est quand même
00:39:32un point marqué,
00:39:33le fait qu'il soit obligé
00:39:34de se positionner déjà ?
00:39:35Écoutez,
00:39:36il faut tous qu'on s'y mette
00:39:37pour une raison.
00:39:38On pourrait rajouter
00:39:39les mots d'ordre.
00:39:40Mais taxer les super profits,
00:39:42c'est montrer
00:39:43où est l'adversaire.
00:39:45Ceux qui ont profité,
00:39:47ceux qui se sont gavés,
00:39:48le système qui rend ça possible.
00:39:50C'est donc pédagogique.
00:39:53Ça permet à des milliers de gens
00:39:55de comprendre
00:39:56ce qui se passe,
00:39:57de savoir que l'ennemi,
00:39:59ce n'est pas l'immigré,
00:40:01c'est le financier.
00:40:02C'est ceux qui ont accumulé
00:40:03cette richesse.
00:40:05Voilà pourquoi il faut cibler.
00:40:08On est tombés tous d'accord
00:40:10sur le fait que ça serait
00:40:11notre mot d'ordre en commun.
00:40:13Il y a deux rapporteurs
00:40:14à la commission des finances.
00:40:16Un qui est de LREM
00:40:17et l'autre,
00:40:18c'est notre camarade
00:40:18Manuel Bompard
00:40:19qui est un insoumis
00:40:20qui va donc porter
00:40:21le drapeau au commun
00:40:22de tous ceux
00:40:23qui se battent
00:40:24contre cette affaire.
00:40:25Applaudissements
00:40:26Il faudra qu'on trouve
00:40:27la jonction aussi
00:40:28avec un gars
00:40:30comme Eric Bocquet
00:40:31qui a fait un boulot super
00:40:32sur la fronte fiscale
00:40:33et qui devrait nous permettre
00:40:34de leur fermer la porte
00:40:35de l'évasion fiscale
00:40:37quand on va engager
00:40:38la bataille contre eux.
00:40:40Macron a fait un choix
00:40:42tactique nul.
00:40:44Nous le tenons.
00:40:45Il est enfermé
00:40:46dans un coin.
00:40:47Pourquoi ?
00:40:48Parce que la taxe
00:40:49sur les super profits
00:40:50il y en a
00:40:51chez le gouvernement
00:40:51ultra bolchevique
00:40:52d'Angleterre.
00:40:55Il y en a une
00:40:56en Allemagne.
00:40:57Le FMI
00:40:58qui est un ramassis
00:40:58d'un archiste bien connu
00:41:00dit qu'il faut qu'on le fasse.
00:41:01La banque mondiale
00:41:02c'est-à-dire des gens
00:41:03qui ont contribué
00:41:04plus que tous les autres
00:41:05à la misère du monde
00:41:06qui eux-mêmes se disent
00:41:07stop, il faut arrêter
00:41:08ça va mal tourner.
00:41:10Oui, ça va mal tourner.
00:41:11Et la preuve
00:41:12on va commencer en France
00:41:13si nous le battons.
00:41:15Tout le monde peut comprendre.
00:41:17Il est isolé.
00:41:18affaibli.
00:41:21Et même dans les rangs
00:41:22des gens de droite
00:41:23il y en a qui disent
00:41:24bah quand même
00:41:24il y a une limite quoi.
00:41:26Ça ne peut pas continuer
00:41:27comme ça.
00:41:28Nous pouvons gagner
00:41:29dans la taxation
00:41:29des super profits.
00:41:31Il est parti courir
00:41:32se réfugier
00:41:33à la commission européenne
00:41:35pour inventer
00:41:36une nouvelle usine à gaz
00:41:37une taxe commune
00:41:38qui serait négociée
00:41:39de je ne sais pas quoi.
00:41:40Il y a basse tard.
00:41:41Allez maintenant
00:41:41vous payez.
00:41:43C'est le moment
00:41:43les super profits
00:41:44c'est le moment
00:41:45de les taxer.
00:41:47Alors il y en a un
00:41:48qui a dit
00:41:50monsieur le maire
00:41:51je ne le méprise pas
00:41:52parce que c'est
00:41:53un des plus intelligents
00:41:54de la bande
00:41:54et ça ne pullule pas.
00:41:56Il a dit
00:41:57ah ben nous
00:41:57on ne sait pas
00:41:58ce qu'il y a un super profit
00:41:59mais si c'est votre seul problème
00:42:00on va vous l'expliquer.
00:42:02Nous on sait le calculer
00:42:03ce qu'il y a un super profit.
00:42:04Alors Bompard m'a dit
00:42:05tu comprends
00:42:06on a plusieurs choix
00:42:07de calculs possibles
00:42:08c'est très bien
00:42:08comme ça en plus
00:42:09ils auront le choix.
00:42:10Mais nous les taxerons
00:42:11et nous marcherons
00:42:13à la mi-octobre
00:42:14et partout
00:42:15on demandera
00:42:15la taxation
00:42:16des super profits.
00:42:17Les gens en ont marre
00:42:18de tirer la langue.
00:42:19Il faut faire passer
00:42:21ceux qui ont pillé
00:42:22pendant la pandémie.
00:42:25N'ayez pas honte
00:42:25de parler fort
00:42:27vous n'êtes pas là
00:42:28en train de demander
00:42:28l'aumône.
00:42:29Les super profits
00:42:30c'est votre travail
00:42:31qui les ont produits.
00:42:32C'est le travail des salariés.
00:42:34C'est les impôts des salariés.
00:42:36Parce que les 140 milliards
00:42:37qui ont été donnés
00:42:38sans aucune contrepartie
00:42:41aux grandes entreprises
00:42:43c'est de l'impôt
00:42:44et l'impôt
00:42:45c'est ceux qui l'ont payé.
00:42:48Et ces 140 milliards
00:42:50égale exactement la somme
00:42:52du déficit du budget de l'Etat.
00:42:54Si on arrêtait de les arroser
00:42:55il n'y aurait plus de déficit.
00:42:57La Sistana
00:42:58c'est eux.
00:43:05Alors on reviendra
00:43:08juste après
00:43:09sur ce qui va faire
00:43:10le coeur de cette rentrée
00:43:12politique et sociale
00:43:13mais je voulais faire
00:43:15un petit pas de côté
00:43:16pour revenir sur la question
00:43:17du peuple
00:43:17que vous évoquiez
00:43:19tout à l'heure.
00:43:20Vous avez théorisé
00:43:21avec l'ère du peuple
00:43:22l'opposition entre le peuple
00:43:24et l'oligarchie
00:43:25en reprenant
00:43:25les concepts
00:43:27du populisme de gauche
00:43:28de la Chloé Mouffe
00:43:30à l'heure où certains
00:43:31estiment que le moment
00:43:33populiste est passé
00:43:34ces concepts
00:43:36vous paraissent-ils
00:43:37toujours les plus opérants
00:43:38et que devient
00:43:40la question de classe
00:43:41dans la révolution citoyenne
00:43:43que vous appelez
00:43:43de vos voeux ?
00:43:45Alors bon merci
00:43:46c'est le genre de questions
00:43:48qu'on me pose jamais.
00:43:49On est là pour ça.
00:43:51Non mais merci
00:43:51parce que
00:43:53ils s'en foutent.
00:43:56Le système médiatique
00:43:58est d'une pauvreté absolue.
00:44:00C'est le moment
00:44:00qui les intéresse.
00:44:01Là on va bouffer
00:44:02de la reine d'Angleterre
00:44:03pendant dix jours.
00:44:05Bon et pendant ce temps-là
00:44:06c'est la rentrée
00:44:07tout ça
00:44:07mais non
00:44:08remarquez il y a un truc sympa
00:44:10c'est qu'on va avoir
00:44:10beaucoup Stéphane Berne
00:44:11et moi je l'adore.
00:44:12Peut-être qu'il vous et moi
00:44:13je l'adore.
00:44:14Alors bon
00:44:15je reviens sérieusement
00:44:18il faut que
00:44:19camarades beaucoup
00:44:20à l'époque où j'ai formulé
00:44:22le début de la théorie
00:44:23de l'ère du peuple
00:44:25on m'a dit
00:44:26que deviennent
00:44:26les classes sociales
00:44:27dans ton discours.
00:44:29Mais moi
00:44:29c'est en secret pour personne
00:44:31j'appartiens à l'école intellectuelle
00:44:33du matérialisme philosophique.
00:44:35C'est-à-dire que je pars
00:44:36des relations sociales réelles.
00:44:38Le monde de notre époque
00:44:40est un monde
00:44:41où aucune autonomie personnelle
00:44:43n'est possible.
00:44:44Pour vivre
00:44:45pour reproduire
00:44:46votre existence matérielle
00:44:47vous êtes obligés
00:44:49de passer par les réseaux collectifs.
00:44:52Pas d'eau potable
00:44:54sans les robinets.
00:44:56Pas d'énergie
00:44:57sans l'électricité.
00:44:58Pas de gaz
00:44:59pas d'école
00:45:00pas de santé
00:45:01sans des réseaux.
00:45:03Tout notre univers urbain
00:45:04qui est dorénavant
00:45:05absolument urbain
00:45:07à l'échelle du monde entier
00:45:08quand je suis né moi
00:45:10il y a longtemps
00:45:12il y avait
00:45:1320%
00:45:1430%
00:45:15qui habitaient en ville
00:45:16et tout le reste
00:45:16de la population mondiale
00:45:18habitait à la campagne.
00:45:19Maintenant c'est l'inverse.
00:45:21Donc
00:45:21qui que vous soyez
00:45:23quelle que soit
00:45:24votre situation
00:45:25vous dépendez
00:45:26de votre accès
00:45:27au réseau collectif
00:45:29pour vivre
00:45:30et survivre.
00:45:31Par conséquent
00:45:32la nature
00:45:33de cette relation
00:45:34au réseau
00:45:36détermine
00:45:36votre position sociale
00:45:37et votre position
00:45:39géographique.
00:45:40Vous n'avez qu'à regarder
00:45:41une petite annonce
00:45:41c'est marqué
00:45:42proche de toute commodité
00:45:44le prix monte.
00:45:45Il n'y a pas de précision
00:45:47le prix descend.
00:45:48C'est à dire
00:45:49que accéder
00:45:50à ce qu'ils appellent
00:45:51les commodités
00:45:52c'est la condition
00:45:53de votre vie.
00:45:54Voilà comment
00:45:54j'ai décrit
00:45:55le peuple.
00:45:56Le peuple
00:45:57c'est tous ceux
00:45:58qui ont besoin
00:45:58d'accéder au réseau
00:46:00pour produire
00:46:01et reproduire
00:46:02leur existence matérielle.
00:46:03Ne me dites pas
00:46:04que les riches aussi
00:46:05ils sont une minorité
00:46:06et ils accèdent
00:46:07à leur propre réseau.
00:46:09Les riches
00:46:09ont commencé
00:46:10à faire sécession
00:46:12de la masse
00:46:13du peuple.
00:46:14Ils constituent
00:46:15une classe
00:46:16qui en plus
00:46:16est isolée physiquement
00:46:17qui a ses propres réseaux
00:46:19pour l'électricité
00:46:20pour l'eau
00:46:21très souvent.
00:46:22et vous suivant
00:46:23que l'accès au réseau
00:46:24est public
00:46:25ou privé
00:46:25vous n'avez pas
00:46:26la même relation
00:46:27parce que ça vous coûte
00:46:28plus ou moins cher.
00:46:30Tout le système
00:46:31du capitalisme
00:46:32vise à la monopolisation.
00:46:34Quand un monopole
00:46:35et j'explique ça
00:46:36à des communistes
00:46:36qui ont inventé
00:46:37la thèse du capitalisme
00:46:38monopolistique d'État
00:46:39mais quand le capitalisme
00:46:41réussit un monopole
00:46:42il devient maître du prix.
00:46:44Il n'y a plus
00:46:44de main invisible
00:46:45de je ne sais pas quoi.
00:46:46C'est eux
00:46:46qui fixent le prix
00:46:47point final
00:46:47tu payes
00:46:48ou sinon tu ne l'as pas.
00:46:49Voilà pourquoi
00:46:50la définition
00:46:51du peuple
00:46:52alors quelle est la place
00:46:53alors qui est-ce qu'il y a
00:46:54dans le peuple
00:46:54il y a évidemment
00:46:55ceux qui produisent
00:46:56la classe salariale
00:46:58ça va de soi
00:46:58souvent ce sont
00:47:00les salariés
00:47:00qui expliquent
00:47:02aux gens
00:47:03en général
00:47:04comment on fait
00:47:04par exemple
00:47:05dans la révolution
00:47:06contre Ben Ali
00:47:07en Tunisie
00:47:08c'est l'UGTT
00:47:10qui organisait
00:47:10les comités de quartier
00:47:11c'était des comités
00:47:13populaires
00:47:13car les syndicats
00:47:15ont accès
00:47:15à l'organisation
00:47:16des travailleurs
00:47:16mais pas des étudiants
00:47:18qui ne sont pas
00:47:19en train de travailler
00:47:20pas souvent aux retraités
00:47:21même s'il y a des syndicats
00:47:22de retraités
00:47:23mais la masse des retraités
00:47:24n'est pas syndiquée
00:47:25ni à ceux
00:47:26qui n'ont pas d'emploi
00:47:27même s'il y a un syndicat
00:47:28de chômeurs
00:47:29par conséquent
00:47:30le peuple
00:47:30c'est tout ça en même temps
00:47:31et c'est le nouvel acteur
00:47:33social de notre époque
00:47:34et le peuple
00:47:37spontanément
00:47:37crée des structures
00:47:38qui s'appellent
00:47:39assemblées citoyennes
00:47:40mais il y en a
00:47:41qui ne sont pas capables
00:47:42de les voir
00:47:43je vais vous donner
00:47:43un exemple
00:47:44d'assemblées citoyennes
00:47:45ceux-ci qui sont
00:47:47syndicalistes
00:47:47quand il y a une grève
00:47:49et que
00:47:50ben qu'est-ce que vous faites
00:47:51vous convoquez l'assemblée
00:47:52de tous les travailleurs
00:47:53c'est une assemblée citoyenne
00:47:55quand il y a eu
00:47:56le mouvement des gilets jaunes
00:47:57à rond-point
00:47:58qu'est-ce que c'est
00:47:59c'est une assemblée citoyenne
00:48:00alors vous autres communistes
00:48:02qui êtes de la tradition
00:48:03des soviets
00:48:04et des conseils
00:48:05ben vous les avez
00:48:06sous les yeux
00:48:06ce sont les conseils
00:48:07de citoyens
00:48:08c'est la forme moderne
00:48:10au 21ème siècle
00:48:11l'assemblée citoyenne
00:48:12et le peuple
00:48:13j'ai fait ce détour
00:48:14pour vous expliquer
00:48:15que évidemment
00:48:16ça n'efface pas le rôle
00:48:17de la classe ouvrière
00:48:18et de ses organisations
00:48:19en quelque sorte
00:48:21ce sont les méthodes
00:48:22du salariat
00:48:23qui dorénavant
00:48:24sont étendues
00:48:25à tout le peuple
00:48:25parce qu'avant
00:48:26il n'y avait que les salariés
00:48:27qui dans l'usine
00:48:28au coron
00:48:29les gens vivaient ensemble
00:48:31dans la HLM
00:48:32je ne sais pas quoi
00:48:34moi de la régie Renault
00:48:35et ainsi de suite
00:48:35la classe ouvrière
00:48:36était la seule classe
00:48:39continuellement interconnectée
00:48:39aujourd'hui
00:48:41c'est le peuple
00:48:41au sens large
00:48:42et il est interconnecté
00:48:43notamment
00:48:44aussi par les réseaux sociaux
00:48:46là je parle d'autre chose
00:48:47par les réseaux du collectif
00:48:48les réseaux sociaux
00:48:49quand vous avez des pays
00:48:51comme la Colombie
00:48:52dont je reviens
00:48:53où 60% des gens
00:48:55sont connectés
00:48:56quand vous avez
00:48:57sur 8 milliards d'êtres humains
00:48:59presque 6
00:49:00qui sont interconnectés
00:49:01c'est une nouvelle condition humaine
00:49:03qui se présente devant nous
00:49:04les bases de l'anthropologie
00:49:06c'est à dire de la connaissance
00:49:07du mode de vie des êtres humains
00:49:09change
00:49:09les êtres humains
00:49:10que vous êtes
00:49:11n'ont rien à voir
00:49:13avec les êtres humains
00:49:14d'il y a 4 générations
00:49:15sinon
00:49:16que vous avez
00:49:16les mêmes besoins
00:49:17qu'il y a 4 générations
00:49:18d'accord
00:49:19mais pour le reste
00:49:20le mode d'emploi
00:49:21d'un outil
00:49:22vous transforme
00:49:23c'est le mode d'emploi
00:49:24qui fait la loi
00:49:25c'est la culture
00:49:26la culture cumulative
00:49:27voilà pourquoi
00:49:28la thèse
00:49:29de l'ère du peuple
00:49:30et de la révolution citoyenne
00:49:31montre comment le peuple
00:49:32nouvel acteur social
00:49:34fait la révolution citoyenne
00:49:36à partir de la stratégie
00:49:37de la constituante
00:49:38et de son auto-organisation
00:49:40mes camarades
00:49:41tout ça
00:49:41ça tient en un tout
00:49:42alors je ne sais pas
00:49:43si c'est une bonne nouvelle
00:49:44j'ai écrit
00:49:44alors j'ai fait une bêtise
00:49:45j'ai écrit un livre
00:49:46qui s'appelait
00:49:47l'ère du peuple
00:49:48bon alors c'était au début
00:49:50les 19 premières pages
00:49:51ça tapait au lampe
00:49:52tout le monde s'en fout
00:49:53maintenant de ça
00:49:54donc alors il passait
00:49:55une deuxième édition
00:49:56la deuxième édition
00:49:58la troisième
00:49:59il y en a eu 4 d'édition
00:50:00au total
00:50:00il s'est vendu
00:50:01à plus de 100 000
00:50:02ou 150 000 exemplaires
00:50:03enfin un truc énorme
00:50:04mais avec toujours
00:50:05le même titre
00:50:06si bien qu'il y a des copains
00:50:07qui viennent me faire signer
00:50:08des trucs qui datent
00:50:09de l'époque
00:50:10où on s'occupait d'Hollande
00:50:12alors j'ai dit
00:50:12bon on va mettre
00:50:13de l'ordre dans tout ça
00:50:14cette année
00:50:15je vais passer
00:50:16une bonne partie de mon temps
00:50:18à écrire
00:50:18et je vais réécrire
00:50:19la théorie
00:50:20de l'ère du peuple
00:50:21et de la révolution citoyenne
00:50:23nourrie par tous les exemples
00:50:24de révolutions citoyennes
00:50:26qui ont eu lieu dans le monde
00:50:27les révolutions dites arabes
00:50:29qui n'avaient d'arabe
00:50:30que l'adjectif parce que pour le reste
00:50:32c'était des revendications sociales
00:50:33vous vous rappelez de la révolution
00:50:35au Soudan
00:50:35vous vous rappelez
00:50:36cette femme perchée sur un bus
00:50:38je vais faire le lien
00:50:39entre la révolution féministe
00:50:41et la révolution citoyenne
00:50:42tout ça est clair dans ma tête
00:50:43il n'y a plus que le temps de l'écrire
00:50:47alors
00:50:47seulement il va valoir cher
00:50:49parce qu'il va être gros
00:50:50les débats théoriques
00:50:51vous l'avez dit
00:50:52nous intéressent nous de près
00:50:53à l'humanité
00:50:54on s'intéresse aussi
00:50:54évidemment
00:50:55à l'actualité très concrète
00:50:57et comme l'heure passe vite
00:51:00j'en reviens
00:51:01à une question
00:51:02beaucoup plus
00:51:04beaucoup plus immédiate
00:51:05vous avez évoqué déjà
00:51:07tout à l'heure
00:51:07les mobilisations
00:51:10à la fois sociales
00:51:11et politiques à venir
00:51:12on y reviendra
00:51:13s'il nous reste un tout petit peu de temps
00:51:14mais surtout je voulais
00:51:16qu'on revienne sur la question
00:51:18de la NUP
00:51:20puisque vous avez pu le voir
00:51:23dans notre sondage IFOP
00:51:25c'est un baromètre annuel
00:51:27qu'on publie chaque année
00:51:29à la veille de la fête de l'humanité
00:51:30qui est disponible
00:51:31dans le journal de la fête
00:51:33que vous pouvez retrouver tous ici
00:51:38il dit ce sondage
00:51:39que 63% des personnes
00:51:42de gauche
00:51:42estiment que
00:51:44la NUP
00:51:45est une coalition électorale
00:51:46amenée dans le futur
00:51:47à se désunir
00:51:48et même à disparaître
00:51:49contre 37% actuellement
00:51:52qui la voient davantage
00:51:54comme un rassemblement
00:51:55amené à s'enraciner
00:51:56dans le paysage politique
00:51:57et avec 37%
00:51:59on arrive au deuxième tour
00:52:01alors vous aviez
00:52:05vous aviez
00:52:08vous aviez
00:52:08vous aviez
00:52:09dans la foulée
00:52:10du quinquennat
00:52:12Hollande
00:52:12jugé l'union
00:52:13de la gauche
00:52:14inopérante
00:52:15alors que les conditions
00:52:16ont changé
00:52:17comment vous voyez
00:52:18son avenir désormais
00:52:19l'avenir aussi
00:52:19de cette alliance
00:52:21comment est-ce qu'elle peut
00:52:22faire ses preuves
00:52:23puisque c'est 37%
00:52:24mais des gens de gauche
00:52:26seulement
00:52:26donc pas de l'ensemble
00:52:27des français
00:52:28et quel rôle
00:52:30vous voulez y jouer
00:52:31alors on va commencer
00:52:33par
00:52:34bon d'abord
00:52:35je vais le redire
00:52:36parce qu'apparemment
00:52:36ça se comprend pas
00:52:37il n'y a pas de signe égal
00:52:39entre l'union de la gauche
00:52:40telle qu'elle était
00:52:41sous Hollande
00:52:42et la NUPES
00:52:43alors ne mélangeons pas tout
00:52:45d'accord
00:52:46l'union n'est pas une fin en soi
00:52:48ce qui est une fin
00:52:49c'est de se rassembler
00:52:50le plus nombreux possible
00:52:51sur un objectif
00:52:52si l'objectif
00:52:54c'est la rupture
00:52:55il y aura union du peuple
00:52:56s'il n'y a pas de rupture
00:52:57il n'y aura pas d'union
00:52:58et je préfère prévenir
00:53:00tout le monde
00:53:02il y a eu union
00:53:04parce que tout le monde
00:53:05a accepté
00:53:05dans ce qu'on signait
00:53:06un programme de rupture
00:53:08parce que
00:53:09Olivier Faure vient
00:53:10à la convention
00:53:11d'Aubervilliers
00:53:12et dit
00:53:13on savait faire des compromis
00:53:14et Mélenchon
00:53:15nous a appris
00:53:16à faire des ruptures
00:53:17rupture
00:53:18union
00:53:18union
00:53:19rupture
00:53:19pas de rupture
00:53:20pas d'union
00:53:23jamais
00:53:26nous ne ferons bloc
00:53:28derrière le centre-gauche
00:53:29le centre-gauche
00:53:30il a le droit d'exister
00:53:32mais je pense
00:53:33qu'il n'a pas de réalité
00:53:34pour le monde du salariat
00:53:36et du peuple
00:53:37maintenant il y a 37% des gens
00:53:39qui croient
00:53:40mais c'est un miracle
00:53:41parce que tous les jours
00:53:42on explique
00:53:43que la NUPES va s'arrêter
00:53:45qu'elle ne va pas tenir 8 jours
00:53:46qu'à peine arrivé à l'Assemblée
00:53:48on va se diviser
00:53:49qu'une fois qu'on a voté tous pareil
00:53:50on va encore se diviser
00:53:51tous les jours
00:53:52tous les jours
00:53:53tous les jours
00:53:54et pendant ce temps-là
00:53:55les marioles de LREM
00:53:57peuvent se pouiller un mort entre eux
00:53:58fichent le camp l'un au Canada
00:54:00pendant que les autres font leur truc
00:54:01à ça on n'en parle pas
00:54:02mais nous
00:54:04Mélenchon a fait une petite grimace
00:54:06quand machin a parlé
00:54:07bon sang de bois
00:54:08qu'est-ce que ça coûte
00:54:10de faire des efforts
00:54:11bien sûr que c'est difficile
00:54:13pour maintenir la ligne de l'union
00:54:15qui a intérêt à casser ça
00:54:17le capital
00:54:18point final
00:54:19personne n'a intérêt à casser
00:54:21la victoire de la gauche
00:54:23la rupture
00:54:27vous savez
00:54:30je vous parle encore un peu cru
00:54:33en 1920
00:54:34il y a le congrès de Tours
00:54:36je vous renvoie tous
00:54:37à lire ce que racontait Léon Blum
00:54:39parce qu'entre temps
00:54:40ils ont inventé
00:54:41que lui il était réformiste
00:54:42et nous on était révolutionnaire
00:54:44et bien lisez le texte
00:54:45c'est pas ça qui est écrit
00:54:46il dit quoi la dictature du prolétariat
00:54:49mais bien sûr qu'on est tous d'accord
00:54:51et après il dit la dictature du parti
00:54:53mais évidemment
00:54:53il le dit
00:54:55il dit ça se discute pas
00:54:56la conquête du pouvoir
00:54:58quelqu'un lui dit
00:54:59dites que c'est pas seulement les élections
00:55:00il dit bien sûr
00:55:01la conquête du pouvoir
00:55:03par tous les moyens
00:55:04y compris les moyens légaux
00:55:05Léon Blum
00:55:07mais on est en 1920
00:55:09et lui c'est quoi sa conclusion
00:55:11oui la dictature du prolétariat
00:55:13mais avec notre parti
00:55:14qu'on manque qu'on soit nous
00:55:15on est en 1920
00:55:17et il rompt l'unité
00:55:19du mouvement socialiste
00:55:20qui se dirigeait
00:55:22en s'organisant
00:55:23par rapport à la révolution communiste
00:55:25qui venait de commencer
00:55:26on ne peut même pas sortir
00:55:28le prétexte de Staline en 1920
00:55:29et en 1920
00:55:31c'est la grève générale
00:55:32qui s'annonce en Allemagne
00:55:34c'est la grève générale
00:55:35qui s'annonce en Italie
00:55:36et qu'est-ce qu'il raconte Léon Blum
00:55:38que son parti c'est plus important
00:55:40que la grève générale
00:55:41et que la révolution
00:55:42et bien ça ne doit pas être notre conception
00:55:44la NUPES c'est dur à travailler
00:55:47il faut la faire avancer
00:55:48il faut convaincre
00:55:49que nos solutions
00:55:50de rupture avec le capitalisme
00:55:52et le productivisme
00:55:54sont les conditions de la victoire
00:55:56quelle victoire
00:55:57on n'est pas là seulement
00:55:59pour gagner des élections
00:56:00et après aller faire les marioles
00:56:02comme on l'a vu
00:56:03dans le passé récent
00:56:04vous me voyez élu
00:56:06venir vous dire
00:56:07ah oui bah on vous sait
00:56:08c'est la politique de l'offre
00:56:09qui crée la demande
00:56:09non ?
00:56:11non ?
00:56:11c'est la demande populaire
00:56:13qui crée la politique
00:56:14la richesse
00:56:15le bien-être
00:56:16la vie en commun
00:56:17voilà tout ça
00:56:18je vous en parle avec passion
00:56:19parce que c'est énorme
00:56:21ce qu'on a fait
00:56:21vous autres les communistes
00:56:22vous devez y penser
00:56:23plus fort que les autres
00:56:25c'est la victoire
00:56:26de la ligne stratégique
00:56:27que nous avons mis en avant
00:56:28en 2012
00:56:29quand on était ensemble
00:56:30et la victoire
00:56:32de la ligne stratégique
00:56:33mise en commun
00:56:33en 2017
00:56:34c'est ça qui l'a emporté
00:56:36maintenant
00:56:37il faut être à la hauteur
00:56:38des enjeux
00:56:38quand les socialistes
00:56:40ont décidé de signer avec nous
00:56:41on va pas leur demander
00:56:42des certificats de baptême
00:56:44on va leur dire
00:56:45cette fois-ci
00:56:47enfin vous avez entendu
00:56:48la leçon du peuple
00:56:49vous ne l'avez pas entendu
00:56:50en 2005
00:56:51vous ne l'avez pas entendu
00:56:52en 2017
00:56:53et maintenant
00:56:54vous l'avez entendu
00:56:55bravo
00:56:56merci
00:56:56on est heureux
00:56:57de vous avoir avec nous
00:56:58parce que ce qui compte
00:57:00c'est la rupture
00:57:03alors
00:57:05justement
00:57:06en parlant de rupture
00:57:07un dernier mot
00:57:08pour conclure
00:57:10notre échange
00:57:12vous l'avez déjà évoqué
00:57:14tout à l'heure
00:57:15mais
00:57:15la rentrée
00:57:17s'annonce
00:57:18mouvementée
00:57:19avec les mobilisations
00:57:20syndicales
00:57:21des 22 et 29 septembre
00:57:22la marche
00:57:23contre la vie chère
00:57:24qui s'organise
00:57:26pour le mois d'octobre
00:57:27à laquelle
00:57:28vous avez
00:57:28vous avez
00:57:29invité
00:57:31alors que par le passé
00:57:32on le sait
00:57:33il y a parfois eu
00:57:34des tensions
00:57:34entre mouvement social
00:57:36et mouvement politique
00:57:37comment à l'heure
00:57:38où Macron dispose
00:57:40certes
00:57:40d'une majorité relative
00:57:41mais éventuellement
00:57:42du soutien de la droite
00:57:43voire du 49-3
00:57:45comment a créé
00:57:46un nouveau front populaire
00:57:48tout en respectant
00:57:48le rôle
00:57:49des uns et des autres
00:57:50alors d'abord
00:57:51commençons bien
00:57:52tous par comprendre
00:57:54que nous avons
00:57:55un adversaire
00:57:57et cet adversaire
00:57:59il utilisera
00:57:59toutes les armes
00:58:00dont il dispose
00:58:01je veux dire
00:58:02les armes
00:58:03politiques
00:58:03et institutionnelles
00:58:05la dissolution
00:58:06fait partie
00:58:07des moyens
00:58:07dont dispose
00:58:08monsieur Macron
00:58:09si possible
00:58:10au pire moment
00:58:10pour nous
00:58:11à nous de créer
00:58:12les conditions
00:58:13que ce soit
00:58:13les pires moments
00:58:14pour lui
00:58:14et que ce soit
00:58:15nous qui la demandions
00:58:16mais c'est une lutte
00:58:18c'est une lutte
00:58:19c'est une lutte
00:58:19pas de naïveté
00:58:20les camarades
00:58:22bien sûr que
00:58:23s'il arrive à avoir
00:58:24un accord en bonne
00:58:25et due forme
00:58:26avec les républicains
00:58:28il tiendra 5 ans
00:58:29mais pour quelle raison
00:58:31les républicains
00:58:32vont-ils vouloir monter
00:58:33dans le corbillard
00:58:35dites-moi voir
00:58:36aujourd'hui
00:58:37c'est l'extrême droite
00:58:38qui est maître
00:58:39de la dynamique à droite
00:58:40les républicains
00:58:41ne veulent pas être débordés
00:58:42par l'extrême droite
00:58:43donc ils disent
00:58:44des choses d'extrême droite
00:58:45et ils les mettent
00:58:46comme condition
00:58:46pour que les macronistes
00:58:48passent un accord avec eux
00:58:50donc à droite
00:58:51dans tout l'arc de droite
00:58:52c'est le front national
00:58:53qui a la main
00:58:54dans l'arc de droite
00:58:55pas de naïveté
00:58:57vous avez vu
00:58:57comment ils sont capables
00:58:58de se retrouver ensemble
00:58:59nous nous sommes
00:59:01il y a 3 blocs
00:59:034 si on compte
00:59:04les abstentionnistes
00:59:05l'union
00:59:06c'est ce qui peut entraîner
00:59:07les abstentionnistes
00:59:08de notre côté
00:59:09nous avons besoin
00:59:10d'en gagner
00:59:11le plus possible
00:59:12pour être équivalents
00:59:14de toutes les droites unies
00:59:16car nous devrons tous
00:59:17les affronter en même temps
00:59:18en ce moment
00:59:19nos camarades italiens
00:59:20sont en train de se battre
00:59:21pour essayer d'empêcher
00:59:23les fascistes
00:59:23de prendre le pouvoir
00:59:24je suis allé soutenir
00:59:27les camarades
00:59:28de Rifondation
00:59:29et Communista
00:59:31Potere al Popolo
00:59:32et de l'Union Populaire
00:59:34en Italie
00:59:34et on m'a dit
00:59:35Mélenchon
00:59:36qu'est-ce que tu vas faire là-bas
00:59:37ils vont pas faire 3%
00:59:38ben c'est justement
00:59:39pour s'agriber
00:59:39pour qu'ils fassent 3%
00:59:41pour qu'on ait des députés
00:59:42pour pouvoir affronter
00:59:44les fascistes
00:59:45et la soi-disant
00:59:46gauche démocratique
00:59:48qui est leur passe-plat
00:59:50et bien en France
00:59:51c'est pareil
00:59:52bien sûr
00:59:53les rôles sont différents
00:59:54bien sûr
00:59:55le dernier CCN
00:59:57de la CGT
00:59:57dit que la priorité
00:59:58de son action
00:59:59est dans l'entreprise
01:00:00ça va de soi
01:00:01nous ne sommes pas
01:00:02concurrents dans l'entreprise
01:00:04mais nous
01:00:05nous avons une responsabilité
01:00:06à l'égard de l'autre acteur social
01:00:09le peuple
01:00:09nous avons une responsabilité
01:00:12l'Union Populaire
01:00:13a uni le peuple
01:00:14sur la ligne de gauche
01:00:16la ligne de gauche
01:00:17qui unit le peuple
01:00:18c'est l'Union Populaire
01:00:19donc nous ne sommes pas
01:00:20des spectateurs
01:00:22chacun son rôle
01:00:23nous n'irons pas
01:00:24dans l'entreprise
01:00:25organiser les travailleurs
01:00:26mais nous demandons
01:00:27qu'on nous laisse
01:00:28organiser le peuple
01:00:29parce que c'est notre responsabilité
01:00:31de le faire
01:00:31donc on marchera
01:00:33et on marchera
01:00:36parce qu'il le faut
01:00:37pas parce que ça me fait plaisir
01:00:39à moi
01:00:39ou aux camarades
01:00:40de la France Insoumise
01:00:41ou aux socialistes
01:00:42ou à je ne sais qui
01:00:43parce que c'est nécessaire
01:00:45alors mes camarades
01:00:46j'en profite pour vous dire
01:00:48que tout le monde
01:00:49devrait se prendre
01:00:49des petites leçons d'histoire
01:00:50qu'est-ce qu'on me saoule
01:00:52avec la charte d'Amiens
01:00:53je reconnais que des camarades
01:00:55y soient attachés
01:00:55mais allez la lire
01:00:56avant de parler
01:00:57ça date de 1905
01:00:59ça a 116 ans
01:01:00ça va c'est tout frais
01:01:02même moi j'ai pas 116 ans
01:01:04alors
01:01:05qu'est-ce que c'est
01:01:06que cette histoire
01:01:07dedans il y est écrit
01:01:08alors vous autres
01:01:09alors en plus
01:01:10c'est les anarchistes
01:01:10qui battent les marxistes
01:01:11et maintenant je vois
01:01:12des marxistes
01:01:12qui se réclament
01:01:13de la charte d'Amiens
01:01:14génial
01:01:15et qu'est-ce qui est écrit dedans
01:01:17à l'époque
01:01:18il y a 5 partis socialistes
01:01:19il n'y a pas de parti communiste
01:01:20on est en 1905
01:01:22et ils disent
01:01:23ouais bah
01:01:23les 5 sectes là
01:01:25vous allez diviser
01:01:26les travailleurs
01:01:27alors que ce qu'il faut
01:01:28c'est l'unité des travailleurs
01:01:30pour faire la grève
01:01:30générale révolutionnaire
01:01:32alors vous avez l'intention
01:01:33de faire la grève générale révolutionnaire
01:01:36ah bah vous oui
01:01:37mais apparemment
01:01:38ceux qui s'en réclament
01:01:39pas trop
01:01:39alors je demande
01:01:41qu'on soit sérieux
01:01:42sérieux ça veut dire
01:01:43que personne
01:01:44ne montre du doigt l'autre
01:01:46quoi qu'il se passe
01:01:48nous assumerons
01:01:49notre responsabilité
01:01:50devant le nouvel acteur social
01:01:52qu'est le peuple
01:01:53nous l'organiserons
01:01:55nous injecterons
01:01:56tant que nous pouvons
01:01:57des éclairages
01:01:58qui permettent au peuple
01:01:59de comprendre
01:02:00ce qui se passe
01:02:01on va lui dire
01:02:02on te vole
01:02:0310% de ta paye
01:02:04et les autres
01:02:05continuent à se remplir
01:02:06les poches
01:02:06marchez
01:02:08marchez
01:02:08marchez
01:02:09marchez camarades
01:02:15alors on arrive au terme
01:02:17de notre
01:02:18de notre entretien
01:02:19merci
01:02:20merci de votre présence
01:02:23Jean-Luc Mélenchon
01:02:24merci à vous tous
01:02:25qui nous avez suivi
01:02:27durant
01:02:28durant cette dernière heure
01:02:30évidemment
01:02:31le débat continue
01:02:32le débat avec
01:02:34les organisations politiques
01:02:35les organisations syndicales
01:02:37les associations
01:02:38dans de multiples lieux
01:02:40de la fête de l'humanité
01:02:41merci encore
01:02:43et à très bientôt
01:02:57merci Jean-Luc Mélenchon
01:03:00merci Julien
01:03:02merci Julien