- il y a 3 jours
Le leader insoumis Jean-Luc Mélenchon a pris la parole à la Fête de l'Humanité ce samedi devant ses militants. La veille, le candidat à la présidentielle s'était exprimé devant la presse, ne fermant pas la porte aux autres partis de gauche.
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00:00D'abord je veux dire ma gratitude pour l'équipe du journal l'Humanité, sa rédaction, ses techniciens qui ont
00:09permis ce beau succès de la fête.
00:15Je dis mes remerciements et ceux de toute la direction insoumise aux militants communistes qui facilitent notre présence et notre
00:24participation à tous les événements qui ont lieu sur cette fête.
00:32Bien sûr je remercie les équipes insoumises qui sont au travail pour permettre que tout ça ait lieu car bien
00:39sûr tout ce que nous faisons est le résultat de l'action collective, tout, absolument tout, y compris vous, moi,
00:45à l'instant où nous sommes.
00:46Le chemin qui s'ouvre sous nos pieds est fait d'abord de nos efforts, de notre mobilisation, de notre
00:53conscience politique, de notre niveau d'éducation qui s'élève à mesure que nous allons à la rencontre des événements
00:59et que nous apprenons à en tirer profit pour la cause que nous servons.
01:03Puisque nous sommes ici par centaines, peut-être par milliers peut-on dire, je veux avant toute chose commencer par
01:17dire en notre nom à tous nos pensées émues aux familles des 300 journalistes assassinés à Gaza et au Liban.
01:36Et puisqu'il est question de presse et du noble, indispensable travail d'information dont nous avons besoin pour nourrir
01:48notre compréhension des événements et y trouver notre place.
01:52J'ai bien dit du travail dans le respect de la déontologie particulière de ce travail, qu'est le travail
01:59médiatique.
02:01Je veux dire en notre nom là aussi à tous notre soutien aux résistances qui s'expriment dans l'audiovisuel
02:09public et privé contre l'incrustation de l'extrême droite.
02:22Voyant le directeur adjoint de Valeurs Actuelles sur une chaîne du service public,
02:28une habituée de CNews chroniqueuse sur France 2,
02:32ou bien encore à son poste, le faussaire qui m'attribue à des propos qui ne sont pas les miens
02:38et qui pourtant continue,
02:40sans que personne ne nous ait présenté la moindre excuse, à animer la matinale de France Culture.
02:46Et enfin, plus récent et plus poignant peut-être encore,
02:52le spectacle consternant des chanteurs d'Adèle Haenel sur France 5.
03:02Tout ceci nous est présenté par des gens qui n'ont jamais eu la main qui tremblait quand il s
03:10'agissait de faire le ménage
03:11dans l'idée qu'il se faisait tôt de l'objectivité.
03:14Et on nous dit que c'est pour permettre la diversité.
03:17Vous voulez permettre la diversité ?
03:20Alors expliquez-nous pourquoi il n'y a pas un seul éditorialiste sur l'une quelconque de vos chaînes
03:26qui viennent de la rédaction du journal l'Humanité.
03:30Alors nous réclamons qu'il y en ait.
03:39Notre pays et le peuple de France vivent en ce moment
03:45une situation d'une difficulté particulièrement terrible dans la vie quotidienne.
03:54C'est cette époque que l'on dit d'inflation, c'est-à-dire de la vie chère,
04:00qui est pour l'essentiel un rapte supplémentaire qui est fait sur la paye des salariés,
04:06sur les revenus des gens qui en ont,
04:09au profit de l'accumulation qui a conduit
04:13à ce que dans ce système-ci, sous M. Macron,
04:18on ait vu se multiplier par deux en disant le nombre des milliardaires.
04:25Eh bien, mesdames, messieurs,
04:27combien de fois avons-nous entendu dire des gens qui se croient spirituels
04:32que la présence des riches ne les indispose pas,
04:35c'est plutôt celle des pauvres parce qu'ils les plaignent.
04:38Mais s'il n'y a pas de pauvreté,
04:40s'il n'y a pas d'extraction de la plus-value,
04:43et s'il n'y a pas de travail gratuit,
04:45pris, s'il n'y a pas de prélèvement fait.
04:48Autrement dit,
04:50ce que nous vivons
04:53est une fois de plus
04:55un épisode terrible
04:57de la bataille pour la répartition de la richesse
05:01entre le capital et le travail.
05:03Car rien ne fait augmenter les prix aujourd'hui du travail
05:07que n'auraient pas accompli les gens.
05:09Rien ne fait augmenter les prix
05:11parce que les machines
05:13n'auraient pas tourné autant qu'elles auraient dû,
05:15ou bien parce qu'on aurait distribué
05:18je ne sais quelle quantité d'argent
05:20sans réfléchir à la contrepartie matérielle.
05:23Non, rien !
05:24Que ce soit l'augmentation du prix des carburants,
05:28personne n'a décidé parmi nous,
05:30ni même notre pays,
05:31de participer au blocage du détroit d'Hormuz.
05:34Sinon, M. Trump et M. Netanyahou.
05:38Et pour finir,
05:39ce sont les peuples du monde entier
05:41qui en assurent la facture.
05:43Mais même cette facture-là est truquée
05:45puisque dans la période que nous venons de vivre
05:48depuis le début de la guerre contre l'Iran,
05:52guerre illégitime, je le rappelle,
05:54eh bien, les marges des raffineurs
05:57ont été multipliées par 4.
05:59Ce sont donc bien les marges
06:02qui provoquent la hausse des prix
06:04plutôt que tout autre événement.
06:06Et ces marges sont une décision de classe
06:09qui est prise par les uns contre les autres.
06:12Et rien d'autre !
06:15Il n'y a ni fatalité,
06:18ni destin probable,
06:20ni main de je ne sais qui,
06:23ni fil magique du prétendu marché
06:26qui dans cette affaire fonctionne.
06:28Rien d'autre qu'un rapport de force
06:31entre classes sociales.
06:32Alors, je sais que cette manière de parler
06:35peut déplaire.
06:36Mais elle a au moins le mérite de la clarté.
06:42Et chacun comprend,
06:43alors qu'elle est sa tâche,
06:46rétablir le rapport de force
06:47qui a été déséquilibré,
06:49au point que pendant toutes les années
06:52du Mozart de la finance,
06:53le ci-devant, M. Macron,
06:56c'est un détournement massif
06:58qui a abouti au résultat suivant.
07:01Un million de personnes de plus
07:02dans la pauvreté,
07:04huit millions de personnes
07:05à l'aide alimentaire,
07:07des millions de gens précipités
07:11dans une situation
07:13où un tiers d'entre eux
07:15mangent moins pour pouvoir mettre
07:17le carburant dans leur véhicule
07:19pour pouvoir aller au travail,
07:21faire la part de travail gratuit
07:22qui va servir à enrichir les autres.
07:25Ah oui, ces mots vous dérangent.
07:27Eh bien, c'est à nous
07:28de les porter partout
07:30pour porter comme une lumière
07:32le sens des événements.
07:34Travailleuses, travailleurs,
07:36vous autres, gens du peuple,
07:38ne croyez pas que vous soyez
07:40accablés par autre chose
07:41qu'un rapport de force
07:43que vous devez inverser.
07:45Et vous allez le faire
07:46avec des bulletins de vote,
07:48autant que par l'action.
07:55Aujourd'hui,
07:58on nous dit
08:00que cette inflation
08:02serait de 3%.
08:03Eh bien, voici ce que j'ai à dire.
08:07Je ricane.
08:083% ne correspond
08:10à l'expérience concrète
08:12de personne dans cette salle.
08:14Quand on a un indice
08:15qui agglomère
08:16le prix
08:18de la bonnetterie
08:20masculine et féminine
08:21avec des ordinateurs,
08:24des voitures
08:25et des sacs de patates,
08:26on peut en effet admettre
08:28que les prix en moyenne
08:30est évolué de 3%.
08:32Mais si l'on regarde
08:33plus attentivement
08:35ce qui constitue
08:36la vie quotidienne
08:38de millions
08:39de femmes et d'hommes
08:40qui s'usent à la tâche
08:42pour faire vivre
08:43et parfois seulement
08:44survivre leurs familles,
08:46depuis Macron,
08:48le gaz a augmenté
08:49de 150%,
08:51pas de 3%.
08:54Et avant ça,
08:56où sont les belles personnes
08:58qui nous avaient vanté
09:00que dès que l'on aurait fait
09:02la privatisation
09:03et qu'on aurait débarrassé
09:05le gaz
09:06des fonctionnaires
09:07qui le parasitaient,
09:09on connaîtrait un bonheur
09:10et une jouissance sans fin
09:12avec des prix
09:13qui seraient quasiment
09:14des cadeaux.
09:14Où êtes-vous,
09:15donneurs de leçons,
09:17bradeurs du pays
09:18qui nous avaient augmenté
09:19de 150% ?
09:21Où êtes-vous,
09:22les belles personnes
09:23qui nous avaient promis
09:25que quand on aurait
09:26privatisé Total
09:28et les autres,
09:29les carburants baisseraient
09:30alors qu'ils ont augmenté
09:32pendant ces années
09:33de 30% ?
09:35Je n'ai pas dit 3%,
09:36j'ai dit 30%.
09:38Où êtes-vous,
09:40les organisateurs
09:41du libre marché
09:43qui, par sa main habile
09:45et bienveillante,
09:46toujours calculatrice,
09:48allez vous libérer
09:49de l'infection des normes
09:52des exigences,
09:53des taxes
09:54avec lesquelles
09:55l'État s'empiffre,
09:56paraît-il,
09:58eh bien,
09:58les prix ont augmenté
10:00pour les aliments
10:01de plus de 30%.
10:03J'ai dit 30%,
10:04pas 3%.
10:05Voilà le monde
10:07de mensonges
10:08dans lequel nous vivons.
10:09La vie est dure,
10:10de plus en plus dure.
10:12Et ceux
10:12pour qui
10:13elle est moins dure,
10:14parce que leurs revenus
10:15leur permettent
10:17de la trouver
10:17moins dure,
10:18comme c'est mon cas.
10:20Alors,
10:20ceux-là ont un devoir
10:21humain par-dessus.
10:22Tous les autres,
10:23votre morale ne peut pas être.
10:25Profite,
10:26tais-toi.
10:26Il faut aller
10:29à la rescousse
10:31du peuple.
10:32Il faut s'organiser
10:34avec lui.
10:35Il faut
10:36que par vos groupes d'action,
10:39vous alliez continuer
10:40à faire les collectes
10:42d'aliments,
10:43de matériaux
10:44dont les autres
10:45ont besoin.
10:46Entraidez-vous,
10:47car la société
10:48de l'entraide
10:49commence avec nous,
10:51avec notre militantisme,
10:53avec notre conscience
10:54ouverte
10:54à la souffrance
10:55des autres
10:56plutôt qu'à l'indifférence
10:57qui est la caractéristique
10:59des classes dominantes.
11:01Mesdames, Messieurs,
11:05ce qui arrive,
11:07hélas,
11:08dirigé
11:09comme nous le sommes,
11:10va être pire.
11:11Pourquoi ?
11:14Évidemment,
11:14parce que
11:15l'accumulation
11:17des causes
11:17qui nous ont conduits
11:18jusqu'à la situation
11:19présente
11:20va continuer
11:21et s'intensifier.
11:23Le changement
11:24climatique
11:25est irréversible.
11:28Ceux qui nous dirigent
11:29ne font rien.
11:31Et il arrive
11:32que dans le changement,
11:33certaines catastrophes
11:35finissent par être
11:36profitables
11:36à tel ou tel produit
11:38que l'on vend.
11:39Et quand je dis
11:40tel ou tel produit,
11:41je sais
11:42que quand dans l'agriculture,
11:44les produits
11:45de consommation
11:46que notre pays
11:47n'est plus capable
11:48de produire
11:49car nous ne sommes plus
11:49indépendants
11:50ni souverains
11:51en matière alimentaire,
11:52que dans le même
11:54moment
11:54où les patates
11:55elles-mêmes
11:56ont fini par brûler,
11:57eh bien d'autres
11:58productions
11:59qui ont été
12:00destinées
12:01au marché mondial
12:02ont augmenté
12:03dans des proportions
12:04telles
12:05que cette canicule
12:06est une bonne affaire
12:07quand le blé
12:08passe à 145 euros
12:11la tonne
12:11ou quand le maïs
12:13qui nourrit
12:13les poules chinoises
12:14et je ne sais
12:15quelle autre brave bête
12:16est passé
12:17à 175 euros
12:18la tonne.
12:19tel est le monde
12:20dans lequel nous vivons.
12:22Le capitalisme
12:23ne s'occupe pas
12:24de savoir
12:24ce que deviennent
12:25les êtres humains
12:26qui produisent
12:27la richesse.
12:28Il ne s'occupe
12:29que d'une chose
12:29faire tourner
12:30toujours plus vite
12:31l'argent
12:32pour le transformer
12:33en marchandise
12:34pour le transformer
12:35à nouveau
12:36en argent
12:37dans une indifférence
12:38absolue
12:40de ce que deviennent
12:41tous ceux
12:41qui produisent
12:42ces richesses.
12:43Nous sommes le parti
12:44le mouvement
12:45qui rétablit
12:47les droits
12:47de l'humanité
12:48face aux droits
12:49des marchandises.
12:50Voilà qui nous sommes.
13:00J'ai dit
13:01que cela serait pire
13:03parce que
13:03la Banque Centrale
13:04européenne
13:05est en train
13:06d'augmenter
13:07ses taux.
13:08Alors vous autres
13:09vous avez déjà
13:10du mal à comprendre
13:11ce que fait au juste
13:11cette Banque Centrale
13:12et de qui
13:13elle est indépendante.
13:15Alors quand
13:16vous entendez dire
13:17qu'elle va augmenter
13:18ses taux
13:18l'affaire devient
13:19un peu plus compliquée
13:21et c'est mon devoir
13:21c'est votre devoir
13:23à vous les militants
13:24de l'expliquer
13:25autour de vous.
13:26La Banque Centrale
13:27a un statut.
13:29J'ai voté
13:29contre ce statut
13:30et j'ai eu l'honneur
13:32d'être blâmé
13:33par M. François Hollande
13:34à l'époque.
13:39Il faisait son travail
13:40déjà
13:42qui était
13:43de faire avancer
13:44la cause malpropre
13:45de ce statut.
13:47Et ce statut
13:48prévoit
13:48que la Banque Centrale
13:50est indépendante
13:51et elle reçoit
13:52pour objectif
13:53mesdames,
13:54messieurs
13:54non pas
13:56de faire attention
13:57à savoir
13:58s'il y a
13:58pas assez
13:59ou s'il y a
14:01trop de chômage
14:02ou que sais-je encore.
14:03si les êtres humains
14:05arrivent à circuler,
14:07si les écoles
14:08sont bien garnies.
14:09Non,
14:10la Banque Centrale
14:11européenne
14:11ne s'occupe
14:12que d'une seule
14:13et unique chose,
14:16l'inflation,
14:17le prix des marchandises.
14:19Et quand on leur dit
14:20vous êtes en train
14:21d'augmenter
14:22les taux
14:23au moment
14:24où la politique
14:25de notre pays
14:27comme celle
14:27de tous les pays
14:29est en train
14:30de faire entrer
14:31nos économies
14:32en récession
14:32parce que
14:34dans tous les pays,
14:35tous les pays,
14:36la dette publique
14:37se paye plus cher
14:38aujourd'hui
14:39qu'elle se payait hier
14:40et qu'on arrive
14:41à près de 4%
14:42de taux.
14:44Dans tous les pays,
14:45la seule solution
14:46qui est proposée
14:48et mise en œuvre
14:49c'est
14:50de réduire
14:51les budgets,
14:53de faire des coupes
14:54dans les budgets publics,
14:55de supprimer
14:56des enseignants,
14:57de fermer
14:58des écoles,
14:59de fermer
14:59des maternités,
15:00de fermer
15:01des kilomètres
15:02de voies ferrées,
15:03etc., etc.
15:05Si bien que
15:06quand la banque centrale
15:07arrive
15:07et qu'elle augmente
15:09ses taux,
15:10elle va aggraver
15:11cette situation
15:12et nous plonger
15:13dans la récession.
15:14La récession,
15:15ça veut dire
15:16dans le système capitaliste,
15:18il n'y a pas
15:18pire crise
15:19parce que le système
15:21repose sur la croissance
15:22permanente et infinie.
15:23Et nous sommes à,
15:25ça n'a même plus de sens,
15:270,4% de croissance.
15:31Le président de la commission
15:33des finances
15:34de l'Assemblée nationale,
15:35notre camarade
15:36Éric Coquerel,
15:39avait déjà prévenu
15:42sur tous les tons.
15:44Personne ne peut dire,
15:45c'est comme le dit Macron
15:47quand il ne sait plus quoi faire,
15:48il dit,
15:49mais qui aurait pu prévoir ?
15:50Eh bien nous,
15:51figurez-vous précisément.
15:52Et nous avons alerté,
15:55prévenu,
15:56mis en garde,
15:57fait des contre-propositions
15:59sans cesse
16:00et notamment
16:01celles qui leur ont tant
16:02des plus
16:02comme la taxe Zuckmann
16:04et autres
16:04pour rétablir l'équilibre
16:06entre la contribution
16:07du travail
16:08et celle du capital.
16:10La contribution du travail
16:11vient deux fois.
16:12La première fois
16:13quand la richesse est créée,
16:15la deuxième
16:16quand on supprime
16:17des services publics
16:18qui sont,
16:19comme chacun le sait,
16:20le seul patrimoine
16:21de ceux qui n'ont pas
16:22de patrimoine.
16:23Vous payez une deuxième fois
16:24quand il n'y a plus de train,
16:26quand il n'y a plus de bus,
16:27quand vous êtes obligés
16:29d'inscrire vos enfants
16:30dans une école privée
16:31alors que vous voudriez
16:32qu'ils soient
16:33à l'école publique,
16:34etc., etc.
16:36Voilà le point
16:38où nous allons.
16:39Et dans ces conditions,
16:41il y a bien sûr
16:42des mesures d'urgence
16:44à prendre.
16:45C'est des dont je vais dire
16:47rapidement un mot.
16:48Mais je ne veux pas
16:50que l'on croit
16:50que notre pensée
16:52serait faite
16:53de mesures d'urgence,
16:55de sparadrap
16:56plus performants
16:58que ceux des autres,
17:00de rustines
17:01mieux collées
17:02que ce que collent
17:03les autres.
17:04Nous voulons
17:05véritablement
17:06et décidément
17:08la transformation
17:10de fond en comble
17:11du système
17:12de la société,
17:14une autre agriculture,
17:15une autre industrie,
17:17une autre répartition
17:19de la richesse.
17:21Nous voulons
17:21la révolution citoyenne,
17:23c'est-à-dire
17:24le contrôle populaire
17:26sur toutes les affaires
17:27qui le concernent
17:28directement.
17:29Alors,
17:30de ces mesures d'urgence,
17:32vous les connaissez.
17:34D'abord,
17:35c'est évidemment
17:36le blocage
17:38des prix
17:38et le blocage
17:40des marges.
17:43Entendez,
17:44les gens,
17:45le blocage
17:46des prix,
17:47c'est on bloque
17:47les choses
17:48là où elles sont.
17:49Quand vous bloquez
17:50les marges,
17:51c'est que vous empêchez
17:53qu'on augmente
17:53la part
17:54que celui qui vous vend
17:55quelque chose
17:56prend pour lui-même,
17:57notamment,
17:58par exemple,
17:58sur les carburants.
18:01Ça,
18:02c'est la mesure de base,
18:03la mesure de survie.
18:04Mais,
18:05comme on en parlait
18:06entre nous,
18:07les Insoumis,
18:08avec la présidente
18:09du groupe,
18:10Mathilde Panot,
18:11on se disait
18:11peut-être qu'il faut
18:13qu'on aille
18:15plus à fond
18:16pour faire comprendre
18:18ce qui est
18:18une mesure d'urgence.
18:20Mesdames,
18:20messieurs,
18:20camarades,
18:21il y a
18:22dans notre pays
18:23la possibilité
18:24par décret
18:26de décider
18:27de l'état
18:28d'urgence
18:28quand l'ordre
18:30public
18:30est troublé,
18:32c'est-à-dire
18:33quand éclatent
18:34des révoltes urbaines
18:36ou quand,
18:37par diverses provocations,
18:38des manifestations
18:39pacifiques
18:40tournent mal
18:41et qu'on nous éborgne
18:42les gens qui s'y trouvent.
18:44En tout cas,
18:45on peut déclarer
18:46à ce moment-là
18:47l'état d'urgence.
18:48Il y a même
18:49un article
18:50de la Constitution,
18:51l'article 16,
18:52qui,
18:53dans un cas similaire
18:54qui peut arriver,
18:55on a déjà vu ça
18:56en France
18:57avec les généraux
18:58félons,
18:59permet
19:00au président
19:01de la République
19:02de suspendre
19:03les libertés
19:04constitutionnelles
19:05pendant six mois.
19:08Oui,
19:08ben réfléchissez
19:09et qui c'est
19:09qui pourrait prendre
19:10une décision pareille ?
19:12Eh bien,
19:12vous voyez
19:13que dès lors
19:14qu'il est question
19:14d'ordre public,
19:15alors là,
19:16oui,
19:16il y a diverses
19:17matraques
19:18qui sont disponibles.
19:20Mais quand il s'agit
19:23de l'état
19:23d'urgence écologique
19:25comme ce fut le cas
19:26cet été,
19:27mais quand il s'agit
19:29d'état d'urgence sociale
19:30comme c'est le cas
19:31en ce moment,
19:33alors il n'y a
19:34aucune possibilité
19:35de décréter
19:36les trains d'urgence,
19:37de prendre
19:38des décisions
19:39rapidement appliquées,
19:42rapidement déployées
19:43et qui seraient
19:44ensuite,
19:45bien sûr,
19:45comme on le fait
19:46pour les ordonnances,
19:47vérifiées par le Parlement
19:49lui-même
19:49qui dirait
19:50si elles ont été
19:51ou non conformes
19:52à l'intérêt général.
19:54Nous voulons,
19:55nous,
19:55les insoumis
19:56que pour la suite
19:57des événements
19:58et notamment
19:59lorsque viendra
20:00le moment
20:01de refaire
20:01la Constitution,
20:02met des avant,
20:04il y ait
20:04la possibilité
20:06décrite
20:07par des conditions
20:08objectives
20:09particulières
20:10de décréter
20:11l'état d'urgence sociale
20:13ou l'état
20:14d'urgence écologique.
20:20Et la deuxième mesure,
20:23c'est l'échelle mobile
20:24des salaires.
20:25L'échelle mobile
20:27des salaires,
20:27ça veut dire
20:28qu'à intervalles réguliers,
20:30on ajuste
20:31les salaires
20:32sur le niveau
20:33d'augmentation
20:34de la cherté
20:35de la vie
20:35de manière
20:36à ce que le pouvoir
20:38d'achat
20:38ne recule pas.
20:39Voilà ce que veut dire
20:41l'échelle mobile
20:42des salaires.
20:43L'échelle mobile
20:45des salaires
20:46est revendiquée
20:47notamment
20:47par le syndicat CGT
20:49et par nous
20:51évidemment.
20:52L'échelle mobile
20:53des salaires
20:54a existé
20:55en France
20:55entre 1952
20:58et 1983.
21:00L'échelle mobile
21:01des salaires
21:02existe en Belgique.
21:04Alors,
21:05on nous dit
21:05si vous faites ça,
21:08il y aura
21:09un effet
21:10comme ils disent
21:11de second tour.
21:11c'est-à-dire
21:13qu'après que vous
21:13ayez augmenté
21:14les salaires
21:15comme les prix
21:15des marchandises
21:16auront augmenté.
21:19Première remarque,
21:20c'est pas obligatoire.
21:21Vous pouvez ne pas
21:22les augmenter
21:22et diminuer
21:23vos marges.
21:24C'est-à-dire
21:25que vous réorganisez
21:26la distribution
21:27entre le capital
21:28et le travail
21:28et c'est bien
21:29ce que nous voulons faire.
21:30L'échelle mobile
21:31des salaires
21:32fait pousser
21:33des cris
21:35aux économistes
21:36dits orthodoxes,
21:37c'est-à-dire
21:38particulièrement dangereux.
21:41leur fait pousser
21:42des cris,
21:44mais je les vois
21:45bien moins criants
21:47quand il s'agit
21:48d'organiser
21:49l'échelle mobile
21:51du capital.
21:52Alors là,
21:53non,
21:53plus personne
21:54n'a rien à dire
21:54et pourtant,
21:56j'aime mieux vous dire
21:56que ça vous coûte
21:57horriblement cher,
21:58mais vous ne savez
21:59même pas que ça existe.
22:00Voyez-vous,
22:02il y a
22:03dans les mots-arts
22:04de la finance
22:04de notre État
22:05des gens
22:06d'une spéciale nullité.
22:10Assis
22:11le précédent
22:12Mozart de la finance,
22:13père Cessandre,
22:14le président
22:15Giscard d'Estaing,
22:16qui avait inventé
22:18un emprunt
22:19gagé sur l'or.
22:21Eh bien,
22:22nous avons remboursé
22:23pour finir
22:24plus de 12 fois
22:26la somme initiale,
22:27il faut oser le faire.
22:28Et ainsi de suite,
22:30je pourrais vous en citer
22:31plusieurs.
22:32Mais comme tout à l'heure,
22:33je vais vous en présenter
22:34quelques-uns
22:34de particulièrement dangereux
22:36et de beaucoup plus
22:37contemporains,
22:39je vous laisse garder
22:40votre souffle
22:40pour les huer
22:41le moment venu.
22:43Eh bien,
22:44quelle est cette échelle
22:45mobile du capital ?
22:47L'État
22:49décide
22:49de lancer
22:51des titres de dette,
22:52je t'en prends
22:53de dessous,
22:54alors tu te méfies,
22:55tu te dis,
22:55bon,
22:56ça va Mélenchon,
22:58il a de quoi,
22:58il me prend 1 000,
23:00il va me les rendre.
23:01Mais tu te dis,
23:03l'année prochaine,
23:03si c'est 3 % d'inflation,
23:05et puis l'année d'après,
23:07encore 3,
23:07ça commence à faire beaucoup.
23:09Eh bien,
23:09je te rassure,
23:10je suis l'État,
23:11j'ai inventé un papier
23:12et je te dis,
23:14j'ajuste les intérêts
23:15sur l'inflation.
23:16S'il y a de l'inflation,
23:18allez,
23:18tes intérêts seront augmentés
23:20du montant de l'inflation.
23:22Exactement ce que nous sommes
23:23en train de proposer
23:24avec l'échelle mobile
23:25pour les salaires.
23:26Et c'est pas tout.
23:28Comme l'État est bon prince
23:30quand il s'agit des riches,
23:32non seulement les intérêts
23:34sont augmentés de l'inflation,
23:37mais le capital à rembourser aussi
23:39est augmenté de l'inflation.
23:42Ah,
23:42je vous vois un peu perplexe,
23:44le temps de réaliser
23:45ce que tout ça veut dire.
23:46parce que comme on n'a pas l'habitude
23:48de ce type de cadeau,
23:49on a du mal à imaginer
23:51quand c'est pour les autres.
23:52Ne croyez pas
23:54que ce soit des sommes
23:56dans des coins,
23:57c'est les plus vénards,
23:59ceux qui sont arrivés les premiers,
24:00qui ont acheté les premiers,
24:02ces titres.
24:02Non, non, non, non.
24:03Ça représente des milliards,
24:05mesdames, messieurs.
24:07C'est-à-dire
24:08que ça représente aujourd'hui,
24:10à l'heure à laquelle nous parlons,
24:14l'augmentation de la charge de la dette,
24:17c'est-à-dire ce que nous payons
24:18tous les ans,
24:20en intérêt
24:21des nouveaux emprunts
24:23que nous faisons pour payer
24:24ceux d'avant.
24:26parce que ceux qui vous donnent
24:27des leçons
24:28et vous disent
24:29qu'il faut que vous payiez vos dettes,
24:31eux,
24:31ont décidé
24:32qu'ils ne les payaient jamais.
24:35C'est-à-dire que
24:36quand un titre de dette
24:37est arrivé au bout
24:38et que c'est l'heure de payer,
24:41ils disent pas de problème,
24:42nous allons emprunter
24:44et nous allons vous rembourser avec ça.
24:46Et voici un nouveau titre de dette.
24:48C'est pourquoi
24:49chaque fois que vous me verrez
24:51ou que vous verrez l'endormissement...
24:52Voilà, le discours donc
24:53de Jean-Luc Mélenchon
24:55à la fête de l'humain.
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