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  • il y a 2 jours
Pourquoi le Nutri-Score n'est-il toujours pas obligatoire sur l'ensemble des emballages ? Quels sont les effets concrets et scientifiquement prouvés des aliments ultra-transformés et des additifs sur notre santé ? De quelles manières les lobbies industriels influencent-ils la recherche scientifique et les décisions politiques en France et en Europe ?

Face à la précarité alimentaire et au marketing ciblant massivement les plus jeunes, cette discussion apporte un éclairage indispensable pour comprendre les rapports de force économiques et donne des clés d'action citoyennes pour réclamer une alimentation saine, transparente et accessible à tous.

Avec :
- Mathilde Touvier, épidémiologiste et co-créatrice du Nutri-Score,
- Camille Dorioz, directeur de campagne chez Foodwatch France.

Animé par Fabrice Savel, rédacteur en chef de La Terre : https://www.laterre.fr/

Disponible en podcast https://www.humanite.fr/les-podcasts-de-lhumanite

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00:00 Les enjeux de la santé et du système alimentaire
03:40 L'histoire, la science et les impacts réels du Nutri-Score
08:46 Pourquoi le Nutri-Score n'est-il toujours pas obligatoire ?
14:46 Stratégies des lobbies et la bataille politique autour de l'étiquetage
22:10 Le danger méconnu des aliments ultra-transformés
25:34 Les dérives de l'agro-industrie : marges, marketing et enfants ciblés
31:35 Précarité alimentaire : le bien-manger est-il devenu un privilège ?

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Transcription
00:01Nutri-Score, aliments ultra transformés, santé, quand les lobbies s'invitent à la table, à notre table, à vos tables,
00:09on a la chance d'avoir sur le plateau deux acteurs de la lutte pour la qualité alimentaire, le droit
00:18à l'alimentation, la santé,
00:22avec Camille Dorios, qui est directeur de campagne à Foodwatch, et Mathilde Touvier, qui est la co-inventrice du Nutri
00:31-Score.
00:33Donc Mathilde, vous êtes épidémiologiste, c'est bien ça ?
00:39Épidémiologiste, pardon, directeur de recherche à l'Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale, l'Inserm,
00:47et depuis 2019, vous dirigez la cohorte Nutri-Santé, Nutri-Net-Santé, qui permet de scruter les habitudes de vie
00:57et d'alimentation,
00:59et l'état de santé, de 180 000 personnes.
01:05Voilà, vous êtes également, je l'ai déjà dit, co-inventrice, co-créatrice du Nutri-Score, avec vos équipes,
01:10que l'on retrouve sur certains emballages alimentaires, pas tous, pas partout, et on va y revenir.
01:18Camille, donc je le disais, vous êtes directeur de campagne chez Foodwatch, Food France,
01:24une organisation à but non lucratif, 100% indépendante, je sais que vous y tenez beaucoup,
01:30vous militez pour plus de transparence dans le secteur alimentaire,
01:35vous défendez le droit à une alimentation saine, sûre, sans risque, choisie et accessible pour toutes et tous.
01:45Gros sujet, gros, gros sujet.
01:48Merci à travers d'investigations, de révélations, vous pourrez y revenir, de révélations de scandale.
01:55Vous faites la lumière sur les pratiques des géants des industries agroalimentaires et de la grande distribution.
02:01Merci à tous les deux d'être ici.
02:05Voilà, on va décrypter ensemble avec vous en quoi l'accès à une alimentation saine et de qualité
02:13est à la fois un enjeu de santé et l'objet d'une bataille économique et politique très intense
02:18dans le cadre d'un système alimentaire dominé par des grands groupes agroalimentaires et de la distribution.
02:25Et au-delà, comment se réapproprier ces sujets ?
02:29Comment se réapproprier l'alimentation, notre alimentation ?
02:32Comment contraindre les industriels à répondre à ses objectifs de transparence sur les produits,
02:38sur leurs prix, sur les enjeux de qualité et de santé publique ?
02:42Autant de questions qu'on va explorer ensemble.
02:47Pour contribuer à nous informer, citoyens, consommateurs, mangeurs, on est tous mangeurs et mangeuses.
02:57Ça, ça nous relie tous.
03:00Et puis aussi nous donner des clés pour agir.
03:02Mathilde, vous êtes donc, je le redis, co-inventrice du Nutri-Score.
03:08Ce petit pictogramme coloré du vert au rouge avec les lettres ABCDE qu'on le retrouve sur un certain nombre
03:18de produits alimentaires dans les rayons des grandes surfaces souvent.
03:23Pour commencer, pouvez-vous nous raconter l'histoire du Nutri-Score ?
03:27Comment il vient ? Sur quels fondements scientifiques ?
03:30Son utilité ?
03:34Son efficacité pour la santé ?
03:36Et particulièrement celle des enfants, d'ailleurs.
03:40Oui, alors merci beaucoup et vraiment ravi d'être là parmi vous aujourd'hui.
03:45Au cours d'une vie, on ingère environ, en moyenne, 30 tonnes d'aliments et 50 000 litres de boisson.
03:52Donc après des décennies de recherches en santé publique, en nutrition, on sait aujourd'hui que la nutrition, c'est
03:58vraiment un des déterminants majeurs de notre santé.
04:01Environ un décès sur cinq dans le monde est lié à des facteurs nutritionnels.
04:06Donc ça peut être évidemment des situations de malbouffe ou de mauvaise alimentation ou des situations de famine.
04:13Certains pays d'ailleurs cumulent le double fardeau.
04:16Mais ce qu'on sait aujourd'hui, c'est qu'on pourrait éviter des dizaines, des centaines de milliers de
04:21cas de maladies en améliorant notre alimentation.
04:25Pour les cancers, par exemple, c'est 40 à 60% des cancers qui sont évitables en modifiant notre mode
04:31de vie.
04:32Donc il y a le tabac, bien entendu, mais juste après, ce sont tous les facteurs nutritionnels.
04:36Donc, sachant ça et sachant les preuves maintenant massives, tout le monde sait que manger trop de sel, trop de
04:43sucre, pas assez de fibres, trop de graisse saturée, c'est pas bon pour la santé.
04:48On a voulu donner une information simple au consommateur.
04:52Je ne sais pas si vous avez déjà fait l'exercice de retourner un emballage d'aliments en Europe.
04:56La seule chose qui est obligatoire, c'est la teneur pour 100 grammes de sucre, de sel, de graisse saturée.
05:02Honnêtement, qui va perdre du temps, passer du temps à aller décrypter ces tableaux de composition compliqués ?
05:09Personne ne le fait et non seulement personne ne le fait, mais encore moins les populations les plus défavorisées,
05:16les populations qui ont moins eu accès à l'éducation et qui peuvent leur permettre justement de comprendre avec facilité
05:23ce tableau complexe.
05:25La nutrition, au passage aussi, est un des marqueurs absolument clés des inégalités sociales de santé.
05:33Il y a à peu près deux à trois fois plus d'enfants en situation de surpoids ou d'obésité
05:38chez les enfants d'ouvriers que chez les enfants de cadres.
05:41Ce n'est qu'un des indicateurs. Il y en a 3000 qui marchent à chaque fois.
05:45Si vous regardez les consommations de boissons sucrées, au contraire de fruits, de légumes, de poissons,
05:51on a vraiment des gradients sociaux qui sont très marqués.
05:54Donc face à ça, on s'est dit comment traduire ces informations que personne ne regarde et qui sont très
05:59compliquées
05:59en un logo tout simple, 5 lettres, 5 couleurs, en face avant des emballages.
06:04C'est l'idée du Nutri-Score.
06:06Et donc l'idée de ce logo, c'était simplement de pouvoir en un coup d'œil résumer la qualité
06:12nutritionnelle du produit.
06:13Plus on est dans le vert, le A, B, meilleur C pour la santé et plus on est dans le
06:18rouge, D, E, moins bon C pour la santé.
06:23Alors, point très important ici, il ne s'agit pas de dire attention, je vois un E au Nutri-Score,
06:30jamais je ne mangerai ce produit-là.
06:32Non, ça donne juste une indication.
06:33Ça veut juste dire, si vous voyez un Nutri-Score E, évitez d'en manger 3 kilos matin, midi et
06:39soir.
06:39Si vous voulez vivre le plus longtemps possible en bonne santé, ce n'est absolument pas une interdiction.
06:43C'est une information, un guide pour les consommateurs.
06:46Et donc ce qu'on a fait avec notre équipe de recherche, c'est déjà savoir qu'est-ce qu
06:52'on mettait, comment est-ce qu'on calculait cet algorithme
06:54qui donne la note du Nutri-Score.
06:57Et donc pour ça, on a fait de nombreuses études, des études où on a considéré l'alimentation de dizaines,
07:03de centaines de milliers de personnes
07:05en France, en Espagne, en Europe, dans dix pays européens, donc dans la cohorte Nutri-Net Santé, mais aussi dans
07:10d'autres études,
07:11et où on a pu montrer que lorsqu'on calcule le Nutri-Score comme ça et qu'on regarde le
07:17Nutri-Score moyen des consommations alimentaires,
07:20et bien ceux qui mangeaient mieux classés au Nutri-Score vivaient plus longtemps, donc avaient moins de mortalité prématurée,
07:25moins de cancers, de maladies cardiovasculaires, de diabète de type 2,
07:29donc toutes les pathologies chroniques dont on sait qu'elles sont en partie au moins déterminées par l'alimentation.
07:35On a ensuite vérifié, finalement, avec toute la recherche qu'on a pu faire, que le logo était bien compris,
07:40et qu'il influençait positivement la qualité des paniers d'achat.
07:45On a testé notamment ce logo par rapport à des logos qui étaient proposés par l'industrie agroalimentaire,
07:50et donc soi-disant, pour là aussi informer le consommateur, et on s'est aperçu que ces logos proposés par
07:55l'industrie,
07:56au contraire, favorisaient la consommation des produits gras, sucrés, salés, avec des logos ambigus, je vous passe les détails,
08:02mais qui évidemment favorisaient leurs produits, alors que le Nutri-Score, systématiquement, était le logo qui marchait le mieux
08:09pour informer les consommateurs et améliorer la qualité des paniers d'achat.
08:13Et point intéressant, je parlais des inégalités sociales de santé précédemment,
08:17c'est que ce logo était d'autant plus intéressant, il marchait d'autant mieux, en termes d'amélioration de
08:23la qualité des paniers d'achat,
08:24chez les classes les plus défavorisées, puisque justement, c'était celles qui avaient le moins tendance, à la base,
08:30à avoir un regard critique sur ce tableau de composition complexe.
08:34Donc après toutes ces recherches, en 2017, on a réussi à faire passer le Nutri-Score dans la loi de
08:40santé publique,
08:41et donc vous avez vu, commencé à le voir apparaître sur les emballages des produits depuis cette date.
08:47Aujourd'hui, ce sont plus de 1500 marques qui se sont engagées dans la démarche,
08:51non seulement en France, mais on a aussi 7 autres pays, donc 8 en tout en Europe,
08:56et plusieurs autres sont en train de rentrer dans la démarche, qui ont adopté le Nutri-Score.
09:01Alors, il est malheureusement encore facultatif,
09:05donc vous ne verrez pas de Nutri-Score sur les bouteilles de Coca-Cola,
09:08ou sur des pots de Nutella, ou Pepsi, Mondelaise, etc.,
09:11Lactalis, qui sont de fervents opposants au Nutri-Score.
09:14Vous n'avez qu'à regarder la qualité nutritionnelle de leurs produits,
09:17vous comprendrez pourquoi ils refusent de jouer ce jeu de la transparence pour les consommateurs.
09:21Et donc c'est à la fois effectivement un problème de santé publique,
09:24mais aussi un problème politique, un problème économique,
09:27et c'est pour ça que je suis heureuse de parler aussi devant vous aujourd'hui,
09:30parce que nous, en tant que consommateurs, que citoyens,
09:33on a ce rôle-là à jouer, ce rôle critique par rapport à la qualité de ce qu'on a
09:38dans nos assiettes.
09:39Et alors, j'essaye aussi à chaque fois de ne pas justement remettre tout le poids sur le dos des
09:46consommateurs.
09:47Ce qui est important, c'est qu'on ait cet outil-là,
09:50ce qu'on ait des politiques aussi qui permettent aux consommateurs de faire les bons choix,
09:54donc ça passe par la régulation de la pub, du marketing, etc.
09:57Mais le Nutri-Score, en soi, il est utile aussi parce qu'il l'aide à transformer l'offre en
10:02profondeur.
10:04Les industriels, alors peut-être pas tous dans un objectif de santé publique et de philanthropie,
10:09peu importe, ceux qui s'engagent dans la démarche veulent avoir un bon Nutri-Score,
10:14parce que c'est un argument aussi de vente pour eux.
10:16Et donc ça a poussé plusieurs fabricants et aussi des distributeurs
10:20à améliorer la qualité nutritionnelle de leurs produits,
10:24à remplacer par exemple des farines blanches par des farines avec plus de fibres,
10:28des farines complètes ou autres.
10:30Ça a poussé des distributeurs à faire des promotions,
10:32deux pour le prix d'un, pour un bon Nutri-Score, etc.
10:36Et ça a fait que dans les pays qui l'ont adopté, en France, en Espagne,
10:40on a vu une augmentation des ventes de produits A et un recul des ventes de produits E.
10:44Donc c'est pas seulement un outil qui permet de donner une information aux consommateurs,
10:48après on en fait ce qu'on veut, on en tient compte, on n'en tient pas compte,
10:51mais en tout cas on est libre de choisir parce qu'on est informé
10:54et qu'on n'a pas seulement le marketing du produit qui est la seule information qu'on a
10:59quand on a un produit en main, on a l'info.
11:01Et en plus, ça permet de changer l'offre en profondeur
11:04et du coup d'améliorer l'environnement alimentaire
11:07dans lequel nous consommateurs, consommatrices, on se trouve,
11:10et notamment les enfants.
11:11Et ça c'est effectivement pour améliorer la santé des enfants.
11:15Les enfants, c'est une cible très privilégiée du marketing,
11:18les enfants, les ados.
11:20Là, le Nutri-Score donne une info simple,
11:23on l'a testée et on le voit, ils se la sont appropriée, cette info, les enfants.
11:27Ils la comprennent très facilement et voire même, parfois,
11:30le Nutri-Score rentre dans les foyers par les enfants
11:33qui disent aux parents, mais regarde,
11:34on avait telle comptine à la récré sur les lettres du Nutri-Score,
11:38là, ces céréales-là, elles sont eux,
11:40ben voilà, c'est peut-être pas bon pour la santé, voilà, ça fait réfléchir.
11:43Donc voilà, en gros, la science qu'il y a derrière tout ça
11:46et juste un chiffre pour conclure cette partie un peu historique et scientifique,
11:51l'OCDE a publié un rapport, donc de manière totalement indépendante de notre équipe de recherche,
11:56qui synthétise là les plus de 160 publications scientifiques qu'il y a maintenant derrière le Nutri-Score
12:01et qui a chiffré que l'adoption généralisée du Nutri-Score en Europe permettrait d'éviter
12:072 millions de cas de maladies chroniques d'ici 2050
12:10et a chiffré également les économies que ça pourrait représenter
12:14pour les dépenses de santé et même pour les industriels
12:17puisque moins d'absentéisme dans les entreprises, etc.
12:19Donc en fait, c'est vraiment tout bénef, le Nutri-Score.
12:22Il y a maintenant d'ailleurs l'Académie de médecine,
12:26l'assurance maladie, 45 sociétés savantes
12:28et 33 associations de consommateurs, de patients, évidemment Foodwatch,
12:33qui soutiennent et qui demandent à ce que le Nutri-Score soit obligatoire
12:37pour qu'on ait l'information transparente pour notre santé.
12:41Merci beaucoup Mathilde.
12:48Merci beaucoup Mathilde Touvier pour toutes ces informations.
12:52C'est vraiment passionnant parce qu'on ne s'en rend pas toujours compte
12:57quand on va acheter un paquet de gâteaux.
13:01Alors pourquoi il n'est pas obligatoire ce Nutri-Score ?
13:05Mathilde, vous en avez parlé, des associations, Foodwatch,
13:09Camille, se battent pour qu'il devienne obligatoire,
13:13surtout les produits.
13:15Mais pourquoi il n'est pas obligatoire ?
13:18Quelles sont les pratiques des géants de la grande distribution,
13:21nos magasins qui détiennent 80% de la distribution alimentaire ?
13:28C'est quoi alors ? Qu'est-ce qui démotive ?
13:32C'est assez intéressant parce que pour une fois,
13:34je n'en dis pas souvent du bien,
13:36mais pour une fois les distributeurs ont joué leur rôle.
13:38C'est-à-dire que c'est eux qui ont fait aujourd'hui
13:40qu'on voit le Nutri-Score partout.
13:42Vu que quand ils le mettent sur un de leurs produits,
13:45ils sont obligés de le mettre sur tous leurs produits.
13:47Évidemment, on ne pouvait pas juste choisir les bons produits
13:48que vous mettez dans les rayons.
13:50Et du coup, ils ont permis vraiment à ce qu'on voit le Nutri-Score
13:53apparaître partout.
13:54C'est quelque chose d'assez unique à travers l'Europe.
13:58Aujourd'hui, en France, vous le voyez,
14:00on a l'habitude, on a l'impression qu'il est partout.
14:03Je pense que c'est important de rappeler qu'il n'est pas partout,
14:05que justement, les géants de la malbouffe,
14:08Mondelez, Unilever, mais aussi Ferrero,
14:11ceux qui ont à peu près, on va dire,
14:13entre 80 à 90% de produits,
14:16ceux-là, bizarrement,
14:19ils n'ont pas très envie de mettre le Nutri-Score sur le produit.
14:22Et j'ai envie de vous dire,
14:23tant qu'il ne sera pas obligatoire,
14:25ils ne le mettront jamais.
14:27Et du coup, c'est assez intéressant de voir que le Nutri-Score,
14:30nous, c'est vrai qu'en France,
14:31ça fait plus de 10 ans maintenant qu'on l'a,
14:34on a l'impression que c'est quelque chose d'acquis,
14:36mais c'est quelque chose sur lequel on doit encore lutter demain,
14:39parce que ça peut devenir un acquis social,
14:41c'est ça, c'est important,
14:41c'est quelque chose qu'il faut se battre,
14:43il va falloir lutter pour l'obtenir jusqu'au bout.
14:45Et aussi, on s'est battus pour l'obtenir,
14:47parce que ce n'est pas sorti de nulle part.
14:50Ce n'est pas parce qu'on a des scientifiques comme Mathilde
14:53qui font avec ces équipes un travail remarquable,
14:55à un niveau totalement incroyable,
14:58qu'on gagne ces batailles-là.
15:00C'est comme les batailles pour le climat,
15:01en fait, j'ai envie de vous dire.
15:03Il ne suffit pas d'avoir raison, malheureusement,
15:06pour réussir à faire avancer les choses.
15:08Et du coup, avec de nombreuses associations,
15:10avec les scientifiques,
15:11ça fait des années qu'on dénonce les agissements des lobbies
15:14pour vous en prendre quelques exemples.
15:17Le premier, c'est, je pense,
15:18que avant même que le Nutri-Score commence à arriver,
15:21les lobbies avaient déjà dépensé un milliard d'euros
15:23pour essayer de construire leur propre logo,
15:25pour essayer de se mettre à eux-mêmes des bonnes notes,
15:27parce que c'est quand même beaucoup plus simple
15:28de se mettre des bonnes notes sur ces produits.
15:31Comme l'a très bien dit Mathilde,
15:32ces labels n'ont pas tenu,
15:34parce que scientifiquement, ils étaient nuls,
15:36genre, il faut le dire.
15:38On a vu aussi beaucoup de désinformations venir.
15:42Alors, je vous appelle à être vigilant.
15:43Moi, j'ai vu tellement de choses sur les réseaux sociaux
15:46qui comparent du Coca-Cola avec des sardines
15:49en disant, c'est pas juste, les notes sont différentes.
15:51C'est pas du tout comme ça que marche le Nutri-Score.
15:53J'ai entendu aussi des personnes,
15:56ça ne respecte pas le régime méditerranéen
15:58qui serait très bon pour la santé.
16:00C'est totalement faux, ça le respecte particulièrement.
16:03Du coup, on est sur quelque chose de très intéressant,
16:07mais par contre, on sent bien qu'il y a de la résistance.
16:09Et il y a de la résistance parce que le Nutri-Score,
16:11c'est extrêmement puissant.
16:13Et j'ai envie de vous dire, il y a même eu une mise à jour
16:15il n'y a pas très longtemps de l'algorithme du Nutri-Score
16:17pour durcir un peu un certain nombre de valeurs.
16:21Et d'un seul coup, il y a certains industriels,
16:24pour ne pas les citer, Danone ou Bjorg,
16:27qui ont décidé à que quand même,
16:29montrez un Actimel avec un Nutri-Score D,
16:33quelque chose qui est pour vos défenses naturelles,
16:36ça ne va pas mal faire en termes de communication.
16:39Ils ont préféré enlever le label.
16:41Du coup, c'est bien la preuve que, déjà,
16:42on ne peut pas faire confiance aux industriels
16:44d'être volontaires à faire quelque chose de bien pour nous.
16:47Il va falloir malheureusement les forcer.
16:49Il va falloir aussi, politiquement,
16:52qu'il y ait un peu de courage,
16:53parce que là, on se rend compte aussi
16:55que le Nutri-Score n'est pas juste une bataille scientifique
16:58ou d'association de consommateurs.
16:59Ça devient aussi une bataille politique forte
17:02où on voit l'extrême droite, entre autres en Italie,
17:06qui s'est emparée de ce sujet pour faire campagne,
17:08qui a utilisé le Nutri-Score
17:11pour dire que le Nutri-Score et l'Europe
17:13attaquaient les valeurs de la tradition
17:15de la nourriture italienne.
17:17Je vous invite à être très vigilants.
17:19La tradition n'est pas un argument de santé publique.
17:22C'est très bon, mais ce n'est pas un argument de santé publique.
17:26Il n'y a pas d'opposition à faire entre les deux.
17:29Et aujourd'hui, l'extrême droite reprend ça,
17:31les républicains reprennent ça.
17:33Et du coup, il va falloir lutter, en fait,
17:36lutter au coude à coude pour s'assurer
17:38que derrière émane une seule chose, en fait,
17:41un Nutri-Score obligatoire à travers tous les pays européens.
17:44Et pourquoi les industriels n'en veulent pas ?
17:47Parce qu'en fait, un consommateur informé,
17:49ça leur fait peur.
17:54Merci beaucoup, Camille.
17:56On va poursuivre sur ces enjeux.
17:59Parce qu'il y a quelques jours,
18:01Mathilde, vous avez co-signé avec Serge Ergberg,
18:05le co-inventeur avec vous du Nutri-Score,
18:08j'ai oublié,
18:09et Julie Chapon, la créatrice de l'application Yuka,
18:13une étude, c'est un document très long,
18:16très complet, sur les stratégies,
18:19des lobbies de l'agroalimentaire.
18:21Et comment ils agissent sur vous,
18:24enfin, sur vous, les chercheurs,
18:25pas vous personnellement,
18:26mais sur votre travail ?
18:28Quelles stratégies ils mettent en oeuvre ?
18:30Comment ça se concrétise dans vos travaux ?
18:34Oui, on a publié ce livre blanc
18:37pour montrer toutes les stratégies,
18:41alors il y en a beaucoup,
18:42et on en a sûrement oublié,
18:43qui sont à l'oeuvre.
18:44Alors, il y en a qui sont assez évidentes.
18:46Il va y avoir un lobby extrêmement fort
18:48de la part de ces industries agroalimentaires
18:50au niveau de nos politiques,
18:51au niveau national,
18:52au niveau européen aussi,
18:54puisque l'Europe était censée choisir
18:56un logo unique et obligatoire,
18:57et puis ils se sont défilés,
18:59et puis finalement, plus rien,
19:00parce que aussi l'extrême droite,
19:02l'Italie a fait un gros poids,
19:04et puis derrière,
19:04il y a le côté,
19:05il y a l'argument du gastropopulisme local,
19:09mais il y a aussi Ferrero,
19:10qui derrière pousse très très fort,
19:12on ne parle pas du parmesan,
19:13en fait, là.
19:14Et donc, on a ces lobbies-là
19:17qui font qu'aujourd'hui,
19:18c'est au point mort,
19:19et que malgré toute cette mobilisation,
19:21malgré les associations de consommateurs,
19:23les scientifiques, etc.,
19:24on est toujours à se demander
19:25s'il faut rendre ou non
19:26le logo obligatoire.
19:27On a aussi des problèmes
19:29de financement de la recherche.
19:30Aujourd'hui, ça devient,
19:31j'entendais qu'on en parlait
19:32à la table ronde précédente,
19:34mais ça devient de plus en plus difficile
19:36d'avoir des appels à projets
19:37et de pouvoir rester indépendant financièrement
19:40pour avoir une recherche publique
19:41qui ne soit pas financée
19:43par Coca-Cola, McDo, etc.
19:45Vous imaginez bien
19:45qu'on n'obtient pas les mêmes résultats.
19:47Il y a des études qui le montrent.
19:49Les études, par exemple,
19:50qui s'intéressent aux liens
19:51entre boissons sucrées et obésité
19:54ont cinq fois plus de risques
19:56de conclure qu'il n'y a aucune association
19:57si elles sont financées
19:59par l'industrie des boissons sucrées.
20:00Bon, ce n'est pas une surprise,
20:01mais ça a été montré scientifiquement.
20:03Sur le Nutri-Score,
20:04les études qui sont financées
20:07par l'industrie agroalimentaire
20:08ont 21 fois plus de risques
20:10de conclure que le Nutri-Score ne marche pas.
20:13Donc, vous voyez que ces biais-là,
20:14ils sont majeurs.
20:15Et le problème, c'est qu'au niveau français,
20:18au niveau européen,
20:19de plus en plus d'appels à projets
20:21impliquent d'avoir un partenaire privé
20:23dans le montage du projet
20:25pour avoir à la fin une start-up,
20:27un produit vendu, etc.
20:28Mais en fait, notre recherche,
20:30la recherche qu'on fait en santé publique,
20:32elle n'a pas vocation
20:33à aller vous vendre un produit à la fin.
20:34Elle a pour vocation à améliorer la santé.
20:40Merci.
20:41Du coup, c'est exactement ce type de lobby
20:43qu'on combat.
20:45Il y a un outil dont on peut se saisir.
20:48Et alors, je fais appel là,
20:49je vois qu'on est très nombreux aujourd'hui.
20:50Il y a une pétition officielle
20:52sur le site de l'Assemblée nationale
20:54pour rendre le Nutri-Score obligatoire.
20:56C'est une pétition citoyenne.
20:57On est déjà à plus de 95 000 signatures.
21:00Il nous en faut 100 000 pour que le texte soit discuté
21:03à l'Assemblée et qu'il soit mis en avant
21:06sur le site de l'Assemblée nationale.
21:07Le Nutri-Score obligatoire va revenir dans les débats
21:10du projet de loi de financement
21:11de la Sécurité sociale à l'automne.
21:13Donc, il y a urgence à faire monter cette pétition.
21:15Donc, merci par avance.
21:20Je vais vous laisser la parole, Mathilde,
21:23parce que parmi vos très importants travaux,
21:27vous avez participé à l'automne 2025, c'est ça,
21:32à la publication d'une série d'articles sur The Lancet,
21:35la revue scientifique,
21:38qui propose justement des mesures de santé publique
21:42pour limiter le recours aux aliments ultra-transformés.
21:46Il y a un lien à faire, je crois, aussi avec le Nutri-Score.
21:51Limiter le recours aux aliments ultra-transformés
21:53et améliorer l'alimentation mondiale.
21:57C'est un travail assez remarquable.
21:59De la même façon que vous l'avez fait sur le Nutri-Score,
22:02c'est quoi les aliments ultra-transformés ?
22:04Parce qu'on en entend parler,
22:06mais on ne sait pas toujours bien ce que ça veut dire.
22:11Je vous parlais tout à l'heure des excès de sucre,
22:14de graisse saturée, de sel, etc.
22:16Ça, c'est les choses qu'on connaît depuis maintenant très longtemps
22:18en nutrition en matière d'impact sur la santé.
22:20Mais il y a à peu près une dizaine d'années,
22:22on a commencé aussi à se poser la question
22:25de la manière dont les aliments sont transformés,
22:28quand on va casser en mille morceaux un grain de blé,
22:31qu'on va isoler tous ces ingrédients
22:32et qu'on va reconstituer tout ça dans un aliment industriel
22:36reconstitué de toutes pièces,
22:37et également tout ce qui est utilisé dans la formulation,
22:41la liste d'ingrédients des aliments industriels,
22:44qui sont par exemple des additifs,
22:45qui sont là pour rendre le produit plus attractif
22:48pour les consommateurs,
22:49donc des colorants, des émulsifiants, édulcorants,
22:52des arômes, du sirop de glucose, fructose, etc.
22:55Tout ça, au-delà même de la qualité nutritionnelle elle-même,
22:59est-ce que ça n'a pas aussi un impact sur la santé ?
23:01Et donc c'est en recherche un domaine
23:03qui a été vraiment particulièrement dynamique.
23:05C'est venu notamment de nos collègues,
23:07le professeur Carlos Montero au Brésil,
23:09avec qui on travaille beaucoup,
23:10qui a inventé ce concept d'aliments ultra-transformés,
23:13et avec notre équipe de recherche,
23:15avec la cohorte NutriNet Santé,
23:17qui est une étude qui réunit plus de 183 000 personnes aujourd'hui,
23:21qui recherchent d'ailleurs toujours de nouveaux volontaires,
23:23si vous voulez vous inscrire,
23:24vous tapez NutriNet dans votre moteur de recherche,
23:26et donc on a pu montrer pour la première fois
23:29au niveau international,
23:30les liens entre ces aliments ultra-transformés
23:33et l'augmentation de risque de maladies chroniques,
23:36là aussi, cancer, maladies cardiovasculaires,
23:39diabète, hypertension, même santé mentale,
23:42symptômes dépressifs, etc.
23:43Et on conduit là maintenant depuis quelques années aussi,
23:46des recherches pour comprendre comment ils agissent,
23:49ces aliments ultra-transformés,
23:50quels sont les mécanismes,
23:51et on a publié déjà une vingtaine d'articles
23:54montrant des liens entre les additifs dont je vous parlais tout à l'heure,
23:58ces colorants, édulcorants, etc.,
23:59et les maladies chroniques.
24:01On a des collègues aussi,
24:02donc pas dans mon labo,
24:03mais à l'extérieur,
24:04qui vont travailler sur des modèles animaux,
24:06des souris,
24:07et qui vont montrer aussi que tout ça,
24:09ça perturbe le microbiote intestinal,
24:11que ça crée de l'inflammation,
24:13donc on a de plus en plus de preuves
24:14qui s'accumulent,
24:15et qui montrent aujourd'hui
24:17que ces aliments ultra-transformés
24:19ont des impacts sur la santé.
24:21Sur à peu près une centaine d'études
24:23qu'on a revues dans le Lancet,
24:25il y en avait 92 qui montraient ces liens-là,
24:29aliments ultra-transformés et problèmes de santé.
24:31Donc c'est aussi une dimension complémentaire
24:34qu'il faut maintenant qu'on intègre.
24:36D'ailleurs, on prône pour une évolution du Nutri-Score,
24:39pour intégrer aussi la dimension d'ultra-transformation
24:42dans le Nutri-Score.
24:42On la demande depuis des années,
24:44mais vous imaginez que là aussi,
24:45les lobbies ne sont pas du tout favorables
24:47à cette évolution.
24:48Donc c'est aussi une bataille
24:50pour là aussi prendre en compte cette dimension
24:52que la recherche a éclairée ces dernières années.
24:54Merci beaucoup Mathilde.
24:57Camille, je...
25:04Parmi les grandes campagnes que vous menez,
25:06Foodwatch,
25:08il y a justement la question de la régulation
25:12des aliments ultra-transformés.
25:14Quelles mesures vous préconisez ?
25:16D'abord, qu'est-ce que vous savez
25:18sur ces fameux aliments ultra-transformés ?
25:22Comment les géants de l'agroalimentaire nous les vendent ?
25:26Et quelles mesures vous préconisez
25:28pour les réguler,
25:31pour diminuer leur promotion,
25:33leur diffusion ?
25:35Oui, oui.
25:36C'est vrai qu'on a lancé une grande campagne
25:40sur l'alimentation ultra-transformée
25:42avec Youka et France Asso Santé
25:44il y a quelques mois.
25:46Et suite aux alertes des scientifiques,
25:48c'est-à-dire qu'on fait ça parce qu'on voit
25:50qu'il y a une alerte,
25:51on voit que les scientifiques sont inquiets,
25:52on voit qu'on a un problème de santé publique.
25:55Et du coup, la question, c'est
25:55est-ce qu'on attend d'être dans le mur
25:56ou est-ce qu'on essaie de se mobiliser avant ?
25:59C'est-à-dire que pour une fois,
26:00on a l'alerte,
26:01on avance,
26:01on y va, quoi.
26:04Pourquoi on a des aliments ultra-transformés
26:06dans les supermarchés ?
26:06Là, je vais être un peu moins sympa
26:07avec les supermarchés.
26:09Ça tombe bien,
26:09je ne les aime pas trop.
26:14L'alimentation ultra-transformée,
26:16c'est à peu près 60% des produits emballés
26:17qu'on vous vend dans les supermarchés aujourd'hui.
26:20C'est un chiffre approximatif.
26:22Ce qu'on voit,
26:24c'est que l'objectif derrière un produit ultra-transformé,
26:27c'est une optimisation financière et technique
26:30de l'industrie agroalimentaire.
26:32Ça n'a pas 10 ans,
26:33ça a plutôt 40 ans.
26:35Ce n'est pas récent,
26:36on le fait depuis assez longtemps.
26:37C'est juste que là,
26:38on est arrivé à un niveau de massification
26:40et de pousser au bout
26:42les questions d'ultra-transformation
26:45vraiment très, très loin.
26:47Ce que ça permet,
26:47l'ultra-transformation,
26:49ça permet à Holden Passau
26:50de vous vendre un Quagamol
26:52en supermarché
26:53avec 20% d'avocats à l'intérieur.
26:55C'est ça, l'ultra-transformation.
26:57Ça vous vend du vide,
26:58ça vous vend du sucre,
26:59ça vous vend de l'eau
27:00à l'intérieur de vos produits.
27:01Ça vous prend directement l'argent
27:02dans votre portefeuille
27:03en vous faisant croire
27:04que ça vous vend quelque chose
27:05que vous pourriez faire à la maison.
27:07C'est ça, l'ultra-transformation.
27:14Du coup, ça va permettre aussi
27:16aux industriels
27:17de construire les aliments.
27:18Ils vont les construire
27:18en se disant
27:19qu'est-ce qui pourrait être
27:21facile à manger,
27:22qui ne prend pas trop de place
27:22dans l'estomac,
27:23que je vais revenir dessus.
27:25Du coup, vous allez vous remarquer,
27:27c'est souvent des aliments
27:28qui sont un peu mous,
27:29qui vont être faciles à manger,
27:31qui vont être pratiques,
27:32qui vont être individualisés.
27:33Il y a tout un ensemble.
27:34En fait, c'est vraiment une pratique
27:35qui va de la transformation du produit
27:37à son emballage,
27:39à sa consommation.
27:40Ce n'est pas juste une optimisation,
27:42c'est une réflexion,
27:43c'est volontaire de la part des entreprises
27:45de mettre ça en place
27:46parce que c'est extrêmement rentable.
27:48Et du coup, c'est pour ça
27:49que vous en trouvez partout.
27:50C'est pour ça que vous en voyez
27:51partout dans les supermarchés.
27:53Et du coup, pour nous,
27:54il y a deux mesures clés
27:56par lesquelles on doit commencer.
27:57La première, c'est protéger,
28:00protéger les publics les plus sensibles.
28:01Ça fait des années à Foodwatch
28:03qu'on lutte pour interdire le marketing
28:05de la malbouffe,
28:07des produits ultra transformés
28:08qui ciblent les enfants.
28:09La semaine dernière, Burger King
28:11avec Playmobil,
28:12nous font un Playmobil Burger King
28:14pour que les enfants puissent jouer
28:15au McDonald's.
28:16Génial.
28:16On est là encore.
28:17On n'a pas du tout encore avancé
28:20sur ces questions.
28:21Nos enfants, les enfants,
28:23vos enfants sont totalement influencés
28:25dès le plus jeune âge
28:26parce qu'ils savent très bien
28:28les entreprises
28:29qu'un consommateur à 18 ans,
28:32il consommera la même chose
28:33quand il en aura 60.
28:35En fait, le panier est fait.
28:36Et du coup, si vous êtes influencé
28:38à 10 ans,
28:39ça va être très difficile de changer.
28:41Moi-même qui suis informé,
28:43je me suis rendu compte
28:43il n'y a pas très longtemps
28:44qu'il y a certains produits.
28:45Alors, je vais très rarement
28:46au supermarché,
28:47mais ça m'arrive aussi
28:48parce que des fois,
28:49on n'a pas le choix.
28:49Et je prenais des produits
28:51uniquement parce que ma mère
28:52les prenait.
28:53Je n'avais jamais regardé
28:54la liste des ingrédients.
28:56Je n'avais jamais regardé l'origine.
28:58Je n'avais jamais regardé
28:58le tableau nutritionnel.
28:59Par pur mimétisme,
29:01c'est pour vous dire
29:01à quel point
29:02c'est difficile en fait
29:03de changer ça.
29:05Du coup, on doit changer
29:06cet environnement alimentaire,
29:07en particulier sur les enfants.
29:09Ça, c'est protégé.
29:10Et évidemment,
29:10on doit informer.
29:12Mathilde nous l'a dit.
29:13Du coup,
29:13il propose une amélioration
29:15du Nutri-Score
29:16pour que le Nutri-Score
29:17affiche ultra-transformation.
29:18Faisons ça.
29:19La science nous dit
29:20qu'il faut faire ça
29:20pour protéger la santé.
29:22Faisons ça.
29:22Demandons à nos politiques
29:23de le faire.
29:28Un dernier point.
29:32Et j'ai un dernier point.
29:34Ça, c'est le point
29:35parce que ça, c'est important.
29:36Mais du coup,
29:37une fois qu'on est informé,
29:38ce n'est pas suffisant.
29:39Ce n'est pas suffisant
29:40parce que quand même,
29:41il y a une partie
29:42des consommateurs
29:42et des consommatrices
29:43à travers la France
29:44qui ne sont pas dans la capacité
29:46de choisir exactement
29:48ce qu'ils mettent
29:48dans leur assiette.
29:49Ils sont bloqués.
29:50Ils sont bloqués en fait
29:51par les prix
29:52que les distributeurs font,
29:53par les marges
29:54qu'ils vont prendre
29:54sur les produits sains,
29:56sur les produits bio,
29:57qu'ils surmargent.
29:58On a les preuves.
29:59C'est documenté.
30:00Ils préfèrent
30:02démarcher sur le Nutella,
30:03démarcher sur les biscuits
30:04pour récupérer l'argent
30:05sur les produits sains.
30:06Ça, c'est quelque chose
30:07qu'on doit inverser.
30:08Ils ne le feront jamais
30:09d'eux-mêmes.
30:09C'est quelque chose
30:10qu'on pourra faire
30:16uniquement
30:17si nous, citoyens,
30:19avec les associations,
30:20on pousse les politiques
30:21à obliger.
30:22Et notre première mesure
30:23qu'on pousse avec Foodwatch
30:25et qui va vraiment marquer
30:26la rentrée, je pense,
30:27on va en entendre parler,
30:28c'est qu'on veut
30:29100 produits sains
30:31qui respectent
30:32les recommandations
30:33de santé publique
30:34dans tous les supermarchés
30:35de France
30:36à prix coûtant.
30:46J'allais...
30:46Vas-y, vas-y.
30:47Camille,
30:48voilà,
30:50en vous écoutant,
30:51on voit bien
30:51que cette bataille
30:52de citoyens,
30:54consommateurs, mangeurs,
30:55on fait face quand même
30:56à des mastodontes
30:57et à des puissances.
31:01Et donc,
31:01il s'agit d'enjeux
31:02éminemment politiques,
31:03mais tu as commencé
31:04à l'aborder.
31:05Comment on reprend la main
31:06sur ces affaires, quand même ?
31:07Je veux qu'on insiste
31:08sur ce sujet.
31:09Comment on reprend la main
31:10sur une activité
31:11qui est existentielle ?
31:13On est tous obligés
31:14de manger pour vivre,
31:16mais qui est aussi
31:17sanitaire,
31:19qui est aussi culturelle.
31:20Tu as parlé
31:20des aliments
31:21que ta maman achetait
31:22et que tu achètes,
31:23mais qui est sociale
31:24et puis qui est conviviale
31:26aussi,
31:27qui est...
31:27Ça fait partie de la...
31:29quand on reçoit un ami,
31:31on lui offre à manger.
31:32Comment on reprend
31:33la main là-dessus ?
31:35Avant d'explorer
31:38ces solutions,
31:39j'aimerais rappeler
31:40un constat,
31:41j'ai commencé à rappeler.
31:42En France,
31:42on a 10 millions
31:43de Français
31:44et de Françaises
31:45qui disent
31:46sauter des repas
31:47pour manque d'argent,
31:48n'être pas dans la capacité
31:50de choisir exactement
31:51ce qu'ils veulent mettre
31:52dans leur assiette.
31:52C'est important
31:53parce qu'on ne reprend
31:54pas la main
31:54tant qu'on n'inverse
31:56pas aussi ça
31:56et qu'on inverse
31:57aussi le discours
31:58il suffit d'acheter
31:59des fruits et légumes
32:00et de cuisiner
32:00pour se faire
32:01à manger sainement.
32:02Ça,
32:04on met au placard,
32:05c'est faux.
32:08On ne peut plus laisser
32:09notre système alimentaire
32:10dans la main
32:11des industriels,
32:11c'est ce que font
32:12les politiques
32:12depuis des années.
32:13Il est l'heure
32:14de reprendre,
32:15évidemment.
32:16Bien manger,
32:17c'est un privilège
32:18en France,
32:18malheureusement,
32:19aujourd'hui,
32:19au pays de la gastronomie,
32:20bien manger est un privilège,
32:21je pense qu'il faut se le dire.
32:22Du coup,
32:23il faut s'organiser,
32:24il faut lutter
32:26et du coup,
32:27il faut refuser
32:29les discours
32:29qui vont remettre
32:30la responsabilité première
32:32sur le consommateur.
32:33Je ne dis pas
32:33que le consommateur
32:33n'a pas de responsabilité,
32:35je dis bien
32:35que la première responsabilité,
32:37c'est celle de l'offre.
32:38Aujourd'hui,
32:39on pense avoir le choix
32:41mais en fait,
32:42on a le choix
32:42de ce qu'on nous met
32:43dans les supermarchés.
32:44Moi,
32:44j'ai un souvenir
32:45de Michel-Edouard Leclerc
32:46que j'avais rencontré
32:47dans une vie précédente
32:48et qui m'avait dit
32:50« Ah oui,
32:50vous savez,
32:50si les Français
32:51voulaient manger que du bio,
32:52il n'y aurait que ça
32:53dans mes supermarchés. »
32:55C'est totalement faux.
32:56En fait,
32:57c'est lui qui décide.
32:58Si demain,
32:58il décide de mettre
32:59que du bio
32:59dans ses supermarchés,
33:00il n'y aura que des bio
33:00dans les supermarchés.
33:01Ce n'est pas notre responsabilité
33:03de changer l'offre.
33:04Aujourd'hui,
33:05cette offre,
33:05elle doit être changée
33:06par les politiques,
33:07par notre mobilisation
33:08et aussi après
33:09par notre consommation.
33:10Mais on ne peut pas dire juste
33:14je reprends la phrase de Coluche
33:16« Si on n'achetait pas ces produits,
33:17ils ne se vendraient pas. »
33:18En fait,
33:19c'est assez faux.
33:20Désolé,
33:21j'aimais bien la phrase,
33:22mais en fait,
33:23aujourd'hui,
33:24ce qu'on a besoin,
33:25c'est d'imposer des choses.
33:27On a besoin en fait
33:27un peu de courage politique.
33:29Et ce courage politique,
33:30j'ai envie de vous dire,
33:31on a bientôt des échéances politiques.
33:33Et du coup,
33:34c'est à nous aussi
33:34de trouver le courage
33:36de regarder ce qu'on met
33:37dans nos assiettes
33:37et de se demander
33:38si on veut que ça change
33:40pour qui on doit voter.
33:41Je pense que c'est clair.
33:50Du coup,
33:50il y a quand même
33:51des choses que vous pouvez
33:51faire avant ça.
33:53Du coup,
33:55allez soutenir
33:56ce que fait l'Inserm,
33:57allez soutenir
33:58la pétition sur l'Utri-Score,
34:00allez soutenir
34:01ce que fait Foodwatch,
34:02il faut quand même
34:02que je le dise.
34:02N'hésitez pas à aller
34:03sidier nos pétitions.
34:05On est 100% indépendants,
34:06on ne vit que du don
34:07des consommateurs
34:07et des consommatrices.
34:08Donc, si vous avez la capacité,
34:09n'hésitez pas,
34:10mais juste d'en parler
34:11autour de vous,
34:11c'est déjà génial.
34:13Et localement,
34:14il se passe des choses.
34:15En fait,
34:16il y a des choses
34:16qui se passent localement.
34:17Il ne faut pas avoir peur
34:18de le dire.
34:18Là, ça change.
34:20Si vous avez la chance
34:21d'avoir près de chez vous
34:21des expérimentations,
34:22par exemple,
34:23de sécurité sociale
34:24de l'alimentation,
34:25allez-y,
34:26intéressez-vous,
34:27c'est génial.
34:27C'est en train de transformer
34:28la vie des personnes.
34:32Je suis allé les voir,
34:33on est allé les voir
34:34à droite et à gauche
34:35et je n'aime pas
34:35prendre la parole
34:36à leur place,
34:37mais malheureusement,
34:37là,
34:37ils ne sont pas sur scène,
34:38mais je voudrais rappeler
34:39la réalité de ce qu'on m'a dit.
34:41Genre,
34:42moi,
34:43je n'invite plus mes enfants
34:44à manger chez moi
34:45parce qu'en fait,
34:46il n'y a que des pâtes
34:47dans les placards
34:48et quels parents
34:49inviteraient ces enfants
34:49à manger des pâtes ?
34:50Moi,
34:51je ne m'achète pas à manger
34:52parce que sinon,
34:53je ne peux pas acheter
34:53de la lessive.
34:54Je dois faire le choix
34:55cette semaine
34:55entre lessive
34:56et acheter à manger.
34:57C'est ça,
34:58la réalité des gens
34:58dans la précarité alimentaire
35:00aujourd'hui.
35:00C'est eux
35:01qu'on doit aller aider,
35:02c'est eux pour qui
35:03on doit changer le système
35:04et ça passe du coup
35:05par les SSA,
35:07par les systèmes alternatifs,
35:08soutenir le bio
35:09si vous pouvez,
35:09évidemment,
35:10localement,
35:10c'est extrêmement important.
35:12Les systèmes alimentaires,
35:14c'est des systèmes
35:14qui sont en fait vastes
35:17et du coup,
35:18on a parlé du triscor,
35:19on a parlé d'ultra-transformation,
35:20mais en fait,
35:22il ne faut pas oublier
35:22que tout ça,
35:23c'est de l'alimentation,
35:25c'est produit par nos paysans
35:26et par nos paysannes
35:26à travers la France
35:27et du coup,
35:28on est quand même
35:29dans un système
35:30où d'un côté,
35:31là,
35:31je viens de vous dire
35:31qu'on a 10 millions de personnes
35:32qui n'arrivent pas
35:33à trouver à manger
35:33et de l'autre côté,
35:34on a un tiers des paysans
35:35qui ne gagnent pas 400 euros
35:37par mois.
35:37Du coup,
35:38il est où le problème ?
35:39Il est au milieu,
35:40il est chez les distributeurs,
35:41il faut aller récupérer l'argent,
35:43il faut aller récupérer
35:44ses marges,
35:45il faut redonner du pouvoir
35:46à nos paysans,
35:47du pouvoir à nos consommateurs.
35:53Je tiens à dire
35:53que quand même,
35:54c'est important de voir
35:55que ces systèmes,
35:56ils sont maintenus,
35:57ces systèmes oppressifs
35:58autour de l'alimentation,
36:00ils sont maintenus
36:01par les industriels
36:02mais ils sont aussi soutenus
36:03par notre ministère
36:04de l'Agriculture
36:05et par notre ministre
36:06de l'Agriculture,
36:06Annie Gennevard
36:07et par la FNSEA.
36:08Je pense que c'est important
36:09de dire les choses,
36:10ils détruisent les paysans,
36:18ils détruisent les paysans,
36:20ils détruisent l'environnement
36:23et ils massacrent notre santé.
36:25Ce n'est plus possible.
36:31Et du coup,
36:32je vais vous inviter aussi
36:32à vous mobiliser
36:34parce que ça,
36:35c'est quelque chose
36:35qui est en train d'arriver.
36:36On est là,
36:36on est dedans.
36:37Du coup,
36:38tout est lié.
36:39Que ça soit le trop de sucre,
36:40que ça soit trop gras,
36:41que ça soit ultra transformé,
36:43que ça soit produit
36:43avec des pesticides,
36:44tout ça,
36:45c'est la même bataille.
36:46Et du coup,
36:46je vais inviter
36:47à tous ceux
36:47qui ont la capacité
36:49de le faire
36:50pour retrouver
36:51la liberté de manger
36:52ce qu'on veut,
36:53pour retrouver
36:54de l'alimentation saine,
36:56sûre,
36:56sans riche,
36:57choisie,
36:57accessible pour tous et tous.
36:59Notez bien,
37:00il va y avoir
37:01des mobilisations
37:02sur le climat
37:02en septembre,
37:03le 15 devant Bercy,
37:04le 26 partout en France.
37:06Le 3 octobre,
37:07on sera devant
37:08Sijeta
37:08pour les bloquer
37:09avec Stop Pesticides,
37:10Cancer Colère,
37:11et le 11 et le 12,
37:13il y aura mobilisation
37:13sur les pesticides
37:14partout en France.
37:15On a besoin de vous.
37:16Si ces mouvements
37:17ne sont pas suivis,
37:18on ne gagnera pas.
37:25Je crois que l'appel
37:26a été entendu, Camille.
37:30Il nous reste 8 minutes,
37:32Mathilde,
37:34et encore beaucoup
37:35de choses à dire.
37:37Comme je l'indiquais,
37:38vous dirigez aussi
37:39la cohorte Nutrinet Santé,
37:43et maintenant,
37:43je crois que vous dirigez
37:44aussi le programme national
37:48Nutrition Santé.
37:51Quelle politique publique ?
37:54Ça rejoint exactement
37:55ce que disait Camille.
37:56En fait, scientifiquement,
37:58on sait ce qu'il faudrait faire
37:59pour améliorer la santé
38:01des populations
38:02par la nutrition.
38:03En tout cas,
38:04avec ce qu'on sait,
38:05on a déjà énormément
38:06de choses à faire en politique.
38:07Et on sait qu'il faut agir
38:08aux deux niveaux.
38:09C'est-à-dire que l'information,
38:11la formation des enseignants,
38:13des professionnels de santé
38:14pour pouvoir transmettre
38:15à nos enfants,
38:16à nos ados, etc.,
38:17les connaissances
38:18sur comment bien s'alimenter,
38:20le Nutri-Score
38:21pour donner l'information.
38:22On a des applications
38:23comme Open Food Facts
38:24ou Uka,
38:25qui vont donner ces infos.
38:26Le Open Food Facts
38:27s'applique gratuite.
38:28D'ailleurs,
38:29si vous scannez le code barre,
38:30vous aurez le Nutri-Score,
38:31même sur les produits
38:32qui ne le mettent pas.
38:33Intéressant.
38:34Et donc,
38:34toutes ces choses-là
38:35qui agissent au niveau
38:36du consommateur,
38:36c'est absolument fondamental
38:38pour pouvoir faire
38:40des choix éclairés.
38:41Mais après,
38:41c'est exactement ça.
38:42C'est-à-dire que
38:43si la politique s'arrête là,
38:45on demande aux gens
38:46de faire des choix éclairés
38:47alors que...
38:48et de manger,
38:49par exemple,
38:50avec modération
38:51certains aliments
38:52ultra-transformés,
38:53etc.,
38:54alors que ces aliments
38:55sont faits
38:56pour nous donner envie
38:57de les surconsommer.
38:58Il y a par exemple
38:59des marques de biscuits,
39:01vous reconnaîtrez les pubs,
39:02qui jouent leur marketing
39:03sur le « arriverez-vous
39:04à n'en manger qu'un ».
39:05Ils savent très bien
39:06quand ils fabriquent
39:07ces produits-là,
39:08les industriels,
39:08que vous n'allez pas réussir
39:10à vous arrêter
39:10à un biscuit
39:11et qu'avec les arômes
39:13qu'ils mettent,
39:13les texturants,
39:14etc.,
39:15vous allez vouloir
39:16en consommer,
39:16en surconsommer.
39:17Une collègue aux Etats-Unis,
39:19Ashley Gerhardt,
39:19a montré d'ailleurs
39:20qu'on pouvait les considérer
39:21des aliments ultra-transformés
39:23comme des produits addictifs.
39:24Donc, comment encore
39:26entendre ces industriels
39:28qui nous disent
39:29« mais nos produits
39:30ne sont pas dangereux,
39:30c'est vous qui ne les consommez pas
39:32avec modération ».
39:32Il y a une hypocrisie
39:34dans ce marketing
39:35qui est vraiment crispante,
39:37notamment quand il s'adresse
39:38à nos enfants et à nos ados.
39:43Donc, c'est d'autant plus important.
39:46Et donc, je prends la présidence
39:47du programme national
39:48nutrition santé cette année.
39:49J'espère qu'on pourra aller
39:51au-delà de ce qui est écrit
39:52dans le texte.
39:53C'est-à-dire qu'actuellement,
39:54il y a beaucoup de bonnes idées,
39:56il y a tous les mots-clés
39:57qui sont dans le texte.
39:58Le fait de devoir améliorer l'offre,
40:00baisser les taux de sucre
40:01dans les produits,
40:02assainir l'environnement,
40:03qu'on n'est plus des pubs KFC,
40:05ou etc.,
40:05juste à la sortie des écoles
40:07et des collèges.
40:08Bon, tout ça, c'est super,
40:09mais c'est ce que disait
40:10Camille D'Orioz avec Foodwatch.
40:12Si on ne rend pas ça obligatoire,
40:14vous imaginez bien
40:15que seuls quelques industriels
40:17vont jouer le jeu,
40:17toujours les mêmes,
40:18et les autres pas.
40:19Donc, en fait,
40:20la régulation de la pub,
40:22du marketing,
40:22les politiques de prix,
40:23pour faire en sorte
40:24que les produits
40:25avec un bon Nutri-Score
40:26pas ultra transformé
40:28et bio soient les moins chers
40:30et que les autres soient plus chers,
40:31quand on aura fait ça,
40:32on aura renversé la tendance.
40:34Et pour ça,
40:35ça nécessite des choix politiques.
40:39Applaudissements
40:40Et donc,
40:41voilà,
40:41dernier point
40:42sur l'étude NutriNet Santé.
40:45Alors,
40:45avec tout ce que je vous ai dit là,
40:46vous avez l'impression
40:47qu'on sait déjà tout
40:47sur les relations nutrition-santé.
40:49ça ne sert plus à rien
40:50de faire la recherche.
40:50Ce n'est pas tout à fait vrai.
40:52On a encore énormément
40:53de choses en recherche
40:55pour pouvoir justement
40:55continuer à construire
40:57ce programme national
40:58nutrition-santé,
40:59le faire évoluer,
41:00faire évoluer les recommandations
41:01qu'on donne aux populations.
41:02Il y a des travaux à faire
41:03pour comprendre
41:04comment se tourner
41:06vers une alimentation
41:06plus végétale,
41:08pour aller vers
41:09plus de durabilité
41:10des consommations alimentaires,
41:12quels sont les freins,
41:13les leviers
41:13et quels impacts
41:14ça va avoir
41:14vers notre santé
41:15et pour la santé aussi
41:17de la planète
41:18et des écosystèmes,
41:19sachant qu'on est vraiment
41:20en synergie
41:21sur ces questions.
41:22Quel impact aussi
41:24de l'heure des repas ?
41:26Alors,
41:26contrairement à ce qu'on pourrait croire,
41:27ce n'est pas seulement
41:28ce qu'on mange,
41:28mais l'heure à laquelle on mange
41:29qui peut aussi jouer.
41:31Comment jouent
41:31nos déterminants psychologiques
41:33sur la santé
41:34et aussi,
41:35quel est l'impact
41:35de l'alimentation,
41:36par exemple,
41:36sur d'autres maladies
41:38rhumatologiques,
41:39dermatologiques,
41:40il n'y a pas seulement
41:41l'obésité,
41:42les maladies cardiovasculaires,
41:43etc.,
41:43qui sont touchées
41:44et tout ça,
41:45c'est énormément
41:46de recherches
41:46et de connaissances
41:47qui sont en train d'arriver
41:49et qui vont continuer
41:49grâce à la recherche publique.
41:51La courte NutriNet Santé,
41:52c'est vraiment un outil
41:54citoyen
41:54de recherche participative
41:56en donnant un petit peu
41:57de votre temps
41:58en remplissant
41:58des questionnaires
41:59sur Internet,
42:00sur votre alimentation,
42:01activité physique,
42:02mode de vie
42:03et santé.
42:04Vous faites progresser
42:05la recherche publique
42:06en nutrition et santé.
42:08Donc,
42:09merci aussi à celles
42:10et ceux qui nous rejoindront
42:11dans cette aventure.
42:13Merci.
42:16On arrive au terme
42:19de notre table ronde.
42:21Merci beaucoup
42:22à tous les deux
42:23sur toutes les informations
42:25que vous nous avez données.
42:26et je réitère
42:29l'appel de Mathilde.
42:30Je pense que
42:32s'associer
42:33citoyen,
42:34mangeur,
42:35consommateur
42:36à la recherche publique,
42:37la recherche publique,
42:38parce que Mathilde,
42:39vous ne l'avez pas dit,
42:40mais vous avez
42:40des grosses pressions
42:41de la part des lobbies
42:44et d'un certain pouvoir politique
42:46pour vous associer
42:48à des multinationales
42:50de l'agroalimentaire
42:51pour avoir des financements.
42:53No way.
42:55Merci Camille
42:56et aussi
42:57pour toutes les actions
43:02possibles.
43:03parce que
43:05il y a un truc
43:06qui nous réunit tous,
43:07je l'ai déjà dit tout à l'heure,
43:09c'est qu'on mange tous,
43:10toutes et tous,
43:11et que ça,
43:12ça nous rassemble
43:13et qu'on reprenne la main
43:15sur ce qu'on mange
43:16et qu'on reprenne la main
43:18sur ce qu'on mange
43:18à ceux qui,
43:19pour l'instant,
43:20génèrent des profits
43:21sur ce qu'on mange,
43:22pas sur la qualité
43:23de ce qu'ils nous fournissent.
43:25Merci beaucoup.
43:26Merci.
43:28Merci.

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