- il y a 18 heures
Au 31 juillet 2025, plus de deux millions de personnes ont signé la pétition contre la loi Duplomb. Pourtant, le gouvernement, la droite et l’extrême droite, continue de dire que c’est un projet nécessaire et sans danger. Si le pesticide acétamipride a été au cœur des débats et des critiques, il y a un certain nombre d’autres mesures qui soulèvent des questions dans cette loi, comme la facilitation des fameuses méga bassines.
Laurent Duplomb, sénateur à l’origine de cette loi, “agriculteur”, mais surtout cadre de la FNSEA et président de la chambre d’agriculture de Haute-Loire, martèle qu’il faut “lever les contraintes aux métiers d’agriculteurs”. Alors est-ce qu’une loi voulue par tous les agriculteurs ? Comment va-t-elle impacter leur travail ?
Pour en répondre à ces questions, Théo Bourrieau et Marie Toulgoat reçoivent Emmanuel Vandamme, agriculteur bio et porte-parole de la confédération paysanne en IDF.
0:00 Introduction
2:20 La question de l'acétamipride
9:43 Les alternatives aux pesticides
12:47 Les tensions sur l'eau et les megabassines
19:48 La facilitation de l’installation des gros élevages
31:18 Une loi pour aider les agriculteurs, vraiment ?
37:13 Une loi pour favoriser un modèle productiviste
43:32 Une différence entre paysans et agriculteurs ?
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Laurent Duplomb, sénateur à l’origine de cette loi, “agriculteur”, mais surtout cadre de la FNSEA et président de la chambre d’agriculture de Haute-Loire, martèle qu’il faut “lever les contraintes aux métiers d’agriculteurs”. Alors est-ce qu’une loi voulue par tous les agriculteurs ? Comment va-t-elle impacter leur travail ?
Pour en répondre à ces questions, Théo Bourrieau et Marie Toulgoat reçoivent Emmanuel Vandamme, agriculteur bio et porte-parole de la confédération paysanne en IDF.
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9:43 Les alternatives aux pesticides
12:47 Les tensions sur l'eau et les megabassines
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00:002 millions 73 448, c'est le nombre ce matin de personnes qui ont signé la pétition contre la loi
00:06Duplon.
00:07Pourtant le gouvernement, la droite et l'extrême droite continuent de dire que c'est un projet nécessaire et sans
00:11danger.
00:12Si le pesticide acétamipride a été au cœur des débats et des critiques, il y a d'autres mesures dans
00:15cette loi,
00:16comme la facilitation des fameuses mégabassines.
00:19Laurent Duplon, le sénateur à l'origine de cette loi, agriculteur, mais surtout cadre de la FNSEA
00:23et président de la Chambre d'agriculture de Haute-Loire, martèle qu'il faut lever les contraintes aux métiers d
00:29'agriculteur.
00:29Alors, est-ce que c'est une loi voulue par tous les agriculteurs ? Comment elle va impacter leur travail
00:33?
00:34Pour en discuter, Emel Vandam, à ma droite, vous êtes agriculteur bio et porte-parole de la Confédération Paysanne en
00:40Ile-de-France.
00:40Bonjour Emmanuel.
00:41Bonjour.
00:42Merci d'être venu.
00:43Et Marie Toulgotte, journaliste à la rubrique Capital Travail de l'Humanité et notamment spécialiste des questions agricoles.
00:49Peut-être première question Emmanuel, avant qu'on rentre vraiment dans la loi Duplon.
00:54Qui êtes-vous ? Est-ce que vous pouvez nous parler un petit peu de votre exploitation ? Qu'est
00:56-ce que vous faites ?
00:57Alors, je suis paysan avec mon épouse à 20 km d'ici sur une ferme céréalière en agriculture bio et
01:05on transforme une partie de la production de blé en farine et en pain.
01:09Et du coup, sur notre ferme, qui est une ferme de 200 hectares, on emploie cette personne.
01:15Ce qui est totalement différent de ce qui peut se passer sur d'autres fermes céréalières où il y a
01:21une personne pour 500 hectares.
01:23Je vous invite à vous rapprocher un tout petit peu si vous pouvez, pour être bien proche devant le micro.
01:29Marie, je te laisse mener cet entretien.
01:30Moi, je vais être là pour regarder le chat, te poser un peu les questions naïves si jamais des fois
01:34je vois qu'il y a des trucs que je ne comprends pas.
01:36Super, merci.
01:37Oui, on voulait vous inviter parce qu'à l'Humanité, jusqu'à présent, on a beaucoup parlé des impacts politiques,
01:43notamment de la pétition contre la loi Dupont, de la mobilisation qui s'était lancée.
01:48Et ces derniers jours, semaines, on a un peu laissé de côté le cœur de la loi.
01:51En fait, qu'est-ce qu'elle prévoit ?
01:53Donc, dans le débat public, aujourd'hui, on parle beaucoup d'acétamipride.
01:56C'est vraiment l'article de loi qui agite le plus les débats, je dirais.
02:01Mais il y en a d'autres, comme l'a dit Théo, dont on va parler un petit peu tout
02:05à l'heure.
02:05Donc, ce qu'on voulait faire avec vous, c'est vraiment reprendre la base, voir un petit peu ce que
02:09prévoit la loi
02:10et pourquoi vous pensez qu'elle est mauvaise pour les agriculteurs, pour les consommateurs, peut-être pour le système agricole
02:17en général.
02:18Donc, peut-être qu'on peut commencer par évoquer cette question qui anime les débats depuis plusieurs semaines, celle de
02:24l'acétamipride.
02:25Donc, pour rappel, l'acétamipride, c'est un pesticide de la famille des néonicotinoïdes qui est interdit en France depuis
02:312018.
02:33Mais ce n'est pas le cas partout en Union européenne. Je crois que la France est un des seuls
02:37pays à l'interdire.
02:38Le seul.
02:39Le seul pays à l'interdire, c'est ça.
02:42Et la loi Duplomb prévoit son retour par dérogation pendant trois ans.
02:47C'est-à-dire que les agriculteurs qui voudront utiliser à nouveau cette molécule pourront en faire la demande à
02:53titre dérogatoire.
02:55Et par ailleurs, la loi prévoit aussi de faciliter le recours à d'autres pesticides en décorrélant...
03:01Enfin, en supprimant les contraintes qui pesaient sur la séparation entre vente et conseil.
03:07C'est un petit peu technique, mais ça veut dire qu'en gros, une entreprise qui, jusqu'à présent, commercialisait
03:12des pesticides pourront conseiller directement les agriculteurs.
03:16Et donc, peut-être taire certaines informations, en mettre d'autres en valeur pour les forcer à l'achat, sans
03:21peut-être insister sur la dangerosité de certaines molécules.
03:25Donc, moi, la première question que je voulais vous poser au sujet de l'acétamipride, c'est qu'on a
03:29beaucoup parlé des impacts sanitaires sur les consommateurs
03:32et sur les riverains des champs contaminés, notamment avec peut-être un risque de cancer.
03:38Mais pour les agriculteurs qui ont recours à ces molécules, ou peut-être qui subissent le recours par leurs voisins
03:44de ces molécules,
03:46c'est quoi les risques de l'acétamipride ?
03:50Ce sont les mêmes que pour les citoyens.
03:52Enfin, c'est, je veux dire, la personne qui va utiliser ses produits est en contact avec le produit.
03:57Donc, forcément, le produit qui est sur une main, qui est sur la peau, c'est à peu près cinq
04:02minutes pour passer dans le sang.
04:03D'accord ? Donc, si le produit est à cause des problèmes neurologiques, forcément, l'agriculteur va être plus impacté
04:12que le citoyen,
04:13qui va être un petit peu plus loin.
04:18Mais je vais d'abord répondre à une autre question que vous ne m'avez pas posée.
04:21En fait, on est en train de parler de la loi Duplomb, qui serait la réponse aux manifestations qui ont
04:26eu lieu l'année dernière
04:27pour tous les paysans et paysannes qui disaient qu'ils ne vivaient pas de leur production et de leur métier.
04:35Et on répond à côté.
04:36En fait, on n'est pas en train de dire, on vous a entendu et on va faire en sorte
04:41que vous puissiez vivre de votre travail.
04:43On est en train de répondre à une toute petite partie, un tout petit monde dans ce monde agricole,
04:50un tout petit monde qui utilise ses produits pour faire de la betterave ou pour protéger la culture de noisettes,
04:55que je ne connais pas. Donc, je ne parlerai pas de cette culture-là.
04:59Et voilà. En fait, c'est juste que l'État répond à celui qui crie le plus fort.
05:05Et qui a crié le plus fort ? La FNSEA et certains adhérents de la FNSEA qui veulent cette réintroduction
05:13en disant
05:14qu'on n'est pas concurrentiel par rapport à nos collègues de l'Europe. Ils ont raison.
05:20C'est clair. On est en Europe. La règle, elle est européenne.
05:23Donc, nous, en France, on avait fait plus que bien puisqu'on avait interdit ce produit parce qu'il y
05:29a des grandes suppositions
05:30qu'il soit super néfaste pour la santé. Et devant la grande colère, on fait marche arrière.
05:37Au lieu, le boulot de l'État aurait été de dire à la Commission européenne, on sait que c'est
05:43mauvais.
05:43On va le savoir. D'ici dix ans, toutes les analyses seront faites. On aura refait les études.
05:49Et les scientifiques nous montreront noir sur blanc, même si c'est déjà fait.
05:53Mais là, on dit oui, il y a plein d'études. On n'est pas sûr.
05:56Mais dans dix ans, on sera sûr. Et le boulot aurait dû être à la Commission européenne de dire
06:03on arrête ce produit et on l'arrête en Europe. Or, comme on est le seul pays à l'interdire,
06:09ceux qui font des betteraves disent mais nous, quand on a le virus qui attaque nos betteraves
06:13et qu'on fait 50 tonnes, on devait en faire 100 à l'hectare, du coup, par rapport à nos
06:20collègues belges et allemands
06:21qui, eux, continuent d'utiliser ce produit, on essaie de la concurrence déloyale.
06:25Donc effectivement, là, il y a un sujet. Il y a un vrai sujet.
06:28Est-ce que les citoyens français sont prêts à ne pas avoir de sucre si on ferme la frontière
06:34et qu'on dit OK, on interdit ce pesticide en France, juste en France,
06:41et du coup, on ne consomme que du sucre français.
06:43On ne consomme pas du sucre issu de betteraves traités avec ce pesticide.
06:50Et on ne fait pas venir non plus de biscuits, tout ce qui est pâtisserie, soda, etc.,
06:57avec un sucre qui proviendrait de betteraves traités avec ce pesticide.
07:01Est-ce qu'on est prêts, nous, en France, à supporter ça ? Je ne suis pas sûr.
07:05Donc voilà, c'est juste pour recadrer un peu les choses. Pardon.
07:07Non, pas tout de suite. Vous avez mis le doigt sur un point.
07:09C'est qu'effectivement, il y a certaines cultures, certains producteurs,
07:12qui réclament à corps écrit le retour de l'acétamipride
07:14pour pouvoir être à la même hauteur que leurs concurrents et voisins européens.
07:20Est-ce que toutefois, vous ne pensez pas que c'est une vision un peu court-termiste
07:23d'avoir recours à ce genre de molécules qu'on sait néfastes ?
07:27Est-ce que sur le long terme, ça ne va pas poser des problèmes ?
07:29Alors sur la santé, ça, on l'a dit, mais aussi peut-être sur les rendements.
07:33Est-ce qu'un sol qu'on traite, un corps et un corps au néonicotinoïde,
07:36est-ce que dans 10-20 ans, il sera aussi fertile ?
07:39Est-ce que ce n'est pas un peu maltraiter son outil de travail
07:42que de traiter la terre avec des produits qu'on sait néfastes ?
07:45Alors la terre, si, c'est sûr, mais c'est surtout les pollinisateurs.
07:48Oui.
07:49C'est surtout ces insectes-là.
07:51Vous savez combien de temps dure la vie sans abeilles, ces deux ans ?
07:56D'accord ?
07:57Donc moi, je pose la question, on préfère avoir du sucre dans du café ou vivre ?
08:02Enfin, je généralise un petit peu, mais c'est la réalité.
08:06Donc, quand on...
08:07Et la réponse qui est faite par les producteurs de betteraves,
08:10c'est n'il n'y a pas de fleurs sur les betteraves.
08:12Oui, c'est vrai.
08:13Ils ont raison.
08:14La fleur ne vient pas sur les betteraves, parce qu'on arrache la betterave avant.
08:17Par contre, c'est un produit qui est sur la graine.
08:20C'est un enrobage.
08:21On plante la graine, elle est dans un milieu humide, le produit se dissout.
08:26Et c'est là le problème, c'est que ce produit va aller dans l'eau qui circule dans le
08:31sol.
08:32Et si à côté du champ de betteraves, on a un champ de colza qui est en fleurs,
08:35le colza va pomper l'eau indifféremment.
08:38Et donc, les abeilles qui vont aller polliniser le colza
08:41vont se retrouver en contact avec le néonicotinoïde
08:44et du coup, perdent l'orientation et ne retrouvent pas la ruche.
08:47Donc voilà, le sujet, il est là.
08:51Je ne développe pas, mais on retrouve ce produit dans les pluies au Japon.
08:55Enfin voilà, donc on sait qu'il n'est pas juste cantonné au champ de betteraves
08:59et juste au 3% dont on nous rabâche les oreilles en ce moment.
09:03D'accord ?
09:03Et sur la fertilité des sols, on voit bien que la fertilité des sols,
09:07c'est l'INRA, l'a largement analysé.
09:10On est arrivé au maximum et on est en train de gentiment régresser.
09:14On est arrivé au bout du bout des choses.
09:16Et donc oui, le modèle aujourd'hui qu'on continue à...
09:20Enfin, que continue à prôner la FNSA, ce modèle industriel, il est au bout.
09:25Donc il va falloir revenir sur un peu plus d'écologie, bien évidemment.
09:29Ok.
09:29Et pardon.
09:30Et surtout, on ne parle jamais des nappes phréatiques
09:33et des pollutions des nappes phréatiques.
09:35Et du coup, que ça génère pour dépolluer l'eau qu'on est censé boire.
09:41On ne parle jamais non plus.
09:42Qu'est-ce que ça peut être, alors, les alternatives à l'acétamipride ?
09:46Alors vous, vous êtes un agriculteur en agriculture biologique, donc vous les connaissez.
09:52Comment est-ce qu'on peut faire, peut-être à plus large échelle, à l'échelle de la France,
09:56pour se passer de ces produits phytosanitaires que réclame une partie bruyante, vous l'avez dit,
10:03mais quand même assez importante des agriculteurs ?
10:07Alors, il y a deux solutions.
10:09Soit on produit des betteraves bio, c'est tout à fait possible.
10:13Nous, on en a fait pendant deux ans, j'ai arrêté, mais pour d'autres raisons, c'était des raisons
10:16logistiques.
10:18Mais je travaille avec deux voisins qui continuent à faire, enfin, il y en a beaucoup plus autour,
10:22mais deux voisins avec qui je travaille, qui continuent à faire des betteraves,
10:24ont des résultats tout à fait probants.
10:27Quand il y a le virus, il y a le virus.
10:29OK, donc au lieu de faire, j'ai un voisin, il fait entre 50 et 60 tonnes de betteraves à
10:35l'hectare en bio.
10:37Quand il y a le virus, ça descend à 15 ou 20, effectivement.
10:40Donc voilà, après, j'ai jamais entendu dans toutes les discussions, depuis qu'on parle de cette fameuse loi,
10:46j'ai jamais entendu parler d'une caisse de péréquation,
10:49c'est-à-dire qu'on n'utilise pas ce produit en conventionnel, on l'interdit, on continue de l
10:55'interdire.
10:59Et au lieu de payer, alors, j'ai aucune idée du prix de la betterave en conventionnel, je suis désolé,
11:03je crois que ça vaut, il me semble que ça vaut 70, 70 euros, peu importe le chiffre.
11:08Mettons qu'on met 10 euros par tonne, qu'on met dans une caisse, au cas où, au cas où,
11:14il y ait une attaque de pucerons et que le rendement diminue, au moins, on a cette assurance.
11:21L'État, aujourd'hui, paye aussi, on a des assurances climatiques, l'État peut aussi dire,
11:29OK, j'assume le fait que j'interdis ce produit et je mets en place une assurance au cas où
11:36il y ait cette attaque de pucerons.
11:39Maintenant, en conventionnel, ils ont des traitements aériens,
11:42c'est-à-dire que ce sont d'autres insecticides, pas avec cette même molécule.
11:48Effectivement, il faut passer une fois, deux fois, trois fois.
11:50Effectivement, il y a la contrainte de faire attention, de mettre ce produit quand les abeilles ne sont pas en
11:55vol, etc.,
11:56pour ne pas tuer les abeilles.
11:58Du coup, voilà, mais il y a d'autres solutions.
12:00La première des solutions, c'est le bio.
12:03Mais je continue.
12:05Tout le monde n'est pas capable aujourd'hui,
12:07tous les citoyens français ne sont pas capables de payer le sucre peut-être deux fois plus cher parce qu
12:12'il est bio.
12:13C'est ça aussi qu'il faut remettre tout en...
12:16Je ne suis pas là du tout pour défendre l'agriculture conventionnelle.
12:19Chacun fait comme il veut.
12:20Mais c'est juste qu'en France, on est...
12:23Le résultat de la pétition montre bien que plus de 2 millions de personnes qui se mobilisent pour dire non.
12:30OK, mais est-ce qu'on est OK aussi pour dire, on ne met pas ce produit, on cultive et
12:37ça va coûter plus cher.
12:38Est-ce qu'on est d'accord pour payer le sucre plus cher ?
12:41Je n'ai pas la réponse.
12:43J'en ai une petite partie.
12:45OK, merci beaucoup.
12:47Peut-être qu'on peut passer à une autre mesure de la loi Duplon,
12:50qui ne porte pas sur les pesticides, mais sur la facilitation de l'installation des bassines.
12:55Donc les bassines, on sait ce que c'est.
12:58Ce sont ces ouvrages de rétention de l'eau à des fins d'irrigation.
13:02On les connaît parce qu'elles ont été dans l'actualité,
13:04notamment avec le cas de Sainte-Solines dans les Deux-Sèvres,
13:07qui a été un petit peu l'apothéose des tensions autour de l'eau
13:11entre des associations d'un côté qui ne voulaient pas que cette eau soit accaparée par certains
13:15et de l'autre des agriculteurs d'un certain type,
13:19ou en tout cas qui se ressemblent sur certains points, on en parlera peut-être,
13:21qui voulaient pouvoir avoir accès à cette eau.
13:24Ces débats, ils ne sont jamais tranchés.
13:25D'ailleurs, on l'a vu au mois de juillet, puisque d'un côté,
13:28neuf agriculteurs ont été condamnés pour usage de l'eau de bassines qui a été jugée illégale.
13:33De l'autre, des militants écologistes ont saccagé des bassines,
13:37c'est-à-dire qu'ils ont mis des coups de cutter dans les bâches qui les protégeaient.
13:40Donc on voit que c'est des tensions qui ne sont jamais résolues sur ces questions d'usage de l
13:44'eau.
13:45Sur ce contexte un petit peu de tension,
13:49la loi Duplomb, elle, vient permettre la facilitation de l'installation de ces bassines
13:54en clair, c'est l'article 5, si je ne me trompe pas,
13:58CSEA, qui prévoit une présomption d'intérêt général majeur pour les mégabassines
14:04si leur intérêt est agricole.
14:06En clair, puisque ces retenues d'eau seront jugées d'intérêt majeur,
14:10ce sera beaucoup plus facile pour un agriculteur d'obtenir les autorisations,
14:13ou un groupement d'agriculteurs, d'obtenir les autorisations pour créer cette bassine.
14:18Donc c'est un point dont on a un peu moins entendu parler,
14:21mais qui quand même est assez intéressant.
14:24Et peut-être la première question que je voudrais vous poser,
14:26c'est concrètement pourquoi c'est un problème ces mégabassines,
14:29comme celle de Sainte-Soline ou peut-être des plus modestes ?
14:31Mais pourquoi de telles tensions autour de ces ouvrages ?
14:36L'eau n'appartient à personne, c'est la première réponse.
14:40Sainte-Soline, ce n'était pas des associations, c'était juste des citoyens.
14:43Oui, tout à fait.
14:44Et non, mais c'est important parce que c'était lunaire.
14:46Moi, j'y étais, on était 25 ou 30 000, on n'était pas juste.
14:51Et c'était très intéressant, le cheminement pour aller à la bassine,
14:56on avait, je crois, 5 ou 6 kilomètres à faire à pied,
14:59donc on était avec des gens qui se retrouvaient là,
15:02qui n'étaient pas des voyous, évidemment, comme ça a été décrit,
15:05et qui partageaient la même chose, c'est-à-dire, mais l'eau appartient à tout le monde.
15:10Donc les bassines, pour revenir à la question,
15:14nous, à la Compte, on n'est pas contre les bassines.
15:16Ce qu'on cherche à dire, c'est, mais pour quelle utilisation ?
15:22Par exemple, si vous faites une bassine au milieu d'un bassin céréalier
15:25et qu'il y a un petit maraîcher qui a, lui, 5 ou 6 hectares de légumes,
15:30on ne va pas le brancher à la bassine parce que sa consommation d'eau
15:33ne pourra pas payer le branchement tellement il va en consommer peu.
15:37Donc c'est le premier sujet.
15:39Deuxième sujet, c'est, on a un changement climatique,
15:43ça on le voit, on le vit, on le subit.
15:45Et est-ce que, la question, c'est pas de se dire,
15:49mais les productions qu'on fait, je vais citer au hasard,
15:52la Charente ou la Charente maritime,
15:55où on irrigue sur des parcelles de maïs notamment,
15:58est-ce qu'on ne peut pas se dire, mais à cet endroit-là,
16:02il faut peut-être arrêter ces cultures-là,
16:04ou à d'autres, c'est juste retenir l'exemple,
16:07arrêter le modèle qui était fait jusqu'à ce modèle qu'on perdure depuis 50 ans,
16:13et s'adapter au changement climatique,
16:17et ne plus avoir besoin d'irriguer,
16:19et surtout ne pas irriguer avec cette eau-là,
16:23des produits qui vont être vendus à l'export.
16:25Quel est l'intérêt ?
16:26Si c'est pour arroser des légumes qui vont être vendus en France,
16:30en circuit court et en France, on va dire, pour cadrer le truc,
16:35il n'y a pas de souci, que ce soit bio, conventionné,
16:37on s'en moque totalement.
16:38Mais c'est juste, quelques agriculteurs,
16:43une dizaine, une vingtaine, cotisent sur une bassine.
16:47Nous, citoyens, nous cotisons aussi,
16:49puisque c'est subventionné à plus de la moitié,
16:52d'accord, ça coûte une fortune.
16:54Et ça, pour arroser des grandes cultures qui vont être vendues à l'export,
16:57ça n'a pas de sens.
16:59Aujourd'hui, si on est dans l'idée de dire que l'eau est précieuse,
17:04alors nous, évidemment, on a un mois de juillet un petit peu compliqué,
17:07il pleut tout le temps, donc on se dit,
17:08ben non, l'eau, il en tombe.
17:10Mais dans le sud, il n'en tombe pas, d'accord ?
17:12Donc c'est vraiment ça qu'il faut avoir à l'esprit,
17:15c'est l'eau appartient à tout le monde, et on en fait quoi ?
17:18Et là, je pense que c'est aux citoyens de décider, on fait quoi de l'eau ?
17:22Ce n'est pas à lui de décider comment on fait, quelle agriculture on fait,
17:25parce que tout le monde n'est pas spécialiste,
17:27et je ne suis pas spécialiste d'autres métiers.
17:29Mais c'est juste dire, l'eau, c'est un bien universel,
17:33et on fait quoi avec ça ?
17:36Donc concrètement, une des solutions que vous préconisez,
17:38c'est d'arrêter dans les zones où on remarque une tension hydrique
17:43des cultures très gourmandes en eau,
17:44et qui ne sont pas consommées sur le territoire ?
17:46Oui, bien évidemment, oui.
17:49Mais par contre, on ne peut pas dire aux paysans qui font ça,
17:53lui dire, stop, maintenant t'arrêtes, il vit de quoi ?
17:55Il a un métier, il a une entreprise, il faut qu'il la fasse vivre.
17:58Donc il y a un accompagnement à faire.
18:00Mais le problème, c'est que dans notre pays,
18:04ce fameux accompagnement ou ce fameux changement,
18:08on sent bien qu'on a du mal à tourner le volant.
18:10Si on revient sur les néonicotinoïdes,
18:13en théorie, ça fait depuis maintenant 6 ans, 7 ans,
18:17qu'on aurait dû trouver une molécule de remplacement moins dangereuse.
18:21On ne l'a pas, d'accord ?
18:24J'ai envie de croire que oui, on la cherche,
18:29mais il y a un autre côté qui me dit non, on ne la cherche pas,
18:31on a une solution et surtout, comme ça coûte une fortune
18:34de trouver des molécules qui vont bien
18:36et qu'aujourd'hui, elles sont regardées à la loupe.
18:38Donc c'est un peu le souci en France,
18:41c'est qu'on a un petit peu du mal,
18:42et en agriculture en particulier,
18:44à prendre le virage de l'adaptation climatique.
18:47D'accord.
18:49Comment on peut faire pour imaginer un partage de l'eau
18:52qui bénéficie, vous en avez parlé par exemple,
18:55aux petits maraîchers qui ont seulement une poignée d'hectares,
18:58à qui le raccordement a une bassine coûte cher,
19:01des plus grosses cultures exportatrices ou non,
19:04et par ailleurs, tous les autres usages de l'eau
19:06pour les particuliers, pour l'industrie,
19:09pour la biodiversité, tout simplement.
19:11Comment on fait pour concilier tous ces besoins en eau ?
19:14– Ben, on priorise.
19:16Aujourd'hui, on a à manger trois fois par jour dans nos assiettes.
19:19Aujourd'hui.
19:21Demain, je ne sais pas comment ça sera fait.
19:23Mais le jour où on commencera à se poser la question,
19:25parce qu'on n'a pas trois fois par jour à manger dans notre assiette,
19:28il sera trop tard déjà.
19:29Donc c'est une priorité, c'est une gradation en fait.
19:33Mais ce n'est pas moi qui vais vous répondre à cette question,
19:36c'est le citoyen qui va voter pour des élus
19:40qui diront « nous, on va prioriser ».
19:42Enfin voilà, ce n'est pas moi, Emmanuel Vandamme,
19:44qui vais vous dire comment on fait.
19:46– OK.
19:48Une autre mesure de la loi Duplomb,
19:50qui est celle-ci un petit peu passée sous les radars,
19:52j'ai l'impression, peut-être pas,
19:54peut-être que tout le monde en a entendu parler,
19:56mais c'est celle qui concerne les ICPE.
19:58Donc ces ICPE, ce sont des installations classées
20:01pour l'environnement.
20:02Donc ça regroupe tout un tas de choses,
20:04mais notamment les bâtiments d'élevage,
20:07ou dans le cadre de l'agriculture aussi,
20:09les méthaniseurs, mais c'est plus l'élevage
20:11auquel s'intéresse la loi.
20:13Donc concrètement, pour vous expliquer un petit peu,
20:15aujourd'hui, lorsqu'on a un élevage
20:16avec plusieurs milliers de bêtes,
20:19il faut déclarer cette installation aux autorités,
20:24et quand ça dépasse un certain seuil,
20:27il faut en demander l'autorisation.
20:30Ce que prévoit la loi,
20:31c'est de faciliter ces demandes d'autorisation
20:33pour qu'ils soient plus aisés aux éleveurs
20:35qui ont vraiment des cheptels énormes,
20:37de s'installer,
20:38notamment en réduisant l'impact de l'enquête publique,
20:40qui normalement est obligatoire dans ces cas-là.
20:43La loi prévoit aussi
20:44d'augmenter le nombre d'animaux par élevage
20:48dans le cadre des contrôles environnementaux.
20:50Donc en clair, par exemple,
20:52aujourd'hui,
20:53un poulailler avec 40 000 poules,
20:56enfin, quand un poulailler dépasse
20:58le nombre de 40 000 poules,
20:59il doit être assujetti
21:00à des contrôles environnementaux.
21:02Demain, avec la loi du plomb,
21:03ce sera le cas qu'à partir de 85 000 poulets,
21:07poules,
21:07donc quasiment un doublement du seuil.
21:10Donc ce qu'on peut comprendre
21:12avec ces dispositions,
21:13c'est que les élevages vraiment massifs,
21:15les cheptels très importants,
21:17seront facilités.
21:19Est-ce que vous trouvez que c'est un problème,
21:21ces dispositions qui facilitent
21:22l'installation de ces gros élevages ?
21:25Alors, deux casquettes.
21:27D'un point de vue économique,
21:29je me mets à la place du paysan qui fait ça,
21:32même si perso, je ne pourrais jamais le faire,
21:35on diminue les coûts fixes
21:36et donc on augmente la marge.
21:38On augmente la marge pourquoi ?
21:40Parce qu'en face,
21:40on a la grande distribution
21:41qui ne fait que baisser les prix d'achat.
21:44Parce que, soi-disant,
21:46après, on a le consommateur
21:47qui n'a pas les moyens d'acheter.
21:49Il faut vraiment aller jusqu'au bout du...
21:51D'accord ?
21:51Donc je me dis,
21:52si je prends cette casquette-là,
21:53je dis, OK, bon, je comprends.
21:58Maintenant, pour moi, c'est terrible.
22:00Vous avez cité l'exemple des poules,
22:02moi, je vais vous citer l'exemple des porcs.
22:05Les élevages sont concentrés en Bretagne.
22:07Donc aujourd'hui,
22:08on peut passer d'un élevage
22:10de 2 000 porcs à 3 000.
22:11Or, on sait qu'on a déjà
22:13un souci d'algues vertes en Bretagne.
22:15Et donc, on va pouvoir
22:17augmenter cette pollution
22:18ou générer les pollutions
22:20qui sont faites par ces élevages industriels
22:23et ça va pouvoir être augmenté
22:25sans contrôle.
22:27Enfin, sans plus de contrôle et d'autorisation.
22:29Donc ça, c'est un vrai sujet.
22:31Encore une fois,
22:34pourquoi on fait ça ?
22:35Pourquoi il a imaginé ça ?
22:38M. Duplon,
22:39à priori, on fait le même métier.
22:40Donc je cherche à comprendre
22:42ce qu'il a voulu faire.
22:43Donc je pense qu'il est chef d'entreprise
22:45et qu'il s'est dit,
22:47bon, bah, OK,
22:48si on augmente le nombre de têtes
22:51dans l'élevage
22:51et sans trop qu'on se fait enquiquiner,
22:55eh bien, je diminue mes coûts fixes,
22:57j'augmente ma marge
22:58et donc je peux répondre mieux
22:59à la grande distribution.
23:00C'est prendre le problème
23:02totalement à l'envers.
23:04Le truc, c'est...
23:06Est-ce qu'aujourd'hui,
23:07et je reviens toujours aux citoyens,
23:08est-ce que les citoyens
23:09sont capables aujourd'hui ?
23:10Est-ce qu'ils sont capables ?
23:11Je n'ai pas dit ce qu'ils veulent.
23:12J'ai dit, est-ce qu'ils sont capables
23:13de payer son alimentation plus cher ?
23:15J'en suis pas sûr,
23:16pour une grande partie d'entre nous.
23:18Et est-ce que l'État
23:20a envie que ça change ?
23:21Là, je suis sûr que non,
23:22parce que sinon,
23:24voilà, on ne serait pas là
23:25en train de discuter de ça.
23:26Mais le sujet, c'est de se dire
23:28l'agriculture française,
23:30elle est subventionnée
23:31à quasiment hauteur
23:32de 11 milliards d'euros.
23:33Il me semble.
23:33Enfin, c'est entre 9 et 11 milliards d'euros.
23:36Est-ce qu'on ne pourrait pas dire
23:37à un moment donné,
23:38mais payons aux paysans
23:43le prix de leurs produits,
23:44le vrai prix ?
23:46Et ces 11 milliards d'euros
23:48qui sont, entre guillemets,
23:49nos impôts,
23:50on les redistribue aux citoyens
23:52de façon à ce qu'ils puissent
23:54s'acheter les produits
23:55qui, évidemment,
23:56auront augmenté de prix,
23:57qui puissent s'acheter
23:58les mêmes produits.
23:59Le sujet, il est là.
24:01Donc non,
24:01c'est encore une mauvaise réponse
24:03à un problème de notre société.
24:06Et c'est une très mauvaise réponse.
24:08Juste une petite précision,
24:09vous avez fait un lien
24:10entre les algues vertes
24:11et les porcs en Bretagne.
24:13Est-ce que vous pouvez rappeler ce lien,
24:14parce que je ne suis pas sûr
24:14que tout le monde l'ait en tête ?
24:15Pardon.
24:16En fait,
24:18ce sont des élevages hors sol.
24:20C'est-à-dire qu'on peut avoir
24:21un élevage de porcs,
24:23concentré de mille porcs,
24:24dans un bâtiment
24:25ou dans plusieurs bâtiments,
24:26et ne pas avoir forcément
24:28la surface de terre autour
24:29pour répandre le lisier,
24:31c'est-à-dire les déjections
24:33des porcs.
24:34D'accord ?
24:34Et donc,
24:36ce qui se passe,
24:37c'est que ça va être épandu
24:38tout autour,
24:39chez les voisins aussi.
24:41Ça,
24:42il y a tellement de nitrates
24:43que ça se retrouve
24:44dans les nappes phréatiques,
24:46que ça se retrouve
24:48dans les eaux de rivière.
24:49Ces eaux vont vers la mer,
24:52et en fait,
24:53il se développe des algues vertes
24:54puisqu'on emmène sur la mer
24:57clairement des nitrates,
24:58et donc les algues
24:58se développent,
24:59se développent,
24:59se développent.
25:00Ensuite,
25:01on a cette putréfaction
25:02quand elles arrivent
25:03sur la plage
25:04qui dégage un gaz
25:06dont j'ai oublié le nom,
25:07pardon,
25:08et qui potentiellement
25:10est dangereux
25:10puisqu'il n'y a plus d'oxygène
25:11sur la plage.
25:12Voilà,
25:12c'est ça la pollution.
25:14Il y a notamment
25:15une bande dessinée
25:16de Morgane,
25:17je ne me rappelle plus son nom,
25:18la journaliste,
25:20qui vulgarise tout ça,
25:21qui explique plein de choses
25:22qui sont très intéressantes
25:23si jamais le sujet vous intéresse.
25:24Il faut savoir quand même
25:25que cette journaliste,
25:26on a attenté à sa vie.
25:28On a assis les essuies
25:29de ses roues,
25:30je crois.
25:30On a dévissé les goulons
25:31des roues de la voiture.
25:34C'est un truc de fou.
25:35Ça montre bien
25:36l'emprise du sujet.
25:38Merci pour cette précision.
25:40Donc vous parlez
25:41de pourquoi
25:42ces élevages agrandis
25:44seraient une mauvaise réponse
25:45à un problème économique
25:47qui se pose,
25:48par exemple.
25:49Est-ce que,
25:51si on laisse de côté
25:52cette question économique,
25:53est-ce que ces gros élevages
25:55pourraient être souhaitables
25:56quand même ?
25:56Est-ce qu'ils sont néfastes
25:58sur d'autres points ?
25:59Si on regarde,
26:00par exemple,
26:00d'un côté purement
26:02agricole,
26:03élevage,
26:05santé de l'animal,
26:06est-ce qu'il peut y avoir
26:08du bon dans ces
26:09gros élevages
26:09ou est-ce que vraiment
26:10tout est acheté ?
26:13Alors,
26:13moi,
26:14je suis néophyte,
26:14je ne suis pas éleveur,
26:15d'accord ?
26:16Mais bon,
26:16j'ai une vision un petit peu
26:17de cette chose-là.
26:18Pour moi,
26:18tout est acheté
26:19dans les élevages industriels,
26:20mais parce qu'un animal
26:23qui est enfermé,
26:24clairement,
26:24il est enfermé,
26:25il n'est pas dehors.
26:26Donc, voilà,
26:26c'est une vie enfermée.
26:30Et ensuite,
26:34si au lieu de concentrer
26:35tous ces animaux
26:37sur un seul élevage,
26:38si c'était réparti
26:40sur plusieurs élevages
26:44disséminés dans le département,
26:47du coup,
26:48effectivement,
26:49on augmenterait
26:49le coût de production,
26:50on en revient toujours
26:51à la même chose.
26:52Mais par contre,
26:53on ferait vivre les paysans
26:54avec un...
26:55ils auraient un vrai revenu.
26:56Mais,
26:57on en revient...
26:58la finalité,
26:59c'est à combien ça sort,
27:01à combien ça sort au kilo
27:02et qui est capable de l'acheter.
27:04C'est ça, le sujet.
27:05Donc,
27:05les réponses,
27:06aujourd'hui,
27:06du gouvernement,
27:07elles sont...
27:08elles sont...
27:10elles sont nulles.
27:12Pour moi,
27:12elles sont nulles.
27:13On répond...
27:14Il y a une crise,
27:15il y a des gens dans la rue,
27:16donc on répond très rapidement
27:18pendant ce truc-là,
27:19mais ce n'est pas la réponse.
27:20Enfin,
27:20je veux dire,
27:21aujourd'hui,
27:21cette agriculture-là,
27:22l'agriculture industrielle,
27:24on sait que ce n'est pas le modèle,
27:25on sait que ce n'est plus le modèle.
27:27Par contre,
27:29c'est des enjeux de société.
27:31Quel est le prix de l'alimentation
27:32qu'on est prêt à payer ?
27:34Dernière question sur ces élevages,
27:36ces ICPE.
27:38Concrètement,
27:38si se multiplient ces fermes-usines
27:40dont on parle,
27:41ou peut-être même sans aller jusque-là,
27:43ces gros élevages,
27:44en tout cas,
27:45quel peut être l'impact sur les éleveurs
27:47qui, eux,
27:47se cantonnent à un cheptal beaucoup plus petit,
27:49soit parce qu'ils ne veulent pas,
27:51soit parce qu'ils ne peuvent pas
27:53accumuler plus de bêtes
27:54et faire grossir leurs élevages ?
27:56Est-ce que ces petits éleveurs
27:57vont être lésés
27:58par l'augmentation de la taille
28:00de leurs voisins
28:00ou pas particulièrement ?
28:02Ils vont être lésés
28:02au niveau du coût de production,
28:04ça, c'est une évidence.
28:05Du coup,
28:07il va falloir qu'ils trouvent
28:08des systèmes de vente
28:09en circuit court.
28:11Du coup,
28:11leur viande sera...
28:12Enfin,
28:12ce qu'ils vont vendre,
28:13ça a de bien meilleure qualité
28:15et vendu,
28:17ça sera payé...
28:19Ça leur sera payé plus cher
28:20et peut-être aussi
28:21moins cher qu'en grande surface.
28:24En fait,
28:25si les citoyens retrouvent
28:26le circuit des ventes directes
28:29comme ils ont su le faire
28:30pendant le Covid,
28:30par exemple,
28:31s'ils font cet effort-là,
28:34de retourner vers les fermes,
28:35d'aller acheter en direct,
28:36ce n'est pas toujours possible,
28:38mais c'est une des solutions.
28:40Ils vont acheter des produits
28:41de meilleure qualité
28:42et souvent moins chers
28:44qu'en grande distribution.
28:46Ok, merci.
28:47Je vais prendre quelques questions
28:49du chat.
28:49Alors, ça va peut-être
28:50nous faire revenir un peu en arrière.
28:52Quelqu'un qui demande
28:53comment on fait
28:53pour savoir précisément
28:54de quel type d'aliments
28:55contiennent du sucre à betterave.
28:57Est-ce qu'on a un moyen
28:58de savoir ça
28:59quand on fait nos courses ?
29:01C'était une très bonne question.
29:02C'est vraiment, bravo.
29:03Le chat, vous irez chercher
29:05sur Internet
29:05et vous nous donnerez la réponse.
29:06Je ne sais pas.
29:07Il y a une autre question.
29:08On s'éloigne un peu du sujet,
29:10mais quand même.
29:11Sur Laurent Duplom,
29:12on l'a dit,
29:12il est agriculteur,
29:14mais sur tout cas
29:14de la FNSEA,
29:15président de la Chambre d'agriculture.
29:17Selon vous,
29:18pourquoi ce n'est pas autant dit,
29:20notamment dans les médias ?
29:22Pourquoi cette question
29:22n'est pas adressée ?
29:23Pourquoi on le présente
29:24comme sénateur agriculteur
29:25et qu'on oublie un peu
29:26tous les intérêts
29:28qu'il peut avoir par ailleurs ?
29:29Comme à chaque fois.
29:32Dès qu'il s'agit de la FNSEA,
29:35le président Rousseau,
29:37on sait qu'aujourd'hui,
29:39il est à la tête
29:39d'une grosse industrie agroalimentaire.
29:43Mais ce n'est pas d'intérêt.
29:44Pour moi, pardon,
29:46c'est entre guillemets un collègue,
29:47mais il ne m'intéresse pas,
29:49ce monsieur.
29:50Pardon pour cette réponse.
29:51Il ne nous intéresse pas non plus.
29:53Non, mais voilà.
29:56En fait, il y a un cuisinier
29:57dans son département
29:58qui est un chef étoilé.
30:01J'ai vu cet article,
30:02il dit que j'ai honte
30:03de faire partie de ce département
30:04où il y a monsieur Duplomb.
30:07En fait, je serais très intéressé
30:08par aller rencontrer ce monsieur
30:11pour en voir de quel monde il vient.
30:13A priori, on fait le même métier,
30:15mais on ne vient pas du même monde.
30:17Clairement.
30:18Très bien.
30:20Juste une petite précision,
30:21pour être tout à fait exacte.
30:24Je ne crois pas que Laurent Duplomb
30:25soit un corps président
30:26de la Chambre d'agriculture.
30:26Il l'a été,
30:27mais c'est plus ses fonctions.
30:29Autant pour moi.
30:29Mais il est président
30:30de la FNSEA locale, non ?
30:32Oui, c'est un caractère.
30:32Par contre, il a des responsabilités
30:33auprès de la FDSEA de Haute-Loire,
30:36si je ne me trompe pas.
30:38Mais il n'est plus à l'heure actuelle
30:40le président de la Chambre d'agriculture.
30:41Et donc aussi sénateur de Haute-Loire.
30:43Et aussi sénateur de Haute-Loire.
30:44Il y a peut-être des petits conflits,
30:45des fois.
30:46On voit qu'il y a des liens
30:48entre les deux mondes.
30:50On a un petit peu fait le tour
30:52des principales dispositions
30:53de la loi Duplomb.
30:54Donc on le rappelle,
30:55qui sont la facilitation du retour,
30:57la facilitation du recours,
30:59pardon, à l'acétamipride,
31:00cet agrandissement des élevages
31:02et la facilitation de l'usage
31:03de ces bassines.
31:05Maintenant, on peut peut-être
31:06prendre un petit peu de hauteur,
31:08analyser un petit peu plus globalement
31:10cette loi.
31:10Et la première question
31:11que j'aimerais vous poser
31:13à ce sujet,
31:14c'est celle-ci.
31:16On n'en a pas parlé,
31:18mais l'intitulé de la loi
31:19écrite par Laurent Duplomb,
31:20c'est une loi pour lever les contraintes
31:23au métier d'agriculteur.
31:24Donc elle est clairement présentée
31:25comme une loi pour les agriculteurs,
31:28pour faciliter leur travail.
31:29Avec tout ce qu'on a dit jusqu'à présent,
31:31est-ce que vous pensez
31:31qu'elle répond à cet objectif ?
31:33Pas du tout.
31:34Pas du tout.
31:35On va s'adresser à quelques agriculteurs,
31:38donc ceux qui irriguent,
31:39ceux qui sont éleveurs
31:41de gros élevages
31:42et ceux qui font des betteraves,
31:443% de mémoire.
31:46Mais tous les autres,
31:47tous les autres qui étaient dans la rue
31:50l'année dernière,
31:51eux, ils demandent juste
31:52à vivre dans leur travail.
31:53En quoi ça répond à ces gens-là ?
31:56En rien, mais en rien du tout.
31:58Donc on est encore hors sujet,
32:00une fois de plus.
32:01Donc non, c'est faciliter quoi ?
32:04Oui, effectivement,
32:04on a un bureau,
32:06ça a été dit plein de fois
32:07et ça a été répété.
32:08On passe de plus en plus de temps
32:12à des obligations administratives.
32:15Tout à l'heure, je vous disais,
32:17quand on remplit notre dossier PAC,
32:20en fait, on remplit un quiz,
32:21coche des cases.
32:23Puis à la fin, on a bon,
32:24on a moyennement bon,
32:25on n'est pas bon du tout.
32:26Et en fonction de ça,
32:27on touche des sous.
32:29Des sous qui viennent compenser
32:31le fait qu'on vend des produits
32:33qui ne sont pas à leur prix.
32:34Donc, bon, voilà.
32:36Donc, cette loi répond en rien,
32:38mais en absolument rien
32:40à ce que demandent les paysans,
32:42c'est-à-dire les paysannes,
32:43pardon,
32:43c'est vivre de leur métier,
32:44tout simplement.
32:45Ça répond en rien à ça.
32:46Pour qui est-ce que cette loi
32:48a été écrite ?
32:48Alors, si elle n'a pas été écrite
32:50pour les paysans et les paysannes,
32:51si elle répond en rien
32:53à vos revendications,
32:54et par ailleurs,
32:55si elle déplaît
32:56à plus de 2 millions
32:57de citoyens et citoyennes,
32:58pour qui elle a été écrite ?
33:00Ben, c'est transparent, non ?
33:03Enfin, voilà,
33:06les cultures industrielles,
33:08les élevages industriels
33:10et ceux qui doivent irriguer,
33:14alors industrielles ou pas,
33:15peut-être pas,
33:16mais voilà,
33:16on répond à une partie,
33:18une petite partie
33:20d'un modèle agricole industriel
33:24qui cherche à sauvegarder.
33:26En fait, j'ai l'impression
33:27qu'on met des...
33:29Ils sont sur un bateau pneumatique,
33:31il y a déjà plein de rustines partout,
33:33et là, on a trouvé une super rustine
33:36qui va tenir encore un an ou deux,
33:37mais un an ou deux,
33:38et après, non.
33:40Et aujourd'hui,
33:40ce que je trouve en fait
33:42assez fabuleux dans cette pétition,
33:44c'est qu'on sort des murs
33:46de l'agriculture
33:47et des paysans et paysannes,
33:49ce sont les citoyens.
33:50Alors, oui, les citoyens,
33:52revendiquent plein de choses.
33:53Bon, après, il faut assumer.
33:55C'est ce que je n'arrête pas
33:55de dire depuis tout à l'heure,
33:57c'est que voter contre,
33:59c'est bien,
34:00mais ça veut dire que
34:01s'il y a plus de pesticides,
34:03ça peut coûter plus cher derrière.
34:05C'est ça, la réponse.
34:06Il faut vraiment avoir ça en tête.
34:08Mais moi, je trouve ça bien
34:09que les citoyens s'emparent du sujet
34:11en disant,
34:12parce qu'on ne le dit pas,
34:13et je le répète encore une fois,
34:15mais la pollution des nappes phréatiques,
34:16c'est catastrophique.
34:17C'est catastrophique.
34:18Donc, je ne sais plus si c'est
34:20l'AESN ou Haute-Paris
34:22qui a fermé 19 puits en 2024
34:24parce qu'ils ne peuvent plus
34:26pomper l'eau,
34:27elle n'est plus.
34:27Il y a trop de nitrates
34:29et de pesticides dedans.
34:30Donc, ce n'est plus possible.
34:32Il faut juste avoir ça en tête.
34:34Vous parlez beaucoup de prix du produit
34:36depuis tout à l'heure
34:37en disant qu'un modèle plus vertueux
34:40forcément fera un petit peu gonfler
34:42le prix du produit.
34:43Est-ce qu'on ne peut pas imaginer
34:45un système où, par exemple,
34:47les marges que s'octroie
34:48la grande distribution
34:49seraient revues à la baisse ?
34:51Est-ce que les Français
34:52sont vraiment incapables aujourd'hui
34:54de s'acheter des produits de qualité
34:55ou est-ce que simplement
34:57la grande distribution
34:59parasite un petit peu
35:00le véritable coût,
35:02ou le véritable prix
35:03d'un produit agricole de qualité ?
35:07Alors, il y a la grande distribution
35:09et il y a l'agro-industrie,
35:11l'industrie agroalimentaire.
35:13En fait, c'est entre le paysan
35:15et la paysanne et le citoyen,
35:17il y a ces deux choses.
35:21Et donc, quand on les écoute,
35:23non, ils ne font pas de marge.
35:25Ils n'en font pas tant que ça.
35:27Le paysan, lui, c'est sûr,
35:28il n'en fait pas du tout.
35:29Lui, il fait des marges négatives.
35:30S'il n'a pas de subvention,
35:31il ne vit pas.
35:33On a entendu combien d'éleveurs
35:34dire, je travaille 80 heures par semaine
35:37et je ne me paye pas un SMIC
35:39ou je ne me paye pas du tout.
35:40Donc ça, c'est juste lunaire pour moi.
35:42Donc voilà.
35:44Après, oui, ce modèle
35:47de la grande distribution
35:49a tué le petit commerce,
35:52a tué...
35:53Mais c'est plus que ça, en fait.
35:54Mais on revient à un modèle de société.
35:56C'est-à-dire que ça a été un super truc
35:58entre les années 70 et 90,
36:01on va dire.
36:02Et du coup, on a vidé les villes
36:05des petits commerces,
36:08du petit magasin d'alimentation
36:10où on pouvait aller faire ses courses.
36:11On n'était pas obligé de prendre sa voiture
36:12pour aller à l'extérieur
36:13pour faire le plein de son caddie.
36:17Oui, ça a tué un modèle social.
36:19Aujourd'hui, il faut revenir en arrière.
36:21Aujourd'hui, à mon sens,
36:24les paysans et les paysannes
36:25devraient se grouper entre eux.
36:26Ils le font pour certains,
36:27dès qu'ils peuvent,
36:28pour faire des productions
36:30qui soient vendues en ville,
36:32dans un magasin
36:33et tirer un revenu
36:35plus conséquent
36:36de ce qu'ils peuvent faire
36:37sur le modèle
36:38qui va être vendu
36:40à l'agro-industrie.
36:41Mais là, vous vous mettez le doigt
36:44sur un modèle de société
36:45qui a été instauré.
36:47Quand vous traversez la France,
36:50dans tous les sens,
36:51dès que vous arrivez
36:52dans une grande ville,
36:53vous commencez par voir quoi
36:54avant le nom de la ville ?
36:56Enfin, toute la grande distribution
36:59et tous ces hangars
37:01de bâtiments
37:02faits pour vendre
37:03des biens de consommation
37:05et de l'alimentation.
37:06C'est ça, le modèle français.
37:08Ailleurs, c'est pas comme ça.
37:10En Europe,
37:11ce que vous décrivez
37:13avec cet exemple,
37:14mais aussi ce que va permettre
37:15la loi du plomb,
37:16ou en tout cas renforcer
37:17la loi du plomb,
37:18c'est un modèle agricole
37:20productiviste, libéral,
37:21très tourné sur l'exportation
37:23et en tout cas assez peu
37:27attentif aux besoins
37:28des paysans et des paysannes.
37:30Pourquoi, selon vous,
37:31ce modèle ne peut pas perdurer ?
37:33Alors là, on va parler
37:34d'un changement,
37:34d'un revirement complètement
37:36de modèle,
37:36ce qui est peut-être...
37:37Enfin, c'est illusoire
37:38de penser que ça va se faire
37:39immédiatement.
37:40Mais en tout cas,
37:40selon vous,
37:42pourquoi ce modèle est acheté ?
37:44Pourquoi est-ce qu'il faudrait
37:45promouvoir peut-être
37:45un modèle plus attentif
37:48aux besoins des paysans
37:49et des paysannes ?
37:50Enfin, qu'est-ce qui est acheté
37:51là-dedans ?
37:52Et pourquoi ?
37:52En fait, aujourd'hui,
37:54on va prendre le blé,
37:57la céréale la plus cultivée
37:59en France.
38:00Le blé, aujourd'hui,
38:03il faut, pour que le paysan
38:05ou la paysanne tire un revenu,
38:07un revenu, juste un revenu,
38:09il faut qu'il produise
38:10le maximum parce que le prix
38:14à la tonne de cette céréale
38:16n'est pas le bon prix.
38:17Donc, il faut qu'il en produise
38:19beaucoup pour arriver
38:21à tirer un revenu.
38:23Et donc, ce modèle
38:24de produire beaucoup,
38:25beaucoup, beaucoup,
38:25mais beaucoup pour quoi ?
38:27Pour vendre à l'export,
38:28on n'en consomme que 15%.
38:29Le blé meunier en France,
38:31on en consomme 15%.
38:32Le reste, ça part à l'export.
38:35Et donc, pour produire beaucoup,
38:37c'est un modèle industriel.
38:39On revient toujours
38:39sur la même chose.
38:40C'est avec de l'azote
38:42et avec des insecticides,
38:44des herbicides
38:45et des fongicides.
38:48On sait qu'aujourd'hui,
38:50c'est fini.
38:50enfin, mes collègues autour,
38:53mes voisins qui sont
38:54dans ce modèle-là,
38:55et encore une fois,
38:56je ne leur jette pas la pierre.
38:57Ils font...
38:57C'est autorisé,
38:59ce n'est pas interdit,
38:59on a le droit de le faire.
39:02Juste, on arrive
39:03au bout du bout.
39:04C'est-à-dire qu'il faut,
39:06chez nous,
39:06il faut quasiment
39:07qu'ils fassent
39:0810 tonnes, hectare
39:10pour arriver
39:10à tirer un revenu
39:12puisque, à côté de ça,
39:14l'azote et tous les pesticides,
39:16eux, ont augmenté aussi.
39:17Donc, c'est un jeu de dupe
39:20à chaque fois.
39:23Voilà.
39:24En fait, c'est tout ce modèle-là
39:26qui est totalement pernicieux
39:28parce qu'en fait,
39:30c'est la course,
39:32c'est la course à produire
39:33toujours, toujours, toujours
39:34pour essayer de tirer un revenu.
39:36Alors que si juste,
39:37on mettait un vrai prix
39:38à toutes ces choses-là,
39:40enfin, un vrai prix
39:41aux denrées alimentaires,
39:42on ne serait pas obligé
39:43de produire, produire, produire.
39:44On pourrait juste produire
39:45pour avoir un revenu
39:46et pas surproduire.
39:48Je ne sais pas
39:49si j'ai répondu
39:49à votre question.
39:50Si, tout à fait,
39:51et même à la suivante.
39:52Je voulais vous demander,
39:54puisque cette loi
39:55ne répond pas
39:56aux besoins
39:56des agriculteurs,
39:57agricultrices
39:58qui, comme vous l'avez rappelé
39:59tout à l'heure,
40:00se sont mobilisés
40:01depuis ces deux dernières années
40:02par des actions dans la rue,
40:04par des mobilisations diverses,
40:06si cette loi
40:07ne répond pas
40:08à ces besoins,
40:09qu'est-ce qu'on fait
40:09pour apaiser la colère,
40:12apaiser les ressentiments
40:14les tensions
40:15et faire que chacun
40:16puisse vivre correctement
40:17de son métier.
40:17Comment on fait
40:18pour véritablement
40:19lever les contraintes
40:20au métier d'agriculteur,
40:21ce que revendique faire
40:22Laurent Duplom ?
40:24Ah, il revendique...
40:25Bon.
40:26Oui.
40:27C'est une découverte.
40:28C'est une petite de sa loi.
40:30OK.
40:31Alors, premièrement,
40:32en tant que citoyen,
40:33ce qu'on peut faire tout de suite,
40:34c'est plutôt essayer
40:34d'acheter un circuit court.
40:37Enfin, je veux dire,
40:38quand on entend les éleveurs,
40:39je reprends ces éleveurs,
40:41les petites fermes
40:43avec un élevage laitier
40:45ou un élevage à viande,
40:46enfin, peu importe l'élevage,
40:47qui ne vivent pas de leur travail,
40:49qui ne sont même pas payés.
40:51Et juste ces gens-là, quoi,
40:53dire, OK,
40:54je n'achète plus en grande distribution,
40:56je me débrouille pour...
40:57Il y a les AMAP,
40:58il y a les EPI,
40:59enfin, il y a tout un tas de choses
41:00aujourd'hui qui sont en place
41:02pour pouvoir acheter
41:03un circuit court
41:03et rémunérer directement
41:06la personne qui va produire.
41:08Peu importe qu'elle soit
41:09en conventionnel ou bio,
41:10le sujet, il n'est pas là.
41:11Le sujet, il est de pouvoir,
41:14en tant que citoyen,
41:15donner son argent
41:16à celui qui va travailler
41:18pour nous nourrir.
41:20Ça, c'est le premier point.
41:21Après, le deuxième point,
41:22j'ai envie de dire,
41:23c'est utiliser son bulletin de vote,
41:25sauf que depuis maintenant 10 ans,
41:28peu importe ce qu'on vote,
41:29on n'est pas écouté.
41:30Donc, c'est un peu l'autre sujet.
41:33Michel Onfray le dit très bien
41:35et il dit, aujourd'hui,
41:38quel que soit le vote,
41:40on n'écoute pas les Français.
41:42Donc, je n'ai pas la solution.
41:43La seule solution aujourd'hui
41:44pour le citoyen,
41:45c'est d'aller,
41:46de trouver sur Internet
41:49les EPI Solidaires,
41:50les AMAP,
41:52bon, la Ruche,
41:53c'est aussi un modèle.
41:55Enfin, trouver ces mots
41:55modèles-là, en ville,
41:56en ville, il y en a,
41:57il y en a beaucoup.
41:58Et là, vous faites vivre
41:59directement le producteur.
42:01Est-ce que du côté du législateur,
42:03on ne pourrait pas,
42:04par exemple,
42:05imposer des prix minimums
42:06sur les productions agricoles
42:08ou alors remanier les aides
42:09de la politique agricole commune,
42:11la PAC,
42:11qui sont peut-être aujourd'hui
42:12un petit peu dysfonctionnelles ?
42:14Oui, le sujet,
42:14c'est que oui, oui, oui.
42:17D'accord.
42:18Non, mais en fait,
42:19les prix minimums,
42:20on en a entendu parler
42:21de mémoire il y a deux ans,
42:23on ne devait pas payer,
42:24enfin, la grande distribution
42:25devait afficher des prix minimums.
42:27Mais bon, en fait,
42:28on entend le discours
42:30des paysans et paysannes,
42:32on l'entend,
42:32c'est toujours le même.
42:33C'est-à-dire que non,
42:34les prix minimums
42:35ne sont pas là.
42:35Et quant à la PAC,
42:38reformuler la PAC,
42:39oui, bien sûr,
42:40mais aujourd'hui,
42:40la PAC,
42:41elle est faite par qui ?
42:43Par Ursula,
42:44la Commission européenne ?
42:46Oui, voilà,
42:46elle est faite
42:47par la Commission européenne
42:48et à la Commission européenne
42:49qui va négocier là-bas ?
42:51Les syndicats majoritaires,
42:53donc la FNSEA,
42:54donc qui n'a pas du tout
42:55envie de changer son modèle,
42:56mais pas du tout, du tout.
42:57Et du coup, voilà.
42:59Et donc, en tournant,
43:02c'est pas très optimiste.
43:04Ah, mais je ne suis pas,
43:05je ne suis clairement pas.
43:06Alors que, bon,
43:08il y a plein de solutions,
43:10mais on n'est pas
43:11avec un gouvernement
43:13qui veut aller vers
43:13ces solutions-là.
43:14En fait, c'est vraiment...
43:16Il a reculé devant celui
43:18qui criait le plus fort.
43:19Et ça, c'est quand même
43:20atterrant.
43:21Enfin, moi, ça me...
43:22Et que ce soit un paysan en plus
43:24qui vote,
43:25qui rédige cette loi,
43:27moi, ça me rend fou.
43:29C'est pas le même métier.
43:30Mais justement,
43:31est-ce que c'est vraiment
43:31un paysan ?
43:32Parce que je vois
43:32que ça agitait aussi
43:33un peu le chat.
43:34C'est quoi la différence
43:34entre un paysan
43:35et un agriculteur ?
43:36Parce que vous vous appelez
43:37la confédération paysanne.
43:39Vous n'êtes pas
43:39la confédération agriculteur.
43:42Est-ce que dans le côté paysan,
43:44il n'y a pas aussi
43:44le côté un peu plus autonome,
43:47un peu plus respectueux,
43:48à la fois de son état de travail,
43:49de l'environnement, etc.
43:50C'est quoi la différence
43:52entre paysan et agriculteur ?
43:53Non, alors, il n'y en a pas.
43:54Clairement, c'est une façon
43:55de se nommer...
43:56Moi, je la trouve
43:57plus respectueuse.
43:58En fait, ce que je ne supporte pas,
44:00c'est le mot
44:01exploitant agricole.
44:03Ça, c'est exploiter la terre.
44:05C'est un truc de fou, quoi.
44:07On n'exploite pas la terre.
44:08La terre, on la cultive,
44:11on lui donne,
44:12elle nous rend,
44:13mais on n'exploite pas.
44:14Donc, on n'est pas
44:15exploitant agricole.
44:17Quand on cherche
44:18dans la définition de ce mot,
44:20c'est un truc de fou.
44:21Donc, moi, je préfère,
44:23quand je vois mes collègues,
44:25je dis salut paysan.
44:26Je ne dis pas
44:27salut agriculteur.
44:28Ça n'a pas de sens pour moi.
44:30Il n'y a pas de différence en soi.
44:32C'est juste que...
44:33Voilà.
44:34À la conf,
44:35on préfère s'appeler comme ça.
44:37Très bien.
44:38Marie, est-ce que tu avais
44:38encore des questions ?
44:39Je crois que j'ai fait le tour
44:40de tout ce que je voulais
44:41vous demander.
44:42Est-ce que, Mnelle,
44:42vous avez un dernier mot
44:43à dire à celles et ceux
44:45qui nous écoutent ?
44:45Alors, on a bien compris
44:46le message.
44:47Maintenant, on sait bien
44:47d'avoir signé la pétition
44:48la temps de fois assumée
44:49en allant racheter
44:51des fois moins cher
44:52les produits
44:52dans les circuits courts,
44:53dans les amables,
44:54dans les magasins de producteurs,
44:55etc.
44:55Est-ce que vous avez
44:56un dernier mot
44:56pour celles et ceux
44:57qui nous regardent ?
44:58Parce que c'est vrai
44:59qu'à la fin de cet entretien,
45:01l'avenir n'est pas très glorieux ?
45:03On est un peu pessimistes ?
45:04Est-ce qu'il n'y aurait
45:04pas un message d'espoir ?
45:05Désolé, mais bon.
45:07Ce n'était pas le but
45:08de ma venue.
45:10Mais vous l'avez bien résumé,
45:11c'est aller acheter
45:12en circuit court
45:12si on peut
45:13et si on en a les moyens.
45:14Mais globalement,
45:15c'est quand même moins cher
45:16en circuit court
45:17qu'en grande distribution.
45:18Et l'autre sujet,
45:20mais là,
45:21je sors de mes prérogatives.
45:24Donc, je vais...
45:25C'est Emmanuel Vendamme,
45:26personnellement,
45:27qui va parler
45:27et pas le représentant
45:28de la con.
45:29C'est...
45:31Continuer d'aller voter.
45:33Même si on n'est pas écouté,
45:34peut-être qu'un jour,
45:35on sera écouté.
45:36Enfin, c'est...
45:37Voilà, si on veut changer
45:38de modèle,
45:38il faut changer
45:39les gens qui sont là, quoi.
45:41Et je ne vois pas
45:43d'autres solutions.
45:44Voilà.
45:45Donc, c'est...
45:46Désolé si j'ai ruiné...
45:47Non, non, il n'y a pas problème.
45:48C'est aussi important,
45:48des fois,
45:49de mettre en lumière tout ça.
45:50Donc, allez voter.
45:51Peut-être aussi syndiquez-vous
45:52si vous êtes agriculteur
45:53et agricultrice.
45:55Allez à la Confédération Paysanne.
45:56Même si c'est vrai
45:57que la FNSE
45:58a une telle emprise,
45:59dans certaines régions.
46:00C'est difficile, des fois,
46:01de se défaire du soutien
46:02et du lobby
46:04qui peut mener.
46:05Mais bon...
46:06Le mot soutien,
46:07c'est rigolo
46:07parce qu'en fait,
46:09on sait qu'il y a des gens
46:10qui sont inscrits
46:12à la FNSEA
46:13pour dire
46:13« Je ne veux pas de souci. »
46:15En fait, il y a une espèce
46:15de terreur
46:16à aller voir ailleurs.
46:17Nous, on l'a vécu
46:18quand on s'est inscrit
46:19à la Conf.
46:21C'est automatique, quoi.
46:23Tout le monde,
46:24on vous regarde de travers.
46:25Les institutions,
46:27les institutions agricoles
46:29ne nous aiment pas.
46:31Mais voilà.
46:32Mais en même temps,
46:33c'est une façon,
46:33effectivement,
46:34de montrer
46:35qu'il y a une autre agriculture.
46:36Et l'intérêt pour nous
46:38d'être dans les institutions
46:39aujourd'hui,
46:40c'est de pouvoir montrer...
46:42Parce que dans les institutions,
46:43il y a les paysans et les paysannes,
46:45mais il y a aussi
46:48les fonctionnaires
46:48qui sont là.
46:50Et quand nous,
46:51on est,
46:51nous,
46:52conf,
46:53on arrive avec
46:54un autre discours,
46:57celui qui n'est pas agriculteur,
46:59qui n'est pas paysan,
47:00qui entend un autre discours,
47:01il y a une autre solution.
47:03Quelque chose d'autre
47:04est possible.
47:05Donc, il n'y a pas
47:05que le discours
47:06de la FNSEA.
47:07Donc, c'est ça,
47:07l'intérêt, quoi.
47:08Peut-être une maigre touche
47:10d'optimisme,
47:10mais nous n'oublions pas
47:11qu'aux dernières élections
47:12aux chambres d'agriculture,
47:14la FNSEA,
47:15qui reste majoritaire,
47:16a quand même perdu
47:17bon nombre de chambres,
47:19certes,
47:19au profit de la coordination
47:21rurale,
47:21mais peut-être que c'est
47:22le signe d'un ras-le-bol
47:23qui commence à se faire émerger
47:25dans le monde agricole.
47:26Oui, oui,
47:27il y a clairement
47:28un changement.
47:29Nous, en Ile-de-France,
47:30on est passé au-dessus
47:31des 10%,
47:32donc on est représentatif,
47:33donc on va
47:34dans les institutions.
47:35Donc, c'est...
47:36Oui, non, mais...
47:37Alors, c'est un enjeu,
47:38parce qu'en face de nous,
47:39on a...
47:40Le premier truc
47:41où je suis allé cette année,
47:42là, au mois de juin,
47:43c'est juste pour vous dire,
47:46j'ai dit,
47:47ben non,
47:47mais j'utilisais le mot
47:49pesticide,
47:50et on m'a repris
47:50en me disant,
47:51mais on n'utilise pas
47:52des pesticides,
47:53nous, on utilise
47:54des produits phytosanitaires.
47:56Et je me suis dit,
47:57waouh,
47:57ça va être compliqué.
47:58Bienvenue.
47:59Oui, oui, c'est ça.
48:00Bon, voilà,
48:01c'est comme ça.
48:01c'est ça,