00:00On voit bien que le gouvernement n'a pas voulu contenter les revendications des paysans
00:03et ils ont simplement contenté en gros une fois l'agroalimentaire, les industriels
00:08et l'encadrement de hors marge, on n'en parle absolument pas.
00:18Certaines filières ont réussi à susciter une belle générosité de la part du gouvernement,
00:22tant mieux pour elles, qu'en est-il de l'agriculture biologique ?
00:2618% en 2027, c'est l'objectif qui a été fixé.
00:30On en est très loin.
00:31Doubler les surfaces en 2030, la planification écologique a fixé cet objectif-là.
00:37Comment est-ce qu'on va y arriver si aujourd'hui, chaque jour qui passe,
00:42on a des fermes qui sortent de l'agriculture biologique,
00:44des fermes qui commencent à remettre des engrais et des pesticides
00:48sur les surfaces qui ont été protégées jusqu'à aujourd'hui ?
00:50On a un soutien fort de l'État, d'un soutien financier, politique, important.
00:55Les agriculteurs qui ont manifesté, on partage beaucoup, en particulier la colère
01:01du fait qu'on n'arrive pas à être rémunérés assez pour notre métier qui est si noble,
01:06mais peut-être qu'ils ne se rendent pas compte toujours de ce qui se joue
01:10dans les négociations avec les ministres et avec le gouvernement.
01:13Ils sont représentés par des agro-industriels qui n'ont absolument pas intérêt
01:17à les défendre vraiment sur le terrain.
01:20Ils ont intérêt à ce que l'agriculture française continue à faire des produits
01:24de basse qualité qui soient concurrentiels à l'international pour pouvoir continuer à exporter.
01:29Il faut absolument, non seulement qu'il y ait des agriculteurs du haut
01:33qui restent, agriculteurs bio, mais c'est aussi, il en faut de plus en plus.
01:37Si la du haut ne se développe pas, on va continuer à polluer les sols,
01:40on va continuer à avoir des problèmes sanitaires et en fait, on ne va pas s'en sortir.
01:45On a besoin de l'agriculture bio pour l'avenir de l'humanité, tout simplement.
01:49On est bio ! Même si l'État nous est pas, nous, on est bio !
01:55C'est un accompagnement qui sera coûteux.
01:57C'est un accompagnement qui aujourd'hui, et les dernières mesures nous le démontrent,
02:01ne peut pas se traduire par des choses aussi erratiques,
02:05avec des changements de pieds quasiment d'un jour sur l'autre,
02:07suivant le dernier qui a soufflé et qui a mis la pression.
02:10Et ça demande du coup une planification.
02:12Et je croyais bien que depuis la première ministre précédente,
02:14on était censé faire de la planification écologique.
02:17C'était peut-être une bonne inspiration du candidat d'Entre-deux-Tours,
02:19qui est notre ex-nouveau président.
02:22Sauf qu'à un moment, on ne peut pas se payer de mots.
02:24Surtout quand du réchauffement climatique, on est passé au dérèglement,
02:28et qu'on n'est pas loin de l'effondrement.
02:30Quand Laurence disait que nos jeunes, y compris issus des milieux agricoles,
02:35sont eux aussi la génération climat.
02:37Voilà, donc aux adultes, aux élus, aux politiques, d'être aussi responsables par rapport à ça,
02:43quelles que soient leurs couleurs politiques, par ailleurs.
02:45On est bio ! Même si l'État nous épargne, on est bio !
02:51Par exemple, moi, je connais très bien au niveau des pommes,
02:53la pomme bio est plus margée,
02:55ils prennent plus de marge sur une pomme bio que sur une pomme conventionnelle.
02:58Et donc, en derrière, on nous explique que c'est parce que le bio n'est plus assez attractif,
03:03que c'est pour ça qu'on vend moins bien.
03:04C'est absolument pas ça, c'est que quand on gagne 1200 euros par mois,
03:07effectivement, on ne peut pas se payer une pomme qu'on retrouve à 3,50 euros ou 4 euros dans
03:10le commerce.
03:11L'an passé, on m'a acheté mes pommes 35 centimes, de la pomme bio.
03:14Quand d'habitude, on est aux alentours de 50.
03:17Et là, on a une grosse déconversion, 35% de déconversion,
03:21parce que les agriculteurs bio ne s'y retrouvent plus.
03:24Ils ont un discours d'écologie, un discours de transition écologique,
03:29mais en fait, c'est uniquement du discours,
03:30parce que dans les actes, on revient sur Ecofito,
03:32c'est 30 ans de retour en arrière sur les zones non traitées,
03:35c'est une aberration.
03:36On devrait aller au contraire vers ça, on devrait être accompagnés,
03:39et en fait, c'est totalement l'inverse.
03:41Ils ont suivi le discours des industriels, de l'agroalimentaire,
03:44et les paysans sont abandonnés.
03:52Si on veut tout simplifier, faire tout ça sur ordinateur,
03:55à ce moment-là, on se retrouve avec un énorme champ de betterave,
03:58où rien ne fonctionne, alors que nous, on multiplie les cultures un petit peu partout,
04:02on fait de la culture très diversifiée,
04:03et on arrive au final à réussir à produire des quantités qui nourrissent des gens.
04:08Et donc, quand on achète un kilo de carottes chez moi,
04:10on tient vraiment un kilo de carottes,
04:12alors que si on l'achète en dehors chez des gens qui font une culture un peu classique,
04:17on va être obligé de mettre beaucoup d'eau pour la faire pousser,
04:19et à ce moment-là, on achète surtout un kilo d'eau.
04:21Le plus dur, c'est de se retenir à utiliser des moyens qui semblent puissants,
04:26et qui en fait sont assez peu efficaces,
04:29alors qu'en travaillant avec la nature,
04:31on arrive finalement à avoir des productions qui sont saines,
04:34et qui sont en volume très intéressants.
04:36Pour la chambre et nos enfants, on protège l'environnement,
04:40on veut juste en vivre dignement.
04:43On est bio !
04:46On est bio !
04:48Mais si l'État nous est pas, nous on est bio !