- il y a 10 heures
Le 16 juin, Donald Trump et son secrétaire d’État Marco Rubio ont quitté précipitamment le sommet du G7 au Canada. Depuis l’Air Force One, le milliardaire a expliqué vouloir une « véritable fin » du programme nucléaire en excluant un cessez-le-feu. L’offensive israélienne, préparée huit mois durant, n’en est donc qu’à ses prémices. Après les cafouillages de communication du premier jour à Washington, Benyamin Netanyahou assure : « Nous visons trois objectifs principaux : l’élimination du programme nucléaire, l’élimination de la capacité de production de missiles balistiques, l’élimination de l’axe du terrorisme. Et bien entendu, nous ferons ce qu’il faut pour atteindre ces objectifs, et nous sommes bien coordonnés avec les États-Unis. » Les termes d’« axe du terrorisme » sont une référence à « l’axe de la résistance », qui désigne l’alliance entre l’Iran, l’ex-Syrie baasiste, le Hezbollah affaibli par la guerre au Liban, les milices pro-iraniennes, le Hamas et les Houthis yéménites. Autant de formations qui entravent les plans de remodelage du Moyen-Orient sous la houlette états-unienne et israélienne.
On en parle avec Vadim Kamenka et Clémentine Eveno.
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NewsTranscription
00:00La déclaration par exemple du chancelier allemand Frédéric Merckx hier qui dit en gros
00:04« Israël fait le sale boulot, on peut les remercier » parce qu'en fait on aurait dû limite y
00:09aller
00:09mais c'est évidemment Israël qui a le courage de le faire parce qu'ils se débarrassent d'un régime
00:13ONI dans toute la région.
00:16C'est assez dérangeant pour des dirigeants qui sont censés respecter le droit international.
00:20Il y a des petits clous de ce G7, c'est Trump qui part en plein milieu de cette réunion
00:28qui avait donc lieu au Canada,
00:30dans les rocheuses, donc dans l'ouest du pays. Il est arrivé le matin pour repartir limite le soir.
00:39Donc voilà, juste après avoir signé ce communiqué final qui tient tous les bouts sans les tenir,
00:47sans qu'on ait quand même le principal agresseur. Et finalement, Trump s'en va et Macron explique
00:54« Oui, c'est parce qu'il doit négocier un cessez-le-feu et il dit « Non, non, moi
00:58je suis parti, c'est pas pour négocier un cessez-le-feu,
01:00c'est pour signer pour un accord. » Donc on voit qu'encore une fois, il y a des passes
01:06d'armes,
01:07mais comme Trump le fait à chaque... En gros, dès qu'on veut parler à sa place, il remet, que
01:12ce soit un président ou n'importe qui,
01:14il le remet en question.
01:15Mais c'est vrai que cette passe d'armes-là, elle était lunaire, quoi.
01:18Oui, elle est lunaire, mais parce que je pense que aussi, ça fait partie du personnage de Donald Trump.
01:23Voilà, il y a eu le même entretien lunaire entre Volodymyr Zelensky et Trump à la Maison-Blanche.
01:32Quand il paraît, il reçoit il y a quelques semaines, le président sud-africain, il y a cette volonté de
01:36se mettre en scène.
01:38Donc il cherche en fait à déstabiliser son homologue.
01:42Et donc ça fait partie de sa stratégie, on va dire, diplomatique à chaque fois.
01:46Il est dans un dialogue bilatéral, dans une négociation.
01:50Donc tout est bon pour lui pour désabiliser son adversaire et pour arriver à ses fins,
01:53et à ce qu'il signe soit un accord commercial, soit un accord sur le nucléaire avec l'Iran,
01:59soit un accord sur l'Ukraine.
02:02Parce que lui, son objectif en fait, à chaque fois, c'est de déstabiliser son adversaire
02:06pour le forcer finalement à rejoindre ses positions.
02:08Oui, et là, concrètement, l'objectif, la finale, vous l'avez beaucoup écrit,
02:16c'est en fait de remodeler complètement le Moyen-Orient.
02:21Et donc, qu'est-ce que, quels sont, enfin, est-ce que c'est, jusqu'où peut aller Trump en
02:28fait ?
02:28Après, c'est la question que tout le monde se pose.
02:32Nous, on essaie de, en partant des faits et en ayant des diplomates ou des chercheurs
02:38ou des journalistes aussi, à plusieurs, à arriver un peu à essayer de comprendre lui sa stratégie, sa logique.
02:45Après, il est capable dans la même journée d'annoncer, par exemple,
02:51150% de barrières douanières avec la Chine et 24 heures après de les suspendre.
02:55Donc, c'est-à-dire qu'on est avec un personnage qui est capable, en 24 heures, de faire des
03:00virages assez impressionnants.
03:02Mais sur...
03:03Oui, et derrière, c'est la vie des gens, en fait.
03:04Oui, exactement. Et c'est ça.
03:07Et ça concerne des pays, des populations et dont il y en a la guerre.
03:11Pour lui, c'est la guerre d'importance.
03:12Mais sur sa stratégie, oui, je pense que ça...
03:16Déjà, il faut se rappeler de son premier mandat.
03:18C'est lui qui est...
03:19Puisqu'il y avait un accord sur le nucléaire iranien qui avait été signé par différentes puissances,
03:24notamment européennes, les États-Unis, la Russie et d'autres.
03:29Et sur cet accord sur le nucléaire, c'est Trump qui a décidé, de manière unilatérale, de sortir de cet
03:35accord.
03:35Parce qu'il estimait que c'était plus acceptable.
03:38Lui, il voulait évoquer, justement, aussi tout l'aspect militaire, finalement, de l'Iran.
03:44Il s'appelait comment, cet accord sur le nucléaire ?
03:46Le JOC. Alors, je connais le JOC.
03:47Pardon, c'est pas pour te piéger.
03:49Non, non, non, mais je crois qu'on l'a mis...
03:51Parce que je connais les abréviations, mais je sais plus exactement.
03:55Non, mais c'est pas grave, t'inquiète, je regarderai.
03:57Mais ça, je pense qu'on peut le retrouver, c'est dans les papiers, à chaque fois on le cite.
04:02Donc, c'est...
04:03En fait, il est volé en éclat cet accord.
04:07Il ne trouve pas de nouvel accord,
04:09dont des négociations qui se poursuivent maintenant depuis presque une dizaine d'années.
04:14Biden, finalement, n'arrivera pas à un nouveau compromis.
04:18Les Européens, d'ailleurs, se sont divisés à nouveau sur cette question,
04:21puisqu'il y avait des gens qui étaient plus sur une ligne dure,
04:23comme la France, par exemple,
04:25qui étaient pour ce que...
04:26En effet, on parle pas que du nucléaire aérien, mais aussi des armes.
04:30Voilà.
04:30Et du rôle un peu régional de l'Iran.
04:33Alors, ça devait être un accord sur le nucléaire
04:34et sur, en gros, son utilisation,
04:36qui doit être essentiellement civile,
04:37sur l'enrichissement, etc.
04:39Et ça permettait aussi de lever un certain nombre de sanctions,
04:41puisque l'Iran est toujours sous sanctions économiques,
04:44de la part, principalement, des États-Unis.
04:47Mais comme les États-Unis ont une mainmise économique,
04:50ils obligent les autres pays à tenir compte de ces sanctions.
04:52Donc, en fait, empêche tout commerce
04:56avec un certain nombre de puissances et d'entreprises étrangères.
04:59Et donc, en échange de ce deal,
05:01toutes ces sanctions pourraient sauter.
05:03Et ça permettrait, puisque le pays est quand même
05:06assez étranglé économiquement et socialement
05:09par ces sanctions,
05:11du coup, on arrive assez peu à se développer,
05:13si ce n'est avec le soutien, par exemple,
05:15de la Chine ou de la Russie,
05:17qui maintiennent des accords économiques
05:20ou des accords militaires,
05:21de permettre d'avoir une rentrée d'argent.
05:25Et c'est ça, ce manque de ressources
05:26qui aujourd'hui pèse aussi sur le pays.
05:30Le chat, si vous avez des questions à Vadim,
05:33n'hésitez pas, il est là pour ça.
05:37Et franchement, quand on l'écoute,
05:38tout paraît tout de suite très limpide.
05:41Alors que de base, je me suis dit,
05:42mais comment je vais faire ?
05:44Vraiment, il y a trop d'éléments.
05:45Donc, vraiment, n'hésitez pas.
05:47Et donc, voilà, mais je vois que tu le as.
05:48C'est ça.
05:49Ils se sont retirés, on le signalait en 2018,
05:52de l'accord de Vienne sur le nucléaire iranien,
05:54qui était signé entre, du coup, Teheran,
05:56donc l'Iran, la Chine, les États-Unis,
05:59la France, le Royaume-Uni, la Russie, l'Allemagne
06:01et l'Union européenne.
06:02Je voulais surligner pour le chat, si vous voulez.
06:06Et du coup, depuis 2018,
06:08les négociations se poursuivent.
06:10Et là, du coup, avant ces frappes,
06:13en fait, depuis un peu plus d'un mois maintenant,
06:16il y a des négociations qui ont repris
06:18entre les États-Unis et l'Iran.
06:20On était au troisième round de négociations.
06:24Et en gros, à la veille d'un nouveau round de discussion,
06:28c'est là qu'Israël a décidé de frapper.
06:31Parce que, d'après différentes sources,
06:34on était...
06:34En tout cas, les positions se rapprochaient
06:36de plus en plus.
06:37Il y aurait pu y avoir un accord.
06:39Et ça, par exemple, c'était pas entendable
06:40pour Israël, puisqu'ils ne souhaitaient pas
06:43un rapprochement et un accord
06:44entre l'Iran et les États-Unis.
06:47Ok.
06:49D'accord.
06:51Le chat, toujours pas de questions ?
06:53Mais après, oui, sur l'aspect régional,
06:54puisque tu en parlais,
06:56sur la volonté de remodeler toute la région.
07:00Il y a un très bon papier de Bruno,
07:01je crois, ce matin, Bruno Odin,
07:03sur, en gros, quelque chose qui remonte
07:05à l'invasion de l'Irak,
07:07aux néoconservateurs, etc.
07:09Mais là, on voit qu'ils ont sciemment...
07:13Enfin, sciemment...
07:14En gros, l'Iran s'est affaibli aussi
07:16au niveau régional,
07:17puisqu'il y a un certain nombre de ces...
07:18Ce qu'on appelle des proxys
07:19ou des soutiens,
07:21ou des mouvements, on va dire,
07:23proches de l'Iran.
07:25Comme le Liban, le Hezbollah,
07:27qui a subi une défaite flagrante
07:32depuis un an et depuis les frappes israéliennes.
07:36Toute une partie de son...
07:37Pareil, ses dirigeants ont été tués.
07:40Pareil avec le Hamas à Gaza.
07:43Pareil, finalement, avec la Syrie,
07:44puisque la Syrie est toute une partie
07:47de la garde sécuritaire
07:48et des alliés de Bachar el-Assad
07:52étaient le régime iranien.
07:54Donc, on voit que, comme ça,
07:55petit à petit, dans la région,
07:58un certain nombre des alliés de ce régime
08:01ont été évincés.
08:03Donc, forcément, ça l'isole.
08:05Et ils se sont dit, maintenant,
08:05le dernier gros poids dans la région
08:07qui apparaît comme ennemi,
08:09c'est l'Iran.
08:10D'accord.
08:11OK.
08:13Très bien.
08:14Je te propose qu'on passe au troisième point.
08:19Donc, le troisième point,
08:20c'est tout l'enjeu qu'il y a autour du nucléaire.
08:26Donc, à la fois le fait que ce soit un prétexte
08:32est à la fois cette espèce de tabou
08:35autour du nucléaire israélien
08:39dont on parle très peu,
08:40donc avec encore des papiers
08:43que vous avez fait.
08:45Déjà, justement,
08:47sur cette question de prétexte,
08:49vous avez pas mal noté ces derniers jours
08:52ce parallèle avec 2003.
08:56Oui, tout à fait.
08:59En fait, sur le manque de preuves
09:01ou sur le mépris des preuves réelles
09:03qu'on a, par exemple,
09:05sur le nucléaire iranien,
09:07puisque la question,
09:09en tout cas,
09:09la justification de l'intervention d'Israël,
09:11c'est en fait que l'Iran
09:13allait ou va se doter d'une bombe nucléaire,
09:17donc un arsenal militaire.
09:20Chose qu'en fait, aujourd'hui,
09:21et encore hier,
09:22les services de renseignement américains,
09:24notamment la CIA,
09:25ont rappelé qu'ils n'avaient aucune preuve de ça.
09:27Pareil sur l'AEA qui dit qu'en gros,
09:28ils pourraient atteindre 60%
09:30d'enrichissement de l'uranium.
09:31Il en faudrait au moins 80%
09:33et en plus des installations spécifiques militaires
09:35pour pouvoir arriver à une arme nucléaire.
09:38Donc, on voit qu'en fait,
09:40comme en 2003, finalement,
09:42sans preuve,
09:42on justifie une intervention,
09:44puisqu'en 2003,
09:45c'était les fameuses armes
09:46de destruction massive de Saddam Hussein.
09:49Et du coup,
09:50on se sert de ce prétexte
09:51pour intervenir,
09:52encore une fois,
09:53militairement dans un pays
09:55qui est contraire, de toute façon,
09:56au droit international.
09:57Sauf que la différence avec 2003,
09:59c'est que là,
10:01les puissances occidentales
10:04abondent quand même.
10:05Elles disent quand même
10:05qu'il y a un droit à se défendre
10:08et elles ne sont pas là
10:10en train de montrer
10:12que c'est quand même
10:14un mensonge,
10:15un prétexte.
10:16On est d'accord ?
10:17En fait,
10:17c'est peut-être ça
10:18un peu la grande différence,
10:19même si en 2003,
10:20il y a quand même pas mal de pays
10:20finalement qui avaient suivi
10:23George W. Bush.
10:24Un, parce qu'on était après
10:25le 11 septembre,
10:27donc forcément,
10:28il y avait une volonté aussi
10:29de soutenir les Etats-Unis.
10:31Et finalement,
10:32il y avait, oui,
10:33quelques pays européens,
10:34donc la France,
10:34pour une fois,
10:35qui s'était assez,
10:38remarquablement dévoilée.
10:40la France,
10:45la Russie
10:46et le troisième,
10:47je le redoute.
10:53Mais du coup,
10:55c'est vrai que la différence,
10:57c'est que,
10:58encore une fois,
10:59en Europe,
11:00ça avait énormément débattu.
11:01Il y avait eu énormément
11:02de mobilisation dans la rue
11:04pour dénoncer cette intervention.
11:06Il y avait eu des grandes mobilisations
11:07à Londres, à Paris,
11:10à Berlin,
11:11je crois en Espagne aussi.
11:12Enfin, en tout cas,
11:12ça avait créé pas mal de remous.
11:15Et aujourd'hui,
11:16on voit que finalement,
11:18près de,
11:19ouais,
11:20plus d'un temps plus tard,
11:23finalement,
11:23ce concept de guerre préventive
11:25a fait son chemin
11:26et a des relais clairs
11:28alors que c'est totalement illégal
11:30dans le droit international.
11:32On n'a pas le droit
11:34de mener une guerre préventive.
11:36Ça n'existe pas.
11:37On peut se défendre,
11:39en effet.
11:39Et encore même là,
11:40c'est assez...
11:41Il faut revoir la Charte de l'ONU
11:43ou les conventions de Genève.
11:46Ce n'est pas aussi simple.
11:48Le droit à la défense,
11:48c'est pas juste si quelqu'un...
11:51Il faut avoir un certain nombre
11:53de cadres pour justifier
11:54ce droit à se défendre.
11:56Donc...
11:56Et encore une fois,
11:57cette voie-là,
11:58le fait de rappeler,
12:00attention,
12:00il y a le droit international.
12:02En fait,
12:03une guerre préventive
12:04n'existe pas.
12:05c'est un discours,
12:08un narratif
12:08qui est tellement inaudible
12:10dans l'opinion publique
12:13et dans les médias.
12:14Enfin, c'est...
12:15Oui, c'est pour ça.
12:16Mais après,
12:16peut-être que petit à petit,
12:19voilà,
12:20les semaines allant
12:21et qu'on va se rendre compte,
12:23ça permettra aussi
12:23à des chercheurs
12:24de parler,
12:25à des services de renseignement,
12:26de révéler
12:27un certain nombre de documents.
12:29Et puis,
12:30et puis,
12:31aux gens aussi,
12:32puisque forcément,
12:33si les premiers jours
12:34et les premières heures,
12:35il n'y a personne
12:35qui leur dit en fait,
12:36c'est quoi le terme
12:37de guerre préventive ?
12:38C'est quoi finalement ?
12:39C'est qu'est-ce qui nous autorise
12:40aujourd'hui
12:40dans les règles internationales ?
12:42Est-ce qu'on a le droit
12:42en effet d'aller mener
12:43des frappes
12:44dans un pays voisin ?
12:48Si on n'était pas
12:49un esprit critique
12:50et on ne se perd pas le débat
12:52justement
12:52et de se poser
12:52les bonnes questions,
12:54forcément,
12:54forcément,
12:55les gens vont peut-être
12:56les premiers jours
12:56à aller accepter
13:00le discours
13:00qu'on leur tend.
13:01Mais parce que
13:02le premier des discours
13:03et je trouve
13:04qu'il y a assez
13:05des opinions,
13:06finalement,
13:06c'est des dirigeants en fait.
13:08Parce que je ne suis pas sûr
13:09que dans l'opinion,
13:10il faudrait faire des sondages,
13:11mais est-ce qu'aujourd'hui,
13:12tout le monde soutient
13:13une intervention
13:15contre l'Iran
13:16avec l'impact
13:17que ça va avoir
13:17dans les années qui viennent ?
13:19Je ne suis pas sûr
13:19que ça soit une majorité.
13:21Le plus grand danger,
13:23finalement,
13:23il est venu des dirigeants
13:24qui quand même
13:25sont censés représenter
13:26et respecter
13:27les règles internationales
13:28qui, en fait,
13:29décident du jour au lendemain
13:30de ne plus les respecter.
13:32Et du coup,
13:33quels vont être leurs rôles
13:34dans les années qui viennent
13:35quand finalement,
13:35d'autres États
13:36vont faire la même chose ?
13:38Il y en a un, par exemple,
13:39qui mène exactement
13:40ce type de guerre
13:41en Ukraine
13:41qui pourrait très bien dire
13:42que finalement,
13:43mon invasion
13:45depuis 2022,
13:46c'est un droit
13:47à se défendre
13:47puisque finalement,
13:48l'OTAN me menace.
13:49Donc,
13:50j'ai le droit
13:50de me défendre
13:51puisque son élargissement
13:52est sans cesse
13:53à mes frontières.
13:54Dans ces cas-là,
13:54l'Ukraine allait avoir
13:55des bases de l'OTAN
13:56ou des bases américaines.
13:57Pareil peut-être
13:58en Georgie,
13:58pareil peut-être
13:59en Moulin-la-Vie.
14:00Donc,
14:00j'ai le droit
14:00de me défendre
14:01comme fait Israël
14:02vu qu'on légitimise tout.
14:04Ce discours-là
14:04peut être repris
14:05par bien d'autres régimes
14:07et bien d'autres autorités.
14:08Et comment après,
14:09on va leur empêcher
14:10et leur dire
14:10en fait,
14:11non,
14:11toi,
14:11tu as le droit
14:11ou toi,
14:11tu n'as pas le droit.
14:12Encore une fois,
14:13la question du double standard,
14:14soit chacun respecte
14:15les règles internationales,
14:16soit personne ne les respecte.
14:17Mais là,
14:24les Nations Unies,
14:24la Charte des Nations Unies,
14:26les règles internationales
14:27qui en ressortent maintenant
14:28depuis 80 ans.
14:30Et systématiquement,
14:31à chaque nouveau conflit,
14:32ça attaque intervention
14:33par la force en fait.
14:34C'est aujourd'hui la force
14:35qui s'en sort,
14:36qui s'en sort encore une fois
14:37renforcée,
14:38si je peux dire.
14:38Mais c'est ça
14:40qui est le plus dangereux en fait.
14:41Oui,
14:41puis c'est un discours,
14:43je pense,
14:43qui à force d'être
14:45rabâché,
14:45rabâché,
14:46bon,
14:47c'est la propagande.
14:48Voilà,
14:48ça fonctionne.
14:50Et c'est vrai
14:50que les termes
14:51comme le droit à se défendre,
14:52le droit à se défendre,
14:54quand les plus grandes puissances
14:56ne vont pas dire
14:57bon,
14:58attention,
14:59ça n'existe pas,
15:00etc.
15:01En fait,
15:01au fur et à mesure,
15:03je pense que c'est vraiment
15:03quelque chose
15:04qui peut être très dangereux,
15:05enfin,
15:06qui l'est,
15:06et on le voit.
15:08Donc,
15:08moi,
15:08ce qui est plus dérangeant,
15:09comme tu me soulignes,
15:10c'est peut-être
15:10le discours des dirigeants
15:12qui aujourd'hui,
15:13c'est tel quel,
15:14exactement les mêmes arguments
15:16presque en 2003
15:17pour l'invasion de l'Irak.
15:19Et c'est plus
15:19cette métamorphose-là,
15:21notamment,
15:22à la main du président français
15:23Emmanuel Macron,
15:23qui,
15:24je veux dire,
15:24le soir,
15:25alors qu'il devait annoncer
15:26en plus la reconnaissance
15:27de l'État de Palestine
15:28à l'ONU
15:29la semaine suivante,
15:31finalement,
15:33sous le prétexte
15:34d'avoir cet affrontement,
15:36reporte cette reconnaissance
15:38à l'ONU
15:39à plus tard,
15:40et dans le même temps,
15:42reconnaît le droit d'Israël
15:43à se défendre
15:43et cette intervention,
15:45parce que,
15:45en gros,
15:46l'Iran est une menace
15:47existentielle
15:48pour Israël
15:49et pour la région.
15:52Donc c'est ça
15:52qui est dérangeant
15:53dans les politiques.
15:54Et en plus,
15:54il y a eu pire.
15:56Je vous conseille,
15:57on n'a pas pu le mettre
15:58ici parce qu'on manque
15:59aussi de place,
16:00mais les déclarations,
16:01par exemple,
16:01du chancelier allemand
16:03Frédéric Merz,
16:04hier,
16:04qui dit,
16:05en gros,
16:06Israël fait le sale boulot,
16:07on peut les remercier,
16:08parce qu'en fait,
16:08on aurait dû,
16:09limite, y aller,
16:10mais c'est évidemment
16:11Israël qui a le courage
16:11de le faire,
16:12parce qu'ils se débarassent
16:13d'un régime
16:14au Nid dans toute la région.
16:16C'est assez dérangeant
16:18pour des dirigeants
16:18qui sont censés
16:20respecter le droit international.
16:21Ça veut dire
16:22que ça ouvre une possibilité.
16:23La Chine,
16:24pourquoi est-ce que
16:24dans ce cas-là,
16:25elle se dit,
16:25je peux envahir Taïwan,
16:26finalement,
16:27je ne serais qu'un problème
16:27aussi de sécurité
16:28ou je vais aller intervenir
16:31dans tel endroit
16:32puisque, finalement,
16:33tel pouvoir me menace.
16:35Je veux dire,
16:35ça rebat totalement
16:37les règles internationales.
16:39C'est très inquiétant.
16:39Oui.
16:41Alors,
16:41il y a une question.
16:43Si tu n'as pas la réponse,
16:44tu as le droit
16:44de ne pas avoir la réponse.
16:46Est-ce que c'est vraiment
16:47la France,
16:48entre guillemets,
16:49avec le cas d'Orsay,
16:50par exemple,
16:51qui se rallie,
16:53pardon,
16:53je n'ai pas mes lunettes,
16:54à cette idée
16:55de guerre préventive
16:56ou c'est juste
16:56notre chef d'État,
16:57merci,
16:58question de Turbo,
16:59Dark, Sneil.
16:59C'est une très bonne question
17:00parce que,
17:02alors,
17:02c'est sûr que c'est
17:03le chef d'État.
17:05Avec le cas d'Orsay,
17:06on sait qu'il y a des tensions
17:07de plus en plus
17:07sur la diplomatie étrangère française.
17:10On sait qu'ils ne sont pas souvent
17:13d'accord.
17:14En tout cas,
17:14il y a souvent des désaccords,
17:15on va dire,
17:16sur un certain nombre
17:17de dossiers.
17:18On sait que l'Élysée,
17:20en fait,
17:21gère un peu seule
17:22cette question-là.
17:23Ça fait,
17:23voilà,
17:24ça fait
17:24l'apanage du président.
17:26Avant,
17:26ça a toujours été le cas,
17:27quand même,
17:27ça fait partie
17:27de la diplomatie française
17:28et souvent représentée
17:29par son président.
17:30Mais il y avait quand même
17:31le quai d'Orsay
17:31qui faisait son travail
17:32en appui avec
17:32tous les ambassadeurs
17:34qu'on pouvait avoir
17:36au niveau international.
17:38Aujourd'hui,
17:39ce dialogue-là,
17:40en tout cas,
17:41fonctionne moins.
17:42On le sait.
17:43C'est vraiment
17:43une petite équipe
17:44autour du président,
17:45avec le président,
17:46qui prend un certain
17:47nombre de décisions.
17:49Ils ont toujours
17:50forcément des rapports
17:51et des entretiens
17:52avec le quai d'Orsay,
17:53mais on sent
17:53qu'il y a des vraies
17:57oppositions
17:57sur un certain nombre
17:58de dossiers.
17:59Et après,
18:00aussi,
18:01ça fait partie,
18:02c'était déjà
18:03sous Sarkozy,
18:04d'une manière
18:06de fonctionner
18:06et d'une restriction
18:08aussi des moyens
18:09qui sont donnés
18:10au quai d'Orsay
18:11et aux ambassadeurs,
18:12puisqu'on a réduit
18:13à chaque fois
18:13le nombre
18:13des ambassadeurs
18:14et aussi
18:15des fonctionnaires
18:16du quai d'Orsay,
18:16ce qui fait que ça affaiblit
18:18aussi notre diplomatie
18:19internationale.
18:20Donc,
18:21tout ça mis à bout
18:22fait que forcément,
18:23l'Elysée n'écoute
18:25plus trop
18:26cette ressource-là
18:28qui est importante
18:29puisque c'est des gens
18:30qui travaillent
18:31et qui font remonter
18:31des choses du terrain
18:32et qui peuvent prévenir
18:34d'un certain nombre
18:34de risques
18:35en tenant ce type
18:37de déclaration
18:37parce que
18:38d'autres régimes
18:40pourront exactement
18:40tenir les mêmes propos
18:43et ça,
18:43c'est extrêmement dangereux.