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  • il y a 10 heures
Donald Trump dit « ne pas exclure » l'envoi de troupes au Venezuela; défaite pour Trump, les Équatoriens disent « non » à une refonte de la Constitution et au retour des bases militaires états-uniennes et Javier Milei consolide son pouvoir grâce aux milliards promis par Trump. Décryptage des relations entre l'Amérique latine et Donald Trump avec Luis Reygada et Théo Bourrieau.

0:00 Introduction
6:54 L'argentine de Javier Milei
14:54 L'intervention militaire de Trump au Venezuela
21:22 Les Équatoriens disent « non » à une refonte de la Constitution

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Transcription
00:00Donc on va parler de l'Argentine, de l'Équateur, du Venezuela et de plein d'autres pays d'Amérique
00:03latine.
00:04Puisqu'il s'y passe beaucoup de choses, on va s'arrêter sur ces différents pays,
00:07mais surtout le point commun de tous ces pays, c'est l'ombre de Donald Trump.
00:12Alors tout à l'heure je faisais ça, c'est pas Donald Trump qui tire les ficelles,
00:14mais quand même on peut noter des ingérences très marquées,
00:19de nature très différente suivant les pays et suivant les pouvoirs qui sont en place dans ces différents pays.
00:24Donc on va partir un petit peu du contexte global et ensuite on va aller s'arrêter sur les différents
00:29pays.
00:30Je vais vous montrer quand même la une que l'humanité a produite il y a trois semaines, un mois,
00:35je ne sais plus.
00:37Trump allait à l'assaut de l'Amérique latine, donc dans ce journal il y avait aussi une analyse que
00:44tu as écrite sur les différents pays.
00:46Et on pouvait lire...
00:47Oui, sur comment ça prenait forme dans les différents pays latin-américains.
00:51Et il me semble que c'est bien dans cette analyse que tu parlais de l'arrière-cours,
00:56que Donald Trump essaye de construire l'Amérique latine comme l'arrière-cours des États-Unis.
01:00Donc première question, qu'est-ce que ça veut dire l'arrière-cours ?
01:03Deuxième question, on voit beaucoup le retour d'une notion politique assez importante,
01:08la doctrine Monroe qui a l'air de prendre beaucoup de sens en ce moment.
01:12Donc deuxième question, qu'est-ce que c'est que cette doctrine Monroe ?
01:15Donc première question, c'est quoi l'arrière-cours ?
01:17Deuxième question, doctrine Monroe, même si finalement les deux sont évidemment un peu liés.
01:20Les deux sont très liés totalement. L'arrière-cours, c'est un terme géopolitique.
01:23C'est comme ça que les États-Unis voient l'Amérique latine,
01:26ce qui est totalement vrai géographiquement, j'ai envie de dire,
01:31mais ce qui est très péjoratif ou perçu comme ça par les latino-américains.
01:36C'est vrai que ça fait un peu placard.
01:39Et ça rejoint donc la doctrine Monroe.
01:41La doctrine Monroe, c'est une doctrine qui se construit en deux étapes.
01:44Au début du 19e siècle, avec le président James Monroe qui dit,
01:48c'est l'époque du début des indépendances des pays latino-américains.
01:53Donc indépendance vis-à-vis de l'Espagne, vis-à-vis du Portugal.
01:56Mais les empires européens continuaient de venir s'en prendre à ces nations naissantes.
02:04Et donc les États-Unis, qui sont aussi en pleine naissance, j'ai envie de dire, à cette époque,
02:08en plein développement, en plein essor, disent, bon ça suffit maintenant.
02:13L'Amérique, c'est pour les Américains.
02:17Donc c'est une doctrine protectrice.
02:19Une protectrice qui dit non à l'ingérence européenne.
02:23Sauf que cette doctrine évolue.
02:27Et 100 ans plus tard, avec le président Wilson,
02:30cette doctrine, alors on a ce qu'on appelle le corollaire à la doctrine Monroe.
02:35Donc c'est un rajout.
02:36Et là, ça ne devient non plus l'Amérique pour les Américains,
02:41dit de façon continentale, mais ça devient l'Amérique pour les États-Unis.
02:45L'Amérique des États-Unis.
02:46Voilà, l'Amérique pour les États-Unis.
02:48C'est aussi pour ça, je fais une petite aparté.
02:50Vous lirez souvent dans l'humanité, le terme « états-unien » au lieu du terme « américain ».
02:56Alors ça peut choquer à l'oreille, à la lecture, quand on n'est pas habitué,
03:00mais ce n'est pas juste parce qu'on ne veut pas faire comme les autres.
03:02Ça a un vrai sens politique, qui est un peu lié à ça aussi.
03:07Totalement. On essaye d'éviter le terme « américain ».
03:10Même si dans un article de 10 000 signes, au bout d'un moment,
03:14quand on a beaucoup dit « États-Unis », « Washington »,
03:16on termine par dire « les Américains ».
03:18On ne nous en voulait pas.
03:20On essaye d'utiliser surtout le terme « états-unien ».
03:24Donc voilà, cette doctrine Monroe qui devient l'Amérique pour les États-Unis.
03:29Et où les États-Unis, les Américains, les Nord-Américains...
03:33On a le droit. Maintenant qu'on a expliqué pourquoi, on a le droit, on a le droit.
03:36Se donnent ce droit de gendarme.
03:40Avant d'être les gendarmes du monde, ils se veulent les gendarmes de leur précaré,
03:44donc du sous-continent, donc de l'Amérique latine.
03:46Et la doctrine Monroe, c'est ça.
03:48Alors, tu as totalement raison de poser la question.
03:51Est-ce qu'on peut parler de retour de la doctrine Monroe ?
03:54Alors, du point de vue occidental, oui, on peut parler d'un retour de la doctrine Monroe,
03:59parce qu'avec Trump, c'est clair et net.
04:02On est habitué avec...
04:03Trump, il n'est pas dans la subtilité, on le sait très bien, donc il dit ce qu'il pense.
04:07Et d'une façon, c'est positif, parce qu'il ne cache pas les velléités de l'Empire nord-américain.
04:15Il est transparent et ça montre la vraie nature des États-Unis.
04:19Donc, du point de vue occidental, on découvre que vraiment, Trump s'en prend et est très agressif avec l
04:25'Amérique latine.
04:26Donc, on peut parler d'un retour de cette doctrine, d'un retour en force.
04:29Mais si on demande aux latino-américains, pour eux, la doctrine Monroe, elle n'a jamais disparu, en fait.
04:35Même que ce soit sous le prédécesseur de Trump, Biden, ou sous Obama, qui était le roi, le maître du
04:44soft power,
04:45le soft power, ce n'est pas qu'on change notre nature, c'est juste qu'on fait les choses
04:50différemment, plus discrètement.
04:53Ça se voyait avec Cuba, quand il a rétabli les relations diplomatiques, il a juste dit, en fait,
04:56bon, maintenant, on va le même objectif, mais par d'autres moyens.
05:00C'est ça, le soft power.
05:01Mais le soft power ne représente pas un virement dans la politique.
05:05Donc, les États-Unis ont toujours été impérialistes, en tout cas, avec le sous-continent, avec la région latino-américaine.
05:11Donc, du point de vue latino-américain, cette doctrine Monroe a toujours été présente.
05:16Tu viens de dire latino-américain, ça me permet de faire un deuxième point vocabulaire.
05:19Dans le chat, on nous demande pourquoi utiliser le terme Amérique latine plutôt qu'Amérique du Sud ?
05:23Alors, ça, très bonne question.
05:25Et c'est une grosse erreur que font beaucoup de gens.
05:31On ne dit pas Amérique du Sud, en fait.
05:33Il y a le concept géopolitique et il y a le concept géographique.
05:39Quand on dit Amérique du Sud, on parle de géographie.
05:41C'est ce qui est à partir du Panama jusqu'au Sud.
05:46Ensuite, il y a l'Amérique centrale et ensuite l'Amérique du Nord.
05:49L'Amérique du Nord, c'est le Mexique, les États-Unis et le Canada.
05:52Le Mexique fait partie de l'Amérique du Nord.
05:54Or, le Mexique fait aussi partie de l'Amérique latine.
05:57Géopolitiquement, c'est plus Amérique latine que l'Amérique du Nord.
06:00Géopolitiquement, culturellement, l'Amérique latine, ça n'a rien à voir avec l'Amérique du Sud.
06:05Parce que dans l'Amérique latine, il y a l'Amérique du Sud, l'Amérique centrale plus le Mexique.
06:10Donc voilà, beaucoup de gens pour dire Amérique latine disent Amérique du Sud.
06:15Mais c'est pas la même chose.
06:17C'est pas le bon terme.
06:18Le Mexique ne fait pas partie de l'Amérique du Sud, il fait partie de l'Amérique du Nord.
06:22Mais le Mexique ou le Panama ou l'Henduras font partie de l'Amérique latine.
06:26Donc il faut dire Amérique latine.
06:29Comme ça, à vos repas de Noël, vous pourrez expliquer pourquoi on utilise l'Amérique latine et pas l'Amérique
06:33du Sud.
06:33Et voilà, on aura appris des choses très précises.
06:36Mais non, mais comme quoi le vocabulaire a aussi un sens politique très fort.
06:41On a parlé, donc tu nous as réexpliqué ce que c'était que la doctrine Monroe et comment elle prenait
06:47forme et comment elle commençait à prendre forme aujourd'hui.
06:49Je te propose qu'on s'arrête sur quelques pays, quelques exemples très concrets.
06:54Comment Javier Mileï a consolidé son pouvoir en Argentine grâce aux milliards de Donald Trump, je crois.
06:59C'était le titre du papier que tu as écrit il y a trois semaines maintenant, après le résultat des
07:04élections législatives en Argentine.
07:08Je rappelle, il y a trois semaines, Javier Mileï s'est imposé aux législatives de mi-mandat face à la
07:12gauche avec 40,7% des voix.
07:15Louise, quelles sont les conséquences de cette victoire du président d'extrême droite ultra-libérale pour la vie politique argentine
07:20?
07:20Donc première question, c'est quoi les conséquences sur le pays ?
07:22Et deuxième question, surtout ce qui nous intéresse, c'était quoi le rôle des États-Unis de Donald Trump là
07:26-dedans ?
07:27Alors ces élections, ça représentait un très gros revers pour la gauche.
07:29Tout le monde s'attendait à ce que Javier Mileï soit puni après deux ans de politique, entre guillemets, libertaire,
07:38mais néolibérale.
07:41On s'attendait vraiment à ce que la gauche, à ce que les gens punissent, entre guillemets, son gouvernement.
07:48Mais voilà, l'Argentine, c'est un pays dans lequel l'ingérence, justement, des États-Unis a pris la forme
07:54de la pression ou du chantage à l'aide économique.
07:56On sait que l'Argentine est empêtrée dans une crise économique terrible depuis plusieurs années.
08:04Mileï n'arrive pas, malgré son programme, à redresser la situation parce qu'elle est vraiment très, très compliquée.
08:12Endettement, inflation.
08:14Et il est allé voir, il est allé toquer à la porte de Washington.
08:18Et là, on a vu un soutien phénoménal de la part de Trump parce qu'évidemment, il y a une
08:24connivence idéologique entre les deux.
08:27Par rapport à l'extrême droite.
08:29Et donc, Trump a sorti le chéquier.
08:32Je crois que c'était le titre de l'article qu'on avait fait.
08:3640 milliards débloqués par le FMI, la Banque Interrégionale de Développement.
08:42Donc, ils sont des organismes dans lesquels les États-Unis ont leur mot à dire.
08:47On peut dire que c'est eux qui dominent ces organismes.
08:50Donc, gros soutien du FMI, gros soutien de la Banque Interrégionale de Développement pour Mileï et encore 40 milliards de
09:01dollars promis par Trump seulement s'il remportait les élections.
09:05Donc, à la veille des élections, les Vénézuéliens, pardon, les Argentins se sont retrouvés avec un couteau sous la gorge
09:13ou plutôt la menace.
09:14C'était plutôt un pistolet sur la tente, en fait, qui leur disait écoutez, si ce n'est pas Javier
09:18Mileï qui remporte ces élections législatives,
09:21On oublie cette aide de 40 milliards.
09:23Vous n'aurez pas cette aide de 40 milliards.
09:25Ça veut dire que des Argentins qui ne soutiennent pas forcément la politique et l'idéologie de Ravier Mileï se
09:31sont dit,
09:31tant pis, je vote pour lui parce que ces 40 milliards, ça va peut-être aider à améliorer le pouvoir
09:37d'achat, etc.
09:38Voilà, alors peut-être pas les gens de gauche qui sont informés et qui savent que ces aides sont des
09:42fausses aides,
09:42parce qu'on reçoit de l'argent d'un côté et de l'autre, il faut privatiser, il faut vendre
09:46à la découpe son pays.
09:49Donc sûrement pas ceux de gauche, mais les gens indécis, les gens de centre ou les gens dégoûtés par la
09:53politique.
09:54Mais tout en sachant aussi que certes, il a remporté ses élections législatives,
09:58mais il a reçu moins de soutien, moins de vote que lors de son élection.
10:02Donc il y a eu beaucoup d'abstention aussi.
10:04Et c'est une victoire, mais qui ne représente pas une adhésion à son programme.
10:09C'est plutôt cette menace qui a joué en la faveur de cette victoire, on peut dire.
10:15Tu nous rappelles peut-être les échéances, donc là c'était les élections de mi-mandat.
10:20Donc c'est un peu comme aux Etats-Unis, en fait, au bout de la moitié d'un mandat du
10:23président,
10:24on convoque de nouveau des élections pour élire le Parlement.
10:26Voilà, c'était des élections législatives.
10:29Et donc les prochaines, ça aura lieu quand ?
10:32Et les prochaines présidentielles, ça aura lieu quand ?
10:33Dans deux ans, si je ne me trompe pas.
10:36Et donc ça libère l'Ebay, ou plutôt ça lui donne la possibilité de mener à bien son programme,
10:44qui est complètement néfaste, pour la suite.
10:47Donc c'est très grave pour l'Argentine, qui va intensifier les privatisations déjà lancées par Milley.
10:54Parce que son programme, c'est ça. Son programme, c'est de tout vendre, tout privatiser.
10:57Vous vous rappelez de la tronçonneuse, il a fait toute une campagne de com'.
11:01Exactement. Et ça, ça intéresse beaucoup les Etats-Unis, qui n'aident pas ce pays gratuitement.
11:06Parce que, pour revenir un petit peu sur la doctrine Monroe,
11:10si les Etats-Unis s'intéressent à l'Amérique latine,
11:14c'est parce que l'Amérique latine est extrêmement riche en ressources naturelles.
11:18Évidemment, le fond du problème, le fond de l'histoire, c'est ça.
11:22C'est les ressources dont regorge le sous-continent.
11:27Et la lutte pour ces ressources avec la Chine.
11:31Parce que la Chine est en train de gagner beaucoup de parts de marché en Amérique latine.
11:34Sauf que la Chine a une toute autre méthode.
11:37La Chine, c'est plutôt la coopération.
11:39La Chine ne fait pas de coups d'État, ne provoque pas de coups d'État, ne fait pas d
11:42'ingérence.
11:43La Chine travaille avec tout le monde, la gauche, la droite.
11:46La Chine cherche à développer les infrastructures.
11:48Alors que les Etats-Unis, c'est totalement la manière forte et le chantage.
11:53Parce qu'on revient sur le Chili deux secondes, mais on parlait de Pinochet Allende.
11:57Pour rappeler, le coup d'État de Pinochet a été permis, a été aussi organisé par les Etats-Unis avec
12:03la CIA.
12:04C'est des choses qui ont pendant longtemps été cachées.
12:07Quand on en parlait, c'était un peu n'importe quoi.
12:08Maintenant, c'est des choses qui ont été prouvées.
12:10Plus personne ne dément le fait que la CIA et les Etats-Unis ont organisé en partie le coup d
12:16'État de Pinochet pour installer la dictature.
12:18Parce que Pinochet était très favorable avec les Etats-Unis.
12:21On ne va pas refaire l'histoire du Chili, mais les exemples dont tu parles sont très concrets.
12:25Et l'histoire de l'Amérique latine, c'est ça.
12:28Si on parle de l'histoire du continent africain, on a la France-Afrique et l'ingérence d'autres pays
12:33occidentaux.
12:35Si on parle de l'Amérique latine, c'est le parallèle avec les Etats-Unis.
12:37L'histoire de l'Amérique latine, c'est l'histoire de la tutelle qu'ont toujours voulu imposer les Etats
12:44-Unis, parfois par la force, souvent.
12:46Peut-être pour finir sur l'Argentine, il y a une question qui me vient.
12:49Quand tu dis que Trump ne fait pas ça gratuitement, il cherche aussi à acquérir les ressources de l'Amérique
12:54latine.
12:56Est-ce que ça veut dire qu'il y a un contrat, je caricature un contrat entre eux ?
13:00Ok, Amile, je te file 40 milliards si tu gagnes.
13:03Mais en échange, c'est quoi ? Je te donne des contrats sur...
13:07C'est certain.
13:07Un minement, un gisement de minerais, c'est quoi l'échange ?
13:11C'est certain, c'est la privatisation des grandes entreprises, c'est l'ouverture des marchés aux entreprises nord-américaines,
13:18et c'est des ressources comme le lithium, principalement.
13:23Il ne nous reste pas beaucoup de temps, mais on va quand même...
13:25Vadim Kamenka vient d'arriver. Je pense qu'on va avoir 5 petites minutes de retard, Vadim, pour finir avec
13:32Luis.
13:33Donc on a parlé de l'Argentine. Je pense qu'il y a un autre pays sur lequel il faut
13:36qu'on s'arrête.
13:36Il y en a deux autres, mais on va commencer par l'Équateur, si tu veux bien.
13:39Ou peut-être par le Venezuela, qui est celui qui est...
13:41Allez, Venezuela, on fera l'Équateur après.
13:43Parce que c'est à travers le Venezuela que ce retour de la doctrine Monroe est révélé au grand jour.
13:51Il y a une semaine, le plus grand porte-avions du monde, l'USS Gérald R. Ford, de la flotte
13:56des États-Unis,
13:56est arrivé au large des côtes du Venezuela.
13:59Alors, on a produit une vidéo sur ce sujet il y a trois semaines, un mois, je crois.
14:04Mais il s'est passé des choses depuis, donc on avait envie d'y revenir.
14:08Oui, parce qu'à l'époque, il y avait seulement, entre guillemets,
14:10huit navires de guerre qui étaient déployés dans la mer des Caraïbes,
14:14donc pour menacer directement le Venezuela.
14:17Derrière tout ça, Trump ne cache pas sa volonté de provoquer ce qu'il appelle un changement de régime,
14:24donc de faire chuter le gouvernement de Nicolas Maduro,
14:28un gouvernement qui est dans la mire des États-Unis depuis 25 ans,
14:31parce que Maduro, c'est le Venezuela, c'est la révolution bolivarienne.
14:34Donc c'est un projet émancipateur vis-à-vis des États-Unis,
14:39un projet qui vise l'union des pays latino-americains,
14:41d'union par la gauche, évidemment,
14:43un projet souverainiste et socialiste.
14:47Donc c'est que des gros mots pour Trump,
14:49et c'est pour ça qu'il souhaite faire tomber Maduro.
14:54Et peut-être on peut revenir sur l'intervention militaire au large du Venezuela.
14:59Donc tu parlais, jusqu'à présent, il y avait huit navires militaires,
15:02là il y a un porte-avions qui a été déployé la semaine dernière.
15:04Est-ce que tu peux nous rappeler pourquoi,
15:08sous quels arguments Donald Trump et son gouvernement
15:10mobilisent ces forces armées pour menacer
15:13et pour peser sur le Venezuela, mais en fait sur l'Amérique latine ?
15:16Alors il y a aussi un sous-marin nucléaire,
15:19des avions de chasse,
15:20et en tout, on totalise 15 000 troupes,
15:2315 000 soldats,
15:25notamment pour la plupart basés à Porto Rico.
15:29Alors le prétexte,
15:31Trump avait déjà voulu faire tomber Maduro lors de son premier mandat.
15:34Là, sa stratégie à l'époque, c'était,
15:36oui, le Venezuela est un pays non démocratique,
15:40Maduro est un dictateur,
15:42on soutient, vous vous souvenez peut-être de la marionnette Juan Guaido,
15:45donc la figure de la droite,
15:47qui s'était auto-déclaré, auto-proclamé président du Venezuela.
15:52Là maintenant, depuis qu'il est revenu à la Maison-Blanche,
15:55on passe à une stratégie beaucoup plus dure,
15:59beaucoup plus directe et agressive, exactement.
16:02Et donc maintenant, le prétexte,
16:04et tout autre, le prétexte,
16:06c'est que Nicolas Maduro sera la tête d'un cartel de drogue,
16:09le cartel des soleils,
16:10un cartel inventé par les États-Unis,
16:13qui n'existe pas.
16:16Et donc il serait à la chef d'un narco-État,
16:20la tête du président Maduro était mise à prix
16:22pour 50 millions de dollars,
16:24sous ce prétexte.
16:25Donc le prétexte, c'est de protéger les États-Unis
16:27de l'invasion de produits stupéfiants par le Venezuela.
16:31Et ce qui est assez drôle ou pathétique,
16:34c'est qu'on sait, grâce à l'ONU,
16:38mais par des documents aussi des États-Unis,
16:40que la plupart de la drogue qui arrive aux États-Unis
16:43ne sort pas du Venezuela.
16:45Elle sort de la côte pacifique et passe par le Mexique.
16:47C'est seulement 5% de la drogue qui vient,
16:50qui sort du Venezuela, d'une part.
16:52Donc si les États-Unis voulaient vraiment lutter
16:54contre l'arrivée de stupéfiants...
16:57Ce n'est pas de ce côté qu'ils regarderaient.
16:58Ce ne serait pas la priorité, en tout cas.
16:59Ce ne serait pas la priorité.
17:02Et deuxième point qui est encore plus pathétique,
17:04c'est que les services secrets américains
17:06ont fait fuiter des documents révélés par le New York Times
17:09il y a plusieurs mois,
17:12qui montrent que...
17:13qui démentent totalement ces affirmations de Trump,
17:15qui disent, désolé, mais non,
17:17Trump, le président Maduro,
17:19n'est pas à la tête d'un cartel.
17:21C'est faux.
17:23Mais c'est le prétexte qui est avancé pour les États-Unis.
17:26Et donc, ils font monter la pression.
17:28Il y a la menace d'une intervention militaire,
17:30la menace de décapiter le gouvernement vénézuélien.
17:33Et donc, depuis début septembre,
17:35les États-Unis ont mené 20 frappes,
17:37ou plutôt 20 bombardements,
17:39c'est des bombardements,
17:41d'embarcations parties ou du Venezuela,
17:44ou aussi depuis peu des côtes colombiennes,
17:46parce qu'ils s'en prennent aussi à la Colombie
17:50au président Gustavo Petro depuis peu.
17:52Et donc, ils bombardent ces bateaux.
17:54Alors, est-ce que c'est vraiment des narcotrafiquants ?
17:57Est-ce que c'est des pêcheurs ?
17:59On ne le sait pas, parce qu'il n'y a pas de preuves.
18:01On sait juste qu'il y a au moins 20 bombardements
18:03qui ont eu lieu.
18:0680 personnes seraient mortes suite à ces bombardements.
18:08Et c'est dénoncé par le Venezuela, évidemment,
18:11par beaucoup de pays,
18:12mais c'est dénoncé par le Bureau des droits de l'homme,
18:15la Commission des droits de l'homme de l'ONU,
18:16et même par le secrétaire général de l'ONU,
18:19Antonio Guterres, il y a une semaine,
18:22qui a qualifié ces bombardements de ce qu'ils sont.
18:25C'est des exécutions extrajudiciaires.
18:27C'est-à-dire qu'encore une fois,
18:28Trump piétine totalement le droit international
18:31pour imposer sa volonté, pour menacer,
18:33pour taper du poing sur la table
18:34et donc faire pression sur le Venezuela.
18:38Qui, petite parenthèse, ce n'est pas un détail,
18:40à les premières réserves mondiales de pétrole.
18:42Tiens, bizarre, coïncidence bizarre.
18:44En passant.
18:45Peut-être pour en finir, oui, vas-y.
18:47Juste pour dire en quelques mots,
18:49vous savez tous qu'il y a quelques semaines,
18:51il y a le prix Nobel de la paix qui a été décerné.
18:54C'était une question dans le chat.
18:55Donc vas-y, je te laisse y répondre.
18:56Pour rappel, le prix Nobel, je ne me rappelle plus,
18:58Maria Corina Machado.
18:59Voilà, qui a été décerné à une figure
19:04de l'extrême droite vénézuélienne,
19:06une figure qui est mise en avant depuis plusieurs années,
19:08et qui est financée par le gouvernement des États-Unis
19:14et qui représente vraiment l'aile la plus radicale
19:17de la droite vénézuélienne.
19:19C'est elle qui a promu des actions violentes en 2014,
19:22qui ont provoqué des morts.
19:24Donc décerner ce prix Nobel de la paix
19:26à une personne qui prône depuis plusieurs années
19:28une intervention militaire dans son propre pays,
19:30c'est assez hallucinant.
19:32Mais encore une fois, en toile de fond,
19:33c'est du business.
19:34Ça fait des mois, des années qu'elle promet aux États-Unis.
19:39Elle avait fait une vidéo,
19:41elle s'était fait interviewer par un fils de Donald Trump,
19:43et elle l'a répétée il y a quelques mois,
19:46il y a quelques jours, pardon,
19:47dans un forum économique qui se tenait à Miami,
19:50si je ne me trompe pas.
19:52Elle promet vraiment de vendre à la découpe
19:54son pays aux investisseurs étrangers.
19:57Alors elle dit, mais venez, mais il faut agir,
20:00il faut faire tomber ce gouvernement,
20:02parce que si c'est moi qui arrive au pouvoir,
20:05vous allez vous en mettre plein les poches.
20:07Elle parle de 1 700 milliards de dollars,
20:09c'est ce qu'elle promet aux investisseurs états-uniens,
20:12parce que le Venezuela est un des pays
20:14les plus riches de la planète,
20:15en pétrole et en beaucoup d'autres ressources naturelles.
20:19Et voilà, donc ce prix Nobel de la paix,
20:22c'est une énorme erreur de la part du comité Nobel.
20:26Est-ce qu'ils l'ont fait exprès ou pas ?
20:27Je pense qu'il y a beaucoup de désinformation,
20:28elles sont peut-être tombées dans le piège,
20:30parce qu'encore une fois,
20:31elle est mise en avant depuis longtemps par le...
20:34Oui, ça a même été salué par beaucoup d'Occidentaux,
20:36cette nomination.
20:37Oui, tout à fait.
20:38Il me semble que Macron a la félicité,
20:42enfin globalement...
20:43Ça, ce n'est pas surprenant,
20:43parce que Macron suit totalement la ligne états-unienne
20:47par rapport au Venezuela,
20:49par rapport à l'Amérique latine en général.
20:51Et bon, on aura l'occasion d'y revenir.
20:52Je crois que son prix sera remis à la mi-décembre.
20:56Très bien, on aura l'occasion d'en reparler,
20:57mais je vois que ça vous intéresse beaucoup, le chat.
20:59Donc, effectivement...
21:00Mais je crois que quand le prix a été décerné,
21:02il me semble que tu avais évidemment écrit,
21:04mais tu avais aussi produit une petite vidéo
21:05pour expliquer qui c'était, etc.
21:07Donc, ça doit être retrouvable sur le site internet.
21:09Oui, vous pouvez retrouver la vidéo.
21:10Si vous tapez Maria Corina Machado, Humanité,
21:12à mon avis, vous allez retrouver.
21:14Si vous voulez en savoir plus sur ce personnage,
21:15je vois aussi des questions sur comment elle a pu être nommée, etc.
21:18Donc, vous pourrez aller retrouver toutes ces infos là-bas.
21:22Et des articles aussi.
21:24Oui, des articles, évidemment.
21:24Il y a des articles qu'on a écrits sur elle,
21:26et qui elle est, d'où elle vient, est-ce qu'elle représente.
21:29Exactement.
21:29Parce que je voudrais quand même qu'on avance,
21:31on est déjà un peu en retard,
21:33pour parler d'un autre pays où il s'est passé des choses ce week-end,
21:36en Équateur.
21:36Oui.
21:37Il y a eu un référendum.
21:38Donc, hier, le 17 novembre,
21:39les Équatoriens et Équatoriennes devaient répondre
21:41à plusieurs questions lors d'un référendum.
21:44Aux questions, souhaitez-vous le retour des bases militaires étrangères
21:47et souhaitez-vous une nouvelle constitution ?
21:49Leur réponse est non.
21:50Alors, ça mérite qu'on s'y attarde un petit peu, Louis.
21:54Déjà, pourquoi le président allié des États-Unis, Daniel Noboa ?
21:57Pourquoi il a organisé ce référendum ?
21:58Pourquoi il voulait nommer une assemblée chargée
22:01de rédiger une nouvelle constitution ?
22:02Et surtout, pourquoi il voulait le retour des bases militaires étrangères ?
22:05Et donc, qui dit étrangères, dit états-uniennes.
22:07Alors, je vais essayer de faire vite.
22:10T'inquiète, il y a ton chef là-bas qui te regarde,
22:13il te dit, c'est bon, il y a le temps.
22:14D'accord. Il y avait quatre questions.
22:17En plus de ces deux questions, il y avait deux questions
22:18de politique plus interne.
22:20Le nombre de parlementaires et mettre fin au financement des partis politiques.
22:23Voilà. Mais sur les quatre, il a essuyé un cuisant en revers.
22:28Il s'est pris un nom dans la face, Daniel Noboa,
22:31ce qui était très surprenant parce que c'est un président autoritaire.
22:37Quand on parle de dictature en Amérique latine,
22:39on oublie tout le temps les gouvernements autoritaires de droite.
22:42Enfin, pas nous, à l'humanité. Je parle des autres médias,
22:45mais il en fait partie.
22:47Et donc, oui, référendum très, très important
22:51parce qu'il voulait rien que ça refondre la constitution de l'Équateur.
22:57La constitution de l'Équateur, elle a été approuvée en 2008
23:00sous le gouvernement de Raphaël Correa,
23:03qui était dix ans au pouvoir de 2007 à 2017.
23:06Et c'est tout simplement une des constitutions
23:11les plus progressistes du monde
23:13qui donnent beaucoup de droits à la population.
23:16C'est une constitution anticapitaliste, on pourrait dire,
23:20en exagérant un petit peu, en tout cas antinéolibérale,
23:23qui recentre, qui replace vraiment l'État au cœur du modèle économique,
23:29qui donne des droits à la population, aux minorités,
23:33et chose très avant-gardiste,
23:34qui donne même des droits à la nature, à la pachamama.
23:36Donc, on voit que c'est vraiment une constitution à l'avant-garde,
23:42une des meilleures au niveau mondial.
23:44Et évidemment, ça gêne totalement les gouvernements de droite
23:47qui sont au pouvoir en Équateur depuis 2007,
23:53et qui essayent à chaque fois de détricoter,
23:56qui parviennent un petit peu à détricoter
23:58ces bases constitutionnelles
24:00pour imposer leur vision néolibérale.
24:04Mais c'est compliqué, quand on a ce socle qui protège.
24:07Une constitution, c'est quand même dur à renverser.
24:09C'est dur à contourner, c'est dur à renverser.
24:11Donc là, c'est ce qu'a proposé Daniel Noboa.
24:14Il voulait rédiger une nouvelle constitution
24:18qui suive les lignes directrices de son gouvernement.
24:21Donc, on pouvait s'attendre à quelque chose de vraiment terrible,
24:23de vraiment très libéral.
24:25Et ce nom, c'est une énorme claque pour lui.
24:28C'est très bien pour l'Équatorien,
24:30et c'est un symbole fort donné à sa politique.
24:33Parce que oui, il y avait les deux autres questions aussi
24:34qui sont plus sur le nombre de parlementaires
24:36et le financement des partis politiques.
24:39Mais le fait qu'ils se prennent un non sur tout...
24:41Sur les quatre questions.
24:42Sur les quatre questions.
24:43Parce que donc, on rappelle,
24:44il y avait un référendum qui était organisé,
24:45mais les Équatoriens et Équatoriennes
24:47devaient se prononcer sur chacune des quatre questions.
24:48Voilà.
24:49Et il me semble avoir vu, en gros,
24:50c'est entre 60 et 62 % de non.
24:53Donc, quand on parle d'un référendum,
24:54c'est quand même assez...
24:55Ça ne s'est pas joué à 1 %, quoi.
24:57C'est très net.
24:57C'est net.
24:58Et c'est une très bonne nouvelle.
25:00Mais bon, il l'a un peu cherché.
25:02Il faut rappeler qu'en plus de sa politique
25:04et de son accession au pouvoir,
25:06qui est un peu...
25:08qui est tachée...
25:09Enfin, qui est entachée plutôt
25:10de soupçons de fraude il y a quelques mois.
25:14La gauche équatorienne dénonce de graves fraudes
25:16qui lui auraient permis d'arriver au pouvoir
25:19il y a quelques mois.
25:20On se rappelle qu'il y a le mois dernier,
25:23il y a eu une mobilisation populaire
25:25qui a duré un mois.
25:27qui était à son encontre
25:29et qui a été très brutalement réprimée aussi.
25:32Donc, c'est une très bonne nouvelle, ce nom.
25:35Et ça confirme un ras-le-bol, en fait,
25:38face à lui.
25:39Ce qui est très bien,
25:39parce qu'il commence ce nouveau mandat
25:41en se prenant cette claque.
25:42Ça aurait été terrible
25:43si tout avait été approuvé.
25:45Mais qu'est-ce que ça augure pour la suite ?
25:48Parce que là, tu le dis,
25:48ça ne fait que quelques mois qu'il est élu.
25:51Très rapidement,
25:52il y a eu des grosses manifestations à son encontre.
25:54Soupçons de fraude électorale.
25:55Alors, qu'il a été réélu.
25:58Réélu, pardon.
25:58Il avait été un an avant.
26:00C'était un poste transitoire.
26:02En attendant l'élection.
26:04Et là, il a remporté avec des soupçons de fraude.
26:07Mais voilà.
26:08Donc, soupçons de fraude.
26:10Manifestation d'ampleur pendant un mois.
26:13Répression.
26:13Répression.
26:14Là, maintenant, un nom net et précis
26:16sur le référendum.
26:17Qu'est-ce que ça augure sur la suite de son mandat ?
26:19Ça commence très mal, quand même.
26:20Est-ce qu'il va arriver au bout ?
26:21Ça commence très mal.
26:21Il a dit qu'il allait prendre acte,
26:23qu'il allait respecter la décision des Équatoriens.
26:27Donc, jusque-là, tout va bien.
26:28Et ensuite, il a dit que ça n'allait pas inflécher sa politique.
26:32Donc, on ne sait pas trop à quoi s'attendre.
26:34En tout cas, c'est une très bonne nouvelle
26:35que ça n'est pas pu se faire.
26:37Et l'autre point que tu soulignais,
26:38c'est la deuxième question très importante
26:41du point de vue géopolitique.
26:43Pour revenir, je vous rappelle,
26:44le point de départ, c'est le rôle des États-Unis,
26:46doctrine Monroe, etc.
26:46Voilà, exactement.
26:49Et donc, comme tu disais,
26:50le retour des bases militaires.
26:52C'était un souhait de Noboa.
26:57Les États-Unis ont toujours été très présents en Équateur,
27:00comme dans beaucoup d'autres pays latino-américains,
27:01jusqu'à l'arrivée de Rafael Correa,
27:03qui les expulse, ou plutôt,
27:05qui ne rénovent,
27:08on dit rénover en français ?
27:10Réhabiliter plutôt, pour réinstaller ?
27:13Remettre un contrat.
27:14Ah oui, je vois ce que tu veux dire.
27:17Il relance le contrat qui...
27:20Reconduit, peut-être.
27:21Exactement.
27:21Reconduit le contrat.
27:22Il reconduit le contrat qui autorisait la présence
27:28de militaires états-uniens dans la base de Manta,
27:31sur la côte pacifique.
27:33Ce contrat arrivait à son terme en 2009.
27:37Entre-temps, il y a eu donc la nouvelle constitution socialiste,
27:39promue par Rafael Correa,
27:41qui interdisait la présence de troupes étrangères.
27:44Donc, ce contrat n'a pas été reconduit.
27:48Et les États-Unis ont été bottés hors de l'Équateur,
27:51donc depuis 2009.
27:54Noboa, en fidèle allié ou laquais des États-Unis,
27:58de Donald Trump,
28:00voulait inviter les États-Unis à revenir dans son pays.
28:03D'ailleurs, la ministre de l'Intérieur états-unienne
28:08était de passage en Équateur il y a quelques semaines.
28:11Elle a visité ce qui allait devenir,
28:13ce qui était projeté pour devenir les futures bases états-uniennes.
28:19Et donc, avoir une base pour les États-Unis dans des pays,
28:22c'est toujours intéressant,
28:23parce que ça permet une présence, évidemment,
28:26et de développer des activités d'espionnage,
28:30et bon, tout ce que savent très bien faire les États-Unis.
28:32Et le prétexte, c'était lequel ?
28:34Le prétexte, c'était, encore une fois,
28:36la lutte contre le narcotrafic.
28:38Il faut savoir que depuis que la gauche a quitté le pouvoir en Équateur,
28:43il y a eu une hausse de la criminalité terrible,
28:46alors que le Venezuela, l'Équateur, pardon,
28:49était un des pays les plus sûrs,
28:51grâce au mandat de Rafael Correa,
28:53c'était devenu un des pays les plus sûrs
28:55au niveau du point de vue sécuritaire.
28:59À partir de 2017,
29:01et le retour des politiques no-libérales
29:03qui ont détruit les services publics,
29:04qui ont détruit la présence étatique,
29:08ça a promu un développement terrible de la criminalité.
29:11En plus, le pays a été dollarisé.
29:14Donc, c'est vraiment devenu une plateforme
29:17pour le narcotrafic.
29:18et au point qu'aujourd'hui,
29:20c'est si, tout à l'heure,
29:22on parlait de la drogue qui partirait du Venezuela,
29:24en fait, non,
29:25si les États-Unis voulaient vraiment lutter contre la drogue,
29:27ils feraient attention à ce qui se passe en Équateur.
29:31Où là, c'est de là que partent la plupart des...
29:35une grosse partie de la drogue,
29:36et notamment des entreprises de Daniel Noboa
29:39qui exportent de la banane.
29:40Lui, c'est un fils de milliardaire
29:42qui est devenu très riche avec l'export de bananes.
29:45Et c'est un des canaux qui utilisent le narcotrafiquant.
29:48Mais bref, hausse de la criminalité,
29:51implantation des cartels,
29:52notamment mexicains en Équateur.
29:54Et aujourd'hui, c'est devenu le pays
29:56le plus violent du continent.
29:58On en est à un taux de plus de 52 homicides.
30:04C'est le pays le plus violent d'Amérique latine,
30:07quatrième au niveau mondial.
30:08Donc, il y a vraiment une descente aux enfers de ce pays.
30:11Et ce qui sert de prétexte pour la droite,
30:14pour, au lieu de faire comme d'autres pays,
30:16comme le Mexique, par exemple,
30:17qui, pour lutter contre...
30:20Enfin, qui, face à leur problème de narcotrafic,
30:23essayent de mettre en place...
30:24Oui, il y a le volet sécuritaire,
30:26mais ils développent aussi le volet social.
30:30Ils essayent de s'en prendre aux racines du problème.
30:33En Équateur, c'est la doctrine de la guerre contre la drogue.
30:36C'est la doctrine qui vient de Washington.
30:38Donc, la militarisation du pays
30:41qui n'a jamais résolu ce type de problème.
30:44C'est une doctrine qui est mise en place depuis plus de 40 ans.
30:46Ça n'a jamais marché.
30:49Au Mexique, auparavant, en Colombie, partout.
30:54Quand les bases états-uniennes étaient présentes en Équateur
30:56avant 2017, ça ne fonctionnait pas.
30:59Et c'est que quand elles sont parties avec des politiques de gauche
31:01qu'on a pu lutter efficacement contre la criminalité.
31:05Donc, on voit bien que c'est un prétexte à chaque fois
31:07qui sert aux États-Unis pour avoir une présence.
31:12Donc, c'est de l'ingérence.
31:13Et pour les gouvernements de droite,
31:15c'est un prétexte qui sert pour mettre en place
31:17leur politique néolibérale.
31:20Quelqu'un dans le chat dit...
31:22Tu disais 52 homicides.
31:24Pour 1 000 habitants, c'est a priori l'indicateur habituel
31:26qu'on utilise pour mesurer le taux de violence.
31:28Exactement. Merci. C'est ça.
31:30Merci beaucoup, Louis.
31:31Si vous voulez creuser, encore une fois,
31:33le sujet de l'Équateur et globalement de l'Amérique latine,
31:35je vous invite à aller lire ce papier que tu as écrit hier
31:37sur la question du référendum.
31:39Tu mentionnais aussi Raphaël Correa.
31:41Alors, peut-être pour celles et ceux qui ne le remettraient plus,
31:43c'est l'ancien président de l'Équateur.
31:452007-2017.
31:46Voilà, 2007-2017,
31:47qu'on a reçu à la Fête de l'Humanité cette année.
31:50Donc, c'était assez exceptionnel,
31:52comme au moment, d'avoir un ancien président progressiste à l'Agora.
31:54C'était exceptionnel.
31:55Il y a évidemment une retranscription papier
31:59de cet échange,
32:00mais il y a aussi,
32:02on a capté en vidéo, évidemment, cet échange.
32:04Donc, si vous voulez aller écouter Raphaël Correa,
32:06c'était toi qui l'interviewais ?
32:07C'était moi.
32:07C'était toi.
32:08Donc, si vous voulez aller retrouver
32:09Louis Sregaida face à Raphaël Correa,
32:11vous pouvez aller voir ça
32:14sur la chaîne YouTube de l'Humanité.
32:15et maintenant,

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