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  • il y a 17 heures
L’opération « Absolute Resolve », qui a conduit à l’enlèvement du président vénézuélien Nicolás Maduro, vise à redessiner les équilibres mondiaux. Elle acte une nouvelle forme d’intervention qui entend balayer les processus politiques du Sud global lorsqu’ils entravent les intérêts états-uniens. Vadim Kamenka et Christophe Deroubaix font le point au micro de Clara Martinot.

00:00 Que se passe-t-il au Venezuela ?
6:54 La nouvelle stratégie de sécurité nationale des États-Unis
15:52 Quel avenir pour le Venezuela ?
21:45 Jusqu’où peut aller Donald Trump ?
26:51 Les conséquences de cette prise de pouvoir

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Transcription
00:00La chute de Nicolas Maduro symbolise-t-elle une ère nouvelle dans la politique de Donald Trump ?
00:04Pour y répondre, nous avons avec nous Vadim Kamenka, chef du service international de l'humanité.
00:11Bonjour Clara.
00:12Bonjour Vadim.
00:13Et nous avons aussi Christophe Deroubet, grand reporter à l'humanité.
00:20Bonjour.
00:21Bonjour Christophe.
00:23Bref, donc samedi 3 décembre, Donald Trump a lancé l'opération militaire Absolute Résolve au Venezuela.
00:30Les États-Unis ont bombardé Caracas.
00:32Le président vénézuélien Nicolas Maduro a été kidnappé avec sa femme Cilia Flores.
00:37Il se trouve actuellement aux États-Unis.
00:40Ils vont être présentés devant un juge à New York dans la journée et ils risquent la prison à vie.
00:45Cela fait plusieurs mois que Donald Trump accuse Nicolas Maduro de narcoterrorisme et d'importation de cocaïne vers les États
00:53-Unis.
00:54Quel est l'intérêt des États-Unis à prendre le pouvoir au Venezuela, Vadim ?
01:00Bah, plusieurs choses.
01:02Après, je pense que Christophe, lui, détaillera sur la stratégie américaine, puisqu'il a longuement étudié ce matin dans le
01:10quotidien du jour.
01:12Pourquoi ? En fait, ce n'est pas nouveau.
01:14Cela fait déjà plusieurs années, parce qu'il faut se remémorer et revenir un peu en arrière.
01:19Mais sur la prise du pouvoir au Venezuela par ce qu'on appelle la révolution bolivarienne,
01:24notamment menée par Hugo Chavez à la fin des années 90.
01:29Dès son accession au pouvoir aux années 2000, 2001, 2002 même surtout,
01:35il y a eu une tentative de coup d'État pour détrôner à l'époque Hugo Chavez.
01:41Après, il y a eu des révoltes qui étaient organisées par la droite et l'extrême droite au Venezuela en
01:462010,
01:47où on sait que les États-Unis étaient parties prenantes.
01:50Donc c'est une stratégie de renversement qui n'est pas nouvelle par rapport au Venezuela.
01:55Il y a une volonté, bien sûr, politique, puisque c'était un État gouverné par la gauche
02:03et une tentative d'émancipation de l'impérialisme pour aller vite américain.
02:10Donc c'est ancré depuis maintenant plusieurs décennies.
02:16Là, ça arrive aussi après plusieurs semaines, voire plusieurs mois plutôt, de tensions.
02:20Depuis que Donald Trump est revenu au pouvoir, il a fait du Venezuela une volonté claire et nette d'un
02:26changement de régime.
02:27Il a pris le prétexte de la drogue, mais on a vu tout ce qui a été fait aussi autour
02:31du pétrole.
02:32On était ici encore quelques semaines pour parler de l'arraisonnement des différents pétroliers.
02:38Donc c'est une stratégie qui s'est accélérée par Donald Trump au fur et à mesure de son année
02:46de mandat.
02:47Donc voilà, ça ne vient pas de nulle part.
02:50Ce n'est pas Donald Trump qui s'est réveillé un matin pour dire qu'on va enlever et kidnapper
02:53un président
02:54en violant toutes les règles internationales d'un État souverain pour l'emmener quand même à New York.
03:00Et donc en effet, il sera jugé...
03:03Alors je ne sais pas, il faudra voir après sur quel argument et quelle légalité internationale il peut être jugé
03:08à New York.
03:09Donc ça sera à 12h heure locale, donc 18h heure française.
03:13Mais voilà, en gros, pour répondre un peu rapidement à cette première question.
03:16Mais pourquoi le Venezuela plus qu'un autre pays ?
03:19Parce que c'est...
03:20Un, il y a une volonté politique, c'est-à-dire que c'était un autre modèle, voilà,
03:26de par la redistribution des richesses par rapport à la politique qui était menée par cet été-là.
03:30Après, on pouvait être critique parce que le...
03:33On va dire que le...
03:34Et puis là, Nicolas Maduro qui a pris sa succession, on peut avoir des critiques sur l'organisation du pouvoir,
03:39sur une certaine transparence et tout, mais c'était un État souverain et donc qui menait sa propre politique.
03:47En effet, d'émancipation notamment autour des réserves de pétrole,
03:50puisque ça fait partie en tout cas des revendications qui ont été émises pour expliquer en tout cas une partie
03:56du kidnapping
03:57et de la prise d'otages qui a eu lieu, qui a eu lieu donc il y a deux jours
04:00maintenant au Venezuela.
04:02Mais ce n'est pas la seule chose.
04:03On voit qu'aujourd'hui, les États-Unis veulent accélérer cette reprise en main du continent sud-américain.
04:09Puisque là, il s'en est pris à Nicolas Maduro, il s'en est pris aussi à Gustavo Petro,
04:14il s'en est pris aussi à la présidente colombienne.
04:17Donc on voit que c'est un ensemble de choses qui dictent le tempo américain.
04:23Mais ça, encore une fois, Christophe le présentera davantage.
04:26Mais c'est vraiment une volonté aujourd'hui de refaire, même s'ils n'ont jamais quitté l'Amérique du
04:33Sud.
04:33Je veux dire, Joe Biden a poursuivi finalement les mêmes stratégies qu'ont été de ses prédécesseurs,
04:38de refaire en fait de l'Amérique du Sud une arrière-courte guidée en effet par la logique énergétique,
04:44puisqu'on sait que c'est quand même un des leviers sur lesquels Trump s'appuie aussi bien en Amérique
04:48du Sud,
04:49mais on le voit aussi en Ukraine, on le voit aussi par rapport à ce qu'il veut imposer aussi
04:53aux Européens,
04:54ou par rapport aussi à la Russie.
04:56On le voit, mais aussi il y a tout l'aspect politique,
05:00parce que le Venezuela restait un contre-modèle, on va dire, à la domination américaine,
05:04avec Cuba, avec le Brésil aussi aujourd'hui avec Lula,
05:08par le passé aussi avec l'Argentine avant que Millet revienne au pouvoir,
05:12et encore maintenant les deux plus gros pays que sont la Mexique et la Colombie dans ce continent.
05:17Dans le chat, on a une question, comment est étayée l'accusation de trafic de drogue ?
05:21Ça, ça fait partie des arguments de narcotrafic en fait,
05:26c'est-à-dire qu'ils ont mis même la tête de Nicolas Maduro à prix,
05:30je ne sais plus, je crois que c'était 40 millions...
05:3150 millions, voilà.
05:34Donc cette tête a été mise à prix,
05:36parce que l'argument était de dire que le Venezuela était un État trafic,
05:42au même titre que la Colombie ou le Mexique,
05:45ce qui est totalement faux.
05:47Et puis dans la logique, on va dire, des États-Unis,
05:51on l'a vu encore récemment,
05:52ils ont quand même libéré l'ancien président du Honduras,
05:54c'est pour le coup, lui, qui était condamné pour diriger un cartel de drogue
05:58et pour faciliter justement le trafic de drogue.
06:01Donc c'est des accusations qui étaient mensongères,
06:04mais qui ont permis en fait de multiplier les déclarations et les interventions,
06:09puisque du coup, la DEA était partie prenante de cette opération.
06:15Et on a vu, c'est une mise en place au fil des mois,
06:17c'est-à-dire qu'il y a des troupes américaines
06:19qui ont été déployées en masse dans les Caraïbes.
06:23Ils ont mené, on l'a dit, des arraisements sur différents pétroliers.
06:26Ils ont mené des frappes aussi sur des bateaux de pêcheurs vaniliens
06:30ou des bateaux de trafiquants de drogue.
06:34Ça faisait scandale aussi aux États-Unis.
06:36On en a plusieurs fois parlé aussi ici,
06:37mais je veux dire, auprès du Sénat et du Congrès,
06:40on a vu que ça, il y avait des enquêtes qui étaient menées
06:44sur ces bombardements,
06:45puisqu'il n'y avait aucune légalité internationale.
06:47Donc voilà, ça fait partie en fait du récit américain
06:51pour légitimer quelque chose qui viole toutes les règles internationales.
06:56Christophe, est-ce que tu pourrais nous parler
06:58de la stratégie de sécurité nationale
07:00qui a été publiée par l'administration Trump en décembre ?
07:04Est-ce que ce document annonçait la chute du gouvernement de Maduro ?
07:09Je peux en parler, je peux le faire.
07:12Bonjour à tous.
07:13Oui, alors ce document a été publié début décembre 2025.
07:19Il est très vaste, mais il contient notamment un point
07:23qui s'appelle le corollaire Trump, la doctrine Monroe.
07:29Un mot quand même sur la doctrine Monroe, c'est de l'histoire,
07:31mais souvent on interprète mal ce qu'est la doctrine Monroe.
07:35Monroe, c'est un président américain, donc le cinquième, je crois, quatrième,
07:38qui en 1823 dit, dans un contexte historique précis,
07:43quelques années après la dernière guerre entre les États-Unis indépendants et l'Angleterre.
07:48Et sa doctrine, c'est les affaires, pas d'intrusion de puissance étrangère
07:54dans les affaires des Amériques,
07:58et en retour, pas d'intrusion des Américains dans les affaires européennes.
08:02Donc en gros, c'est chacun chez soi.
08:03Mais on dit souvent que la doctrine Monroe,
08:05c'est une doctrine qui fait de l'Amérique latine l'arrière-cours des États-Unis,
08:11ce qui n'est pas vrai. En fait, c'est le corollaire Roosevelt,
08:13donc au début du XXe siècle,
08:17qui était président entre 1901 et 1909,
08:21qui institue une politique ouvertement impérialiste,
08:25ça commence avec la guerre contre l'Espagne à Cuba en 1898,
08:29donc un peu avant Roosevelt, mais Roosevelt,
08:32Théodore Roosevelt, le théorise en disant,
08:36nous avons, en gros c'est ce qu'on appelle le précaré ou l'arrière-cours,
08:40et nous pouvons utiliser la force contre des régimes qui ne nous conviennent pas.
08:46Voilà, donc juste un petit point quand même.
08:48Et donc le corollaire Trump, en fait,
08:50c'est de renouer avec la doctrine Roosevelt,
08:53mais dans un contexte particulier,
08:57et de faire à la fois de...
09:02Il y a une dimension évidemment contre les pays d'Amérique latine,
09:04Bon, Vadim a dit des choses sur le Venezuela,
09:06qui est l'ennemi public numéro un des administrations américaines
09:10depuis 20 ans, depuis l'élection de Chavez.
09:13Mais c'est aussi un premier domino.
09:16Et donc à tous les autres pays,
09:19Vadim l'a cité aussi,
09:20les menaces ouvertes contre Macron-Bio, contre Cuba,
09:24de Donald Trump contre Guzavo Petro,
09:27le président de Colombie,
09:29et Claudia Schenbaum, la présidente du Mexique.
09:32Donc c'est à la fois...
09:34Les pays latinos sont la cible,
09:37parce que Trump veut les contraindre
09:40à mener des politiques en matière anti-drogue
09:42et en matière de migration,
09:44qui sont les politiques que souhaite Donald Trump.
09:48Ça c'est la première chose.
09:48Et la deuxième cible derrière, c'est la Chine.
09:52La Chine est devenue un...
09:53Donc en gros, le corollaire Trump, c'est ça.
09:55C'est viser la Chine
09:58et contraindre les pays latino-américains
10:00à mener des politiques de migration
10:03et anti-drogue,
10:04telles que le souhaite Washington.
10:06Voilà, je ne fais pas plus long,
10:07parce qu'après, je vais partir dans un tunnel
10:09pour répondre à la question.
10:10Mais du coup, est-ce que ça a annoncé la chute
10:14indirectement du gouvernement ?
10:15Ça dessine un cadre théorique.
10:20avec cette espèce de faunée
10:22et la lutte contre la drogue.
10:25Parce qu'on sait très bien que le Venezuela
10:27exporte de la cocaïne.
10:29Le pays, l'État du Venezuela
10:33parle de la cocaïne.
10:34Mais cette cocaïne arrive en Europe.
10:35Et le gros problème que connaissent les États-Unis
10:37en ce moment, c'est le fentanyl.
10:38Et le fentanyl n'est pas produit par le Venezuela.
10:42Quasiment pas dans des...
10:43En revanche, le Mexique, oui.
10:44D'où aussi, d'ailleurs, la menace vis-à-vis du Mexique
10:47en disant, c'est un avertissement,
10:50il faut le prendre comme un avertissement.
10:51Alors, il y a encore plein de choses, on y reviendra,
10:53qui sont quand même très, très floues
10:54sur la façon dont ils vont s'y prendre.
10:55On n'est pas au bout du chemin,
10:57même de leur point de vue à eux.
10:58Mais en tout cas, oui, la stratégie annoncée,
11:01nous avons le droit d'intervenir sur le continent,
11:04ce qu'ils appellent, eux, l'hémisphère occidental,
11:06donc sur le continent américain au sens large,
11:09pour mettre en œuvre notre stratégie globale,
11:14un, de compétition avec la Chine,
11:16et deux, une dimension plus intérieure
11:18de lutte contre la drogue et des migrations.
11:22Et est-ce que cette stratégie de sécurité nationale
11:25est en rupture avec ses précédentes prises de position ?
11:28Ou est-ce que c'est la continuité ?
11:30Non, il y a des formes de continuité, évidemment.
11:34Évidemment, il y a aussi des formes de rupture.
11:39Les États-Unis avaient quand même pris acte,
11:41on va dire, depuis...
11:44Bon, la Vénézion, c'est vraiment un cas d'espèce.
11:49Mais les États-Unis ont pris acte
11:51depuis l'élection de Lula, à peu près.
11:54Du fait que l'Amérique latine avait une vie autonome.
11:57Alors, ils ont mené des coups tordus à droite, à gauche.
12:00Mais par exemple, je me souviens, je ne sais plus quelle année,
12:05la réélection de Lula face à Bolsonaro,
12:092022, 3 ?
12:12Je ne sais plus, peu importe.
12:14L'administration Biden fait passer un message à l'armée brésilienne.
12:18Lula était devant de peu,
12:20et Bolsonaro était tenté de faire entrer l'armée dans la scène politique.
12:26Et l'administration Biden a fait passer un message,
12:29ne sortez pas de l'armée des casernes,
12:30restez là, respectez le processus démocratique.
12:32Là où il y a 30 ou 40 ans,
12:35ils sont remontés à Pinochet en 1973,
12:38Washington se serait empressé de s'appuyer sur l'armée locale,
12:42de laisser faire l'armée pour renverser un pouvoir de gauche.
12:46Donc, c'est quand même une rupture,
12:48et c'est une rupture qui, du coup,
12:51renoue avec ce qu'était l'attitude des États-Unis
12:54pendant la guerre froide, de toute façon.
12:57Et donc, du coup, Lula a été élu en 2022 ?
13:02Oui, c'est ça.
13:022022, c'était ça, d'accord.
13:03On va avoir les prochaines élections cette année,
13:05puisqu'on est passé en 2026.
13:06Et oui, c'est un moment de 4 ans qu'on est aux États-Unis.
13:09Du coup, sur les réseaux sociaux,
13:11Donald Trump a communiqué sur ses opérations militaires.
13:14On va regarder quelques vidéos.
13:19Sur son réseau trop social,
13:21il a mis 7 vidéos avec 7 musiques.
13:36Donc, on voit l'armée des États-Unis bombarder Caracas.
13:41Et plusieurs heures plus tard,
13:44Nicolas Maduro a été arrêté.
13:46Et on a vu cette vidéo
13:51être diffusée sur les réseaux sociaux,
13:53où on voit le président vénézuélien
13:58extrader, enfin extrader, pardon,
14:00escorter vers la DEA à New York.
14:03Qu'est-ce que ces vidéos disent
14:05de la communication de Donald Trump ?
14:08Et qu'est-ce qu'il essaye de manifester avec ça ?
14:15Pour moi, je peux...
14:16Peut-être Christophe, oui, parce que quand même, c'est...
14:17Oui, oui, oui.
14:19C'est du Donald Trump.
14:20C'est-à-dire, c'est totalement décomplexé.
14:22Là où avant, les gouvernements américains
14:24faisaient plus ou moins
14:27les coups en douce, les coups tordus en douce,
14:30lui, il les fait ouvertement.
14:32Il ne cache pas qu'il vise le pétrole, notamment.
14:36À mon avis, ce n'est pas le seul objectif.
14:39On parle beaucoup du pétrole,
14:40à juste titre d'ailleurs.
14:41Mais il y a un objectif profondément politique
14:44et géopolitique là-dedans.
14:45C'est de mettre au pas tous les...
14:47Je redis un peu ce que j'ai dit tout à l'heure.
14:50De remettre au pas tous les régimes
14:52qui sont ne serait-ce qu'un peu en décalage
14:54avec ce que souhaitent Donald Trump
14:56et son administration.
14:58Donc voilà, il le fait de manière totalement décomplexée.
15:01Et ces images, en fait,
15:02c'est une sorte d'avertissement aux autres.
15:04C'est-à-dire, nous pouvons faire ce que nous voulons.
15:07Nous pouvons envoyer notre force militaire, non-militaire
15:11dans n'importe quel pays,
15:12retirer le président à partir du moment
15:14où il y a une plainte contre Maduro.
15:16Une instruction de la justice américaine,
15:19mais qui est instrumentalisée, évidemment,
15:20depuis Maduro, depuis 2020.
15:22On l'accuse d'être à la tête du narcotrafic.
15:25On verra ce que donnera justice.
15:27Mais enfin, ce n'est pas nouveau non plus
15:28que la DIA, DEA,
15:30qui est l'agence fédérale anti-américaine,
15:32ait une sorte d'outil de la CIA
15:34pour renverser les régimes,
15:35non pas qui font du trafic
15:37ou qui ne luttent pas suffisamment contre le trafic,
15:40mais qui sont des dissidents politiques, en fait.
15:42C'est un traitement des dissidents politiques.
15:44Donc, sa communication, c'est du fond.
15:47Ça renvoie à du fond.
15:49C'est...
15:51Prenez garde.
15:53Avant de s'intéresser, justement,
15:56jusqu'où pourrait aller Donald Trump,
15:59on va aussi revenir sur la situation actuelle au Venezuela,
16:02parce que Donald Trump dit avoir pris le pouvoir.
16:08Dans les faits, c'est la vice-présidente du Venezuela,
16:11Delcy Rodriguez, qui assure l'intérim.
16:13Qu'est-ce qui va se passer maintenant
16:15pour le gouvernement vénézuélien
16:18et pour les Vénézuéliens ?
16:20C'est la grande question.
16:22Non, mais...
16:23Oui, pour l'instant, c'est Delcy de Rodriguez,
16:24puisque c'est comme ça que fonctionnent les institutions.
16:26C'est qu'une fois que le président a été,
16:29là, pour le coup, quatre forces majeures
16:30enlevées par les États-Unis,
16:33c'est elle qui se retrouve
16:34à la première position pour diriger l'État.
16:37Donc ça, c'était validé par la Cour suprême.
16:38Elle a rencontré, donc, hier, l'armée,
16:42qui lui a approuvé son soutien.
16:43Donc elle a fait un premier discours
16:46où, justement, elle dit d'ailleurs
16:48monter une commission pour demander la libération
16:50quand même du président élu Nicolas Maduro.
16:55Elle dit...
16:55Elle ouvre la voie à une autre diplomatie
16:58avec les États-Unis.
16:59Alors je ne sais plus exactement les termes.
17:00En tout cas, elle propose cette solution.
17:05Maintenant, en effet, c'est comment ça va se passer
17:07en interne, parce qu'on sait très bien
17:10qu'il y a la droite, on va dire,
17:13qui reste aussi importante au Venezuela,
17:16pas forcément vouloir en tirer profit.
17:19Donc on avait déjà vu quelques manifestations.
17:22Il y a une droite aussi encore plus extrême.
17:24On l'a vu avec Machado,
17:25qui a reçu le prix Nobel de la paix,
17:26mais qui est plus à l'extérieur,
17:28on va dire, du pays.
17:29Elle est plutôt minore.
17:30Est-ce que Donald Trump pourrait la choisir
17:32et la désigner à l'aide du pays ?
17:35Il peut, mais sauf qu'il y a aussi,
17:36aujourd'hui, des institutions.
17:37Et je veux dire, lui, il a dit,
17:39Donald Trump, c'est en gros,
17:41il faudrait qu'elle fasse ce qu'on lui demande.
17:43Mais il y a quand même, je veux dire,
17:44un cadre institutionnel.
17:45Il y a une armée, il y a une cour suprême,
17:48il y a un peuple, donc il y a une nation souveraine.
17:51Bien sûr que, je veux dire,
17:52il n'a pas mené une telle opération
17:54pour après, du jour au lendemain, finalement,
17:56jamais elle ne va pas dans son sens
17:59laisser les choses aller.
18:01Mais je pense qu'il y a plusieurs, en fait,
18:04je pense qu'on n'est qu'au début de la situation.
18:08Il y a ce que rappelle Christophe,
18:09c'est aussi un signal envoyé, je pense,
18:11à l'ensemble des dirigeants sud-américains
18:13qui ne veulent pas suivre les États-Unis
18:14sur un certain nombre de choses,
18:15aussi à l'égard de la Chine,
18:17aussi à l'égard de la Russie,
18:18peut-être à l'égard de l'Ukraine.
18:19Enfin, je veux dire,
18:20on peut interpréter aussi ce signal
18:21comme un coup de force pour dire,
18:23voilà, on est aux États-Unis,
18:24on est numéro un.
18:24Et si on décide de rompre le droit international,
18:28on peut le faire aussi.
18:29Et de manière, on va dire,
18:34avec une opération majeure.
18:36Parce que quand même,
18:37d'arriver dans un pays
18:38et kidnapper un président,
18:39ce n'est pas donné à n'importe qui.
18:40Et c'est pour ça aussi,
18:42cette vidéo-là,
18:43c'est pour montrer et faciliter ce récit,
18:45de dire, nous, on est capable
18:47de mener de telles opérations.
18:48Alors, ils l'ont déjà fait par le passé.
18:49Mais là, en plus,
18:50avec les réseaux sociaux,
18:51à l'heure de la vidéo et tout,
18:52je veux dire,
18:53c'est une caisse de résonance
18:54et une menace qui est en effet,
18:56enfin, qui est rendue
18:57de manière internationale.
18:59Sur le Venezuela,
19:01ça tombe bien,
19:01parce qu'on a envoyé un journaliste
19:02qui devrait pouvoir y être
19:04à partir de demain.
19:06Parce qu'il a laissé de passer
19:07la frontière entre la Colombie
19:08et le Venezuela.
19:10On en saura un peu plus.
19:11Mais on le voit que,
19:12mine de rien,
19:13il y a eu des manifestations aussi
19:14de soutien à Nicolas Maduro.
19:16Mais on n'est qu'au début du processus.
19:18Parce que qui pouvait deviner
19:20cet enlèvement ?
19:21Aujourd'hui, par contre,
19:21il y a des règles démocratiques
19:22qui fonctionnent.
19:23C'est une république bolivarienne.
19:27Donc, il faut voir
19:27comment ça a voulu.
19:29Aujourd'hui,
19:29en effet,
19:30c'est Delcide Rodéguez
19:31qui est la dirigeante.
19:33Il va falloir maintenant
19:34compter avec elle,
19:35voir ce qu'elle propose,
19:36ses soutiens.
19:37En tout cas,
19:37on sait aujourd'hui,
19:38puisqu'elle a rencontré l'armée,
19:39qu'elle a le soutien de l'armée.
19:41Donc, il faudra voir
19:42un peu dans les prochaines heures.
19:44Pour revenir sur le peuple,
19:46sur les Vénéjouliens,
19:47tu l'as dit rapidement,
19:49il y a eu des manifestations
19:52pour le retour de Maduro,
19:54mais il y a aussi eu
19:55des fausses images
19:56de manifestations
19:57qui ont été diffusées.
19:59Il y a aussi sur les réseaux sociaux
20:00des vidéos de Vénéjouliens
20:01qui font la fête,
20:02qui célèbrent
20:03la chute de Nicolas Maduro.
20:06Comment on peut...
20:07Enfin, qu'est-ce que...
20:08Comment ils ont réagi, en fait ?
20:11Comment pourraient-ils réagir
20:12à la Vénéjouliens ?
20:12En n'étant pas sur place,
20:13c'est un peu compliqué
20:14de tout voir
20:17et surtout tout analyser.
20:20Ce qu'on peut dire,
20:20c'est encore une fois,
20:21c'est que la société vénéjoulaise
20:23est fracturée
20:25en plusieurs pôles,
20:25on va dire, politiques.
20:27Il y avait le PSUV,
20:28donc le parti au pouvoir.
20:30Il y avait aussi
20:30le parti communiste vénéjoulaire,
20:32mais qui faisait partie
20:32d'une coalition large
20:34qui est au pouvoir.
20:37Il y avait la droite
20:38avec à l'intérieur de la droite
20:39plusieurs paires et plusieurs tendances.
20:41On a vu celle qui a reçu,
20:42par exemple,
20:43le prix Nobel de la PEC
20:45qui était Machado,
20:47qui est vraiment une droite extrême,
20:49ou extrême droite,
20:50qui, elle, a appelé
20:51un reversionnement de régime
20:52par tous les moyens possibles.
20:53Elle était d'accord
20:54avec une opération
20:55de type ce qui s'est passé
20:56il y a plus de 48 heures.
20:58Il y a une droite,
20:59on va dire,
21:00qui se pliait au jeu
21:01et aux règles démocratiques,
21:02qui participait aux élections
21:05et qui, en tout cas,
21:07continuait de manifester,
21:08on va dire,
21:09démocratiquement
21:09à l'intérieur du Venezuela.
21:11Donc, en fait,
21:11ces différentes tendances,
21:13il faudra voir après
21:14comment elles se manifestent.
21:15Bien sûr qu'aujourd'hui,
21:16la droite sur place
21:17ou la droite,
21:18on va dire,
21:20extrême,
21:20qui est sur place,
21:22mais surtout,
21:22beaucoup de ses dirigeants
21:23sont quand même
21:24à l'étranger aujourd'hui,
21:25Machado compris,
21:26vont vouloir tirer profit
21:28de ce scénario-là
21:30pour imposer
21:31un changement de régime
21:33parce que c'est là
21:34où on l'aborde.
21:36Il y a la question du pétrole,
21:37Christophe l'a rappelé,
21:38mais aussi la question politique,
21:39d'ailleurs,
21:39parce que c'est vraiment
21:40une volonté politique
21:42et un signal politique
21:43envoyé aujourd'hui
21:44par Donald Trump.
21:45D'ailleurs,
21:46Christophe,
21:47jusqu'où Donald Trump
21:48est capable d'aller ?
21:51Quels sont les autres pays
21:52qui pourraient voir
21:53sur leur territoire
21:55une opération militaire
21:56des États-Unis ?
21:58Je pense que c'est un peu
22:00prématuré de répondre.
22:01D'abord,
22:02je n'ai pas l'élément de réponse.
22:03Si j'avais un élément de réponse,
22:05je ne serais peut-être pas ici
22:06à vous parler.
22:07Je suis en train de vendre
22:08mes informations
22:09au plus offrant.
22:10Non, sérieusement.
22:10Je pense que c'est un peu prématuré.
22:12Je vais essayer de dire pourquoi.
22:14On n'est pas encore au bout
22:15de l'opération au Venezuela
22:18parce que le but,
22:19ce n'est pas seulement
22:20d'enlever Nicolas Maduro
22:21pour le traduire
22:23devant la justice états-unienne.
22:24D'ailleurs,
22:24je viens de lire très rapidement
22:26en diagonale
22:26pendant que vous parliez
22:27l'acte d'accusation
22:29qui va être rendu public,
22:30qui est public d'ailleurs.
22:33Il y a peu de choses spécifiques,
22:36d'accusations spécifiques,
22:38outre l'importation de cocaïne
22:40aux États-Unis.
22:41Et par rapport
22:42à l'acte d'accusation de 2020,
22:44ce qui est drôle,
22:45c'est que toutes les mentions
22:45au Honduras
22:47ont été virées.
22:50Le Honduras,
22:50dont le président
22:51a été convaincu
22:52d'être un narcotrafiquant
22:53et qu'il a été gracié
22:54par Donald Trump.
22:55Bref, ça, c'est une chose.
22:56Donc, on n'est pas
22:57au bout de l'opération.
22:59L'enlèvement de Maduro,
23:00c'est l'étape numéro un.
23:01L'étape numéro deux,
23:03c'est ou le changement de régime,
23:05ou la mise au pas du régime
23:07pour qu'il soit en coordination
23:10parfaite avec Washington.
23:11La vice-présidente,
23:13enfin, l'ancienne vice-présidente
23:14qui est devenue la présidente,
23:15n'a pas dit ça.
23:16Et même, on voit que du côté
23:17de Washington,
23:18la deuxième étape
23:19est encore en débat.
23:20C'est d'un côté,
23:21Donald Trump dit
23:21c'est nous qui allons diriger le pays.
23:23De l'autre côté,
23:24Marco Rubio dit
23:25non, non, mais vous avez mal compris,
23:26il n'a pas dit ça.
23:27Donald Trump, il a dit,
23:28il joue sur le mot
23:29« to run » en anglais.
23:30Il dit
23:30nous allons diriger
23:31les politiques de...
23:33Donc, voilà.
23:35Peut-être ont-ils pensé,
23:36on ne peut qu'émettre
23:38que des hypothèses
23:40à ce stade,
23:40peut-être ont-ils pensé
23:41que cette spectaculaire
23:42opération militaire
23:44dont seuls
23:45les États-Unis
23:46sont capables,
23:46c'est un budget
23:47de 1 000 milliards de dollars
23:50annuellement,
23:51c'est-à-dire
23:51c'est un tiers
23:52du PIB français,
23:53c'est le budget
23:54de l'armée américaine
23:55pour donner un peu
23:56une idée.
23:57Donc, seuls
23:57les États-Unis
23:58sont capables
23:59de faire ça
24:00dans le monde
24:00et peut-être ont-ils pensé
24:01que ça suffisait
24:02pour mettre au pas
24:03ou éventuellement
24:04pour faire tomber
24:05le régime.
24:05Ce qui ne semble pas
24:06se dessiner
24:07pour l'instant.
24:08Donc, la deuxième étape
24:09maintenant,
24:09c'est si
24:10le gouvernement,
24:14les institutions
24:16vénézuéliennes
24:16restent telles que,
24:18que faire ?
24:19L'État,
24:19c'est une sorte
24:20de coup d'épée
24:21dans l'eau.
24:22Donc,
24:23Donald Trump
24:23n'exclut pas
24:24d'envoyer des troupes
24:25au sol,
24:25il l'a dit.
24:26Marco Rubio dit
24:27non,
24:27mais ce n'est pas
24:27tout à fait ça.
24:28Alors,
24:28est-ce que c'est concerté
24:29entre le côté,
24:30vous savez,
24:30good cop,
24:31bad cop,
24:32gentil flic,
24:32méchant flic ?
24:33Peut-être,
24:34mais on voit quand même
24:35qu'il y a un petit nœud
24:37de contradiction
24:38dans la stratégie américaine
24:41et qu'en tout cas,
24:41elle ne peut pas rester là.
24:43Et donc,
24:44pour que le Venezuela
24:45puisse faire vraiment,
24:47avoir son effet démonstratif
24:48auprès d'autres pays,
24:50le Mexique,
24:51la Colombie,
24:52il faut qu'ils aillent
24:53au bout du Venezuela.
24:54Et en l'État,
24:55je le répète,
24:59stratégiquement,
24:59ils ne peuvent pas
25:00être au bout de ça
25:01si ce n'est à reconnaître
25:03une forme d'échec.
25:05C'est clair ce que je viens de...
25:07J'avais juste une question
25:09pour Christophe
25:10sur l'aspect politique
25:13interne aux États-Unis.
25:16Est-ce que comment...
25:17Alors,
25:18on a un reportage,
25:19c'est Sylvie Laurent,
25:20c'est ça,
25:20qui nous a fait un petit papier
25:21sur les manifs à New York ?
25:22Sarah Laurent.
25:23Pardon,
25:24Sylvie Laurent,
25:25c'est historien.
25:27Non,
25:28sur la réaction politique
25:30aux États-Unis,
25:31par exemple au Congrès,
25:32par les démocrates,
25:32etc.
25:32Est-ce que ça peut entraver
25:35la stratégie de Donald Trump
25:36ou pas du tout ?
25:38Non,
25:39je ne pense pas trop
25:39parce que Donald Trump
25:41a marché une fois de plus
25:42sur le Congrès.
25:45qu'il n'a pas demandé
25:46d'autorisation.
25:47C'est aussi une façon
25:48pour lui,
25:49en interne,
25:49ce n'est pas le point principal,
25:50mais de continuer
25:51à étendre le champ
25:52de l'exercice
25:54de compétences présidentielles.
25:56Il y a eu,
25:57chez les démocrates,
25:58il y a eu deux types
25:59de réactions.
26:00Il y a eu des réactions
26:01très claires et très nettes,
26:03plus de l'aile gauche,
26:04mais pas uniquement
26:05en disant
26:07contravention
26:08au droit international.
26:09Et il y a une autre frange
26:10des démocrates
26:11qui est un peu plus
26:13embêtées
26:13en disant
26:14« oui,
26:15c'était une dictature,
26:16mais on ne peut pas
26:16vraiment s'y prendre
26:17comme ça. »
26:20Les démocrates
26:21sont un peu plus
26:21en berlificoté,
26:22par exemple.
26:23Je n'ai pas vu la réaction
26:26parce qu'elle n'existait pas,
26:27enfin,
26:27elle n'existait pas ce matin,
26:28de Gavin Newsom
26:29qui est le gouverneur
26:29de Californie
26:31et qui est l'un des prétendants
26:33a priori,
26:34même s'il n'est pas déclaré
26:34à la prochaine primaire
26:36démocrate
26:37pour l'élection présidentielle.
26:38Là où Alexandria Ocasio-Cortez,
26:39qui n'est elle aussi
26:40pas déclarée,
26:41mais dont on dit
26:42de plus en plus
26:42qu'elle va se présenter
26:44à la présidentielle,
26:45a eu une prise de position
26:46très claire
26:47contre cette aventure
26:49de changement
26:49de régime.
26:52Et du coup,
26:53pour revenir au Venezuela
26:54et à l'échelle régionale,
26:56quelles pourraient être
26:56les conséquences
26:57de cette opération militaire ?
27:01C'est un peu
27:03ce que dit Christophe,
27:04c'est-à-dire qu'on est
27:06dans une première phase.
27:08C'est-à-dire que là,
27:09il y a eu la prise
27:12du président vénézuélien
27:14et de l'amener aux États-Unis.
27:16Comment va se positionner
27:17maintenant le régime vénézuélien ?
27:20Ça tira en tout cas
27:21tout de ce qui peut être
27:23la suite aussi
27:23pour le continent sud-américain.
27:26Forcément,
27:26les menaces là aujourd'hui
27:27vis-à-vis du Mexique,
27:29de la Colombie
27:29et surtout de Cuba,
27:31parce que je pense
27:31qu'en effet,
27:34le prochain pays,
27:36en tout cas,
27:37qui est quand même visé
27:38et surtout qui est
27:39toujours sous sanction,
27:40parce qu'il ne faut pas
27:41oublier quand même
27:41que pareil,
27:43si on montre le film,
27:43on n'a pas parlé,
27:44mais le Venezuela
27:45depuis maintenant
27:46un mois,
27:46deux mois,
27:47était sous sanction
27:49pétrolière.
27:49C'est-à-dire que les États-Unis,
27:51ils appareillaient
27:52différents pétroliers,
27:53mais ils interdisaient
27:54au Venezuela
27:56d'exporter leur pétrole,
27:57ce qui est quand même
27:58une des principales
27:59manes financières.
28:01Mais Cuba
28:02est quand même
28:02sous sanction
28:02depuis des décennies,
28:04vivait quand même
28:05grâce à un allié
28:07qui est le Venezuela.
28:08Aujourd'hui,
28:08forcément,
28:09s'il y a changement
28:10de régime,
28:11ou en tout cas,
28:11s'il y a un régime
28:12qui est plus favorable
28:13aux États-Unis,
28:14ça va devenir
28:15de plus en plus difficile
28:16pour Cuba,
28:17qui est quand même
28:18dans une grande crise économique,
28:20qui a de moins en moins
28:21de soutien
28:21sur le plan international,
28:23parce que,
28:24mine de rien,
28:24les sanctions américaines
28:25font peur aussi,
28:26parce qu'il faut rappeler
28:27avec la guerre en Ukraine,
28:29avec Cuba,
28:30avec le Venezuela,
28:31la mainmise aussi
28:32financière et économique
28:33des sanctions
28:34que font poser Washington
28:35à différents régimes.
28:37Elle est réelle,
28:37je veux dire,
28:38quand on veut commercier
28:39avec Cuba,
28:40ça passe par des établissements
28:41bancaires,
28:41et c'est extrêmement compliqué
28:42aujourd'hui
28:43de pouvoir le faire,
28:45parce que le dollar
28:47permet aussi
28:48des sanctions
28:48et un outil massif,
28:50on va dire,
28:51pour une politique
28:52étrangère américaine.
28:55pour le continent,
28:56les suites,
28:57ça va être de voir
28:58si les menaces
28:58qui ont été émises
28:59par Washington
29:02vont aller au bout,
29:03mais comme le dit Christophe,
29:05on n'est vraiment
29:05qu'au début,
29:05je pense,
29:06de l'impact
29:07de ce qui s'est passé
29:08maintenant,
29:09il y a 48 heures,
29:10est-ce qu'il y aura
29:10un changement de régime
29:11ou pas au Venezuela ?
29:12À partir de là,
29:13je pense que ça va dérouler.
29:16En tout cas,
29:16aujourd'hui,
29:17il y a quand même
29:17des pays
29:18avec des présidents
29:19qui ont été élus,
29:20le Mexique et la Colombie.
29:22Est-ce qu'ils peuvent faire
29:23ce même type d'opération
29:24au Mexique et en Colombie ?
29:27Militairement,
29:27certainement,
29:28mais ça veut dire
29:28que ça a été,
29:30je pense,
29:31une très longue opération
29:32à mettre en place.
29:33Je ne suis pas sûr
29:34qu'aujourd'hui,
29:34ils sont en possibilité
29:37de réitérer
29:38ce même type d'opération.
29:40Et concernant
29:41l'ordre mondial,
29:43est-ce qu'il pourrait aussi
29:44y avoir des conséquences
29:44?
29:45Oui.
29:45Alors ça,
29:46pour le coup,
29:46mais pas que par Donald Trump.
29:48Je pense qu'en fait,
29:48on arrive dans une certaine
29:53fuite en avant
29:54de l'utilisation
29:55du droit à la force.
29:56Ce n'est même pas un droit,
29:57d'ailleurs,
29:57mais l'utilisation à la force.
29:59Parce que,
30:00bon,
30:01là,
30:01il y a carrément
30:02une opération
30:03qui a été menée
30:03pour prendre un président
30:05élu dans un pays
30:07souverain.
30:08Mais il y a eu,
30:08il y a encore
30:09quelques années en arrière,
30:10on peut parler de l'invasion,
30:11par exemple,
30:11de l'Ukraine
30:13par la Russie.
30:14On peut parler aussi
30:14de tout ce qui s'est passé
30:15autour de Gaza,
30:16même s'il y a eu
30:17un accord de paix,
30:18finalement,
30:18rien n'a aujourd'hui,
30:19un accord de paix
30:20avec des guillemets,
30:21mais rien n'a été réglé.
30:22Je veux dire,
30:23il y a un génocide
30:23qui a été commis.
30:24Pareil,
30:25on peut le voir
30:25sur un certain nombre
30:26de crimes de guerre
30:27dans tout ce qui se passe
30:28aujourd'hui en Ukraine.
30:30Finalement,
30:30le recours à la force
30:31aujourd'hui
30:31n'est plus limité.
30:33ce qu'on peut dire
30:34après 1945
30:35et la création
30:37de l'ONU
30:37d'un certain nombre
30:38de cadres,
30:38on va dire,
30:39internationaux,
30:40la justice internationale,
30:42on avait quand même,
30:43mine de rien,
30:45des rapports de force
30:46qui étaient soumises
30:47à certaines règles.
30:48Bon, ça pouvait fonctionner
30:49ou pas fonctionner.
30:50Il y a quand même eu
30:50la guerre froide,
30:51des coups d'État,
30:51et ça,
30:52Christophe l'a rappelé,
30:52dans le continent
30:54sud-américain
30:55qui ont été
30:57nombreuses.
30:58Il y a des conflits,
30:59il y a eu les interventions
30:59quand même en Irak,
31:00qui ont eu les interventions
31:01je veux dire aussi
31:02en ex-Yougoslavie.
31:03Il y a différentes opérations
31:05qui ont été occidentales
31:06qui n'ont pas forcément
31:07respecté aussi
31:08le droit international.
31:09Mais on voit aujourd'hui
31:10une accélération quand même
31:11et une mise à part
31:13des quelques rares garanties
31:15que pouvaient se permettre
31:16la Charte de l'ONU
31:17ou d'autres instances
31:19internationales
31:19qui sont mises en branle
31:21par ce qui s'est passé
31:22là depuis maintenant
31:234-5 ans.
31:24Et c'est cette accélération
31:25qui fait peur.
31:26Parce qu'aujourd'hui,
31:26comment justifier,
31:28par exemple,
31:28si en effet,
31:29on peut parler de la Chine,
31:30si la Chine décide,
31:32je ne pense pas
31:32que ce soit le cas aujourd'hui,
31:33mais par exemple,
31:34de mener la même opération
31:36à Taïwan
31:36vis-à-vis d'un président élu.
31:40Quelles reproches
31:40pourront faire
31:41et notamment
31:42l'Occident
31:43et l'Europe
31:44qui aujourd'hui
31:45finalement
31:46est assez silencieuse
31:47par rapport
31:47à ce qui s'est passé
31:48au Venezuela
31:49et par rapport
31:50à l'attitude américaine.
31:51C'est encore une fois
31:51le deux poids deux mesures.
31:53On a eu de cesse
31:54de répéter
31:54ces dernières années.
31:55Mais entre ce qui se passe
31:56en Ukraine
31:57et les sanctions
31:58qui sont mises
31:59à l'égard de la Russie,
32:00qui est une bonne chose,
32:01on respecte ou pas
32:02le droit international
32:02et finalement
32:03vis-à-vis d'Israël
32:04par rapport à la Génézide
32:05ou là par rapport
32:05aux Etats-Unis
32:06qui peuvent se permettre
32:07de violer le droit international.
32:08C'est des signaux
32:09qui sont envoyés
32:09au pays du Sud
32:10et à d'autres pays
32:11qui peuvent dire
32:12finalement
32:13le droit international
32:14on peut en faire
32:14ce qu'on veut
32:15après tout
32:16il n'y aura pas
32:17de sanctions
32:17sinon il y aura des sanctions
32:18mais finalement
32:19si on est faible.
32:20Est-ce qu'avant
32:21qu'on passe
32:22aux questions du chat
32:22je veux bien dire
32:23un mot là-dessus
32:24sur la question
32:25sur la stratégie
32:28de Donald Trump
32:29et de l'administration Trump
32:30au regard du droit international
32:31en fait
32:32les Etats-Unis
32:33de Donald Trump
32:34sont les principaux
32:36destructeurs
32:37d'un système
32:38multilatéraliste
32:39qui a été mis en place
32:40en 1945
32:41Vadim l'a mentionné
32:43notamment
32:43par les Etats-Unis
32:44de Franklin
32:46de la Noro
32:46de la Noro
32:52Je fais un peu de pub
32:53dans le prochain
32:53Humanité Magazine
32:55je fais les 7 travaux
32:58de démolition
32:58de Donald Trump
32:59dont un sur
33:00la restauration
33:01de l'hégémonie américaine
33:02et Marco Rubio
33:03lors de son audition
33:05de confirmation
33:07face au Sénat
33:08avait dit
33:08je retrouve la phrase
33:09et je l'ai ici
33:10quelque part
33:12l'ordre international
33:14l'ordre mondial
33:15d'après-guerre
33:16n'est pas seulement obsolète
33:17il est désormais
33:18une arme utilisée
33:19contre nous
33:19et en fait
33:20l'analyse
33:20que fait une partie
33:22des élites
33:23des Etats-Unis
33:23parce qu'on parle toujours
33:24de Donald Trump
33:25le mec n'est pas seul
33:26il y a des gens
33:26qui réfléchissent autour
33:27il y a l'appareil
33:28de sécurité collective
33:29voilà
33:30et donc
33:31l'analyse
33:32qui est faite
33:33c'est que
33:35le multilatéralisme
33:36tout ce qui a été mis en place
33:38est appliqué
33:39de manière imparfaite
33:41depuis 1945
33:42donc l'ONU
33:43et tous les
33:44tous les organismes
33:46les décisions partagées
33:48la coopération
33:48dans un monde
33:49qui est devenu
33:50beaucoup plus complexe
33:53voire multipolaire
33:55tout ça
33:56sont des freins
33:58mis à la puissance
33:59et à l'hégémonie
34:00américaine
34:00donc il faut se libérer
34:01de tout ça
34:02donc on voit bien
34:04que
34:04ça passe évidemment
34:06par l'ONU
34:07ça passe même pas
34:08par les
34:10par le
34:13l'OTAN
34:13enfin
34:14les Etats-Unis
34:15seuls
34:16on a un moment
34:18enfin c'est un peu
34:18confus
34:19j'essaie de le remettre
34:19en ordre
34:19on a dit
34:20il y a quelques années
34:21que Donald Trump
34:22était un isolationniste
34:23l'America first
34:25certains ont pu croire
34:26se sont laissés berner
34:27en disant
34:27qu'il ne mènerait pas
34:28de nouvelle guerre
34:29mais en fait
34:30Trump n'est pas
34:30un isolationniste
34:32c'est un unilatéraliste
34:33voilà
34:33et donc
34:34il a besoin
34:35pour avancer
34:36de casser
34:37tout ce qui était
34:38construit
34:38à partir de 1945
34:39qui était très imparfait
34:40l'ONU est un outil
34:42très très très imparfait
34:44et donc ça
34:46ça a un impact
34:47concret
34:48parce que de toute façon
34:49évidemment
34:50il squeeze
34:51tous ces organismes
34:52et puis il va continuer
34:53et il l'a fait pour Gaza
34:55dans une relation
34:58bilatérale
34:58avec
34:58avec Israël
34:59et d'imposition
35:01d'un
35:01d'un comité international
35:02que lui
35:03que lui présiderait
35:04en dehors de toute
35:06alors il a fait voter
35:07après
35:07une résolution
35:09de l'ONU
35:10mais l'ONU
35:10n'y est absolument
35:11pour rien là-dedans
35:12donc on est sur quelque chose
35:13là d'assez
35:16d'assez profond
35:17et une matrice
35:19de la politique étrangère
35:20de Donald Trump
35:20qui va
35:21qui va continuer
35:21clairement
35:22à l'ONU
35:22pour la politique étrangère
35:22donc on est sur quelque chose

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