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  • il y a 2 jours
Avec la crise sanitaire, la jeunesse a vu ses difficultés s'accroitre, qu'il s'agisse des conséquences du confinement en lui-même, ou de l'impact d'autres mesures précédentes telles que la réduction des APL. Augmentation de la pauvreté, étudiants précaires, recours croissant aux banques alimentaires... Génération sacrifiée ou au contraire jeunesse engagée ?

Pour répondre à ces questions étaient présents sur le plateau TV de l'Humanité: Léon Deffontaines, secrétaire général du Mouvement des Jeunes communistes de France, Samya Mokhtar du bureau national de l'UNEF, et Alexandre Fels du collectif Jeunes CGT.

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Transcription
00:00Bonjour au plateau direct de cette fête de l'humanité autrement pour le dernier débat du jour.
00:06Nous avons évoqué aujourd'hui souvent les premiers de corvée,
00:09ceux qui ont fait tourner le pays durant le confinement,
00:11sans d'ailleurs forcément être payés en retour.
00:14Mais la jeunesse aussi, durant cette période, a vu ces difficultés souvent exacerbées,
00:19que ce soit le confinement en lui-même ou d'autres mesures précédentes,
00:26comme la réduction des APL.
00:27Alors, jeunesse sacrifiée ou au contraire jeunesse engagée,
00:32on en débat tout de suite avec vous, Génie, et vos invités.
00:35Merci Lionel. Alors on va les présenter tout de suite, ces invités qui sont avec nous
00:39pour parler justement de leur engagement, de leur combat
00:42et aussi des difficultés inhérentes à la jeunesse en général
00:45et plus particulièrement dans cette crise du Covid.
00:49Alors, premier invité, c'est vous Léon Defontaine. Bonjour.
00:53Vous êtes membre du mouvement des jeunes communistes français.
00:58Deuxième invité, c'est vous Samia Mokhtar.
01:02Vous, vous êtes au bureau national de l'UNEF, vous représentez les étudiants sur ce plateau.
01:06Et puis les travailleurs sont représentés par Alexandre Feltz.
01:09Bonsoir, bonjour.
01:10Et vous, vous êtes du collectif Jeunes CGT.
01:13Alors, on va voir avec vous, peut-être je vais vous donner la parole en premier,
01:16Samia Mokhtar.
01:17D'une part, comment s'est passé le confinement ?
01:20On a beaucoup parlé des étudiants et des étudiants qui venaient grossir les queues des banques alimentaires.
01:26Ça a été aussi, sans doute le cas de jeunes travailleurs qui ont perdu leur emploi,
01:29mais les étudiants, ça a été vraiment assez massif.
01:33Alors, est-ce que vous pouvez m'expliquer comment vous avez pu observer cette crise qui a frappé les étudiants
01:38?
01:39Je me suis laissée dire qu'elle les frappait encore, puisque beaucoup n'ont pas pu travailler cet été.
01:44Donc, la rentrée est particulièrement difficile pour les étudiants en modeste, on va dire.
01:49Oui, en effet.
01:50Du coup, effectivement, le mot que vous avez utilisé, exacerbé, c'est bien ça,
01:53parce que cette crise, aujourd'hui, elle a mis en lumière certaines problématiques,
01:57mais qui existaient déjà avant en réalité.
01:59Donc, il y a une précarité étudiante qui est très forte aujourd'hui,
02:03parce qu'on a une augmentation du coût de la vie qui augmente d'année après année.
02:06On a des étudiants qui sont contraints de se salarier à côté de leurs études pour simplement pouvoir vivre.
02:12Quand on regarde le prix des loyers dans certaines villes étudiantes,
02:16où c'est compliqué de finir les fins de mois,
02:20on a beaucoup de problématiques là-dessus.
02:22Et puis, surtout, aujourd'hui, la précarité étudiante, c'est un frein à la réussite des étudiants, etc.
02:31Vous parlez de beaucoup d'étudiants salariés, mais il y en a plus de 50%, je crois.
02:34C'est ça. On est près de 50% d'étudiants qui sont obligés de se salarier à côté de
02:37leurs études.
02:38En parallèle de ça, on a un système d'aide sociale de bourse qui est insuffisant,
02:43qui est aussi infantilisant, puisqu'il est calculé sur le revenu des parents,
02:46alors que ça ne correspond pas forcément.
02:49Et puis, aujourd'hui, on n'a pas suffisamment d'étudiants qui ont droit aussi à cette bourse.
02:53On est sur 27% des étudiants qui ont accès à une bourse seulement.
02:57Et donc, effectivement, on a eu pas mal de problématiques pendant la période de confinement.
03:02Du jour au lendemain, on a des universités qui ont fermé,
03:05des jeunes qui se sont retrouvés licencés de leur job étudiant pour ceux qui travaillaient,
03:11qui n'ont eu plus aucun moyen de pouvoir survivre.
03:15C'est aussi sur les logements où ça a été assez compliqué,
03:18parce que quand on ne peut pas avoir d'activité,
03:21comment est-ce qu'on peut faire pour financer un logement dans le privé
03:23ou même ses résidences universitaires, etc.
03:26Donc, il y a quand même eu pas mal de problématiques.
03:29Et donc, oui, pendant le confinement, on a eu du coup une prise de conscience
03:33dans la société de la situation des étudiants.
03:36C'est beaucoup revenu dans le débat public,
03:38notamment avec la question des distributions alimentaires.
03:41Ce qu'on a vu surtout, c'est des jeunes qui se sont mobilisés sur ces questions-là
03:45et qui ont décidé de s'organiser pour faire jouer la solidarité
03:49et distribuer au plus précaire ces aides alimentaires.
03:54Mais au-delà de ça, cette crise, elle touche encore les étudiants aujourd'hui
03:58parce qu'on est sortis du confinement, d'accord.
04:00Par contre, il y a toute la question des retombées de la crise.
04:04Donc, notamment, on va rentrer sur une crise économique
04:06où les jeunes vont être les premiers à payer là-dessus.
04:09Mais on a aussi beaucoup d'étudiants qui n'ont pas pu trouver de job pendant les vacances,
04:13qui aujourd'hui n'en trouvent toujours pas pendant l'année,
04:16qui n'ont pas trouvé de stage, etc.
04:18et qui se retrouvent encore dans une situation de précarité.
04:21Et face à ça, les mesures qui ont aussi été prises par le gouvernement,
04:25elles sont assez moindres.
04:27On a réussi à obtenir des victoires sur les aides à la connexion,
04:30des aides alimentaires université par université,
04:33grâce à la mobilisation des étudiants et des syndicats notamment.
04:37On a réussi à obtenir une aide de 200 euros également
04:40pour les étudiants qui ont perdu leur stage ou leur job
04:43et les étudiants ultramarins.
04:45Et puis, là, on a eu une annonce du coup du ticket restaurant universitaire
04:51qui passe à 1 euro pour les étudiants boursiers.
04:53Seulement, alors ça, c'est un premier pas.
04:55Par contre, ce n'est toujours pas suffisant
04:56parce qu'on a beaucoup d'étudiants qui se retrouvent en dehors de ces aides-là.
05:00Avec des grosses problématiques.
05:01Et aussi, le confinement a mis en lumière la condition de vie des étudiants.
05:05Confinés plusieurs mois dans 11 mètres carrés ou dans 9 mètres carrés,
05:09c'est quand même quelque chose qui était particulièrement difficile à vivre pour nombre d'entre eux.
05:13C'est ça.
05:13Le confinement, il a été très compliqué pour les étudiants
05:15parce que oui, il y a la question du logement et des conditions dans lesquelles on a été.
05:19Que ce soit ceux qui sont résidents universitaires,
05:21parfois logés dans 9 mètres carrés,
05:23ou même ceux qui se sont retrouvés en famille
05:25mais du coup avec des frères et sœurs, des parents qui travaillaient
05:29où ce n'est pas les meilleures conditions pour pouvoir suivre des études.
05:32Il y a aussi des problèmes de connexion, etc.
05:35Donc il y a eu quand même...
05:36Oui, parce que rappelons-le, les universités n'ont pas réouvert.
05:40L'école a un petit peu repris,
05:42mais les universités, c'est-à-dire que jusqu'à la rentrée universitaire,
05:45les étudiants sont un petit peu laissés comme ça face à eux-mêmes.
05:48Exactement.
05:49La gestion des universités a été assez problématique
05:52parce qu'au final, il n'y a eu quasiment aucune consigne
05:54qui a été donnée de la part du gouvernement sur les facs.
05:56On a fermé les universités le 13 mars, il me semble,
06:01et elles n'ont pas réouvert.
06:03Donc il y a eu des problématiques sur comment est-ce qu'on arrive
06:05à faire une continuité pédagogique
06:08puisque du jour au lendemain, en fait, les universités,
06:10les professeurs n'avaient pas les outils ni les étudiants
06:13pour pouvoir poursuivre.
06:14Ça a été une bataille très longue aussi sur les examens
06:17parce qu'on s'est retrouvés avec des examens en ligne un peu partout.
06:20Le 9 a mené la bataille sur le 10 améliorables
06:23qui permettait aussi à des jeunes qui n'avaient pas de connexion Internet,
06:27qui n'étaient pas dans les meilleures conditions
06:28pour pouvoir réussir leur examen,
06:31de pouvoir valider et ne pas être pénalisés par ça.
06:34Donc ça a été une longue bataille.
06:36Ce que j'entends dans ce que vous me dites,
06:37c'est que ça a aussi exacerbé les inégalités
06:39entre les étudiants qui ont les moyens
06:40et puis ceux qui ne les ont pas.
06:42C'est-à-dire là, vraiment,
06:44toute l'égalité républicaine a été un petit peu mise à mal
06:48dans ce domaine comme dans d'autres.
06:49Pour le coup, oui, aujourd'hui,
06:51il existe déjà des inégalités à l'université,
06:53que ce soit sur la précarité,
06:55enfin la question financière, on va dire,
06:57de vivre au quotidien,
06:58que ce soit aussi sur les outils qu'on a à disposition
07:01pour pouvoir faire son parcours de formation normalement.
07:04Et oui, cette crise a exacerbé du coup d'autant plus ça
07:07parce qu'on a des étudiants qui n'ont pas du tout favorisés
07:12par ce qui a été donné en place
07:14et d'autres qui avaient un peu moins de problèmes, etc.
07:18Effectivement, alors ça, c'est la question des étudiants,
07:20mais les jeunes salariés,
07:21et on va l'évoquer avec vous, Alexandre Fels,
07:24n'ont pas été aussi tous logés à la même enseigne
07:27en fonction du contrat de travail qu'ils avaient.
07:29Tous les salariés précaires,
07:31c'est souvent des jeunes d'ailleurs,
07:33ont été licenciés,
07:34n'ont pas pu forcément bénéficier du chômage partiel.
07:37Il y a aussi, vous, à la CGT,
07:39c'est quelque chose que vous avez relevé,
07:40ce sont des inégalités face au Covid que vous avez pu noter ?
07:46C'est sûr que les jeunes ont beaucoup subi l'impact du Covid,
07:51notamment par leur contrat de travail
07:52parce qu'ils sont souvent en CDD, en intérim, etc.
07:55Donc les premiers contrats qui sont arrêtés
07:58quand il y a un problème pseudo-économique,
08:02parce qu'on peut en parler du problème économique,
08:03c'est encore autre chose,
08:05mais en tout cas, les premiers contrats qui sont arrêtés,
08:07ce sont les jeunes,
08:08ou en tout cas, ceux qui sont dans des contrats précaires.
08:10Et la majorité, ce sont les jeunes.
08:12Dans beaucoup d'entreprises,
08:14on emploie des jeunes, des étudiants,
08:18pour travailler quotidiennement.
08:19Donc c'est eux qui ont subi le premier impact, effectivement.
08:22Voilà, et c'était les gens les plus faciles à licencier
08:24parce que ceux qui coûtaient moins cher aussi à licencier.
08:27En tout cas, c'était la facilité, effectivement,
08:29parce que quand quelqu'un a l'intérim,
08:32on n'a pas besoin d'attendre trois semaines
08:33ou un mois ou la fin de son contrat
08:35pour finir la tâche, le travail.
08:40Et justement, le fait que, là, on a vu vraiment le danger
08:44que représentaient les contrats précaires
08:46sans filet de sécurité.
08:47Est-ce que, du coup,
08:49ce que vous faites depuis des années,
08:51c'est-à-dire défendre le droit du travail,
08:53est-ce que vous avez senti,
08:54chez les jeunes, chez vos collègues,
08:56une prise de conscience
08:57qu'il fallait vraiment défendre le CDI,
09:01défendre le droit du travail ?
09:03Je pense que la prise de conscience, c'est fait sur deux choses.
09:05Déjà sur le salaire,
09:07parce qu'il y en a beaucoup qui ont perdu du salaire,
09:08y compris ceux qui avaient des salaires un peu différés,
09:11par des primes, etc.,
09:13qui n'étaient plus en déplacement pour certains
09:15ou d'autres causes,
09:17qui, eux, ont subi un impact salarial direct.
09:20Et y compris, du coup, ceux qui étaient en intérim
09:23et ceux qui étaient en CDD,
09:24ils ont subi parce que leurs contrats ont souvent été arrêtés.
09:28Après, est-ce que c'est quelque chose
09:29qu'on subit plus qu'avant ?
09:31C'est quelque chose qu'on a souvent dénoncé.
09:33Nous, on est pour le contrat...
09:37À durée indéterminée ?
09:38À durée indéterminée, mais surtout non précaire.
09:40Parce que durée indéterminée,
09:41ça ne veut pas forcément dire que ce n'est pas précaire.
09:43Donc, c'est que ce soit dans une entreprise,
09:46qu'un salarié dans une entreprise puisse s'y épanouir.
09:49Et aujourd'hui, ce n'est pas toujours le cas.
09:51Alors là, effectivement,
09:53je pense que le patronat a quand même profité un peu de la situation
09:59pour faire des choix stratégiques et économiques.
10:02Oui, ça, c'est bien sûr.
10:04On a pu le constater.
10:05Et justement, est-ce que vous constatez un élan
10:08vers les syndicats, vers le vôtre,
10:10en l'occurrence la CGT,
10:12qui a toujours défendu ça ?
10:14Un élan, c'est sûr qu'il y a des gens
10:16qui reconnaissent la CGT en tant que syndicalisme de lutte.
10:21Il ne faut pas le nier.
10:23Et il y en a beaucoup qui viennent.
10:24Après, on a eu beaucoup, beaucoup de coups de téléphone
10:26parce qu'on a mis aussi en place des numéros verts
10:28pour informer et aider les salariés.
10:33Aujourd'hui, on ne peut pas...
10:35Alors, je n'ai pas les éléments aujourd'hui
10:36pour dire qu'il y a plus de syndiqués qu'avant.
10:37Mais en tout cas, il y a beaucoup de gens
10:39qui nous ont appelés pour au moins avoir des informations
10:42sur la manière avec laquelle était fait
10:44le confinement de l'entreprise,
10:46le chômage partiel, etc.
10:48Et beaucoup sont revenus vers nous sur ces sujets-là.
10:50Oui, donc il y a au moins une prise de conscience
10:51de l'utilité d'un syndicat.
10:52Ce qui est toujours une bonne chose.
10:55Effectivement, mon départ.
10:56Voilà, c'est un bon début.
10:59Léon Desfontaines, vous êtes le politique de ce plateau.
11:03Donc, c'est vrai que l'engagement politique
11:05dans un parti de gauche, c'est quelque chose
11:08qu'il faut porter des valeurs fortes pour le faire.
11:12Des valeurs qui sont parfois dévoyées
11:14dans une société ultra-libérale.
11:16Est-ce que le constat qu'on a pu faire
11:18par rapport aux services publics, à leur nécessité,
11:20par rapport à la nécessité d'une solidarité,
11:22qui sont des valeurs que vous portez depuis toujours,
11:24ces valeurs qui se sont imposées pendant la crise,
11:27est-ce qu'elles ont amené à vous des jeunes
11:30ou est-ce qu'elles vous ont conforté
11:31dans votre engagement politique ?
11:33Oui, elles nous ont conforté, ça c'est indéniable.
11:35Mais je dirais, je remonterai un peu avant la crise.
11:37Moi, j'ai l'impression que depuis une bonne année maintenant,
11:40même depuis, on pourrait remonter jusqu'à décembre 2018,
11:42il y a une prise de conscience de la part des jeunes,
11:44de l'importance du service public,
11:46mais aussi du fait que les politiques libérales
11:48et les politiques austéritaires menées,
11:49notamment dans l'éducation avec les réformes blanquaires,
11:51portent à mal l'avenir des jeunes.
11:53Et moi, j'ai l'impression qu'il y a une prise de conscience
11:54qui s'est faite petit à petit.
11:55On a vu, dès décembre 2018,
11:57un nombre de lycéens descendre dans les rues
11:59comme on n'avait pas vu depuis plusieurs années.
12:02Les jeunes communistes étaient partie prenante
12:04de ces mobilisations, bien évidemment.
12:06Et petit à petit, on a vu une prise de conscience comme ça,
12:09mobilisation des retraites.
12:10On a réussi aussi à mobiliser quelques jeunes
12:12alors que la retraite ne les concerne pas directement.
12:15En tout cas, de prime abord, on a l'impression
12:17que quand on est jeunes, ça ne nous concerne pas directement.
12:19Et pourtant, on a vu une prise de conscience
12:20de la part des jeunes.
12:21Et le confinement a mis en exergue
12:24et a exacerbé, c'est ce que disait Samia,
12:26a exacerbé un peu ces inégalités
12:28et les conséquences de ces politiques austéritaires
12:30chez les jeunes.
12:30Et on le voit, moi, depuis le confinement,
12:32les jeunes avec que je croise
12:33lorsqu'on va militer dans les proches, etc.,
12:36il y a une réelle prise de conscience
12:38de la part des jeunes sur l'importance
12:39du service public, l'importance de la solidarité
12:41et aussi le fait qu'il y a un ras-le-bol général.
12:44Là, nous, depuis qu'on est plus jeunes,
12:47depuis qu'on est jeunes, depuis qu'on a 8 ans,
12:499 ans, 10 ans, on nous dit qu'on n'aura pas d'avenir,
12:51qu'il faudra serrer la ceinture,
12:52que les belles années sont derrière nous.
12:53Et en fait, on a une jeunesse
12:54qui est quelque peu désabusée, peut-être,
12:56mais qui a conscience surtout des choses
12:58et qui, là, depuis le confinement,
12:59dit « mais en fait, c'est plus possible.
13:00On ne peut plus vivre dans cette société-là. »
13:02Et il y a une réelle volonté
13:03de changement de société.
13:04Et nous, en tant qu'organisation politique,
13:05à forcerie, organisation politique de jeunesse,
13:07c'est parfait.
13:08Là, on est un terreau favorable.
13:09Et moi, je sens qu'il n'y a qu'une jeunesse,
13:11une colère qui est en train de monter dans la jeunesse
13:13et qui n'attend plus que, justement,
13:15de rencontrer un syndicat,
13:21pour descendre dans la rue.
13:22Et moi, je pense que les semaines, mois à venir,
13:23vont être déterminants.
13:24Et je pense que la génération actuelle
13:26est une génération qui va se mobiliser.
13:28Et on verra dans les jours, semaines à venir.
13:30Mais j'en suis persuadé qu'ils auront un rôle
13:33important à jouer, d'une part sur les mobilisations,
13:36mais surtout sur la société qu'on veut de demain.
13:38Parce qu'il y a des messages forts
13:39qui ont été véhiculés, notamment de la part
13:41de l'exécutif pendant le confinement,
13:42sur cette volonté de résilience,
13:44cette volonté de changer de société.
13:46Et je pense que ça fait écho chez de nombreux jeunes.
13:48Et regarder, arriver à cette rentrée
13:50et remarquer que les choses n'ont pas changé,
13:52qu'ils sont toujours 37 par classe,
13:53qu'ils n'arrivent pas à trouver de boulot,
13:55que les salaires ne sont toujours pas élevés.
13:57Et bien, je pense que, justement,
13:58ils commencent à en avoir marre.
13:59Et c'est justement sur ça
14:00qu'on va réussir à mobiliser, structurer, organiser
14:02et surtout, vraiment, mobiliser les jeunes.
14:04Et je suis persuadé qu'ils ont un rôle à jouer
14:06dans les semaines et mois à venir important.
14:09Vous venez de nous prouver, là, tous les trois,
14:10déjà que des jeunes engagés, ça existait,
14:13alors qu'on dit toujours que les jeunes, maintenant,
14:16c'est plutôt individuel, leur engagement,
14:19c'est plutôt, on essaye de fuir la société,
14:21d'y échapper, plutôt que de la transformer.
14:24Vous nous prouvez le contraire.
14:25Alors, pour peut-être donner envie aux autres,
14:28est-ce que vous pouvez nous dire rapidement,
14:29tous les trois, on va commencer par vous,
14:31Samia, quel a été le moteur,
14:32vous le déclic, pour vous engager
14:34dans un syndicat étudiant ?
14:36Alors, tout d'abord, c'est vrai qu'on a ce discours
14:38qui revient beaucoup, de dire que les jeunes
14:40ne s'engagent plus,
14:41qui ne sont plus intéressés par ce qui se passe.
14:43Moi, je pense que c'est faux.
14:45En réalité, on a beaucoup d'attaques
14:48qui sont faites envers les jeunes.
14:49Il y a une vraie crainte pour notre avenir,
14:51et c'est vrai.
14:52Par contre, les jeunes ont tout à fait conscience
14:53des enjeux qu'on a devant nous,
14:56des problématiques qui existent,
14:57que ce soit dans l'éducation,
14:58dans l'enseignement supérieur,
14:59ou même dans la société, de manière générale.
15:02Effectivement, aujourd'hui, on l'a vu,
15:04on a des jeunes qui se sont mobilisés
15:06depuis très longtemps sur la question du climat,
15:08c'est ce que vous évoquiez.
15:09À la sortie même du confinement,
15:10alors qu'on est en pleine crise sanitaire,
15:11on a quand même des mobilisations antiracistes
15:13qui se font un peu partout,
15:15et une participation massive des jeunes
15:17sur ces questions-là.
15:18En fait, les jeunes, ils ont conscience
15:19de ce qui se passe,
15:19et sur les problématiques qui les touchent,
15:21ils continuent à s'engager.
15:22C'est un engagement qui est un peu différent parfois,
15:25qui va être sur des thématiques,
15:26qui va être un peu moins sur la durée,
15:28sur une mobilisation,
15:29mais ils attendent qu'il y ait quelque chose
15:31qui se fait.
15:32Et effectivement, moi, j'ai l'impression
15:33que là, on est dans ce ras-le-bol général
15:37où chaque personne...
15:38dans le sens de ce que vous dites,
15:40il n'y a pas un seul engagement,
15:42c'est-à-dire qu'on peut retrouver
15:43des militants contre le réchauffement climatique
15:46qui vont aller militer aussi
15:48contre les violences policières,
15:49aussi pour les droits des femmes,
15:50aussi pour les droits des salariés.
15:52C'est-à-dire qu'il y a cet engagement,
15:55on commence par...
15:56Il y a une porte d'entrée
15:57qui peut être celle qu'elle est,
15:58le climat, par exemple,
15:59et puis on va les retrouver
16:00dans les manifestations pour les soignants.
16:02Ça veut dire que c'est...
16:04Voilà, l'engagement,
16:05c'est aussi un virus
16:06qu'on attrape
16:08et qui, finalement,
16:09va nous faire prendre conscience
16:10que tout est interdépendant.
16:13En effet, pour le coup,
16:14ce que je disais,
16:15les jeunes,
16:15ils voient les problématiques
16:16qui les touchent
16:17et puis ils voient concrètes...
16:19Enfin, aussi,
16:19ce qui se passe ailleurs
16:20et ils ont envie
16:21de transformer la société.
16:22C'est vraiment ça, en fait,
16:23qu'il y a derrière, je pense.
16:25Et évidemment, on a aussi
16:27une volonté de juste dire
16:29stop à toutes les politiques
16:31qu'on a pu avoir.
16:31Là, on a effectivement
16:33des mobilisations
16:34sur les questions écologistes,
16:36sur les questions de discrimination,
16:38que ce soit avec le mouvement Moutou
16:39qui a ouvert la parole,
16:40que ce soit sur les mobilisations
16:42antiracistes, etc.
16:43Où, oui, les jeunes se saisissent de ça
16:45parce que ça nous touche
16:46au quotidien, en réalité,
16:47et juste se mobilisent,
16:49s'organisent.
16:50J'oublie pas que vous n'avez pas répondu
16:52à ma question
16:52sur le déclic pour vous,
16:54en un mot.
16:55En effet.
16:56Pour le coup, moi,
16:57ce qui m'a motivée,
16:58c'est de voir, en fait,
16:59toutes les problématiques
16:59qu'il y avait dans l'éducation nationale
17:01quand j'étais au lycée,
17:02toutes les inégalités,
17:03et je me suis dit,
17:04mais en fait,
17:04l'éducation,
17:05c'est la base de notre société.
17:06Et si on commence
17:06par changer l'éducation,
17:08on transforme la société
17:09par la suite.
17:10Bravo.
17:12Alexandre, vous,
17:13quel a été le déclic pour vous engager ?
17:15Et aussi, je crois qu'il faut qu'on en parle,
17:18l'engagement syndical,
17:19particulièrement à la CGT,
17:20c'est un petit peu compliqué
17:21parce qu'on est souvent discriminé
17:23quand on s'engage.
17:24Et quand on a une carrière à faire,
17:25quand on est jeune,
17:26il y a des freins.
17:26Il faut peut-être aussi les évoquer.
17:28Qu'est-ce qui a fait que vous,
17:29vous n'avez pas ressenti ces freins
17:31et que vous y êtes allé ?
17:33Alors, je ne sais pas,
17:34j'ai mal à parler de moi-même,
17:35mais disons que j'ai toujours eu
17:37un engagement syndical
17:39et politique assez fort,
17:40ce qui fait que ça m'a aidé
17:41à avoir un engagement syndical
17:45qui suit un peu l'engagement politique.
17:48Sur l'engagement des jeunes,
17:49je pense qu'effectivement,
17:51tu l'as bien dit dans le propos,
17:54c'est qu'il y a quand même
17:55une discrimination
17:56qui est non négligeable.
17:57C'est-à-dire que malheureusement,
17:59aujourd'hui,
18:00quand on nomme un représentant
18:01syndical CGT,
18:03il n'y a pas mal à dire des chiffres,
18:07mais souvent,
18:09il est discriminé.
18:10Alors, il y a différentes manières,
18:12effectivement,
18:13ça peut être au tribunal directement
18:14où on conteste le mandat,
18:16ou alors ça peut être
18:17sur l'ensemble de la carrière.
18:19Donc, effectivement,
18:20les jeunes,
18:21ils n'ont pas forcément
18:22un frein vers la CGT,
18:24ils ont un frein vers l'engagement,
18:26parce qu'ils savent que derrière,
18:28ça peut avoir des contraintes
18:29sur la carrière.
18:31On essaie d'y lutter,
18:32ce n'est pas toujours facile,
18:33malheureusement,
18:34parce que,
18:36c'est la loi.
18:37On a un rôle à jouer,
18:38nous, les médias.
18:39On a un rôle à jouer,
18:39nous, les médias.
18:40Bon, l'humain,
18:41je pense qu'on fait bien notre boulot.
18:42Mais est-ce que les médias
18:43ont un rôle à jouer
18:43pour dédiaboliser la CGT ?
18:46Déjà, après,
18:48moi, je considère qu'il y a
18:49quand même deux formes de médias.
18:51C'est-à-dire qu'il y a
18:51les médias qui sont indépendants
18:53et progressistes,
18:54et ceux qui servent
18:57directement le capital.
18:58Il ne faut pas le nier,
18:59on ne va pas se cacher
19:01les choses ici.
19:02Donc, il y a des médias,
19:03aujourd'hui,
19:03qui font une discrimination ouverte
19:07envers des syndicats,
19:08dont fait partie la CGT,
19:11qui est actée.
19:11Maintenant, ça a toujours été.
19:12Il ne faut pas non plus
19:13qu'on se cache derrière ça.
19:14Il ne faut pas se dire,
19:15oui, mais on est plus discriminé
19:17parce qu'on a la CGT.
19:17Aujourd'hui,
19:18on est discriminé
19:19parce qu'on est à la CGT,
19:20mais il y a 15 ans,
19:21on a été discriminé
19:21parce qu'on était à la CGT, etc.
19:23Donc, ça ne peut pas être
19:25un cache problème.
19:27Aujourd'hui,
19:28il y a un manque d'engagement.
19:30Et qu'est-ce que vous diriez
19:31à un jeune qui vient vous voir ?
19:32Comment vous lui diriez
19:33de prendre sa carte,
19:34de venir vous rejoindre ?
19:36Quel serait votre premier argument ?
19:39Deux choses.
19:40Déjà, la liberté individuelle au travail,
19:42parce qu'être syndiqué,
19:43ça fait partie des libertés,
19:45ça permet aux salariés
19:47de s'émanciper
19:49et d'avoir accès
19:50à une autre pensée
19:51que celle de l'employeur.
19:52Et ça, ça paraît peut-être
19:54un peu flou
19:55dans certains univers,
19:57mais dans l'univers
19:58de l'entreprise privée,
20:00avoir un autre modèle
20:02auquel penser,
20:03c'est quelque chose
20:03qui n'est pas du tout flou.
20:04C'est-à-dire que les salariés,
20:05aujourd'hui,
20:06ils nous écoutent
20:07parce qu'on ne pense pas,
20:09parce qu'on contredit l'employeur,
20:10mais pas de manière
20:12en criant, etc.
20:13On amène les propositions,
20:14justement.
20:15Et c'est ça, notre but.
20:16En fait, c'est ça, notre rôle,
20:16c'est d'amener des propositions
20:18qui sont contre celles
20:19que propitise le modèle
20:21du patronat en général,
20:22aujourd'hui.
20:23Bien, bien.
20:25Et alors,
20:25on va terminer avec vous,
20:26Léon Desfontaines.
20:28Vous, alors,
20:28qu'est-ce qui pourrait amener
20:30un jeune à adhérer aujourd'hui
20:31au mouvement des jeunes communistes ?
20:36Quels seraient, pareil,
20:37vos arguments ?
20:39Déjà, je pense qu'il y a
20:39une prise de conscience
20:40de la part des jeunes
20:41de la société,
20:42que ce soit
20:42toutes les sphères de la société.
20:43L'éducation, le travail,
20:45les questions internationales.
20:47Je pense que c'est des questions
20:48que les jeunes se posent
20:48aujourd'hui beaucoup.
20:50Et moi, ce que je dis souvent
20:51quand je rencontre des jeunes,
20:53je dis, mais aujourd'hui,
20:54on est sans toi,
20:55on est sans emploi,
20:56mais surtout,
20:57on est sans peur.
20:57Et si on veut rendre
20:58coup pour coup au gouvernement
20:59ce qui nous inflige au quotidien,
21:02il faut qu'on s'organise.
21:04Organisons-nous,
21:04structurons-nous,
21:05parce que le gouvernement,
21:06lui, il est organisé.
21:07Donc, à nous de répondre
21:08coup pour coup.
21:08Et pour ça, le meilleur moyen,
21:09c'est tout simplement
21:10d'être organisé.
21:11Et donc, la question,
21:11c'est pas pourquoi ne pas s'engager,
21:14mais pourquoi pas
21:15ne pas s'engager, justement.
21:16Parce que quand on est jeune,
21:17on a la société dans nous,
21:18on a la vie devant nous,
21:19on a envie de changer,
21:20pour la plupart,
21:21la grande majorité,
21:22on a envie de prendre
21:23notre avenir en un
21:24et de changer la société.
21:25Et moi, je dis,
21:26en fait, ça passe bien évidemment
21:27par l'Organisation de Jeunesse Politique
21:28et par le mouvement
21:29Jeunes Communistes de France.
21:30On porte aujourd'hui
21:30un projet de société,
21:31celui d'une justice sociale,
21:33celui de l'égalité.
21:34Et je pense que ça,
21:35ça parle à tous les jeunes.
21:36Et quand on parle
21:36de défense de l'éducation,
21:37quand on parle de défendre
21:38les salariés,
21:39quand on parle de défendre
21:40un revenu digne,
21:41je pense que ça parle
21:42à tous les jeunes.
21:42Et c'est cette société-là
21:43qui se construira demain
21:44avec l'ensemble
21:44de la nouvelle génération
21:46en bonne partie.
21:47Merci à vous.
21:48J'ai l'impression
21:49qu'on a reçu de belles ondes
21:50ce soir grâce à vous,
21:52grâce à la jeunesse.
21:54La soirée se poursuit maintenant,
21:56c'est plutôt dans une version
21:58plus musicale.
22:00Alors comme je suis un peu
22:01trop âgé pour ça,
22:02j'ai demandé en fait
22:03à ma consoeur Eugénie
22:04de nous dépeindre un peu
22:05ce qui va suivre encore
22:07sur la chaîne ce soir
22:08du plateau TV direct
22:10de la fête de l'humanité
22:12autrement.
22:13Mais c'est même pas vrai.
22:14Il est même pas vieux.
22:15C'est de la pure coquetterie
22:17ça Lionel.
22:17Bon, je vais quand même vous dire
22:19qu'on va pouvoir entendre.
22:20Donc ce soir,
22:21ce sera des concerts
22:22qui seront en direct
22:23du Kilowatt à Vitry.
22:25Il y aura d'abord
22:26Soso Manès.
22:27Alors c'est du rap.
22:28C'est un rappeur
22:30qui vient de la planète Marseille.
22:32Donc voilà,
22:33c'est un terreau du rap.
22:35Alors avec un parcours
22:36de vrai rappeur,
22:37c'est-à-dire
22:37qui a flirté
22:39avec le trafic,
22:40la prison,
22:41la délinquence.
22:42On peut dire au moins
22:43que dans ses textes,
22:44il parle de ce qu'il a vécu.
22:46Et c'est en cela
22:46qu'il est intéressant.
22:47Et puis apparemment,
22:48c'est aussi un bon musicien,
22:50ce qui ne gâche rien.
22:51C'est tout ce que je peux vous dire
22:52sur Soso Manès
22:53qu'on va entendre
22:53dans quelques minutes maintenant.
22:55Et puis ce sera suivi
22:57par un concert
22:57du groupe La Bestiole.
22:59Alors La Bestiole,
23:00ils le disent eux-mêmes,
23:01ce sont deux cerveaux,
23:02quatre mains
23:02et un seul cœur.
23:04Et donc ces deux cerveaux,
23:05quatre mains et un seul cœur,
23:06ce sont Delphine Lebet
23:08qui chante
23:09et qui joue
23:09de la batterie
23:10et des percussions
23:10et Olivier Asano
23:12qui est au chant
23:13et à la guitare.
23:15Alors on les connaît déjà
23:16un petit peu
23:16à la fête de l'Huma
23:17parce que vous savez
23:17qu'on a quelques connexions
23:18avec Zébrock,
23:19le grand Zébrock.
23:20En 2009,
23:21La Bestiole a été
23:22le vainqueur
23:23du grand Zébrock.
23:24Alors j'ai écouté
23:25un petit peu
23:26pour préparer cette émission.
23:27Eh bien moi,
23:27ça me plaît beaucoup.
23:28C'est de la chanson
23:29à texte.
23:30Ils ont fait
23:31beaucoup de premières parties,
23:34notamment celle de
23:35Benjamin Violet,
23:36des Tetraides,
23:37de Mademoiselle K,
23:37des gens qu'on connaît
23:38à la fête de l'Humain.
23:39L'Humain,
23:39tu seras d'accord avec moi.
23:41Donc voilà,
23:42je vous recommande
23:43vraiment d'attendre,
23:44ce sera dans
23:45à peu près une heure,
23:47après Sosomanes,
23:48je vous recommande
23:48vraiment La Bestiole
23:50parce que c'est
23:51une belle découverte.
23:53Voilà,
23:53et c'est déjà
23:54leur troisième album.
23:55On les voit maintenant
23:56sur scène,
23:57mais ils ont trois albums
23:59derrière eux.
24:00Le dernier s'appelle
24:00Les Grands Rapides.
24:02Il paraît que c'est un tube.
24:03Il ne nous reste plus
24:05qu'à dire
24:05bonjour le kilowatt
24:06où nous serons demain
24:07et puis bonsoir
24:08la Bellevilloise.
24:08Belle soirée à vous.
24:09À demain.
24:10Sous-titrage Société Radio-Canada
24:10Sous-titrage Société Radio-Canada

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