00:00La répression, qu'elle soit administrative dans les universités, qu'elle soit policière ou qu'elle vienne de groupes d
00:06'extrême droite,
00:07elle a un effet sur la mobilisation, mais pas forcément un effet des mobilisateurs.
00:12Un effet où les gens sont révoltés aujourd'hui d'essayer de se mobiliser et de se prendre la violence
00:18de l'État
00:18et la violence de bandes fascistes qui font un peu les larbas du gouvernement qui mènent leur politique.
00:32Bon voilà, il y a Paris 1, il y a Paris 3, il y a Paris 4, il y a
00:35Paris 7, il y a Nanterre, enfin voilà, il y a toutes les facs de région parisienne.
00:40Et cette interfac qui se réunit hebdomadairement, elle a mis en place un service d'ordre réunissant des étudiants et
00:49des étudiantes de toutes les universités
00:51avec l'objectif de dire que nous, on ne va pas aller brûler les voitures ou on ne va pas...
00:56Voilà, par contre, si on décide d'aller d'un point A à un point B, c'est-à-dire
01:00qu'on veut que notre manif allait jusqu'au bout,
01:02on se donne les moyens qu'il y ait jusqu'au bout, parce qu'il y a eu la semaine
01:05dernière,
01:06le dispositif policier, il nous empêchait d'arriver jusqu'à la place de l'Opéra.
01:09Il ne nous laissait pas aller jusqu'au bout de notre manifestation.
01:11Et tout comme on a envie d'aller jusqu'au bout du mouvement, on a envie d'aller jusqu'au
01:15bout de nos manifs,
01:16de nos actions, que ce soit des blocages, que ce soit des manifestations, des assemblées générales, des occupations.
01:26Moi, j'ai plusieurs camarades qui ont été gardés à vue, dont un de 14 ans qui est collégien.
01:32J'ai des camarades qui ont été tapés par des policiers à coup de matraque à côté de moi.
01:37J'ai vu les éboueurs se faire réquisitionner devant moi au piquet d'ivrie.
01:42On s'est fait gazer parce qu'on refusait que des grévistes puissent être forcés à se mettre au travail
01:47par le gouvernement.
01:49Ça, on le subit tout le temps, en fait, dès qu'on se mobilise.
01:51Et là, en fait, c'est encore plus fort.
01:53C'est encore plus fort parce que depuis le 49-3, il y a un vrai rapport de force qui
01:56est en train de se faire
01:56contre un gouvernement qui a été totalement sourd aux mobilisations pacifiques
02:00et qui aujourd'hui se prend la colère de la population dans la gueule.
02:04Et il la mérite bien.
02:05Et la rue, elle est à qui ? Elle est à nous !
02:08On a beaucoup parlé des violences policières, mais il faut aussi parler des violences infligées par l'extrême droite
02:14au mouvement étudiant aujourd'hui.
02:16Je pense à une attaque du GUD, revendiquée d'une peut-être filiale de ce groupuscule qu'on appelle désormais
02:25Waffen-Assas, sur le centre René-Cassin samedi dernier.
02:28Des étudiants qui bloquaient le centre ont été attaqués par une quarantaine d'hommes
02:32cagoulés aux gants coquets armés de couteaux et barres de fer.
02:36L'un d'entre eux a été hospitalisé après avoir le nez cassé.
02:40Il y avait délit de fuite.
02:41Ces derniers l'ont laissé gisant sur le sol.
02:43Et ont signé d'une croix celtique et de leur nom Waffen-Assas, notre bâtiment nommé après un juriste militant
02:50humaniste.
02:51Ces attaques-ci, elles ont tendance à démoraliser les étudiants, mais en même temps à renforcer le mouvement.
02:58Puisqu'après l'attaque, plus d'étudiants bloqueurs sont revenus lundi, de manière à montrer que nous ne cèderons pas
03:05et nous ne fuirons pas de nos centres, peu importe les attaques de l'extrême droite.
03:08Ce n'est pas les retraités qui nous poussent.
03:12Cette répression, qu'elle vienne de la police, qu'elle soit administrative de la part des présidences de fac
03:16ou encore pire, qu'elle vienne de l'extrême droite depuis la semaine dernière,
03:20c'est une preuve qu'en fait, les possédants, les bourgeois, ils ont peur.
03:24Ils ont peur parce qu'ils voient que la jeunesse, qui avait eu du mal à se mobiliser depuis le
03:28début du mouvement,
03:29pour plein de raisons, à cause de la sélection à l'université, à cause de la pression,
03:33à cause justement déjà des fermetures administratives sur un certain nombre de facs.
03:38Là, ça y est, cette jeunesse, elle en a marre.
03:40Elle est enfin rentrée dans le mouvement.
03:42Du coup, ça fait peur parce qu'un mouvement où la jeunesse rejoint les travailleuses et les travailleurs,
03:46les syndicats, c'est là, c'est un ferment d'explosion sociale.
03:50Et donc, c'est pour ça qu'on a vu que toute cette répression a commencé à se déchaîner
03:54avec un niveau encore jamais vu.
03:56Donc, je pense que ça n'a pas entamé la détermination des jeunes.
04:01Au contraire, ça nous a prouvé qu'on faisait peur et que c'était en continuant et en amplifiant le
04:05mouvement
04:05qu'on réussirait à gagner.
04:08Nous, ce qu'on veut, c'est la guerre générale.
04:12Nous, ce qu'on veut, c'est la guerre générale.
04:15Aujourd'hui, on a une mobilisation d'ampleur, une mobilisation de masse.
04:18Et donc, la violence policière, elle va avec.
04:21C'est normal, M. Macron a peur, a peur de la jeunesse.
04:23Mais nous, on va continuer, on ne va pas s'arrêter.
04:26En passant en force comme ça, en maltraitant le peuple comme ça,
04:29il ne peut qu'apporter une dérive fasciste en plus et une répression fasciste
04:33puisque les fascistes, aujourd'hui, ils sont contre notre mouvement.
04:36Ils ne sont pas en manif, ils ne sont pas là.
04:38Et même, ils sont contre nous quand ils viennent agresser nos camarades dans les universités ou les lycées.
04:46On l'a très bien entendu dans ce qui a été dit de la part des représentants de l'Elysée
04:51et du gouvernement.
04:53qui cherchent à casser le mouvement, en fait.
04:56Mais je pense que les gens n'en restent pas là.
04:57On l'a vu, il y a des manifs sauvages.
04:59Les gens continuent à y aller, même si ce n'est pas quelque chose qui en soit légal et organisé.
05:04J'ai entendu des gens témoigner.
05:05Par exemple, une fille qui a vu son meilleur ami se faire écraser par la police l'autre jour.
05:09Je crois que c'était à République ou à Bastille, je ne sais plus.
05:11Donc, forcément, il y en a qui ont peur.
05:13Mais comme on peut le voir, du coup, cette fille-là, même si elle a vu ça, elle continue à
05:16se mobiliser et à être active.
05:19Donc, je pense surtout qu'on en ressort de la colère et de l'énervement contre lequel on veut lutter,
05:24contre un gouvernement contre lequel on veut lutter, malgré toutes ces oppressions envers nous.
05:30Et on voit que le gouvernement commence à s'inquiéter, finalement, de cette mobilisation.
05:36Et on sait que c'est l'une des clés de cette mobilisation.
05:38Si hier, Gérald Darmanin fait une conférence de presse pour dire qu'il s'inquiète du nombre de jeunes dans
05:42les manifestations,
05:44ce n'est pas pour rien.
05:45Et c'est bien symptomatique d'une chose, c'est que le gouvernement commence à avoir peur de cette mobilisation.
05:49Et il a raison d'avoir peur.
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