Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 20 heures
Cataclysme sanitaire, économique et social, la pandémie a révélé la crise de civilisation qui est à l’œuvre. Comment redéfinir un modèle de société pour que le monde d’après ne soit pas la copie conforme de celui d’avant ?

Débat dans le cadre de la fête de l'Humanité, le Vendredi 11 septembre 2020 à La Bellevilloise (Paris).

Avec :
Philippe Martinez, Secrétaire général de la CGT,
Aurélie Trouvé, Porte parole d’ATTAC,
Jean- François Julliard, directeur de Greenpeace France,
Léa Vavasseur, porte-parole d’Alternatiba

Le débat est animé par Marie-Noëlle Bertrand, journaliste à l’Humanité.

📣 SUIVEZ L'HUMANITÉ
La fête de l'Humanité : https://fete.humanite.fr/
Tous nos articles : https://www.humanite.fr/
Facebook : https://fr-fr.facebook.com/humanite.fr/
Twitter : https://twitter.com/humanite_fr

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Bonjour et bienvenue à tous. Merci de nous retrouver pour ce débat portant sur la reconstruction économique
00:06et surtout sur la façon dont cette reconstruction doit et peut intégrer tout à la fois les urgences sociales
00:13et les urgences environnementales, une reconstruction en rouge et vert.
00:17Donc, pour en discuter avec nous sur ce plateau, Pauline Boyer, porte-parole d'Alternativa,
00:25Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace France, Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT
00:33et Aurélie Trouvé, porte-parole d'Attaque.
00:37En mars dernier, en plein cœur du confinement, vos organisations publiaient une tribune.
00:44Plus jamais ça, préparons le jour d'après.
00:48Avec 15 autres organisations, vous avez été rejoints depuis par encore d'autres organisations, vous allez nous en parler,
00:53mais avec 15 autres organisations syndicales, associatives, environnementales, vous lanciez un appel
00:58à toutes les forces progressistes, humanistes pour reconstruire un futur écologique, un futur féministe, social
01:05en rupture avec le désordre néolibéral.
01:09S'en était suivie une pétition, aujourd'hui signée par plus de 187 611 personnes, en tout cas à l
01:18'état de ce midi,
01:20signataire, vous avez également, il faut élaborer un plan de sortie de crise décliné en 34 propositions.
01:27Elle vise plus de justice fiscale, plus d'emploi, de meilleures conditions de travail, plus de sécurité sanitaire aussi,
01:35ainsi qu'une transformation des modes de production, de mobilité, de consommation,
01:39pour qu'enfin tout cela s'aligne sur les objectifs de réduction de gaz à effet de serre nécessaires à
01:45la lutte climatique
01:46et les objectifs de préservation de la biodiversité.
01:49Vous allez revenir sur toutes ces questions au fur et à mesure des débats.
01:53La question qu'on va se poser aujourd'hui, surtout avec vous, c'est d'abord de savoir quelle suite
01:58vous comptez donner
01:58à cette convergence des luttes sociales et environnementales.
02:02Elle est à la fois inédite, à la fois, elle n'est pas née de la dernière pandémie, si je
02:05puis dire.
02:06Ça va être de savoir aussi jusqu'à quel point tous ces enjeux peuvent se rejoindre.
02:11Et enfin, de savoir les cartes qu'il vous reste à jouer, alors que le gouvernement a mis sur la
02:18table son plan de relance
02:20qui, lui, ne ressemble pas du tout à ce à quoi vous aspiriez.
02:24Pour animer cette discussion avec moi, Pierre-Henri Lappe, journaliste à la rubrique économique et sociale de l'humanité,
02:30la rubrique capital-travail, on va commencer les échanges avec vous, Jean-François.
02:35Alors, je le disais, cette coalition, elle ne date pas d'hier, elle n'est pas née du jour au
02:41lendemain.
02:41À partir de quand il est devenu évident que les batailles environnementales ne peuvent pas se mener en dehors des
02:49batailles sociales ?
02:51C'est difficile de donner un point de départ à cette réflexion-là, parce que moi, ça fait 8 ans
02:56que je suis chez Greenpeace
02:57et cette réflexion, elle existait même bien avant que je rejoigne cette organisation.
03:01Je pense que ça fait peut-être même des décennies qu'on réfléchit à comment articuler justice sociale et justice
03:06climatique.
03:07Peut-être que les mots ont changé, la manière de le faire a changé, mais en tout cas, cette réflexion,
03:10elle a souvent été là.
03:11Mais c'est vrai que jusqu'à il y a 2-3 ans, on était dans l'ordre du slogan
03:17ou de l'envie sans forcément faire les choses.
03:22Et c'est finalement assez récent qu'on s'est dit qu'il fallait aller plus loin que cette réflexion
03:27et qu'il fallait passer à l'action
03:29et qu'on se coltine au réel et à essayer de dépasser notamment ce fameux slogan qu'on cite souvent
03:36« Fin du monde, fin du mois, même combat »
03:39qui est extrêmement important et rassembleur dans des mobilisations climatiques, notamment des mobilisations sociales.
03:45C'est-à-dire, très bien, on est d'accord sur ça, mais comment on décline ça dans la vraie
03:49vie ?
03:49Comment est-ce qu'on arrive à vraiment porter des mesures qui soient à la fois bonnes pour la résolution
03:54de la crise climatique
03:55et bonnes pour réduire les inégalités sociales ?
03:57Et c'est uniquement en travaillant vraiment avec plusieurs organisations qu'on s'est dit qu'on pouvait et qu
04:04'on devait le faire.
04:04Et de manière bien plus récente, ce collectif « Plus j'aime et ça », il est né de rencontres
04:11qu'on a pu avoir,
04:11notamment avec Aurélie Trouvé d'Attaque et Philippe Martinez de la CGT et Solidaires qui étaient là aussi dès les
04:15premiers jours,
04:17notamment au contre-sommet du G7 à Iroun dans le Pays Basque espagnol l'an dernier, au moment du sommet
04:24du G7,
04:24où c'est la première fois qu'on s'est retrouvés, notamment Philippe Martinez et moi, c'était la première
04:28fois qu'on se voyait, je crois même,
04:29et qu'en tout cas on avait un discours public qui appelait à réfléchir à des points de convergence entre
04:36nous.
04:36On sait qu'on n'est pas forcément d'accord sur tous les sujets, mais peu importe, il y a
04:39beaucoup de sujets sur lesquels on est d'accord,
04:40et essayer de travailler sur ces points de convergence, essayer de prendre des cas un peu plus pratiques, de se
04:45dire,
04:46justice climatique, justice sociale, ok, très bien, mais comment on fait ? Concrètement, comment on fait ?
04:50Quelles propositions on peut mettre sur la table ? Et puis ensuite, ça a donné lieu à cette tribune dont
04:54vous parliez,
04:54ça a donné lieu au plan de sortie de crise, où là on a vraiment travaillé sur des choses très
04:57concrètes.
04:58La bataille des Gilets jaunes qui précède ce contre-sommet du G7 2018-2019,
05:03c'est marqué par les grandes marches pour le climat, c'est aussi marqué par la bataille des Gilets jaunes,
05:09contre, entre autres, déclenché par la taxe carbone, ça a été un élément déclencheur aussi pour vous ?
05:13Oui, ça a été un élément déclencheur, au-delà de nous Greenpeace, je pense que ça a été un élément
05:18déclencheur
05:19pour tous les mouvements écolos et environnementaux qui se sont dit,
05:23bon, ok, on n'avait peut-être pas mesuré à quel point on doit systématiser cette approche sociale
05:28dans nos messages environnementaux, c'est-à-dire qu'on savait qu'il fallait le faire,
05:33mais ce n'était peut-être pas suffisamment présent, suffisamment bien expliqué, suffisamment bien amené,
05:39et depuis lors, on s'est dit qu'aujourd'hui, on ne pouvait plus porter un message aussi bon soit
05:44-il
05:44pour la résolution de la crise environnementale, s'il n'avait pas été passé au crible
05:47de l'impact qu'il peut avoir sur la crise sociale, et de se dire aujourd'hui,
05:51si une mesure est bonne d'un point de vue environnemental, mais qu'elle contribue à accroître les inégalités sociales,
05:56alors ça veut dire que ce n'est pas une bonne mesure, ça veut dire qu'il faut qu'on
05:58l'oublie,
05:58qu'on la mette de côté ou qu'on la travaille autrement pour faire en sorte qu'elle réponde aussi
06:01à l'urgence sociale,
06:02c'est-à-dire qu'on doit apprendre effectivement à conjuguer systématiquement,
06:05et c'est ce systématiquement qui est important, à conjuguer systématiquement la résolution de ces crises-là,
06:10parce que finalement elles font, et c'est le discours en commun qu'on a,
06:12c'est que ces crises-là font partie d'une seule et même crise,
06:14c'est-à-dire qu'il faut arrêter d'essayer de combattre la crise sociale d'un côté,
06:18la crise climatique de l'autre, crise de liberté publique, crise démocratique ou autre, de l'autre côté,
06:25et tout ça, ce sont les ensembles d'un même élément.
06:29Pour rendre les propositions désirables, ça fait partie de ce qui est dit dans l'appel de Plus jamais ça.
06:35Exactement, oui, tout à fait.
06:38Philippe Martinez, la CGT, Solidaires, la FSU, mais aussi la Confédération paysanne,
06:43les syndicats sont très présents dans le collectif,
06:46qu'est-ce que cela traduit comme transformation quant à la façon de penser l'industrie,
06:52l'agriculture ou même les services pour vos organisations, en tout cas pour la CGT ?
06:59Bonjour à toutes et à tous, on est très présents, mais on est présents comme les autres,
07:05on n'est pas plus présents que les autres, parce que ce qui me paraît intéressant dans ce collectif,
07:11c'est que, quelle que soit la taille des organisations ou le nombre d'adhérents,
07:15chacun compte pour un, et la parole pèse autant d'un côté comme de l'autre.
07:21Ça, c'est la première chose.
07:22La deuxième chose, c'est, un peu comme le disait Jean-François,
07:29tout le monde prend de plus en plus conscience des enjeux climatiques.
07:34Les salariés, en premier, je veux dire,
07:37quel que soit leur boulot, ils sont sensibles aussi à l'avenir de la planète,
07:40parce que ça fait partie des questions qui sont posées, notamment parmi les plus jeunes.
07:48Les réponses, ça ne peut pas être, pour sauver la planète, il faut que tu perdes ton boulot,
07:54parce que là, la qualité d'écoute diminue.
07:57Et donc, on est interpellé par des salariés,
07:59et ce n'est pas non plus depuis un an que la CGT s'interroge sur les questions environnementales.
08:05Notre congrès, qui avait lieu maintenant, il y a un an et demi,
08:08est beaucoup venu sur les enjeux environnementaux.
08:11Par contre, ce qu'il y a besoin, c'est, à partir du savoir-faire des salariés,
08:17à partir de leur travail, comment on peut, à chaque fois qu'il y a des projets dans une entreprise,
08:25qu'on veut développer un certain nombre de choses,
08:28on n'est pas indifférent à l'impact climatique.
08:32Or, ce qu'on constate, c'est que souvent, enfin pas souvent,
08:35toujours dans les entreprises, ce sont les employeurs,
08:40les actionnaires qui décident de la stratégie,
08:43et les enjeux environnementaux sont uniquement de la communication,
08:48et ça détruit, et donc, la finalité des stratégies d'entreprise,
08:52c'est que ça détruit et la planète, et le travail,
08:55soit par le chômage, soit par l'accentuation des conditions de travail, etc.
09:00Et donc, on a réfléchi, nous, de notre côté, depuis longtemps,
09:04sur comment conjuguer ces deux aspects,
09:07l'industrie, le social et les questions environnementales.
09:12Le fait de côtoyer d'autres organisations,
09:15nous permet aussi, dans notre réflexion,
09:18d'intégrer des choses que nous ne maîtrisons pas,
09:21ou dont rien que le fait de discuter nous oblige à réfléchir.
09:25Et donc, voilà, c'est comme ça qu'on prend en compte
09:29l'ensemble de nos échanges.
09:32Pauline Boyer, le collectif Plus Jamais Ça,
09:35affiche clairement sa couleur, antilibérale, féministe, sociale,
09:39c'est la seule voie écologique, aujourd'hui ?
09:43Alors, en tout cas, c'est la voie qu'on choisit,
09:46parce que, quand on regarde les batailles qui sont menées
09:50par toutes les organisations et les syndicats
09:53qui font partie de ce collectif,
09:55c'est une bataille pour préserver la vie sur Terre.
09:58C'est pour la dignité des êtres humains,
10:01maintenant et plus tard.
10:04Et l'avenir, justement, et les conditions de vie sur Terre
10:07qui menacent cette vie dans des bonnes conditions
10:10pour les générations futures,
10:12elle est menacée par le dérèglement climatique.
10:14Donc, on a besoin d'articuler à la fois le temps présent
10:17et à la fois le temps futur,
10:19qui est hypothéqué par les émissions de gaz à effet de serre,
10:23par nos modes de vie.
10:26Et donc, la question qu'on a à se poser,
10:28c'est quel choix de société on veut faire
10:32pour à la fois améliorer les conditions de vie maintenant,
10:35mais pour pouvoir permettre aux générations futures
10:38juste de vivre, de manger, de boire, d'avoir un toit,
10:41d'avoir une place dans la société.
10:43Et donc, cette alliance, elle est intéressante pour ça,
10:46parce qu'elle permet, et elle a permis avec le plan de sortie de crise
10:50avec les 34 mesures, de dessiner quelles sont les valeurs
10:53de la société qu'on veut construire ensemble.
10:57Et donc, oui, ce sont des valeurs qui sont féministes,
11:01qui sont inclusives.
11:02On veut une société qui soit antiraciste,
11:08dans laquelle tout être humain est respecté,
11:10quelle que soit son origine, son orientation sexuelle, etc.
11:13Donc, ça, c'est important d'avoir un socle de départ pour démarrer.
11:18Et ensuite, on voit que les alternatives que nous,
11:22en tant que mouvement climat, on avance comme vraie alternative
11:27au système actuel pour imaginer une vie qui soit soutenable,
11:33elles permettent de vivre mieux dès maintenant.
11:35En fait, ce sont des alternatives qu'on pourrait et qu'on devrait
11:38mettre en place maintenant, même s'il n'y avait pas de règlement climatique,
11:42parce qu'elles permettent une meilleure répartition des richesses,
11:45elles permettent de répartir le travail,
11:47parce qu'on a une vraie réflexion sur la répartition du temps de travail,
11:52pour que tout le monde puisse avoir accès à cette place dans la société
11:55que permet le travail.
11:59Donc, ce sont les valeurs communes qu'on pose pour avancer
12:02et pour dialoguer.
12:03Et effectivement, le fait de dialoguer avec des...
12:06Donc, nous, on a une vision un peu plus de loin,
12:09en disant, voilà, le dérèglement climatique,
12:10qu'il impacte la planète entière.
12:12Il y a déjà des gens qui sont impactés,
12:14pour qui c'est une tragédie.
12:16Et il y a aussi...
12:18C'est les personnes qui...
12:21Enfin, en fait, on a tous besoin de vivre
12:23et d'avoir un salaire
12:25et de pouvoir vivre dignement aujourd'hui.
12:28Et ça, c'est rappelé aussi par les personnes
12:30qui vivent et qui bataillent pour le maintenir de leurs emplois, etc.
12:33Donc, on a cette dualité à explorer.
12:38Et le fait d'avoir ce type de coalition qui se crée,
12:42c'est un signe qui est très positif
12:45parce que ça nous permet de nous désaxer
12:47et de réfléchir, de prendre le problème de manière holistique,
12:51ce qui permettra d'avancer dans la réalité du terrain.
12:56On finit rapidement ce tour de table avec vous.
12:59Aurélie, des rendez-vous manqués
13:03entre les luttes sociales et environnementales.
13:06Il y en a déjà eu, par le passé, depuis des années.
13:11Qu'est-ce qui fait que celui-ci va prendre
13:13ou va pouvoir prendre ?
13:15Qu'est-ce qui fera que celui-ci va pouvoir prendre ?
13:17Et qu'on va...
13:18Il est attendu, ce rendez-vous
13:20entre les forces sociales et environnementales.
13:22Qu'est-ce qui fait que celui-ci prend ?
13:24D'abord, je vous en rejoins de ce qu'il y a Jean-François.
13:27Je ne suis pas sûre qu'il y ait eu des rendez-vous manqués.
13:30Je pense qu'il y a eu une progression, en fait, continue.
13:33Voilà, parce qu'il y a eu quand même...
13:36Déjà, le mouvement alter-mondial, vous vous souvenez,
13:38il y avait des syndicats impliqués,
13:40des mouvements écologistes,
13:42des organisations de solidarité internationale.
13:44On a fait des forums sociaux mondiaux, etc.
13:46Le mouvement Gilets jaunes, le mouvement climat,
13:48il y a eu aussi des liens,
13:49y compris dans le mouvement retraite.
13:50On a discuté écologie, voilà.
13:53Et à l'intérieur des syndicats comme des mouvements écologistes,
13:56il y a progressivement, de mon point de vue,
13:58une prise en compte, d'un côté,
14:00des questions sociales dans la bataille écologique
14:02et vice-versa dans les batailles sociales.
14:04La prise en compte de la question écologique,
14:05tu l'as très bien expliqué, Philippe.
14:07Et du coup, pour moi, il n'y a pas de rendez-vous manqué.
14:10Il y a quelque part, plus jamais ça,
14:12et la continuité de tout un processus.
14:15Après, il est vrai,
14:16et tu parlais de crise d'un système,
14:19et il est vrai, à mon avis,
14:21que la crise du Covid nous a poussé, peut-être,
14:25ou accéléré ces convergences,
14:27parce qu'entre nous, on s'est dit,
14:29voilà, on est face à une crise d'un système,
14:31effectivement,
14:32d'un système qui exploite le travail et la nature.
14:36Et donc, on est pour un changement de système,
14:39changement de système par le climat.
14:40Les Gilets jaunes aussi disaient
14:42qu'il faut changer le système.
14:45Et donc, on est parti de la volonté
14:46de changer le système dans toutes ses dimensions.
14:49La dimension néolibérale du capitalisme,
14:51aussi la dimension productiviste,
14:53et même, je dirais, les rapports de domination
14:55que le capitalisme exacerbe,
14:57les rapports de domination patriarcale,
14:59post-coloniale, etc.
15:01Donc, ce qui fait que l'arc de force
15:03de plus jamais ça est relativement large.
15:04C'est vrai qu'on se retrouve surtout
15:05sur la question des urgences écologiques et sociales,
15:07parce qu'on sent que le nœud, il est là.
15:10Et dernier élément, je dirais que
15:13ce qui nous fait aussi, là, avancer,
15:15c'est le fait qu'il y a des dizaines,
15:17des centaines de milliards versés aux entreprises.
15:20Et finalement, on se dit,
15:21mais ça devrait être l'opportunité
15:23d'un changement, d'une reconversion productive
15:25extrêmement importante,
15:27à la fois sur le plan écologique et social.
15:28Et nous, on va porter ça.
15:29C'est ça.
15:30Est-ce qu'il y avait cette relance aussi
15:31qui est une opportunité de remettre à plat
15:34des choses à tous les points de vue ?
15:37Oui, et d'ailleurs, on est pour la suite aussi.
15:41Par exemple, on travaille actuellement
15:42avec tout un tas d'experts sur un rapport
15:47ou en tout cas sur l'idée qu'on pourrait créer
15:49plusieurs millions d'emplois aujourd'hui
15:51pour les services publics et la transition écologique.
15:54D'ailleurs, on essaie de chiffrer,
15:55d'avancer très concrètement sur un certain nombre de mesures
15:58pour poursuivre aussi ce qu'on a fait
16:00avec le plan de sortie de crise.
16:02Voilà, et montrer aussi que la création d'emplois,
16:06que faire en sorte que tout le monde ait un emploi de qualité
16:09est complètement compatible avec la transition écologique
16:13et qu'il ne faut surtout pas opposer les deux.
16:15On peut peut-être s'arrêter quelques minutes
16:17justement sur l'articulation de ces mesures
16:20que vous proposez.
16:22Il y en a, on comprend très vite la logique,
16:24par exemple, quand plus jamais ça dit
16:27développer l'agroécologie,
16:29transformer le système agricole,
16:30c'est créateur d'emplois dans l'agriculture,
16:33d'emplois paysans.
16:34Pareil, si on parle de la rénovation thermique,
16:37oui, il va falloir créer des emplois.
16:39Voilà, on voit tout de suite le co-bénéfice qu'il y a.
16:43Il y a aussi des questions, par exemple,
16:45quand on parle, Pauline, vous parliez
16:48temps de travail et amélioration du droit au travail.
16:53Aurélie, vous disiez, la discussion,
16:55elle est venue au moment des retraites.
16:56Le lien entre bataille environnementale ou climatique
17:01et temps de travail et droit à la retraite,
17:05voilà, c'est des questions peut-être un peu moins évisantes
17:07dans quelqu'un pour, voilà, pour...
17:12Si tu peux me permettre, chers amis.
17:18Ce lien, il se fait, j'allais dire,
17:20il se fait naturellement dès qu'on commence à poser
17:22un certain nombre de problèmes.
17:25Consommer mieux,
17:27si on n'a pas d'argent pour consommer,
17:30ça fait mal à la tête.
17:32Et donc, la question du mieux consommer,
17:35y compris mieux consommer en préservant,
17:39enfin, en faisant en sorte que les droits sociaux,
17:41parce qu'on a une vocation aussi internationaliste,
17:44ne se fassent pas au détriment d'autres salariés
17:48à l'autre bout de la planète qui seraient exploités,
17:52voilà, on fait naturellement ce chemin.
17:55Enfin, la réduction du temps de travail,
17:57c'est... Et moi, je me félicite que...
17:59D'ailleurs, ça n'a pas fait débat entre nous,
18:01c'est venu naturellement,
18:03et ça a permis d'ailleurs d'installer ce débat
18:05qui était, il y a 4-5 ans, un peu mis de côté
18:08ou raillé au centre des débats en cette rentrée.
18:12Travailler moins pour ceux qui ont du boulot,
18:15c'est faire en sorte que ceux qui n'en ont pas
18:16puissent en avoir.
18:17Et donc, là aussi, parce que ce combat social et écologique,
18:22c'est faire en sorte qu'il n'y ait aucun oublié
18:25pour en profiter.
18:27Quand il y a encore des gens qui dorment dans la rue
18:29et des gens qui ne mangent pas leur faim,
18:31dans notre pays, qui est la 6e puissance mondiale,
18:35on peut, là aussi, toujours leur parler
18:38du mieux-être ou d'un certain nombre de choses
18:41qu'ils ne captent pas, parce que ce n'est pas leur vie.
18:44Donc, voilà.
18:46Le souci que nous avons, c'est cette conjugaison
18:49à chaque fois, et on a besoin de mieux les travailler.
18:53Je dirais qu'aujourd'hui, l'enjeu,
18:55parce qu'on s'est, j'allais dire, entre nous,
18:57on est, enfin là, je tiens à le préciser,
19:00on n'est pas d'accord sur tout.
19:01Je vais y venir.
19:02Oui, oui, on va y venir, mais je préfère le dire tout de suite,
19:04parce que c'est aussi ça, l'originalité
19:07de ce collectif, c'est qu'on ne nie pas nos différences.
19:12On ne fait pas semblant d'être d'accord
19:13quand on ne l'est pas.
19:15La démarche, elle a consisté à dire,
19:16bon, ça, on n'est pas d'accord,
19:18on verra ça plus tard.
19:20Par contre, tout ce qui fait notre perspective commune,
19:27eh bien, travaillons-la.
19:28Et on s'est rendu compte que sur 80 ou 85 % des questions,
19:31on est d'accord.
19:32Donc, ça, c'est l'originalité de ce collectif.
19:38Et pour terminer, oui,
19:41faire en sorte que ces questions sociales,
19:43la réduction du temps de travail,
19:45les services publics,
19:46on a des mesures sur la relance du fret, par exemple.
19:50C'est plus que jamais, enfin, c'était d'actualité,
19:53mais les cheminots, en 2018,
19:55ont fait beaucoup, là aussi,
19:58quand il y a eu l'attaque sur le statut
20:00de la SNCF,
20:02aujourd'hui, ces questions-là,
20:03elles sont au cœur de cette rentrée,
20:05avec le plan de relance,
20:07enfin, le plan de continuité,
20:08comme on l'appelle,
20:10eh bien, ça permet de proposer des alternatives
20:13et de montrer qu'il y a d'autres solutions
20:15pour sortir de cette situation.
20:18D'accord.
20:19Quelqu'un d'autre voulait intervenir sur sa question ?
20:22Non ? Relance ?
20:23Mais toujours sur ces questions.
20:24Alors, allons-y sur les questions
20:25qui peuvent potentiellement faire des accords
20:28ou qui font encore des accords.
20:30Alors, on peut citer...
20:33Alors, il y a la classique question du nucléaire
20:35qui revient sur le tapis très régulièrement.
20:38On peut y venir aussi.
20:40Mais il y en a d'autres.
20:41Il y a toute une série de mesures
20:42qui font sens et cohérence sur le papier.
20:45On se demande ce que ça va donner
20:46une fois confrontés au terrain.
20:49Je prends un exemple.
20:50Tout le monde est d'accord et ok pour se dire
20:54que ça fait sens de relocaliser les entreprises,
20:56que c'est comme ça qu'on viendra à bout
20:59d'une mondialisation qui est allée jusqu'au bout de la crise,
21:03j'ai envie de dire.
21:05Et à la fois, ces entreprises, une fois relocalisées,
21:07il va falloir leur faire de la place,
21:09il va leur falloir trouver du terrain.
21:11On a beaucoup d'exemples qui montrent
21:12que ça peut venir en confrontation
21:14avec une autre aspiration
21:16qui est celle du zéro artificialisation,
21:19qui est celle de préserver les zones humides,
21:21de préserver les zones agricoles.
21:23Et on a des exemples de terrain
21:25où on voit que parfois,
21:27tous ces enjeux se confrontent.
21:29On voudrait bien construire une industrie,
21:30mais on voudrait bien garder des espaces sauvages
21:33ou agricoles ou autres.
21:35Comment vous arrivez à articuler toutes ces questions ?
21:37Comment vous les arbitrez ?
21:39Alors déjà, ce n'est pas à nous d'arbitrer
21:42toutes ces discussions-là,
21:43mais je trouve que ce qui est important,
21:47c'est qu'on arrive justement à sortir
21:48des anciens schémas de pensée.
21:50C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
21:51on peut relocaliser des industries
21:53sans forcément aller bétonner des terres agricoles.
21:58Aujourd'hui, en France,
21:59il y a tellement de friches industrielles
22:00à rénover, à relancer, à retaper, etc.,
22:03qu'il y a de la place.
22:04Ce n'est pas une histoire de place.
22:06C'est juste qu'on continue à penser,
22:08effectivement,
22:08parce que pour des raisons économiques souvent,
22:10pour des raisons de praticité,
22:12c'est plus facile de prendre un terrain,
22:13de le bétonner,
22:14et puis on relance une industrie.
22:16Donc, je ne vois pas d'opposition,
22:17par exemple,
22:18entre le relocaliser des industries
22:19et la protection de l'environnement,
22:21la protection des zones humides
22:22dont vous parliez.
22:23Je pense que surtout,
22:23le fait de travailler ensemble,
22:25ça permet justement de penser
22:26les choses un peu autrement.
22:27Et ça permet de trouver des solutions
22:28auxquelles on n'a peut-être pas pensé jusque-là.
22:30Et vous disiez,
22:31pourquoi cette fois-ci,
22:32ça marcherait plus que les autres fois ?
22:34Je pense que c'est aussi,
22:35si on arrive à raisonner autrement,
22:37qu'on peut faire en sorte
22:38que cette fois-ci,
22:38ça marche mieux que les autres fois.
22:41Philippe l'a dit,
22:41on ne nie pas les différences
22:42qu'on a sur un certain nombre de sujets.
22:44Et je pense que ça,
22:44c'est inédit aussi.
22:45C'est-à-dire que jusque-là,
22:46dans les coalitions d'acteurs
22:47qu'il pouvait y avoir,
22:48il fallait qu'on soit d'accord sur tout,
22:49ou en tout cas,
22:50qu'il n'y ait pas d'opposition majeure
22:51entre nous pour travailler ensemble.
22:52Alors, on s'est dit,
22:53il y a des sujets qui nous opposent,
22:54c'est clair.
22:56On va les travailler,
22:57on ne va pas les mettre sous le tapis non plus.
22:59Mais il y a tellement de choses
23:00sur lesquelles ça fait sens d'aller ensemble
23:03que ce serait irresponsable de notre part
23:05de s'arrêter à nos points de division.
23:08Vous parliez de l'agriculture écologique,
23:10effectivement, c'est un truc qui est d'évidence,
23:12mais il y a la rénovation du bâtiment,
23:14il y a le transport ferroviaire,
23:15il y a tout un tas de sujets comme ça,
23:17le développement des énergies renouvelables,
23:19il y a tout un tas de sujets
23:20sur lesquels on est tous d'accord
23:21sur le fait qu'il faut développer ce secteur-là,
23:23que c'est bon pour l'emploi,
23:24c'est bon pour la protection de l'environnement,
23:27c'est bon pour tout un tas d'éléments.
23:29Donc, il y a déjà tellement à faire
23:30sur les sujets qui nous rassemblent.
23:34Et puis, encore une fois,
23:34sur des sujets qui peuvent apparaître
23:36parfois source de division,
23:38je pense que si on raisonne autrement,
23:39on trouve d'autres solutions.
23:40Mais concrètement,
23:41comment on peut dépasser,
23:43enfin, arriver à conjuguer
23:45certains intérêts
23:46qui peuvent apparaître contradictoires
23:48à un moment donné ?
23:49Par exemple, la question de l'avenir
23:51de l'industrie automobile.
23:52on a à la fois une réflexion
23:54sur l'idée qu'il faut faire reculer
23:55l'usage de la voiture,
23:57donc potentiellement le nombre
23:58de véhicules en circulation,
24:00parce que la qualité de l'air,
24:03le réchauffement climatique,
24:04et puis quand on parle des voitures électriques aussi,
24:06des minerais rares, etc.
24:07Et en même temps, en France,
24:09ça reste une industrie
24:10qui fait vivre des centaines
24:11de milliers de travailleurs.
24:14Donc, comment cette transition écologique souhaitable
24:20vers moins de voitures en circulation
24:22ne s'accompagne pas d'un désastre social
24:26en matière d'emploi
24:27et par le fait que des milliers,
24:31des centaines de milliers de salariés
24:33peuvent se retrouver le bec dans l'eau
24:34sans avenir professionnel,
24:37comme on a pu le connaître par le passé
24:39avec les mines,
24:40C'est ce qui me vient en tête maintenant.
24:43C'est un bon sujet,
24:45enfin un vrai sujet.
24:48Premièrement,
24:49on a, entre guillemets,
24:50une petite expertise à la CGT
24:52et donc il faut se confronter avec les autres.
24:55Sur l'automobile,
24:57le problème majeur de l'automobile
24:59en France,
25:00et c'est encore pire sur la planète,
25:03c'est le vieillissement du parc automobile.
25:06C'est-à-dire que tous les progrès technologiques,
25:09il faudra attendre en moyenne 10 ans
25:11pour qu'on puisse en bénéficier
25:12parce que le parc automobile français
25:14a 10 ans de moyenne d'âge.
25:16Est-ce que vous savez à quel âge
25:18en moyenne on achète sa première voiture ?
25:2158 ans.
25:23En France, 58 ans.
25:24La moyenne pour acheter sa première voiture neuve.
25:27Neuve, pardon.
25:29Donc ça, c'est un premier sujet.
25:31Le deuxième sujet,
25:32c'est que sur la voiture comme sur le reste,
25:36le territoire français est différent.
25:38On ne peut pas raisonner mobilité de la même façon
25:41dans les métropoles, dans les mégapoles
25:43que dans les zones rurales.
25:45Donc moi, je considère,
25:47et je pense qu'on n'a pas encore tout à fait
25:51été au bout du sujet,
25:52mais on n'a pas des désaccords profonds,
25:54qu'on ne peut pas raisonner
25:55la voiture a de l'avenir,
25:56mais le tout voiture,
25:57il faut le réfléchir différemment.
25:59Le tout électrique n'est pas la solution.
26:02Le tout électrique n'est pas la solution.
26:04Donc il y a des solutions,
26:05par exemple,
26:07de moteurs hybrides
26:08qui conjuguent le thermique et l'électrique
26:12qui sont des solutions.
26:14Or, si on maintient des moteurs thermiques,
26:16l'impact sur l'emploi
26:17n'est pas tout à fait le même
26:18que si on supprime tout le thermique.
26:20Parce qu'on parle en ce moment
26:21beaucoup d'hydrogène,
26:23il faudra qu'on creuse la question.
26:25Mais ça, c'est plus un plan de communication
26:27du gouvernement pour dire
26:29« Vous voyez, on fait des choses
26:29sur l'environnement »,
26:30qu'une vraie réponse
26:31à l'urgence climatique
26:32et à l'urgence sociale.
26:36Donc, le fait de poser le problème
26:38sur la table
26:39et que chacun arrive avec son expertise
26:42permet de trouver des solutions.
26:44Et nous, on considère
26:45que l'automobile a de l'avenir,
26:48mais pas telle qu'aujourd'hui,
26:51elle est conçue.
26:52Et de toute façon,
26:53on sait bien,
26:54et on le voit en ce moment,
26:56que tout ce qui peut être
27:00des moyens de communication,
27:02et là, l'environnement
27:04pour le gouvernement
27:05est un gros moyen de communication,
27:07les restructurations,
27:08c'est d'abord des restructurations
27:10financières et capitalistiques,
27:12ça n'a rien à voir
27:12avec l'avenir de l'automobile
27:14ou le bien-être des salariés,
27:15et encore moins
27:16avec le bien-être de la planète.
27:18Pauline Voyer,
27:19avec Alternativa,
27:20vous travaillez à construire
27:21justement ces alternatifs
27:22à partir des territoires.
27:23J'imagine que toutes ces questions,
27:26vous les posez.
27:28Oui, la relocalisation,
27:30elle pose plusieurs questions,
27:32dont relocaliser quoi
27:34et pour faire quoi
27:35et qu'est-ce qu'on veut consommer.
27:37Parce qu'on ne va pas refaire
27:40la même société de consommation
27:41que maintenant,
27:41vu qu'on voit
27:42qu'elle va faire bouler la planète.
27:45Donc, ce n'est pas possible.
27:46Donc, il y a un travail
27:47d'imagination à faire
27:48pour se dire
27:49« Ok, on a le vieux monde
27:52et plein de choses
27:54à laisser de côté,
27:54mais maintenant,
27:55concentrons-nous sur
27:56comment on transfère
27:58les savoir-faire
27:59des personnes
27:59dans des secteurs
28:01qui sont nécessaires
28:03pour amorcer
28:05la transition écologique
28:07en ayant
28:08toute la justice sociale
28:10comme axe central. »
28:13La relocalisation,
28:14elle pose la question
28:14de la gouvernance
28:15parce que quand on vient
28:19implanter,
28:20quand Total va venir
28:21implanter un champ d'éoliennes
28:23à proximité d'un village,
28:25personne n'a envie de ça
28:26parce que les citoyens
28:28ne sont encore pas
28:28dans la gouvernance de ça.
28:30Ils vont payer
28:31à une boîte
28:32qui va donner
28:33l'argent aux actionnaires.
28:35Et à côté de ça,
28:36il y a des projets
28:36justement citoyens
28:38qu'Energie Citoyenne
28:42aident au niveau financier
28:44pour qu'ils s'installent,
28:45etc.
28:45Tout à l'heure,
28:46tu parlais des sites
28:48qui sont déjà pollués
28:49ou qui sont déjà
28:50artificialisés.
28:52À Aubay, par exemple,
28:54un projet citoyen
28:55a monté un parc
28:59photovoltaïque
28:59avec des panneaux
29:00sur le site
29:01d'une décharge
29:02en disant
29:02« Voilà, maintenant,
29:03à la place de la décharge,
29:04on a les panneaux
29:05photovoltaïques
29:06qui alimentent
29:07les maisons
29:08et dont nous sommes
29:09les propriétaires
29:11et nous avons
29:13une gestion commune.
29:14donc, bien sûr,
29:17il y a des arbitrages
29:18qu'il va falloir faire.
29:19Bien sûr,
29:20continuer à utiliser
29:21les minerais
29:22des mines
29:22d'autres pays
29:24qui souffrent
29:27du dérèglement climatique
29:29et des impacts
29:29de nos modes de vie.
29:30Ce n'est plus possible.
29:31Donc, il va falloir réfléchir
29:33à comment on veut vivre
29:35et à partir de là,
29:37penser l'aménagement
29:37du territoire
29:38et de manière globale
29:39et aussi ancré
29:40dans les territoires
29:41parce que, bien sûr,
29:42chaque territoire
29:43a sa réalité géographique,
29:46a plus ou moins d'eau
29:46à disposition, etc.
29:48Et c'est pour ça
29:49que le travail de terrain,
29:51il est très important.
29:53Il y a ce travail
29:54de terrain mené
29:55et en même temps,
29:56bien sûr,
29:57au niveau national,
29:59il y a des décisions
29:59qui doivent être prises,
30:00qui ne sont pas encore prises.
30:01On voit que le plan de relance
30:02est insuffisant.
30:02Donc, voilà.
30:03C'est un peu
30:04cette vision-là
30:05qu'il faut...
30:06C'est ce fil-là
30:07qu'il faut tirer
30:07pour arriver à voir
30:09où est-ce qu'on peut
30:11agir concrètement.
30:12Aurélie Trouvé,
30:13c'est cette mise en commun,
30:14c'est cette question
30:16de démocratique
30:17et de reconstruction
30:19aussi démocratique
30:20qui est importante
30:21dans la façon
30:23d'articuler tous ces enjeux.
30:25Oui.
30:25Pour revenir au débat,
30:26par exemple,
30:27sur la question
30:28de l'automobile,
30:31c'est effectivement
30:32et il y a une diminution
30:33aujourd'hui à penser
30:35du trafic automobile
30:36de mon point de vue,
30:37mais c'est la manière
30:37dont c'est fait.
30:38Et pour reprendre
30:39un exemple très concret,
30:40c'est celui
30:41de la taxe sur les carburants.
30:43Je pense que,
30:44voilà,
30:45c'est en fait
30:45une mesure antisociale
30:47et c'est la façon
30:48dont, du coup,
30:50on impose aussi,
30:51enfin,
30:51dont on réalise
30:52une politique écologique
30:54parce que je pense
30:54qu'il peut y avoir
30:54tout à fait une écologie
30:55de droite.
30:56Et en l'occurrence,
30:57pour moi,
30:57la taxe sur les carburants,
30:58c'est une mesure
31:01effectivement de droite
31:01dans le sens où
31:02ça s'impose
31:04en premier lieu
31:05sur les plus précaires,
31:06sans par ailleurs
31:07offrir des alternatives
31:08et développer massivement
31:10les transports en commun
31:11et notamment le train,
31:12voilà,
31:14sans planification
31:17pour relocaliser
31:18les commerces
31:19tout en continuant
31:19des grands centres
31:20commerciaux
31:21en périphérie,
31:22tout en,
31:23voilà,
31:23et tout en ne relocalisant,
31:26en faisant en sorte,
31:27enfin,
31:27en continuant
31:27que des gens
31:29doivent prendre
31:30leur voiture
31:30pour aller bosser
31:31à 50 kilomètres.
31:32Donc,
31:33évidemment que ça a été
31:33vécu de manière
31:36dramatique
31:36par un certain nombre,
31:37enfin,
31:37par un grand nombre
31:38de personnes
31:39et donc,
31:39ce qu'on met en avant
31:40nous,
31:41c'est effectivement
31:41des mesures
31:42qui articulent
31:42l'écologie et le social
31:44mais ceci dit,
31:45je pense,
31:46et on se confronte
31:47à ce débat-là
31:47entre nous,
31:49c'est aujourd'hui,
31:50et tu l'as dit,
31:50Pauline,
31:51c'est qu'on a une nécessité,
31:53en tout cas en France,
31:54au niveau global,
31:55je dis bien,
31:55de décroissance matérielle
31:57et énergétique
31:58parce que,
31:59rien que sur l'alimentation,
32:00chacun d'entre nous,
32:01en fait,
32:01consomme plusieurs planètes,
32:04si on consomme tous
32:05en moyenne
32:05comme un français,
32:06c'est pareil sur l'énergie,
32:07donc,
32:08c'est comment on décroît
32:09matériellement
32:10et énergétiquement
32:11au niveau global
32:12en France,
32:13mais en sachant
32:14que c'est les riches
32:14avant tout
32:15qui font le gros
32:16de la consommation
32:17et que par ailleurs,
32:19il y a plein de précaires
32:20qui,
32:20au contraire,
32:21n'ont pas le niveau,
32:22enfin,
32:22n'ont pas,
32:23soit en précarité énergétique,
32:25qu'en précarité alimentaire,
32:26donc c'est comment,
32:27à la fois,
32:28on combine
32:29la révolution écologique
32:31et un partage
32:32des richesses
32:32beaucoup plus important
32:33et nous,
32:33on pense que,
32:34oui,
32:34l'écologie,
32:35elle est sociale
32:36parce que c'est les riches
32:36qui,
32:37avant tout,
32:38polluent la planète,
32:39c'est aux multinationales,
32:40avant tout,
32:40qu'il faut s'en prendre
32:41et à leurs actionnaires
32:42et que,
32:43par contre,
32:43il y a des gens
32:44en précarité
32:44qui,
32:45au contraire,
32:45ont besoin
32:46d'avoir un minimum
32:47de consommation énergétique,
32:48alimentaire,
32:49c'est comme ça.
32:49Et c'est comme ça,
32:50à mon avis,
32:50qu'on arrivera à parler
32:51aussi aux classes populaires
32:52d'écologie
32:53et aux travailleurs.
32:56Ça reste avant tout
32:57une bataille de classe
32:58et ça doit s'inscrire
32:58dans ce cadre-là,
33:01je pense que là-dessus,
33:02c'est aussi un point de vue
33:04que partagent tous les acteurs.
33:05De plus jamais ça,
33:06aujourd'hui,
33:07c'est s'inscrire
33:07dans cette bataille
33:08très,
33:09une bataille de classe,
33:10cette bataille gauche-droite.
33:12L'exigence d'égalité,
33:13en fait.
33:14Oui,
33:15je crois qu'on a tous
33:16derrière ça
33:16l'exigence d'égalité,
33:18effectivement.
33:21Philippe a abordé
33:22la question
33:22des solutions technologiques
33:24rapidement,
33:24j'aimerais qu'on y revienne
33:25deux minutes
33:26parce que c'est peut-être
33:26là aussi
33:27que ça peut faire débat
33:27entre vous
33:28et j'aimerais voir
33:30comment vous la traitez.
33:32Les solutions technologiques,
33:34elles sont apportées
33:35souvent comme,
33:36justement,
33:37des solutions
33:37à la crise climatique,
33:38elles ne font pas toujours
33:40l'unanimité.
33:41Certains y voient
33:42effectivement
33:42une façon
33:43de dénouer le problème,
33:45d'autres y voient
33:46une fuite en avant.
33:48On peut penser
33:48au nucléaire
33:49qui est posé
33:49à la fois
33:50comme une énergie
33:53décarbonée,
33:53donc un atout
33:55dans la lutte
33:56contre le réchauffement
33:57climatique.
33:57D'autres organisations
33:58vont y voir
33:59une fuite en avant
34:00encore
34:00et un risque supplémentaire.
34:03J'aurais bien aimé
34:04avoir votre point de vue
34:04par rapport
34:05à l'hydrogène vert
34:06dont on parle.
34:07Là, ça fait partie,
34:07c'est un gros morceau
34:08du plan de relance
34:10gouvernementale.
34:11Le gouvernement
34:12entend débloquer
34:137 milliards d'euros
34:14sur l'hydrogène vert.
34:15Comment vous la pensez ?
34:18Est-ce que c'est
34:20une solution
34:20ou pas une solution
34:21fuite en avant,
34:22Philippe ?
34:24Moi,
34:26on est d'accord,
34:27je pense,
34:27je suis sûr,
34:28moi je crois
34:29beaucoup
34:31dans l'intervention
34:33des salariés.
34:35Parce que les choix
34:36stratégiques des entreprises,
34:37ce n'est pas
34:38les salariés
34:38qui les prennent,
34:39qui décident
34:40de fermer une boîte
34:41pas parce qu'elle
34:42n'est pas rentable,
34:43pas parce qu'elle
34:44ne fait pas un bon produit,
34:45mais parce qu'elle
34:45n'est pas assez rentable,
34:46ce n'est pas les salariés,
34:48c'est les actionnaires.
34:50Et donc,
34:51les salariés,
34:53en renforçant,
34:54enfin,
34:54pas en renforçant,
34:55en développant la démocratie
34:56dans les entreprises,
34:58on parle beaucoup
34:58de démocratie politique,
35:01les Gilets jaunes
35:01ont demandé
35:02des référendums,
35:03mais s'il y a un endroit
35:04où les salariés
35:05n'ont pas leur mot à dire,
35:07c'est quand ils rentrent
35:07au boulot.
35:08Là, c'est
35:09tu fais ce que je te dis
35:10et tu ne discutes pas.
35:11Donc, il y a des choses
35:11à conquérir.
35:12Et si on s'appuie
35:13justement sur
35:15les salariés citoyens
35:16qui veulent garder
35:18leur boulot,
35:18qui veulent bien
35:19faire leur boulot,
35:20mais en même temps,
35:20quand ils disent
35:21en sortant de la boîte
35:22« je veux continuer
35:23à respirer
35:24et à bien manger »,
35:25eh bien,
35:26on peut faire
35:27des choses intéressantes.
35:28Et donc,
35:29on a des exemples concrets.
35:31Moi, je partage
35:31ce que disait Jean-François,
35:32il n'y a pas besoin
35:33premièrement
35:33d'aller construire
35:34des usines
35:34là où il n'y en a pas.
35:35Il suffit
35:38de revitaliser
35:39et de rénover
35:40des friches industrielles,
35:41même des usines
35:42qui peuvent tourner
35:42dès demain,
35:43pour que ça tourne.
35:47ça, c'est des vraies questions.
35:49Et donc,
35:49les salariés,
35:50moi, je cite souvent,
35:51je vais encore vous embêter
35:52avec ça,
35:52mais c'est le meilleur
35:54exemple qu'on a,
35:55c'est la chapelle d'Arbelay.
35:56C'est une très vieille
35:58technologie,
35:58c'est la fabrication
35:59du papier.
36:00C'est vieux,
36:01pourtant,
36:01c'est une industrie
36:02d'avenir.
36:03Et les salariés
36:04ont développé,
36:05parce qu'eux,
36:06ils connaissent leur boulot,
36:07eux, ce qui compte,
36:08ce n'est pas
36:09les dividendes
36:10à la fin de l'année,
36:11c'est travailler correctement,
36:12bien gagner leur vie
36:14correctement,
36:14et en même temps,
36:16s'occuper de la planète.
36:17Eh bien,
36:17ils ont des propositions
36:19pour recycler,
36:20continuer à recycler le papier,
36:21le recyclage du papier,
36:22et des déchets de papier,
36:23il y en a quand même pas mal,
36:24faire à côté de la biomasse.
36:26Voilà des projets
36:27qui sont intéressants,
36:28et une usine
36:29qui est coincée,
36:29entre guillemets,
36:30entre une gare
36:32où il faudrait développer
36:33le fret,
36:34et la Seine
36:35où on peut développer
36:36le fluvial.
36:36Il n'y a pas plus beau projet
36:37écologique et social
36:40dans une usine
36:41qui a 92 ans maintenant.
36:42Alors je pensais
36:43que vous alliez citer
36:43Cordemais aussi,
36:44parce qu'il y a un projet
36:45qui a été travaillé
36:46avec les salariés à Cordemais
36:47sur la transition
36:48de la centrale thermique.
36:50Si je cite tous les exemples,
36:52je vais monopoliser la parole,
36:53donc ce n'est pas l'intérêt,
36:54mais je voudrais juste finir,
36:55et je ne parle plus,
36:56promis.
36:57Verallia,
36:59fabrique du verre.
37:01En 2015,
37:02c'était Saint-Gobain
37:03qui détenait ça.
37:04Les actionnaires disent au PDG
37:05de Saint-Gobain
37:06qu'à la fin de l'année
37:07on ne va pas toucher assez,
37:09donc qu'est-ce que tu nous vends ?
37:11Tu as qu'à vendre le verre,
37:12ça n'a pas d'avenir.
37:14Ils vendent ça
37:15à un fonds de pension.
37:16Aujourd'hui,
37:16le fonds de pension,
37:17on dit que ce n'est pas assez rentable,
37:19on ferme un four.
37:20Si on avait fait confiance
37:22aux salariés,
37:23eux,
37:24ils savent ce qu'ils font.
37:25Ils ont aussi
37:27la question de l'enjeu
37:28de la planète
37:29et de la place du verre,
37:30y compris
37:32le retraitement du verre,
37:33etc.
37:33on n'aurait pas vendu
37:34vers Alia.
37:35Quand on s'appuie
37:36sur les salariés,
37:38je pense que
37:39et le social
37:40et la planète
37:41pourraient s'en porter
37:43beaucoup mieux.
37:44Jean-François,
37:45sur cette question.
37:46Sur le
37:47votre question,
37:47elle était aussi
37:48sur le rapport
37:49aux technologies
37:49ou aux nouvelles technologies
37:50et tout ça.
37:50Nous,
37:51dans le mouvement global,
37:52écolo,
37:53environnemental,
37:54on n'est pas anti-écologie,
37:55on n'est pas anti-recherche,
37:58science
37:58ou quoi que ce soit.
37:59On sait que les technologies
38:00font avancer
38:00tout un tas de domaines,
38:01à commencer par la science climatique,
38:03il y a besoin
38:03de progresser encore
38:04pour affiner
38:05ces prévisions
38:06dans le domaine
38:07de la recherche médicale,
38:08dans le domaine
38:08de la production énergétique.
38:09Il y a besoin
38:12effectivement
38:12de travailler
38:13ces sujets-là.
38:14En revanche,
38:14ce qui nous inquiète,
38:15c'est quand on nous fait croire
38:16qu'une technologie
38:17va sauver la planète
38:19ou nous sauver
38:20de la crise climatique,
38:22que ce soit
38:23tout ce qu'on appelle
38:24l'ingénierie du climat,
38:25par exemple,
38:25qui consiste à penser
38:26qu'on va un jour
38:27propulser des gaz
38:28dans l'atmosphère
38:29et que ça va absorber
38:29tout le CO2 qui y est
38:30ou qu'on va mettre en place
38:32des dispositifs
38:32qui vont séquestrer,
38:34stocker,
38:34comme par goût
38:35de baguette magique,
38:36tout le carbone
38:36qui s'échappe
38:37de tous les sites industriels
38:38de la planète.
38:39Ça, on n'y croit pas.
38:40Ce mythe de la technologie
38:42qui va nous sauver,
38:43on n'y croit pas.
38:44Et en plus,
38:44on n'y croit pas
38:45parce qu'on ne voit pas
38:46pourquoi on aurait besoin
38:47d'y croire.
38:48Parce qu'encore une fois,
38:48sur la crise climatique,
38:49les solutions,
38:50elles sont là,
38:50elles sont connues.
38:51Il suffit de les appliquer.
38:52Il suffit d'avoir envie
38:52de les appliquer
38:53et d'un peu
38:53de volonté politique
38:54pour les appliquer.
38:56On n'a pas besoin
38:56de rechercher
38:56des nouvelles technologies
38:57en permanence.
38:59Donc, sur la question
38:59de l'hydrogène vert,
39:00c'est pareil.
39:01L'hydrogène,
39:02s'il est vraiment vert,
39:02c'est-à-dire s'il est produit
39:03à partir de sources
39:04d'électricité d'origine renouvelable
39:06et notamment de surplus
39:07de production
39:08d'électricité renouvelable
39:09et qu'il est réservé
39:10à des usages
39:11qui sont compatibles
39:13et qui ont besoin
39:14d'une source
39:15comme l'hydrogène,
39:16notamment pour déplacer
39:17des véhicules lourds
39:17par exemple et tout ça,
39:18oui, ça peut être
39:19une source d'énergie intéressante.
39:23Mais au contraire,
39:24c'est effectivement bien utiliser
39:25une source d'énergie
39:26qui n'émet pas
39:26de gaz à effet de serre du tout.
39:28Ça, c'est certain.
39:28Mais en revanche,
39:29nous faire croire
39:30comme le gouvernement le fait
39:31avec ce plan de relance
39:32que demain,
39:33tous les véhicules individuels
39:34vont rouler à l'hydrogène,
39:35qu'on va avoir des avions
39:35propulsés à l'hydrogène,
39:37qu'il va y avoir
39:37de l'hydrogène partout
39:38comme par magie
39:39qui va faire en sorte
39:40que toute la production énergétique
39:41sera neutre en carbone,
39:43ça, on n'y croit pas
39:44et on trouve que c'est dangereux
39:45de faire passer ce message-là.
39:47Pauline,
39:47c'est aussi
39:48le point de vue
39:49que vous partagez.
39:50Aurélie,
39:51vous pouvez rajouter
39:51sur ce point précis
39:53des nouvelles technologies ?
39:55Par ailleurs,
39:56je pense que sur le plan
39:57plus globalement énergétique,
39:59il y a trois piliers aussi
40:01qu'il faut travailler.
40:02Il me semble,
40:02c'est certes
40:03le développement
40:04des énergies renouvelables,
40:06l'efficacité
40:07et là,
40:08le plan du gouvernement
40:10est très, très loin
40:11de ce qu'il faudrait
40:12par exemple
40:12sur l'efficacité énergétique
40:15des bâtiments.
40:16Ça a été dit
40:17et redit
40:17par tout un tas
40:18d'organisations
40:19d'ONG,
40:20etc.,
40:21qui travaillent
40:21sur le sujet.
40:22Et troisièmement,
40:23c'est la question
40:23de la sobriété.
40:25Et c'est vrai
40:25que là,
40:26il faut aussi travailler
40:27sur cette question
40:27de la sobriété
40:28qui demande par exemple
40:29sur la mobilité
40:30de retravailler complètement
40:31les questions de mobilité.
40:33Ça ne veut pas dire
40:33destruction d'emploi
40:34parce qu'en développant
40:35massivement le train,
40:36en développant massivement
40:38les transports en commun,
40:39le vélo
40:40et tout ce qui va avec
40:41et tout un tas
40:43de déplacements
40:44alternatifs,
40:45on peut aussi créer
40:46beaucoup d'emplois
40:47et même peut-être
40:48plus d'emplois,
40:49à condition,
40:50et ce que ne fait
40:50absolument pas le gouvernement,
40:52qui est un vrai plan aussi
40:53de formation à long terme,
40:55de reconversion professionnelle,
40:56de garantie de maintien
40:58des revenus
40:59et des emplois
41:00quoi qu'il arrive.
41:02Et tout ça,
41:02évidemment,
41:03on a un gouvernement
41:04qui est incapable
41:05aujourd'hui de le faire
41:05puisqu'il est dans une politique
41:06au service du capital.
41:07Et si je peux ajouter
41:09la position de la CGT,
41:13on a la chance
41:14d'avoir une grande
41:14entreprise publique
41:15de l'énergie
41:16qui s'appelle EDF
41:18qui devrait être gérée
41:21sur d'autres critères
41:22que des critères
41:24capitalistiques et du profit
41:25et qui va,
41:27pour réfléchir
41:29sur l'évolution
41:30de l'énergie,
41:31engager un plan
41:32de réduction massif
41:35d'effectifs.
41:36Alors c'est écologique,
41:37le plan,
41:38il s'appelle Mimosa.
41:41Mais au lieu de travailler
41:44et de renforcer
41:44ces équipes de recherche
41:45et de développement,
41:46eh bien la première chose
41:47qu'on fait,
41:48c'est supprimer des emplois.
41:49Donc on est bien
41:50dans le monde d'hier.
41:52Garder le secteur de l'énergie,
41:55garder un secteur public
41:56de l'énergie,
41:57j'imagine que ça aussi
41:58c'est quelque chose
41:58que vous rejoignez tous
42:00et qui vous rassemble tous,
42:02cette question énergique.
42:04De toute façon,
42:05pas que dans l'énergie,
42:06oui,
42:06mais pas que dans l'énergie.
42:08La notion de protection,
42:09de renforcement,
42:10de développement,
42:11d'accroissement
42:11des services publics
42:12est quelque chose
42:12qui nous rassemble tous.
42:14Pour le coup,
42:15parce que c'est aussi,
42:16on ne peut pas oublier
42:16que ce plan de sortie de crise,
42:17on l'a fait à l'aune
42:19de cette crise sanitaire.
42:20Donc on a beaucoup travaillé
42:21et réfléchi,
42:22discuté, débattu entre nous
42:23sur la question
42:24du secteur hospitalier,
42:25du secteur du soin
42:25et tout ça.
42:26Donc cette notion
42:26de service public,
42:27c'est une notion
42:28à laquelle toutes nos organisations
42:29effectivement sont profondément
42:31attachées,
42:31et quelle que soit
42:32en fait notre mission sociale.
42:34Vous avez commencé
42:36à évoquer la question
42:38du plan de relance,
42:39notamment sur l'aspect
42:41transition écologique.
42:44la question des aides
42:46aux entreprises
42:47fait débat
42:48avec une solide critique
42:51sur l'absence
42:53de conditionnalité
42:54des aides,
42:55qu'elles soient
42:56sur la façon
42:57d'utiliser cet argent,
42:59c'est-à-dire pas
42:59de critères sociaux,
43:00pas de critères environnementaux.
43:03Vous partagez bien évidemment
43:05ces critiques ?
43:08Oui, on les partage.
43:10Mais, enfin,
43:11il y a des tas d'exemples,
43:13mais ce qui a été annoncé hier,
43:16les premiers de corvée,
43:17c'était qui ?
43:17Évidemment,
43:18il y avait la santé,
43:20etc.,
43:20mais les premiers de corvée,
43:21les deuxièmes lignes
43:22dont parlait Macron,
43:23c'était les salariés du commerce,
43:25les aides à domicile,
43:26les agents de sécurité
43:27au champ,
43:28hier,
43:29pour remercier
43:30les premiers de corvée,
43:31annonce un plan
43:32de suppression d'emploi
43:33de 1 500 personnes.
43:35C'est absolument scandaleux.
43:37Scandaleux.
43:38Et c'est la même famille,
43:40Muliez,
43:40une des plus riches fortunes
43:43de France,
43:45qui liquide Alinea,
43:47qui est dans son groupe,
43:48et qui,
43:49grâce à une ordonnance
43:50du gouvernement,
43:50se positionne
43:52pour acheter une boîte
43:53qu'il a lui-même liquidée,
43:56évidemment,
43:56en bénéficiant d'aide.
43:58Ça, ça résume
43:59le plan de relance.
44:00Ça résume le plan de relance.
44:02Et donc, c'est pour ça
44:03que nous, à la CGT,
44:04on parle de plan de rupture,
44:05parce que ce plan de relance,
44:06ce n'est pas le jour d'après,
44:07c'est les décennies
44:09qu'on vient de vivre.
44:12Le rétablissement
44:12d'un commissaire au plan,
44:13j'imagine que ça pourrait
44:15apparaître une bonne nouvelle.
44:16Certains défendent
44:17l'idée d'une planification
44:18écologique.
44:22C'est Aurélie qui répond.
44:26Non, mais nous,
44:27on est pour une planification,
44:29effectivement,
44:30enfin, on le dit,
44:31puisqu'on dit qu'on est
44:31pour un plan de sortie
44:32de crise.
44:33Effectivement,
44:34c'est le seul moyen
44:34de prévoir à long terme
44:39des politiques
44:39face à l'urgence
44:40écologique et sociale.
44:42Maintenant,
44:42nous, on est habitué
44:43avec le gouvernement
44:46au vernis
44:47de toutes sortes.
44:49C'est-à-dire que dès
44:49qu'il y a un mot
44:50qui fait bien dans le débat,
44:52il le récupère.
44:53Donc, c'est pareil
44:53avec la relocalisation
44:55et c'est pareil
44:55avec la planification.
44:56Donc, en fait,
44:58nous, ce qu'on veut,
44:58c'est des actes concrets.
45:00En l'occurrence,
45:00là, vu le plan de relance,
45:02ce qu'ils ont appelé
45:03plan de relance,
45:04c'est tout sauf un plan.
45:05C'est un saupoudrage
45:07d'aide en faveur du capital
45:09sans vision de long terme
45:10et sans reconversion sociale
45:11et écologique.
45:12Je pourrais vous prendre,
45:14un domaine que je connais bien,
45:15l'agriculture,
45:16je pourrais vous montrer
45:16à quel point
45:17c'est ce plan de relance
45:19d'abord est absolument insuffisant
45:21et est en dessous de tout
45:23sur les enjeux agricoles
45:25et alimentaires.
45:26Donc, évidemment,
45:27de toute façon,
45:28c'est les rois de ça.
45:31C'est-à-dire que depuis
45:31le début de ce gouvernement,
45:33on nous reprend tous les termes
45:35à la mode
45:35pour les galvauder complètement.
45:38Donc, nous,
45:38on essaye de les reprendre
45:40en disant
45:41voilà ce que c'est
45:41une planification démocratique,
45:43écologique et sociale
45:44et c'est un milieu
45:45de scarriliser
45:47de ce que réalise
45:48le gouvernement aujourd'hui.
45:49Donc,
45:50ils pourront nous mettre
45:50devant,
45:52ils pourront essayer
45:53de noyer le poisson
45:53avec un commissariat au plan.
45:56En l'occurrence,
45:58voilà,
45:58nous,
45:58on ne voit rien venir
45:59et le plan de relance
46:00démontre le contraire.
46:01Et cela dit,
46:04venons-en au lutte à mener.
46:06Le plan de relance,
46:07là, il est sur la table,
46:07il est posé par le gouvernement.
46:09C'est quoi les marges de manœuvre
46:11qui restent
46:12pour imposer autre chose,
46:14pour faire grandir vos batailles ?
46:15Il y a des rendez-vous
46:16d'ores et déjà fixés.
46:19Voilà,
46:19comment vous comptez
46:21maintenant mener la bataille
46:22pour continuer à gagner
46:23votre plan de sortie de prise,
46:26votre plan de relance ?
46:28Pauline ou vous ?
46:32Au niveau de plus jamais ça,
46:33je pense que c'est encore
46:35en discussion,
46:35mais là,
46:38c'est réfléchir
46:39à comment est-ce que
46:42on continue à unir nos forces
46:43pour dessiner des mobilisations
46:45qui vont faire augmenter
46:47un rapport de force
46:48avec le gouvernement
46:49parce qu'effectivement,
46:50le plan de relance
46:50est insuffisant.
46:51Donc, on a besoin
46:53de faire monter la pression
46:54et ça, ça va passer
46:55par la mobilisation citoyenne,
46:56par le fait de redonner
46:59le pouvoir d'agir aux gens.
47:01Tu disais,
47:02redonner les manettes
47:05aux employés.
47:06Eh bien, c'est aussi,
47:07nous, ce qu'on fait
47:08dans le mouvement climat,
47:08c'est redonner le pouvoir
47:09d'agir aux citoyens
47:10et aux citoyennes
47:11pour qu'on se saisisse
47:12de ce qui n'est pas fait
47:14par le gouvernement
47:15et de pousser
47:16le plus possible
47:18dans nos territoires
47:19et au niveau national
47:21pour que ça se fasse.
47:24Par exemple,
47:25ça va être quoi ?
47:26À l'échelle d'un territoire,
47:27à l'échelle d'une bataille
47:28territoriale,
47:29ça va être passé
47:30par quels leviers,
47:31par quels outils
47:32pour se pouvoir d'agir ?
47:33Pour donner ce pouvoir d'agir ?
47:34Il y a plein d'outils.
47:37Là, il y a effectivement
47:38un sauvaudrage d'argent
47:40dont, de ce que j'ai compris,
47:42la manière opérationnelle
47:44de s'en servir
47:44n'est pas forcément
47:45très définie.
47:46Donc, peut-être,
47:46c'est pousser aussi
47:47à ce que l'argent
47:48aille au bon endroit
47:48et pas pour qu'il continue
47:50à servir le capital,
47:52c'est faire pousser
47:55au niveau des élus locaux
47:56pour qu'ils aient
47:57des politiques ambitieuses
47:58qui permettent
47:59de faire avancer les choses.
48:01Et ça, il y a plein
48:03de groupes partout,
48:04de citoyens
48:04qui s'organisent
48:05et qui font ce travail.
48:07Dans Alternatiba,
48:08il y a des groupes
48:09alternatifs territoriales
48:10qui ont fait
48:10des véritables projets
48:12de territoire
48:13où il y a une réflexion
48:15beaucoup plus large
48:16que juste l'environnement,
48:18mais qui inclut
48:19la question sociale.
48:20On a échangé beaucoup
48:22avec ATD Carmond
48:23et leur projet
48:24Territoire zéro chômeur
48:25longue durée.
48:26Donc, il y a vraiment
48:27des expertises
48:28qui se rassemblent
48:29sur les territoires
48:30pour pousser
48:31la transformation,
48:32la métamorphose
48:33des territoires.
48:35Et après,
48:35il y a aussi
48:39plein de projets
48:40contre lesquels résister.
48:42Et si on regarde là
48:43en ce moment
48:44la crise
48:44dans le secteur aérien,
48:45par exemple,
48:47je trouve qu'elle illustre
48:48encore bien la situation
48:49dans laquelle on se trouve
48:50parce que l'État
48:51donne de l'argent,
48:52injecte de l'argent
48:53dans le secteur
48:55qui n'empêche pas du tout
48:56les licenciements.
48:58Les salariés
48:59ne sont pas concertés.
49:01Avant-hier ou hier,
49:02il y a une table ronde
49:03justement avec
49:03une personne
49:05de Sud Aérien
49:06avec Charles-Adrien-Louis
49:09de BNL Évolution
49:10et ils ont discuté
49:12sur justement
49:13comment est-ce qu'on avance
49:15entre syndicats
49:16et mouvements écolos
49:17dans le secteur
49:18de l'aérien
49:18parce qu'il y a
49:20une véritable problématique.
49:22Si le trafic aérien
49:24continue à augmenter
49:25autant
49:27et qu'on le laisse
49:28augmenter autant,
49:29en 2050,
49:31juste l'impact
49:32des émissions
49:33de gaz à effet de serre
49:34dû à l'aviation
49:35va manger tout
49:36le budget carbone
49:36de la France.
49:38C'est-à-dire
49:38qu'on ne mange pas,
49:39on ne se nourrit pas,
49:41on ne s'habille pas.
49:43Donc ce n'est pas possible,
49:44on ne se chauffe pas.
49:44Donc on voit
49:45que ce n'est pas possible.
49:46Donc c'est pour ça
49:47que là,
49:49on a ouvert un dialogue
49:53qui n'est pas forcément facile,
49:55c'est normal,
49:56mais le dialogue est ouvert
49:58et c'est ça qui est important.
49:59Parce qu'on voit
50:00qu'il y a des enjeux
50:01qui sont compliqués
50:02mais que par ailleurs,
50:05il y a toutes ces alternatives
50:07à développer
50:07et tous les savoir-faire
50:08qui ne vont pas être balayés
50:12mais peuvent être réinjectés ailleurs.
50:14Donc la pression citoyenne,
50:16c'est ce dont on a besoin maintenant
50:17pour faire changer les choses.
50:19Jean-François,
50:20Julliard.
50:20Oui,
50:21vous parliez d'échéances,
50:22il y a deux échéances
50:22qui me viennent en tête
50:23qui sont importantes,
50:24ce ne sont pas les seules
50:24mais qui sont très importantes
50:26dans les mois à venir.
50:27La première,
50:27c'est le prochain projet
50:28de loi de finances
50:29pour les finances 2021
50:30qui va être déterminant
50:32sur le souhait qu'on a
50:34et qu'on partage,
50:35je pense,
50:35au sein du budget AMESSA
50:36de rééquilibrage
50:37de la fiscalité
50:38pour avoir une fiscalité
50:39qui soit plus positive
50:40pour l'environnement
50:41et pour la réduction
50:42des inégalités sociales.
50:43Donc il y a quelque chose
50:44à jouer autour
50:45d'une fiscalité.
50:48Et puis,
50:49l'autre élément
50:51plus lié
50:52directement au climat,
50:53c'est le projet de loi
50:54qui va venir en tout début
50:55de l'année 2021
50:56mais ça va arriver assez vite
50:57sur la suite des travaux
50:59de la Convention citoyenne
51:00pour le climat.
51:00Parce que l'engagement
51:01du président de la République
51:02de prendre les 149 mesures
51:05de la Convention citoyenne
51:07pour le climat
51:07doit à un moment donné
51:08se transformer en quelque chose.
51:10En tout cas,
51:10c'est l'engagement
51:10du chef de l'État.
51:11Et du coup,
51:12les réunions qu'on a eues
51:13avec Barbara Pompil,
51:14la nouvelle ministre
51:15de la Transition écologique,
51:16elle nous a dit
51:16qu'il y aura un projet de loi
51:17spécifique sur les travaux
51:18de la Convention citoyenne
51:19pour le climat
51:19qui va passer au examen
51:21parlementaire début 2021
51:23et qui sera déterminant
51:24parce que c'est là
51:25qu'on verra
51:26ce que le gouvernement
51:27et la majorité parlementaire
51:29qui en plus
51:29est en train de se disloquer
51:30un peu de partout
51:31en ce moment
51:31mais que la majorité parlementaire
51:32est prête à accepter
51:34comme transformation
51:35de la société
51:36parce que les mesures
51:37qui ont été portées
51:39et sur lesquelles ont abouti
51:40les travaux
51:40des membres
51:41de la Convention citoyenne
51:42pour le climat
51:43elles sont très ambitieuses.
51:45Dans certains domaines
51:46on aurait préféré
51:46que ça y ait encore plus loin
51:48mais globalement
51:49elles sont quand même ambitieuses.
51:49C'est-à-dire que si on prenait
51:50ces mesures aujourd'hui
51:51et qu'on les appliquait tout de suite
51:53ça commencerait à sérieusement
51:54transformer nos sociétés.
51:56Donc on va voir
51:56ça va être un peu
51:57un espèce de test aussi
51:59de ce que le gouvernement
52:00et le Parlement
52:01est prêts à faire.
52:03Si je peux me permettre
52:05il y a évidemment
52:07des rendez-vous sociaux
52:08et nous
52:08on a le 17 septembre
52:11très court terme
52:12au cours de
52:13justement pour dire
52:14quelles sont les priorités
52:16aujourd'hui
52:16mais moi
52:17on y a réfléchi d'ailleurs
52:19il y a besoin
52:19que nos discussions
52:21entre guillemets
52:21entre chefs
52:22les 19
52:24d'un point de vue national
52:26elles soient concrétisées
52:27sur les territoires
52:28un peu ce que tu disais
52:29parce que sinon
52:30on va apparaître
52:32comme des gens
52:32très sympathiques
52:33qui ont des belles idées
52:34mais qui ne permettent pas
52:36d'être visualisés
52:37au quotidien
52:38sur tel ou tel an
52:38et donc
52:39il y a besoin aussi
52:41en parallèle
52:42des mobilisations
52:44et des enjeux nationaux
52:45d'aller sur des territoires
52:46autour de projets
52:47très concrets
52:48on est en train
52:49de réfléchir
52:51à un plan de travail
52:51qui couvrirait
52:52plusieurs initiatives
52:53en territoire
52:54pour associer
52:56et les salariés
52:57et les citoyens
52:57sur la réouverture
52:59d'une usine
52:59avec les investissements
53:00nécessaires
53:01les questions agricoles
53:02etc.
53:03il faut articuler
53:05le macro
53:06et le micro
53:07parce que
53:07le souci
53:09qu'on a tous
53:09c'est que
53:10nos beaux discours
53:12entre guillemets
53:12trouvent concrétisation
53:14dans la réalité
53:15quotidienne
53:16des citoyens
53:16et des salariés
53:17Justement vous avez évoqué
53:19Veralia
53:19et derrière la bataille
53:20pour le maintien du four
53:22de Veralia
53:23près de Cognac
53:23c'est
53:25bataille pour que
53:25l'approvisionnement
53:26en bouteilles de verre
53:27des producteurs de Cognac
53:28ou des vignerons
53:30de Bordeaux
53:32ne se fasse pas
53:33en Ukraine
53:33en Italie
53:34ou en Espagne
53:35mais que la production
53:36de bouteilles
53:37se fasse au plus proche
53:38du lieu
53:39où elles sont utilisées
53:40est-ce que
53:41pour l'instant
53:42il y a la CGT
53:42qui est le syndicat
53:44majoritaire de l'entreprise
53:45qui est en pointe
53:46dans la bataille
53:47est-ce que
53:48les organisations
53:50que vous représentez
53:51sont susceptibles
53:52de se joindre
53:54localement
53:54à ces mobilisations
53:56et à s'emparer
53:58de ce type
53:59de conflit
54:01oui ça peut être
54:03tout à fait un axe
54:04alors les groupes
54:05Alternative Basse
54:06sont très autonomes
54:07mais par contre
54:08cet objectif
54:11de
54:12comment
54:13de
54:13de sauvegarder
54:14des emplois
54:15qui sont
54:15qui vont
54:17dans le bon sens
54:18au niveau de l'intérêt
54:19général
54:20de la société
54:21c'est quelque chose
54:22pour lesquels
54:23on se mobilise aussi
54:25donc
54:26c'est
54:27mais d'où
54:28l'importance
54:29d'un dialogue
54:29parce que
54:29en fait
54:30on a tendance
54:31à partir
54:32dans nos projets
54:34etc
54:35mais
54:37sans regarder
54:38ce qu'il y a autour
54:38et c'est pour ça
54:39que je parle
54:40beaucoup des territoires
54:41parce que pour moi
54:42c'est vraiment là
54:42où on peut avoir
54:43la vision
54:44la plus
54:44la plus pragmatique
54:46de
54:46ok
54:46donc là
54:48il y a telle usine
54:49qu'il faut sauver
54:49celle-là
54:50par contre
54:51ce projet-là
54:51il ne faut jamais
54:52qu'il voit le jour
54:52donc maintenant
54:54unissons-nous
54:54pour faire en sorte
54:56de réfléchir
54:57de manière
54:59intelligente
55:00au point de vue
55:00de la survie
55:02des espèces
55:03sur les territoires
55:05du maintien
55:07des emplois
55:08qu'il faut maintenir
55:09avec une gouvernance
55:10appropriée
55:11qui sorte
55:13de la logique
55:14du capital
55:17au service
55:18des actionnaires
55:19et ça
55:20oui
55:21c'est un des axes
55:24du mouvement
55:25du mouvement climat
55:26un des axes
55:27d'Alternatiba
55:27en tout cas
55:28Aurélie Trouvé
55:29on va conclure
55:29avec vous
55:30il nous reste
55:302-3 petites minutes
55:33de débat encore
55:34sur cette question
55:35il me semble
55:35qu'il y a une échéance
55:36qui est fixée
55:36quand même
55:37pour plus jamais ça
55:39c'est les dates
55:40du 24-25
55:4125-26 septembre
55:42je ne sais plus exactement
55:44vous allez me rectifier
55:45en tout cas
55:46des grandes marges climat
55:47auxquelles vous avez
55:48décidé de participer
55:50oui
55:50il se trouve que par ailleurs
55:51on a des dizaines
55:52déjà de dynamiques locales
55:54plus jamais ça
55:55et
55:56à périmètres différents
55:58mais enfin
55:58comme le dit Philippe
55:59ce qui est très important
56:00pour nous aussi
56:00c'est que ce soit
56:02ancré dans les territoires
56:03et avec les luttes locales
56:04et donc le plan de sortie
56:05de crise
56:06déjà première chose
56:06c'est qu'on ne veut pas
56:07que ce soit un truc descendant
56:08on va le mettre en débat
56:09un peu partout
56:09au niveau local
56:10et progresser
56:11comme ça
56:12justement
56:13voilà
56:13qui est aussi
56:14une manière de faire
56:15démocratique
56:16en prenant en compte
56:16les luttes locales
56:17et en changeant
56:18la manière de faire
56:19voilà
56:20qui peut exister
56:20par ailleurs
56:21ça c'est une première chose
56:23la deuxième chose
56:24c'est que sur le plan de relance
56:25c'est non seulement inefficace
56:26mais c'est scandaleux
56:27quoi
56:27enfin je veux dire
56:27c'est la stratégie du choc
56:29du gouvernement
56:30c'est à dire
56:30qu'il se saisit de la crise
56:32pour une énorme baisse
56:33des charges d'entreprise
56:35notamment les impôts de production
56:37je veux dire c'était le rêve du MEDEF
56:38depuis des années
56:38et c'est réalisé à travers
56:40le plan de relance du gouvernement
56:43donc là on a tout aussi
56:44un travail d'éducation populaire à faire
56:46donc là aussi
56:47on va essayer de travailler tout ça
56:48et puis dernière chose
56:49effectivement
56:49ce qu'on pense
56:50c'est que
56:52il faut
56:53évidemment il faut des mobilisations sociales
56:55le 17 septembre est très important
56:57et des mobilisations écologistes
56:59et notamment sur le 3 octobre
57:00et les marches
57:02sur l'aérien
57:03sur les aéroports
57:04mais qu'en même temps
57:05il faut aussi qu'on arrive
57:06à avoir des dates de mobilisation commune
57:08donc autour du 25-26 septembre
57:10on a lancé un appel
57:12on relaie
57:12parce que c'est les marches internationales
57:14les grèves internationales
57:16pour le climat
57:16et donc on dit aussi
57:17que les questions d'emploi
57:18sont centrales aussi
57:20parce que quand même
57:20il va y avoir
57:21des centaines de milliers
57:22de chômeurs en plus
57:23dans les mois à venir
57:24des plans sociaux
57:25des luttes très importantes
57:26que nous on veut
57:27dans lesquelles on veut s'inscrire
57:28en articulant les deux
57:29et puis dernière chose
57:31voilà c'est que nous
57:32on souhaite il me semble
57:33j'espère pas trop
57:34devancer les débats
57:36mais je pense qu'on a tous
57:37un peu en tête maintenant
57:38de se projeter
57:39dans une date de mobilisation commune
57:41en prenant le temps
57:42voilà
57:43ensemble
57:44de porter ça
57:46organisation syndicale
57:47associative
57:48écologiste
57:49sociale
57:49etc
57:51en articulant tout ça
57:52parce que je finirai là-dessus
57:53voilà on se bat
57:54pour changer le système
57:55et donc on a une approche
57:56systémique et radicale
57:57pour changer le monde
58:00voilà c'est ce qu'on espère
58:01finalement
58:01on va continuer là-dessus
58:03si ça va à tout le monde
58:04avant de faire un ultime mot
58:06à rajouter à tout ça
58:07rien
58:08on vous remercie beaucoup
58:09d'avoir été parmi vous
58:10parmi nous
58:11plutôt
58:12on vous souhaite une très bonne
58:14on se souhaite
58:15une très bonne rentrée
58:16rouge et verte
58:17avec plein de rendez-vous
58:19qui vont avec
58:20on vous souhaite
58:21une très bonne journée
58:22au revoir

Recommandations