00:00De Richebourg peut attendre de voir ce que nous allons proposer dans le plan aéronautique,
00:04c'est ce que j'ai expliqué à M. Faucard, pour voir s'il y a des solutions dans ce
00:07plan aéronautique.
00:08Il peut, et je pense qu'il doit écouter ce que dit Sébastien Bazin,
00:11c'est-à-dire que s'il y a peut-être d'autres solutions de réduction des coûts,
00:14et que les salariés, c'est ceux qui doivent être protégés le plus,
00:18c'est d'ailleurs ce que nous avons fait en mettant en place le chômage partiel.
00:21Bonjour Philippe Faucard.
00:22Bonjour.
00:22Alors vous êtes mécanicien, délégué syndical UNSA aérien,
00:25et élu au comité social et économique de Dérichebourg Aéronautique.
00:30Et ce matin, quelques 300 salariés de l'entreprise ont manifesté leur colère sur le site de Blagnac, en Haute
00:36-Garonne.
00:37Ils entendaient dénoncer le vote d'un accord de performance collective, dit APC,
00:43chez cet important sous-traitant d'Airbus, ébranlé par la baisse d'activité dans le secteur.
00:48Ma première question, c'est pouvez-vous nous rappeler le contenu de cet accord ?
00:52Le contenu de l'accord, c'est la perte de titres au choix.
00:55C'est la perte des indemnités transports, perte des indemnités repas,
00:59compensées par les tickets restaurant, mais qui seront en partie payées par le salarié,
01:03puisqu'il est payé à 60%, à hauteur de 60% par l'entreprise.
01:09Ces 60% sont défiscalisés, comme tout le monde le sait,
01:12donc c'est un avantage fiscal pour l'entreprise.
01:15Le 13e mois, la moitié du 3e mois, quand on est touché en juin, est repoussée au mois de novembre.
01:21Donc là, on a une petite crainte, parce qu'on ne sait pas ce qui va se passer d'ici
01:24le mois de novembre.
01:25Et après, la perte définitive du 13e mois pour les salariés,
01:28qui sont dessus de 2 fois 1 000 EOSMIG, donc à 3 800 euros.
01:31Ça, c'est le principal.
01:32Après, il y a une incitation à la mobilité géographique,
01:38avec un abondement de l'entreprise de 4 000 euros,
01:40alors que dans l'accord de GPEG, il n'était que de 1 500 euros.
01:45Donc, il y a un abondement de la part de l'entreprise.
01:47Voilà, c'est les principales clauses de l'accord APC.
01:52Quelle est la durée de cet accord ?
01:53Alors, l'accord est signé à durée indéterminée,
01:57donc ce n'est absolument pas ce que le ministre de l'économie,
02:01M. Le Maire, a déclaré surprenant d'eux,
02:03quand il avait déclaré que ces accords devaient être signés temporairement.
02:08Donc, là, on voit bien que nos entreprises ne jouent pas le jeu
02:11et qu'elles n'écoutent vraiment pas le gouvernement,
02:14puisqu'elles signent un accord à durée indéterminée.
02:16Donc, définitivement, ces acquis sociaux sont perdus.
02:19Alors, comment s'est déroulé le vote de cet accord en CSE ce matin ?
02:24La direction a voulu soumettre au vote consultatif,
02:27parce que c'est à la carte consultative que le CSE a émis sa décision.
02:33Donc, nous, UNESA, on a vraiment voulu que ce vote se fasse à bulletin secret,
02:39parce qu'on sait très bien que chez Force Ouvrière, principalement,
02:42il y a des délégués qui ne sont pas forcément pour cet APC.
02:45Donc, nous, on s'est dit, comme ces délégués sont un peu timides
02:50vis-à-vis de leurs collègues de Force Ouvrière,
02:53on s'est dit, peut-être qu'ils auront plus de possibilités de voter contre.
02:58Donc, ça a été un vote électronique à bulletin secret.
03:02Donc, le vote a donné ceci, 10 pour, 9 contre et 2 abstentions.
03:08Enfin, 2 abstentions, ils n'en sont pas vraiment,
03:10parce qu'ils ont été mis sous le compte d'un problème technique par la direction.
03:14Donc, on ne sait pas ce que c'est qu'un problème technique,
03:17est-ce que les gens ont vraiment voté ou pas ?
03:19Voilà, donc, c'est du 5...
03:21Comme l'a déclaré notre président, M. Lanet, qui était à la Réunion,
03:25il a dit, c'est du 5 ans de 5 ans.
03:26Donc, ça veut bien dire qu'il y a au moins la moitié de l'entreprise qui est contre,
03:33voire plus, mais au moins, d'un point de vue CSE,
03:35il y a la moitié de l'entreprise qui est contre.
03:37La moitié de l'entreprise qui est contre,
03:39et c'est la preuve que la mobilisation a payé avec 9 voix contre.
03:44Donc, ils obtiennent un accord d'une courte, très courte majorité.
03:50Cet accord s'appliquera tout de même.
03:52L'accord s'appliquera tout de même, malgré la réticence,
03:55enfin, c'est même pas la réticence,
03:57malgré la volonté des salariés qui sont contre cet accord.
04:01Parce qu'il faut savoir que c'est vraiment...
04:02Le CSE ne représente pas l'ensemble des salariés.
04:06C'est vraiment que les délégués syndicaux,
04:10les élus au CSE qui ont voté.
04:13Donc, on sait qu'il y a une grande majorité des salariés qui sont contre.
04:17Donc, Force Ouvrière s'appuie sur le fait qu'il va sauver des emplois.
04:20D'ailleurs, il a commencé à déclarer il y a une heure dans différents journaux
04:24qu'il avait, avec cet APC, lui, il l'a signé.
04:27Donc, c'est entériné, il l'a signé, c'est sûr.
04:30Donc, l'accord est applicable à partir d'aujourd'hui,
04:32enfin, pas d'aujourd'hui, mais à partir du moment où il sera enregistré.
04:35Et il se vergariste d'avoir sauvé les emplois.
04:38Et dans tous les cas, les emplois étaient sauvés jusqu'à la fin de l'année.
04:40Donc, il a sauvé rien et tout.
04:42Il a fait perdre des acquis sociaux aux salariés.
04:44Alors, y a-t-il un recours juridique, notamment auprès de l'inspection du travail ?
04:49Il faut que l'inspection du travail, il a direct l'enregistré.
04:52Donc, je pense qu'ils vont l'éplucher parce qu'on les a mis un peu,
04:56on les a informés qu'ils allaient recevoir ce type d'accord de performance collective.
05:00On est les premiers dans le secteur aéronautique.
05:02Donc, je pense qu'ils vont le regarder à la loupe.
05:04Et on sait très bien qu'à l'intérieur de cet accord,
05:07il y a des points de négligence, on va dire, de négligence avérée.
05:13C'est-à-dire, vous avez quelque chose ?
05:16C'est-à-dire qu'il y a des phrases, je peux vous en lire une,
05:19dans les engagements de la société, qui dit que la société réaffirme ses engagements
05:24sous réserve de pérennisation officielle du dispositif d'activité partielle
05:30et des conditions d'indemnisation actuelles des salariés.
05:35Donc, ça veut dire que si jamais, nous, c'est comme ça qu'on le comprend,
05:39c'est que si l'indemnisation du chômage partiel baisse, c'est caduque.
05:46Donc, cette réserve, les engagements sont caduques.
05:50Donc, PSE, possible en 2021.
05:54D'accord.
05:55La signature de Force Ouvrière suscite une grande colère d'une partie des salariés
06:00rassemblés dans une coordination aux côtés des syndicats UNSA et de la CFE-CGC.
06:06Pensez-vous que Force Ouvrière se soit précipitée à signer cet accord
06:11alors qu'un plan d'aide de 15 milliards d'euros a été présenté en début de semaine
06:14par le gouvernement ?
06:16Oui, oui, y compris comme notre direction.
06:20Ils n'ont absolument pas voulu attendre l'aide de l'État.
06:25On sait que 15 milliards vont être déployés.
06:27On sait parfaitement où est-ce qu'ils vont aller.
06:29Ils vont aller dans les banques.
06:30C'est comme d'habitude.
06:32Et les banques vont les diluer aux bons élèves, comme on dit.
06:38Donc, principalement Airbus.
06:39Mais je pense que la sous-traitance va pouvoir bénéficier.
06:43Donc, il faut attendre.
06:44Ça ne va pas se faire tout de suite.
06:45Je pense que ça va se déployer en juillet, août et septembre, ces sommes d'argent.
06:50Donc, il fallait, nous, notre entreprise est en bonne santé jusqu'en septembre.
06:55Donc, il fallait vraiment attendre cette aide, que cette aide tombe.
06:59Et après, on pouvait aviser de la suite à donner à ces problèmes de chiffre d'affaires.
07:05Alors, lors d'une émission sur France 2, début juin,
07:09vous aviez interpellé le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire,
07:12qui déclarait qu'il faudrait faire un choix entre maintenir des emplois
07:16et accepter temporairement une réduction de revenus.
07:19Qu'avez-vous envie de lui répondre aujourd'hui ?
07:21C'est ce que je disais en début d'entretien, c'est que c'était temporaire.
07:28Et temporaire, nous, on ne l'a pas écrit sur l'accord.
07:31C'est définitif.
07:32Donc, les acquis, à durée indéterminée, les acquis sont définitivement perdus.
07:36Donc, apparemment, notre direction ne suit pas les directives du ministre de l'Économie,
07:46qui donne quand même une somme d'argent très conséquente à la filière aéronique.
07:5015 milliards d'euros, c'est quand même pas rien.
07:52Donc, nous, nous aurions souhaité qu'ils aient des garanties.
07:55Et la garantie, c'est au moins de suivre les directives du gouvernement.
07:59Et là, notre direction, on voit très bien qu'il ne suit absolument pas les directives du gouvernement
08:03en mettant un accord à durée indéterminée.
08:07Donc, perte de salaire.
08:09Quand on sait que le gouvernement annonce aussi dans les médias
08:13que ce n'est pas le moment de faire perdre du pouvoir d'achat aux salariés
08:17pour relancer l'économie.
08:18Là, qu'est-ce que fait Dorichbourg à tisser aéronautique ?
08:22Eh bien, voilà, c'est perte de 250 à 300 euros
08:25sans tenter des équipes qu'on ne fait plus.
08:27Donc, c'est entre 500 et 600 euros perdus pour les salariés.
08:31Alors, en grève depuis mardi dernier sur le site,
08:34quelle suite allez-vous donner à votre mouvement ?
08:37Là, c'est tout frais.
08:41Notre section va se réunir.
08:44Déjà, la première action, on l'attend de la part de la directe,
08:47de l'inspection du travail.
08:48Et puis après, par la suite, je pense qu'on va se diriger vers nos avocats
08:51qui vont nous conseiller pour une action en justice, je pense.
08:56pour faire dévalider cet accord.
08:58Et puis après, on va voir ce que les salariés vont décider de faire.
09:01Parce que les salariés sont vraiment très en colère, très remontés.
09:05Parce que là, déjà, premièrement, ils ne vont pas pouvoir vivre avec ce salaire.
09:11C'est impossible de rester dans l'entreprise avec ce salaire.
09:14Donc, y compris, ce sont des licenciements déguisés
09:17qui se profitent derrière.
09:19Donc, notre président va se séparer à bon marché de salariés.
09:25Merci, Philippe Faucard.
09:27Et l'humanité continuera à suivre l'actualité sociale
09:30de Derichebourg Aéronautique.
09:33Merci, au revoir.
09:33Merci, Philippe Faucard.