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  • il y a 13 heures
Dés le 11 mai, premier jour de déconfinement, la direction de l'entreprise toulousaine Derichebourg Atis aéronautique, sous-traitant historique du groupe européen Airbus, a présenté son projet d'accord de "performance collective" en comité social et économique. Un abandon pure et simple des acquis sociaux pour tous les salariés afin de retarder l'application d'un PSE qui pourrait toucher 700 salariés.
Philippe Faucard, délégué syndical Unsa aérien, s'insurge et qualifie sa direction de patrons voyous. Le sénateur Fabien Gay a saisi la ministre du Travail, Muriel Pénicaud.

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Transcription
00:00L'aéronautique, on sait que financièrement, c'est très très très important.
00:04C'est des budgets faramineux et on nous explique qu'on ne peut jamais partager.
00:10Par contre, là, on est dans un coup dur.
00:12Bon, ça, on veut bien reconnaître que ça ne va pas être facile en aéronautique.
00:15Il faut relancer la machine, mais il ne faut pas qu'on nous fasse croire que ça y est, c
00:20'est terminé.
00:20Profiter de la crise, c'est innommable.
00:23Quelque chose comme ça, c'est vraiment des voyous, c'est des patrons voyous.
00:27Là, c'est clair.
00:36Nous, on travaille dans tous les secteurs d'activité, sur toutes les chaînes d'Airbus,
00:40à Toulouse, à Saint-Lazaire, à Marignane, sur tous les corps de métier.
00:44Donc, ajusteur, mécanicien, coordinateur, support technique, point fixeur, tractiste, voilà.
00:52Exactement comme Airbus.
00:57Nous sommes tous rentrés à la maison le mercredi, donc il y a eu confinement pour tout le monde.
01:03Le lundi suivant, Airbus avait déjà commencé à remettre un peu des mesures de sécurité
01:12en vue de la contagion pour pouvoir relancer ces chaînes.
01:16Donc, nous avons repris le travail le mardi, donc un peu moins d'une semaine après.
01:21Ça a recommencé très doucement, avec 80, 100 personnes.
01:27Et au fur et à mesure, les salariés sont revenus au travail,
01:29au fur et à mesure que les protections se mettaient en place.
01:34Là, actuellement, nous avons à peu près 750 salariés qui sont sur site
01:38et une centaine qui sont en télétravail.
01:41Donc, les autres salariés sont payés en chômage partiel.
01:53Ce matin, on a été convoqué en CSE pour décider si on voulait partir sur un PSE
01:59ou alors sauver l'entreprise.
02:01C'est bien les termes qui ont été employés à travers cet accord de compétitivité.
02:06Ces accords de performance collective, on peut y mettre un peu tout et n'importe quoi.
02:10C'est suite aux ordonnances Macron.
02:13Donc, on peut supprimer, baisser les salaires, supprimer les primes,
02:16les avantages sociaux, prendre des congés payés.
02:20Donc, nous, mercredi, la direction a mis un peu tout sur la table.
02:24Donc, la suppression du 13e mois, la suppression des indemnités transport,
02:28la suppression des indemnités repas, qui seraient remplacées par des chèques repas,
02:33sous la pression d'un PSE, qui a été annoncé.
02:36On a annoncé 700 salariés en licenciement économique.
02:41Sous cette pression-là, ils mettent en avant cet accord qui pourrait sauver l'entreprise,
02:45mais pas complètement, mais au moins sauver l'entreprise.
02:50Parce qu'on parle tout le temps de sauver l'entreprise, mais pas de sauver les salariés.
02:54C'est ça le discours de notre président.
02:57Pour l'instant, c'est juste les pistes qu'ils ont lancées,
03:00pour pouvoir vraiment faire peur aux gens,
03:03en disant, voilà, si cet accord-là n'est pas signé,
03:06le PSE va être effectif, on va lancer le PSE au mois de mai.
03:09Mais comme la rentabilité n'est pas tenue,
03:13l'actionnaire a dit, on lance le PSE,
03:15même à l'issue de cette négociation d'accord.
03:21Comme dit le président, monsieur Laranette,
03:24pour être compétitif auprès de l'Airbus,
03:25quand les affaires vont reprendre,
03:29quand les chaînes vont rouvrir et que l'activité va vraiment reprendre,
03:32il faut pouvoir présenter une feuille de route bien propre,
03:36avec des acquis sociaux qui sont radés par crête,
03:39des salaires qui sont radés par crête,
03:41pour pouvoir vraiment bien se vendre auprès de l'Airbus.
03:48Dès le premier jour, le chômage partiel a été activé.
03:51Il a été demandé jusqu'au 19 septembre 2020,
03:54donc il a été prolongé.
03:57Dans tous les cas, les salariés sont en chômage partiel
04:00et l'entreprise ne subvient pas aux besoins,
04:04ne règle pas les salaires des salariés qui sont en chômage partiel.
04:11Sur un panel de 300 salariés,
04:13parce qu'on a eu très peu de temps,
04:15vu que le confinement était encore effectif la semaine dernière,
04:18donc ça a été très difficile de rencontrer les gens.
04:22Donc on a fait un peu avec les réseaux sociaux, par téléphone.
04:25Donc sur à peu près 300 salariés,
04:28il y a une dizaine de salariés qui sont prêts à perdre ses acquis,
04:33mais ponctuellement.
04:34C'est-à-dire vraiment, ils sont prêts à faire un effort,
04:37mais pas à perdre définitivement ses acquis.
04:40Donc ça fait 10 personnes sur 300.
04:46On nous a toujours soutenu que le groupe nous viendrait en aide
04:50s'il y avait des difficultés financières.
04:53Et là, on s'aperçoit que la rentabilité,
04:55la feuille de route qui a été donnée à M. Lanette en début d'année
04:59avec une rentabilité très importante, n'est pas tenue.
05:03Mais ce n'est pas pour ça que le groupe de Richebourg dit
05:08qu'on va baisser la rentabilité.
05:10Non, non, on continue à demander la même rentabilité,
05:13et ça sur le dos des salariés.
05:18Ça passera certainement par des débrayages.
05:22Parce que je pense que les salariés sont prêts à aller assez loin
05:27dans la lutte, parce que non seulement ils ne veulent pas perdre leur emploi,
05:31mais en plus ils ne veulent pas perdre leurs acquis sociaux.
05:34Car on a reçu des mails, des gens en pleure, déjà,
05:38ça c'est faire, parce que les gens, on a reçu des mails
05:42qui nous disent « mais moi, comment je vais faire pour rembourser la maison ? »
05:45Les gens ont fait leur vie, ont bâti leur budget sur ces acquis sociaux.
05:51Donc s'ils disparaissent, c'est comme si on les mettait au chômage.
05:55Dans tous les cas, l'accord de restructuration passe par ce PSE.
06:05C'est complètement lié.
06:07Il ne peut pas y avoir ni d'accord, ni de PSE.
06:10C'est là-dessus qu'on va se battre.
06:11Nous, on ne va absolument rien lâcher.
06:17Nous ne sommes pas encore sortis de la crise sanitaire.
06:21C'est le premier jour du confinement,
06:23et déjà la catastrophe sociale est là.
06:26Et malheureusement, j'ai envie de dire,
06:28Dérisbourg est peut-être le premier du long liste,
06:31puisqu'on a déjà la direction d'Air France
06:34qui vient dire que sur la filiale Hop Air France,
06:39il y allait se poser des questions.
06:40Il y a aussi les ministres Djébari, Bruno Le Maire et M. Darmanin,
06:48qui ont refusé de prêter 2 milliards d'euros de prêts garantis à la SNCF
06:52en disant qu'il allait falloir reconfigurer l'entreprise.
06:56Et derrière ce beau terme, ça veut dire des plans de licenciement.
07:00Donc tout ceci n'est pas acceptable.
07:01Ce n'est pas aux salariés de payer la crise.
07:04Et surtout, c'est un chantage inacceptable de la part de la direction.
07:07« Soit vous revenez sur les comptes sociaux,
07:10et de toute façon, vous aurez une petite mort au mois de septembre,
07:14soit c'était maintenant qu'on licencie la moitié des salariés. »
07:20Et c'est le premier jour du déconfinement,
07:22ils n'avaient même pas repris le travail.
07:26Donc évidemment, plein soutien aux salariés,
07:28aux syndicalistes mobilisés.
07:31Et dans beaucoup de boîtes,
07:32le chantage à l'emploi pourrait être celui-ci dans les prochaines semaines.
07:36Notamment ce qu'a dit le patron du MEDEF,
07:39il faut se rappeler,
07:40ou même des ministres comme Agnès Pagni-Rouniaché,
07:42qui a dit qu'il allait falloir retrousser les manches.
07:45Derrière, ça veut dire fin des 35 heures,
07:48redis sur les projets payés.
07:50S'il n'y a pas une perspective industrielle dans le pays
07:53pour relancer la machine qui s'appuie,
07:55je le redis sur des critères sociaux et environnementaux forts,
07:58alors nous repartirons comme avant.
08:00Et d'ici un an ou deux,
08:02ce sont les actionnaires qui encourageront les dividendes
08:05et ce sont les salariés qui auront aussi des larmes et du sang
08:08pour éponger les dettes de cette crise sanitaire.
08:12Ce n'est pas possible.

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