- il y a 2 jours
On s’intéresse au procès du supposé financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007. L’ex-président interrogé hier pendant trois heures à jouer de sa stratégie favorite : l’indignation et l’attaque. Ziad Takieddine qui aurait servi d’intermédiaire ? Un « escroc » et un « menteur » avec qui il n’a eu « aucun rapport »… Des éléments objectifs viennent pourtant étayer l’accusation, martèle le procureur financier. On décrypte tout ça avec Florent Le Du, journaliste politique.
00:00 Introduction avec Florent Le Du, journaliste politique
01:00 Le soupçon de financement libyen
02:40 Mediapart au cœur des révélations
03:00 Qui est Ziad Takieddine ?
06:00 Le film, la BD, les formats
07:11 Mediapart depuis 2011
07:48 “Personne n'y comprend rien"
09:20 Le pacte de corruption
14:48 Le rôle de Claude Guéant
19:00 Les notes de Claude Guéant
21:24 L'éxécution du pacte de corruption
25:00 Les questions du Chat
26:00 Les contrepartie du financement libyen
33:20 Kadhafi et les attentats terroristes
36:00 Des preuves ?
43:00 Où est l'argent ?
45:20 Qui est Thierry Gaubert ?
48:00 La preuve d'une transaction
50:00 Guéant et l'achat d'un appartement parisien
54:00 La guerre en Libye
56:10 Un procès de 3 mois
01:03:00 Résumé de l'affaire en 1 minute
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25:00 Les questions du Chat
26:00 Les contrepartie du financement libyen
33:20 Kadhafi et les attentats terroristes
36:00 Des preuves ?
43:00 Où est l'argent ?
45:20 Qui est Thierry Gaubert ?
48:00 La preuve d'une transaction
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NewsTranscription
00:00:00Florent, donc je disais, tu es janviste politique à l'Humanité, spécialiste de l'extrême droite,
00:00:04et c'est toi notamment qui suis le procès Sarkozy, tu n'es pas tout seul dans cette équipe, vous
00:00:08êtes 3 ou 4 je crois ?
00:00:09Oui c'est ça, on va se relayer parce que c'est un procès qui est très long.
00:00:14Moi oui, maintenant je suis spécialiste de l'extrême droite, mais pour la toute petite histoire,
00:00:18je suivais la droite plutôt LR avant, entre 2020 et 2022 en gros,
00:00:24et donc qui dit suivre droite LR dit suivre pas mal d'affaires judiciaires.
00:00:30Donc il y a eu Fillon, il y a eu Big Malion, et forcément l'affaire des soupçons de financement
00:00:37libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007,
00:00:41dont on a suivi un petit peu l'évolution de l'enquête, de l'enquête judiciaire,
00:00:46de l'enquête immense de Mediapart pendant une dizaine d'années,
00:00:51et donc maintenant c'est l'heure de suivre le procès depuis la semaine dernière.
00:00:57Il y a un truc que tu fais bien de mentionner, c'est le soupçon de financement libyen,
00:01:01j'en profite pour faire un petit message au début de ce stream,
00:01:03toutes les personnes dont on va parler sont présumées innocentes,
00:01:07la justice est en train de se faire,
00:01:10donc voilà, si jamais des fois, il y a un mot qui nous échappe,
00:01:12on va essayer de mettre le plus de conditionnel possible,
00:01:14toujours parler de présumé innocent, mais voilà, si jamais ça nous échappe,
00:01:17gardez bien ça en tête.
00:01:18Et puis juste pour préciser les éléments sur lesquels on se repose principalement,
00:01:23c'est ceux qui sont dans ce qu'on appelle une donnance de renvoi,
00:01:26qui est un petit peu le dossier, pour le dire vulgairement, un peu le dossier pénal,
00:01:31c'est-à-dire que c'est les juges d'instruction,
00:01:33c'est le rapport des juges d'instruction, on peut dire ça comme ça,
00:01:37qui donne tous ces éléments selon lesquels,
00:01:41enfin, ils disent pourquoi selon eux,
00:01:43il y a eu un financement libyen et puis d'autres choses,
00:01:48potentiellement de l'enrichissement personnel concernant certains,
00:01:51des pactes de corruption, etc.
00:01:54Donc on va se baser principalement là-dessus
00:01:57et sur des documents, notamment qui ont été révélés par Mediapart.
00:02:03Deuxième petit message que je voulais vous faire passer le chat,
00:02:06n'hésitez pas aussi à poser vos questions,
00:02:07parce qu'on est bien conscients que c'est une affaire qui peut être un peu complexe,
00:02:12donc si des fois vous avez l'impression qu'on va un peu vite sur certains trucs,
00:02:15qu'il y a des choses où on n'est pas assez explicite ou quoi,
00:02:18n'hésitez pas à poser vos questions,
00:02:20on essaiera d'y répondre,
00:02:21ce n'est pas dit tout le temps qu'on puisse le faire, mais je pense.
00:02:24De toute façon, il y a des grandes zones de flou,
00:02:26c'est pour ça que ça va être passionnant de suivre ce procès durant trois mois,
00:02:30c'est très long, mais oui, oui, mais on va essayer.
00:02:33On va essayer.
00:02:35Peut-être pour commencer au commencement,
00:02:38donc tu disais que c'est Mediapart qui est au cœur de ces révélations,
00:02:40qui a commencé à publier des articles en 2011,
00:02:45sur, on va commencer par les documents Takedin,
00:02:48parce que c'est un petit peu le point de départ de cette affaire.
00:02:52Est-ce que tu peux nous expliquer ce que sont les documents Takedin,
00:02:55et qui est ce fameux Yad Takedin ?
00:02:58Je voyais qu'il peut être qualifié d'intermédiaire,
00:03:01d'affairiste, d'agent de corruption.
00:03:03Qui est ce monsieur, et pourquoi l'histoire commence avec lui ?
00:03:08Oui, alors lui, tous ses qualificatifs sont vrais.
00:03:14En tout cas, homme d'affaires, c'est le cas,
00:03:17intermédiaire, parce que son métier, principalement,
00:03:20en fait, c'est de mettre en relation des États,
00:03:25avec soit d'autres États,
00:03:27mais plus souvent avec des grandes entreprises.
00:03:32Typiquement, là, on a des cas
00:03:34où lui a fait un lien entre la Libye et Total,
00:03:39entre la Libye et Airbus.
00:03:42Et voilà, c'est pas exclusif à la Libye,
00:03:45mais voilà le genre de choses qu'il fait.
00:03:47Au passage, lui, attraper quelques commissions,
00:03:51ce qui n'est plus légal désormais,
00:03:53en tout cas avec des contrats avec des entreprises françaises.
00:03:57Mais voilà, lui, en profiter bien.
00:04:00Et donc, ce qu'on appelle les notes Takedin,
00:04:02en fait, et pourquoi on parle de Mediapart ?
00:04:04C'est parce que Fabrice Arfi, notamment,
00:04:07et en tout cas Mediapart,
00:04:08reçoivent en 2011 un immense dossier.
00:04:12Ils ne savent pas d'où ça vient.
00:04:14Mais donc, plein de documents,
00:04:16de Ziyad Takedin.
00:04:17Et donc, dans ces documents,
00:04:19ils arrivent à déchiffrer,
00:04:20mais pendant des semaines,
00:04:22et à recouper, à vérifier.
00:04:24On voit, justement, plusieurs de ces transactions
00:04:27entre des entreprises françaises
00:04:30et le régime kadhafiste en Libye.
00:04:35Et donc, c'est là, un petit peu,
00:04:36que commence l'affaire.
00:04:39Mediapart pense tenir un gros morceau
00:04:42et en fait, c'est que le début d'un fil
00:04:43qu'ils vont tirer.
00:04:45J'ai écouté Fabrice Arfi,
00:04:47dont on parlait.
00:04:48C'est un des deux journalistes
00:04:50à l'origine de l'affaire,
00:04:51avec Keral Aske,
00:04:52qui est journaliste à Mediapart,
00:04:52responsable du pôle enquête,
00:04:53toujours, je crois,
00:04:54qu'il est toujours ça, à Mediapart.
00:04:55Je ne connais plus son titre,
00:04:56mais c'est certainement...
00:04:57Bref, qui racontait,
00:04:59donc évidemment,
00:05:00effectivement,
00:05:00ils reçoivent ce mail.
00:05:02Et j'ai oublié ce que je voulais dire.
00:05:04Tant pis, c'est pas grave.
00:05:06On continue.
00:05:07Donc, tu disais,
00:05:08les documents Takiedine,
00:05:09c'est une immense masse
00:05:12d'archives,
00:05:14de copies d'agendas,
00:05:16de notes bancaires.
00:05:18Enfin,
00:05:18ils le décrivent vraiment
00:05:19comme une montagne de documents.
00:05:21Et que eux,
00:05:22effectivement,
00:05:22tu le disais,
00:05:23donc eux,
00:05:23Mediapart,
00:05:24les journalistes de Mediapart,
00:05:25passent plusieurs mois
00:05:26à trier,
00:05:27recouper,
00:05:28analyser
00:05:29qu'est-ce qui les intéresse,
00:05:30qu'est-ce qui les intéresse moins.
00:05:32Et effectivement,
00:05:33ah oui, voilà,
00:05:33c'est ça que je voulais dire.
00:05:34Tu disais,
00:05:34en fait,
00:05:35ils n'étaient qu'au début
00:05:35de leur découverte.
00:05:37Et donc,
00:05:37j'entendais Fabrice Arfi
00:05:38qui disait,
00:05:39en fait,
00:05:39si on relit tous les articles
00:05:41de Mediapart,
00:05:41donc il y en a eu plus de 150,
00:05:42je crois,
00:05:43là-dessus,
00:05:44depuis le début,
00:05:45en fait,
00:05:45c'est pas hyper cohérent
00:05:46parce que les premiers articles,
00:05:48en fait,
00:05:48ne parlent pas
00:05:49de l'ampleur du phénomène
00:05:50puisqu'en fait,
00:05:51ils se rendent compte
00:05:51au fur et à mesure des années,
00:05:52au fur et à mesure
00:05:52de leur découverte,
00:05:53de l'ampleur
00:05:54du supposé pacte de corruption.
00:05:57Donc voilà,
00:05:58j'en profite aussi
00:05:58pour dire que
00:05:59si vous voulez être
00:06:00incollable sur l'affaire,
00:06:01vous pouvez évidemment
00:06:01aller relire tous ces articles,
00:06:03mais vous pouvez aussi
00:06:05aller voir le film
00:06:05qui est sorti il y a deux semaines.
00:06:07Vous pouvez aussi lire la BD
00:06:08qui est sortie en 2019,
00:06:10je vous la montre,
00:06:10elle est là,
00:06:12qui est,
00:06:12si vous préférez lire des BD
00:06:14plutôt que voir des films.
00:06:15Et il y a aussi,
00:06:15évidemment,
00:06:15un livre écrit par
00:06:17Karl Laske et Fabrice Arfi,
00:06:18je ne sais plus
00:06:18quand il est sorti.
00:06:20Il y a quelques années.
00:06:21Mais bref,
00:06:22il y a un podcast
00:06:22qui est très bien fait aussi.
00:06:24Il y a plein de podcasts,
00:06:26films, BD,
00:06:26il y a plein de formats différents
00:06:27pour être incollable sur l'affaire
00:06:29et pour en comprendre
00:06:30les moindres détails.
00:06:32Mais effectivement,
00:06:33par rapport à ce que tu disais,
00:06:34il y a énormément d'articles
00:06:36de Mediapart.
00:06:38Quand on connaît la fin,
00:06:39bon,
00:06:40même si évidemment,
00:06:41ce n'est pas fini,
00:06:41il y a encore des flous
00:06:42et on espère que
00:06:44lors du procès,
00:06:45on va comprendre aussi
00:06:47de nouvelles choses.
00:06:49Mais ce que je voulais dire,
00:06:50c'est que voilà,
00:06:51quand on est à ce stade-là
00:06:53de nulle connaissance
00:06:54du dossier,
00:06:56si on remonte
00:06:57tous les articles
00:06:58de Mediapart
00:06:58depuis 2011,
00:06:59des fois,
00:06:59on n'y comprend rien
00:07:01parce qu'en fait,
00:07:02au début,
00:07:03ils n'ont aucune idée
00:07:05des liens avec...
00:07:06Enfin,
00:07:07ça vient très vite quand même,
00:07:08mais en tout cas,
00:07:09des liens avec Sarkozy.
00:07:10Il y a des personnages
00:07:11qui arrivent
00:07:11et donc des articles...
00:07:14il faut refaire un puzzle
00:07:16si on veut lire
00:07:17tous les articles
00:07:17de Mediapart
00:07:18dans le bon sens.
00:07:19Peut-être qu'il vaut mieux
00:07:20prendre l'affaire
00:07:21chronologiquement,
00:07:23je pense,
00:07:23à partir de quand elle commence,
00:07:25en 2005.
00:07:27Et même s'il y a
00:07:28des choses qui sont révélées
00:07:29en 2012
00:07:30qui concernent 2005,
00:07:31en 2016
00:07:31qui concernent 2006,
00:07:34etc.
00:07:35Je pense qu'il vaut mieux
00:07:36prendre l'affaire
00:07:36de ce côté-là
00:07:38pour la comprendre
00:07:39et justement,
00:07:40le film fait bien
00:07:42ce travail-là.
00:07:43Le film qui s'appelle
00:07:45Très à propos,
00:07:47Personne n'y comprend rien,
00:07:48qui était une phrase
00:07:49de Nicolas Sarkozy
00:07:51qui a répété
00:07:52pendant des années,
00:07:53donc il y a le fameux
00:07:53« Quelle indignité ? »
00:07:55Sur une chaîne
00:07:55du service public.
00:07:57Mais en fait,
00:07:58qui a passé son temps
00:07:58et encore hier,
00:08:00parce qu'il était au tribunal hier,
00:08:01a passé son temps
00:08:02à parler de mensonges,
00:08:03de calomnies
00:08:04et de dire
00:08:05« Mais de toute façon,
00:08:06cette affaire
00:08:06n'a ni que de mi-tête,
00:08:07personne n'y comprend rien. »
00:08:08Et le dossier est vide aussi.
00:08:09Il dit
00:08:09« Il n'y a rien. »
00:08:12Je crois que le début
00:08:12de sa phrase,
00:08:13c'est « Les Français
00:08:13seraient bien en peine
00:08:14de comprendre
00:08:15ce qu'on me reproche,
00:08:15de toute façon,
00:08:16personne n'y comprend rien. »
00:08:17Donc il dit
00:08:17« Personne n'y comprend rien
00:08:18parce que, selon lui,
00:08:19le dossier est vide,
00:08:20il n'y a pas de document,
00:08:21il n'y a aucune preuve,
00:08:22il n'y a aucun enregistrement,
00:08:23il n'y a rien. »
00:08:25Et on voit,
00:08:25c'est d'ailleurs
00:08:25tout le propos du film,
00:08:26d'ailleurs c'est très bien
00:08:27mis en scène,
00:08:28qu'en fait,
00:08:29il y a quand même
00:08:29beaucoup de choses
00:08:32qui le concernent
00:08:33lui et son entourage.
00:08:34Il n'y a pas forcément
00:08:34« On y... »
00:08:35J'ai déjà remonté
00:08:36deux fois le son,
00:08:36je peux encore le faire,
00:08:38mais je vais bientôt
00:08:39arriver au bout.
00:08:40Je regarde,
00:08:41je regarde,
00:08:41je regarde le chat.
00:08:42Je vous lis le chat.
00:08:44Il n'y a pas forcément
00:08:46les grandes preuves
00:08:47qui font que,
00:08:49oui c'est sûr,
00:08:50il y a eu ce financement,
00:08:51il y a eu telle transaction,
00:08:54Kadhafi a envoyé
00:08:55un chèque
00:08:56de 6 millions d'euros
00:08:57sur le compte
00:08:58de Nicolas Sarkozy.
00:08:59Évidemment,
00:08:59ça ne se passe pas comme ça.
00:09:01Donc il n'y a pas
00:09:02forcément les grandes preuves,
00:09:03ce qui fait que
00:09:04le procès va être
00:09:05très intéressant,
00:09:07va être tendu
00:09:07et c'est en fait,
00:09:10on va rentrer peut-être
00:09:11dans le livre de l'affaire,
00:09:12mais en fait,
00:09:12c'est ce qu'on appelle
00:09:14un faisceau d'indices
00:09:14qui permet au juge
00:09:16d'instruction
00:09:16de considérer
00:09:17qu'il y a eu
00:09:18ce pacte de corruption
00:09:19et on verra
00:09:20si le tribunal
00:09:22estime qu'il y a
00:09:22assez d'indices
00:09:24concomitants
00:09:25pour avoir
00:09:27la même conclusion.
00:09:28Tu as utilisé
00:09:30une expression importante,
00:09:30le pacte de corruption,
00:09:31c'est un peu
00:09:32finalement tout ce
00:09:33qui est reproché
00:09:33à Sarkozy
00:09:34et à ses proches.
00:09:35Alors, il y a
00:09:36d'autres chefs d'accusation,
00:09:39recède de détendement
00:09:41de fonds publics,
00:09:41corruption passive,
00:09:42financement illégal
00:09:43de campagne,
00:09:43association de malfaiteurs,
00:09:45ça fait beaucoup.
00:09:46L'association de malfaiteurs
00:09:47pour un ancien président
00:09:48de la République,
00:09:48c'est quand même
00:09:49le symbole
00:09:50est très lourd.
00:09:51Mais peut-être
00:09:52qu'on pourrait,
00:09:52enfin pas résumer,
00:09:53mais le pacte de corruption,
00:09:54ça permet un peu
00:09:56de mieux comprendre
00:09:57les relations
00:09:58entre le pouvoir
00:09:59cadaviste
00:10:01et le pouvoir
00:10:02sarkozyste.
00:10:02Est-ce que peut-être
00:10:03tu peux nous...
00:10:03Parce qu'un pacte de corruption,
00:10:04en fait, ça veut dire
00:10:05qu'on donne quelque chose
00:10:05en échange d'autre chose.
00:10:06C'est ça la corruption.
00:10:08Est-ce que peut-être
00:10:09tu peux nous expliquer
00:10:10ce qu'a supposément
00:10:12donné Kadhafi
00:10:13à Sarkozy
00:10:14et en retour de quoi ?
00:10:15C'était quoi
00:10:16les retours de Kadhafi ?
00:10:18Qu'est-ce qu'a promis
00:10:18Sarkozy au pouvoir
00:10:19cadaviste ?
00:10:20Est-ce que tu peux nous résumer
00:10:21ce pacte de corruption,
00:10:22présumer ?
00:10:23Alors, je peux bien comprendre.
00:10:24Déjà, ça se passe en 2005.
00:10:26On reviendra peut-être
00:10:26sur les différents rendez-vous
00:10:28qu'on lit en 2005
00:10:29parce qu'ils disent
00:10:30beaucoup de choses aussi.
00:10:32pour prendre le contexte,
00:10:34en fait, on a à ce moment-là
00:10:36Muammar Kadhafi
00:10:37qui veut un petit peu changer
00:10:40à la fois son image,
00:10:41l'image de la Libye.
00:10:42Il veut renouer des liens
00:10:44avec l'Occident, en gros.
00:10:47Pas seulement,
00:10:48mais c'est quand même
00:10:50un gros enjeu.
00:10:51Alors qu'il est évidemment
00:10:53sur le banc des nations
00:10:54parce que c'est déjà
00:10:55un dictateur qui opprime
00:10:57dans son pays,
00:10:57mais qui en plus
00:10:58usent du terrorisme d'État
00:11:00envers d'autres nations,
00:11:02en tout cas,
00:11:03des ressortissants
00:11:04d'autres nations.
00:11:05Donc, on a d'un côté ça,
00:11:07Kadhafi qui, lui,
00:11:09a ces intérêts-là
00:11:10de renouer à la fois
00:11:11des partenariats commerciaux
00:11:12et diplomatiques.
00:11:14De redorer un peu son image.
00:11:16Et puis, même pour son pays.
00:11:18De toute façon,
00:11:19pour tout pays,
00:11:19c'est assez important
00:11:20d'avoir ces relations-là.
00:11:21Et d'un autre côté,
00:11:23on a quelqu'un
00:11:24qui vient de dire à la télévision
00:11:26qu'il pensait très sérieusement
00:11:28à la présidentielle,
00:11:29pas seulement quand il se rasait.
00:11:31Qui est ministre de l'Intérieur,
00:11:33qui a une stratégie
00:11:35de communication
00:11:37très, très puissante
00:11:38pour être montrée
00:11:39absolument partout.
00:11:42Voilà, lui,
00:11:43on est en octobre 2005.
00:11:46Il est au même moment
00:11:47en première ligne
00:11:48parce que,
00:11:49si je ne me trompe pas,
00:11:50ça vient de me revenir
00:11:51en tête,
00:11:52mais en fait,
00:11:52on est pile au moment,
00:11:53c'est en novembre,
00:11:54mais on est pile dans la période
00:11:57des révoltes
00:11:58en banlieue
00:11:59où Nicolas Sarkozy
00:12:02dit vouloir sortir
00:12:03le Karcher
00:12:04et compagnie.
00:12:06Donc voilà,
00:12:07Sarkozy, lui,
00:12:07il n'a qu'une seule chose en tête,
00:12:09c'est gagner en 2007.
00:12:10Kadhafi,
00:12:11il n'a qu'une seule chose en tête,
00:12:12c'est de renouer
00:12:14des relations commerciales
00:12:16et diplomatiques
00:12:17avec des pays
00:12:18de l'Occident notamment.
00:12:19Donc,
00:12:19ce que pensent
00:12:20les juges d'instruction,
00:12:22c'est qu'il n'y a plus
00:12:22qu'il y a eu un pacte,
00:12:24ils pensent qu'il y a eu
00:12:24l'impact,
00:12:26avec des contreparties
00:12:27de chacun.
00:12:28Sarkozy veut être
00:12:29élu président de la République,
00:12:31donc Kadhafi lui aurait
00:12:32proposé
00:12:33de l'aider
00:12:33à financer
00:12:34cette campagne-là.
00:12:35On sait que
00:12:36les financements
00:12:37d'une campagne,
00:12:38c'est toujours
00:12:38un gros enjeu,
00:12:39notamment pour Nicolas Sarkozy
00:12:41qui,
00:12:41en 2007
00:12:42et en 2012,
00:12:432012,
00:12:43c'est la Fabrique Magnon,
00:12:44en 2007,
00:12:46veut lui faire
00:12:47des meetings,
00:12:49une campagne
00:12:49vraiment à l'américaine.
00:12:50des grands meetings
00:12:51qui n'existent pas
00:12:51trop encore.
00:12:53En 2002,
00:12:53il y a évidemment
00:12:54des meetings
00:12:55avec beaucoup de gens,
00:12:56mais il n'y a pas forcément
00:12:57de son et lumière.
00:13:00Là,
00:13:00lui,
00:13:01il veut du lourd,
00:13:02de l'américain.
00:13:04C'est vrai que
00:13:04quand on revoit
00:13:05les images
00:13:05de 2007,
00:13:06de la campagne
00:13:08de Sarkozy,
00:13:08c'est vrai que ça fait
00:13:09un peu penser
00:13:09à ce qu'on voit
00:13:10aux Etats-Unis.
00:13:10Tu disais,
00:13:10une campagne à l'américaine
00:13:11avec des immenses salles,
00:13:13des immenses lumières.
00:13:14C'est très impressionnant.
00:13:15même aujourd'hui encore,
00:13:16tous les candidats
00:13:17et candidates
00:13:18ne jouent pas à ce jeu-là.
00:13:20On est revenu
00:13:21un peu en arrière
00:13:21à partir de 2017.
00:13:24Mais aussi parce que
00:13:252012,
00:13:28je pense qu'on ne regarde
00:13:29plus les campagnes
00:13:30présidentielles
00:13:31de la même façon
00:13:32depuis 2012
00:13:33en sachant
00:13:34qu'il y a eu
00:13:35Big Malion
00:13:36et donc
00:13:36un plafond
00:13:39des dépenses
00:13:40de campagne
00:13:41qui ont explosé
00:13:42et notamment
00:13:43pour ça.
00:13:44Ça la fout mal
00:13:45si aujourd'hui
00:13:46on fait un truc
00:13:46énorme,
00:13:47Spielberg,
00:13:48etc.
00:13:49Bon,
00:13:50on digresse,
00:13:50pardon.
00:13:51Mais donc Sarkozy,
00:13:52son intérêt,
00:13:53ce serait celui-là.
00:13:55Et donc,
00:13:56il y a des rencontres
00:13:57qui se font.
00:13:59Il y a d'abord
00:14:00Claude Guéant
00:14:01qui est chef de cabinet
00:14:02de Nicolas Sarkozy
00:14:03qui va en Libye.
00:14:04Nicolas Sarkozy
00:14:05y va lui-même
00:14:06en novembre 2005.
00:14:08Et Brice Hortefeux
00:14:11aussi
00:14:11qui lui est
00:14:12ministre délégué
00:14:13sous la tutelle
00:14:14de Nicolas Sarkozy
00:14:15et qui s'y rend
00:14:16en décembre 2005.
00:14:19C'est peut-être
00:14:20important de rappeler
00:14:21qui il rencontre
00:14:22à ces fameux rendez-vous.
00:14:25Donc,
00:14:25tu faisais Claude Guéant
00:14:26au début
00:14:26pour un peu
00:14:27préparer
00:14:28la rencontre officielle
00:14:29avec Sarkozy
00:14:29et ensuite Brice Hortefeux.
00:14:31Tout ça
00:14:32sous la houlette
00:14:33un petit peu
00:14:33de Taki Hedin
00:14:34qui fait,
00:14:34notamment je crois,
00:14:35l'interprète.
00:14:37C'est comme ça
00:14:38que Mediapart
00:14:38a commencé à faire là.
00:14:40C'est que dans
00:14:40les documents
00:14:41Taki Hedin
00:14:42il y a aussi
00:14:43son implication
00:14:43dans ces rencontres-là.
00:14:45Donc la première
00:14:46c'est Claude Guéant
00:14:47qui lui ne rencontre pas
00:14:48Mouhamar Kadhafi
00:14:49mais il rencontre
00:14:50un certain
00:14:51Abdallah Senoussi.
00:14:52Abdallah Senoussi,
00:14:54je crois,
00:14:54j'ai plus exactement
00:14:55en tête
00:14:55mais je pense
00:14:56qu'il est
00:14:56chef des services
00:14:59extérieurs
00:14:59ou des services
00:15:00je ne sais plus exactement.
00:15:02C'est le beau-frère
00:15:02je crois de Kadhafi
00:15:03c'est ça ?
00:15:03Voilà,
00:15:04son titre
00:15:05mais en tout cas
00:15:06c'est dans le premier
00:15:07cercle du pouvoir
00:15:08c'est le beau-frère
00:15:09de Kadhafi
00:15:11et plus embêtant
00:15:12pour la France
00:15:13il est considéré
00:15:15même par la justice française
00:15:17comme le responsable
00:15:18d'un attentat important
00:15:20qui a eu lieu en 1989
00:15:21du DC-10
00:15:23du TA
00:15:23UTA c'était
00:15:24une compagnie aérienne
00:15:27donc un
00:15:28voilà
00:15:28un attentat sur un avion
00:15:29qui a fait 170 morts
00:15:31dont une cinquantaine
00:15:32de français
00:15:32un avion français
00:15:34c'est ça
00:15:34une compagnie française
00:15:35et Abdallah
00:15:37Senoussi
00:15:38lui a été condamné
00:15:39par Comte Humas
00:15:40en son absence
00:15:41en France
00:15:42à la réclusion criminelle
00:15:44à perpétuité
00:15:45et visé par un mandat
00:15:46d'arrêt international
00:15:46exactement
00:15:47donc quand on vous parlait
00:15:48du terrorisme d'Etat
00:15:49là on est en plein dedans
00:15:50voilà
00:15:51il est considéré
00:15:53comme le
00:15:54le chef d'opération
00:15:56on parle de cet attentat là
00:15:59mais aussi de plusieurs autres
00:16:00attentats dans les années 80
00:16:01et début des années 90
00:16:02et donc Claude Guéant
00:16:03et donc Claude Guéant
00:16:04plus proche de Nicolas Sarkozy
00:16:06qui vient rencontrer ce personnage
00:16:07voilà
00:16:08en tant que
00:16:10directeur de cabinet
00:16:11à ce moment
00:16:11directeur de cabinet
00:16:12d'un ministre
00:16:14d'un ministère français
00:16:15il va rencontrer
00:16:16quelqu'un qui est condamné
00:16:17à la réclusion criminelle
00:16:19à perpétuité
00:16:19par la justice française
00:16:22cette rencontre se fait
00:16:24en dehors du cadre
00:16:27protocolaire
00:16:28c'est à dire que
00:16:28Claude Guéant
00:16:29il va de manière officielle
00:16:31en Libye
00:16:31mais cette rencontre là
00:16:34ces quelques heures
00:16:35avec Abdelhassinou
00:16:36se font
00:16:37sans garde du corps
00:16:38sans traducteur
00:16:40français
00:16:41en tout cas
00:16:41de la délégation
00:16:43française
00:16:44donc voilà
00:16:44une opacité
00:16:46qui est assez louche
00:16:48Brice Hortefeu
00:16:49fait exactement la même chose
00:16:50en décembre
00:16:52ce qui se serait passé
00:16:54dans
00:16:54dans ces rendez-vous
00:16:56selon les juges d'instruction
00:16:57c'est que
00:16:58Claude Guéant
00:16:59lui
00:16:59il prépare
00:17:00il dit
00:17:00voilà
00:17:01voilà en gros
00:17:02nous ce qu'on aimerait
00:17:03vous
00:17:03ce serait quoi
00:17:05vos contreparties
00:17:07Sarkozy
00:17:07donc il y a
00:17:08d'abord cette rencontre là
00:17:09ensuite
00:17:10en octobre
00:17:12deux semaines
00:17:12je crois
00:17:13j'ai plus exactement
00:17:14la date en tête
00:17:14mais deux semaines
00:17:15après la rencontre
00:17:16Guéant
00:17:16Sénoussi
00:17:17Nicolas Sarkozy
00:17:18qui va lui
00:17:19rencontrer
00:17:20Mohamed Gaddafi
00:17:21officiellement
00:17:21pour des questions
00:17:22liées à l'immigration
00:17:25donc
00:17:26il dit
00:17:27je suis ministre de l'intérieur
00:17:28il y a beaucoup d'immigration
00:17:29qui vient de Libye
00:17:30il faut qu'on discute
00:17:31et qu'on voit
00:17:31comment arranger ça
00:17:34selon le traducteur
00:17:35de Gaddafi
00:17:36qui parle à la justice
00:17:38des années plus tard
00:17:39après la chute du régime
00:17:40en 2011
00:17:41lui dit
00:17:42à ce moment là
00:17:43très clairement
00:17:44Nicolas Sarkozy
00:17:45et Mohamed Gaddafi
00:17:46se font un pacte
00:17:49pour que le second
00:17:51finance la campagne
00:17:52du premier
00:17:53troisième rencontre
00:17:54il y en a
00:17:55de la troisième rencontre
00:17:56avec Brice Hortefeux
00:17:58et Abdallah Sénoussi
00:18:00Brice Hortefeux
00:18:01lui
00:18:01il est ministre délégué
00:18:02aux collectivités territoriales
00:18:03qu'est-ce qu'il va foutre là-bas
00:18:04et c'est pour ça
00:18:05que je voulais assister là-dessus
00:18:07donc officiellement
00:18:08ils viennent discuter
00:18:09des collectivités
00:18:11de chacun des pays
00:18:12bon
00:18:13en Libye
00:18:13les collectivités territoriales
00:18:15à l'époque de Gaddafi
00:18:16il n'y a quand même
00:18:17pas beaucoup d'autonomie
00:18:18tout ça est très flou
00:18:20les juges d'instruction
00:18:21je ne sais plus
00:18:23comment ils les nomment
00:18:24mais je crois qu'ils qualifient
00:18:24cette raison d'invraisemblable
00:18:26enfin ils n'y croient
00:18:27ils n'y croient absolument pas
00:18:28et là
00:18:29ce que disent
00:18:30Abdallah Sénoussi
00:18:32ce qu'on dit
00:18:33Abdallah Sénoussi
00:18:34et il me semble
00:18:35l'introducteur
00:18:35c'est que
00:18:38Brice Hortefeux
00:18:39aurait donné un RIB
00:18:40à ce moment là
00:18:41à Abdallah Sénoussi
00:18:42et voilà en gros
00:18:45le pacte de corruption
00:18:46qui se serait
00:18:48ce serait fait
00:18:49dans l'espace
00:18:50de deux mois
00:18:50et ensuite
00:18:51il n'y a plus qu'à
00:18:53chacun
00:18:53chacun des partis
00:18:54à faire
00:18:55ce qu'il devait faire
00:18:56oui
00:18:57dans le film aussi
00:18:58Mediapart raconte
00:18:59qu'il y a
00:19:00il y a des notes
00:19:01qui sont transmises
00:19:02par le cabinet
00:19:02de Claude Guéant
00:19:03etc
00:19:03qui sont très floues
00:19:05il parle d'un
00:19:06il faut que cette
00:19:07donc cette première rencontre
00:19:08entre Claude Guéant
00:19:09et Sénoussi
00:19:10soit pas du tout
00:19:11médiatisée
00:19:12que les gens soient pas au courant
00:19:13et que ce serait
00:19:14alors j'ai plus les mots en texte
00:19:15mais un contexte profitable
00:19:17pour parler de l'autre sujet
00:19:18évidemment toute la question
00:19:19des juges
00:19:20c'est quel est cet autre sujet
00:19:21c'est évidemment pas
00:19:22une preuve irréfutable
00:19:24qu'ils sont venus
00:19:24nouer un pacte de corruption
00:19:26mais comme tu disais tout à l'heure
00:19:27ça contribue au faisceau d'indices
00:19:29voilà ça commence
00:19:30ça a beaucoup
00:19:31ça a cumulé
00:19:31il y a beaucoup de choses louches
00:19:32autour de ces rencontres là
00:19:36pourquoi
00:19:37pourquoi il n'y a pas
00:19:38pourquoi il n'y a pas
00:19:39la sécurité
00:19:40d'un ministre
00:19:41pourquoi tout d'un coup
00:19:42quand il doit rencontrer
00:19:44en plus
00:19:45Abdallah Sénoussi
00:19:47cette sécurité là
00:19:48elle disparaît
00:19:49pourquoi rencontrer
00:19:51quelqu'un
00:19:52qui est responsable
00:19:53d'attentats
00:19:54pour parler
00:19:55de toute autre chose
00:19:56comme un n'importe quel officiel
00:19:59sans avoir
00:19:59la moindre réticence
00:20:01alors que le guéant
00:20:01lui dit
00:20:02qu'il a été plus ou moins piégé
00:20:04qu'il n'était pas au courant
00:20:05hors de feu pareil
00:20:06je crois
00:20:06de toute façon
00:20:07on ne savait pas vraiment
00:20:07qui c'était
00:20:08on n'était pas au courant
00:20:09qu'il était visé par un moment
00:20:10sauf que là aussi
00:20:11ça se contredit
00:20:13avec plusieurs documents
00:20:14et notamment
00:20:14des documents libyens
00:20:16donc voilà
00:20:17il y a beaucoup de flou
00:20:18autour de ça
00:20:20et des témoignages
00:20:23sur lesquels
00:20:23la défense
00:20:24on peut s'attendre
00:20:26qui va dire
00:20:26qu'ils ont un intérêt
00:20:28les témoignages
00:20:29qui viennent
00:20:31à 99%
00:20:32de Libye
00:20:33et donc
00:20:35on va peut-être
00:20:36y revenir
00:20:36mais là
00:20:37on est en 2005
00:20:38en 2011
00:20:40il y a la chute
00:20:40du régime de Kadhafi
00:20:41avec
00:20:42un très très gros
00:20:44appui
00:20:46de l'armée française
00:20:48envers le
00:20:49voilà
00:20:49le peuple libyen
00:20:50qui renverse
00:20:51Kadhafi
00:20:54pardon
00:20:54je me suis perdu
00:20:56on était effectivement
00:20:57un enjeu
00:20:58enfin
00:20:58un des moments
00:20:59très importants
00:20:59c'est ces fameuses rencontres
00:21:00entre Guéant
00:21:01enfin avec Guéant
00:21:02Sarkozy
00:21:02ensuite Hortefeux
00:21:03et ce que
00:21:04je vois sur tes notes
00:21:05je l'avais aussi noté
00:21:05ces fameuses notes
00:21:06Moussa Koussa
00:21:07est-ce que tu veux
00:21:08qu'on parle de ça maintenant
00:21:09est-ce que c'est un peu tôt
00:21:10je pense que dans la chronologie
00:21:11c'est intéressant
00:21:12parce que là
00:21:13on a parlé de rencontres
00:21:14donc maintenant
00:21:14il faut que
00:21:15s'il y a un pacte de corruption
00:21:16qui s'est mis en place
00:21:17comment il est exécuté
00:21:20le premier élément
00:21:21c'est côté Libye
00:21:23il y a une note
00:21:25qui date de 2006
00:21:28réalisée par Moussa Koussa
00:21:30qui est le chef
00:21:30des services secrets
00:21:33du régime libyen
00:21:35qui envoie un document
00:21:35officiel
00:21:36à quelqu'un
00:21:37qui s'appelle
00:21:37Bechir Saleh
00:21:38qui est quelqu'un
00:21:39très important
00:21:39dans cette affaire-là
00:21:40Bechir Saleh
00:21:41qui est le président
00:21:42du principal fonds
00:21:43souverain
00:21:44libyen
00:21:45donc c'est lui
00:21:47un petit peu
00:21:47qui gère
00:21:47une partie des caisses
00:21:49et en tout cas
00:21:49celles qui peuvent aller
00:21:50à l'étranger
00:21:51Moussa Koussa
00:21:52chef des services secrets
00:21:53dit à Bechir Saleh
00:21:55il faut débloquer
00:21:5650 millions d'euros
00:21:57pour la campagne
00:21:58de Nicolas Sarkozy
00:21:59on a un document
00:22:00avec le cachet
00:22:03des services secrets
00:22:04enfin pas des services secrets
00:22:05mais je ne sais plus
00:22:06quel service libyen
00:22:07enfin voilà
00:22:08ça a été plusieurs fois
00:22:11expertisé
00:22:11notamment par
00:22:13Mediapart
00:22:14mais aussi par la justice
00:22:15c'est un truc
00:22:16que raconte Mediapart
00:22:17dans son film
00:22:17c'est qu'en fait
00:22:18une des lignes de défense
00:22:19du clan Sarkozy
00:22:20c'est à dire que ce document
00:22:21était faux
00:22:22un faux grossier
00:22:23voilà
00:22:24un faux grossier
00:22:25et que donc
00:22:25tu le disais
00:22:26Mediapart a réalisé
00:22:27plusieurs expertises
00:22:28notamment par des
00:22:29comment on appelle ça
00:22:30par des experts de l'écriture
00:22:31je ne sais plus comment ça s'appelle
00:22:32mais pour vérifier
00:22:32que c'était bien la signature
00:22:33de Moussa Koussa
00:22:34c'est bien celle-là
00:22:35effectivement la justice
00:22:35a aussi opéré
00:22:36tout un tas de vérifications
00:22:37tout le monde
00:22:38après d'accord
00:22:39c'est un vrai document
00:22:40ce n'est pas un faux
00:22:41en tout cas
00:22:41c'est ce que
00:22:42voilà ce que disent
00:22:43les experts
00:22:43et les juges d'instruction
00:22:46finissent par avoir
00:22:47cette conclusion-là
00:22:48alors après
00:22:49est-ce que
00:22:50est-ce que la défense
00:22:52va imaginer autre chose
00:22:55oui d'accord
00:22:55c'est pas un faux
00:22:56mais ça ne veut pas dire
00:22:57que nous
00:22:58que nous
00:22:59on avait demandé ça
00:23:00c'est peut-être
00:23:01de la manipulation
00:23:02par avance
00:23:03ou quelque chose
00:23:03pour nous faire chanter
00:23:04il y a déjà eu
00:23:05dans les interrogatoires
00:23:06des petits
00:23:07voilà
00:23:09la défense
00:23:09qui
00:23:11commençait à envoyer
00:23:12ces arguments-là
00:23:13voyant que
00:23:14l'argument
00:23:15de
00:23:15c'est un faux document
00:23:17ne tient pas
00:23:18donc ça
00:23:18ça va être vraiment
00:23:20au coeur du procès
00:23:21c'est-à-dire
00:23:22qu'on a quand même
00:23:22un document officiel
00:23:24qui dit
00:23:24il faut débloquer
00:23:2550 millions d'euros
00:23:26pour la campagne
00:23:27de Nicolas Sarkozy
00:23:28ça c'est très lourd
00:23:30et cette note
00:23:31elle est
00:23:31donc elle date de 2006
00:23:33donc avant 2007
00:23:34et elle est révélée par Mediapart
00:23:36dans l'entre-deux-tours
00:23:37de 2012
00:23:38de la présidentielle
00:23:39de 2012
00:23:40ce qui
00:23:41je digresse
00:23:42un petit peu
00:23:43mais ce qui est intéressant
00:23:45c'est intéressant
00:23:46d'écouter Fabrice Harfi
00:23:48et Karl Asquet
00:23:49là-dessus
00:23:50parce qu'ils ont
00:23:51un gros
00:23:52un gros doute
00:23:53sur
00:23:53à quel moment
00:23:54on doit le sortir
00:23:55en fait
00:23:55ils arrivent à
00:23:56justement
00:23:57à expertiser
00:23:58ça a recoupé
00:23:59on est vraiment
00:24:00juste après
00:24:01le premier tour
00:24:02de la présidentielle
00:24:03et ils ont ce truc-là
00:24:04de
00:24:05est-ce qu'on va
00:24:06influencer
00:24:06et du coup
00:24:07la campagne
00:24:08en balançant quelque chose
00:24:09sur un des deux
00:24:10de candidats
00:24:11est-ce qu'on fausse pas
00:24:13quelque part
00:24:14la présidentielle
00:24:15et de l'autre
00:24:15l'argument qui
00:24:16évidemment prend le dessus
00:24:17c'est
00:24:18on ne peut pas
00:24:20en tant que journaliste
00:24:21cacher
00:24:21un document important
00:24:23à quelques jours
00:24:24d'une présidentielle
00:24:25c'est
00:24:27c'est une
00:24:28d'indication
00:24:29que je voulais faire
00:24:29mais qui est intéressante
00:24:30aussi sur le rôle
00:24:31du journaliste
00:24:32qu'on perd un petit peu
00:24:34non mais c'est sûr
00:24:34parce que c'est effectivement
00:24:35un truc qu'il raconte dans le film
00:24:36c'est un truc qu'on leur a reproché
00:24:37au moment où ils révèlent ça
00:24:38c'est d'avoir attendu
00:24:40ce moment-là
00:24:41pour révéler le truc
00:24:42alors qu'en fait
00:24:43c'est pas le cas
00:24:43ils racontent que
00:24:45ils reçoivent le truc
00:24:46ils découvrent le truc
00:24:47ils réussissent à l'authentifier
00:24:48et ils arrivent à l'authentifier
00:24:50au moment de l'entre-deux-tours
00:24:51donc ils n'ont pas attendu
00:24:52exprès l'entre-deux-tours
00:24:53pour le publier
00:24:54c'est tombé à ce moment-là
00:24:55et donc effectivement
00:24:56le film
00:24:58les fait parler de ça
00:24:59de l'enjeu démocratique
00:25:01et politique
00:25:01et je crois que c'est
00:25:02Karl Aske qui dit
00:25:03en fait on parle quand même
00:25:04d'un potentiel futur président
00:25:06enfin reconduit président
00:25:08et c'est une affaire
00:25:09extrêmement grave
00:25:10on parle de corruption
00:25:11à la tête de l'État
00:25:12on pouvait effectivement
00:25:13comme tu le dis
00:25:13on ne pouvait pas
00:25:13effectivement le cacher
00:25:15je vous lis dans le chat
00:25:16bonjour à tout le monde
00:25:17merci de nous rejoindre
00:25:18et de nous écouter
00:25:19et de nous regarder
00:25:20coude des parties civiles
00:25:21je crois qu'il y a des assos
00:25:22Sherpa Transparency International
00:25:24oui peut-être qu'on va
00:25:25on va finir sur l'affaire
00:25:26et après tu nous raconteras
00:25:27un peu les coulisses du procès
00:25:28mais oui effectivement
00:25:29en tout cas c'est le cas
00:25:29il y a Anticor aussi
00:25:31il y a beaucoup de parties civiles
00:25:32tout à fait
00:25:35donc les notes Moussakusa
00:25:36très bien
00:25:37un deuxième élément
00:25:38assez important
00:25:40dans cette affaire
00:25:43de quoi veux-tu qu'on parle ensuite ?
00:25:46après si on peut
00:25:46si on veut rester
00:25:47donc là on est
00:25:48on est parti de 2005
00:25:50avec les rencontres
00:25:51où ce serait noué
00:25:52le pacte de corruption
00:25:54le premier effet
00:25:56ce serait cette note de Moussakusa
00:25:58on envoie 50 millions d'euros
00:25:59et de l'autre côté
00:26:01il y a
00:26:01quelles seraient
00:26:03les contreparties
00:26:03en fait
00:26:04de ce financement
00:26:06de la campagne
00:26:07c'est vrai que pour l'instant
00:26:07il y a la Libye
00:26:08qui donne de l'argent
00:26:09à la campagne de Sarkozy
00:26:10mais en retour
00:26:10qu'est-ce qu'ils veulent ?
00:26:11et alors ça
00:26:12ça se joue sur
00:26:13sur trois points
00:26:15je crois que
00:26:16on peut dire
00:26:17un point
00:26:19une contrepartie économique
00:26:20une contrepartie diplomatique
00:26:22et une contrepartie
00:26:24judiciaire
00:26:25je vais peut-être commencer
00:26:25par celle-là
00:26:26la judiciaire
00:26:27parce qu'elle concerne
00:26:28Abdallah Senoussi
00:26:29dont on vient de parler
00:26:30donc le fameux
00:26:33numéro 2
00:26:34enfin dignitaire du régime
00:26:35pas numéro 2
00:26:36mais en tout cas
00:26:36premier serre
00:26:37voilà
00:26:37beau-frère de Kadhafi
00:26:38mandat d'arrêt international
00:26:40terroriste
00:26:41attentat
00:26:41voilà
00:26:41et donc
00:26:43ce qu'on disait
00:26:45qu'il a un mandat
00:26:47d'arrêt international
00:26:48et condamné
00:26:49à la réclusion
00:26:50criminelle à perpétuité
00:26:51en France
00:26:52parmi les contreparties
00:26:53il y aurait
00:26:54le fait
00:26:55de tout faire
00:26:56pour que Abdallah Senoussi
00:26:58ne soit plus
00:26:58sous le coup
00:26:59d'un mandat
00:27:00d'arrêt international
00:27:02il y a plusieurs
00:27:04témoignages
00:27:05qui disent ça
00:27:06et il y a surtout
00:27:06un élément
00:27:07qui est très perturbant
00:27:10autour de
00:27:11Thierry Herzog
00:27:11Thierry Herzog
00:27:12qui est à ce moment-là
00:27:13c'est pas le cas
00:27:14enfin oui
00:27:15qui est à ce moment-là
00:27:18l'avocat
00:27:19de Nicolas Sarkozy
00:27:20et on le sait
00:27:21depuis longtemps
00:27:22un ami
00:27:23un très proche
00:27:24de Nicolas Sarkozy
00:27:26Thierry Herzog
00:27:27lui
00:27:27il va être
00:27:28embauché
00:27:29à un moment
00:27:29j'ai plus exactement
00:27:30la date
00:27:31je crois que c'est en 2006
00:27:34en tout cas
00:27:35il va se rendre
00:27:35plusieurs fois en Libye
00:27:36et à un moment
00:27:36il y a un contrat
00:27:37entre Abdallah Senoussi
00:27:38et Thierry Herzog
00:27:40pour l'aider
00:27:41justement
00:27:41dans ces démarches-là
00:27:42toujours la même chose
00:27:44on ne peut pas prouver
00:27:47directement
00:27:47juste avec ces éléments
00:27:49que c'est parce que
00:27:51Kadhafi
00:27:51finance la campagne
00:27:53de Sarkozy
00:27:53que l'avocat de Sarkozy
00:27:55va aider le beau-frère
00:27:56de Kadhafi
00:27:57mais en tout cas
00:27:57on peut se poser la question
00:27:58donc première contrepartie
00:28:00la contrepartie judiciaire
00:28:01c'est ça ?
00:28:02oui
00:28:02ça serait ça
00:28:03juste une chose
00:28:06il n'a jamais été
00:28:07mis fin
00:28:08à ce mandat d'arrêt
00:28:10international
00:28:10contre Abdallah Senoussi
00:28:12mais
00:28:12les juges d'instruction
00:28:14le précisent bien
00:28:15c'est pas parce que
00:28:17un pacte de corruption
00:28:18n'est pas allé au bout
00:28:21qu'il n'existe pas
00:28:23et que les peines
00:28:24doivent être moins fortes
00:28:25en tout cas
00:28:26mais s'il y avait
00:28:27l'objectif
00:28:28de faire un pacte de corruption
00:28:29c'est pas parce que
00:28:30l'objectif est atteint
00:28:31que la peine
00:28:32ou la culpabilité
00:28:33n'est pas
00:28:34en tout cas
00:28:34c'est pas automatique
00:28:36donc ça c'est
00:28:37la contrepartie judiciaire
00:28:38la contrepartie économique
00:28:42ce serait
00:28:43plusieurs accords commerciaux
00:28:46qui ont bien eu lieu
00:28:49plus ou moins
00:28:50lié avec l'Etat
00:28:51il y en a un
00:28:51qui va être spécifiquement
00:28:55question
00:28:56pendant le procès
00:28:58mais c'est avec Airbus
00:28:59où la question c'est
00:29:00est-ce que
00:29:02est-ce que ça s'est fait
00:29:03dans les règles de l'art
00:29:04et donc
00:29:06avec l'appui
00:29:07notamment
00:29:08de l'Etat français
00:29:11on n'est pas sûr
00:29:12de tout ça
00:29:14il y a des choses
00:29:15plus claires
00:29:15notamment un contrat
00:29:16d'exploitation
00:29:18de Total
00:29:19en Libye
00:29:20donc là
00:29:20on a clairement
00:29:23un accord commercial
00:29:24on a aussi
00:29:25un accord commercial
00:29:26directement entre Libye
00:29:27et France
00:29:28sur du matériel
00:29:29d'espionnage
00:29:30ce qui
00:29:30voilà
00:29:31encore du
00:29:33du point de vue
00:29:34de la morale
00:29:35pose quand même
00:29:35question
00:29:36on sait que le matériel
00:29:37d'espionnage
00:29:38est principalement
00:29:39celui-ci en tout cas
00:29:41principalement
00:29:42utilisé
00:29:42contre les opposants
00:29:44au régime
00:29:45de Kadhafi
00:29:46parce qu'on le rappelle
00:29:46à ce moment-là
00:29:47c'est toujours
00:29:47une dictature
00:29:48oui oui bien sûr
00:29:49de toute façon
00:29:50les oppositions
00:29:52sont réprimées
00:29:53et il servira
00:29:54pendant le printemps arabe
00:29:56en 2011
00:29:57ce matériel
00:29:58donc c'est ça
00:30:00il y a quelques autres
00:30:01contrats
00:30:01mais c'est les principaux
00:30:02donc il y a eu
00:30:03en tout cas
00:30:03à partir de 2007
00:30:05des accords commerciaux
00:30:06soit entre la France
00:30:07et la Libye
00:30:08soit entre la Libye
00:30:09et des entreprises françaises
00:30:11facilitées
00:30:12a priori
00:30:13par l'Etat français
00:30:14donc ce serait
00:30:15la deuxième contrepartie
00:30:16et la troisième
00:30:18qui est la plus symbolique
00:30:19c'est la contrepartie
00:30:22diplomatique
00:30:22c'est ce qu'on disait
00:30:24tout à l'heure
00:30:24le grand objectif
00:30:26de Muammar Kadhafi
00:30:28à ce moment-là
00:30:28c'est de revenir
00:30:31ou de venir tout court
00:30:33dans le concert des nations
00:30:34c'est-à-dire de renouer
00:30:38des liens
00:30:39avec notamment
00:30:40des pays européens
00:30:41en tout cas
00:30:42des pays occidentaux
00:30:43et pour ça
00:30:46je suppose que
00:30:48les plus de 25 ans
00:30:50doivent s'en souvenir
00:30:51il y a la visite
00:30:54en grande pompe
00:30:55c'est peu de le dire
00:30:56de Muammar Kadhafi
00:30:57j'ai plus la date exacte
00:30:59mais c'est en décembre 2007
00:31:01à Paris
00:31:04où plutôt que durer
00:31:064 jours
00:31:06elle dure 6 jours
00:31:08c'est Kadhafi
00:31:09en limousine blanche
00:31:11dans les rues de Paris
00:31:12Kadhafi
00:31:13qui privatise
00:31:14le Louvre
00:31:15pour regarder
00:31:16tout seul
00:31:16la Joconde
00:31:17Kadhafi
00:31:18qui a le droit
00:31:19de planter
00:31:20sa tante
00:31:21Bedouine
00:31:22dans les jardins
00:31:24de l'hôtel
00:31:24de Marigny
00:31:26voilà
00:31:28ça fait scandale
00:31:29même au sein
00:31:31même du gouvernement
00:31:34Ramayad
00:31:34dit que c'est une honte
00:31:36d'accueillir
00:31:37un dictateur
00:31:38comme ça
00:31:38un dictateur
00:31:39qui je crois
00:31:40n'avait pas été accueilli
00:31:40en France
00:31:41depuis 30 ans
00:31:42oui oui
00:31:43en tout cas
00:31:43depuis des années
00:31:44je ne sais plus exactement
00:31:45il me semble que c'est ce qu'il raconte
00:31:46dans le film
00:31:46qu'effectivement
00:31:47il y a tout ce faste
00:31:49qui est développé
00:31:50pendant sa visite
00:31:50mais que c'est aussi
00:31:51un signal extrêmement fort
00:31:52et que c'est ses débuts
00:31:54de contrepartie diplomatique
00:31:55c'est que
00:31:55en fait
00:31:56cet accueil chaleureux
00:31:59on peut dire ça
00:32:00contribue aussi
00:32:00à redorer l'image
00:32:02de la Libye
00:32:02parce que ça y est
00:32:03un chef d'état
00:32:04français
00:32:04européen
00:32:05de premier plan
00:32:07réhabilite
00:32:07un dictateur
00:32:08nord-africain
00:32:09c'est ça
00:32:10c'est que ça faisait
00:32:11des décennies
00:32:12alors je ne me souviens pas
00:32:12si en France
00:32:13il était déjà venu
00:32:15et quand
00:32:15mais en tout cas
00:32:16ça faisait
00:32:17des années
00:32:18voire des décennies
00:32:19que les grands
00:32:20pays occidentaux
00:32:22ne le recevaient pas
00:32:23et c'est
00:32:24et c'est un message
00:32:25aux autres
00:32:26de dire
00:32:26voilà
00:32:27c'est plus un pestiféré
00:32:28Kadhafi
00:32:29si on peut le recevoir
00:32:30comme ça
00:32:30tout sourire
00:32:31à l'Elysée
00:32:33tout lui
00:32:33enfin en plus
00:32:34tout lui permettre
00:32:37le message
00:32:37et le symbole
00:32:38est très fort
00:32:40et pour Kadhafi
00:32:41c'est une grande nouvelle
00:32:43je joue avec la lumière
00:32:44parce que tout à l'heure
00:32:45il y a la lumière
00:32:45en face de nous
00:32:46qui est devenue très jaune
00:32:47et quelqu'un se demandait
00:32:49si ça était voulu
00:32:50donc j'ai un petit peu
00:32:51remis de la lumière
00:32:52je ne sais pas
00:32:52si c'est mieux
00:32:53mais il y a les éclairages
00:32:54qui changent tout seul
00:32:55autour de nous
00:32:55on fait une petite ambiance
00:32:56particulière
00:32:57bon voilà
00:32:58désolé
00:32:58j'espère que ça ira
00:32:59n'hésitez pas la technique
00:33:01si vous trouvez que l'image
00:33:03n'est pas terrible
00:33:03à venir faire des petits réglages
00:33:04mais ça va à peu près
00:33:05on est plutôt BG là Florent
00:33:07non ?
00:33:08très bien
00:33:09donc oui
00:33:10cette fameuse
00:33:10aussi un détail
00:33:12qui n'en est pas un
00:33:13mais dans le film
00:33:14de Mediapart
00:33:14il faut intervenir
00:33:15une membre du collectif
00:33:18victime du terrorisme
00:33:21parce que
00:33:22il faut bien se rappeler
00:33:23on parlait
00:33:23d'Abdallah Senoussi
00:33:25très proche
00:33:26de Muammar Kadhafi
00:33:27en fait
00:33:28en recevant
00:33:28Muammar Kadhafi
00:33:29c'est aussi une manière
00:33:30comment dire
00:33:31pas de gommer
00:33:32mais
00:33:32d'oublier
00:33:34les attentats terroristes
00:33:36menés
00:33:37enfin
00:33:38dictés
00:33:38par Muammar Kadhafi
00:33:39et en fait
00:33:40cette personne
00:33:41donc je crois que c'est la femme
00:33:42d'une victime
00:33:44ou de la soeur
00:33:45je ne sais plus
00:33:45d'une victime
00:33:47de l'attentat
00:33:48sur le décès 10 UTA
00:33:49et qui dit
00:33:50en fait
00:33:50nous à ce moment là
00:33:51on ne comprenait pas
00:33:52comment le responsable
00:33:53de la mort de nos proches
00:33:54pouvait comme ça
00:33:55être reçu
00:33:56et en oubliant
00:33:58complètement
00:33:58tout le passé
00:34:00tout le passé
00:34:00de Kadhafi
00:34:01oui Franck
00:34:03il y a la lumière là
00:34:03qui est devenue
00:34:03toute jaune d'un coup
00:34:05on n'a rien touché
00:34:06et à ce moment là
00:34:07ils ne savent pas
00:34:09les familles de victimes
00:34:10sont révoltées
00:34:12ils ne savent pas
00:34:12à ce moment là
00:34:13que quelques mois avant
00:34:14il y a même
00:34:16celui qui est considéré
00:34:17comme le chef d'opération
00:34:18de l'attentat
00:34:19qui a rencontré
00:34:20des ministres
00:34:21donc oui
00:34:22moralement aussi
00:34:23ça va très loin
00:34:24il me semble que
00:34:25dans le film de Mediapart
00:34:27ils mettent ça aussi
00:34:28en perspective
00:34:29avec les grandes phrases
00:34:31de la campagne de 2007
00:34:32de Nicolas Sarkozy
00:34:33sur les droits de l'homme
00:34:35et la réelle politique
00:34:35de dire en gros
00:34:36voilà si on respecte
00:34:38les droits de l'homme
00:34:38et qu'on a des grands principes
00:34:39moi c'est pas une fois
00:34:41arrivé au pouvoir
00:34:41que je vais les abandonner
00:34:43une fois arrivé au pouvoir
00:34:44il reçoit Kadhafi
00:34:45peut-être en trois mots
00:34:46c'est quoi la réelle politique
00:34:48c'est justement le contraire
00:34:49de respecter ces principes
00:34:50c'est l'idée
00:34:51que confronter
00:34:52aux besoins
00:34:54qui soient diplomatiques
00:34:55économiques
00:34:57confrontés
00:34:57à la réalité
00:34:59du pouvoir
00:35:00on ne peut plus
00:35:01appliquer exactement
00:35:02ces principes
00:35:02je résine très grossièrement
00:35:03mais c'est vrai
00:35:05que c'est un élément
00:35:06important dans le discours
00:35:07de Sarkozy en 2007
00:35:07en disant
00:35:08moi enfin
00:35:09je ne sais plus son slogan
00:35:11c'est je vais dire
00:35:11ce que je vais faire
00:35:12je vais faire ce que je vais dire
00:35:13je ne sais plus dans quel sens
00:35:14je vais rester fidèle
00:35:17à mes principes
00:35:17alors que dans le même temps
00:35:19il est en train
00:35:19de faire des bisbis
00:35:20assez louches
00:35:22présumés
00:35:23on ne sait pas encore
00:35:23s'il l'a fait
00:35:25donc voilà
00:35:26effectivement
00:35:26tu avais raison
00:35:27de le rappeler
00:35:27cette séquence
00:35:28de la visite de Kadhafi
00:35:29c'est aussi un moment important
00:35:31dans cette affaire
00:35:32dans le déroulé
00:35:32de notre histoire
00:35:33enfin de notre histoire
00:35:34de l'histoire
00:35:34avec un grand H
00:35:37de quoi
00:35:38parce qu'en fait
00:35:38pour tout vous dire
00:35:39il y a beaucoup
00:35:40beaucoup d'éléments
00:35:40dans cette affaire
00:35:41on ne peut pas tous
00:35:42en parler
00:35:42sinon ce serait
00:35:43il faudrait à peu près
00:35:44trois jours de stream
00:35:45donc on sélectionne
00:35:47on va dire
00:35:47les plus importants
00:35:49enfin ceux qui nous semblent
00:35:50les plus importants
00:35:51les plus fondateurs
00:35:51pour comprendre cette affaire
00:35:53quel est le prochain élément
00:35:54le prochain événement
00:35:56dont tu voulais parler
00:35:57là je pense que
00:36:00pour résumer un petit peu
00:36:01on a un peu montré
00:36:03tous les soupçons
00:36:05qu'il y avait
00:36:06sur
00:36:07est-ce qu'il y a eu
00:36:08un financement libyen
00:36:10de la campagne
00:36:11de Sarkozy
00:36:12et s'il y a eu ce financement
00:36:13qu'est-ce que Sarkozy
00:36:15a offert
00:36:16en contrepartie
00:36:17donc là on a exposé
00:36:18un petit peu tout ça
00:36:19et après
00:36:21la grande question
00:36:22du procès
00:36:23ça va être
00:36:23qu'est-ce qui permet
00:36:25qu'est-ce qui prouve
00:36:26qu'il y a eu
00:36:28cet échange
00:36:29de bons procédés
00:36:32et donc ça
00:36:33ça va être
00:36:34ça va être
00:36:35au cœur de l'affaire
00:36:37à partir de
00:36:38dans deux trois semaines
00:36:39du procès
00:36:41et c'est un des grands arguments
00:36:43de Nicolas Sarkozy
00:36:44qui dit
00:36:45mais
00:36:45s'il y a eu
00:36:46financement
00:36:47il est où l'argent
00:36:48il n'y en a pas
00:36:49vous n'en avez pas
00:36:50dans les enquêtes
00:36:52tout ça
00:36:52personne n'a jamais trouvé
00:36:54de chèque
00:36:56évidemment
00:36:56il n'y a pas
00:36:57le chèque signé
00:36:58signé Kadhafi
00:37:00ce serait trop facile
00:37:00Nicolas Sarkozy
00:37:02et les juges d'instruction
00:37:03le disent très bien
00:37:04que toutes ces affaires
00:37:06politico-financières
00:37:10il y a toujours
00:37:13plusieurs canaux
00:37:14de financement
00:37:15canaux de blanchiment
00:37:17c'est très compliqué
00:37:20à démêler
00:37:21donc la grande question
00:37:22ça va être
00:37:22comment
00:37:23s'il y a eu
00:37:24un financement
00:37:27de la campagne
00:37:27de 2007
00:37:28comment a circulé
00:37:29l'argent
00:37:29pour aller
00:37:30de la Libye
00:37:31vers le QG
00:37:32de campagne
00:37:33de Nicolas Sarkozy
00:37:34en gros
00:37:34et peut-être
00:37:35pour faire une petite précision
00:37:36quand on parlait
00:37:37des notes
00:37:37de Moussakusa
00:37:38il y avait la somme
00:37:39de 50 millions d'euros
00:37:40qui étaient mentionnées
00:37:41et effectivement
00:37:42tu disais
00:37:43les juges d'instruction
00:37:44sont très clairs
00:37:44en fait il n'y a pas de preuve
00:37:46de cette somme
00:37:47de ces 50 millions
00:37:47on ne sait pas
00:37:49il y a des preuves
00:37:50de quelques centaines
00:37:51de milliers
00:37:51voire de millions d'euros
00:37:52mais ces 50 millions
00:37:52s'ils ont existé
00:37:54pour l'instant
00:37:54on n'a pas la preuve
00:37:56de où, quand, comment, par qui
00:37:58non alors
00:37:58sur les 50 millions
00:37:59il y a cette note là
00:38:00il y a aussi
00:38:01Zia Takedin
00:38:03qui bon
00:38:04il a énormément parlé
00:38:05ce qui est compliqué
00:38:06avec
00:38:07peut-être qu'on reviendra aussi
00:38:08sur la rétractation
00:38:10parce que ça dit aussi
00:38:11beaucoup de choses
00:38:12mais en tout cas
00:38:12sans parler de cette fausse
00:38:16a priori fausse
00:38:18rétractation
00:38:19il y a Takedin
00:38:20qui est quelqu'un
00:38:21qui a beaucoup de gouailles
00:38:24et certainement
00:38:25énormément d'égo
00:38:27n'a pas toujours
00:38:28même dans ses accusations
00:38:30donné exactement
00:38:31les mêmes versions
00:38:32et donc il y a des fois
00:38:33où il a dit
00:38:34si si
00:38:34les 50 millions d'euros
00:38:35ils sont allés
00:38:36il y a bien eu
00:38:3850 millions d'euros
00:38:38qui sont allés
00:38:39vers la campagne
00:38:39de Sarkozy
00:38:41les juges d'instruction
00:38:42eux
00:38:43ils n'ont
00:38:44ils ne sont pas
00:38:45ils n'ont pas retrouvé
00:38:47jusqu'à 50 millions d'euros
00:38:48ils se basent plutôt
00:38:48sur 6 millions d'euros
00:38:50déjà une belle somme
00:38:51pour financer la campagne
00:38:52ils disent au minimum
00:38:53mais en estimant
00:38:54qu'il y a eu
00:38:54d'autres canaux aussi
00:38:56de financement
00:38:56mais ces 6 millions d'euros là
00:38:58en fait
00:38:59c'est des choses
00:39:00où il y a clairement
00:39:01eux ils considèrent
00:39:02les juges d'instruction
00:39:03qu'il y a suffisamment
00:39:04d'éléments matériels
00:39:05pour considérer
00:39:06qu'il y a eu 6 millions d'euros
00:39:07qui sont partis du régime libyen
00:39:10pour arriver à la campagne
00:39:11de Nicolas Sarkozy
00:39:13j'ai essayé d'expliquer ça clairement
00:39:15donc il y a 6 millions d'euros
00:39:16qui partent
00:39:18du fonds souverain
00:39:20libyen
00:39:21qui arrivent sur un compte
00:39:22qui s'appelle
00:39:22Rothfield
00:39:23qui appartient à
00:39:24Zia Takedin
00:39:25qui est un compte offshore
00:39:25qui appartient à Takedin
00:39:27ensuite
00:39:28on a du mal exactement
00:39:30à voir
00:39:31comment sont dispatchés
00:39:32ces 6 millions d'euros
00:39:33mais il y a deux éléments importants
00:39:34il y a 1,2 millions d'euros
00:39:36qui sont décaissés
00:39:38par Zia Takedin
00:39:39en Suisse
00:39:40donc il le fait en liquide
00:39:42on reviendra sur
00:39:45on peut aller directement
00:39:46sur liquide
00:39:47Zia Takedin
00:39:48il dit après
00:39:50moi j'ai emmené
00:39:51des mallettes de liquide
00:39:53à Claude Guéant
00:39:54au QG de campagne
00:39:55il y a même une fois
00:39:56Claude Guéant
00:39:57n'était pas là
00:39:57donc j'ai vu Sarkozy
00:39:59je lui ai donné
00:40:01hier Sarkozy
00:40:02a été auditionné
00:40:04pour la première fois
00:40:05au procès
00:40:06ce ne sera pas la dernière
00:40:08juste sur les premiers éléments
00:40:10les rendez-vous en Libye
00:40:11ça a été
00:40:12lui de toute façon
00:40:14il dit non à tout
00:40:15donc il n'y a pas
00:40:16grand enseignement là-dessus
00:40:18juste sur ce
00:40:20sur ce que prétend
00:40:21Takedin
00:40:22d'avoir donné une mallette
00:40:23directement à Nicolas Sarkozy
00:40:25Nicolas Sarkozy
00:40:26pour le coup
00:40:27a un bon alibi
00:40:28il était
00:40:29à l'île sur la sorgue
00:40:31et il me semble
00:40:31qu'il a un rendez-vous
00:40:33officiel
00:40:33en tout cas
00:40:34à ce moment-là
00:40:34ou un meeting
00:40:35je ne me souviens plus exactement
00:40:38le jour où Takedin
00:40:39dit avoir donné la mallette
00:40:41donc c'est important
00:40:42de le préciser
00:40:43quand même
00:40:45mais voilà
00:40:45il y a
00:40:46en tout cas
00:40:47cette histoire-là
00:40:49il y a eu d'autres témoignages
00:40:50est-ce qu'ils tiennent
00:40:52plus ou moins
00:40:53sur la présence
00:40:55de mallettes
00:40:56tout ça
00:40:57donc il y aurait
00:40:58il y aurait eu
00:40:59des
00:41:00potentiellement
00:41:00des millions d'euros
00:41:01qui ont circulé
00:41:02en liquide
00:41:03vers la campagne
00:41:04comment ils ont été blanchis
00:41:05ensuite
00:41:05ça c'est compliqué
00:41:07de le savoir
00:41:07il y a juste
00:41:08sur le liquide
00:41:09un truc qui est intéressant
00:41:11et sur lequel se repose
00:41:12c'est qu'il y a
00:41:13à la fin de la campagne
00:41:14de 2007
00:41:15une campagne
00:41:15qui coûte très cher
00:41:16on attend pratiquement
00:41:17le
00:41:18enfin on attend
00:41:19pratiquement le plafond
00:41:21des dépenses
00:41:22et à la toute fin
00:41:23il y a 250 000 euros
00:41:24c'était justement
00:41:25ce que j'allais dire
00:41:25c'est très bien
00:41:26on est raccord
00:41:27il y a 250 000 euros
00:41:28qui sont distribués
00:41:30en prime
00:41:32aux équipes de campagne
00:41:33de Sarkozy
00:41:34très bien
00:41:35s'il reste des sous
00:41:36il reste ses sous
00:41:38en liquide
00:41:39bon
00:41:40c'est assez surprenant
00:41:41à la fin d'une campagne
00:41:42aussi chère
00:41:43les juges d'instruction
00:41:45eux
00:41:46considèrent clairement
00:41:47que
00:41:47parce qu'après
00:41:48il y a eu des discussions
00:41:49dans les auditions
00:41:50on disait
00:41:50bah oui
00:41:51mais 250 000
00:41:52c'est pas
00:41:54déjà
00:41:55c'est pas 6 millions d'euros
00:41:57250 000 euros
00:41:58et puis
00:41:58bon bah
00:41:59ça peut arriver
00:41:59c'est la fin
00:42:00des comptes
00:42:01tout ça
00:42:01les juges d'instruction
00:42:02disent déjà
00:42:03on dit pas que c'est tout
00:42:04l'argent
00:42:05on dit que
00:42:06c'est juste
00:42:07qu'on a retrouvé
00:42:07donc c'est la face
00:42:08émergée de l'iceberg
00:42:09en gros
00:42:10il y a ça
00:42:11et
00:42:12d'une part
00:42:12ils disent que
00:42:13c'est invraisemblable
00:42:14cette histoire
00:42:14de 250 000 euros
00:42:16en liquide
00:42:17qui reste
00:42:17surtout parce que
00:42:18comment le justifient
00:42:20les acteurs
00:42:21de la campagne
00:42:22de Sarkozy
00:42:23et notamment
00:42:23Eric Vers
00:42:24qui est
00:42:26un quatrième ministre
00:42:28prévenu dans cette affaire
00:42:29dont on n'a pas encore parlé
00:42:30qui lui est
00:42:31je crois
00:42:32directeur de campagne
00:42:32lui dit
00:42:33en fait
00:42:34trésorier je crois
00:42:36c'est pour ça que c'est important
00:42:37c'est lui qui gère l'étune
00:42:38ça doit être Claude Guéant
00:42:39d'ailleurs
00:42:40le directeur de la campagne
00:42:41et
00:42:43Eric Vers
00:42:44dit
00:42:45ces 250 000 euros
00:42:46en liquide
00:42:47qu'on a distribué
00:42:48en prime
00:42:48ils nous ont été envoyés
00:42:50anonymement
00:42:51par des électeurs
00:42:54des électeurs
00:42:55de l'UMP
00:42:57sans vouloir faire
00:42:57de mauvais esprit
00:42:58je serais étonné
00:42:59qu'il y ait tant
00:43:00d'électeurs de l'UMP
00:43:01qui donnent de l'argent
00:43:02sans dire
00:43:03c'est moi qui les donne
00:43:05tu vois que les gens
00:43:06de droite
00:43:07sont moins généreux
00:43:11en fait
00:43:11ça répond un petit peu
00:43:12à une question dans le chat
00:43:12comment retracer
00:43:13de l'argent liquide
00:43:13en vrai
00:43:14en vrai c'est très dur
00:43:15c'est aussi pour ça
00:43:16qu'il y a
00:43:17il y a peu
00:43:18d'éléments factuels
00:43:20et indétrônables
00:43:20il y en a assez peu
00:43:22les quelques traces
00:43:24qu'il y a
00:43:24c'est ce dont Florent parlait
00:43:25c'est ces restes
00:43:27ces 250 000 euros
00:43:28qui restent dans les coffres
00:43:29du QG de campagne
00:43:31de Sarkozy
00:43:31en 2007
00:43:33mais en fait
00:43:34c'est pour ça
00:43:34que tout s'est fait
00:43:36que beaucoup de choses
00:43:37se sont faites en liquide
00:43:38puisque des mallettes d'argent
00:43:39c'est plus difficile à retracer
00:43:41et qu'en fait
00:43:41les éléments
00:43:43un petit peu factuels matériels
00:43:44c'est les témoignages
00:43:45notamment de Takedin
00:43:46qui raconte
00:43:47plusieurs fois
00:43:48ce que tu disais
00:43:49que c'était lui
00:43:50avec ses petites jambes
00:43:51dans son petit avion
00:43:52qui transportait les mallettes
00:43:53ça fait un peu
00:43:54ça fait un peu
00:43:54film de mafieux
00:43:55quand même
00:43:56des fois
00:43:57de s'imaginer
00:43:58des hauts responsables
00:43:59politiques internationaux
00:44:00se trimbaler
00:44:00avec des mallettes
00:44:01de billets
00:44:02c'est sûr
00:44:03qu'il y a plein de choses
00:44:04dans ces affaires
00:44:05où si on les met dans un film
00:44:06on sort de la salle
00:44:07parce qu'on n'y croit pas
00:44:09c'est ce que dit Sarkozy
00:44:10disait
00:44:11moi qui aime beaucoup
00:44:12les séries
00:44:12je trouve que le scénario
00:44:13de ce truc
00:44:14ne tient pas
00:44:17Mediapart
00:44:17on a fait un film
00:44:18quand même
00:44:18donc finalement
00:44:18ça tient pas trop mal
00:44:19mais c'est vrai
00:44:21que de toute façon
00:44:22ça va être
00:44:22un des principaux enjeux
00:44:24du procès
00:44:25même quand
00:44:27même quand il y a
00:44:28des transactions
00:44:28à un moment
00:44:29là je parlais
00:44:30de 6 millions d'euros
00:44:31et en fait
00:44:31on atterrit sur
00:44:331,2 million
00:44:35et puis
00:44:36je vais parler
00:44:37d'une autre partie
00:44:38juste après
00:44:38mais il y a un moment
00:44:40l'argent
00:44:40il disparaît
00:44:42en tout cas
00:44:42la justice
00:44:44n'arrive plus
00:44:44à les retracer
00:44:45donc
00:44:47est-ce qu'ils ont été
00:44:48envoyés
00:44:49ailleurs
00:44:49et puis
00:44:50enfin
00:44:50ils savent faire
00:44:51de toute façon
00:44:51s'ils ont voulu
00:44:54blanchir
00:44:54cet argent là
00:44:55ils savent le faire
00:44:58et ils savent
00:44:58comment passer
00:44:59entre les mailles
00:45:00de la justice
00:45:00peut-être
00:45:01pour clôturer
00:45:02l'histoire
00:45:03de l'argent
00:45:03où est l'argent
00:45:04il y a effectivement
00:45:05je vois sur ta note
00:45:05un truc important
00:45:06parce que c'est
00:45:07une des seules
00:45:07justement preuves
00:45:08matérielles
00:45:09documents bancaires
00:45:11c'est
00:45:11ce fameux virement
00:45:13de Rossfield Limited
00:45:14la fameuse
00:45:16compagnie
00:45:16de Takedin
00:45:17vers
00:45:18une société
00:45:19de Thierry Gobert
00:45:20qui est Thierry Gobert
00:45:21alors Thierry Gobert
00:45:22c'est un homme d'affaires
00:45:25qui a été un proche collaborateur
00:45:27de Nicolas Sarkozy
00:45:29à la mairie de Neuilly
00:45:30et je crois ensuite
00:45:31au ministère du budget
00:45:34officiellement
00:45:36on est en 2006
00:45:38officiellement
00:45:39ils n'ont plus de relation
00:45:39mais ils ont été très proches
00:45:41Nicolas Sarkozy
00:45:42a marié
00:45:43Thierry Gobert
00:45:44mais à ce moment là
00:45:45on est en 2006
00:45:47Thierry Gobert
00:45:48a eu
00:45:50j'ai un trou de mémoire
00:45:53je ne sais plus
00:45:53dans quelle affaire
00:45:54mais en tout cas
00:45:54il a eu une condamnation
00:45:56et
00:45:57n'a plus d'affaires
00:45:58en France
00:46:00il est principalement
00:46:01en Colombie
00:46:03il a des comptes
00:46:04un petit peu partout
00:46:04il continue
00:46:06à faire
00:46:07ses magouilles
00:46:08mais ne fait plus
00:46:09d'affaires
00:46:09en France
00:46:11donc il reçoit
00:46:13lui
00:46:13qu'il y a un compte
00:46:14au Bahamas
00:46:15qui
00:46:16on le découvre après
00:46:17appartient
00:46:18à Thierry Gobert
00:46:19qui reçoit
00:46:20en février
00:46:222006
00:46:24440 000 euros
00:46:25depuis
00:46:26Rossfield Limited
00:46:27donc
00:46:28le compte offshore
00:46:29de Takiedin
00:46:30dont on a parlé tout à l'heure
00:46:31qui avait lui-même
00:46:32reçu 6 millions d'euros
00:46:33du fonds souverain libyen
00:46:34les 440 000 euros
00:46:36à quoi
00:46:37ils auraient servi
00:46:38et bien
00:46:40pour le savoir
00:46:41les juges d'instruction
00:46:42ils se basent
00:46:43après
00:46:43c'est toujours pareil
00:46:44est-ce que c'est une preuve
00:46:45assez solide
00:46:46c'est pas sûr
00:46:46mais
00:46:46ils se basent
00:46:47sur l'agenda
00:46:48de Thierry Gobert
00:46:49sur lequel est noté
00:46:50pour février 2006
00:46:53c'est-à-dire au moment
00:46:54où il reçoit
00:46:55ses 440
00:46:55campagne NS
00:46:56qui fait
00:46:58beaucoup penser
00:46:59à la campagne
00:47:01électorale
00:47:01de Nicolas Sarkozy
00:47:02bon
00:47:02Thierry Gobert
00:47:03face au juge
00:47:04lui dit
00:47:04mais non
00:47:05je ne sais plus ce que c'est
00:47:06mais ça peut être
00:47:07n'importe quoi
00:47:07enfin campagne
00:47:08c'est peut-être
00:47:09la prairie
00:47:10c'est peut-être
00:47:11NS
00:47:12ça peut être
00:47:12complètement autre chose
00:47:13quel Parisien
00:47:14campagne
00:47:15c'est peut-être
00:47:15la prairie
00:47:15Florent
00:47:16non mais vraiment
00:47:18ou plus
00:47:19je n'aime pas
00:47:19de Paris du tout
00:47:19mais
00:47:23mais
00:47:25oui en fait
00:47:26mais c'est toujours
00:47:26la difficulté
00:47:27de la justice
00:47:29on ne peut pas
00:47:29on ne peut pas
00:47:30se baser
00:47:30sur un mot
00:47:32et une initiale
00:47:33pour dire
00:47:34c'est sûr
00:47:35évidemment
00:47:35ces 440 000 euros
00:47:38ils ont servi
00:47:40à la campagne électorale
00:47:43de Nicolas Sarkozy
00:47:45donc
00:47:45Yves Gobert
00:47:47qui est présent
00:47:49au procès
00:47:50va certainement dire
00:47:51jusqu'au bout
00:47:52je ne sais pas
00:47:53de quoi il s'agit
00:47:54et ce sera très compliqué
00:47:55en tout cas
00:47:56ce ne sera pas
00:47:56une preuve formelle
00:47:57ça fera partie
00:47:58de ces fameux indices
00:48:00qui laissent penser
00:48:01qu'il y a eu
00:48:01un financement
00:48:03effectivement
00:48:05à quoi a servi
00:48:06cet argent
00:48:06ce sera difficile
00:48:07de démontrer
00:48:08sûr de sûr
00:48:08par contre
00:48:09un élément
00:48:09qui est irréfutable
00:48:10c'est qu'il y a bien
00:48:11de l'argent libyen
00:48:12qui est parti de Libye
00:48:13qui a transité
00:48:14par Taqedine
00:48:15et qui est arrivé
00:48:15dans la poche
00:48:16d'un proche
00:48:17de Nicolas Sarkozy
00:48:18à quoi a servi
00:48:19cet argent
00:48:19on ne peut pas
00:48:19en être sûr
00:48:20mais cette transaction
00:48:21ça on est sûr
00:48:22c'est pour ça
00:48:22que je disais
00:48:23que c'est un des seuls éléments
00:48:23c'est Fabrice Arfi
00:48:25je crois
00:48:25qui en parle dans le film
00:48:26qui dit
00:48:26quand on découvre ça
00:48:28ça nous brûle un peu
00:48:29les doigts
00:48:29parce que
00:48:29c'est une des seules preuves bancaires
00:48:31d'une transaction
00:48:32qui relie directement
00:48:33la Libye
00:48:34avec le plan Sarkozy
00:48:35alors que pour l'instant
00:48:36comme on le disait
00:48:36c'était des valises de billets
00:48:38on ne sait pas très bien
00:48:39qui, comment, pourquoi, etc
00:48:40ça pour le coup
00:48:41c'est un élément factuel
00:48:42et ce sera difficile
00:48:44dans l'ordonnance de renvoi
00:48:46eux
00:48:47ils le disent
00:48:48noir sur blanc
00:48:49il y a assez
00:48:50d'éléments matériels
00:48:51pour considérer
00:48:52qu'il y a de l'argent
00:48:53qui a transité
00:48:54depuis l'état libyen
00:48:56jusqu'au cercle
00:48:58sarkoziste
00:48:58après
00:48:59est-ce que Gobert
00:49:00est-ce que Thierry Gobert
00:49:02fait toujours partie
00:49:03du cercle sarkoziste
00:49:05les deux disent que non
00:49:07que ce n'est plus le cas
00:49:08est-ce que
00:49:09Campagne-NES
00:49:10veut dire
00:49:10Campagne-Nicolas Sarkozy
00:49:11ils disent que non
00:49:13donc voilà
00:49:14ça va être une question
00:49:15d'interprétation
00:49:16ça paraît assez clair
00:49:16mais il faut
00:49:17beaucoup d'indices
00:49:18pour qu'il y ait un faisceau
00:49:19d'indices suffisants
00:49:20qui permettent
00:49:23de considérer
00:49:24qu'il y a bien eu
00:49:25ce pacte de corruption
00:49:26je pense qu'il faut qu'on avance
00:49:27un petit peu
00:49:27parce qu'on a encore
00:49:28plein de choses à raconter
00:49:28il est déjà 10h54
00:49:30peut-être
00:49:32dernier élément
00:49:34je ne sais pas
00:49:34si on parle
00:49:35de la part de Claude Guéant
00:49:37ou si
00:49:37on parle
00:49:38de l'affaire
00:49:40de la fausse rétratraction
00:49:41de Takedin
00:49:42qu'est-ce qui te paraît
00:49:43le plus important ?
00:49:44on peut peut-être
00:49:44essayer d'expliquer
00:49:45rapidement
00:49:47les deux
00:49:47donc là
00:49:50on a à peu près
00:49:52résumé
00:49:53l'affaire
00:49:54importante
00:49:55de
00:49:56est-ce que
00:49:57le régime de Kadhafi
00:49:59a financé
00:49:59la campagne
00:50:00de Sarkozy
00:50:01et qu'est-ce qu'il y a eu
00:50:02en contrepartie
00:50:03et après
00:50:04il y a
00:50:04des affaires
00:50:05dans l'affaire
00:50:06et notamment
00:50:07celle de Claude Guéant
00:50:08mais qui est après
00:50:09la campagne
00:50:09de 2007
00:50:10pour le dire rapidement
00:50:12Claude Guéant
00:50:13en 2008
00:50:15il y a 500 000 euros
00:50:16qui apparaissent
00:50:16quelques jours après
00:50:17il achète un appartement
00:50:19parisien
00:50:19les enquêteurs
00:50:22considèrent
00:50:23que ces 500 000 euros
00:50:24viennent
00:50:25de la Libye
00:50:26et que l'achat
00:50:27de l'appartement
00:50:28s'est fait
00:50:28pour blanchir
00:50:29cet argent
00:50:30et là
00:50:30on n'est plus
00:50:31on est en 2008
00:50:32donc on est après
00:50:33la campagne
00:50:33donc on n'est plus
00:50:34dans le cadre
00:50:35alors pourquoi
00:50:36il y a eu ça
00:50:37c'est très flou
00:50:38est-ce que
00:50:39est-ce que c'est
00:50:40une sorte de récompense
00:50:41pour la réception
00:50:44de Kadhafi
00:50:45pour des accords
00:50:46commerciaux
00:50:46on ne sait pas trop
00:50:47en tout cas
00:50:48il y a des soupçons
00:50:48cette fois
00:50:49pas de contrepartie
00:50:50diplomatique
00:50:51tout ça
00:50:51mais d'enrichissement
00:50:52personnel
00:50:53de Claude Guéant
00:50:55qui aurait reçu
00:50:57ces 500 000 euros
00:50:58de la Libye
00:50:59et lui a dit
00:51:00donc ça
00:51:01ça a été révélé
00:51:01en 2013
00:51:02si je me souviens bien
00:51:05et lui assure
00:51:06que ça vient
00:51:08d'une vente
00:51:09de deux tableaux
00:51:10sans doute
00:51:11vous vous en souvenez
00:51:11un petit peu
00:51:12de cette affaire là
00:51:14une vente
00:51:15de deux tableaux
00:51:16d'un peintre
00:51:17d'un peintre hollandais
00:51:20dont j'ai oublié le nom
00:51:20et en fait
00:51:21les experts
00:51:22je crois pas que ce soit
00:51:22important dans l'histoire
00:51:23mais ça allait m'en venir
00:51:24mais c'est pas grave
00:51:26c'est pas grave
00:51:27et en fait
00:51:29donc déjà
00:51:29il n'y a rien qui va
00:51:30dans cette affaire là
00:51:33plusieurs experts
00:51:34d'abord
00:51:35des journalistes
00:51:36parce qu'on fait appel
00:51:37à des experts
00:51:37puis ensuite
00:51:39la justice
00:51:40ils estiment tous
00:51:41la valeur des deux
00:51:43un tableau
00:51:43entre 10 000
00:51:44et 15 000 euros
00:51:46on est très très loin
00:51:47des 500 000 euros
00:51:47c'est déjà des beaux tableaux
00:51:48quand même
00:51:48et en plus
00:51:49il n'y a pas d'acte
00:51:50chez moi je suis content
00:51:50mais 500 000 euros
00:51:51oui
00:51:53en plus il n'y a pas
00:51:54d'acte de propriété
00:51:56je crois pas
00:51:56qu'il y ait d'acte de vente
00:51:57enfin bon
00:51:58tout ça
00:51:58tout ça est très flou
00:52:01et ça serait
00:52:03peut-être loin
00:52:05mais
00:52:05et en fait
00:52:06selon
00:52:07les juges d'instruction
00:52:08qui ont des éléments
00:52:09pour montrer ça
00:52:11ces 500 000 euros là
00:52:13proviendraient
00:52:14serait le fruit
00:52:15d'un montage financier
00:52:16fait par
00:52:17Bachir Saleh
00:52:18dont on a parlé tout à l'heure
00:52:19qui était le président
00:52:20du fonds souverain libyen
00:52:22et
00:52:23Alexandre Jouri
00:52:24qui est un nouveau
00:52:24personnage
00:52:26un personnage très
00:52:26qui est un peu
00:52:28le grand rival
00:52:29de Ziyad Akhédine
00:52:32qui est aussi
00:52:33un intermédiaire
00:52:35un homme d'affaires
00:52:36ou un agent
00:52:37de corruption
00:52:38qui est vraiment
00:52:40vraiment le même métier
00:52:42que Takhédine
00:52:42et pour le coup
00:52:43il se déteste
00:52:45mais
00:52:45ce qui a sans doute
00:52:47permis
00:52:47c'est ce qu'on considère
00:52:48les enquêteurs
00:52:49d'avoir
00:52:50en fait
00:52:50un canal
00:52:51de financement
00:52:53de blanchiment
00:52:53via Takhédine
00:52:54et peut-être
00:52:55un autre
00:52:56via
00:52:56Alexandre Jouri
00:52:58Alexandre Jouri
00:52:58qui après
00:52:59aide le fameux
00:53:00Bachir Saleh
00:53:01à partir de France
00:53:04le tout
00:53:05avec l'aide
00:53:05de Bernard Squarsini
00:53:07qui est le chef
00:53:07des renseignements
00:53:08celui
00:53:09qui avait
00:53:09espionné
00:53:11Fakir
00:53:11qui avait fait
00:53:12espionner Fakir
00:53:14donc voilà
00:53:15tout ce monde là
00:53:15se dépêche
00:53:17en 2012
00:53:17quand on sort
00:53:19la fameuse note
00:53:20la fameuse note
00:53:21Moussa Koussa
00:53:22qui demande
00:53:22à Bachir Saleh
00:53:23de débloquer
00:53:2450 millions d'euros
00:53:25pour la campagne
00:53:26de Sarkozy
00:53:27donc quand c'est révélé
00:53:28Alexandre Jouri
00:53:29dont on vient de parler
00:53:30et donc le chef
00:53:32des renseignements
00:53:33Bernard Squarsini
00:53:34se dépêche
00:53:35d'exfiltrer
00:53:37Bachir Saleh
00:53:38de France
00:53:39Bachir Saleh
00:53:40qui à ce moment là
00:53:40a une alerte
00:53:42je ne sais plus
00:53:42comment ça s'appelle
00:53:43mais un fichier rouge
00:53:45d'Interpol
00:53:46sur lui
00:53:47donc voilà
00:53:47encore un élément
00:53:49un élément
00:53:50très problématique
00:53:51Il y a peut-être
00:53:52un élément
00:53:53dont on n'a pas parlé
00:53:54c'est
00:53:54enfin tu as commencé
00:53:55à l'évoquer tout à l'heure
00:53:56c'est la guerre
00:53:57menée par l'ONU
00:53:58mais dont Sarkozy
00:54:00était très partie prenante
00:54:01c'était un des premiers
00:54:02protagonistes
00:54:03la guerre en Libye
00:54:05où Muammar Kadhafi
00:54:06décède
00:54:07et en fait
00:54:08une des
00:54:08comment dire
00:54:09une des suppositions
00:54:11de beaucoup
00:54:11c'est que Nicolas Sarkozy
00:54:13aurait
00:54:14encouragé cette guerre
00:54:15aurait mené cette guerre
00:54:16pour en fait
00:54:16effacer les potentielles traces
00:54:19laissées par
00:54:20potentiellement les laissées
00:54:21par Muammar Kadhafi
00:54:21et ses proches
00:54:23c'est des choses
00:54:23qui vont être
00:54:24difficiles à prouver
00:54:25mais en tout cas
00:54:25c'est des soupçons
00:54:27assez durs
00:54:28que beaucoup de gens ont
00:54:31je ne sais pas
00:54:31si on a vraiment le temps
00:54:32de développer
00:54:33un peu là-dessus
00:54:34de toute façon
00:54:35c'est assez compliqué
00:54:36parce que
00:54:37c'est très intéressant
00:54:39et potentiellement
00:54:40très grave
00:54:40le truc c'est que
00:54:43on ne saura
00:54:44probablement jamais
00:54:45et s'il y a un lien
00:54:47ou en tout cas
00:54:47quel lien
00:54:48il peut y avoir
00:54:49entre tout ce dont on vient
00:54:50parler
00:54:51et le fait que
00:54:52Nicolas Sarkozy
00:54:53soit le plus belliqueux
00:54:56des chefs d'état
00:54:56en 2011
00:54:57contre
00:54:59Kadhafi
00:55:01d'ailleurs
00:55:02dans leur dossier
00:55:04les juges d'instruction
00:55:05ils ne vont pas trop
00:55:06sur ce terrain-là
00:55:07ils disent
00:55:08qu'il y a probablement
00:55:10un lien
00:55:10mais lequel
00:55:12on ne sait pas
00:55:14surtout que dans l'autre sens
00:55:15on peut se dire
00:55:15et lui d'ailleurs
00:55:16s'en sert comme argument
00:55:17il y a eu des
00:55:18Nicolas Sarkozy
00:55:18il y a eu des interviews
00:55:19où il dit
00:55:20je crois que la première fois
00:55:22il est confronté à ça
00:55:23dans l'entre-deux-tours
00:55:24quand la fameuse note
00:55:26quand Mediapart
00:55:27publie la fameuse note
00:55:28donc juste avant
00:55:30le second tour
00:55:30de la présidentielle 2012
00:55:31il est interrogé
00:55:32je pense
00:55:33pour la première fois
00:55:34en tout cas
00:55:34pour la première fois
00:55:35sur cette note
00:55:36et Nicolas Sarkozy
00:55:37dit
00:55:38ben dis donc
00:55:39si j'avais eu
00:55:40un financement
00:55:41de Kadhafi
00:55:41je n'ai pas été
00:55:42très reconnaissant
00:55:44et effectivement
00:55:45on peut se dire
00:55:45ce serait quand même bizarre
00:55:48sachant
00:55:48tout ce que savait
00:55:49le régime
00:55:50libyen
00:55:51que Nicolas Sarkozy
00:55:52prenne ce risque-là
00:55:54de se fâcher
00:55:55même plus
00:55:56avec le régime
00:55:58et c'est après 2011
00:55:59que
00:56:01les témoignages
00:56:03que des témoignages sortent
00:56:04que des documents sortent
00:56:06donc
00:56:06bon
00:56:07effectivement
00:56:08c'est un point
00:56:09qui est très important
00:56:10mais
00:56:12qui est compliqué
00:56:12à aborder
00:56:13et qui sera
00:56:15probablement
00:56:15assez peu abordé
00:56:16dans le procès
00:56:17peut-être dernier truc
00:56:17parce qu'on avait promis ça aux gens
00:56:19c'est que tu nous racontes
00:56:20un peu les premiers jours de procès
00:56:21même si pour l'instant
00:56:21il n'y a pas forcément
00:56:22grand chose à se mettre
00:56:22sous la dent
00:56:23il y a quand même
00:56:24un truc important
00:56:24et le film
00:56:25de Mediapart
00:56:26revient dessus
00:56:27je crois que c'est
00:56:28je crois que c'est Fabrice Arfi
00:56:29qui le dit
00:56:29c'est que
00:56:30c'est un moment très important
00:56:31puisque c'est la première fois
00:56:32tous quasiment
00:56:33les protagonismes
00:56:34de cette affaire
00:56:35sont réunis au même endroit
00:56:36au même moment
00:56:36pour discuter de ça
00:56:38donc on le rappelle
00:56:38il y a 13 personnes
00:56:39qui sont sur le banc des accusés
00:56:41l'audience va durer
00:56:42entre 3 et 4 mois
00:56:43et donc c'est un moment
00:56:45extrêmement important
00:56:46il y a Sarkozy
00:56:47qui a commencé
00:56:47à être auditionné
00:56:48je crois que Ziyad Takiyadine
00:56:49ne sera pas là
00:56:50alors non
00:56:51Ziyad Takiyadine
00:56:52lui
00:56:53il est au Liban
00:56:55s'il vient en France
00:56:56il va directement en prison
00:56:57parce qu'il a été
00:56:58condamné
00:56:59dans l'affaire Karachi
00:57:00et il n'est pas revenu
00:57:01depuis
00:57:03donc ce qui explique
00:57:04très bonement
00:57:05son absence
00:57:06mais il a
00:57:07fait savoir
00:57:08je crois que c'était
00:57:09sur RTL
00:57:10la veille
00:57:10du début du procès
00:57:12qu'il était disposé
00:57:13à être auditionné
00:57:15en visioconférence
00:57:16et c'est exactement
00:57:18le même
00:57:19oui c'est le même cas
00:57:20pour Bachir Salé
00:57:21dont on parlait
00:57:23tout à l'heure
00:57:25donc ça sera
00:57:26si elles ont lieu
00:57:27ce sera des auditions
00:57:30très importantes
00:57:30parce qu'on ne va pas
00:57:32revenir dessus
00:57:32mais effectivement
00:57:33Ziyad Takiyadine
00:57:33c'est un des premiers
00:57:34témoins qui racontait
00:57:35qu'il avait donné
00:57:36des valises de billets
00:57:36qu'il avait lui-même
00:57:38transporté des valises
00:57:38de billets
00:57:40pour Claude Guéant
00:57:41et qui ensuite
00:57:42après s'est complètement
00:57:42rétracté
00:57:43dans cette fameuse
00:57:43fausse rétractation
00:57:44de Ziyad Takiyadine
00:57:45on n'a pas forcément
00:57:46le temps d'y revenir
00:57:47parce que ça impliquerait
00:57:48encore plein d'autres choses
00:57:49et il y a déjà
00:57:49Pierrick Marissal
00:57:50qui s'impatiente
00:57:50à mes côtés
00:57:53mais effectivement
00:57:54on sera des témoignages
00:57:55extrêmement intéressants
00:57:56puisque Ziyad Takiyadine
00:57:57notamment
00:57:58on ne sait jamais trop
00:57:59sur quel pied il danse
00:58:00suivant à qui il s'adresse
00:58:01et quels enjeux
00:58:02il y a derrière lui
00:58:04c'est difficile
00:58:04un petit peu
00:58:05d'accorder du crédit
00:58:06à sa parole
00:58:06quand on est naïf
00:58:07comme moi
00:58:08on peut toujours se dire
00:58:09que tout serment
00:58:10dans un procès
00:58:11les gens disent la vérité
00:58:13tu travailles sur l'extrême droite
00:58:14tu es la droite
00:58:14depuis plusieurs années
00:58:15et tu es encore naïf
00:58:16Florent
00:58:16tu n'as pas assez travaillé
00:58:18vous lirez mes comptes rendus
00:58:20d'audience
00:58:20on verra si je suis naïf
00:58:23donc voilà
00:58:23on disait que c'était un moment
00:58:25donc le procès
00:58:25s'est ouvert le 6-7 janvier
00:58:27je crois
00:58:27le 6
00:58:28donc il y a un peu plus
00:58:30d'une semaine
00:58:30il y a une semaine
00:58:32hier il y a eu
00:58:33le 4ème après-midi
00:58:36d'audience
00:58:37voilà
00:58:38il y a 3
00:58:39en gros
00:58:39pendant 3 mois
00:58:41il y aura 3 après-midi
00:58:43d'audience par semaine
00:58:44les premières
00:58:45comme à peu près toujours
00:58:47il y a des questions
00:58:49de procédure
00:58:50des exceptions en nullité
00:58:52de la défense
00:58:54donc ils considèrent
00:58:55pour résumer
00:58:56que la justice
00:59:00que ce tribunal correctionnel
00:59:01n'est pas
00:59:03n'est pas habilité
00:59:04à juger de cette affaire-là
00:59:06une des principales questions
00:59:07c'était
00:59:08est-ce que
00:59:08les ministres
00:59:10donc Nicolas Sarkozy
00:59:11et Hortefeu
00:59:12au moment de leur rencontre
00:59:14de leur venue en Libye
00:59:15en 2005
00:59:16dont on parlait au début
00:59:17est-ce que pour ça
00:59:19ils doivent être jugés
00:59:20par un tribunal correctionnel
00:59:21ou par la cour de justice
00:59:23de la République
00:59:25qui est la seule
00:59:26qui peut juger
00:59:28des actes d'un ministre
00:59:29à être pris dans l'exercice
00:59:30de leur fonction
00:59:31donc eux considèrent
00:59:32ce qui est intéressant
00:59:33parce que ça montre
00:59:34des éléments de la défense
00:59:35eux considèrent
00:59:35que c'est bien
00:59:36en tant que ministre
00:59:37qu'ils sont allés en Libye
00:59:38et non en tant que
00:59:41responsable
00:59:41d'une campagne
00:59:42d'une campagne à venir
00:59:45donc voilà
00:59:47le tribunal a considéré
00:59:49que si
00:59:49c'était bien
00:59:50de juger
00:59:51de cette affaire
00:59:52donc ça voilà
00:59:53ça prend toujours
00:59:55un petit peu de temps
00:59:56toutes ces questions
00:59:56de procédures
00:59:58on commence là
01:00:00à rentrer
01:00:00dans le gif du sujet
01:00:01on l'a dit
01:00:02avec hier
01:00:04la première audition
01:00:06de Nicolas Sarkozy
01:00:07je vais reprendre
01:00:09le programme
01:00:10pour vous dire exactement
01:00:11donc là
01:00:11il y aura plusieurs volets
01:00:13le premier volet
01:00:14c'est l'hypothèse
01:00:15d'un financement
01:00:15de la campagne électorale
01:00:17de 2007
01:00:17et donc on est vraiment
01:00:19sur ce qu'on disait
01:00:19sur les rencontres
01:00:21en 2005
01:00:22et est-ce qu'il y a eu
01:00:23un accord
01:00:23et donc Nicolas Sarkozy
01:00:25hier
01:00:27évidemment
01:00:27tout nia en bloc
01:00:29il a beaucoup parlé
01:00:30de Takiedin
01:00:31surtout
01:00:32pour dire que c'était
01:00:33un escroc
01:00:34que c'était un menteur
01:00:35patenté
01:00:38de toute façon
01:00:38il a lâché à peu près
01:00:39tous les gens
01:00:40avec qui il a travaillé
01:00:41il a fini par
01:00:41Claude Guéant
01:00:42et Hortefeu
01:00:43même si
01:00:45il y a
01:00:45il y a eu
01:00:47des auditions
01:00:48où
01:00:49bon
01:00:49on sent qu'il est prêt
01:00:51en fait
01:00:51il disait quand même
01:00:52de toute façon
01:00:53je n'étais pas au courant
01:00:53de ce qu'il faisait
01:00:54c'est eux qui ont mal géré
01:00:55leur truc
01:00:56il ne lâche pas totalement
01:00:58mais il dit
01:00:59si eux ont eu
01:01:01si eux ont fait un accord
01:01:03moi je n'étais ni au courant
01:01:05ni
01:01:06et je n'en ai pas profité
01:01:08non plus
01:01:09mais bon
01:01:10hier
01:01:10il a
01:01:12il a
01:01:13beaucoup
01:01:14loué
01:01:14Claude Guéant
01:01:15Hortefeu
01:01:16et leur fidélité
01:01:18en revanche
01:01:19il a eu des mots
01:01:20très forts
01:01:21envers
01:01:22envers
01:01:23Taq Yedin
01:01:23et
01:01:24envers
01:01:25Jean-François Copé
01:01:27la balle perdue
01:01:29et en fait
01:01:30pas si perdu que ça
01:01:31parce que
01:01:31Copé était un proche
01:01:33de Taq Yedin
01:01:35et en fait
01:01:36là je parlais un petit peu
01:01:37de la rivalité
01:01:38entre Djuri
01:01:39et Taq Yedin
01:01:39tout à l'heure
01:01:40et c'est fou
01:01:42que c'est des questions
01:01:42particulièrement à droite
01:01:44je ne sais pas
01:01:45si ça existe ailleurs
01:01:46mais
01:01:47particulièrement à droite
01:01:48dans ces années-là
01:01:48en fait il y avait
01:01:50Djuri
01:01:51en gros
01:01:51c'était le Chirakien
01:01:53donc lui
01:01:53il gérait que le clan Chirac
01:01:55il a réussi après
01:01:56à aller côté Sarkozy
01:01:57et donc
01:01:58que dit Sarkozy
01:01:59c'est non mais
01:01:59Taq Yedin
01:01:59c'est pas intermédiaire
01:02:01clan Sarkozy
01:02:02c'est intermédiaire
01:02:02clan Copé
01:02:03enfin bon
01:02:04c'est quand même fou
01:02:06que ce soit à ce point-là
01:02:07avec des gens
01:02:09bon limite mafieux
01:02:10quoi
01:02:11mais
01:02:12mais donc
01:02:13un de ses arguments
01:02:14pour dire
01:02:14qu'il n'a jamais
01:02:15travaillé avec Taq Yedin
01:02:16qui ne l'a rencontré que deux fois
01:02:18comme ça
01:02:19dont une fois où il était traducteur
01:02:21ce qui a surpris
01:02:21les juges hier
01:02:23qui ont dit
01:02:23mais attendez
01:02:24Taq Yedin
01:02:25qui est homme d'affaires
01:02:26qui brasse
01:02:27dans des accords commerciaux
01:02:29des millions d'euros
01:02:30là il jouait le traducteur
01:02:33c'est très étonnant
01:02:34mais en tout cas
01:02:34voilà
01:02:34on a vu
01:02:36sans surprise
01:02:38hier
01:02:38ce qui allait être
01:02:39pendant trois mois
01:02:40la défense
01:02:41de Nicolas Sarkozy
01:02:42c'est
01:02:42j'ai rien voulu
01:02:43j'ai rien vu
01:02:44j'ai rien su
01:02:45et moi je pense
01:02:47qu'il s'est rien passé
01:02:47et s'il s'est passé quelque chose
01:02:48ça a été dans mon dos
01:02:50Merci beaucoup Florent
01:02:51je te retiens encore
01:02:52quelques minutes
01:02:53alors vous avez bien vu
01:02:54le chat
01:02:55qu'il y a quand même
01:02:55beaucoup beaucoup
01:02:55d'éléments
01:02:56dans cette
01:02:58et merci au poste
01:02:59merci Dave Duff
01:03:00pour ton raid
01:03:01avec 260 personnes
01:03:03merci
01:03:03bienvenue à toutes et à tous
01:03:05on est en train de finir
01:03:06une première partie de stream
01:03:07avec Florent Ledus
01:03:08sur l'affaire
01:03:09l'affaire Sarkozy
01:03:10Kadhafi
01:03:11l'affaire des financements
01:03:12liviens
01:03:13et bien écoutez
01:03:14ça tombe très bien
01:03:15que vous arriviez au même moment
01:03:16parce que j'ai un défi
01:03:17pour Florent
01:03:18ça fait 1h10
01:03:19qu'on discute
01:03:20ouais ça fait 1h10
01:03:22qu'on discute
01:03:23de l'affaire libyenne
01:03:24pour les gens
01:03:25qui viennent d'arriver
01:03:25comment est-ce que tu résumerais
01:03:27cette affaire
01:03:27tu as une minute devant toi
01:03:28pour une affaire
01:03:29si compliquée
01:03:30si complexe
01:03:31j'allais dire justement
01:03:32désolé si en 1h10
01:03:33j'ai pas toujours été très clair
01:03:34voilà
01:03:35et bien maintenant
01:03:35tu as une minute pour l'être
01:03:36parce qu'il y a plusieurs tiroirs
01:03:39qu'est-ce que c'est l'affaire Kadhafi
01:03:41alors
01:03:41cette affaire
01:03:42toujours selon
01:03:43les juges d'instruction
01:03:45c'est l'histoire
01:03:46d'un dictateur
01:03:48africain
01:03:49qui usait du terrorisme
01:03:51d'état
01:03:51comme d'une arme
01:03:52qui
01:03:53qui en 2005
01:03:56veut revenir au concert
01:03:57des nations
01:03:58et d'un autre côté
01:03:59l'histoire aussi
01:04:01d'un ministre
01:04:02de l'intérieur
01:04:03qui s'appelle Nicolas Sarkozy
01:04:05et qui veut absolument
01:04:06être président de la république
01:04:07et selon les enquêteurs
01:04:10ces deux là
01:04:10se rencontrent
01:04:12avec
01:04:13avec ces deux intérêts
01:04:15et donc
01:04:16l'un
01:04:16qui s'appelle
01:04:18Mouhamar Kadhafi
01:04:18propose à Nicolas Sarkozy
01:04:20de financer
01:04:21sa campagne présidentielle
01:04:22et Nicolas Sarkozy
01:04:23aurait donc
01:04:24proposé
01:04:25à Mouhamar Kadhafi
01:04:26de l'aider
01:04:27à justement
01:04:28sortir du banc
01:04:29des nations
01:04:29de
01:04:31d'avoir des contreparties
01:04:33économiques
01:04:33c'est à dire
01:04:34des accords commerciaux
01:04:36de le recevoir
01:04:37à Paris
01:04:38en grande pompe
01:04:39ce qui sera fait
01:04:39une fois qu'il est
01:04:40président de la république
01:04:42et même
01:04:42d'aider
01:04:43le beau frère
01:04:45de
01:04:46Mouhamar Kadhafi
01:04:48responsable
01:04:49d'attentats terroristes
01:04:51y compris
01:04:51d'un attentat
01:04:52qui a tué
01:04:53une cinquantaine de français
01:04:53de l'aider
01:04:55à ne plus avoir
01:04:56un mandat international
01:04:57un mandat d'arrêt international
01:04:59sur le dos
01:05:00voilà un petit peu
01:05:01le pacte
01:05:02de corruption
01:05:03qui se serait
01:05:04joué
01:05:04en 2005
01:05:06donc un an et demi
01:05:08avant l'élection
01:05:09de Nicolas
01:05:10de Nicolas Sarkozy
01:05:11et après
01:05:12tout le
01:05:13tout l'enjeu
01:05:14du procès
01:05:15qui va durer
01:05:16qui va durer
01:05:16trois mois
01:05:17ce sera de savoir
01:05:18s'il y a bien eu
01:05:19ces échanges
01:05:20de procédés
01:05:22voilà
01:05:23et d'où
01:05:23et de retracer
01:05:26l'argent
01:05:27qui devait être
01:05:27de 50 millions d'euros
01:05:28mais qui serait plus
01:05:29vraisemblablement
01:05:30de 6 millions d'euros
01:05:31est-ce qu'il y a bien eu
01:05:32ces 6 millions d'euros
01:05:33qui sont partis
01:05:34de la Libye
01:05:36de Kadhafi
01:05:37vers la campagne
01:05:38de Nicolas Sarkozy
01:05:39waouh
01:05:40très bien
01:05:41incroyable
01:05:41merci beaucoup
01:05:42Florent
01:05:42j'espère que vous avez été
01:05:44attentif
01:05:44attentif dans notre chat
01:05:45alors on l'a beaucoup dit
01:05:47mais donc c'est une affaire
01:05:47très complexe
01:05:48on vous encourage vivement
01:05:49à aller voir le film
01:05:50de Mediapart
01:05:50qui est en ce moment
01:05:51au cinéma
01:05:52sur leur site
01:05:52il y a une page
01:05:53avec toutes les salles
01:05:54les horaires
01:05:55etc
01:05:55c'est un très bon documentaire
01:05:57pour bien comprendre
01:05:58toute l'affaire
01:06:00donc voilà
01:06:01on salue évidemment
01:06:01le travail des journalistes
01:06:02de Mediapart
01:06:03et puis de tous les autres
01:06:04journalistes
01:06:04qui après se sont suivis
01:06:05qui ont suivi le mouvement
01:06:06mais il faut quand même
01:06:07s'amuler le travail
01:06:08de Fabrice Harfi
01:06:09et de Carole Laske
01:06:10qui est dire que
01:06:11ce procès-là
01:06:12n'aurait probablement
01:06:13pas eu lieu
01:06:13en tout cas pas maintenant
01:06:16sans le travail
01:06:17des journalistes
01:06:18de Mediapart
01:06:18donc bravo
01:06:19et merci
01:06:20voilà
01:06:20merci beaucoup
01:06:21aux journalistes de Mediapart
01:06:22merci beaucoup Florent
01:06:23je vais te laisser retourner
01:06:26travailler
01:06:27peut-être suivre un petit peu
01:06:28Sarkozy
01:06:28il se passe des trucs aujourd'hui
01:06:29tu nous as dit
01:06:30non c'est pas
01:06:30non ça sera reprise
01:06:32reprise demain après-midi
01:06:33très bien
01:06:34voilà
01:06:34et en attendant
01:06:35on va préparer
01:06:37un petit article
01:06:37sur un autre procès
01:06:39d'un groupuscule
01:06:40d'extrême droite
01:06:41qui s'appelle
01:06:41les Barjol
01:06:42ah oui
01:06:43voilà
01:06:43et des histoires
01:06:46de groupes Facebook
01:06:47dans lesquels
01:06:47on trouve des cadres du RN
01:06:48donc vous retrouverez ça
01:06:50sur le site de l'Humanité
01:06:51cet après-midi
01:06:52merci
01:06:52merci
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