- il y a 12 heures
Depuis plus de 60 ans, la série Dr Who agite de nombreux de débats. Pour les comprendre, retour sur une histoire mouvementée, où se mêle culture, économie et politique. Dr Who, agent du soft power anglais, du "wokisme" ou... du service public ?
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NewsTranscription
00:00Est-ce que vous savez quelle est la série française la plus ancienne encore en production ?
00:05Indice étonnant, c'est une série fantastique.
00:09Devine Max.
00:10Waouh, mais j'imagine que c'est fantastique les gens.
00:12Ouais alors fantastique.
00:13Ah, Nymati, l'Ange Gardien.
00:14Ouais.
00:15Joséphine, Ange Gardien, qui existe depuis 1997.
00:19Ah là là là, mais c'est pas du tout là que je voulais atterrir moi.
00:23Qu'est-ce que c'est que ça ? Ah, je me suis plantée.
00:26Maintenant, imaginez.
00:27Imaginez que Joséphine, Ange Gardien, existe depuis carrément 63 sur l'ORTF et cumulant bientôt 41 saisons.
00:34Imaginez qu'elle soit considérée comme un monument du patrimoine culturel populaire français qui mobilise un budget colossal.
00:40Mieux que malgré son côté plus français que la plus française de tes copines, elle soit devenue un succès planétaire.
00:47Une figure emblématique de la France partout dans le monde, avec des audiences folles, un statut culte, des tonnes d
00:53'oeuvres et de produits dérivés.
00:54Que Mimi Matty et les autres interprètes de Joséphine, dont le casting, comme le choix de ses auteurs, donne lieu
01:00à un véritable mercato, soient propulsés au rang de stars internationales.
01:05Que chacun de ses épisodes spéciaux de Noël soit un événement, à tel point qu'elle a attiré l'appétit
01:10rapace d'une des plus grandes majors de l'industrie états-unienne, tout en étant toujours produite par le service
01:16public.
01:16Eh bien dites-vous que Doctor Who, c'est ça pour l'Angleterre.
01:21Alors que la nouvelle saison débarque sur fond d'enjeux autour de l'influence de Disney, du choix de ses
01:26équipes ou des sempiternels cris d'orfraie au wokisme,
01:29nous allons aujourd'hui nous demander pourquoi cette série de SF issue d'un organe de service public, à l
01:34'instar de son protagoniste, continue de se régénérer.
01:50Vous aimez les scones, le thé et l'Union Jack ?
01:53Si ce n'est pas le cas, vous êtes peut-être irlandais et c'est grave stylé, sinon vous êtes
01:57peut-être un extraterrestre se faisant appeler le Docteur.
02:03Pour celles et ceux qui ne connaîtraient pas, le Docteur voyage dans le temps dans un vaisseau spatial plus grand
02:08à l'intérieur qu'à l'extérieur, le TARDIS,
02:11et il est toujours accompagné d'une compagnonne de voyage qui l'arrache à son petit quotidien pour aller vivre
02:16des aventures folles et dangereuses à travers l'espace et le temps.
02:19Alors l'espace et le temps de l'Angleterre principalement, bon voilà, parce que ce que vous devez retenir c
02:25'est que Docteur Woo, c'est so british.
02:28Je veux dire, son vaisseau a l'apparence d'une cabine téléphonique de la police britannique.
02:33Et comme on l'a mentionné, ce monument de la pop culture désormais mondiale est le produit du service public.
02:39Et oui, Docteur Woo, en quelque sorte, c'est un acquis social d'après-guerre, comme le NHS, la santé
02:44publique anglaise.
02:51En fait, à partir de 53, le petit écran s'invite en masse dans les foyers britanniques, entraînant une grande
02:57demande de diversité des programmes, entre sport, talk show, feuilleton et émission musicale.
03:02Ils ont un trou dans la grille du samedi, alors le producteur Donald Beverstock cherche une idée pour créer un
03:08nouveau Saturday Tea Time Show.
03:10British, on vous a dit.
03:12La BBC, c'est d'ailleurs la British Broadcasting Company, puis Corporation, qui est un média de service public depuis
03:181927, par décret royal, de la reine.
03:22I am the queen of the United Kingdom of Great Britain and Ireland.
03:25Alors, non, pas de la reine, parce que c'était George V à l'époque, mais dans ma tête, j
03:29'arrive pas à accepter que ce soit pas la reine d'Angleterre, donc bref.
03:33Donc, Donald appelle à la rescousse Sydney Newman, récemment papa de chapeau melon et bottes de cuir, et oui, pour
03:39créer un nouveau programme éducatif et de divertissement grand public.
03:43Ainsi, Doctor Who est né dans sa première forme le 23 novembre 1963, avec Omanet, et bah du coup, Sydney
03:50Newman, mais également Verity Lambert, première femme productrice de fiction sur la télévision en outre-manche.
03:56C'est stylé, tout comme c'est stylé de s'appeler Verity Lambert.
03:59Aux commandes du TARDIS, on retrouve William Hartnell, accompagné d'un trio formant les premiers compagnons du Docteur, Carol Hanford,
04:06accompagné de William Russell et Jacqueline Hill.
04:09Alors, à savoir, Hartnell, sacré personnage.
04:13C'était un acteur de théâtre et de cinéma qui avait grandi dans les taudis avec une mère seule, il
04:18était trauma de la deuxième guerre mondiale, et il était aussi apparemment turbo raciste.
04:24Et puis réac, homophobe, antisémite, tout ce que vous voulez, sachant que la productrice, bon bah c'était une meuf,
04:30et le premier réalisateur, Waris Hussein, il était d'origine indienne et homosexuelle.
04:35Mais en gros, ils lui ont bien fait comprendre que ses avis de merde, on s'en foutait, c'était
04:39leur show, et finalement, ils se sont bien entendus.
04:42Donc, Doctor Who, truc de woke, jour 1.
04:45Voilà, c'est parti, et très vite, le programme tape les 7 millions de téléspectateurs.
04:51Alors, je dis très vite, parce que la première diffusion, pas de bol, tombait le lendemain de l'assassinat de
04:56Kennedy, donc faux départ.
04:58C'est le début de la success story de la série feuilleton la plus polymorphe de tous les temps, carton
05:02plein, le soft power est en marche.
05:05Alors maintenant, quand tu revois les premiers trucs, dont une grande partie a disparu d'ailleurs, bon, ça fait tchipouille,
05:10c'est plus ou moins du théâtre filmé et tout.
05:12Mais faut bien se dire que si ça a créé un tel phénomène, c'est que c'était hyper précurseur,
05:17sous plein d'aspects.
05:19Déjà, l'aspect feuilleton, qui combine les épisodes à histoire unique des anthologies, et le principe de fil rouge des
05:24séries fleuve.
05:25Mais aussi plein d'idées formelles vachement ingénieuses pour faire de la SF avec un budget limité.
05:30Genre, le vaisseau spatial, c'est une cabine de police bleue, bah c'est cheap, mais c'est rigolo, et
05:35c'est devenu culte.
05:36Et puis, le coup de dedans, c'est plus grand que dehors.
05:39Ça permet qu'à l'extérieur, tu poses juste ta pauvre cabine, et l'intérieur, tu tournes en studio.
05:44C'est plié, et en plus, c'est iconique. Son arme, c'est le tournevis Sonic, c'est juste un
05:50gadget qui fait tout et n'importe quoi.
05:53Et tac, c'est juste une baguette qui fait bip-boup et hop, pareil, iconique.
05:57Puis alors avoir pour méchant emblématique des plots de chantier, idées de génie.
06:01Aussi et surtout, ce générique.
06:11Et ben ça aussi, on le doit à une meuf, Delia, d'Herbyshire.
06:15Alors attention, elle, elle a 20 ballets, elle vient d'une famille ouvrière, et elle est diplômée de Cambridge.
06:20Elle rejoint la section recherche de la BBC, le Radiophonic Workshop, et c'est une énorme nerd.
06:35Regardez-là, avec toutes ces machines qui font bouip-bouip là, on est dans les années 60.
06:39C'est une pionnière de la musique électro-acoustique, des synthétiseurs, etc.
06:44Vraiment, je serais curieux de savoir ce qu'elle aurait eu à répondre aux paniques de gros fragiles
06:47le jour où, enfin, ils ont donné une interprète féminine au Docteur.
06:51En 2018, avec Jodie Whittaker.
06:53Alors oui, parce que, si vous connaissez pas, vous vous doutez quand même bien que, depuis six décennies,
06:58c'est pas le même gars qui joue le personnage.
07:00Raison purement pratique, qu'ils ont là encore transformé en un des motifs les plus emblématiques de la série,
07:05la régénération.
07:06Le fait que le Docteur change d'apparence quand il est mortellement blessé,
07:10ce qui est d'ailleurs moteur d'engouement sur internet à chaque annonce de nouveaux choix de casting,
07:15comme pour James Bond.
07:16Et d'ailleurs, ça, c'est arrivé en premier lieu parce que William Hartnell a rencontré des problèmes de santé
07:20et qu'il voulait pas arrêter la série pour autant.
07:22Alors, c'est classe et tout pour le lore du perso, mais c'est avant tout un truc de production
07:26assez malin.
07:27Et donc, en soit, tu peux faire un peu ce que tu veux avec ça.
07:29Chaque interprétation est différente, dans le jeu, le profil et même la personnalité du Docteur.
07:34Tout le monde a un peu ses préférés, etc.
07:37Ça fait partie de l'ADN de la série, mais attention, faudrait pas non plus trop mettre certains profils.
07:42Il y a des gens très fragiles à qui ça a l'air de faire très bobo,
07:45de voir des trucs aussi infraisemblables dans leur série d'aliens millénaires voyageurs dans le temps via cabine téléphonique
07:51que des noirs ou des femmes.
07:53Oui, mais est-ce que c'est cohérent et avant, c'est pas comme ça et patati ?
08:00Vous voulez pas vous acheter une imagination ?
08:03Ou alors, juste arrêtez de regarder de la SF, du fantastique ou de l'imaginaire.
08:07Regardez, je sais pas, CNews ou des programmes d'éveil pour nourrisson ou fixer le plafond, j'en sais rien,
08:14mais laissez les gens bosser quoi.
08:16Bon, passons.
08:17Parce qu'attention, Doctor Who n'a pas été diffusé depuis tout ce temps sans interruption.
08:21Parce qu'en 1989, on est quand même à 26 saisons et au 7ème Docteur, Sylvester McCoy,
08:28et puis un jour on lui dit, il faut qu'on fasse une pause.
08:31Allez, t'inquiète, on va peut-être faire un film et on te rappelle des bisous.
08:36Dans les faits, c'est l'annulation de Doctor Who.
08:39Et vu que c'est les années 80 en Angleterre, je serais très tenté de faire le gauchiste et de
08:44dire que c'est encore la faute à Thatcher.
08:46Mais figurez-vous que oui, pour de vrai, c'est encore elle, putain. Je sais, mais c'est fou.
08:55Bah oui, parce que son administration a envoyé ces gars à la tête de la BBC.
09:03Vous savez, le genre de gars qui déteste les services publics qu'on envoie diriger des services publics.
09:08Et notamment Lord Michael Grade, un bon gros conservateur qui ne supporte pas la science-fiction.
09:15Vraiment, ça lui sort par les yeux.
09:17Donc il utilise le kung-fu ancestral des néolibéraux.
09:20La série a pas assez de moyens pour se renouveler, donc les audiences sont à la peine,
09:24donc on lui donne encore moins de moyens, donc c'est pire, donc c'est bon, on annule le programme
09:28et allez,
09:29God bless the Queen à dimanche.
09:30Et ça sonne le glas, pas que de Doctor Who d'ailleurs, mais de toute une génération de programmes ambitieux,
09:35novateurs et expérimentaux, tournés vers la SF ou le fantastique.
09:50Les conditions rendant possible cette sorte d'émission télévisée visionnaire produite par le service public
09:55allaient disparaître au cours des années 1980, lorsque les médias britanniques sont tombés sous la coupe
10:00de ce que Denis Potter, scénariste et journaliste de la BBC, a qualifié de « puissances occupantes du néolibéralisme ».
10:08Conséquence de cette occupation, il est aujourd'hui difficile de croire qu'une telle émission ait même pu être diffusée
10:13à une heure de grande écoute, et encore moins sur ce qui était alors le seul réseau commercial de Grande
10:19-Bretagne, ITV.
10:20Vraiment, ils étaient en mission, fallait qu'ils pètent tous les acquis d'après-guerre.
10:25Pas juste les programmes sociaux, les syndicats, la sécu, les trains, non, même Doctor Who.
10:37Vraiment, ils n'aimaient aucun truc bien.
10:39Non, eux, ce qu'ils aimaient, c'était tabasser des mineurs et l'apartheid en Afrique du Sud.
10:43« De France à les Philippines, de Jamaïka à Japon, de Malaisie à Mexico, de Sri Lanka à Singapour, la
10:50privatisation est en train. »
10:53Ceci dit, le dégoût des conservateurs pour ce type de culture, c'est pas proprement anglais et ça date pas
10:58d'hier.
10:58Comme on l'a dit dans d'autres vidéos, en France, l'ASF, le fantastique et les grands feuilletons populaires,
11:03on connaît bien.
11:04Mais dès le milieu du 19ème siècle, les réactions ne manquent pas face au succès grandissant autour des feuilletons littéraires.
11:11Comme le baron Chapuis de Montlaville, député de Saône-et-Loire, qui prononce plusieurs discours à charge sur le succès
11:16des fictions écrites par Dumas et Consor,
11:19axant ses propos sur le fait de dénoncer une aliénation de la raison par l'imagination.
11:24Vraiment, ils ont jamais supporté ça, quoi.
11:26Et pour ce qui est de l'aspect audiovisuel public français, on a connu une histoire culturelle similaire.
11:31Certes, c'est un peu différent avec notre ORTF, on va y revenir, mais son aspect de service public permettait
11:37lui aussi de faire vivre des programmes
11:38dont on peine à trouver des équivalents depuis la privatisation généralisée de l'audiovisuel et les multiples attaques contre ce
11:45qui en reste de public.
11:46Des programmes pourtant centraux dans la culture populaire française.
11:49Prenez rien que les Shadok.
11:52Pur produit novateur et assez expérimental de ce qu'on appelait alors le service de la recherche.
11:57Eh bien, nous sommes nous également au service de la recherche des pionniers de la télévision.
12:01Et vous le voyez, nous faisons des expériences de tournage en plein air parce qu'ils pensent que c'est
12:06un petit peu plus vivant.
12:07Et c'est valable pour une pelletée de programmes tendant vers l'imaginaire et le feuilleton populaire.
12:12Prenez l'adaptation télé de Belphégore, le fantôme du Louvre, écrit à l'origine par Arthur Berned.
12:18C'était une dinguerie.
12:20Bon, alors, il n'y avait que deux chaînes à l'époque, mais quand même, on parle de 10 millions
12:25de téléspectateurs,
12:26soit plus d'un Français sur cinq, alors que seulement 40% de la population a une téloche.
12:32C'était le truc dont on parlait au Café de la Gare.
12:34Puis alors, tous ces trucs, ils ont essayé de les relancer pendant longtemps, mais c'était tout le temps foiré,
12:38notamment le film Belphégore 2001.
12:41Bon, et par contre, ne tombons pas dans le C'était Mieux Avant, parce que l'ORTF niveau télé d
12:46'État...
12:46Et comment vous appelez un pays qui a comme président un militaire avec les pleins pouvoirs,
12:49une police secrète, une seule chaîne de télévision et dont toute l'information est contrôlée par l'État ?
12:53J'appelle ça la France, mademoiselle.
12:55Et pas n'importe laquelle.
12:56La France du Général de Gaulle.
12:57Mais institution publique ne veut pas forcément dire mainmise du pouvoir en place.
13:01D'ailleurs, en comparaison, la BBC a toujours bénéficié d'une relative autonomie,
13:05grâce à son financement par la redevance audiovisuelle, vous savez, celles qui nous ont gentiment virées,
13:09et le fait qu'elle soit devenue un organe public par charte royale, garantissant une certaine indépendance éditoriale.
13:16Régulièrement, là-bas, ils ont des débats où même le directeur monte au créneau
13:19quand il y a trop d'ingérences de la part du gouvernement
13:22ou que des politiciens se mêlent trop des affaires de la chaîne.
13:25Pensez-y ça, vu comment le pouvoir resserre la vis sur les médias publics,
13:28voire essaie de les faire sauter purement et simplement.
13:31L'alternative, c'est pas passer de Karim Ansila, être entre les mains du marché et des milliardaires,
13:36ou dans celles du gouvernement, lui-même entre les mains du marché et des milliardaires.
13:40Et d'ailleurs, il y a aussi des médias indépendants de tout ça, comme au hasard l'Humanité, qui produit
13:45ce programme.
13:46Mais pour ça, il faut que vous vous abonniez, et pas juste là sur YouTube, au journal.
13:51Comme ça, vous faites vivre la presse indépendante en ayant accès à tous les articles,
13:55voire à recevoir le bourvieux journal papier chez vous,
13:58en plus de faire vivre des émissions comme celle-ci, diffusées gratuitement.
14:01Mais à ce sujet, revenons à Doctor Who, qui a été relancé en 2005 pour son 40e anniversaire,
14:07avec une toute nouvelle popularité, des spin-off comme Torchwood et Sarah Jane Adventure,
14:12jusqu'à une apothéose de succès internationale aux 50 ans.
14:19Alors, entre temps, il y avait eu des trucs quand même, dont un téléfilm américain.
14:28Ah oui, vous avez prévenu hein, américain.
14:30La série a été ressuscitée grâce à l'insistance de Russell T Davies,
14:33qui avait déjà réalisé la série Queer as Folks,
14:35et le désir de la BBC de préserver son héritage culturel,
14:38aidé par un revirement progressiste dans les instances de la BBC.
14:42Cette nouvelle mouture confirmera que Doctor Who était là pour rester,
14:45attirant de nouveaux fans et ravivant la flamme de certains anciens.
14:48Même le Covid n'aura pas réussi à l'arrêter grâce à d'habiles dispositifs de tournage
14:53mis en place par la télé publique anglaise.
15:00Alors, c'est très bien, mais...
15:02Cette télé publique, bien que partiellement émancipée des seules exigences de profit
15:06et des desiderata des capitalistes du divertissement,
15:09eh ben elle vit pas dans une bulle.
15:11Et entre temps, le marché est dominé par l'émergence des plateformes
15:14et d'une concentration massive de la production culturelle dans des géants états-uniens.
15:18Et donc là, pour les 60 ans, la série change à nouveau sa formule pour s'adapter,
15:23en signant un deal...
15:25...avec Disney.
15:26Très intéressé pour avoir sa part du gâteau.
15:28Alors, c'est une histoire un peu complexe, mais en gros c'est pas un rachat,
15:32mais ils récupèrent les droits de diffusion à l'international,
15:34tandis que la BBC, elle, elle garde la diffusion pour l'Angleterre.
15:38Sauf que ce petit partenariat public-privé,
15:41eh ben, comme d'hab, c'est le deuxième qui en profite le plus,
15:44puisque ça a beau être financé par l'argent public en grande partie,
15:47eh ben, la BBC, ils ont même plus le prime time de leur petit trésor national.
15:52C'est un peu comme la privatisation des autoroutes, finalement.
15:54On socialise l'investissement et le privé récupère les profits.
16:08C'est que, depuis plusieurs années, le gouvernement britannique, alors conservateur,
16:14ramenait sur la table, comme dans notre hexagone, en plus des coupes budgétaires,
16:18la suppression de la fameuse redevance audiovisuelle.
16:20Ce qui, pour la BBC, est leur principale source de revenus.
16:23Et donc, d'indépendance.
16:25Les conservateurs, ils espéraient d'ailleurs rentrer dans la faille
16:28avec l'expiration de la charte royale actuelle en 2027,
16:31avant de se faire pli aux élections,
16:33mais pas sûr qu'on puisse faire confiance au labor de Starmer
16:36pour se montrer courageux là-dessus, comme sur le reste.
16:39Quoi qu'on pense de la qualité de telle ou telle saison,
16:42quel que soit votre docteur préféré,
16:44ça serait peut-être bien de se focaliser un peu moins sur les choix des showrunners,
16:48les énièmes accusations de wokisme,
16:51ce qui, comme on l'a vu sur Doctor Who, est assez cocasse,
16:55ou sur telle ou telle incohérence dans un univers qui est, soyons honnêtes,
17:01plutôt barré.
17:08Et comme d'hab', si on veut vraiment défendre des productions comme Doctor Who,
17:12parler des conditions qui les rendent possibles ou, au contraire,
17:16pourraient réellement signer leurs glas ou les dénaturer pour de bon.
17:19Doctor Who incarne une réussite absolue d'un service public
17:22qui perdure depuis plus de 60 ans,
17:24malgré les bâtons dans les roues qu'on a voulu lui mettre,
17:27malgré les attaques des politiques néolibérales autoritaires,
17:30malgré la toute-puissance du marché du divertissement.
17:32Et ne pas oublier les personnes qui ont permis
17:35de transformer un petit programme éducatif bouche-trou
17:37en un monument de la science-fiction.
17:40Un bel exemple pour nous de comment on peut réconcilier
17:42fiction populaire et percée conceptuelle
17:44pour forger des icônes aptes à nous accompagner année après année
17:48en évoluant avec les nouveaux enjeux de chaque époque.
17:51Et au passage, j'en profite pour signaler que cette émission
17:53est comme toujours le fruit d'un travail collectif,
17:55et surtout là où à l'écriture vous aviez pas juste ma pomme,
17:59mais surtout Odyssée de la chaîne Pose Toujours
18:01qui nous a fait profiter de sa fine connaissance en Doctor Who.
18:07qui neforth à Dieu à Dieu à Dieu.
18:10MÉ ¡ Torré!
18:10Merci.