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Maurice Ulrich, éditorialiste de l’Humanité, remarque que "le seul journal qui a relaté la journée d’action d'hier - à l'appel de la CGT, la FSU, et Solidaires - pour les salaires et la justice sociale comme il méritait c’est le nôtre". C'est le seul à avoir mis en valeur l’unité d’action du monde du travail, organisé en syndicats ou habillé de gilets jaunes.

Il signale aussi le message de solidarité avec l’Humanité d’un écrivain américain qui s’inquiète de l'étranglement subi par un journal qui porte la voix des travailleurs et de la possible disparition d’une presse libre.
La vie du journal fondé par Jean Jaurès n’est pas l’affaire de la seule force qui lui est historiquement attachée. Face aux régressions en France et dans le monde, c’est un enjeu majeur de la vie démocratique dans l’Histoire d’aujourd’hui. Réalisation : Abrahim Saravaki

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Transcription
00:00Parmi les messages qui arrivent ces jours-ci à l'humanité, on sait bien pourquoi,
00:05eh bien il y a celui-ci, ce matin, par un mail, depuis les États-Unis, d'un écrivain américain,
00:09Ian Levinson.
00:10Alors Ian Levinson, il est loin, mais il s'inquiète, je dirais, de la disparition d'un journal, dit-il,
00:16qui porte la voix des travailleurs, et il s'inquiète de l'éventuel étranglement d'une presse libre.
00:22Alors, libre, on peut en parler, justement, parce qu'on a eu à l'Assemblée, hier, le vote de cette
00:31loi anticasseur
00:32qui permet, au fond, au préfet de décider qui aura le droit de manifester.
00:37C'est une atteinte aux libertés majeures.
00:39Mais il y a aussi cette question, au-delà, il y a aussi la question, je dirais, d'une forme,
00:44non pas de censure,
00:45mais simplement, je dirais, d'une dérive des commentaires et des commentateurs qui entendent plier,
00:51je dirais, la réalité à leurs analyses.
00:55Je veux dire, par exemple, que la manifestation, les manifestations de mardi,
01:00qui rassemblaient pour la première fois des gilets jaunes avec la CGT, Solidaires, la FSU, etc.
01:07Bien sûr, les gilets jaunes n'étaient pas forcément présents en masse, mais il y en avait.
01:10On peut considérer que c'était un premier pas vers une forme, je dirais, de convergence,
01:15avec des revendications qui se ressemblent, se recoupent, etc.
01:18Mais bizarrement, finalement, ces manifestations qui ont, dans le pays, rassemblé environ 300 000 personnes,
01:2618 000 semble-t-il à Paris,
01:28eh bien, une part de la presse, une part des télés, des radios ne les ont pas vues ou simplement
01:33entrevues.
01:35Forcément, ça dérange, puisque la thèse est que les syndicats sont hors jeu,
01:40qu'il n'y a plus que les gilets jaunes et les violences,
01:43et que donc, tout ça, ce n'est pas possible que ça fasse un mouvement qui ait sa cohérence, etc.
01:49En fait, il s'agit, bien entendu, on l'a compris,
01:52d'adapter la réalité aux analyses qui ont été préalablement établies,
01:57et d'autant que, pour un certain nombre de commentateurs,
02:02eh bien, le grand débat étant enclenché, c'est la démocratie qui est en marche,
02:05il n'y a plus qu'à s'occuper de ça, et puis de répercuter largement, très, très largement,
02:11les discours sans fin d'Emmanuel Macron devant les maires, comme le font les chaînes d'info,
02:16en nous infligeant maintenant régulièrement 5 à 6 heures de Macron,
02:20peut-être pas tous les jours, mais tous les 3 jours.
02:22Alors, on voit bien que là, il y a une question démocratique de fond.
02:26Mais cette question à la fois de l'occultation de ce qui se passe au plan des manifestations,
02:31cette question des libertés, elle ne concerne pas que la France.
02:35C'est peut-être pour ça que cet écrivain américain nous a adressé ce message.
02:39C'est qu'en réalité, nous sommes aujourd'hui, dans le monde,
02:43dans un mouvement, je dirais, j'ose dire, de régression majeure.
02:47On le voit en Amérique du Sud.
02:49Ce qui se passe au Venezuela, quoi qu'on pense de la politique de Maduro, est inacceptable.
02:55C'est-à-dire un coup d'État intérieur, appuyé par des puissances extérieures,
02:59dont l'Europe, dont la France, c'est tout à fait scandaleux,
03:02du point de vue de l'indépendance d'un pays et de la maîtrise par une nation de son destin.
03:09Mais ce n'est pas seulement, évidemment, le Venezuela.
03:12C'est, bien sûr, le Brésil avec Bolsonaro.
03:15C'est les États-Unis avec Trump.
03:17C'est, en Europe, je dirais, les forces réactionnaires qui se font jour
03:22et qu'Emmanuel Macron ne fait que favoriser en les désignant comme ses principaux adversaires
03:27et donc en les mettant en lumière.
03:30Voilà, plutôt que de s'appuyer sur les vraies forces démocratiques.
03:34Alors, tout ça pour dire que...
03:36Enfin, non pas tout ça pour dire, mais pour attirer l'attention sur le fait que ce qui se passe
03:40avec l'humanité aujourd'hui,
03:42ce n'est pas seulement une affaire qui nous concerne, nous, à l'Huma,
03:46ce n'est pas une affaire qui ne concerne que les seules forces historiques attachées à l'humanité.
03:52C'est une affaire qui va bien au-delà.
03:55C'est la réalité, c'est que face à cette régression en France,
03:59ces atteintes aux libertés, cette occultation des manifestations,
04:03face à ce qui se passe dans le monde,
04:04l'humanité n'est pas une affaire de boutique, n'est pas une affaire de chapelle.
04:08C'est un enjeu majeur dans l'histoire d'aujourd'hui.
04:12Sous-titrage Société Radio-Canada

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