Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 12 minutes
Insecticide employé jusqu'en 1993 malgré son interdiction, le chlordécone continue à avoir des effets graves sur la santé des habitants de la Martinique et de la Guadeloupe. Explications sur ce scandale sanitaire que dénonCent deux député.e.s européen.ne.s: Michèle Rivasi (Verts-ALE) et Younous Omarjee (GUE-GVN).

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00...
00:11Bonjour et bienvenue dans ce débat depuis le Parlement européen de Strasbourg.
00:15Un scandale sanitaire qui n'en finit pas, celui de la chlordécone,
00:19un insecticide qui a été utilisé pendant plus de 20 ans
00:22dans les bananeraies de la Martinique et de la Guadeloupe
00:24et qui continue à nuire gravement à la santé des habitants de ces îles
00:30Michel Rivasi, dans ce sens-là, Yunus Omarji, vous tirez à nouveau
00:34tous les deux la solette d'alarme.
00:36Michel Rivasi, je rappelle que vous êtes député européen du groupe des Verts
00:39Alliance Libre Europe et Yunus Omarji, vous êtes député européen,
00:43gauche unitaire européenne, gauche verte nordique.
00:45Alors avant de nous expliquer pourquoi vous alertez à nouveau
00:48sur les dangers de la chlordécone, pouvez-vous nous expliquer un petit peu
00:52ce qu'est exactement cet insecticide, à quoi il servait exactement,
00:56dans quelles conditions il a été utilisé et jusqu'à quand, ça fait beaucoup
01:00de questions en une seule, qui veut nous expliquer en quelques mots ?
01:04Bon alors, cette chlordécone, c'est un insecticide organochloré
01:11qui a été autorisé en 72.
01:14Pourquoi ? Parce que, pourquoi on l'utilisait dans les Antilles ?
01:17Parce qu'il tue un charançon, charançon de la banane, mais pas que.
01:22Vous voyez, en Europe, il a utilisé dans d'autres pays européens
01:25pour le dorifaire de la pomme de terre.
01:27Mais dès 77, aux Etats-Unis, il y avait une boîte qui fabriquait
01:34ce chlordécone, parce qu'on peut l'employer au féminin, au masculin.
01:36On dit ceux ou sept, oui, oui.
01:37Mais mettons, allez, on va l'employer au masculin.
01:41Les gens qui fabriquaient ça tombaient malades.
01:43Mais vraiment, c'était l'horreur, d'un point de vue, si vous voulez,
01:47neurotoxique, d'un point de vue bon.
01:48Et donc, les Etats-Unis ont décidé de l'arrêter en 77.
01:53Nous, la France, on a décidé de l'arrêter en 90.
01:57Vous voyez, 1990, 13 ans après.
02:00Donc, 13 ans après, ça a été utilisé, vous voyez, aux Antilles,
02:03ça a été utilisé...
02:04On en reparlera, mais ça a été arrêté plus ou moins,
02:07puisque ça a repris, etc.
02:09Alors, 90, arrêt, définitif.
02:12Sauf que, aux Antilles, vous avez de grosses familles
02:15qui tiennent tout ce qui est plantation de bananes,
02:19qui tiennent tout ce qui est distribution.
02:21Et c'est de grosses familles qui sont allées voir les ministres,
02:25dont M. Nallet en 90,
02:29après, il y a eu Louis-Mermas en 90, 92,
02:32et Jean-Pierre Soissons en 93.
02:34Et comme ces messieurs avaient des entrées à Matignon, à l'Élysée,
02:39ils ont demandé une dérogation.
02:41Et alors, encore malin,
02:44ils avaient fait des stocks plus de 1500 tonnes de chlordécone,
02:47dans les années 90, en se disant,
02:49si jamais ils arrêtent,
02:51que nous, on puisse dire, il faut utiliser nos stocks.
02:55Ce qui a été le cas jusqu'en 1993, à peu près.
02:58Jusqu'en 1993, les ouvriers ont utilisé ça,
03:02souvent sans aucun masque, sans protection, etc.
03:05Et alors, pourquoi on lance ça maintenant ?
03:07C'est qu'il y a eu une explosion de cancer de la prostate.
03:11C'est les plus hauts taux du monde entier.
03:15Enfin, je ne sais pas si vous vous rendez compte.
03:16Parce qu'en utilisant ça jusqu'aux années 90,
03:20et en plus avec cette dérogation complètement illégale,
03:24eh bien, on a contaminé l'eau, le sol, et tous les années.
03:28C'est la question que j'allais vous poser, Yonou Samarji.
03:31Il n'y a pas eu simplement la contamination,
03:33puisque c'est des insecticides qu'on mettait au pied des bananiers.
03:38Mais effectivement, par infiltration, qu'on comprenne bien,
03:41comment fonctionne, à l'échelle des îles,
03:44comment, où se retrouve aujourd'hui cet insecticide ?
03:48Il s'est infiltré dans les laves phréatiques,
03:51ensuite dans les rivières, il a même pollué le milieu marin.
03:54Quelle est l'étendue, j'allais dire,
03:56aujourd'hui, d'après les informations scientifiques dont on dispose,
03:59quelle est l'étendue de la pollution des îles
04:02comme la Guadeloupe et la Martinique par la Chlordécone ?
04:05D'abord, je ne suis pas scientifique,
04:08je suis député européen,
04:10et je suis député européen de la circonscription des Outre-mer.
04:13C'est-à-dire que la Guadeloupe et la Martinique
04:16font partie de mon territoire d'élection,
04:19et c'est un sujet que je connais bien.
04:21Et c'est un scandale d'État,
04:25un scandale politique,
04:28et un scandale écologique.
04:31De même que c'est un scandale économique.
04:33Donc il y a plusieurs...
04:35Et un scandale sanitaire, évidemment.
04:37Donc il y a plusieurs dimensions.
04:40Il faut bien comprendre que le chlordécone,
04:44et non pas la chlordécone,
04:45puisqu'on nous précise toujours...
04:48Peu importe, à vous-y.
04:49Oui, mais les Guadeloupéens sont très, très, très attentifs à cela.
04:53Le chlordécone se diffuse partout
04:57et a conduit à une pollution généralisée des sols,
05:02mais pas seulement.
05:03Et qui reste là pour des siècles.
05:07Donc nous sommes dans une situation
05:08qui, selon un scientifique,
05:11qui avait fait une interview dans Le Monde,
05:14dit que nous sommes dans une situation
05:16quasiment assez proche
05:18de la situation après Tchernobyl.
05:21C'est-à-dire qu'il faut se rendre compte
05:23que la Guadeloupe et la Martinique
05:26sont aujourd'hui des pays,
05:28des sociétés qui sont détruites par le chlordécone.
05:32J'ai entendu des scientifiques dire
05:34qu'aujourd'hui, c'est-à-dire des dizaines d'années après,
05:39il n'est pas recommandé de consommer de la viande locale,
05:44qu'il est problématique de consommer des produits locaux.
05:49Nous faisons des efforts considérables ici
05:52à travers une série de politiques
05:54pour aller vers l'autosuffisance alimentaire
05:59dans ces régions ultra-périphériques,
06:01à aller vers la diversification,
06:04à sortir de la seule culture de la banane
06:06et à diversifier les cultures.
06:08Mais on diversifie les cultures
06:10sur quels sols ?
06:14sur des sols qui sont contaminés
06:16et des produits ensuite
06:18qui vont poser un certain nombre de questions.
06:21Les produits de la pêche aussi ?
06:23Bien sûr.
06:24Et vous avez en plus l'utilisation d'autres pesticides.
06:29Il faut savoir que dans les Outre-mer,
06:31on utilise plus de pesticides,
06:34ce qui est quand même incroyable,
06:35que sur le continent.
06:37Et ces pesticides vont s'ajouter
06:39au chlordécone qui est présent.
06:42Et on parle d'un effet cocktail
06:45qu'on ne mesure pas forcément aujourd'hui,
06:47mais qui fait craindre le pire.
06:51Et puis, une chose que je veux dire,
06:54et je pense que Michel partage mon avis là-dessus,
06:57pourquoi il y a eu cet omerta
06:59pendant tant d'années ?
07:01Pourquoi est-ce qu'on a continué
07:03alors qu'on était au courant ?
07:05Les États-Unis ont interdit des 76 ou 76.
07:10Pourquoi est-ce qu'on a autorisé cela ?
07:12Et il y a une constance.
07:14Dans les Outre-mer, c'est loin.
07:16Et on s'autorise parfois un peu tout.
07:20Il y a eu les essais nucléaires en Polynésie.
07:23Là encore, un scandale qui concerne les Outre-mer.
07:28Il y a eu à l'époque en Algérie,
07:31également un certain nombre de scandales.
07:34Et il y a eu à la réunion très récemment
07:37concernant le chikungunien.
07:39Il a fallu que les réunionnais se battent
07:42pour faire reconnaître qu'il y avait un problème de santé publique
07:46par rapport au chikungunien.
07:48Donc c'est toujours la même histoire.
07:50Beaucoup d'absence de transparence.
07:52Et en définitive, ce sont des intérêts économiques,
07:55Michel a raison,
07:57qui priment sur la santé.
07:58Et c'est cela qui est absolument détestable.
08:00Alors si vous redonnez l'alerte tous les deux aujourd'hui,
08:03c'est parce que l'Agence régionale de santé
08:05a elle-même alerté,
08:08suite notamment au relèvement des doses de chlordécone
08:13autorisées dans l'alimentation.
08:14C'est bien ça.
08:15C'est-à-dire qu'en gros, on a monté ces taux.
08:17On a masqué le problème.
08:20En disant que pour la viande,
08:22on pouvait admettre des taux,
08:24d'après les informations dont on dispose,
08:26cinq fois supérieurs à ce qui était admis jusqu'à maintenant.
08:28Et que pour la volaille, par exemple,
08:30on pouvait admettre des taux de chlordécone
08:33dix fois supérieurs à ce qui était admis.
08:35C'est ce que dénonce l'Agence régionale de santé,
08:38qui est une agence scientifique.
08:40C'est elle qui a le doigt sur cette question-là.
08:42Parce qu'en fait, localement,
08:45il y avait quand même des scientifiques ici.
08:47Vous voyez qu'ils tiraient la sonnette d'alarme.
08:49Il y avait les gens de l'Inserm,
08:50il y avait les gens de l'INRA,
08:52il y avait les gens de l'ARS,
08:53notamment des inspecteurs sanitaires,
08:55qui avaient fait des mesures
08:56et qui montraient que le sol était contaminé.
08:58Et qu'un cinquième du chlordécone dans le sol
09:02pouvait passer, vous voyez, dans les légumes.
09:05Dans, par exemple, les tubercules, le manioc, ligname,
09:09que ça pouvait passer aussi,
09:11vous parliez des poissons de lousse,
09:12parce que tout ça, ça partait dans les poissons.
09:14Et les poissons de mer,
09:16parce que tout ça, après, ça va dans la mer.
09:18Et donc, ça leur demande d'aller beaucoup plus loin
09:20pour ne pas avoir de poissons contaminés.
09:21Donc, à l'heure actuelle,
09:25on se retrouve avec une contamination incroyable.
09:27Et déjà, dès les années 2008,
09:29il n'y avait pas le même niveau,
09:31vous voyez, de ces résidus de pesticides,
09:33qu'on appelle les LMR,
09:35les limites maximum de résidus,
09:37entre la métropole et les Antilles.
09:41Et comme si la métropole,
09:42eh bien, on faisait des normes,
09:44c'est de l'ordre de 10 microgrammes,
09:46et que, par contre, c'était 20 microgrammes.
09:48Vous voyez qu'ils avaient droit à certains résidus.
09:50Ils étaient immunisés, par exemple, les Antilles.
09:53Bon.
09:53Ça, c'était, vous voyez,
09:55pour favoriser le commerce local.
09:56Et puis, l'ANSES, après,
09:58on lui a demandé de réévaluer CLMR.
10:02Et effectivement,
10:03ça a été multiplié par 5 et par 10.
10:06Mais là où il y a eu le trucage,
10:07d'ailleurs, la commission a demandé à l'ANSES
10:10de revoir, l'ANSES,
10:11c'est l'Agence Nationale de Sécurité Alimentaire,
10:14de revoir ces niveaux,
10:15parce que la chlordécone s'accumule dans la matière grasse.
10:19Et on faisait un distinguo dans la viande rouge.
10:22Vous voyez, de la viande rouge graisseuse
10:24et de la viande rouge moins...
10:26Eh bien là, ils ont tout mis en même temps.
10:28Et alors, moi, la question que je vous pose,
10:30c'est que, d'une part, il faut qu'on revoie ces résidus,
10:33et qu'il faudrait qu'il n'y en ait pas,
10:35et que, surtout, le chlordécone,
10:38c'est un perturbateur endocrinien.
10:39D'où tous ces cancers qu'on appelle hormonodépendants.
10:42Vous voyez, le cancer de la prostate,
10:43mais il y a aussi des cancers du sein pour les femmes.
10:46Mais aussi, on s'aperçoit qu'il y a une stérilisation
10:49de la population masculine.
10:51Parce que ça joue, vous voyez,
10:53sur le nombre de supermastosoïdes.
10:54Ils se disent qu'il y a certains hommes,
10:57mais qui en ont très peu, vous voyez,
10:59pour pouvoir féconder les ovules.
11:02Et on nous a dit qu'au niveau cérébral également,
11:04pour le développement du cerveau,
11:06notamment chez les enfants,
11:08il y a des impacts.
11:10Donc, il faut se rendre compte de ce...
11:12Et une perte de puits de 20 points,
11:13c'est-à-dire qu'on va faire des antilles,
11:16ils ne pourront plus faire des petits antillais.
11:18Si c'est des garçons,
11:19si les garçons ne seront plus sensibles,
11:21les filles,
11:21ils feront des débiles légers.
11:24Et en plus, à l'âge adulte,
11:26ils vont mourir de cancer de la prostate.
11:28Donc, on parle même de génocide.
11:30Et tous les deux,
11:31lorsqu'on a fait une conférence de presse
11:33avec des antillais qui sont venus,
11:36on s'est dit, mais ce n'est pas possible.
11:37On ne va pas couvrir ce crime d'État.
11:39Parce que c'est un crime d'État.
11:41Et puis après, la solution,
11:42qu'est-ce qu'on peut faire maintenant ?
11:43C'est ça.
11:44Alors, il faut voir les autres...
11:45Je voulais avant poser une question à Yunus Margi.
11:48Qu'est-ce que l'Europe a à voir là-dedans ?
11:50Est-ce qu'elle a à voir quelque chose ?
11:51Parce que, je veux dire,
11:52c'est quand même une des prérogatives
11:53de l'Union européenne,
11:55même s'il y a des grands débats,
11:57on le sait bien,
11:58mais c'est quand même une des attentions,
12:00j'allais dire, de l'Union européenne,
12:02de s'inquiéter de ces questions de pollution
12:06par des insecticides, des herbicides, etc.
12:08Même si les résultats, au bout du compte,
12:09ne sont pas toujours satisfaisants,
12:11au moins, il y a un intérêt.
12:12J'allais dire, on a l'impression
12:12que là, personne ne sait spécialement
12:14qu'il y a des petites questions.
12:15Est-ce que l'Europe a à voir là-dedans ?
12:17En réalité, c'est la France
12:19qui, au départ, a commis le crime originel.
12:25La Commission européenne et l'ANSES
12:28renvoient un peu la balle.
12:31J'ai posé la question à la Commission européenne,
12:33précisément concernant les limites maximales
12:36de résidus,
12:37et l'ANSES, finalement,
12:40renvoie la balle vers la Commission.
12:42Enfin, les deux s'en renvoient la balle.
12:43La réalité, c'est que lorsque la Commission européenne
12:47a pris un certain nombre d'actes,
12:50la France a été associée,
12:52parce qu'on peut raconter n'importe quoi en France
12:54à l'Assemblée nationale,
12:56nous sommes, nous, des députés européens
12:57et nous savons comment sont élaborés
12:59un certain nombre d'actes.
13:00La France a forcément été associée
13:02et donné son accord concernant les LMR.
13:06Sur les LMR, je veux dire
13:07qu'ils sont assez inefficients,
13:09assez inefficaces.
13:10D'ailleurs, les produits de la mer ne sont pas concernés
13:13par ces LMR.
13:15Donc, il faut sans doute,
13:16à partir de ce qui s'est passé sur le chlordécone,
13:20remettre en cause un certain nombre de choses.
13:22L'Union européenne, effectivement,
13:24je fais partie de ceux qui considèrent
13:26qu'il faut des mesures
13:30beaucoup plus contraignantes
13:32de la part de l'Union européenne.
13:34Sauf que, nous voyons qu'en Union européenne aussi,
13:38c'est le règne de l'opacité,
13:41c'est aussi les collusions avec les industries.
13:45Le cas du glyphosate nous renvoie
13:47à celui du chlordécone.
13:49Donc, finalement,
13:51qu'on soit citoyen européen,
13:53que ce soit un problème européen
13:54ou un problème français,
13:55on bute sur les mêmes difficultés.
13:59Et c'est pourquoi les citoyens
14:02sont perdants dans cette affaire.
14:04Michel a vraiment raison de le dire.
14:07On est dans une situation de crime
14:10et de destruction
14:12de toute la société
14:16martiniquaise et guadeloupéenne.
14:18Et je pense que les Antillais eux-mêmes
14:21n'ont pas conscience,
14:23à ce jour,
14:24de la gravité de ce problème du chlordécone
14:28qu'on pensait pouvoir régler comme ça
14:30par des petites mesurettes.
14:32On a empoisonné les Antillais
14:38pendant des décennies
14:39en connaissance de cause
14:40et on a empoisonné la nature
14:44de la même manière.
14:45Donc, comment en sortir ?
14:47Est-ce qu'il y a quelque chose à faire aujourd'hui ?
14:50Qu'est-ce qu'on peut faire ?
14:51Parce que la situation que vous décrivez là,
14:53dans un milieu qui est un petit milieu,
14:54on est dans un milieu insulaire,
14:57on n'a pas énormément d'alternatives finalement.
14:59Qu'est-ce qui est possible ?
15:01Alors, Youlouz disait,
15:03il faut informer les gens,
15:05je pense qu'il y a une sous-information.
15:07Et donc, on va s'y rendre au mois d'octobre
15:09avec des scientifiques ensemble
15:12pour informer la population
15:14et dire aux scientifiques qu'on les soutient.
15:16Bon.
15:17Deuxième chose,
15:18comme vous dites,
15:19il y a une urgence.
15:20L'urgence, c'est les femmes enceintes et les enfants.
15:22Parce que si une femme enceinte
15:24mange des produits,
15:26même avec une LMR,
15:28vous voyez,
15:28avec des produits en dessous du taux.
15:29Tous les produits sur place
15:31sont contaminés,
15:33d'après ce que vous nous dites à l'heure actuelle.
15:35Une grande partie, en tous les cas.
15:36Tous les produits,
15:37il y a, parce qu'il y a des zones
15:38quand même qui ne sont pas contaminées.
15:40Il y a une majorité d'eux.
15:41Mais, comme vous voyez
15:42que la contamination,
15:43elle se déplace,
15:44c'est ça le problème.
15:45Donc, il faut qu'il y ait
15:46un plan d'urgence
15:47sur ces populations-ci.
15:49Parce que,
15:49si une femme enceinte
15:50prend par exemple
15:51du manioc,
15:52des fruits,
15:53où il y a un peu
15:54de perturbateurs endocriniens
15:55avec ce chlordécone,
15:56c'est la fenêtre d'exposition
15:58du fœtus
15:59qui va être déterminante
16:00dans le développement,
16:01vous voyez,
16:01neurologique du gamin.
16:02Donc, il faut qu'elle utilise
16:04de la bouffe bio,
16:06de la nourriture bio.
16:08Donc, il va falloir faire
16:09comme peut-être
16:09dans les zones contaminées
16:11près de Jermobile,
16:12il va falloir construire
16:13du serre.
16:14Il va falloir peut-être
16:16alimenter par d'autres îles
16:17qui n'ont pas été touchées
16:18par un chlordécone,
16:19vous voyez,
16:19pour qu'elles puissent se nourrir
16:21avec des produits sains.
16:22Et puis, au niveau des enfants aussi,
16:24parce que les enfants,
16:25vous voyez,
16:25jusqu'à 7 ans,
16:26sont hyper fragiles.
16:27Et il y a des études en ce moment
16:28là-dessus
16:29qui se font sur les gamins.
16:30Donc, ils nous ont mis
16:32devant une situation
16:34dramatique
16:34avec la complicité
16:36quand même
16:36des acteurs locaux aussi.
16:37Mais qui souffre le plus ?
16:39Mais c'est les plus pauvres.
16:40C'est les plus pauvres
16:42qui ont leur petit élevage
16:43de volailles.
16:43Parce qu'il faut empêcher
16:44à ce que les volailles,
16:45vous voyez,
16:47picore sur la terre.
16:49Bien sûr.
16:50Il faut empêcher
16:51à ce qu'on mange
16:51des fruits
16:52qui sont contaminés,
16:53etc.
16:54Donc, c'est vraiment
16:55incroyable et dramatique.
16:57de le faire savoir
16:58et obtenir
16:59la mesure d'urgence.
17:00Pour les peuples
17:01des Outre-mer
17:02et pour les Guadeloupéens
17:04et Martiniquais,
17:05il faut d'abord
17:06reconnaître
17:06qu'il s'agit
17:08de peuples
17:08en danger.
17:09Il faut reconnaître
17:11le préjudice
17:12des victimes
17:13et accepter
17:15l'idée
17:15qu'il y a
17:16des victimes.
17:17Parce qu'aujourd'hui,
17:18il y a presque
17:19une négation
17:20de l'existence
17:21même
17:21de victimes
17:22du chlordécone.
17:2480 des plus
17:25hauts taux
17:26de cancers
17:27dans le monde
17:28sur certaines
17:29pathologies
17:30sont aux Antilles,
17:32en Guadeloupe
17:32et en Martinique,
17:33cancers de la prostate,
17:34on l'a dit,
17:34mais pas seulement,
17:35aussi beaucoup
17:36d'autres cancers.
17:37Donc, reconnaître
17:38le préjudice,
17:39la reconnaissance
17:40des victimes.
17:41Il y a une plainte
17:42qui a été
17:42d'ailleurs introduite
17:44par une association,
17:46Santé-Vie,
17:47je crois,
17:48devant le tribunal.
17:50Donc, voilà,
17:51la France doit reconnaître.
17:52Ensuite,
17:53je me suis engagé
17:56auprès des collectifs
17:58des citoyens
17:59et de l'avocat,
18:00je crois,
18:00qu'on a rencontré
18:02à interroger
18:03les présidents
18:04de groupe
18:04à l'Assemblée nationale
18:06et en particulier
18:08le président
18:09de la France insoumise
18:10pour qu'il fasse
18:12une demande
18:13d'enquête parlementaire.
18:15Si plusieurs groupes
18:15politiques peuvent
18:16faire la demande,
18:17c'est encore mieux.
18:18Mais il faut
18:19une enquête parlementaire
18:20pour savoir
18:21ce qui s'est passé
18:22pour empêcher
18:23aussi
18:23que cela se reproduise
18:25et qu'on en tire
18:26les enseignements.
18:28Et puis,
18:28évidemment,
18:28je rejoins Michel,
18:29la question
18:30de l'alimentation
18:31des femmes enceintes,
18:32c'est vraiment
18:33la question
18:33la plus importante
18:34aujourd'hui
18:35si on se situe
18:36pour l'avenir.
18:37Mais il y a
18:38malheureusement
18:39un fait accompli
18:42sur lequel
18:43il n'est plus possible
18:44d'agir.
18:44Il le désastre a eu lieu.
18:45Sur lequel il n'est plus
18:47possible d'agir.
18:48Ensuite,
18:48s'agissant des bananiers,
18:50parce qu'il faut quand même
18:51en parler,
18:52il y a une responsabilité.
18:55Beaucoup d'efforts
18:56ont été faits depuis
18:57aussi pour réduire,
18:59d'abord,
19:00le chlordécone
19:00n'était plus utilisé,
19:01mais pour réduire
19:02les pesticides.
19:03Je veux dire
19:04à ceux qui vous écoutent
19:05qu'ils peuvent manger
19:08la banane
19:09de Guadeloupe
19:10et de Martigny
19:11en toute tranquillité
19:14parce qu'elle n'est
19:15pas contaminée
19:17par le chlordécone,
19:18vu que,
19:19enfin je crois,
19:19je ne veux pas dire
19:20de bêtises,
19:21mais les scientifiques
19:22disent que ça ne remonte
19:23pas dans le fruit.
19:25Et par ailleurs,
19:27comparé à la banane
19:28de l'art,
19:29c'est la banane
19:31où les pesticides
19:33sont le moins utilisés.
19:35Il y a plus de risques
19:36à manger la banane
19:37d'Équateur
19:38ou la banane
19:39de Côte d'Ivoire
19:40qui sont chargées
19:41en pesticides
19:42que la banane française,
19:44la banane communautaire
19:45et ça,
19:46il faut quand même
19:46le dire aussi.
19:47On défend son territoire.
19:48Non,
19:48mais on défend l'économie
19:49et l'agriculture aussi.
19:51Dans la justesse,
19:51bien sûr.
19:53Vous parliez,
19:54vous évoquiez,
19:54vous avez évoqué
19:55tous les deux,
19:56Tchernobyl,
19:57on peut parler
19:58de Fukushima également
19:59et vous disiez
20:00une chose extrêmement importante,
20:01c'est le désastre
20:03a eu lieu,
20:03c'est-à-dire
20:03qu'on est dans une situation
20:04où on n'y peut plus rien.
20:06Il faut qu'on gère
20:06quelque chose
20:07de très particulier.
20:08On est là,
20:09vous diriez,
20:09dans le cadre
20:10d'une de ces grandes crises
20:12environnementales
20:12comme on a pu en avoir
20:13avec l'amiande,
20:14par exemple.
20:14Pour moi,
20:15c'est une crise sanitaire
20:17de finance très importante.
20:19Parce que,
20:19un,
20:19il y a la vie
20:20des gens en jeu,
20:22il y a la génération
20:23qui vient
20:24et puis,
20:24il y a leur patrimoine.
20:26Et ça continue.
20:26Et ça continue
20:27parce que ce qu'on a oublié
20:28de dire au début,
20:29c'est que la durée de vie
20:32du chlordécone,
20:33c'est entre 600
20:33et 700 ans.
20:35Donc,
20:35je ne sais pas
20:36si vous vous rendez compte.
20:37Donc,
20:37là,
20:38il faut vraiment
20:39faire l'état des lieux.
20:40D'ailleurs,
20:40la France,
20:41la métropole s'est engagée
20:42à faire une cartographie.
20:44Il faut qu'elle la fasse
20:45avec un contrôle citoyen
20:46parce que moi,
20:47je veux toujours
20:48qu'il y ait des contre-pouvoirs
20:49pour bien vérifier
20:49que c'est bien fait.
20:51Et puis,
20:51la deuxième chose,
20:52c'est qu'on réfléchit
20:53sur comment on va
20:54alimenter les gens
20:55et notamment
20:57les populations critiques.
20:58Et puis,
20:59la politique sanitaire.
21:00La politique sanitaire
21:02sur place.
21:03de santé.
21:03En Guyane,
21:05actuellement,
21:0617 médecins
21:07ont démissionné
21:08compte tenu
21:09de l'état
21:10de délabrement
21:12de la santé publique
21:14en Guyane
21:15et du manque de moyens
21:16qu'ils ont.
21:18en Guadeloupe,
21:20vous avez eu
21:20un incendie
21:21à l'hôpital
21:22qui a créé
21:23une situation
21:23assez épouvantable.
21:25Il n'y a pas
21:25de réponse
21:26à la hauteur
21:27aujourd'hui
21:28de la part
21:28du gouvernement.
21:30Or,
21:30dans des territoires
21:31qui sont confrontés
21:32à tant de cancers,
21:34à tant de pathologies,
21:35à tant de maladies rares aussi,
21:37il faut un effort
21:39exceptionnel
21:40pour les hôpitaux.
21:41Il faut favoriser aussi
21:43la possibilité
21:44pour les personnes.
21:45Il faut revenir
21:46à des choses concrètes
21:47pour se faire soigner
21:49à la compréhension
21:50de ce qu'elles ont
21:50comme maladie,
21:51etc.
21:53Et tout ça
21:54n'est pas fait
21:54aujourd'hui.
21:55Reconnaissance
21:56des victimes
21:56et sanction
21:58aussi des responsables
22:00parce que les gens
22:01quand même,
22:01quand ils ont donné
22:02ces dérogations,
22:03il faut qu'on retrouve
22:04les responsables.
22:06Il faut savoir
22:06qui a fait quoi.
22:07Merci à vous deux.
22:08Bien sûr,
22:09on va continuer
22:10à suivre
22:10cette affaire
22:11du chlordécone.
22:13Attention.
22:14On va continuer
22:15à suivre
22:15cette affaire.
22:16Je vous remercie.
22:17Bonne journée à vous.
22:18Merci à vous
22:19qui vous avez suivi.
22:19Au revoir.
22:20Merci.
22:20Sous-titrage Société Radio-Canada
22:22Sous-titrage Société Radio-Canada
22:25Sous-titrage Société Radio-Canada
22:28Sous-titrage Société Radio-Canada

Recommandations