00:00Simplement, tu prends la une d'aujourd'hui, les gueules cassées demandent des comptes violences policières.
00:04Tu peux te demander simplement si cette une-là, tu l'auras dans Le Parisien un jour,
00:09si tu l'auras dans Les Echos un jour, si tu l'auras même aujourd'hui au Monde ou à
00:14Libération un jour.
00:16C'est vraisemblablement que non.
00:18Donc la nécessité qu'il y ait un journal pour venir apporter ça, dire ça, elle va de soi.
00:25Ce qui ne va pas de soi, c'est qu'aujourd'hui, les aides à la presse, elles servent essentiellement
00:29à diffuser des catalogues publicitaires.
00:32C'est ça, la réalité.
00:33Donc il doit y avoir une réorientation des aides à la presse vers les titres qui disposent le moins de
00:38publicité.
00:39Sans l'humain, l'affaire Odin n'aurait jamais été bousculée.
00:44Sans l'humain, la parole au sans-grade, à la France qui manque, à la France qui souffre, ne serait
00:51pas le quotidien.
00:53Et donc l'appel à la mobilisation pour que la République, ici, ne puisse pas se passer d'humanité.
01:00C'est un appel qu'on propose de décupler à plusieurs voix.
01:05Moi-même au Modem, qui ne suis pourtant pas de la sensibilité normalement politique,
01:09le premier mot quand ça s'est créé, le Modem en 2007, c'était un projet humaniste.
01:13Et l'Huma, c'est l'humain d'abord.
01:16Ça veut dire, c'est aller chercher ceux qui sont toujours le maillon le plus faible de la société.
01:20Et le diagnostic, il est toujours juste dans l'humanité.
01:22Après, on peut diverger des fois sur les remèdes au diagnostic.
01:26Mais aujourd'hui, ce n'est pas un journal technocrate.
01:28C'est un journal qui va chercher ce qui n'est pas visible.
01:31C'est-à-dire la partie que personne ne va vouloir et que ça n'intéresse personne.
01:35Dans les gens qui sont des gueules fracassées, qui sont des gens qu'on ne met pas en avant.
01:39Et donc, moi, je pense que tous les gens qui ne sont pas communistes, qui ne sont pas pour l
01:43'humanité,
01:43on doit s'abonner à l'humanité.
01:45Et donc, moi, je vais prendre mon abonnement à l'humanité.
01:47Je lisais déjà là et je passais pour un gauchot.
01:49Donc, j'ai pris ma carte bleue pour dire que j'allais...
01:51Gonne, attention !
01:53Elle est personnelle.
01:54Ça ne peut pas disparaître.
01:56Parce que c'est une part de liberté qui disparaît si le journal de l'humanité disparaît.
02:00Et donc, la liberté, le débat, c'est justement ce qu'ils font les parlementaires.
02:04C'est-à-dire qu'on peut débattre dans l'hémicycle en n'étant pas d'accord,
02:06en étant même des fois un petit peu vif, mais c'est parce qu'il y a débat.
02:09Et si l'humanité, il arrête, ça veut dire que par la presse, on arrête le débat dans cette république.
02:14Et donc, tous ceux qui ne partagent pas les idées de l'humanité,
02:17comme certains l'ont fait avec Charlie Hebdo à un moment donné,
02:19il faut qu'on prenne un abonnement.
02:21Il faut qu'on prenne un abonnement parce que cette liberté d'expression,
02:23elle passe par la liberté de la presse et elle passe par la survie de l'humanité.
02:27Vous avez tous en tête la chanson « Pourquoi on tient tuer Jaurès ? »
02:30avec son refrain, avec ses interpellations.
02:33On a rendu hommage à Jaurès ici.
02:36Sa plaque a été apposée sur le siège d'Hubert Villefranc,
02:39le député atypique de Saint-Etienne-du-Rouvray.
02:44Et bien, l'année où on rend hommage à Jaurès,
02:46le journal de Jaurès, « Plus que jamais, il faut être à ses côtés. »
02:50On a besoin d'humanité plus que jamais.