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  • il y a 2 jours
Près de 2000 salariés, dont 300 venus de Belfort en TGV, étaient rassemblés ce mardi devant le siège d’Alstom, à St Ouen à l’appel de l'intersyndicale (CFE-CGC, CGT, CFDT, FO) pour défendre le berceau historique du constructeur où 400 emplois sur 480 sont menacés. Mais au-delà de Belfort, les salariés exigent également le maintien de tous les sites Alstom Transport de l’hexagone menacés à plus ou moins long terme. Une inquiétude que confirme le vote à l’unanimité le matin même par le Comité central d’entreprise d’un droit d'alerte économique sur la situation du groupe en France.

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00:02Ils sont bien vivants et ils l'ont manifesté à grand renfort de cornes de brune ce matin à Saint
00:09-Ouen.
00:10Près de 2000 salariés étaient rassemblés ce mardi devant le siège d'Alstom à l'appel de l'intersyndicale
00:16pour défendre le berceau historique du constructeur où 400 emplois sur 480 sont menacés.
00:23Mais au-delà de Belfort, les salariés exigent également le maintien de tous les sites Alstom Transport de l'Hexagone
00:31menacés à plus ou moins long terme.
00:34Une inquiétude que confirme le vote à l'unanimité ce matin par le Conseil central d'entreprise d'un droit
00:40d'alerte économique sur la situation du groupe en France.
00:44Venu de Belfort en TGV avec 300 collègues, Sabine Verdant nous explique les enjeux de cette mobilisation.
00:50On sait qu'elle va être longue et dure cette lutte mais on ne va pas lâcher parce qu'on
00:55sait aussi que ce site il y a moyen de le sauver et voire même de le développer.
00:59Qu'est-ce qui vous permet de dire ça ?
01:01On a les savoir-faire, c'est une entreprise à Belfort qui a 130 ans, les savoir-faire sont là,
01:08c'est de génération en génération qu'on travaille chez Alstom.
01:11On a l'outil industriel qui le permet, alors peut-être qu'il va falloir quelques investissements pour remettre à
01:16jour les outils de travail,
01:18mais en tout cas il y a du potentiel, il y a de l'espace, il y a tout ce
01:21qu'il faut, il y a les services publics autour, il y a tout ce qu'il faut pour effectivement
01:25que cette usine soit développée.
01:27Nous on est persuadés qu'on a un avenir et un long et bel avenir.
01:30Qu'est-ce que vous attendez de l'État aujourd'hui ?
01:32L'État ?
01:34Qu'il prenne ses responsabilités, qu'il arrête de proposer et de faire voter des lois, quand il les fait
01:39voter, quand il ne passe pas par un 49-3,
01:41et qu'il arrête de démanteler toutes les filières industrielles et qu'il arrête de démanteler les services publics.
01:48Ce qui arrive aujourd'hui à l'Alstom, ce n'est pas un hasard.
01:51Avec la réforme ferroviaire, avec les lois Macron, les lois Rebsamen et la loi travail, c'était évident que ce
01:57site était en danger.
01:58Je vous rappelle quand même que Alstom a quand même touché plus de 92 millions de CICE et de crédits
02:07impôts recherche.
02:07Et donc, ça, c'était soi-disant pour améliorer la compétitivité des entreprises.
02:13Il est où, sergent ? Ils en ont fait quoi ?
02:15Eh bien, ils l'ont mis dans la poche des actionnaires et ça, c'est intolérable.
02:18Maintenant, ça, le gouvernement peut y faire des choses.
02:21Il est proprement scandaleux aujourd'hui que dans les appels d'offres des entreprises publiques, il n'y ait aucune
02:28charte sociale.
02:29Ça veut dire que le gouvernement, par le biais de ses entreprises publiques, contribue au dumping social.
02:35On préfère faire travailler d'autres salariés.
02:39Il faut que tout le monde travaille.
02:40Mais dans de bonnes conditions, on préfère les faire travailler le week-end, 12 heures par jour, payer 500 euros
02:47ou 450 euros.
02:49Eh bien, il faut que dans les appels d'offres des entreprises publiques, il y ait précisé des conditions sociales
02:55pour obtenir les marchés.
02:57Ça, c'est une décision que le gouvernement doit prendre.
03:01Et en même temps, il faut arrêter ce jeu de poker menteur entre la direction de la SNCF, la direction
03:08de l'ARATP.
03:09Qui va dire le premier « je suis d'accord, je ne suis pas d'accord ».
03:13Il faut, et c'est pour ça que je salue aussi la présence des camarades cheminots à ce rassemblement, des
03:19camarades de l'ARATP.
03:20Il faut une vraie politique de transport ferroviaire dans ce pays.
03:24Comme le secrétaire général de la CGT, plusieurs élus de gauche étaient présents pour apporter leur soutien aux salariés.
03:31J'ai demandé hier au Premier ministre, à Manuel Valls, d'organiser au Parlement, c'est-à-dire à l
03:35'Assemblée nationale et au Sénat, un débat sur l'avenir de l'industrie dans notre pays.
03:39Je pense qu'il est temps que le Parlement, qui est la représentation nationale, s'empare aussi de cette grande
03:44question du devenir de l'industrie en France.
03:48C'est une exigence que portent beaucoup de gens. On voit bien que la question prioritaire que les Français se
03:54posent aujourd'hui, c'est celle de l'emploi.
03:56Et à travers celle de l'emploi, c'est aussi celle de l'avenir de notre industrie dans notre pays.
04:01Tant qu'on reste dans le capitalisme ou dans les logiques de rentabilité, on ne peut rien faire. On sera
04:04toujours victime, on subira, on assistera toujours comme ça.
04:07Ah ouais, voilà. C'est ce qu'ils nous expliquent d'ailleurs les patrons à chaque fois.
04:09Regardez, on n'y peut rien, on aimerait bien garder l'emploi, mais on ne peut pas parce que la
04:12commande, parce que ça se délocalise, parce que ça...
04:14Tout le temps, c'est comme ça. Et ils entretiennent et ils renforcent ce sentiment qu'on ne peut rien
04:17faire.
04:18Et nous, l'idée, c'est comment on inverse ça. Ça veut dire que, comme dans le passé, il y
04:23a des ouvriers qui se sont battus, qui se sont révoltés.
04:26En plus, on fait les 80 ans quand même de juin 1936, d'une grève générale qui a fait des
04:30choses quand même énormes.
04:31Ce qui était impossible, comme les congés, c'est devenu possible dans des périodes de crise et tout ça.
04:35Donc comment ce qui est impossible aujourd'hui peut devenir possible ?
04:37Ça passe forcément par des leçons de l'histoire et ça veut dire qu'il faut qu'on voit aussi
04:41ce qui s'est passé il n'y a pas si longtemps que ça.
04:42Et oui, mais c'est pour ça que c'est nos affaires. Donc comment on commence à démerdre nous-mêmes
04:47?
04:47Mais sinon, tant qu'on fera confiance aux autres, au gouvernement ou aux politiciens, on se fera toujours avoir.
05:05Message tout particulier pour les...

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