- il y a 1 an
La CGT présente mardi 27 mai sa carte actualisée des plans de suppressions d'emplois en France. Lors de cette conférence de presse, Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT s'est exprimée sur l'emploi, la TVA sociale ou encore la réforme des retraites.
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00:00Quelques mots pour vous dire que vous avez entre les mains et sous vos yeux la nouvelle version de la carte des plans de suppression d'emplois.
00:07On a publié pour la première fois il y a un an, en mai 2024. Ceci reviendra sur les chiffres. Je rappellerai simplement qu'à l'époque,
00:15on était à 130 plans de licenciement représentant grosso modo 40 000 emplois identifiés comme étant directement impactés,
00:22ce qui représentait à l'époque un potentiel haut en intégrant les emplois indirects de l'ordre d'un peu plus de 100 000 emplois.
00:29On est donc aujourd'hui à près de 400 plans de suppression d'emplois, donc 381 pour être tout à fait précis,
00:36avec donc cette fois d'identifier 80 000 emplois directement supprimés ou menacés, ce qui représente comme vous l'avez dans le dossier
00:43un minima en termes d'estimation jusqu'à 240 000 emplois possiblement impactés par cette situation.
00:52Donc simplement quelques commentaires là-dessus pour dire que donc ce recensement est le fruit d'une enquête de terrain
00:57qui a permis déjà à l'époque d'identifier une tendance, mais qui surtout depuis a permis de confirmer cette tendance.
01:03On observe qu'il y a 4 filières particulièrement touchées. Donc ça, vous l'avez sur la première carte, qui sont donc la métallurgie
01:09et notamment l'automobile, les industries chimiques, le commerce et puis les industries du papier carton.
01:17Donc comme je le disais, on identifie directement un peu plus de 80 000 emplois directement menacés ou supprimés,
01:25ce que nous nous permettons tout de suite de comparer au chiffre de Choose France. Donc je rappelle l'année dernière,
01:30Choose France 2024, le gouvernement avait évoqué le chiffre de 10 000 emplois préservés ou créés.
01:36Et cette année, le gouvernement annonce donc 13 000 emplois qui seraient créés suite aux annonces de Choose France.
01:42Donc tout ça pour remettre les choses en termes d'ordre de vendeur. Donc Sophie va développer sur les aspects de contexte
01:47et puis les perspectives tracées par la CGT. Mais donc avant, on a souhaité mettre en avant un certain nombre de dossiers et de filières
01:54sur lesquels il y a évidemment des problématiques particulières. Et donc sans plus tarder, je vais commencer par laisser la parole à Fred pour la métallurgie.
02:06Bonjour à tous. Donc bien évidemment, je laisserai les camarades des boîtes exposer les situations auxquelles ils sont confrontés.
02:12Mais bon, dans la métallurgie, c'est pas un scoop. Ça dure maintenant depuis des décennies. On a une désindustrialisation organisée
02:18par le patronat et les gouvernements successifs. Bien évidemment, il y a les dossiers dans la période qui font la une, notamment Arcelor.
02:26Mais pas que. Il y a des situations dramatiques, y compris dans les activités où les clignotants de commandes sont pleins.
02:33Si je prends par exemple NGM Service, personne n'en parle, il y a 4 500 suppressions d'emplois annoncées du fait qu'ils désengagent la partie gaz.
02:42Et c'est 4 500 emplois directs qui risquent de disparaître. Donc quand on additionne le nombre d'emplois qui sont menacés aujourd'hui
02:49dans un certain nombre de filières, pour ne pas dire toutes les filières, y compris les filières comme l'aéronautique ou pourtant les carnets de commandes,
02:55sont pleins jusqu'en 2030, voire plus. Chez Airbus, on vient de nous annoncer 1 000 suppressions d'emplois.
02:59Donc on voit bien qu'aujourd'hui, on a un gouvernement qui, à longueur de journée, nous dit qu'il faut réindustrialiser la France.
03:05Mais concrètement, sur le terrain, il n'y a rien qui se fait. On continue à distribuer les millions d'euros aux grands groupes pour soi-disant développer l'activité,
03:15travailler sur la recherche et le développement. Force est de constater que les millions d'euros qui sont distribués, la cour des comptes parle de 260 millions d'euros
03:24qui ont été distribués aux grands groupes de la métallurgie. 260 millions d'euros. Et ces mêmes grands groupes, aujourd'hui, en demandent autant, voire plus,
03:32étant donné que Mittal vient de demander à la Commission européenne 800 millions d'euros pour soi-disant décarboner le site.
03:38Donc on voit bien qu'aujourd'hui, on a besoin de les mettre devant la responsabilité. On a besoin d'avoir une visibilité sur cet argent distribué par le gouvernement,
03:47qui est l'argent de la population, qui devrait du servir aujourd'hui à maintenir les activités, voire les développer. Aujourd'hui, force est de constater qu'elles sont délocalisées.
03:58Et l'activité ne disparaît pas. Parce que les activités qui sont délocalisées en France, elles sont relocalisées dans certains pays où les salariés sont exploités
04:08dans des conditions de travail exécrables, des niveaux de salaire... Je ne vous laisse même pas imaginer les niveaux de salaire dans certains pays.
04:14Et bien évidemment qu'au niveau du capital, il n'y a pas de souci. Leur activité continue à fonctionner, sauf que les emplois sur le territoire national disparaissent.
04:22Et force est de constater qu'on a un gouvernement qui nous dit... Par exemple, je prends l'exemple de la filière sidérurgique, filière stratégique pour la France et son économie.
04:30Aujourd'hui, qu'est-ce qui est fait pour que cette activité reste sur le territoire national ? Rien. À la différence des Anglais, qui ne sont pas encore arrivés à une nationalisation,
04:38la sidérurgie a été mise sur la protection de l'État. Donc je pense qu'il y a des leviers à faire bouger, il y a des curseurs à faire avancer.
04:45Et aujourd'hui, on a tous les ingrédients au niveau national pour maintenir et développer les activités, voire les diversifier.
04:50Et on ne peut pas continuer là où on casse l'emploi à nous dire « Est-ce que vous êtes prêts à vous spécialiser dans l'industrie d'armement ? »
04:57Parce que c'est ça qui est dit sur le terrain. Aujourd'hui, les voix de la filière ont tombé. Pas toutes, mais dans certains départements,
05:02les préfectures convoquent les directions d'entreprise pour leur dire si ils ont capacité d'adapter leur activité aux industries d'armement,
05:09c'est-à-dire à tout ce qui va servir, on sait à quoi derrière. Donc là, je pense qu'il y a besoin de vraiment faire de l'industrie une priorité nationale.
05:16C'est peut-être pas le cas aujourd'hui. Et je ne parle pas que du gouvernement Macron, parce que tous les gouvernements qui sont succédés depuis un certain nombre de décennies,
05:23ils ont tous fonctionné de la même manière. Et donc, on voit qu'aujourd'hui, en 1970, dans le produit intérieur brut, l'industrie, ça représentait 22%.
05:32En 2025, ça ne représente plus que 11%. C'est-à-dire qu'on a un pays qui, normalement, a toujours eu une image d'un pays fortement industrialisé
05:40qui est en train de se désindustrialiser. Et je pense que, sans vouloir copier ce qui se fait dans certains pays, je pense que le gouvernement français
05:46devrait s'inspirer de ce qui se fait en Angleterre et dans d'autres pays. Je ne parle pas de protectionnistes. Mais à bout d'un moment, il faut que l'activité,
05:52on puisse la maintenir sur le territoire national. Si on ne veut pas qu'il y ait des grasses conséquences sur l'emploi, sur les industries,
05:58évidemment, on va ricocher sur les services publics. Je n'en dirais pas plus, étant donné que les camarades développeront sur leur sujet au niveau des entreprises.
06:06— Merci, Fred. Donc je passe la parole à Elodie pour le rôle de la Fédération Commerces et Services.
06:12— Bonjour à toutes et à tous. Oui. Alors dans le secteur du commerce et des services, je vais parler plus particulièrement du secteur de l'habillement
06:20avec tout ce qui se passe ces dernières années. Rien qu'en 2023, c'est 4 000 emplois supprimés dans le secteur de l'habillement.
06:29Finkie, Koukaï, Gap, Burton, Jennifer, CA. CA, on est à son 8e PSE depuis 2017. Donc je vous laisse imaginer quand même.
06:39Depuis 10 ans, on en est à peu près à 37 000 suppressions d'emplois rien que dans ce secteur-là. Je vais un petit peu plus préciser sur Jennifer,
06:47puisque c'est vraiment d'actualité en ce moment. Jennifer a eu un premier PSE en 2021, puis en 2023, un deuxième et un redressement judiciaire.
06:57Et on a appris donc là, à la fin avril, de la mise en liquidation de l'entreprise avec cessation de paiement. Les salariés ont été sous le choc.
07:07En fait, pourquoi on en arrive là ? Le cas de Jennifer n'est pas un cas isolé, puisque dans toutes les enseignes que je vous ai citées auparavant,
07:13on arrive en fait aux mêmes conclusions à chaque fois et à la même stratégie d'entreprise à chaque fois. Ces entreprises touchent de l'argent public,
07:22des financements. On ne sait pas où part cet argent. Mais en tout cas, quoi qu'il en soit, à un moment donné, ça disparaît.
07:28Et ça, on n'a aucune visibilité. Quand je dis « on », c'est les représentants du personnel qui n'ont aucune visibilité sur l'utilisation de ces fonds.
07:34Et petit à petit, l'argent disparaît. Et puis, il y a des montages financiers qui sont faits. Et on crée la propre faillite de l'entreprise.
07:43Alors je m'explique comment on crée sa faillite. On n'envoie plus de stocks dans les magasins. On ne rénove pas les magasins, on ne renouvelle pas ses collections.
07:52Et petit à petit, il n'y a plus d'affaires. Et on se sert de cette excuse-là pour mettre en place des plans sociaux.
07:59Alors j'ai envie de dire « dans le meilleur des cas ». Mais bon, dans le pire des cas, on arrive quand même au redressement judiciaire, voire à la liquidation.
08:05Mais en attendant, bien avant cela, les dirigeants, eux, ils ont mis l'argent de côté. Tout l'argent qu'ils avaient mis, ils l'ont récupéré,
08:12voire même plus que ce qu'ils avaient mis au départ. Ils ont bien récupéré leur argent. Par contre, au bout du bout, c'est des salariés, toujours pareil,
08:20qui subissent de plein fouet cette casse sociale, puisque c'est eux qui se retrouvent au final sans travail.
08:28Et pour l'autre enseigne, qui n'est pas de l'habillement, mais on se retrouve dans le même cas de figure, c'est l'enseigne Casa, que vous connaissez.
08:38Pareil, qui a informé récemment les représentants du personnel qu'ils allaient fermer définitivement leurs magasins.
08:44Et encore une fois, on se retrouve dans le même cas de figure. Donc à chaque fois, on se retrouve sur cette stratégie-là.
08:51Donc moi, je dis toujours qu'en fait, ce n'est pas des dirigeants d'entreprise qu'on a, c'est des financiers. Ils prennent l'argent, ils récupèrent l'argent.
08:56Et une fois qu'ils en ont fini, ils se séparent de l'entreprise, soit sous forme de redressement ou liquidation.
09:03Et puis sinon, ils font des plans sociaux pour récupérer tout ce qu'ils ont à récupérer en termes d'argent.
09:08Et en fait, ces plans sociaux sont aussi financés par les fonds qu'ils ont touchés, les financements, les aides publiques qu'ils ont touchés auparavant.
09:16Donc nous, ce qu'on demande au niveau de la CGT de commerce et services, c'est qu'il y ait une transparence à partir du moment où les entreprises ont des financements publics,
09:24qu'il y ait une transparence au niveau de l'utilisation de ces fonds via les représentants du personnel avec des informations, consultations obligatoires sur l'utilisation des fonds.
09:35On demande aussi à ce qu'une entreprise qui touche des financements, des aides publiques, soit interdite de licencier, de mettre en place des plans sociaux
09:48dans les années qui suivent l'attribution de ces fonds. Voilà. On a aussi présenté suite... Alors suite, on a travaillé dessus bien avant,
09:59mais c'est vrai qu'il s'est passé récemment à Auchan, avec le plan social de Auchan. On propose un projet de loi, justement, pour légiférer,
10:10pour avoir des mesures qui contraignent les employeurs pour éviter, justement, d'en arriver à des cas comme ceux-là, avec une case sociale,
10:19mais plus que d'ampleur dans nos secteurs. Voilà. Je m'en arrêterai là.
10:27— Merci, Elodie. Donc la parole est à Serge Alec, au courant de la Phénix CGT.
10:32— Bonjour à toutes et à tous. Donc effectivement, pour la Phénix CGT, on a pour habitude de ne pas parler de plans sociaux,
10:39parce qu'il n'y a rien de social dans tout ce qu'on est en train de vivre. La preuve en est, c'est que dans notre fédération,
10:45il y a 5 grands secteurs qui sont sur les 11 qui sont touchés. Il y a le pétrole, il y a le caoutchouc, il y a la plasturgie,
10:50il y a l'industrie pharmaceutique et bien sûr la chimie. Il y a plus de 80 plans antisociaux qui sont dégéantés aujourd'hui.
10:59Et dans ces 80 entreprises, il n'y en a pas une qui est en difficulté financière. C'est pour vous dire quand même que ça touche
11:06des millions, des centaines de millions, voire des milliards d'euros d'aides publiques, alors qu'il n'y a pas une entreprise
11:12qui est en difficulté financière. Ce qui est d'autant plus dramatique, c'est que ces entreprises, on va prendre l'exemple
11:18dans le caoutchouc, comme l'entreprise Michelin, qui a plus de 2 milliards d'euros de bénéfices, qui a plus de 3 milliards d'euros
11:23de cash flow et qui ferme deux entreprises avec 1254 emplois directs, ça fait du 6000 emplois induits.
11:30Quand on regarde dans l'industrie du caoutchouc, comme dans de nombreuses industries, c'est un emploi direct pour 5 à 6 emplois induits.
11:39Bien sûr, je passe sur les conséquences sociales et familiales et sociétales de ces arrêts. Dans la chimie, on a bien sûr,
11:51avec l'ensemble de la CGT, on a porté plusieurs projets. On a porté des projets de nationalisation. Vous avez tous entendu parler
11:59de bancorex. Un bancorex, c'est 450 emplois détruits, mais ça met en danger la plateforme sur laquelle l'usine se situe,
12:07c'est 1200 emplois. Et quand on regarde sur le bassin, c'est plus de 6000 emplois qui seront détruits. Et pourtant,
12:14avec l'aide de la Confédération, les unions départementales, certaines unions départementales, d'autres fédérations,
12:20on a réussi à porter un projet, d'une part, de nationalisation qui a été retoqué par le gouvernement avec des arguments
12:28de vrais certains banques sur leurs explications. Mais derrière, étant donné qu'on a vu que la nationalisation ne prenait pas,
12:40on a porté un projet de SCIC, de société coopérative d'intérêt collectif, avec un business plan. On a travaillé avec les experts,
12:48on a travaillé avec tout du monde compétent. On avait les élus locaux, on avait les élus régionaux, bien sûr, et tout groupe politique
12:57hors RN qui était porteur de notre projet. Et là, c'est une défaillance complète de l'État puisqu'on arrive à mettre un business plan
13:05en place. On arrive à avoir et à retrouver un industriel. On parle d'un industriel, on ne parle pas de fonds de pension,
13:12d'un industriel indien qui voulait s'implanter sur le territoire français et sur l'Europe. Et au bout du bout, le choix fait par l'État
13:21et par le tribunal de commerce est d'aller sur une entreprise chinoise, Wannua et Bortsotkem, c'est hongrois et chinois,
13:31qui, eux, ont un projet pour sauver 50 emplois. Et au bout du bout, c'est 34 emplois, ce ne sera pas 50, avec un investissement à 1,9 million d'euros.
13:41Nous, on avait réussi quand même à trouver 45 millions d'euros d'investissement, à maintenir les 450 emplois, à maintenir la totalité de l'activité.
13:49Alors je vais simplement conclure. Moi, c'est ce que dit le gouvernement sur la souveraineté. Il faut savoir quand même que l'entreprise chimique,
13:57donc OREX, travaille à produire du chlore. Et ce chlore, il sert pour nous tous déjà pour avoir de l'eau potable, c'est-à-dire pour alimenter
14:06136 millions de personnes en eau potable, c'est-à-dire France, Europe, je vous passe les frontières, il n'y a pas de frontières pour pouvoir avoir de l'eau potable.
14:16Mais elle travaillait aussi avec le sel à fabriquer le chlore, qui était dispensé pour aller à Arkema, qui, lui, le donnait à Framatome
14:26pour aller dans le nucléaire civil et défense. Alors quand on veut parler de souveraineté et qu'on apporte des dossiers qui sont ficelés,
14:34mais vraiment ficelés, c'est-à-dire on n'arrive pas avec un dossier et des pages blanches, non. Il y a vraiment tout ce qu'il faut comme business plan
14:43pour pouvoir tenir l'activité. Et derrière, il y a une défaillance de l'État et je dirais même un coup d'État politique. Voilà, pour ce qui est de la Chine.
14:52— Merci Serge. Donc Jonathan de Santos pour la CGT Stellantis Poissy.
14:58— Bonjour à tous. Donc concernant l'usine Stellantis Poissy, tous les salariés aujourd'hui sont très inquiets sur l'avenir du site pour deux choses.
15:10La première, c'est que la direction a été incapable de se projeter sur un avenir de l'usine. Et la deuxième, c'est les rumeurs par rapport au stade du PSG.
15:22Donc voilà. Comme vous le savez, actuellement, on entend beaucoup parler. Pour nous, la CGT, stade ou pas stade, ça, en gros, on s'en fiche.
15:31Ce qui compte, c'est l'avenir du site et le maintien de l'emploi. Donc nous, ce qu'on revendique, c'est un vrai plan de pérennisation avec l'ensemble des salariés,
15:40des sous-traitants et des prestataires qui passent notamment par un nouveau véhicule et des activités annexes. On le voit très bien avec l'usine de Renaud-Flin,
15:51sans ligne de production. On garantit pas autant de maintien d'emploi dans l'usine. Donc voilà. Après, ce qui concerne par rapport aux personnes qu'on a pu contacter,
16:08c'est-à-dire qu'on a saisi quand même la direction locale, qui n'a pas donné de réponse, la direction de Cellantis au niveau central, qui n'a pas encore de réponse.
16:15On a saisi le préfet des Yvelines, qui n'a pas eu de réponse pour enlever toute inquiétude. Donc ce qui est simple pour nous, la CGT, c'est qu'on ne va pas rester spectateurs de tout ça.
16:29Et dès à présent, on est en train de préparer des actions et on va les mettre à contribution dans pas longtemps. Mais aujourd'hui, on ne peut pas rester sans réponse,
16:39surtout qu'on a des projets, on a des verdications. Donc il faut qu'elles soient écoutées. Et on instaura un rapport de force s'il le faut. Voilà, en gros, dans l'ensemble.
16:50— Merci. Merci, Jonathan. Et donc la parole est à Sophie. — Il y a presque un an, jour pour jour, dans cette salle, la CGT tirait la sonnette d'alarme en publiant une liste
17:03de 130 plans de licenciements pour alerter sur le mouvement de désindustrialisation qui s'enclenchait. À l'époque, cette première carte des plans de licenciements
17:12a été accueillie par un silence assourdissant. On se souvient, le Premier ministre était en campagne pour les élections européennes avec le succès dont on se souvient.
17:21Quant au président de la République, il était à Versailles en train de sabler le champagne avec des grands patrons, ventant des milliards d'investissements
17:29dans des data centers. Un an plus tard, et 3 Premiers ministres différents, toujours aucune réponse à nos alertes. Nous avons remis ces plans de licenciements
17:39à chaque nouveau Premier ministre. C'était 200 pour Michel Barnier. Ça a été près de 300 pour M. Bayrou. Nous sommes aujourd'hui malheureusement
17:49à près de 400 plans de licenciements en cours, 381 selon nos décomptes, avec près de 300 000 emplois qui sont menacés. Et nous savons qu'il s'agit de chiffres
18:02extrêmement minoris. Il nous manque des informations. Et tous les petits plans de licenciements ne sont pas décomptés, c'est-à-dire que toutes les PME,
18:11les établissements de taille intermédiaire, etc. ne sont pas malheureusement dans nos radars, alors que ce sont les premiers à souffrir.
18:18Ces plans de licenciements, ils sont pour une majorité d'entre eux le fait de grandes entreprises qui font des bénéfices, qui distribuent des dividendes
18:26et qui touchent énormément d'aides publiques. Ces licenciements, ils touchent l'ensemble des secteurs, mais ils concernent pour moitié l'industrie,
18:34alors que la France fait déjà partie des pays les plus désindustrialisés d'Europe. Enfin, ces licenciements, ils sont aggravés par les politiques
18:44d'austérité du gouvernement imposées dans le secteur public ou parapublic, avec désormais – c'est une nouveauté très inquiétante –
18:53des licenciements dans l'action sociale. On pense par exemple à Don Bosco, en Bretagne, et un déficit d'investissement des collectivités,
19:00qui pèse notamment dans la culture et dans le secteur de la construction, avec des résultats palpables. À chaque fois, derrière ces chiffres,
19:09c'est toujours la même histoire. C'est des territoires dévastés, des familles brisées et des pertes de savoir-faire clés pour notre pays.
19:18Un an après, l'heure est au bilan. Ce que nous pouvons vous dire ici, c'est que partout où la CGT est implantée, la CGT s'est battue et a construit
19:27des contre-projets et a mobilisé pour empêcher les licenciements. Grâce à cela, nous avons pu bloquer certains plans de licenciements,
19:35réduire drastiquement le nombre d'emplois détruits ou gagner des projets de reprise. C'est notamment le cas à la Fonderie de Bretagne,
19:43où j'étais vendredi dernier pour fêter avec les salariés la sauvegarde de 266 emplois. C'est aussi le cas à Val d'Une, à Ascometal, à Duralex,
19:53à Gardane, à Niche Fust-Alumina, même s'il y a eu beaucoup de suppression d'emplois, à Enessi, à Lubrizol, à Kéra-Glace ou à Euro-Kéra.
20:03Il y a des batailles qui sont en cours, évidemment, dont on vient de parler. Je veux aussi parler par exemple de celle qui est en cours à Owens-Illinois,
20:12le premier verrier mondial, qui fabrique nos verres pour la célèbre bouteille de Perrier et qui est menacée d'une fermeture brutale dans le Gard.
20:23Mais le problème, c'est qu'un an après, nous pouvons vous dire que ces belles histoires sont malheureusement une exception, que cette exception,
20:32elle s'est payée à la sueur de notre front parce que ça a demandé une énergie exceptionnelle, mais que le problème, c'est que la règle,
20:39c'est que le patronat et le gouvernement font clairement, systématiquement le choix du chômage. Nous sommes ici animés par une énorme colère.
20:50Animés par une énorme colère parce que depuis un an, ce que nous pouvons dire, c'est que quasiment systématiquement, les projets des salariés sont balayés.
20:58On peut parler de Vancorex, de Emma France, d'ExxonMobil, de Safra, etc., et que quasiment systématiquement, depuis un an,
21:07le gouvernement refuse d'utiliser les leviers dont il dispose. On a un gouvernement qui organise lui-même sa propre impuissance.
21:17Par exemple, un gouvernement qui refuse de nationaliser Vancorex, un gouvernement qui refuse d'agir de façon préventive pour empêcher
21:25la faillite de Vancorex sur laquelle il verse des larmes de crocodile, qui refuse d'agir de façon préventive en utilisant les outils anti-dumping
21:33qui existent aujourd'hui et qui auraient pu permettre de protéger Vancorex, un gouvernement toujours sur Vancorex qui a refusé de lever le petit doigt
21:42pour crédibiliser, soutenir le projet de reprise des salariés sous forme de SKIC, salariés qui ont déplacé des montagnes et qui ont réussi
21:50à réunir une coalition extrêmement large autour de leur projet, tous les élus locaux, les salariés, et puis aussi une partie du patronat local –
21:58je le dis, c'est peu commun – qui a soutenu le projet parce que tout le monde avait bien conscience que laisser Vancorex fermer,
22:04c'est derrière 5 000 emplois qui, aujourd'hui, sont en danger, et on en voit aujourd'hui le résultat sur Arkema, et c'est une perte de souveraineté majeure.
22:13On a un gouvernement qui refuse d'agir sur des groupes dont il est pourtant au capital. Je veux ici parler de ST Microelectronics.
22:23Le gouvernement est à 15% au capital. Le gouvernement a débloqué des aides publiques massives, puisqu'il a annoncé 2,9 milliards – je dis bien –
22:32milliards d'investissements à ST Microelectronics pour doubler la capacité de l'usine de Kroll. ST Microelectronics s'était engagée à l'époque
22:39à créer 1 000 emplois. Aujourd'hui, cette même entreprise nous annonce 2 000 à 3 000 suppressions d'emplois.
22:46Et le gouvernement n'a toujours pas levé le petit doigt pour bloquer ces suppressions d'emplois sur lesquelles il pourrait agir.
22:52On a un gouvernement qui refuse d'avoir des stratégies de filière, notamment dans le secteur automobile. Je rappelle que Renault et Stellantis,
23:00c'est quand même des groupes qu'on connaît parce qu'on est au capital. On distribue des millions et des milliards même d'aides publiques,
23:06et que le marché de l'automobile est solvabilisé par les aides à la casse et les aides écologiques. Et donc que le gouvernement pourrait avoir
23:13une stratégie de filière dans le secteur. Et on a enfin un gouvernement qui refuse de conditionner les aides publiques, de les reprendre
23:23quand elles sont manifestement utilisées pour licencier et de mettre sous pression les multinationales. Cette situation que nous dénonçons
23:33aujourd'hui, elle confirme le naufrage de la politique de l'offre. Cette politique de l'offre, elle coûte un pognon dingue, pour reprendre
23:40l'expression d'Emmanuel Macron, 200 milliards d'aides aux entreprises chaque année, 73 milliards de baisses d'impôts pour les plus riches
23:48et pour les plus grandes entreprises depuis 7 ans. Et elle s'est traduite par de nombreux sacrifices pour les salariés, les ordonnances travail,
23:55les réformes de l'assurance-chômage et la réforme des retraites. Il faut arrêter de confondre politique industrielle et cadeaux fiscaux.
24:04Au lieu de crier « cocorico » à Choose France, le gouvernement ferait mieux de sortir sa calculette. 37 milliards d'investissements annoncés
24:12à Choose France pour générer 13 000 emplois, cela revient à 2,85 millions d'euros de coûts par emploi. À ce prix-là, mieux vaut créer
24:22des fonctionnaires pour nos hôpitaux, nos écoles, nos universités qui vont très mal et qui sont à l'os. Le problème, c'est qu'au lieu de tirer
24:32les leçons de l'échec de sa politique, le gouvernement accélère et fonce dans le mur. Emmanuel Macron appelle à l'enterrement de la directive
24:40« devoir de vigilance » au plan européen. En faisant cela, il tourne le dos au rôle historique de la France dans le monde, de défense des droits humains,
24:49et il assume de laisser les mains libres aux multinationales pour faire travailler les enfants et être à l'origine d'autres rana plaza.
24:55Le message est clair. Impunité pour les puissants, silence pour les victimes. La CGT et l'ensemble des syndicats membres de la Confédération européenne
25:04des syndicats ne laisseront pas faire. De son côté, le gouvernement n'a pas peur des contradictions. Il nous explique qu'il faudrait travailler plus
25:13tout en laissant licencier. Il rebaptise l'injustice fiscale en TVA social. C'est ce qu'on appelle du marketing. Et derrière, c'est encore
25:22les travailleurs et les travailleuses qui payent pour que l'on exonère les plus riches. C'est le recyclage d'une vieille arnaque.
25:27Faire croire que taxer la consommation, ça serait social. Il est toujours temps d'agir et de changer de braquet. Depuis un an,
25:36le gouvernement n'a pas changé de politique. Mais par contre, le monde, lui, a radicalement changé. L'élection de Trump fait basculer la planète
25:44dans la guerre commerciale. Si la France et l'Europe ne changent pas immédiatement de logiciel, elles peuvent disparaître.
25:51Un pays sans industrie n'a pas d'avenir. Il ne peut pas être autonome. Il ne peut donc pas se faire respecter au plan international.
25:58Les grands pays industriels autour de nous ont tous une politique industrielle. On le voit avec la Grande-Bretagne, qui agit sur British Steel.
26:07On le voit avec l'Italie, qui met Arcelor sous tutelle pour empêcher la fermeture de ses aciéries. La seule qui refuse d'agir sur ses multinationales,
26:17c'est la France, avec le résultat que l'on sait. Je tiens par contre à nous féliciter que nos alertes et propositions aient été entendues
26:26par de nombreux parlementaires qui ont, depuis un an, multiplié les commissions d'enquête sur les aides publiques au Sénat, par exemple,
26:34sur les licenciements à l'Assemblée nationale, par exemple, et qui ont déposé de nombreuses propositions de loi reprenant nos propositions
26:41pour nationaliser Vancorex et ArcelorMittal, pour responsabiliser les donneurs d'ordres sur les sous-traitants, pour renforcer la loi Florenge
26:48ou encore pour interdire aux entreprises qui font des bénéfices de licencier. Nous appelons le gouvernement à laisser les parlementaires faire leur travail
26:57et à leur permettre d'aller jusqu'au bout en légiférant pour mettre fin à cette catastrophe. Il y a urgence à agir. La CGT a rendu publique de nouvelles propositions
27:07en avril dernier. On demande notamment toujours un moratoire sur les licenciements et l'obligation de réelle recherche de repreneurs en révisant la loi Florenge
27:17pour qu'elle s'applique à partir de 50 salariés et avec un renforcement des obligations de recherche. On demande le conditionnement des aides publiques
27:26à un avis conforme des CSE de façon à ce que les salariés puissent bloquer les entreprises qui se gavent d'aides publiques tout en licenciant.
27:36On ne vous a pas encore parlé de Sanofi. On pourra évidemment en reparler, par exemple. Nous demandons une réforme des tribunaux de commerce
27:43pour empêcher les scandales comme Vancorex ou comme Safra, où le tribunal de commerce a, contre l'avis des salariés, contre l'avis de tous les élus locaux,
27:52validé la reprise de Safra par un industriel chinois qui, sur Safra, risque de faire la même chose que ce qui a été fait sur la société averonaise de Métallurgie.
28:04Nous demandons la mise en place d'un juste prix de l'énergie pour sortir de la spéculation et enfin pouvoir s'appuyer sur notre électricité décarbonée.
28:14Nous demandons la mise en place d'un juste échange, la modulation des droits de douane en fonction des normes sociales et environnementales pour protéger notre industrie.
28:22Nous proposons que l'État mobilise la commande publique et impose aux entreprises d'être responsables dans leur politique d'achat pour en faire des outils
28:33au service du Made in France et au service d'objectifs sociaux et environnementaux. Et enfin, nous demandons la mise en place d'une cellule de crise
28:41en soutien à l'emploi et au projet des salariés qui n'hésite pas à utiliser tous les leviers à disposition – je le répète – nationalisation,
28:49aide de la PPI et de la Caisse des dépôts et consignations, etc., etc. Nous ne resterons pas les bras croisés pendant que l'on détruit nos emplois,
29:00nos industries et nos vies. La CGT appelle plus que jamais à la mobilisation dans les entreprises, dans les territoires avec les salariés et les élus
29:09pour imposer une autre logique, celle du progrès social, de la justice et de la solidarité. Nous donnons pour cela rendez-vous le 5 juin
29:18pour nos retraites et nos emplois. Pour dénoncer le fait que ce gouvernement prétende nous faire travailler jusqu'à 64 ans tout en licenciant
29:27par dizaines de milliers des seniors parce que les premières victimes de ces licenciements, ce sont les seniors qui sont sortis des entreprises
29:34à partir de 55 ans, la CGT sera plus que jamais au rendez-vous aux côtés de toutes celles et ceux qui refusent de subir pour changer la donne.
29:43Je vous remercie. — Merci, Sophie. Donc on va pouvoir procéder aux questions.
29:50— Oubliez pas de vous présenter, s'il vous plaît. — Oubliez pas de vous présenter, s'il vous plaît.
29:57— Bonjour. Sarah Delatte pour La Vie ouvrière. J'ai 2 questions qui sont liées. Nous sommes passés de 130 plans de licenciement à 400
30:10selon votre sensement en un an. Est-ce que vous pensez que la guerre commerciale menée par Trump a des incidences d'ores et déjà sur cette évolution ?
30:21Et par ailleurs, est-ce que vous pensez que les annonces d'investissements massifs faites par certains grands groupes français – je pense notamment à Sanofi –
30:31aux États-Unis peuvent se réaliser au détriment des investissements réalisés en France ?
30:37— On va prendre une deuxième question. — Oui, bonjour. Marie-Aude Grimond pour Actuel CSE. Sur votre demande de cellules de crise,
30:46il me semblait que le ministre de l'Industrie avait accepté de rencontrer les organisations syndicales. À un moment, c'était une fois par semaine.
30:53J'ai cru comprendre que ça s'était transformé en une fois par mois, et pas forcément avec lui mais avec ses équipes.
30:58Est-ce que ces réunions ont bien lieu ? J'imagine que si elles ont lieu, vous vous y participez. Et qu'est-ce qui en ressort, finalement ? Merci.
31:04— Pas d'autres questions pour l'instant ? Non ? Sur la première ? — Parole à Serge pour Sanofi.
31:13— Par rapport à Sanofi, on revient exactement dans le schéma qu'on a tous démontré par rapport aux aides publiques, puisque Sanofi,
31:22grand consommateur d'aides publiques, plus d'un milliard sur les 3 dernières années, sur les 4 dernières années par rapport à la recherche.
31:31Et pour autant, ce tac d'avoir vendu le Doliprane à Opéra, et surtout quand on regarde ce qui a pu être fait lors du Covid,
31:44quand il y avait cette volonté de recherche de vaccins, Sanofi n'a pas répondu présent. Donc des aides publiques à outrance pour ne garantir
31:55aucun développement sur France, ça fait plus de 20 ans qu'on en est à 18 sites de production de Sanofi qui ont disparu.
32:04Et aujourd'hui, bien sûr, il reste la recherche. Tant qu'elle est alimentée par les fonds publics, on pourrait peut-être encore penser,
32:12résister et exister sur le territoire. Mais aujourd'hui, c'est la condition, et qu'on combat dans notre fédération, sur le fait que les aides publiques
32:21ne doivent pas être la perfusion au maintien de l'entreprise, mais surtout de perfusion sans aucune contrepartie de garantie de maintien de l'emploi.
32:31On l'a démontré dans toutes les explications dans toutes les fédérations. Aujourd'hui, il est très, très difficile. Chez Sanofi comme chez Mustin,
32:39comme chez Exxon et dans d'autres grands groupes, d'avoir une réponse claire et nette sur la transparence des aides publiques qu'ils perçoivent.
32:48Je l'ai dit tout à l'heure dans le commerce, mais chez Michelin, aujourd'hui, j'en suis à avoir fait plusieurs interviews sur les aides publiques.
32:58J'essaye de mettre mon patron face à ses responsabilités sur le principe qu'à chaque fois que je parle des aides publiques Michelin,
33:08j'augmente le montant dans l'attente qu'ils puissent me répondre qu'on est au-dessus. Mais aujourd'hui, chez Michelin, avec 2 milliards de bénéfices,
33:17avec 3 milliards de cash flow, c'est plus de 120-130 millions d'euros des aides publiques. Donc à chaque fois, maintenant, peut-être qu'il va entendre,
33:29c'est peut-être 150 millions d'euros. J'attends que ce patron se mette en face de nous, CGT, pour nous dire non, on n'a pas tant d'aides publiques.
33:39Mais il n'y a aucune loi aujourd'hui qui les oblige à nous répondre. Voilà. Alors pour conclure sur Sanofi, la volonté de l'entreprise de délocaliser,
33:48vous l'avez vu, de partir aux États-Unis avec 20 milliards d'euros d'investissement. Ces 20 milliards auraient largement pu être faits en France.
33:59Mais cette logique de marge et de profit ne touche aussi bien l'industrie pharmaceutique que le textile.
34:06— Merci Serge. Quelques... — Deux éléments de réponse, pardon, sur la cellule de crise. Donc ça fait maintenant quasiment un mois, en fait, que la réunion s'est tenue.
34:18Donc on l'a vu un petit peu avant, donc juste après les... Enfin pas très longtemps après les annonces de Trump, une réunion d'installation politique avec le secrétaire général.
34:25Et donc la réunion à Bercy, elle, s'est tenue donc le 30 avril. Depuis, il n'y a pas eu de réunion. Donc on est passé d'un rythme hebdomadaire
34:33à éventuellement un rythme quinzomadaire. En fait, pour l'instant, une seule réunion. Alors il faut quand même rappeler à ce sujet que
34:38le patronat n'était pas du tout demandeur de ce type de réunion, ce qui interroge quand même sur ses intentions de faire en sorte que la situation
34:46puisse évoluer positivement. Et la réunion qui a eu lieu à Bercy s'est tenue donc sous l'égide à la fois du ministère du Travail
34:57et puis du ministère de l'Économie, avec une insistance très forte sur le caractère technique de la réunion.
35:04Donc l'idée, c'était d'échanger les informations et pas beaucoup plus. D'ailleurs, à ce moment-là, nous avait été promis la mise en place
35:10d'un circuit de circulation d'informations dont on attend toujours les modalités. On nous avait également promis un certain nombre de documents
35:16pour pouvoir documenter et tailler la situation. On devait nous-mêmes faire passer les choses, etc. Donc pour l'instant, il n'y a rien qui s'est mis en place.
35:23Et il y avait par ailleurs un refus absolu des deux ministères de pouvoir avoir un regard un peu précis à la fois sur les filières et surtout sur les dossiers
35:31les plus emblématiques, puisque nous, notre intention, c'était bien de pouvoir faire en sorte qu'on puisse agir concrètement sur les situations.
35:36Donc voilà. Il y a une première réunion qui s'est tenue pour répondre positivement à la demande qui avait été faite, en particulier par une organisation syndicale.
35:45Mais manifestement, il n'y a pas à ce stade de volonté gouvernementale très forte de faire vivre ce cadre de discussion. Voilà.
35:53— Sur la question sur l'impact de la guerre commerciale, quand on a lancé cette liste noire il y a un an, c'était pour démontrer les alertes que nous avions
36:05sur un mouvement de fonds qui commençait à s'enclencher dans l'industrie, qui, s'il n'était pas interrompu, réouvrirait sur une phase de désindustrialisation
36:14massive en France. Le problème, c'est qu'il y a eu depuis un an deux circonstances aggravantes. La première, c'est les politiques d'austérité,
36:22dont on voit d'ores et déjà le résultat sur tout le secteur de la construction et puis – je le disais – le secteur parapublic.
36:29Et puis la deuxième circonstance aggravante, c'est évidemment la guerre commerciale. Mais sur le plan guerre commerciale, pour l'instant,
36:37ça sert plus de prétexte pour les patrons que de réel impact, puisque la métallurgie reviendra. Mais par exemple, ArcelorMittal,
36:46ça fait des mois que la CGT alerte en disant qu'ArcelorMittal organise son départ de la France et son départ de l'Europe pour aller se relocaliser
36:56en Inde et au Brésil. Et donc aujourd'hui, les tarifs douaniers sur l'acier servent de prétexte à Mittal pour délocaliser son activité.
37:06Ce que nous constatons par contre, c'est partout une baisse des investissements. Et donc on fait cocorico sur Choose France.
37:14Mais en réalité, les investissements ont déjà baissé en 2024. Et en 2025, si rien n'est fait, ils vont encore plus baisser.
37:21Et donc là-dessus, il faut une politique extrêmement volontariste, parce qu'on voit que les investissements baissent au profit des dividendes.
37:30Déjà en 2024, les dividendes atteignaient quasiment le même niveau que les investissements. Là, en 2025, si on continue comme ça,
37:38les dividendes vont dépasser les investissements. Donc c'est une catastrophe. Ça veut dire que les richesses que nous produisons
37:43par notre travail sont aspirées pour aller rémunérer les actionnaires et qu'on n'investisse pas pour préparer l'avenir.
37:50Le patronat verse des larmes de crocodile sur la soi-disant baisse de productivité et de compétitivité en France.
37:56Mais il en est directement responsable, avec le recul des investissements en France, qui est extrêmement inquiétant.
38:02— Bonjour. J'ai ce rédit de la vie ouvrière. Tout à l'heure, vous avez dit qu'il y a quand même un problème d'absence de stratégie,
38:20de filière de la part du gouvernement. Or, il existe quand même, il me semble-t-il, des endroits où on peut les discuter.
38:26Il y a les comités stratégiques de filière. Il y a aussi d'autres endroits où on peut discuter de la politique économique,
38:34les comités économiques et sociaux régionaux, qui sont aussi un peu mis en danger. Donc la question que je voulais vous poser,
38:42c'est est-ce qu'il y a une demande de relance du dialogue au niveau de ces fameux comités stratégiques de filière,
38:48où il y a aussi la présence des syndicats et des patrons par filière ?
38:54— Bonjour. Aline Leclerc du Monde. Alors j'ai deux questions. Une pour vous, Mme Ferrier, parce que vous avez dit de façon assez insistante
39:13qu'en gros, selon vous, dans l'habillement... Et donc je voulais juste vous redévelopper un peu, parce que je trouve ça intéressant.
39:18Selon vous, dans l'habillement, ce qu'on met aujourd'hui en avant, c'est surtout la concurrence de la fast-fashion, etc.,
39:24les changements des modes de consommation, Binted, etc. Vous pensez que chez un certain nombre d'entreprises,
39:30il y a carrément une organisation finalement de la faillite. C'est ce que vous dites. Est-ce que, par exemple...
39:36Parce qu'on voit bien les dossiers Oayon, là, etc., qui montent maintenant de façon judiciaire. Mais vous le voyez, par exemple,
39:43chez Jennifer, là. Enfin voilà. Si vous pouvez redétailler un tout petit peu, parce que je trouve ça intéressant.
39:50Et par ailleurs, de façon globale, vous parlez de réforme des tribunaux de commerce par rapport à ce qui s'est fait avant Correc.
39:57J'aimerais juste que vous redétaillez ça, parce qu'en effet, on a vu que sur un certain nombre de dossiers,
40:04il n'y a pas toujours le soutien de l'État aux options soutenues par les salariés. Je sais que dans Duralex,
40:09on a bien vu que l'aide de la BPI, elle était beaucoup plus forte sur l'option qui était portée par un fonds d'investissement.
40:17Donc comment vous l'expliquez ? Est-ce que c'est un manque de confiance ? Je ne sais pas. Une stratégie ? Une idéologie ?
40:25Enfin voilà. J'aimerais juste qu'on redétaille un tout petit peu ce que vous voulez parler de réforme des tribunaux de commerce.
40:30C'est ce que vous entendez ?
40:36— Bonjour. Cécile Maillard de l'Usine Nouvelle. Moi, je reviens un peu sur les points, sur la carte.
40:41Quels sont les prochains dossiers qui vous inquiètent, ceux dont on parle pas encore, en fait, aujourd'hui,
40:45que ce soit en termes d'entreprises voire peut-être de filières un peu moins visibles pour le moment,
40:50mais sur lesquelles vous appelleriez à être vigilants, entreprises et filières, pour l'avenir ?
40:57— Merci. On va commencer par Élodie, sur le commerce. — Oui. Alors oui, par rapport à ce que je disais tout à l'heure,
41:06effectivement, ils organisent leur propre faillite. Si je prends le cas de Jenifer, par exemple, ce qui s'est passé,
41:13c'est que Jenifer, il y a des actionnaires, enfin en tout cas un où le nom est connu, qui a aussi une autre entreprise,
41:21qui est pour Célio. Célio, si vous vous rappelez bien, il y a quelque temps, a racheté Camailleux. D'accord ?
41:29À ce même moment, on apprend le redressement judiciaire de Jenifer. Donc en fait, il y a des transferts d'argent
41:37qui se font de l'une vers l'autre, entreprise. Et tout ça, c'est des montages financiers. Alors les excuses de dire
41:44« c'est la concurrence, le e-commerce et tout ça », ça ne fonctionne pas. Bien évidemment, ils mettent ça en avant
41:50parce qu'ils ne peuvent pas dire autrement. Ils ne vont quand même pas dire « ben oui, on organise, on met de l'argent
41:54où on veut ». Mais du coup, nous, on arrive, avec les informations qu'on peut avoir, à faire le lien entre les différentes
42:04entreprises. D'ailleurs, l'influenceuse qui travaillait pour Jenifer à l'époque, les Nasituation, au moment du redressement
42:12judiciaire, son contrat a basculé tout de suite chez Camailleux. Donc on voit les liens. Alors bien sûr, il faut aller
42:19fouiller, chercher pour retrouver toutes ces connexions. Mais on voit que c'est fait exprès, tout ça. Donc l'argent
42:27qui n'a pas été mis dans l'investissement pour développer, en tout cas pour faire en sorte que Jenifer puisse
42:32continuer, cet argent a été pris et transvasé pour faire Camailleux, refaire l'enseigne Camailleux. Et c'est cette même
42:42personne qui a de l'argent chez Jenifer et chez Célio. On arrive à démontrer parfois. Je voudrais aussi faire le cas
42:52de CEA. CEA, quand on est quand même à son 8e PSE, là c'est pareil. Ils organisent eux-mêmes. Quand on augmente les prix
43:01de 30%, qu'on n'envoie plus de stocks dans les magasins, qu'on ne renouvelle pas ses collections, on crée sa propre
43:10famille à un moment donné. Et on en est. Et on arrive à des PSE sur PSE sur PSE sur PSE. Alors quand on en a fait 1, puis 2, puis 3,
43:19et qu'on voit que ça ne fonctionne toujours pas, il y a un problème. On continue pas à arriver à 8 PSE pour se dire, ça va sauver
43:27l'entreprise. Non, non, non, il y a un problème. Donc voilà. Et je voudrais aussi revenir sur un autre exemple qui démontre
43:33ce que je dis aussi. C'est quand Jiffy a racheté Tati. A l'époque, Jiffy avait repris un bon nombre de magasins en disant
43:45on va faire revivre Tati. Avec un engagement sur deux ans de ne pas faire de plan social. Deux ans et un jour, annonce du premier
43:53plan social. Ok. Ils se séparent d'un certain nombre de magasins. Et puis à un certain moment, des magasins Tati sont passés Jiffy.
44:02Et on s'est aperçu avec le temps qu'en fait, tous les magasins qui ont été rénovés, qui ont bénéficié de travaux, sont passés Jiffy.
44:11Et puis, au bout de deux ans, au niveau du PSE, tous les Tati qui n'avaient pas bénéficié de ces investissements-là, eux, ils étaient
44:18dans le PSE, ils ont fermé. Et au bout du bout, on en arrive à quoi ? Parce que l'objectif premier quand ils ont racheté cette
44:24entreprise, c'était juste d'avoir les locaux. Ils s'en foutaient clairement de l'enseigne Tati et des salariés qu'il y avait
44:31dedans. Eux, ce qu'ils voulaient, c'était les locaux. Aujourd'hui, il n'y a plus Tati. Ça n'existe plus. Tout ça, c'est de la finance.
44:38Tout ça, c'est des montages. Et en plus, ils ont utilisé l'argent public pour le faire. C'est là où c'est encore plus dramatique.
44:43Ils utilisent cet argent pour licencier les personnes. Voilà. Donc toutes les excuses qu'on nous sort à chaque fois, le e-commerce,
44:51la concurrence, on les entend. Mais enfin, c'est pas pour autant, c'est pas ça qui fait qu'on en arrive là aujourd'hui dans ce secteur-là.
45:02On va prendre une dernière question sur la première partie. Il faudra qu'on enchaîne sur la deuxième. Alors deux dernières questions.
45:07Après, on fait les réponses. Ensuite, on enchaîne à partir de midi et demi sur la partie 2. Bonjour.
45:12— Bonjour. Lisa Desfossé de l'AFP. Que pense la CGT d'un retour du débat sur la TVA dite sociale ? Et participerez-vous à des travaux sur cette mesure ?
45:33— Serge Ikezal pour Politis. La question, moi, elle est sur la stratégie politique que vous souhaitez porter. À Arcelor, ils aimeraient bien
45:43une proposition de loi transpartisane pour essayer de nationaliser le groupe en France. Est-ce que vous, vous espérez pousser par exemple
45:54cette initiative ou de manière plus générale des propositions de loi transpartisane ? Parce qu'à l'Assemblée, le gouvernement n'est toujours pas majoritaire.
46:01Est-ce que vous avez un travail un peu de lobbying auprès des parlementaires ? Et si oui, sous quelle forme ? Merci.
46:07— Donc Sophie, sur un certain nombre de questions qui ont été posées. — OK. Pour commencer par la fin, la réponse, c'est oui.
46:14Effectivement, on a une stratégie d'interpellation des parlementaires. Et c'est le point positif de notre bilan un an après.
46:21C'est qu'autant le gouvernement, c'est pas de son, pas d'image, et ils accompagnent la stratégie de délocalisation des multinationales,
46:29et même, ils nous reprochent de ne pas accepter le chèque. Ils nous reprochent de faire grève pour l'emploi et de ne pas nous résoudre
46:35à signer les plans de licenciement. Voilà aujourd'hui ce qu'on entend du côté du ministère de l'Industrie qu'il faut définitivement
46:42rebaptiser ministère des Licenciements. Nous sommes ici très fiers d'avoir une CGT qui se bat partout pour l'emploi, contre vents et marées,
46:51alors que les pouvoirs publics nous forceraient à nous résoudre à accepter le chèque et puis à être dans la gestion sociale du chômage.
46:58Donc par contre, du côté des députés, on a une écoute attentive. Je l'ai dit. Il y a plein d'initiatives très intéressantes
47:04au niveau de l'Assemblée nationale, des commissions d'enquête, beaucoup de propositions de loi. Et donc oui, nous souhaitons
47:10qu'il puisse y avoir des propositions de loi transpartisanes sur les questions d'industrie, évidemment sur des dossiers particuliers
47:16type Arcelor ou Vancorex, mais aussi par exemple sur la question des relations d'honneur d'ordre sous-traitant. La CGT des GNS...
47:27Donc GNS, c'était un sous-traitant de l'automobile. Et donc ils ont écrit une proposition de loi pour que leur situation ne se reproduise plus.
47:35Cette proposition de loi, elle a été reprise par un certain nombre de groupes parlementaires. Nous souhaitons qu'elle puisse être examinée
47:42et votée par l'Assemblée nationale, parce qu'elle serait cruciale dans la période pour enfin responsabiliser les donneurs d'ordre,
47:48notamment dans le secteur automobile, mais pas que. Ensuite, sur la question de la TVA dite sociale, j'en ai parlé dans mon intervention.
47:57C'est une supercherie. C'est l'impôt le plus antisocial qui soit, parce que plus on est pauvre, plus on le paye. Ça revient à taxer la consommation
48:09pour financer de nouveaux cadeaux pour les patrons en baissant les cotisations. Et le patronat commence d'ailleurs à chiffrer ses demandes,
48:18puisqu'il nous dit qu'il voudrait y trouver 40 milliards d'euros. 40 milliards d'euros, c'est autour de 4 points de TVA.
48:254 points de TVA, ça veut dire une baisse massive de pouvoir d'achat pour les salariés, tout ça pour financer de nouveaux cadeaux pour les entreprises,
48:33alors qu'il y a déjà 200 milliards de cadeaux chaque année, 80 milliards d'exonérations de cotisations sociales qui représentent des trappes à bas salaire.
48:41Sur la question sur les filières, dans la salle, vous avez Virginie Nemeyer en bleu, ici, qui essaye d'être discrète, et Franck Perrin juste derrière,
48:51qui coordonne notre collectif politique industrielle et donc qui siège au Conseil national de l'industrie pour Virginie et pour Franck aussi.
49:02Et puis qui siège aussi dans un certain nombre de comités de filières, donc ils pourront vous donner des détails, voilà.
49:08Mais en gros, le problème, c'est que c'est les multinationales qui tiennent le stylo. Par exemple, le comité de filière industrie pharmaceutique qu'il dirige, c'est Sanofi.
49:18Donc évidemment, ils s'en servent pour orienter les heures publiques vers eux. Et nous n'arrivons pas, nous, à faire entendre nos projets alternatifs.
49:28Franck pourra y revenir, mais la CGT porte un projet d'imagerie médicale avec une SQIC, imagerie médicale, qui a été créée l'année dernière à Grenoble.
49:37Et pour l'instant, tout le monde est à bord, sauf l'État. Les seuls qui refusent de participer, c'est la BPI, alors que Thalès a pris une part, que le CHU est là.
49:49Les collectivités territoriales et notamment la région Aura que vous connaissez est partie prenante. Et donc les seuls qui refusent de signer un chèque pour rentrer dans le projet,
50:00c'est la BPI. Et c'est pas faute d'avoir interpellé dans les comités de filières. Pour finir sur les tribunaux de commerce, donc il y a une proposition détaillée
50:08dans notre dossier de presse. En gros, l'enjeu, c'est 1. Sur la composition, il n'y a pas de salariés dans les tribunaux de commerce. C'est pas juste.
50:18Nous pensons qu'il faut que les salariés soient autour de la table. 2. Il faut qu'on ait accès à l'information. Les datarooms, aujourd'hui, nous n'y avons pas accès.
50:25Donc nous savons pas qui dépose des projets de reprise, avec quels éléments, etc. Il faut que nous puissions avoir un droit de veto et donc avec un avis conforme
50:37des CSE sur des projets de reprise. Ça nous aurait permis de bloquer par exemple Bordeaux-Chem à Vancouver Ex ou de bloquer les Chinois à Safra.
50:48Nous voulons aussi avoir un droit d'appel, parce qu'aujourd'hui, il n'y a pas de droit d'appel sur les décisions des tribunaux de commerce.
50:53Les seuls qui peuvent faire appel, c'est les procureurs. Donc nous voulons un droit d'appel suspensif. Et cet appel sur Vancouver Ex, par exemple...
51:03Vancouver Ex, en fait, s'il y a un sujet qui peut résumer notre colère, c'est vraiment Vancouver Ex. Il y a tout dedans.
51:09Vancouver Ex, le tribunal de commerce prend sa décision. 48 heures après l'audience, on a l'annonce de cet investisseur indien.
51:17Or, il n'y avait plus la possibilité technique pour le tribunal de commerce de prendre en compte l'investisseur indien, puisque, après l'audience, c'était clos.
51:25Donc c'est pour ça qu'il fallait faire appel. Et c'est pour ça que la CGT a demandé à faire appel. La procureure, malheureusement, n'a pas fait appel.
51:32Si nous, on avait eu un droit d'appel, juste ce droit-là, on aurait pu sauver Vancouver Ex, parce qu'on aurait pu faire en sorte que l'offre de reprise
51:41de l'industrie indienne qui se mettait dans notre projet de ski, soit examinée. Et puis enfin, sur les tribunaux de commerce, on demande aussi
51:49d'avoir des droits d'expertise pour pouvoir, nous aussi, faire travailler nos experts sur des repreneurs, analyser les projets de reprise, etc., etc.
51:57Le problème, c'est qu'aujourd'hui, on est sur des strapontins. Malgré cela, on réussit. Et je suis vraiment très fière des victoires CGT dans ce contexte.
52:07Les victoires que j'ai listées, c'est une grande fierté, parce que c'est David contre Goliath. Mais c'est plus possible qu'on soit seulement sur des strapontins.
52:14Les choses sont claires aujourd'hui. Les seuls à défendre l'emploi en France, c'est les salariés et les élus locaux. Il faut nous donner des pouvoirs d'intervention
52:21pour protéger l'emploi en France. C'est ce que nous n'avons pas aujourd'hui. C'est un problème.
52:28Pardon, sur la question sur les menaces à venir, je pense qu'il faut faire un petit tour de table. Mais notamment, c'est pas pour rien qu'on a fait venir
52:36la CGT Poissy à Stellantis. C'est qu'on a de grosses inquiétudes sur Stellantis à Poissy et qu'on a aussi des propositions, nous, maintenant, pour empêcher
52:45cette catastrophe, pour faire en sorte de conserver une production à Poissy.
52:52Donc tour de table très rapide, s'il vous plaît, les caméras, parce qu'il faut qu'on se garde du temps après pour le dossier de la Chapelle d'Arbelay,
52:58qui est donc d'une actualité brûlante. Donc Jonathan, chacun, quelques mots de conclusion, s'il vous plaît.
53:06Nous, par rapport à Poissy, de toute façon, comme je vous l'ai dit tout à l'heure, il y a des actions qui vont être mises en place.
53:13Et on continuera jusqu'à obtenir des garanties sur le site. Voilà le mot de la fin. Donc dès demain, on commencera les actions.
53:25Et après, on verra par la suite. Mélodie. — Oui. Donc pour le commerce, nous, ce qu'on demande, c'est avoir le conditionnement des aides publiques
53:39au maintien de l'emploi sous peine de remboursement des montants alloués, d'avoir une traçabilité au même titre que les contreparties en matière de financement public
53:49en permettant aux CSE, au travers de la consultation, de participer à contrôler l'usage des fonds. Voilà. Après, on a un projet de loi
53:59qui est vachement plus détaillé quand même. Voilà. Mais dans l'ensemble, c'est vraiment ça pour éviter toute cette casse sociale.
54:07— Sébastien. — Oui. Donc il y a eu une accélération de la destruction des emplois industriels depuis début 2024, c'est-à-dire que Trump
54:15n'était pas au pouvoir et il n'y avait pas la guerre commerciale déclarée par Trump. Mais bien sûr, on a nos industriels et le patronat français.
54:24Je prends l'entreprise Michelin qui a – comment dire – programmé son évasion industrielle fin des années 90. C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
54:33sur une entreprise qui pesait 50 000 salariés en 83, on n'en pesera que plus 13 000 à la fin de l'année 2025.
54:42Mais ce qu'il y a de plus grave, c'est que les 8 sites de production qui restent encore aujourd'hui sont tous chargés
54:49pratiquement à moins de 50%. C'est-à-dire qu'il y a un choix délibéré qui est fait par cette entreprise comme celle d'autres.
54:56Je parle de Michelin, mais je pourrais le dire pour Sanofi, je pourrais le dire pour Plasticonium au niveau de la plasturgie.
55:02On fait le choix, comme l'a dit Frédéric tout à l'heure, de délocaliser dans des pays à faible coût de main-d'œuvre,
55:08dépourvus de droits sociaux, de droits – comment dire – du travail, ne permettant pas d'avoir un modèle social comme nous, on le défend.
55:15Donc l'entreprise Michelin, qui se porte pourtant sur la première marche soi-disant d'un pseudo-dialogue social qui n'existe pas,
55:22a pris le choix de délocaliser ses productions. On prend l'histoire de la fermeture de Cholet, 1 100 salariés sur le carreau.
55:32En ayant délocalisé les pneus de camionnettes au niveau de la Thaïlande pour réimporter ce marché qui est uniquement sur le territoire français et l'Afrique du Nord.
55:43Donc voilà. Alors on a Michelin qui est les sites de production qui sont en danger.
55:48Et ce matin, j'avais l'information des camarades Exxon-Gravenchon qui ont un CSE extraordinaire de main pour le côté raffinerie.
55:56Il y a eu la fermeture du vapeau Cracker annoncée en avril 2024. Et demain, CSE sur... Alors pas la fermeture, mais un rachat de la raffinerie de Gravenchon.
56:11Et qui dit rachat dit certainement casse sociale dans l'entreprise.
56:17— Merci Serge. Donc Fred ? — Très rapidement, sur la question des filières qui sont aujourd'hui pas inquiétées.
56:25Je pense qu'il n'y en a aucune qui est pas inquiétée, étant donné que les stratégies dans toutes les filières, c'est les mêmes.
56:32Aujourd'hui, il y a une filière où les carnets de commandes, ils sont pleins, par contre. C'est l'industrie d'armement.
56:37Les carnets de commandes ont explosé par 3, par 4 sur des entreprises qui, il y a quelques années, étaient sur point de fermer.
56:43Je prends un exemple. Au Baird-du-Val. Il y a 5-6 ans, les sites étaient fortement menacés. Au Baird-du-Val, aujourd'hui, les carnets de commandes ont multiplié par 4,
56:51et notamment ceux qui sont sous le moteur César. Donc on voit bien que quand il y a une volonté de maintenir et de développer l'industrie,
56:57le gouvernement, là, sait faire et a une capacité de distribuer des milliards. Et moi, je pense que Sophie a eu raison d'insister.
57:04L'arrivée de Trump aux États-Unis, pour les grains industriels, c'est une aubaine. Une aubaine pour poursuivre la casse, pour essayer de faire plier les salariés.
57:12Je pense que là-dessus, effectivement, la sécurité a un rôle. Il faut qu'on interpelle les parlementaires pour qu'ils créent les conditions pour qu'on soit entendus,
57:20et notamment que, et je terminerai là-dessus, que la loi qui est travaillée maintenant depuis un certain nombre d'années par les camarades de GMS,
57:25elle puisse voir le jour et qu'on puisse avoir un outil qui permet aux salariés de se défendre et pas de se retrouver à chaque fois dans des situations où on joue aux pompiers.
57:33Donc voilà. Globalement, je pense qu'il y a encore un avenir à l'industrie du trottoir international, mais il faut que tous les acteurs en aient la volonté de le maintenir.
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