00:00 On a beau essayer de nous fermer comme on a essayé de faire au mois de mars,
00:06 ça reste notre cuisine. On n'y touche pas et si on y touche,
00:09 nous on sera là pour la défendre quoi qu'il arrive.
00:11 Derrière nous il y a des salariés, derrière les salariés il y a des familles,
00:34 derrière les familles il y a toute une population, il y a des commerces,
00:37 il y a des écoles et tout le travail qu'on fait c'est pas que pour l'usine,
00:40 c'est aussi pour tout un canton.
00:42 Donc nous on reçoit des balles de pâtes qui peuvent être fabriquées partout dans le monde
00:56 et donc en fait par rapport au type de balles de pâtes que vous avez,
00:59 c'est pas forcément le même type d'arbre donc c'est pour ça que les
01:02 balles de pâtes viennent du monde entier.
01:04 La balle de pâte elle tombe dans le pulpeur et après un mélange,
01:16 on a ce qui ressemble un peu comme du coton,
01:18 avant un raffinage, avant une épuration et avant d'arriver sur machine à papier.
01:23 Retrouver des clients, faire des investissements sur la machine,
01:31 mais le potentiel des salariés il est là et à mon avis le rachat de notre usine,
01:37 ça a été grâce à ça parce qu'ils ont très bien vu que malgré un plan social,
01:41 les gens ont continué à travailler et ça c'était un plus.
01:43 L'annonce du PSE ça a eu un retentissement assez fort d'une part d'un point de vue économique,
01:55 mais aussi on peut dire d'une part d'un point de vue contexte et sociologie,
01:58 dans le sens où c'est une entreprise qui est ultra familiale.
02:01 Nous avons des générations entières qui ont travaillé, qui travaillent ici.
02:05 Certains ne savent pas faire autre chose que faire du papier,
02:13 ils ont appris sur le tas, c'est à dire qu'on n'a pas de formation papetière,
02:19 on n'a pas une école de papetier, on apprend sur le tas avec les anciens.
02:22 C'est comme ça qu'on forme tout le personnel de l'usine.
02:25 La première chose, les phases de recrutement sont en cours,
02:33 donc c'est le cas actuellement, mais nous après ce qui nous intéresse c'est sur la machine.
02:37 Surtout que pendant plus de 20 ans il n'y a rien eu de fait, le strict minimum,
02:41 ça fait que maintenant il y a de l'argent à mettre pour pouvoir continuer correctement.
02:46 On a eu une baisse de la production dans tout ce qui est journal, par exemple magazine.
02:58 Ces papetiers là qui faisaient des journaux, des magazines, c'est des grosses machines à papier,
03:03 et ils ont réorienté leur secteur d'activité sur le papier couché en rajoutant des coucheuses.
03:09 Ils nous ont d'une part concurrencé, après ils nous ont rattrapé, dépassé.
03:15 Nous on était loin derrière par rapport à tous ces concurrents là par la suite.
03:20 Il était estimé qu'il y avait une surcapacité européenne de plus de 50 000 tonnes sur le marché du papier couché.
03:26 Et 50 000 tonnes ça représente l'équivalent de ce que nous on est capable de produire ici en une année.
03:32 La France c'est un pays où il y a d'autres industries qui ont besoin de notre papier.
03:42 Je donne un exemple, tous les pots de yaourt, les banderoles de pot de yaourt, c'est le papier qui est fabriqué à Stenay.
03:48 Donc notre job c'est aussi de travailler avec tous les industriels en France pour bien comprendre
03:53 qu'il est primordial d'acheter du papier pour leurs besoins industriels ici en France.
03:57 Et donc comme ça il faut travailler ensemble avec toute l'industrie française
04:00 pour vraiment pérenniser pas seulement le site industriel ici à Stenay, mais vraiment toute l'industrie française.
04:07 Ce que je dirais c'est une usine, c'est une industrie mais ça reste un lieu familial.
04:12 On dit notre usine, qui que ce soit qui achète cette usine, ça sera toujours la nôtre.
04:17 On a beau changer de propriétaire comme on a changé plusieurs fois,
04:20 on a beau essayer de nous fermer comme on a essayé de faire au mois de mars, ça reste notre usine.
04:24 On n'y touche pas et si on y touche, nous on sera là pour la défendre quoi qu'il arrive.
04:28 [Musique]
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