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  • il y a 1 jour
La porte parole de la coalition climat 21, un collectif rassemblant plus de 130 organisations de la société civile, des syndicats, des associations de solidarité internationale, des organisations confessionnelles, des ONG de défense des droits humains, de l’environnement ou encore des mouvements sociaux détaille les temps forts de leur mobilisation. Elle explique comment la COP 21 sera observée avec vigilance par la société civile, qui trouvera également en cet événement l'occasion de se constituer en tant que force de proposition et d'action à long terme pour une véritable justice climatique.
Tous les rendez-vous sur le site : http://coalitionclimat21.org/

Réalisation : Eugénie Barbezat et Franck Cartelet

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Transcription
00:01Qu'est-ce que vous comptez faire avec cette histoire de dérèglement climatique ?
00:05Vous, les arbres.
00:08Vous allez pas rester plantés là comme ça ?
00:11Vous en parlez entre vous, comment ça se passe ?
00:14Il y a déjà des millions de victimes, des espèces qui disparaissent, des réfugiés climatiques.
00:21C'est l'espèce humaine qui menaçait un peu de solidarité.
00:31Juliette Rousseau, bonjour.
00:32Bonjour.
00:33Vous êtes porte-parole de la coalition Climat 21.
00:36Est-ce que vous pouvez d'abord nous présenter cette coalition ?
00:39J'imagine qu'elle a été formée plus ou moins en lien avec la COP21.
00:44Qui représente-t-elle cette coalition et dans quel but a-t-elle été créée ?
00:49La coalition Climat 21 a été créée début 2014 par 3 organisations françaises
00:55nommément le RAC, le Réseau Action Climat, le CRID qui est une plateforme d'ONG de solidarité internationale et ATTAC.
01:01Ces trois réseaux français, en fait, à la suite du sommet de Varsovie,
01:05au cours duquel la société civile était sortie du sommet pour dénoncer la présence grandissante des lobbys de l'industrie
01:11fossile,
01:11ont décidé alors, retour en France, de lancer la coalition Climat 21 dans la perspective effectivement de la COP21.
01:17Très rapidement, d'autres organisations ont rejoint cette coalition et aujourd'hui, on a 130 membres,
01:25avec une grande diversité dans le type d'organisations,
01:27depuis des syndicats, en passant par des ONG environnementales, de solidarité internationale,
01:32mais aussi ce qu'on a plutôt tendance à qualifier comme des mouvements sociaux,
01:36comme ATTAC par exemple ou Alternatiba, ou des groupes de jeunes, des groupes de foi,
01:41et aussi, on compte un certain nombre de groupes locaux qui défendent des luttes locales.
01:46Cette coalition, elle a pour vocation d'impulser des mobilisations de masse au moment de la COP21
01:52et, par là, de permettre de construire un mouvement de long terme pour la justice climatique.
01:58Alors, vous pouvez peut-être nous donner quelques dates, quelques rendez-vous ?
02:01Tout à fait. Alors, on a quatre moments forts, en fait, pendant la COP21.
02:05Tout d'abord, une marche à Paris qui aura lieu le 29 novembre
02:07et qui aura, en fait, des répliques à la fois dans différentes villes de France et à l'international.
02:12Aujourd'hui, on a plus de 5000 manifestations annoncées le week-end des 28 et 29 novembre.
02:17L'enjeu de ces marches pour le climat, c'est à la fois de donner à voir la diversité du
02:21mouvement
02:22pour la justice climatique, mais également de faire peser, avant le début de la COP21,
02:27qui commencera donc le 30 novembre, de faire peser la nécessité d'avoir
02:31une déclinaison dans les politiques domestiques, nationales et locales,
02:35des accords ou de l'accord qui aura été pris à Paris.
02:40On voit aujourd'hui en France, par exemple, qu'on a une certaine incohérence
02:44entre des choix politiques qui sont faits et la volonté affichée à l'international
02:47d'avoir de vraies politiques en faveur de la lutte contre le réchauffement climatique.
02:51Donc, ces marches, elles auront vraiment cette vocation à rappeler ces enjeux nationaux.
02:55Ensuite, on aura deux espaces de convergence.
02:56Un premier les 5 et 6 décembre à Montreuil, où on organisera un sommet citoyen pour le climat,
03:01avec l'idée, pour ces deux jours, de se retrouver et d'ouvrir la porte à un public large
03:08pour réfléchir aux outils dont on peut se doter sur le long terme pour construire ce mouvement.
03:13Et ces outils, ils sont de deux types.
03:15Ils sont à la fois de type pratique, ce qu'on appelle les alternatives citoyennes.
03:20Quelles sont les alternatives aujourd'hui que les mouvements, que les communautés, que les groupes,
03:24que les villes mettent en place et qui nous permettent de répondre à la crise climatique ?
03:28Et ils se déclinent de plein de façons différentes.
03:30Ça peut être sur l'habitat, sur le transport, sur la monnaie, sur l'alimentation.
03:34Donc, quelles sont ces alternatives ? Comment les partager ? Comment les répandre ?
03:38Et la deuxième dimension, c'est plutôt, je dirais, les outils théoriques.
03:42C'est-à-dire, qu'est-ce que les mouvements proposent aujourd'hui ?
03:44Quelle est leur interprétation plutôt systémique de contenu de ce qu'est la crise climatique ?
03:51De quoi la crise climatique est-elle le nom et comment on peut y répondre ?
03:54Ensuite, on aura un deuxième espace de convergence, ici.
03:57On le voit autour de nous, là, au 104.
03:59Du 7 au 11 décembre, on organisera une zone d'action pour le climat,
04:02avec là l'idée que les activités que nous organiserons
04:09conféreront plutôt aux actions, aux mobilisations qui auront lieu à Paris.
04:12Donc, comment on s'organise quotidiennement pour converger sur ces actions,
04:17pour que l'information circule.
04:21Et également, chose importante, je pense, on organisera des assemblées générales quotidiennes
04:25pour à la fois faire le débrief sur les négociations,
04:28puisqu'un certain nombre de nos membres seront dans l'espace officiel des négociations.
04:31Donc, tous les jours, on se retrouvera ici à 6 heures pour discuter de ces négociations.
04:35Et puis également, annoncer, voilà, telle action demain, comment on peut s'y préparer,
04:39comment on peut y participer, etc.
04:42Enfin, dernière date de mobilisation, c'est un long calendrier.
04:45Le 12 décembre, on organisera une journée d'action de masse, avec deux actions principales.
04:50La première consistera à encercler le bourget et à poser des lignes rouges,
04:53qui sont pour nous les lignes rouges à ne pas franchir pour rester sur une planète vivable.
04:58Or, on a de gros doutes sur leur capacité à ne pas franchir ces lignes rouges.
05:01Donc, le 12 décembre, notre vocation, c'est d'entourer le sommet du bourget
05:06pour poser ces lignes rouges et dire, voilà, les lignes à ne pas franchir.
05:09Et nous, annoncer que nous, on se tiendra sur ces lignes pour les empêcher de les franchir.
05:13La deuxième action, ça sera une convergence Place de la République avec des chaînes humaines,
05:16où là, la vocation pour nous, c'est d'organiser un rassemblement Place de la République
05:20où on annoncera la suite du mouvement, où on donnera la parole à ce qu'on appelle les communautés affectées,
05:24les gens qui sont aujourd'hui déjà impactés par le réchauffement climatique
05:27et ils sont à la fois au sud, mais également ici.
05:32Et puis, voilà, annoncer la suite du mouvement, annoncer que notre enjeu à nous,
05:36et c'est bien le sens de cette coalition, quoi qu'elle s'appelle Coalition Climat 21,
05:40ça n'est pas de construire un mouvement autour de l'échéance d'un sommet,
05:44mais bien de se servir de l'énergie impulsée par ce sommet
05:48pour alerter sur la nécessité de construire un mouvement de long terme.
05:51On va y revenir sur le long terme, mais je voudrais qu'on vienne quand même un petit peu sur
05:55la COP 21.
05:56Est-ce que vous pensez que la société civile est bienvenue à cette COP 21 ?
06:01Parce que je sais qu'il y a eu ce décret de contrôle aux frontières,
06:06qui est justifié par l'antiterrorisme, mais enfin, c'est aussi une manière d'empêcher la société civile d'autres
06:13pays
06:13de pouvoir vous rejoindre, de pouvoir éventuellement manifester, éventuellement contester ces accords
06:21dont on a appris aujourd'hui, par la voix du président Obama, que de toute façon, ils ne seraient pas
06:25contraignants.
06:26Donc voilà, c'est un peu peut-être pour empêcher d'alerter. Quel est votre regard là-dessus ?
06:32Et deuxième question dans la question, qu'est-ce que vous attendez néanmoins de cette COP 21 ?
06:38C'est notre inquiétude, notamment la mesure de mettre, entre parenthèses, l'espace Schengen pendant un mois,
06:45puisque c'est ça, le rétablissement du contrôle aux frontières.
06:48Notre inquiétude, c'est qu'effectivement, les dizaines de milliers de militants qui comptent venir à Paris,
06:52notamment rejoindre les mobilisations qu'on organise, mais pas seulement, soient empêchés de venir.
06:58Plus généralement...
07:00C'est le cas déjà, hein ?
07:02C'est le cas déjà, notamment sur les questions de visa.
07:04Mais là, on parle plutôt des partenaires au sud qui ont besoin de visa, et on sait qu'on a
07:08un certain nombre de partenaires,
07:10particulièrement en Afrique subsaharienne et au Maghreb, qui rencontrent des difficultés pour obtenir des visas.
07:16Donc on sent effectivement qu'on a aujourd'hui des difficultés.
07:21Je dirais plus généralement que je pense que tout le monde a conscience que l'enjeu est extrêmement important et
07:29grave,
07:30et qu'on a assez peu envie, finalement, de laisser s'exprimer des voix qui seraient critiques de ce moment
07:36de communion qu'est la COP21.
07:37On sait aujourd'hui, effectivement, qu'il ne s'agit pas d'un accord contraignant.
07:41Ça repose sur la volonté des États,
07:43cette volonté étant parfois scandaleusement faible au regard des émissions produites par les États en question.
07:51Je dirais aussi que, plus généralement, ça pose la question d'une certaine volonté à assimiler toute manifestation de rue
07:59à une potentielle menace pour la sécurité, à de potentiels débordements, etc.
08:08On a vu notamment qu'il y a un mois et demi à peu près, une note a été fuitée
08:13de la préfecture de police
08:14qui expliquait qu'il y aurait des manifestations, dont certaines manifestations revendicatives.
08:19Je trouve ça intéressant de le souligner, puisque ça veut dire en fait qu'à partir du moment où on
08:23a des revendications,
08:24on est potentiellement gênant pour l'État, on est potentiellement menaçant.
08:29Donc effectivement, on a un contexte général qui est créé, qui ne favorise pas l'expression des citoyens.
08:39Et cette expression, je crois qu'il faut le reconnaître, il y a une forme d'inquiétude,
08:42il y a une forme de lassitude aussi, avoir des négociations année après année qui n'aboutissent à rien
08:47et de voir que la crise climatique s'aggrave.
08:49On a passé cette année la barre des 1 degré de réchauffement, c'est extrêmement grave.
08:53Et je pense que les gens en ont conscience et qu'il y a une volonté de manifester cette inquiétude.
08:57Et je pense qu'il faut la laisser s'exprimer.
09:00Mais aujourd'hui, ça n'est pas ce qu'on ressent.
09:03C'est notre bien-être à tous qui est en jeu, notre qualité de vie, notre survie.
09:08Et nous pouvons changer les choses ensemble, là, maintenant, avant qu'elles soient irréversibles.
09:21Des solutions existent, il faut les mettre en place.
09:26Si on imagine qu'on ne peut pas trop compter sur les États, qu'est-ce qu'en tant que
09:31citoyen, en tant qu'individu ou que groupe d'individus, on peut faire ?
09:34Est-ce qu'il y a des pistes ? Est-ce que, justement, vous allez profiter de ce sommet pour
09:38en donner, pour en faire partager ?
09:41Pour nous, et c'est une réflexion en long cours, encore une fois, puisque je pense, c'est un petit
09:47peu de la cuisine interne, mais je pense que c'est important de l'expliquer.
09:49Et ce travail sur la COP21, ça a été un travail de longue haleine de préparation de ces mobilisations, qui
09:53nous a beaucoup mobilisés.
09:55Or, depuis le début, il était très clair pour nous que l'enjeu, c'était effectivement de construire un mouvement
10:01de long terme.
10:02Et ça pose des vraies questions stratégiques.
10:04Comment on construit un mouvement de long terme ? Sur quoi il doit se porter ? Quelles actions il doit
10:08mener ?
10:09Et ce qu'on sait aujourd'hui, ce qu'on ressent dans l'ensemble des échanges qu'on a, et
10:14à la fois au niveau national, mais aussi au niveau international,
10:17avec les plusieurs centaines d'organisations avec lesquelles nous travaillons, de la société civile internationale,
10:22ce qu'on ressent, c'est qu'on a deux dimensions aux réponses possibles et nécessaires, qui doivent être données
10:32par la société civile.
10:33La première, c'est la question des alternatives. J'en parlais tout à l'heure.
10:36Quelles sont les alternatives pratiques qui existent déjà, qu'on peut mettre en place, et pour lesquelles nous, en tant
10:41que citoyens, devons pousser,
10:43qui sont une réponse à la crise climatique ?
10:45On peut penser bien sûr aux énergies renouvelables, mais ce ne sont pas les seules.
10:47Il y a la question de l'habitat, il y a la question du transport, donc toutes ces alternatives-là...
10:52Et la question du commerce international.
10:53Oui, exactement. Mais nous savons que des alternatives sont possibles.
10:57Et que donc, c'est une question de volonté politique que de les mettre en place.
11:00Donc la question, c'est comment on force cette volonté politique ?
11:04Donc ça, c'est la première dimension, celle des alternatives.
11:07Et la deuxième dimension, c'est la dimension des résistances.
11:09On sait aussi qu'à un moment donné, sur certains projets, sur certains choix politiques, il faut résister.
11:15On n'a pas le choix.
11:16En France, on a un très bon exemple, qui est l'exemple de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes.
11:20On a une résistance depuis 40 ans de la population locale, qui a fait l'effort de mettre en place
11:25une expertise citoyenne pour prouver que son opposition n'était pas juste une opposition NIMBY.
11:30Not in my backyard.
11:31Je ne veux pas cet aéroport, mais s'il se fait ailleurs, ce n'est pas grave.
11:33Mais de dire que cet aéroport n'a pas de sens.
11:36Donc, l'avenir du mouvement, c'est à la fois cette capacité à mettre en avant des alternatives.
11:41Ne nous dites pas qu'il n'y a pas d'alternatives parce qu'il y en a que nous
11:44les pratiquons et qu'il ne suffit que de les répandre.
11:49Et la deuxième chose, c'est que nous savons que certains modèles, certains projets doivent être abandonnés tout de suite.
11:55Et nous allons tout faire pour qu'ils le soient.
11:57Donc, on peut parler de Notre-Dame-des-Landes, mais on a eu un certain nombre d'exemples gagnants cette
12:01année qui sont très importants.
12:02Il y a eu des victoires dans ce mouvement.
12:03Je pense à la plus récente qui est l'abandon par Obama du projet de pipeline qui stone.
12:08Un certain nombre de membres de la coalition, par exemple l'ONG350.org, étaient très investis dans cette lutte aux
12:13Etats-Unis.
12:14Ça a été une lutte de longue haleine, de plusieurs années, qui a conduit à des actions de désobéissance,
12:18qui a conduit à des arrestations de masse, qui a été largement critiquée, mais qui a fini par gagner.
12:22Et ça, c'est très important. On a besoin de victoire aussi.
12:25Eh bien, on termine sur cette victoire. Merci beaucoup, Juliette Rousseau.
12:30Merci.
12:33Merci.

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