00:00Allez, ils ne sont pas nombreux, on les passe !
00:03Les forces de l'ordre, face aux militants écologistes.
00:06Les camps sont clairs et visibles à l'uniforme.
00:09Aujourd'hui, l'Assemblée Générale de Total est le théâtre d'affrontement.
00:13L'entreprise française est pointée du doigt pour son impact sur l'environnement.
00:17L'idée par le mouvement citoyen Alternatiba, les activistes sont arrivés très tôt,
00:21mais les forces de l'ordre étaient déjà prêtes.
00:23Moi, on m'a poussé et donné un coup au niveau du visage
00:28et puis avec la gazeuse à bout portant, du coup, je saigne du nez.
00:31Une partie des militants s'est réunie à l'entrée de la salle Pléiel,
00:34parmi eux, la militante écologiste Camille-Etienne.
00:37Et après plusieurs sommations, les forces de l'ordre envoient une bombe lacrymogène pour les déloger.
00:42Et bien, voilà, donc ça c'est les vestiges du gazage qu'on vient de se prendre lacrymo.
00:47On est passés à travers la police, je me suis pris un bouclier de policier dans la côte,
00:51donc j'avais déjà du mal à respirer.
00:52Et on est restés, je dirais, une demi-heure, une heure, entre deux nasses de police,
00:55de manière totalement pacifique, à chanter des chants.
00:58Et une des personnes, une des activistes, qui a sauté la barrière pour aller en haut du camion.
01:01Et ça a commencé à devenir très violent pour le déloger.
01:04Heureusement, il y a les camarades qui étaient là.
01:05En violence ! En violence !
01:07En violence ! En violence !
01:10On s'était fait gazer une première fois à l'arrivée.
01:13Et là, ils ont annoncé un deuxième gazage.
01:14Ils ont carrément jeté des lacrymos qui a explosé sur ma casquette.
01:18C'était vraiment terrifiant.
01:19Il y a des gens qui ont leur jean complètement brûlé, leur sac complètement brûlé.
01:23Donc nous, on avait le choix, soit dans ce nuage de fumée, de continuer à avancer
01:26alors qu'il y avait des bruits d'explosion, soit garder les yeux fermés,
01:29mais savoir qu'il y a des policiers qui étaient en train de marcher sur la foule,
01:31enfin d'avancer pour nous déloger par la force.
01:33Donc on était coincés entre deux violences.
01:34Ça m'a fait faire une crise d'asthme et j'étais choquée.
01:36Juste, j'avais plus d'air.
01:37Je disais juste, j'ai plus d'air, je peux dire, ça va pas.
01:38Je me suis allongée sur le sol et on m'a amenée ici.
01:41Le dispositif de sécurité qui est plus important que l'année dernière.
01:44Après, on pouvait essayer d'attendre parce qu'on avait annoncé l'action.
01:46Donc c'est normal qu'il se soit organisé.
01:47Le climat, on est plus chaud !
01:49Demander de partir et menacer d'utiliser la violence.
01:51Donc nous, évidemment, on pensait que c'était du bluff
01:54et qu'ils n'allaient pas lancer de lacrymo sur nous
01:56qui étions à leurs pieds, assis par terre.
01:58Impossibilité de se relever, on était beaucoup et très serrés.
02:00Instinct de survie, on veut partir, on veut respirer.
02:02Donc moi, ce qui m'a pris, c'était d'escalader la rambarde
02:04sans passer de l'autre côté, juste vraiment pour avoir de l'air
02:06qui n'était pas rempli de gaz lacrymo.
02:08Et en fait, à ce moment-là, quand j'étais debout sur la barrière,
02:10je me suis fait vraiment gazer directement à bout portant
02:16Pourtant repoussés, les plusieurs centaines de militants ne désespèrent pas.
02:19Ils tentent désormais de bloquer les deux extrémités
02:21de la rue du Faubourg Saint-Honoré
02:23qui donne accès à l'établissement.
02:25Les actionnaires étaient attendus pour 10 heures
02:27mais Total les avait plutôt incités au vote électronique à la maison.
02:31Pourtant, plusieurs d'entre eux étaient bien au rendez-vous
02:33et remontés pour franchir le barrage humain, non sans mal.
02:37Tu laisses passer ma femme, toi, t'as compris ?
02:39T'as aussi tu laisses passer ma femme, t'as compris ?
02:43S'empêcher de continuer à détruire la vie sur terre.
02:45Mais arrêtez, on est pour conneries !
02:47Mais c'est pas vrai qu'ils disent !
02:48C'est bien qu'il y a des scientifiques qui sont nés.
02:49Je veux bien qu'on débattre de la question, mais pas ici.
02:51Non, on n'est pas habitants à l'intérieur, monsieur !
02:54Non, on n'est pas habitants à l'intérieur, donc écoutez
02:56qui vous les débattent, on vous attend !
02:57On leur laisse plus toute la puissance.
02:59On reprend une forme de pouvoir, un pouvoir collectif.
03:01L'impunité est terminée.
03:03On les empêchera de continuer leur course folle
03:05vers notre propre destruction.
03:06Moi, c'est pas un choix de m'engager.
03:07Moi je m'engage parce que sinon je ne supporterais pas le monde.
03:09Je ne peux pas les laisser faire ça.
03:10Alors je suis ridicule à un petit, j'ai juste un corps asthmatique
03:13pour combattre contre des bombes lacrymo et des milliers d'euros
03:15qui sont dépensés en dispositifs policiers,
03:17contre la plus grande compagnie pétrolière au monde.
03:19Mais je continuerai à le faire parce que je n'ai pas d'autre choix.
03:21Mais face à ces activistes engagés, les forces de l'ordre ne laissent rien passer.
03:26J'étais déjà dans le blocage et je suis partie.
03:28J'ai essayé de les rejoindre.
03:29Et au moment où j'ai essayé de les rejoindre,
03:30ils ont été hyper hyper violents en me dégageant.
03:33Alors que nous on fait une action qui est totalement non violente.
03:35On est juste assis là et pourtant eux ils sont vraiment violents.
03:38Quand on pense à justement ce qu'eux ils sont en train de créer en termes de violence,
03:42la violence des projets qu'ils ont est tellement immense
03:44que la violence que nous on reçoit finalement elle passe après.
03:47On avait un dispositif totalement inoffensif
03:49qui était un ballon noir qui faisait à peu près 2 mètres
03:52qu'on a essayé de gonfler au départ.
03:54Il représentait ce qu'est une bombe climatique
03:56et il a été attrapé par les forces de l'ordre brutalement.
04:00Je ne comprends pas pourquoi on ne peut pas délivrer nos messages
04:02avec des petits dispositifs comme ça qui les rendent visuels.
04:06Nous pourrons nos vies, nous pourrons nos vies !
04:09Détruis la paix !
04:18S'opposant à cette violence mais aussi aux actionnaires,
04:21dont l'un la traite de parasite,
04:23la députée européenne Manon Aubry était l'une des rares élues présentes.
04:28Vous êtes un parasite, vous ne servez à rien au Parlement européen.
04:33Je lui ai dit mais pourquoi Total alors fait du lobbying sur le Parlement européen ?
04:36Les pouvoirs publics sont pas à la hauteur
04:38et donc c'est normal que des jeunes qui s'inquiètent sur leur avenir
04:41utilisent aussi des moyens d'action de désobéissance civile qui sont pacifiques.
04:45Vous n'aviez que des gens non-violents ici.
04:47Juste derrière moi, il y a des gens qui ont été arrêtés.
04:49Nous en tant que députés européens, normalement on a accès à des lieux de privation de liberté.
04:52On devrait pouvoir échanger avec les jeunes qui sont arrêtés.
04:55On ne nous en donne même pas la possibilité, c'est tout un symbole d'avoir des actionnaires de Total
04:59qui sont escortés par la police, par les forces de l'ordre de Gérald Darmanin
05:03pour aller voter le saccage de la planète.
05:05Les actions de Total sont régulièrement dénoncées dans le monde
05:08comme le projet de l'oléoduc ICOP en Afrique de l'Est
05:11qui selon une étude du Climate Accountability Institute
05:14aura des conséquences désastreuses sur le climat
05:16mais également sur les populations déplacées.
05:18Total avait pourtant déclaré à l'AFP mettre tout en œuvre
05:22pour en faire un projet exemplaire en termes de transparence, de progrès économique et social,
05:26de développement durable, de prise en compte environnementale et de respect des droits humains.
05:30Pour les activistes et les scientifiques, ces arguments sont infondés
05:33et à travers Total, c'est contre les énergies fossiles et le dérèglement climatique qu'ils disent lutter.
05:38Total est une entreprise française qui dévaste tout.
05:41On peut se sentir concerné parce qu'elle est installée ici
05:43et parce qu'en fait les actions de Total partout dans le monde vont avoir des conséquences directes sur nos
05:47vies.
05:47Il faut rappeler que 2022 a été l'année la plus chaude de l'histoire,
05:50que là aujourd'hui, alors que l'été n'a pas encore commencé,
05:52on est déjà en situation de sécheresse, il y a des villages en France qui n'ont plus d'eau
05:55et le monde que prépare Total, c'est un monde cataclysmique.
05:57Pourquoi on devrait être inquiet ?
05:59Parce qu'on continue à avoir des entreprises comme Total
06:02qui continuent à développer des infrastructures fossiles
06:06alors qu'on sait très bien qu'on a déjà trop d'infrastructures fossiles
06:10pour tenir sous 1,5 degré de réchauffement global.
06:13Si on réussit à limiter à 1,6 degré de réchauffement,
06:17on sera au-dessus de 1,5, mais c'est mieux que si c'est 1,7 ou 1,8.
06:21Et donc chaque action compte, chaque demi-degré compte, chaque année compte
06:25et c'est le combat d'une vie.
06:26Est-ce que Patrick Pouyanné a lu les rapports du GIEC ?
06:28Je suis absolument certain qu'il les a lus
06:30et Patrick Pouyanné connaît très très bien la situation du changement climatique.
06:33Ce n'est pas du tout une question d'ignorance ou de méconnaissance,
06:37c'est une question d'intérêt.
06:38C'est qu'aujourd'hui, les investissements dans le pétrole
06:40rapportent encore énormément de bénéfices à la compagnie.
06:43La solution pour qu'on s'en sorte, à mon sens,
06:46c'est que l'économie décarbonée
06:48devienne très rapidement plus rentable
06:50que l'économie fossile.
06:52Si Total continue d'investir à ce point massivement dans le pétrole,
06:55c'est parce que le pétrole continue
06:56à nous rapporter énormément d'argent.
06:59Et donc un gros enjeu,
07:00c'est vraiment qu'on arrête
07:02d'investir de telles sommes
07:04par des subventions déguisées,
07:06par des crédits d'impôt,
07:07dans les énergies fossiles,
07:09de manière à ce qu'elles ne soient plus du tout concurrentielles
07:12et que surtout, le prix des énergies fossiles
07:14intègre leur dommage dans l'environnement.
07:15Et à ce moment-là, on se rendra compte
07:16que d'un point de vue économique,
07:18ça n'a plus aucun sens, les énergies fossiles.
07:19Avec un chiffre d'affaires record en 2022,
07:22s'élevant à 281 milliards de dollars,
07:25l'entreprise française est également accusée
07:26de tirer bénéfice de la crise économique.
07:28Pourtant, son image en berne a bien des conséquences.
07:31Actuellement, ce sont finalement 25 banques
07:33qui ont refusé de participer au financement d'ICOP,
07:35dont les Françaises, BNP Paribas,
07:37Crédit Agricole et Société Générale.
07:39Pour les autres, les activistes écologistes
07:41ne perdent pas espoir
07:42et comptent poursuivre leurs manifestations
07:44devant les sièges des banques.