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  • il y a 7 heures
Les militants écologistes face aux forces de l’ordre. Les camps sont clairs et visibles à l’uniforme. Ce vendredi 26 mai, l’Assemblée Générale de Total à Paris a été le théâtre d’affrontements. L’entreprise française, pointée du doigt pour son impact sur l’environnement.

Leadés par le mouvement Alternatiba, les activistes sont arrivés très tôt, mais les forces de l’ordre étaient déjà prêtes. Une partie des militants s’est réunie à l’entrée de la salle Pleyel, parmi eux la militante écologiste Camille Etienne et après plusieurs sommations les forces de l’ordre envoie une bombe lacrymogène pour les déloger.

Pourtant repoussés, les plusieurs centaines de militants ne désespèrent pas, ils tentent désormais de bloquer les deux extrémités de la rue du Faubourg Saint-Honoré qui donnent accès à l'établissement.

Les actionnaires étaient attendus à 10h mais Total les avait plutôt incité au vote électronique à la maison. Pourtant plusieurs d’entre eux, étaient bien au rendez-vous et remontés, pour franchir le barrage non sans mal. Face à ces activistes engagés, les forces de l’ordre ne laisse rien passer

S’opposant à cette violence mais aussi aux actionnaires, dont l’un la traite de parasite, la député européenne Manon Aubry était l’une des rares élues présentes.

Les actions de Total sont régulièrement dénoncées dans le monde, comme le projet de l’oléoduc EACOP en Afrique de l’EST. Qui selon une étude du Climate Accountability Institute aura des conséquences désastreuses sur le climat, mais également sur les populations déplacées.

Total avait pourtant déclaré à l'AFP mettre "tout en œuvre pour en faire un projet exemplaire en termes de transparence, de progrès économique et social, de développement durable, de prise en compte environnementale et de respect des droits humains".

Pour les activistes et les scientifiques ces arguments sont infondés et à travers Total c’est contre les énergies fossiles et le dérèglement climatique qu’ils luttent.

Avec un chiffre d'affaires record en 2022, s’élevant à 281 milliards de dollars, l’entreprise française est également accusée de tirer bénéfice de la crise économique.

Pourtant son image en berne à bien des conséquences. Actuellement, ce sont finalement 25 banques qui ont refusé de participer au financement d’EACOP, dont les françaises : BNP Paribas, Crédit Agricole et Société Générale. Pour les autres, les activistes écologistes ne perdent pas espoir et comptent poursuivre leurs manifestations devant les sièges des banques.

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Transcription
00:00Allez, ils ne sont pas nombreux, on les passe !
00:03Les forces de l'ordre, face aux militants écologistes.
00:06Les camps sont clairs et visibles à l'uniforme.
00:09Aujourd'hui, l'Assemblée Générale de Total est le théâtre d'affrontement.
00:13L'entreprise française est pointée du doigt pour son impact sur l'environnement.
00:17L'idée par le mouvement citoyen Alternatiba, les activistes sont arrivés très tôt,
00:21mais les forces de l'ordre étaient déjà prêtes.
00:23Moi, on m'a poussé et donné un coup au niveau du visage
00:28et puis avec la gazeuse à bout portant, du coup, je saigne du nez.
00:31Une partie des militants s'est réunie à l'entrée de la salle Pléiel,
00:34parmi eux, la militante écologiste Camille-Etienne.
00:37Et après plusieurs sommations, les forces de l'ordre envoient une bombe lacrymogène pour les déloger.
00:42Et bien, voilà, donc ça c'est les vestiges du gazage qu'on vient de se prendre lacrymo.
00:47On est passés à travers la police, je me suis pris un bouclier de policier dans la côte,
00:51donc j'avais déjà du mal à respirer.
00:52Et on est restés, je dirais, une demi-heure, une heure, entre deux nasses de police,
00:55de manière totalement pacifique, à chanter des chants.
00:58Et une des personnes, une des activistes, qui a sauté la barrière pour aller en haut du camion.
01:01Et ça a commencé à devenir très violent pour le déloger.
01:04Heureusement, il y a les camarades qui étaient là.
01:05En violence ! En violence !
01:07En violence ! En violence !
01:10On s'était fait gazer une première fois à l'arrivée.
01:13Et là, ils ont annoncé un deuxième gazage.
01:14Ils ont carrément jeté des lacrymos qui a explosé sur ma casquette.
01:18C'était vraiment terrifiant.
01:19Il y a des gens qui ont leur jean complètement brûlé, leur sac complètement brûlé.
01:23Donc nous, on avait le choix, soit dans ce nuage de fumée, de continuer à avancer
01:26alors qu'il y avait des bruits d'explosion, soit garder les yeux fermés,
01:29mais savoir qu'il y a des policiers qui étaient en train de marcher sur la foule,
01:31enfin d'avancer pour nous déloger par la force.
01:33Donc on était coincés entre deux violences.
01:34Ça m'a fait faire une crise d'asthme et j'étais choquée.
01:36Juste, j'avais plus d'air.
01:37Je disais juste, j'ai plus d'air, je peux dire, ça va pas.
01:38Je me suis allongée sur le sol et on m'a amenée ici.
01:41Le dispositif de sécurité qui est plus important que l'année dernière.
01:44Après, on pouvait essayer d'attendre parce qu'on avait annoncé l'action.
01:46Donc c'est normal qu'il se soit organisé.
01:47Le climat, on est plus chaud !
01:49Demander de partir et menacer d'utiliser la violence.
01:51Donc nous, évidemment, on pensait que c'était du bluff
01:54et qu'ils n'allaient pas lancer de lacrymo sur nous
01:56qui étions à leurs pieds, assis par terre.
01:58Impossibilité de se relever, on était beaucoup et très serrés.
02:00Instinct de survie, on veut partir, on veut respirer.
02:02Donc moi, ce qui m'a pris, c'était d'escalader la rambarde
02:04sans passer de l'autre côté, juste vraiment pour avoir de l'air
02:06qui n'était pas rempli de gaz lacrymo.
02:08Et en fait, à ce moment-là, quand j'étais debout sur la barrière,
02:10je me suis fait vraiment gazer directement à bout portant
02:16Pourtant repoussés, les plusieurs centaines de militants ne désespèrent pas.
02:19Ils tentent désormais de bloquer les deux extrémités
02:21de la rue du Faubourg Saint-Honoré
02:23qui donne accès à l'établissement.
02:25Les actionnaires étaient attendus pour 10 heures
02:27mais Total les avait plutôt incités au vote électronique à la maison.
02:31Pourtant, plusieurs d'entre eux étaient bien au rendez-vous
02:33et remontés pour franchir le barrage humain, non sans mal.
02:37Tu laisses passer ma femme, toi, t'as compris ?
02:39T'as aussi tu laisses passer ma femme, t'as compris ?
02:43S'empêcher de continuer à détruire la vie sur terre.
02:45Mais arrêtez, on est pour conneries !
02:47Mais c'est pas vrai qu'ils disent !
02:48C'est bien qu'il y a des scientifiques qui sont nés.
02:49Je veux bien qu'on débattre de la question, mais pas ici.
02:51Non, on n'est pas habitants à l'intérieur, monsieur !
02:54Non, on n'est pas habitants à l'intérieur, donc écoutez
02:56qui vous les débattent, on vous attend !
02:57On leur laisse plus toute la puissance.
02:59On reprend une forme de pouvoir, un pouvoir collectif.
03:01L'impunité est terminée.
03:03On les empêchera de continuer leur course folle
03:05vers notre propre destruction.
03:06Moi, c'est pas un choix de m'engager.
03:07Moi je m'engage parce que sinon je ne supporterais pas le monde.
03:09Je ne peux pas les laisser faire ça.
03:10Alors je suis ridicule à un petit, j'ai juste un corps asthmatique
03:13pour combattre contre des bombes lacrymo et des milliers d'euros
03:15qui sont dépensés en dispositifs policiers,
03:17contre la plus grande compagnie pétrolière au monde.
03:19Mais je continuerai à le faire parce que je n'ai pas d'autre choix.
03:21Mais face à ces activistes engagés, les forces de l'ordre ne laissent rien passer.
03:26J'étais déjà dans le blocage et je suis partie.
03:28J'ai essayé de les rejoindre.
03:29Et au moment où j'ai essayé de les rejoindre,
03:30ils ont été hyper hyper violents en me dégageant.
03:33Alors que nous on fait une action qui est totalement non violente.
03:35On est juste assis là et pourtant eux ils sont vraiment violents.
03:38Quand on pense à justement ce qu'eux ils sont en train de créer en termes de violence,
03:42la violence des projets qu'ils ont est tellement immense
03:44que la violence que nous on reçoit finalement elle passe après.
03:47On avait un dispositif totalement inoffensif
03:49qui était un ballon noir qui faisait à peu près 2 mètres
03:52qu'on a essayé de gonfler au départ.
03:54Il représentait ce qu'est une bombe climatique
03:56et il a été attrapé par les forces de l'ordre brutalement.
04:00Je ne comprends pas pourquoi on ne peut pas délivrer nos messages
04:02avec des petits dispositifs comme ça qui les rendent visuels.
04:06Nous pourrons nos vies, nous pourrons nos vies !
04:09Détruis la paix !
04:18S'opposant à cette violence mais aussi aux actionnaires,
04:21dont l'un la traite de parasite,
04:23la députée européenne Manon Aubry était l'une des rares élues présentes.
04:28Vous êtes un parasite, vous ne servez à rien au Parlement européen.
04:33Je lui ai dit mais pourquoi Total alors fait du lobbying sur le Parlement européen ?
04:36Les pouvoirs publics sont pas à la hauteur
04:38et donc c'est normal que des jeunes qui s'inquiètent sur leur avenir
04:41utilisent aussi des moyens d'action de désobéissance civile qui sont pacifiques.
04:45Vous n'aviez que des gens non-violents ici.
04:47Juste derrière moi, il y a des gens qui ont été arrêtés.
04:49Nous en tant que députés européens, normalement on a accès à des lieux de privation de liberté.
04:52On devrait pouvoir échanger avec les jeunes qui sont arrêtés.
04:55On ne nous en donne même pas la possibilité, c'est tout un symbole d'avoir des actionnaires de Total
04:59qui sont escortés par la police, par les forces de l'ordre de Gérald Darmanin
05:03pour aller voter le saccage de la planète.
05:05Les actions de Total sont régulièrement dénoncées dans le monde
05:08comme le projet de l'oléoduc ICOP en Afrique de l'Est
05:11qui selon une étude du Climate Accountability Institute
05:14aura des conséquences désastreuses sur le climat
05:16mais également sur les populations déplacées.
05:18Total avait pourtant déclaré à l'AFP mettre tout en œuvre
05:22pour en faire un projet exemplaire en termes de transparence, de progrès économique et social,
05:26de développement durable, de prise en compte environnementale et de respect des droits humains.
05:30Pour les activistes et les scientifiques, ces arguments sont infondés
05:33et à travers Total, c'est contre les énergies fossiles et le dérèglement climatique qu'ils disent lutter.
05:38Total est une entreprise française qui dévaste tout.
05:41On peut se sentir concerné parce qu'elle est installée ici
05:43et parce qu'en fait les actions de Total partout dans le monde vont avoir des conséquences directes sur nos
05:47vies.
05:47Il faut rappeler que 2022 a été l'année la plus chaude de l'histoire,
05:50que là aujourd'hui, alors que l'été n'a pas encore commencé,
05:52on est déjà en situation de sécheresse, il y a des villages en France qui n'ont plus d'eau
05:55et le monde que prépare Total, c'est un monde cataclysmique.
05:57Pourquoi on devrait être inquiet ?
05:59Parce qu'on continue à avoir des entreprises comme Total
06:02qui continuent à développer des infrastructures fossiles
06:06alors qu'on sait très bien qu'on a déjà trop d'infrastructures fossiles
06:10pour tenir sous 1,5 degré de réchauffement global.
06:13Si on réussit à limiter à 1,6 degré de réchauffement,
06:17on sera au-dessus de 1,5, mais c'est mieux que si c'est 1,7 ou 1,8.
06:21Et donc chaque action compte, chaque demi-degré compte, chaque année compte
06:25et c'est le combat d'une vie.
06:26Est-ce que Patrick Pouyanné a lu les rapports du GIEC ?
06:28Je suis absolument certain qu'il les a lus
06:30et Patrick Pouyanné connaît très très bien la situation du changement climatique.
06:33Ce n'est pas du tout une question d'ignorance ou de méconnaissance,
06:37c'est une question d'intérêt.
06:38C'est qu'aujourd'hui, les investissements dans le pétrole
06:40rapportent encore énormément de bénéfices à la compagnie.
06:43La solution pour qu'on s'en sorte, à mon sens,
06:46c'est que l'économie décarbonée
06:48devienne très rapidement plus rentable
06:50que l'économie fossile.
06:52Si Total continue d'investir à ce point massivement dans le pétrole,
06:55c'est parce que le pétrole continue
06:56à nous rapporter énormément d'argent.
06:59Et donc un gros enjeu,
07:00c'est vraiment qu'on arrête
07:02d'investir de telles sommes
07:04par des subventions déguisées,
07:06par des crédits d'impôt,
07:07dans les énergies fossiles,
07:09de manière à ce qu'elles ne soient plus du tout concurrentielles
07:12et que surtout, le prix des énergies fossiles
07:14intègre leur dommage dans l'environnement.
07:15Et à ce moment-là, on se rendra compte
07:16que d'un point de vue économique,
07:18ça n'a plus aucun sens, les énergies fossiles.
07:19Avec un chiffre d'affaires record en 2022,
07:22s'élevant à 281 milliards de dollars,
07:25l'entreprise française est également accusée
07:26de tirer bénéfice de la crise économique.
07:28Pourtant, son image en berne a bien des conséquences.
07:31Actuellement, ce sont finalement 25 banques
07:33qui ont refusé de participer au financement d'ICOP,
07:35dont les Françaises, BNP Paribas,
07:37Crédit Agricole et Société Générale.
07:39Pour les autres, les activistes écologistes
07:41ne perdent pas espoir
07:42et comptent poursuivre leurs manifestations
07:44devant les sièges des banques.

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