- il y a 2 jours
En ouvrant l'Espace Débats du Village du Livre de la Fête de l'Humanité, l'ancien secrétaire général de la CGT et désormais membre du conseil d’administration de l'organisation internationale du travail (OIT), brosse un tableau sombre de l'état social du monde. "La moitié de la population active ne dispose pas d’un contrat de travail et 168 millions d’enfants sont des travailleurs [...] Cet état de fait ne tient pas du hasard. Les stratégies patronales oscillent aujourd’hui entre une dérégulation totale du marché et une instrumentalisation de l’OIT qui produirait des normes ajustées au plus près des intérêts des actionnaires."
L’enjeu présent serait d’imposer des règles aux firmes multinationales, mais aussi à l’Union Européenne, au FMI, à l’OMC, au G20, à la Banque mondiale, en vue d’une inversion des normes, au bénéfice des droits humains… Cette subversion du présent ordre mondial impliquerait un renversement du rapport des forces en faveur des travailleurs et des peuples. Réalisation : Abrahim Saravaki
L’enjeu présent serait d’imposer des règles aux firmes multinationales, mais aussi à l’Union Européenne, au FMI, à l’OMC, au G20, à la Banque mondiale, en vue d’une inversion des normes, au bénéfice des droits humains… Cette subversion du présent ordre mondial impliquerait un renversement du rapport des forces en faveur des travailleurs et des peuples. Réalisation : Abrahim Saravaki
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00:05Les bases du village du livre, le principe c'est une rencontre avec un auteur, un livre.
00:14Simplement c'est un échange à bâton rompu.
00:17Bernard va dire en quelques mots, l'auteur de votre ouvrage Eclair,
00:23la troisième guerre mondiale et sociale, je le rappelle, publiée aux éditions de l'atelier.
00:30Le choix de ce titre, vous persistez et vous signez ?
00:35Oui, oui, complètement. Je vais développer un instant, mais bonjour déjà à tous
00:41et merci de me faire cet honneur d'ouvrir cette séquence du village du livre de 2016.
00:48C'est à la fois un défi, un premier défi pour moi, parce que je ne me suis jamais livré
00:52à l'exercice,
00:52mais pour ce faire, il faut commettre un livre.
00:54Donc voilà, c'était aussi une première.
00:57César, un livre rédigé, je dois le préciser, avec Pierre Coutaz, que je salue au passage et qui est parmi
01:02nous.
01:02Il faut rendre à César ce qui appartient à César.
01:05En l'occurrence à Pierre, ce qui appartient à Pierre.
01:07Oui, j'assume complètement le titre.
01:09Et pour tout dire, j'ai un petit peu hésité,
01:13parce que le titre, je l'avais, nous l'avions,
01:17puisque c'est une co-élaboration de cet ouvrage,
01:20trouvé en octobre.
01:23Il était, et il demeure, à mon avis, très révélateur du message que nous voulions porter,
01:28de l'analyse que nous voulions porter.
01:31Il a une référence historique.
01:33J'ai hésité.
01:35J'ai hésité au mois de novembre.
01:38J'ai hésité au mois de novembre, après les catastrophes que notre pays a vécues,
01:41parce que le mot « guerre » a été utilisé un petit peu à toutes les sauces.
01:45Et je me suis interrogé pour savoir si c'était toujours opportun d'utiliser ce terme
01:51qui pouvait être « galvaudé ».
01:56Et à la réflexion, après avoir échangé avec quelques militants,
01:59au contraire, je l'ai maintenu, parce que ça me semble très révélateur,
02:04encore une fois, de ce que je voulais mettre en évidence,
02:07à la fois en termes de dénonciation, de risque,
02:11mais aussi de perspective pour l'éviter.
02:15Et puis c'est aussi une référence implicite
02:18à l'histoire de l'Organisation Internationale du Travail,
02:21puisque l'OIT, qui est peu connue,
02:23c'est une des missions que nous assignons à cet ouvrage,
02:28c'est aussi de mieux faire connaître cette institution mondiale
02:31qui n'est pas très connue en France,
02:33y compris par le corps militant,
02:35qui est une agence de l'ONU,
02:37et qui a comme vocation politique,
02:39comme mission politique confiée par les États,
02:41de promouvoir la justice sociale dans le monde.
02:44Et de promouvoir la justice sociale,
02:46non pas comme ça, comme une vertu,
02:49ou de manière gratuite,
02:51c'est une mission qui a été définie en 1919,
02:53après la Première Guerre mondiale,
02:55on revient à une des motivations du titre,
02:59et donc la considération selon laquelle,
03:01si l'humanité voulait éviter de nouveau
03:03des conflits aussi destructeurs que la Première Guerre,
03:06il fallait mettre du progrès social dans la mécanique financière,
03:11industrielle, dans la mécanique économique internationale.
03:14Ça n'a pas suffi, naturellement, comme chacun sait,
03:17parce qu'il y a eu une deuxième guerre mondiale.
03:21Et au sortir de cette deuxième guerre,
03:24un certain nombre d'États,
03:25et toujours la France parmi ces États,
03:27il faut le souligner,
03:30décide politiquement de remettre un coup d'accélérateur.
03:33En tout cas, dans les déclarations et les affirmations,
03:35c'est l'adoption d'une déclaration célèbre,
03:39mais là aussi trop méconnue,
03:40la déclaration de Philadelphie,
03:43qui dit un certain nombre de choses,
03:44comme le travail n'est pas une marchandise,
03:47par exemple.
03:50Les considérations sociales doivent primer
03:52sur les considérations économiques et financières.
03:56Les considérations sociales doivent primer sur le reste.
03:59Aujourd'hui, ça apparaît comme un slogan syndical.
04:04Et donc, deux guerres mondiales.
04:06Et aujourd'hui, donc, je reviens au titre,
04:09la troisième guerre, justement,
04:11c'est une mondialisation dont les mécanismes,
04:14aujourd'hui, participent, contribuent
04:16à une mise en concurrence des travailleurs
04:19sur la base du moindre standard social.
04:24Donc, l'autre vertu aussi,
04:26c'était d'éclairer sur la réalité
04:29des droits sociaux dans le monde aujourd'hui.
04:31Nous sommes en France.
04:33Le débat, la polémique,
04:35la contestation du bien-fondé,
04:36d'une réforme du droit du travail est omniprésente.
04:40Les luttes durent depuis des mois.
04:42Nous ne sommes pas le seul pays
04:43à être confronté à ce défi.
04:48Il m'a semblé aussi opportun
04:50de mieux faire connaître ce qu'était la réalité
04:53des droits sociaux dans le monde
04:54pour mieux comprendre les enjeux
04:57au travers d'une lutte, certes nationale,
04:59sur l'évolution du code du travail,
05:01mais qui s'insère dans un ensemble
05:02où ce qui domine, c'est une précarisation grandissante.
05:06Alors, je ne vais pas vous abreuver de chiffres,
05:08ce n'est pas le but du propos,
05:10mais donc, je donne les éléments statistiques
05:12qui sont des rapports officiels
05:13de l'Organisation Internationale du Travail
05:15pour montrer que cette économie
05:17qui participe à une plus grande précarité,
05:19elle n'est pas durable socialement.
05:21Et elle est potentiellement porteuse,
05:23alors si ce n'est d'une troisième guerre mondiale,
05:25mais en tout cas,
05:26de nombreux conflits, de nombreuses tensions,
05:29et on en trouve déjà aujourd'hui
05:30des illustrations tout à fait évidentes.
05:33Quand on superpose la carte,
05:36ou les cartes de la précarité,
05:38de la pauvreté,
05:39de l'absence d'accès à l'éducation nationale,
05:43on s'aperçoit que les zones de tension,
05:45elles trouvent,
05:46elles continuent de trouver leurs origines
05:49dans les zones de pauvreté.
05:50Et pour ne rien dire,
05:52ou pour dire un mot,
05:54des théories nationalistes, racistes,
05:59qui vont s'enrober de différents drapeaux
06:02pour justifier des attitudes hostiles,
06:05voire criminelles,
06:06à une échelle internationale.
06:07Donc, on n'est pas confronté
06:09à une troisième guerre mondiale
06:10avec le même profil que les deux précédentes,
06:12mais on est quand même confronté
06:14au même défi de promouvoir la justice sociale
06:16si on veut assurer une coexistence pacifique
06:20des peuples qui peuvent résoudre leurs conflits
06:23autrement que par des conflits armés.
06:25Mais pour ça, il faut promouvoir la justice sociale.
06:27Et donc, le livre donne aussi
06:29quelques arguments sur la réalité sociale.
06:33Un travailleur sur deux dans le monde aujourd'hui
06:35n'a pas de contrat de travail, par exemple.
06:38Un travailleur sur deux n'a pas de contrat de travail.
06:41Autrement dit, pour cela,
06:42vous comprenez bien que le débat
06:44sur la consistance du code du travail,
06:46des procédures de licenciement,
06:47des horaires de travail, de la rémunération,
06:50ce sont des débats qui n'ont pas lieu d'être
06:51puisque par définition, il n'y a pas de contrat
06:53et tout est, comment dire,
06:57pas codifié, mais défini
06:59selon le bon vouloir d'un employeur, etc.
07:02On est dans un mécanisme qui fait qu'encore aujourd'hui,
07:06168 millions d'enfants sont au travail,
07:09alors qu'une convention internationale l'interdit.
07:11Il y a encore des entreprises qui bénéficient,
07:14au vrai sens du terme, de l'exploitation du travail des enfants.
07:19Les seuls profits estimés,
07:22procurés par le travail des enfants
07:24et le travail forcé,
07:25on a aussi plusieurs dizaines de millions de travailleurs
07:27qui sont dans le travail forcé,
07:29une forme d'esclavage,
07:30on dit esclavage moderne,
07:33mais le mot moderne,
07:34j'ai du mal à la coller,
07:35le terme esclavage,
07:36ça reste de l'esclavage,
07:38représente 150 milliards de dollars par an.
07:41Et ça, c'est dans l'économie réelle,
07:44c'est-à-dire que ce n'est pas une économie souterraine,
07:46ça y est dit qu'aussi l'économie réelle.
07:48Et puis, dernier mot, pour ne pas être trop long,
07:50donc j'ai voulu éclairer sur les outils
07:53à notre disposition aujourd'hui
07:54l'Organisation Internationale du Travail
07:56dans laquelle je siège depuis 2014,
07:58au titre du Collège des Travailleurs,
08:00puisque c'est la seule instance mondiale
08:02où les travailleurs sont représentés,
08:04à côté de représentants d'employeurs
08:06et à côté des représentants de tous les gouvernements.
08:09Et c'est le seul lieu, donc,
08:11où nous pouvons nous exprimer
08:12sur nos attentes, nos revendications,
08:14essayer d'infléchir et élaborer
08:16des normes internationales du travail
08:18et essayer de les faire respecter.
08:20Donc, je milite pour un renforcement
08:22des prorogatives de cette institution mondiale
08:24au détriment d'autres institutions
08:26qui ont pris le pouvoir,
08:28plus que l'Organisation Internationale du Travail.
08:30Je pense au FMI, à la Banque mondiale,
08:33je pense au G20,
08:34c'est-à-dire que les États qui, à la fois,
08:36ont confié une mission politique
08:38noble, je dirais,
08:39promouvoir la justice sociale
08:41à l'échelle de la planète,
08:43ont aussi parallèlement
08:44constitué d'autres institutions
08:47à qui ils ont confié plus de pouvoir
08:49et qui donnent le la sur le respect
08:51des normes internationales du travail.
08:54L'une d'entre elles,
08:55qui est largement connue et dénoncée
08:56à juste titre,
08:57c'est le FMI,
08:58qui, sur des plans d'ajustement,
09:01des plans dits de redressement,
09:02on peut citer la Grèce
09:03et bien d'autres pays,
09:04se permettent aujourd'hui
09:06de demander à des pays
09:07d'enfreindre la législation sociale
09:10internationale telle qu'elle est codifiée
09:11pour faire primer des impératifs financiers
09:14de court terme.
09:15Et donc, je suggère plusieurs pistes
09:17d'évolution pour modifier le cours des choses
09:19et effectivement,
09:20promouvoir la justice sociale.
09:21Oui, alors, vous expliquiez le rôle
09:25et puis l'importance de l'organisation
09:26internationale du travail.
09:28Donc, vous êtes membre du bureau.
09:30Évidemment, votre expérience,
09:32celle d'ancien dirigeant syndical,
09:35ancien secrétaire général
09:36de la Confédération Générale,
09:37est-ce que cette mission nouvelle,
09:41cette vision peut-être plus globale,
09:45vous a amené à...
09:47là, c'est peut-être une question
09:48un peu plus personnelle,
09:49mais qui peut éclairer sur...
09:51pour justement aider
09:53à ce qu'aujourd'hui,
09:55on ait des billes
09:56pour que les luttes
09:58soient constructives et victorieuses.
10:01Est-ce que cette position
10:03vous a obligés
10:05ou vous a fait en sorte
10:08que vous voyez les choix différemment ?
10:12En termes d'urgence,
10:13oui, incontestablement.
10:15Alors, à la fois,
10:16le mandat...
10:17Les mandats,
10:18parce qu'il y en a eu plusieurs
10:19que j'ai exercés à la CGT,
10:21m'aident bien évidemment
10:21pour exercer cette responsabilité
10:23au point international.
10:25Je siège avec d'autres délégués
10:27venant d'autres continents
10:28qui n'ont pas la même expérience syndicale.
10:31Ils ont d'autres profils,
10:32d'autres parcours.
10:32En ce sens,
10:33on peut avoir une délégation complémentaire,
10:35mais incontestablement,
10:37mon parcours aide
10:38à l'exercice de ce mandat.
10:39Ça, c'est incontestable.
10:41En même temps,
10:42ce mandat,
10:44moi, si vous voulez,
10:46m'éclaire sur l'urgence
10:48de la situation,
10:49l'urgence d'un point de vue social
10:52et de l'impasse que ça représente.
10:56Ça m'éclaire sur deux enjeux.
10:59Le premier, c'est l'urgence,
11:01parce qu'il y a des centaines
11:03de millions de travailleurs
11:04dans le monde
11:05qui travaillent dans un dénuement
11:08extraordinaire.
11:11quand 73%
11:12de la population mondiale
11:13n'a pas de système
11:14de protection sociale.
11:1773%.
11:19Un travailleur sur deux
11:20n'a pas de système
11:20de retraite.
11:2312% seulement
11:24des chômeurs
11:24ont un système
11:25d'indemnisation.
11:26Nous, on est un peu
11:27au-delà de 40%
11:28et on n'est pas satisfaits.
11:29Parce qu'on considère
11:30que les chômeurs,
11:31à priori,
11:32c'est pas un choix de vie
11:33d'être privé d'emploi
11:35pour des salariés
11:35lorsqu'on n'a que sa force
11:37de travail
11:37pour assurer des revenus
11:38pour vivre,
11:39c'est pas un choix délibéré.
11:41Mais 40%,
11:41la moyenne mondiale,
11:43c'est 12%.
11:43Il y a seulement
11:4428% des femmes
11:46qui ont droit
11:47à une allocation
11:48maternité.
11:50Autrement dit,
11:51la grande majorité
11:53des femmes
11:53dans le monde,
11:54lorsqu'elles ont un enfant,
11:57doivent faire le choix
11:58au plus vite
11:59de réintégrer
12:00leur activité professionnelle
12:01pour gagner de l'argent.
12:02Il n'y a pas d'allocation
12:03permettant le congé.
12:06L'accès à l'éducation,
12:08enfin, bref,
12:09la réalité,
12:10l'état
12:11des droits sociaux
12:12dans le monde
12:13et la situation sociale
12:14montrent l'urgence.
12:16Et la deuxième conviction
12:17renforcée,
12:19je l'avais,
12:20mais c'est par rapport
12:21à nos...
12:22Et j'espère que le livre
12:23de ce point de vue-là
12:24aidera aussi.
12:25Ça se veut être
12:26un...
12:27Comment dire ?
12:28Un élément
12:28mis à disposition
12:29du corps militant
12:30d'avoir
12:31de s'armer davantage
12:32en quelque sorte.
12:34C'est qu'une des manières
12:36de résister
12:37à la mise en cause
12:37des droits dans les pays
12:38où les droits sociaux
12:40sont les plus développés,
12:41c'est d'agir rapidement
12:43pour que ceux
12:43qui en ont le moins
12:44en aient davantage
12:45et rapidement.
12:46Parce que sinon,
12:47le discours sur la mise
12:48en compétition
12:49et la compétitivité,
12:50il est perdu d'avance.
12:51Il est naturellement
12:52perdu d'avance.
12:54Lorsqu'on regarde
12:55dans l'industrie,
12:57prenons des industries,
12:59l'industrie textile,
12:59on a eu cette catastrophe
13:00du Réna Plaza,
13:02une usine
13:03qui s'effondre.
13:061100 ouvrières,
13:07pour l'essentiel,
13:07c'était des femmes
13:09qui meurent
13:10par l'effondrement
13:11de leur usine
13:12alors qu'elles étaient
13:13au travail
13:13et malgré les alertes,
13:14etc.
13:15Ça se fait
13:16sur la base
13:17d'un gouvernement
13:18qui n'a aucune
13:20administration du travail,
13:21il n'y a pas de corps
13:21d'inspecteur du travail,
13:23d'administrations
13:24souvent corrompues
13:26où les bachyses
13:27servent d'autorisation
13:28pour mener
13:29une activité
13:30industrielle,
13:31auquel cas,
13:32on a là
13:32un directeur
13:33d'usine
13:34qui se permet
13:34de construire
13:35une bâtisse
13:35sur cet étage
13:36sans aucun respect
13:39des règles
13:40élémentaires
13:41en matière
13:42immobilière
13:44et qui met
13:45sur cet étage
13:46des machines,
13:47des ouvrières
13:48et puis l'immeuble
13:49s'effondre.
13:50Mais on a surtout
13:51en début de chaîne
13:52des firmes
13:53internationales
13:54qui font fabriquer
13:55leurs t-shirts,
13:57leurs shorts,
13:58leurs survêtements
13:59dans des usines
14:01qui ont cette configuration
14:02et à qui on doit
14:04demander des comptes.
14:05C'est-à-dire qu'il y a
14:06des responsables
14:07en début de chaîne.
14:08Alors naturellement,
14:09elles s'en offusent,
14:10qu'elles s'en défendent
14:11et considèrent que
14:12dans l'économie mondiale
14:14aujourd'hui,
14:15une firme
14:16a la possibilité
14:18de contracter
14:18avec un premier sous-traitant
14:20et puis le premier sous-traitant
14:21va sous-traiter de nouveau,
14:22etc.
14:23et en bout de chaîne
14:24on se retrouve
14:24avec un directeur d'usine
14:26qui se sert d'ouvrière
14:28quasiment comme des esclaves
14:29en infraction
14:29avec toute la réglementation
14:31en matière de sécurité,
14:33d'hygiène,
14:33de respect.
14:34Il n'y avait pas d'enfants
14:35dans cette usine
14:36mais enfin sur les trottoirs
14:37d'à côté
14:37il y a des enfants
14:38dans des usines du textile.
14:41Donc c'est aussi ça
14:42qu'il faut bouleverser.
14:44Donc encore une fois,
14:46le deuxième mouvement
14:49dans mon analyse personnelle
14:51c'est surtout
14:52une plus grande conviction
14:53que dans les pays
14:54où les droits sociaux
14:55sont les plus développés
14:57le combat ça consiste
14:58pas simplement
14:59à résister à la remise en cause
15:00bien sûr il faut le faire
15:02mais un élément
15:03de les conforter
15:03c'est d'exiger
15:05une amélioration
15:05des droits sociaux
15:06pour ceux qui n'ont rien.
15:07Alors Bernard,
15:08vous disiez tout à l'heure
15:09que cet ouvrage
15:10vous l'avez écrit
15:12donc fort
15:13de ces expériences
15:14de ces analyses
15:16et donc de ces rapports
15:17qui malheureusement
15:18d'année en année
15:20tombent et sont alarmants
15:22chaque année et plus
15:25davantage
15:26vous disiez
15:28qu'il y avait aussi
15:29quelque part
15:30que c'était pas une adresse
15:32mais en tout cas
15:32que ça serve
15:34aux militants
15:35donc voilà
15:35donc est-ce que
15:38quel serait le message
15:40ou quel serait
15:41ce que vous voudriez dire
15:45donc que ce soit
15:46aux militants
15:47mais même plus largement
15:48aux mouvements sociaux
15:49et puis aussi aux politiques
15:51qui en l'occurrence
15:54sont des interlocuteurs
15:55qui sont à...
15:58enfin qui puissent
16:00qui peuvent décider
16:00et agir
16:03bon le premier message
16:04ce serait de lire
16:05le bouquin
16:07oui
16:08on ne peut que
16:09leur conseiller
16:11acheter le bouquin
16:11et lisez-le
16:12oui le lire
16:13j'aurai pas le temps
16:14de tout développer
16:15puisque c'est pas l'objet
16:16de cette rencontre
16:20bon
16:20je suis intéressé
16:22par les premiers retours
16:22aux militants
16:23qui vraiment
16:24y trouvent un intérêt
16:24c'est pas pour
16:25essayer de vous vendre
16:27une marchandise
16:28c'est pas du tout
16:28l'objet
16:31le passage
16:32de produits financiers
16:33du livre
16:34est intégralement
16:35reversé
16:35au syndicat
16:36qui met le plus cher
16:37en l'occurrence
16:37la CGT
16:38sachez-vous
16:39au cas où ça puisse être
16:41éventuellement
16:41une question
16:43de déontologie
16:45particulière
16:45donc je vous le précise
16:47les produits
16:48sont entièrement
16:49reversés
16:50et au village du livre
16:51nous le disons
16:52nous ne payons pas
16:53non plus nos conférenciers
16:54voilà
16:55évidemment
16:56alors bon
16:57plus sérieusement
17:00j'espère que ce livre
17:02peut aider
17:04à la fois
17:05à mieux appréhender
17:06des problématiques
17:07internationales
17:08par définition
17:09mais en même temps
17:10montrer que chacun
17:10à son niveau
17:11peut intervenir
17:13sur des problématiques
17:14internationales
17:16dans les éléments
17:17que je livre
17:18sur une meilleure
17:19connaissance
17:19de la situation
17:20des travailleurs
17:21il apparaît
17:22aujourd'hui
17:23qu'il y a
17:23500 000
17:25multinationales
17:25dans le monde
17:27qui font travailler
17:28directement ou indirectement
17:29un travailleur
17:30sur cinq
17:31c'est considérable
17:3420% des travailleurs
17:35dans le monde
17:35de fait
17:36travaillent
17:37à un moment donné
17:38pour une multinationale
17:39alors souvent
17:40en sous-traitance
17:40puisque les multinationales
17:42ont un cercle réduit
17:43de salariés directs
17:44qu'elles embauchent
17:44directement
17:45mais pour l'essentiel
17:46ça fait un peu référence
17:47à ce que je disais
17:48pour le textile
17:48mais on le trouve
17:49pour tout un tas
17:49d'autres activités
17:50le phénomène
17:51de sous-traitance
17:52en cascade
17:52fait travailler
17:53des salariés
17:54qui au final
17:55produisent
17:56ou font fonctionner
17:57un service
17:58qui est au service
17:59d'une multinationale
18:00un travailleur
18:00sur cinq
18:01et nous devons tous
18:02être beaucoup plus exigeants
18:04en termes de transparence
18:06sur les conditions sociales
18:07dans lesquelles
18:07ces multinationales
18:08diffusent leur activité
18:10et donc
18:11en tant que militant syndical
18:12mais aussi en tant que militant politique
18:14là où nous travaillons
18:15nous devons être
18:16beaucoup plus exigeants
18:17sur les conditions
18:19dans lesquelles
18:19ces grandes multinationales
18:20exercent leurs activités
18:22parfois avec des sous-traitants
18:23qui sont à l'autre bout du monde
18:26les entreprises
18:27et dans cette délégation
18:29on tout va donc
18:30des représentants
18:31de différents continents
18:32on a un camarade
18:33américain
18:34qui siège avec nous
18:35dans la délégation
18:35les entreprises
18:37aux Etats-Unis
18:37par exemple
18:38qui ne sont pas
18:38parmi les plus vertueuses
18:39sur le plan social
18:40les Etats-Unis
18:41font partie
18:41et je l'évoque
18:43c'est le dernier pays du G20
18:44s'agissant du respect
18:45des normes internationales
18:46du travail
18:47par contre
18:48l'élément moteur
18:49pour des grandes entreprises
18:50américaines
18:50c'est moins le respect
18:52du droit
18:52au sens législatif
18:55du terme
18:56ou juridique du terme
18:57que la question
18:58de la réputation
18:59vis-à-vis du consommateur
19:00et il y a
19:02de grandes entreprises
19:02américaines
19:03qui font des efforts
19:04voient qui procèdent
19:05à des changements
19:06de comportement
19:07ou d'attitude
19:09face au risque
19:10de mauvaise réputation
19:12vis-à-vis du consommateur
19:13s'il s'avérait
19:13que l'entreprise
19:14était détectée
19:16comme faisant travailler
19:17peut-être des enfants
19:18ou des esclaves
19:19à ce moment-là
19:19le consommateur américain
19:21aurait un comportement
19:22qui en termes
19:22de chiffre d'affaires
19:23serait redoutable
19:24donc on a des moyens
19:26d'action
19:27pour l'ensemble
19:28en direction de l'ensemble
19:29des citoyens
19:30et des consommateurs
19:30je milite par exemple
19:32pour que l'OIT
19:32se voit reconnaître
19:34la mission
19:35d'élaborer
19:36un label
19:38alors un label
19:38qui pourrait être attribué
19:40au pays
19:41en fonction
19:41de l'attitude
19:42vertueuse
19:43vis-à-vis des normes
19:44internationales du travail
19:45mais aussi un label
19:46pourquoi pas
19:46vis-à-vis des produits
19:47d'entreprise
19:49et je me dis
19:51c'était un échange
19:52que j'avais eu
19:53avec un français
19:56anciennement
19:58directeur
19:59de l'OMC
20:00dont le prénom
20:01est François
20:02pour ne pas le citer
20:05qui me disait
20:06que
20:06ce qui progresse
20:08le plus
20:08dans les normes
20:09du commerce
20:10ce sont des clauses
20:12des règlements
20:12qui sont soucieux
20:14du devenir animal
20:16dans les chaînes alimentaires
20:18et ce qu'on peut
20:19constater aujourd'hui
20:19c'est qu'il y a
20:20de plus en plus
20:21de normes
20:22et de règles
20:23qui sont soucieuses
20:24du sort fait
20:25aux animaux
20:26comparé
20:27aux clauses
20:28au règlement
20:29qui seraient soucieux
20:30du sort fait
20:31aux femmes
20:32et aux hommes
20:32dans la production
20:33alors moi j'ai rien
20:34contre le fait
20:35qu'on soit tous
20:36soucieux du sort
20:37fait aux animaux
20:37c'est pas le problème
20:39mais de là
20:40en arriver
20:41à ce que la réglementation
20:42s'agissant
20:42de l'espèce animale
20:44soit plus élaborée
20:45bientôt
20:45que de la réglementation
20:47et de l'encadrement
20:47vis-à-vis des hommes
20:49et des femmes
20:49vous avouerez
20:50que dans la hiérarchie
20:51des préoccupations
20:53on pourrait au moins
20:53attendre
20:56un équivalent
20:56ça n'est pas du tout
20:57le cas
20:58donc de ce point de vue là
21:00je reviens
21:01à mon propos
21:02j'espère que le livre
21:03aidera aussi à montrer
21:04que chacun peut être
21:05acteur
21:06pour modifier
21:07alors je livre aussi
21:08des pistes
21:09d'ordre institutionnel
21:10là ça renvoie davantage
21:12aux politiques
21:12aux états
21:13peut-être ça permet
21:14de répondre
21:15à une autre partie
21:15de la question
21:16mais chacun
21:17dans son entreprise
21:18en tant que citoyen
21:19en tant que consommateur
21:20en tant que salarié
21:21dans son secteur d'activité
21:22on peut être
21:23beaucoup plus attentif
21:24beaucoup plus exigeant
21:25sur les conditions
21:26dans lesquelles
21:26les activités se mènent
21:27à une échelle internationale
21:28alors il y a déjà
21:29des choses de faites
21:30il ne faut pas considérer
21:31qu'on est au degré zéro
21:33je pense aux militants
21:34qui sont investis
21:35dans des comités
21:36internationaux
21:37qu'il s'agisse
21:37des comités européens
21:39je consacre d'ailleurs
21:40un chapitre
21:42à l'Union Européenne
21:43parce qu'en termes
21:43de dumping
21:44de mise en concurrence
21:45des travailleurs
21:45l'Europe est aussi
21:47bien placée
21:47ne faisons pas
21:48comme si on était
21:48et ça on sait ici
21:50dans un espace
21:51où le standard social
21:53ne soit pas critiquable
21:54au niveau européen
21:56donc on a déjà
21:57des militants
21:58qui sont investis
21:59de fait
21:59dans un certain nombre
22:00d'institutions internationales
22:01mais il faut en faire
22:02des questions
22:02beaucoup plus récurrentes
22:03et beaucoup plus partagées
22:04donc encore une fois
22:05j'espère que le livre
22:07aidera une population
22:08plus large
22:09à s'emparer
22:10de ces sujets
22:12vis-à-vis des responsables
22:13politiques
22:13alors nous parlons
22:14dans une séquence
22:16chacun le sait
22:16cette fête de l'UMA
22:18pas uniquement
22:19mais elle est notamment
22:21calée comme ça arrive
22:22régulièrement
22:22et de plus en plus
22:23régulièrement maintenant
22:24puisqu'on est sous
22:24l'égide du quinquennat
22:25à la veille
22:26d'échéance politique
22:28nationale
22:31et ce que je veux
22:32indiquer
22:33c'est que
22:33ce qui est attendu
22:34aussi je crois
22:35par nombre de citoyens
22:36c'est que même
22:37que sous couvert
22:38de mandats politiques
22:40de nature nationale
22:41les responsables politiques
22:43sachent défendre
22:45des valeurs
22:45et des objectifs
22:46à une échelle internationale
22:48parce que chacun
22:49a bien conscience
22:49au niveau des citoyens
22:50que le sort des uns
22:52et des autres
22:52est lié
22:53c'est une part aussi
22:55de la résolution
22:55de Philadelphie
22:56de 1944
22:57quelles que soient
22:58les zones de misère
22:59ça rejaillit
22:59à un moment donné
23:00sur le tout
23:00de l'humanité
23:01personne ne peut prétendre
23:03sauf des nationalistes
23:04complètement
23:06cons
23:07excusez-moi
23:08cons
23:09peuvent prétendre
23:10qu'on va constituer
23:11demain
23:11un espèce d'El Dorado
23:13par pays
23:13qui serait
23:14un espèce de paradis
23:17protégé
23:17de tous les maux
23:18de la planète
23:18des misères
23:20ou des catastrophes
23:21qui pourraient exister
23:22sur le continent
23:22d'à côté
23:23ou même
23:23à l'autre bout
23:24de la planète
23:26j'évoque rapidement
23:27mais j'évoque
23:28les préoccupations
23:29environnementales
23:29qui militent
23:30elles aussi
23:31pour que les salariés
23:32aient davantage de droit
23:32pour intervenir
23:33sur les processus
23:34de production
23:35il est évident
23:36aujourd'hui
23:37que notre sort
23:37à tous
23:38est lié
23:38en termes environnementaux
23:40il n'y a pas de nuages
23:41contrairement à ce qu'on nous a expliqué
23:43qui pouvaient s'arrêter
23:44à une frontière
23:44par exemple
23:45notre sort est lié
23:46c'est vrai aussi
23:47sur le plan social
23:48donc ce que j'attends
23:49aussi moi
23:50du débat politique
23:51et encore une fois
23:52même s'agissant
23:53de mandat national
23:55c'est qu'on sache
23:56éclairer
23:57sur les enjeux
23:58internationaux
23:59et qu'on sache porter
24:00des alternatives
24:00sur le plan international
24:02et naturellement
24:03je l'espère bien
24:04mais ça vous l'aurez compris
24:05qu'on accorde
24:06une importance
24:07beaucoup plus importante
24:08à la dimension sociale
24:10des problèmes
24:10à l'échelle internationale
24:12qu'on ne le fait aujourd'hui
24:13ces forces d'apparaître
24:14vis-à-vis des entreprises
24:15vis-à-vis des investisseurs
24:17comme étant
24:18le plus accueillant
24:20et pour être
24:21le plus accueillant
24:21ils sont prêts à mettre à bas
24:23de la législation sociale
24:25les systèmes de protection sociale
24:26puisque c'est celui
24:27qui offrira
24:28le meilleur terrain
24:29d'accueil
24:30aux investisseurs
24:30et à ce titre
24:32le gouvernement actuel
24:34ne se distingue pas trop
24:35d'autres gouvernements
24:36certains sont
24:37beaucoup plus réactionnaires
24:38et libéraux
24:39encore
24:39mais notre gouvernement actuel
24:41s'inspire
24:43de cette philosophie
24:44consistant
24:45à considérer
24:45que c'est par
24:46de plus grandes facilités
24:48aux investisseurs
24:49qu'on va créer
24:49de l'emploi
24:50et qu'on va améliorer
24:51le sens des travailleurs
24:51dans le monde
24:52il n'y a aucune expérience
24:54dans le monde
24:54qui atteste
24:55la véracité
24:55de cette théorie économique
24:56qui n'en est pas une
24:57d'ailleurs
24:59tout comme
25:00il n'y a pas
25:00de démonstration
25:01dans le monde
25:03que la précarité
25:04permet de créer
25:04de l'emploi
25:06parce que si c'était le cas
25:07dans les pays
25:08où il n'y a plus
25:08de 90%
25:09des travailleurs
25:10qui sont sans contrat
25:11de travail
25:11ça devrait être
25:12le plein emploi
25:13si on poussait
25:14à l'extrême
25:15la logique
25:16de simplification
25:17de la réglementation
25:18du travail
25:19qui serait
25:20créatrice
25:20d'emploi
25:21on devrait considérer
25:22que là où il n'y a
25:23aucune réglementation
25:24du travail
25:24il y a le plein emploi
25:25c'est absolument pas le cas
25:26il n'y a pas un exemple
25:27au monde
25:28où on peut faire
25:28cette démonstration
25:29mais là je m'égare
25:30et je suis peut-être
25:31trop long
25:31nous remercie à Bernard