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  • il y a 2 jours
Le syndicaliste et administrateur de l’OIT, insiste sur la nécessité de renforcer les protections sociales des salariés partout dans le monde. Dans son livre "la troisième guerre mondiale sera sociale", il prône la lutte pour un nivellement par le haut des droits des travailleurs.

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Transcription
00:02Je diffuse un livre au titre à la fois provocateur mais à mon avis révélateur de la période,
00:09La Troisième Guerre Mondiale et Sociale, qui contribue, je l'espère, à transmettre un meilleur savoir
00:16quant aux conditions sociales qui sont faites aux travailleurs dans le monde.
00:20On nous parle beaucoup de compétitivité, on nous compare beaucoup à d'autres travailleurs d'autres continents,
00:27peu connaissent la réalité des droits sociaux dans le monde, quel est l'effet de la mondialisation sur les droits
00:32sociaux.
00:33Ce n'est pas la modernisation des droits, c'est le moins que l'on puisse dire, on va vers
00:36plus de précarité à l'échelle mondiale.
00:38Et je montre, j'essaye d'éclairer aussi les raisons pour lesquelles l'enjeu des attaques concernant le droit social
00:44dans des pays comme la France,
00:45qui fait partie des pays où les droits sociaux sont les plus développés, parce que notre histoire syndicale, politique,
00:50a été forte de grands combats pour obtenir ces avancées sociales, est d'un enjeu bien plus important que le
00:58seul sort,
00:59même si c'est important, des salariés français. Il y a aussi une symbolique internationale, à savoir,
01:03est-ce que des pays vont continuer à rester des références, non pas des modèles, mais des références,
01:07pour permettre à ceux qui ont le moins de droits d'avancer à leur tour vers le progrès social.
01:12Et quand on pense qu'aujourd'hui, par exemple, un travailleur sur deux dans le monde n'a pas de
01:15contrat de travail,
01:17et que cette proportion progresse, il y a lieu effectivement de s'inquiéter et ne pas accepter d'être présenté
01:24comme étant la minorité demain, parce que nous aurions un temps de travail codifié, une formation professionnelle,
01:31un niveau de salaire codifié, etc.
01:33Si je vous entends bien, cette guerre mondiale, elle a déjà commencé ?
01:36Bien sûr, elle est à l'œuvre aujourd'hui, avec des multinationales, on en recense à peu près 500 000
01:42dans le monde aujourd'hui,
01:43qui sont parmi les premiers artisans de cette déréglementation,
01:48parce que c'est elle qui tire le meilleur profit des zones de non-droit,
01:51du fait qu'il y a encore 168 millions d'enfants recensés au travail aujourd'hui,
01:55alors que c'est interdit par une norme internationale du travail.
01:58Donc je livre aussi les pistes d'évolution possibles,
02:01pour faire en sorte que le commerce international ne continue pas,
02:04en ignorant la responsabilité et le droit social sur le plan international.
02:08Il y a des règles du commerce, il faudrait que ces règles du commerce respectent aussi les droits sociaux des
02:13travailleurs,
02:14et il y a énormément à faire.
02:15Oui, mais à faire par les politiques, justement, on a de plus en plus l'impression que les politiques sont
02:19là pour créer un contexte favorable
02:21aux leurs partenaires des multinationales.
02:24Je montre en quoi les différents gouvernements, pour la plupart d'entre eux,
02:27s'efforcent d'être les plus accueillants vis-à-vis des investisseurs, des entreprises.
02:32Il y a une espèce de course entre eux, à celui qui fera les meilleurs cadeaux aux entreprises,
02:36espérant des investissements susceptibles de créer des emplois sur leur territoire.
02:40Et à ce prix, ils sont prêts à sacrifier le droit social.
02:43C'est-à-dire que les normes, le droit social, fait partie des monnaies d'échange,
02:47et c'est le moins-disant qui risque de l'emporter.
02:49En même temps, les gouvernements nationaux, les responsables politiques nationaux,
02:55atteignent aussi leurs limites dans leur pouvoir d'intervention,
02:57si en tant que citoyens, nous n'intervenons pas directement sur le comportement des entreprises,
03:01et singulièrement des multinationales, ce qui pose la question de la chaîne de solidarité
03:06entre militants, syndicaux, politiques, pour agir de manière transfrontalière,
03:11dans la mesure où l'économie est aujourd'hui transfrontalière.
03:14Et pour le PQ lambda, c'est-à-dire le consommateur, il a aussi une possibilité d'agir ?
03:18Oui, je suggère pour ma part d'élaborer que l'Organisation internationale du travail,
03:23qui est une agence de l'ONU, se voit reconnaître la mission, pourquoi pas,
03:27d'élaborer un label, s'agissant des produits fabriqués, commercés,
03:33en fonction du standard social qui est repéré par ceux qui fabriquent tel ou tel produit.
03:38Je pense que le citoyen consommateur aimerait davantage connaître
03:42les conditions sociales dans lesquelles les produits sont élaborés, sont distribués.
03:47Je remarque, et je fais à dessein le parallèle,
03:50qu'il y a de plus en plus aujourd'hui de normes se souciant du sort des animaux
03:53dans la chaîne alimentaire, alors qu'on semble ne pas se soucier
03:56du sort des femmes et des hommes qui sont dans les réseaux de production.
04:00Donc je suggère aussi qu'un label international permette de reconnaître
04:03quels sont les produits qui sont fabriqués en respectant les normes internationales du travail
04:08et quels sont au contraire les produits qui ignorent les droits fondamentaux,
04:13notamment les libertés, le droit syndical.
04:15La moitié de la population mondiale vit dans des pays qui ne reconnaît pas le droit syndical.
04:19Merci beaucoup Bernard Thibault.
04:21Juste une dernière question, vous savez que c'est la fête de l'humanité, vous y êtes.
04:24Cette année c'est la fête de la fraternité.
04:26Qu'est-ce que ça évoque pour vous ?
04:28C'est un besoin, dans une période aussi brutale que celle-ci,
04:33où les débats politiques ne sont pas de vrais débats politiques,
04:37mais sont plutôt des joutes oratoires personnelles pour essayer de surfer sur des institutions
04:43qui, de mon point de vue, ne permettent plus de fonctionner véritablement dans une démocratie digne de ce nom.
04:50C'est regrettable de le dire, mais je le constate.
04:53Il y a besoin que les hommes et les femmes se rassemblent dans la fraternité,
04:57dans la reconnaissance de parcours différents, de cultures différentes, d'origines différentes,
05:01de confessions différentes, de couleurs de peau différentes.
05:04La fraternité, c'est pour moi susceptible de rassembler un monde aussi divers.
05:09La fraternité, c'est pour moi, c'est pour moi, c'est pour moi, c'est pour moi, c'est
05:13pour moi.

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