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Avec Vanessa Perez, Gilles Attaf (Président de la certification Origine France Garantie et co-fondateur des FFI) et Jean Reignier (COMEARTH #RelationClient 100% France Président - Fondateur Club ETI ile de France AFRC Certifié Service France Garanti - RSE - Qualiopi - ISO18295-1)

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##LE_NUMERIQUE_POUR_TOUS-2026-10-11##

Catégorie

🤖
Technologie
Transcription
00:00Sud Radio, le numérique pour tous, Vanessa Pérez.
00:03Bonjour et bienvenue dans le numérique pour tous, l'émission qui vous fait découvrir les dessous de la tech et
00:08de l'innovation responsable.
00:09Et aujourd'hui on parle de made in France dans le numérique, est-ce une utopie ou un véritable enjeu
00:14de souveraineté ?
00:15Avec au programme trois questions qui dérangent, acheter français est-ce forcément payer plus cher ?
00:20Le made in France garantit-il vraiment un meilleur service ?
00:23Et pourquoi la commande publique n'achète-t-elle pas davantage français ?
00:26C'est ce que nous tenterons de comprendre avec nos invités.
00:28C'est le numérique pour tous spécial made in France et numérique, c'est tout de suite et c'est
00:33sur Sud Radio.
00:34Sud Radio, le numérique pour tous, Vanessa Pérez.
00:37Et pour commencer cette émission, nous avons le plaisir d'accueillir Jean Régnier.
00:41Jean, bonjour. Vous êtes président fondateur de la société Commerce,
00:45qui est une société spécialisée dans les centres d'appel hébergés en France justement.
00:49Et vous êtes partenaire des forces françaises de l'industrie.
00:53Alors, avoir un centre d'appel hébergé en France, on va rentrer dans le vide du sujet immédiatement.
00:57Ça fait la différence ?
00:58Ça fait clairement la différence.
01:00On va reprendre une formule très simple, surtout au moment où il y a eu un très beau film sur
01:04l'épopée du général de Gaulle.
01:05Un centre d'appel en France, c'est tout simplement les Français qui parlent au français.
01:09C'est-à-dire qu'on a la maîtrise d'une langue, d'un contexte sociétal et culturel qui fait
01:15qu'un de nos téléconseillers va pouvoir très bien comprendre
01:19les interactions par téléphone ou par écrit avec monsieur et madame tout le monde en France quand ils sollicitent nos
01:25centres de relations clients qui sont exclusivement en France.
01:27Mais alors, la notion de Made in France, elle n'est pas un peu subjective ? Concrètement, vous mettez quoi
01:31sous le Made in France pour un centre d'appel ?
01:33Bon, mais surtout de l'humain, effectivement de l'humain basé en France, donc qui est encore une fois dans
01:38le même univers culturel et sociétal,
01:41qui maîtrise parfaitement la communication et la langue française et donc qui est capable de très bien comprendre les interlocuteurs,
01:48des marques qui nous font confiance quand ils nous appellent, dans tous les cas de figure, depuis une simple demande
01:54d'information sur un produit,
01:56jusqu'à des exemples qui sont beaucoup plus complexes, où on va avoir pour certaines agences régionales de santé,
02:02des informaticiens qui vont avoir un professionnel de santé au téléphone, qui vont diagnostiquer un problème informatique et le résoudre
02:09à distance.
02:10– Mais beaucoup de vos confrères choisissent d'aller à l'étranger pour justement payer moins cher,
02:16ça veut dire qu'à la fin, la facture de votre client s'en ressent ?
02:19– Alors forcément, choisir la France coûte plus cher que choisir d'autres destinations,
02:25comme le Maroc ou encore Madagascar, pour fixer un petit peu les idées.
02:29Pour qu'une entreprise de relations clients puisse fonctionner en France,
02:33il faut qu'on puisse facturer l'heure d'un téléconseiller ou d'un téléacteur,
02:36entre 30 et 35 euros de l'heure, là où au Maroc, on va être plutôt entre 12 et 15
02:42euros,
02:42et à Madagascar, on voit même des solutions à 5 euros.
02:45Après, vous n'avez pas forcément le même niveau de qualité, selon les différentes destinations.
02:52Nous, on met en avant cette notion de proximité et d'efficacité.
02:56On peut également rajouter d'autres aspects qui sont extrêmement importants,
03:03notamment les questions de sécurité des données.
03:06On a vu récemment un certain nombre d'exemples qui ont défrayé la chronique, comme on dit,
03:11de fichiers clients qui ont été visiblement hackés.
03:14On ne sait pas aujourd'hui entre quelles mains ces fichiers se retrouvent.
03:17Par contre, tous les jours, notamment les banquiers,
03:19constatent qu'il y a des fraudes émises sur les comptes des clients.
03:25Donc la sécurité des données, la sécurité des fichiers,
03:27est un élément extrêmement important à mettre en avant également.
03:30J'aimerais quand même qu'on casse un mythe avec vous, Jean.
03:32Un téléconseiller qui lit un script, sans être réducteur sur la fonction de téléconseiller,
03:37qu'il soit à Paris, à Casablanca ou à Antanarivo, ça change quoi vraiment ?
03:42Alors, je vais justement rebondir sur cette notion de lecture d'un script.
03:47Chez Commerce, on ne lit pas un script, je vais prendre une comparaison.
03:52Quand vous allez au théâtre, vous n'imaginez pas un seul instant que l'acteur lit son texte quand il
03:57est sur les planches.
03:58Chez Commerce, un téléconseiller, il maîtrise toute l'information qui concerne la marque que nous représentons
04:04et il va pouvoir être en écoute active et apporter satisfaction à son client
04:10en lui apportant dans des délais rapides les réponses et les services qu'il est en droit d'attendre.
04:15Alors, effectivement, quand vous êtes dans des destinations plus éloignées
04:19et que vous maîtrisez parfois moins bien la langue, le texte,
04:22eh bien, il y a des supports écrits pour vous guider.
04:25Mais ça, c'est comme le sourire, on l'entend tout de suite au téléphone.
04:28Et je pense que vos auditeurs ne s'y trompent pas.
04:31Ils reçoivent parfois des appels dont ils devinent tout de suite qu'ils viennent d'assez loin,
04:36quels que soient les subterfuges utilisés par certaines marques.
04:39Et effectivement, la proximité linguistique, sociétale et culturelle fait que,
04:43ben voilà, les Français parlent au français, ils se comprennent beaucoup mieux, beaucoup plus vite.
04:46Mais vous voulez dire, par exemple, quand on appelle son assureur
04:48et qu'on en est dans un moment un petit peu critique, ça va faire toute la différence ?
04:52Ça va clairement faire la différence parce que tout l'enjeu pour une compagnie d'assurance,
04:56c'est d'arriver à réussir ce moment qui est un moment de vérité.
05:00En général, quand on signe un contrat d'assurance,
05:03dans l'idéal, on espère qu'il ne servira jamais.
05:05Et le jour où, malheureusement, on doit appeler son assureur,
05:08c'est qu'on est confronté à un sinistre qui peut être parfois d'une extrême gravité.
05:12Et donc, on est dans un moment compliqué, un moment de faiblesse parfois.
05:16Et il est essentiel que l'assureur soit d'abord très rapidement disponible
05:22et qu'ensuite, les conseillers soient parfaitement formés
05:24pour pouvoir accueillir une demande avec beaucoup d'empathie
05:28pour être capable de comprendre une situation, justement, de faiblesse,
05:32de précarité dans certains cas
05:34et être capable de conduire un entretien à la fois avec beaucoup d'humanité
05:38et aussi beaucoup d'efficacité.
05:41Commerce travaille pour quelques très belles compagnies d'assurance
05:44ou de mutuelles en France.
05:46Et ces enjeux-là sont vraiment au cœur du quotidien de nos téléconseillers.
05:51Alors, je rebondis, vous parlez d'un enjeu au cœur du quotidien.
05:54Vous, en tant que patron, vous avez des salaires à financer.
05:57Est-ce qu'en cascade, c'est une situation confortable
06:02et justement, ce que vous proposez de supplémentaire
06:04est amorti dans la valeur que vous avez créée
06:07ou alors vous êtes quand même en difficulté ?
06:09Effectivement, les marges vont être inférieures.
06:11Alors, ce qui est très clair, c'est que quand on fait le choix un peu militant
06:15de produire la relation client exclusivement en France,
06:20forcément, on est dans une situation économique qui est tendue
06:23face à des solutions à l'offshore,
06:25pour dire les choses très clairement.
06:27C'est-à-dire que ceux qui produisent au Maroc, au Sénégal ou à Madagascar,
06:31entre guillemets, bénéficient d'une masse salariale très inférieure,
06:36donc peuvent se permettre parfois de faire des marges supérieures.
06:40En France, j'ai fait le choix de créer Commerce il y a 22 ans.
06:44On a toujours été sur un chemin de crête pour gérer l'entreprise.
06:49Donc, on a l'obligation de gérer en bon père de famille,
06:52parce que la première qualité que les grandes marques qui nous font confiance
06:55attendent de nous, c'est que nous soyons un partenaire en bonne santé
06:58pour pouvoir les accueillir durablement.
07:01Mais effectivement, ça laisse assez peu de place à des marges
07:05pour pouvoir continuer à investir.
07:07Il semble que vous ayez un coup de gueule, Jean, par rapport à la commande publique.
07:11Vous considérez que vous n'êtes pas justement assez considéré ?
07:14Bien, coup de gueule, oui, en tous les cas, on peut encourager
07:18les responsables de la commande publique à faire, on va dire, un petit effort.
07:23Alors, il faut savoir que nos amis allemands,
07:26alors qu'ils sont dans la même Europe que nous,
07:28sont capables d'orienter la commande publique à hauteur de 80%
07:31vers les entreprises allemandes.
07:33En France, c'est moins de 15%.
07:36Et nous sommes toujours dans la même Europe.
07:38Donc, il est grand temps aujourd'hui que les acteurs
07:41et les responsables de la commande publique flèchent leurs achats
07:46vers les entreprises publiques.
07:47On ne demande pas du favoritisme,
07:49ce que les Anglais appellent « the right of first refusal ».
07:53En français, c'est tout simplement l'obligation
07:57de consulter en premier lieu une entreprise française.
08:00Et quand je dis une entreprise française,
08:02je précise le propos, c'est une entreprise à capitaux français,
08:05à actionnariat français.
08:07Ce n'est pas seulement une entreprise qui a un site en France,
08:09même si c'est déjà très bien.
08:11Mais ces aspects-là sont extrêmement importants
08:13parce que les entreprises qui font le choix qu'a fait Commerce,
08:17ce sont des entreprises qui payent tous leurs impôts en France,
08:21qui créent de l'emploi en France,
08:22qui font vivre les territoires en France
08:24et qui contribuent au modèle social français
08:27comme on l'appelle encore.
08:29Et vous avez le sentiment qu'aujourd'hui,
08:31il y a des centres...
08:31Enfin, pas le sentiment, il y a une réalité.
08:32Les centres... Certains centres d'appel d'État
08:34ne sont pas totalement « made in France ».
08:37On peut dire qu'il y a encore des efforts à faire,
08:39effectivement, sur ces aspects-là.
08:42Et mon propos est plus large que les simples centres d'appel.
08:47C'est effectivement, d'une manière générale,
08:49la commande publique n'est pas suffisamment orientée
08:53vers les entreprises françaises.
08:54Jean, 30 secondes pour conclure.
08:55Qui doit payer le prix du « made in France » en France ?
08:57C'est l'État, l'entreprise ou les utilisateurs ?
08:59C'est le consommateur qui a toujours le dernier mot à dire.
09:02C'est lui qui fait des choix.
09:03On essaie d'éclairer les choix et de démontrer
09:05par la qualité de nos services et de nos produits
09:08qu'il a raison de choisir une offre et un service français.
09:13Il doit le faire aussi pour apporter sa contribution
09:17à une économie durable.
09:19Je pense que depuis quelques temps,
09:20on a un peu trop laissé les emplois partir à l'étranger.
09:24Alors, les emplois des usines qui ont été délocalisés,
09:28mais on ne se rend pas compte que les emplois des services aussi
09:31peuvent être délocalisables.
09:32Et que, je rappellerai ce que nos chambres de commerce disaient
09:36avec beaucoup de pertinence il y a quelques années,
09:38nos emplettes font nos emplois.
09:40Donc, j'invite tous les Français,
09:42à chaque fois qu'ils commettent un acte d'achat
09:46de produits ou de services,
09:47de regarder s'il n'y a pas, à qualité comparable,
09:51un produit 100% français.
09:52Parce que quand on achète français, encore une fois,
09:54on valorise le pays,
09:58on soutient l'emploi dans les territoires,
10:01on finance le modèle social.
10:03Ce ne sont pas les Marocains qui vont payer
10:05la retraite des Français,
10:06encore moins les Malgaches ou les Chinois.
10:08C'est important d'y réfléchir au moment où,
10:11avec sa carte de crédit,
10:12on s'apprête à faire un achat.
10:14Pour conclure, vous êtes quand même conscient
10:15que certains choix sont obligés d'être subis
10:18à l'heure du pouvoir d'achat.
10:19On préfère décranter un peu la qualité
10:20qu'assumer du Made in France.
10:22Donc, on est quand même dans une équation
10:24qui est une injonction contradictoire.
10:26Bien sûr.
10:27Et le discours, il n'est surtout pas donneur de leçons
10:28parce qu'on sait très bien
10:29qu'il y a des problématiques de pouvoir d'achat.
10:31Donc, l'espoir, c'est qu'en parlant
10:33et en prenant davantage la parole sur ces sujets,
10:35les gens prennent conscience de ces enjeux-là
10:37et qu'on commence à faire bouger le curseur
10:39un tout petit peu en faveur de la France
10:41pour rapatrier de la valeur
10:43parce que tous les Français vont en profiter.
10:45Est-ce que vous avez le sentiment,
10:46depuis que vous menez vos combats,
10:47que les choses peuvent ou ont évolué dans le bon sens ?
10:50Je pense que le développement, par exemple,
10:53d'Origine France Garantie,
10:54et Gilles Attaf en parlera beaucoup mieux que moi,
10:56des forces françaises de l'industrie,
10:58montrent en tous les cas
10:58qu'il y a un minima une prise de conscience.
11:01On voit certaines marques françaises
11:03ou étrangères, d'ailleurs,
11:04qui travaillent en France
11:05et qui, dans certains cas,
11:07dans leurs décisions,
11:08font des arbitrages aujourd'hui
11:09plus souvent, un peu plus souvent,
11:12en faveur du Made in France
11:13ou du conçu et produit ou presté en France.
11:16Et tant mieux,
11:17il faut les encourager à continuer dans cette voie-là.
11:19Merci Jean-Régnier.
11:20Je rappelle que vous êtes président
11:22et fondateur de la société Commerce.
11:23Restez avec nous.
11:24Dans quelques instants,
11:25nous vous ferons rencontrer
11:26le président de la certification Origine France Garantie
11:29et cofondateur des forces françaises de l'industrie
11:32qui nous en dira davantage
11:33sur la direction que prennent nos achats.
11:35Le numérique pour tous spécial
11:37Made in France et numérique,
11:39ça continue dans quelques instants
11:40et c'est sur Sud Radio.
11:41Sud Radio, le numérique pour tous,
11:44Vanessa Perez.
11:44Pour continuer cette émission Made in France et numérique,
11:47j'ai le plaisir d'accueillir Gilles Attaf.
11:49Bonjour Gilles.
11:49Vous êtes le président de la certification Origine France Garantie
11:53et cofondateur des forces françaises de l'industrie.
11:55On est ravis de vous avoir au plateau.
11:57Bonjour Vanessa.
11:57Merci de votre invitation.
11:58Bon Gilles, on va se dire les choses.
12:00Tout le monde dit vouloir acheter français
12:01mais au moment de sortir sa carte bleue,
12:03c'est souvent le prix qui gagne.
12:05Est-ce qu'on aime le Made in France
12:06ou alors c'est quand même une hypocrisie ?
12:07Pourtant c'est le bon moment de sortir sa carte bleue
12:09parce qu'en ce moment,
12:10on est en période électorale
12:11et on vote avec sa carte bleue.
12:12C'est-à-dire que lorsque vous achetez un produit Made in France,
12:15vous faites un acte politique
12:16parce que derrière tout ça,
12:17il y a des emplois,
12:18il y a une économie,
12:19il y a des territoires
12:20et il y a une vision sur le temps long.
12:23Donc je pense qu'il faut bien réfléchir
12:25et lorsqu'on parle de pouvoir d'achat
12:26et de produits à faible valeur ajoutée,
12:29il faut aussi, je pense,
12:30se poser les bonnes questions.
12:32Je pense que tout le monde a compris
12:33qu'aujourd'hui il y avait un vrai problème écologique.
12:35Moi je pense qu'il y a une convergence aujourd'hui
12:37entre l'écologie et le Made in France.
12:39C'est clair que lorsque vous achetez un produit français,
12:41derrière il y a des normes sociales,
12:44environnementales
12:44et qu'il vaut mieux peut-être acheter un produit une fois
12:47qui dure,
12:48consommer moins mais mieux des produits de qualité.
12:51Puis vous savez,
12:51moi j'ai une formule toute faite
12:52qui dit achète chinois,
12:54achète trois fois.
12:54Donc il vaut peut-être mieux acheter une fois
12:56qu'acheter trois fois.
12:56Gilles, pour comprendre deux chiffres clés
12:58qui ne sont pas dans du déclaratif Made in France
13:00mais qui font qu'un consommateur,
13:02un utilisateur comprend clairement
13:04que c'est Made in France.
13:05Deux chiffres clés pour le comprendre.
13:06Alors déjà,
13:06ils cherchent le logo
13:07Origin France Garantie
13:09puisque c'est une certification
13:10contrairement au Made in France
13:12qui est déclaratif,
13:13régi par le Code des douanes européen
13:15qui dit qu'une opération substantielle
13:17suffit pour être Made in France.
13:18Donc voilà,
13:19c'est déclaratif.
13:20Nous,
13:20il y a des audits qui sont faits,
13:22c'est une certification.
13:24Lorsque vous avez un numéro de certification
13:27avec le logo
13:27Origin France Garantie,
13:29c'est le Made in France Garantie.
13:31Mais deux chiffres clés,
13:31j'ai envie de comprendre.
13:32Alors les deux chiffres sont vraiment importants
13:34et ils sont cumulatifs.
13:36Le premier,
13:36c'est que toutes les caractéristiques
13:38essentielles du produit
13:38doivent avoir été prises
13:40sur le territoire français.
13:41Le deuxième,
13:42c'est que 50% à minima
13:43de la valeur ajoutée du produit
13:45doit avoir été acquis
13:46sur le territoire français.
13:48Valeur ajoutée
13:48sur le territoire français.
13:50Ça,
13:50c'est pour les produits.
13:51Pour les services
13:51comme commerce aujourd'hui,
13:53c'est sur les contrats de travail
13:54puisqu'il faut que 90% à minima
13:56des contrats de travail
13:57soient de droit français
13:58pour être certifiés
14:00Services France Garantie
14:01comme les commerces.
14:02Alors Gilles,
14:03on entend un mot en permanence
14:04en ce moment
14:04qui est la souveraineté,
14:05la souveraineté nationale.
14:07Et j'ai envie de vous demander,
14:08dans une économie
14:09où nos technologies,
14:09nos composants et nos logiciels
14:11et parfois même nos données
14:12dépendent de l'étranger,
14:14est-ce que ce n'est pas un peu
14:14une utopie
14:15de parler de souveraineté
14:16et de made in France
14:17et de numérique ?
14:18Alors pas du tout.
14:19Moi, je pense que la souveraineté,
14:20c'est toute une chaîne de valeurs.
14:22Et d'ailleurs,
14:22avec Origine France Garantie,
14:23nous, on l'a compris
14:24avant tout le monde
14:25déjà sur le produit
14:25il y a maintenant plus de 15 ans
14:27puisqu'on a certifié
14:28que des produits
14:29via notre certification.
14:31Après, on a identifié
14:32qu'il y avait un problème
14:33sur les services,
14:34que les services commencent
14:35à être délocalisés.
14:35Donc nous,
14:36on a voulu donner
14:37cette traçabilité
14:38que le consommateur
14:38puisse consommer,
14:39encore une fois,
14:40en toute transparence.
14:41Et aujourd'hui,
14:42sur le numérique,
14:42on a Numérique France Garantie
14:44qu'on vient de sortir,
14:45on vient de mettre en place
14:47cette certification
14:47parce qu'on veut travailler
14:49sur toute la chaîne de valeurs.
14:50Aujourd'hui,
14:51lorsque vous voulez
14:52réindustrialiser
14:52et que vous n'avez pas
14:54la maîtrise de vos données,
14:55si les datas sont à l'étranger,
14:58si le bénéficiaire final
15:00d'une entreprise
15:01est à l'étranger,
15:02vous pouvez être facilement
15:04subir l'extraterritorialité,
15:06notamment avec
15:07Cloud Act américain.
15:09Et donc,
15:10je pense que non,
15:10c'est absolument essentiel.
15:11Et la souveraineté,
15:12encore une fois,
15:13c'est la clé de la liberté.
15:15Ce n'est pas se refermer
15:16sur soi-même,
15:16c'est la capacité
15:17qu'on a à faire des choix.
15:18Et ces choix,
15:19il faut les assumer
15:20en ayant une traçabilité
15:21très forte.
15:22Et c'est ce que nous,
15:23on veut donner
15:23aux consommateurs
15:24et aux donneurs d'ordre.
15:25Et une vision
15:26sur le temps long
15:27parce que je pense
15:28que le sujet aujourd'hui
15:29d'une manière générale
15:30de la souveraineté,
15:31c'est une vision
15:32sur le temps long.
15:32Lorsqu'une entreprise,
15:33elle décide de faire appel
15:35à un centre d'appel français,
15:37et bien pour son entreprise,
15:38en tout cas,
15:38c'est une image
15:39qu'elle donne aussi.
15:40Et donc sur le temps long,
15:42certainement,
15:42enfin moi j'en suis convaincu,
15:43c'est exactement
15:44comme la commande publique,
15:45mais on aura l'occasion
15:46d'y revenir,
15:47je pense que c'est bénéfique
15:48sur le temps long.
15:48Parce que l'image derrière,
15:50c'est l'image de la société
15:51qui est en jeu.
15:52Mais alors vous parlez
15:52de tous ces enjeux
15:53et de tous ces risques,
15:54notamment les données,
15:55l'extraterritorialité.
15:57Mais là, une fois encore,
15:57je reviens sur cet aspect numérique,
15:59c'est beaucoup de pédagogie,
16:00beaucoup d'éducation.
16:01Et là, on est dans l'agention,
16:02il faut que...
16:03Mais est-ce que concrètement,
16:05les patrons prennent conscience
16:06de ce risque-là
16:07ou alors ils sont
16:07dans un court terme ?
16:08Alors absolument,
16:09je pense que là,
16:09il y a vraiment
16:10une prise de conscience
16:10parce qu'il y a une vraie peur.
16:12On a parlé de kill switch,
16:13on a parlé de capacité
16:15à couper les cartes bleues
16:17du jour au lendemain.
16:18Et je pense que là,
16:20avec ce qu'on voit aujourd'hui,
16:22des cyberattaques,
16:23je pense qu'il y a
16:23une vraie prise de conscience.
16:24Et nous, on est là
16:25pour montrer qu'il existe
16:26des solutions en France.
16:28Vous savez,
16:28on a eu l'impression
16:29qu'hormis nos grands amis américains,
16:32on ne pouvait pas avoir
16:33aujourd'hui du numérique efficace.
16:36Nous, on prouve
16:37qu'on a des sociétés
16:38qui sont certifiées aujourd'hui,
16:40qui maîtrisent leurs données,
16:42à la fois sur le stockage,
16:45mais aussi sur la capacité
16:47qu'elles ont à pouvoir
16:49donner aux entreprises
16:51une vision sur le temps long.
16:53Vous dites qu'un pays
16:54qui ne produit plus,
16:55donc qui perd en industrialisation,
16:57perd sa liberté.
16:59Concrètement, aujourd'hui,
17:00qu'est-ce que la France
17:01ne maîtrise plus, justement ?
17:02Et qu'est-ce qui est un risque
17:04ou un signal faible
17:05pour perdre sa liberté ?
17:06Écoutez, je pense qu'on a quand même
17:07eu un moment terrible
17:10avec la Covid.
17:10On s'est aperçu
17:11qu'on produisait plus grand-chose
17:13et que tous les secteurs d'activité
17:14étaient stratégiques, finalement.
17:16Vous savez, moi,
17:16je prends toujours le même exemple.
17:17Moi, qui suis issu du textile,
17:18lorsqu'on nous a demandé
17:19de fabriquer des masques en tissu
17:21parce qu'on n'était plus
17:21en capacité de faire
17:23des masques chirurgicaux,
17:24on est devenu stratégique.
17:25Donc, aujourd'hui,
17:26on est descendu
17:26à moins de 10% du PIB
17:28sur l'industrie en France.
17:29Donc, c'est absolument terrible.
17:31On est à 15% de moyenne en Europe.
17:33Donc, je pense que
17:34sur tous les secteurs d'activité,
17:35on a un retard.
17:36Je pense qu'il ne faut pas
17:37opposer la tech
17:39avec la production historique, classique.
17:43Je pense qu'au contraire,
17:44la robotisation, l'automatisation
17:46doit être en soutien.
17:47La technologie doit être en soutien
17:49à nos productions traditionnelles.
17:51Et je pense qu'on a besoin
17:52vraiment d'un choc de production
17:54en France
17:55pour se rendre compte
17:56que si on veut avoir
17:58une voix qui porte,
18:00notamment au sein
18:00de l'Union européenne,
18:01il faut que la France
18:02retrouve cette capacité
18:04de production.
18:05Vous savez,
18:05je pense qu'on est
18:06dans une période difficile.
18:07On s'en aperçoit aujourd'hui.
18:09Tous les mots de notre société
18:10viennent de cette désindustrialisation,
18:12de cette diagonale du vide
18:13qu'on a aujourd'hui
18:14dans nos territoires.
18:15Il faut qu'on retrouve cette capacité
18:17d'avoir un ascenseur social
18:19qui fonctionne
18:19avec des gens
18:20qui ont un projet de vie,
18:21qui ont un projet territorial.
18:23Et ça, je pense
18:24que c'est absolument essentiel.
18:25Gilles, aujourd'hui,
18:27l'intelligence artificielle
18:28s'invite dans toutes les entreprises.
18:30La plupart d'entre elles
18:31ne sont pas souveraines
18:32par définition,
18:33à part Mistral.
18:34Est-ce que là,
18:35il y a un combat
18:36que vous menez ?
18:36Puisque si toute notre information
18:38et notre culture
18:40s'en va effectivement
18:41et est circulée
18:42sur le domaine international,
18:44plus rien ne nous appartiendra.
18:46Est-ce que vous menez
18:47à un combat, justement ?
18:48Oui, absolument.
18:48C'est un combat, d'ailleurs.
18:49C'est ce qu'on fait
18:50avec les forces françaises
18:51de l'industrie.
18:51Vous savez,
18:52on a créé les FFI
18:53pour rassembler
18:55tous les activistes
18:56autour de la souveraineté
18:57sur ce combat.
18:58Et on va le mener
18:59parce qu'on a...
19:00Vous savez,
19:01souvent,
19:01on parle
19:02des grandes sociétés américaines
19:03mais souvent,
19:04elles sont aussi issues
19:07de chercheurs français
19:09qui ont décidé
19:11de s'expatrier.
19:12Donc, aujourd'hui,
19:13il faut faire revenir
19:13les talents en France.
19:14Et je pense qu'on a matière
19:16à effectivement
19:16être indépendants
19:18et à pouvoir reprendre
19:21notre destin en main.
19:22Parce que le problème,
19:23c'est qu'on a renoncé
19:23sur tous les secteurs
19:25de la souveraineté.
19:25Pendant des années,
19:26on nous a dit
19:26que l'atelier du monde
19:27serait en Chine.
19:28Et aujourd'hui,
19:28on se retrouve en fait
19:30à être une colonie numérique
19:31des Américains d'un côté
19:32et une colonie
19:34de la production
19:34des Chinois de l'autre.
19:36Donc, tout ça,
19:36c'est un combat commun.
19:38Donc, la souveraineté numérique,
19:39elle vient en soutien
19:40à la souveraineté industrielle.
19:42Et ça,
19:42ça me semble essentiel.
19:43Oui, mais on est néanmoins
19:44conscients que les frais
19:45de recherche et de développement
19:46qui sont développés
19:47par les Etats-Unis
19:48ne font pas le poids
19:48avec la France.
19:49Alors, peut-être avec l'Europe.
19:50Et encore,
19:51s'il y a quand même
19:52un avenir positif.
19:53Alors, moi,
19:53je ne suis pas convaincu que nous,
19:54je pense que la première étape,
19:56en tout cas,
19:56pour moi,
19:56la souveraineté,
19:57il faut qu'il y ait un État, déjà.
19:58Donc, pour moi,
19:59il n'y a pas d'État européen.
20:01Donc, on dit
20:01souveraineté française,
20:03c'est un pléonasme.
20:03La souveraineté,
20:04c'est la France,
20:05en tout cas,
20:05pour moi,
20:05aujourd'hui.
20:06Et si la France est forte
20:07au sein de l'Union européenne,
20:08elle pourra essayer
20:09de donner sa voix.
20:11Parce qu'il y a quand même
20:12beaucoup de divergences
20:12au sein de l'Union européenne.
20:14Les intérêts ne sont pas les mêmes.
20:15Donc, je pense qu'il faut aussi
20:17prendre en compte
20:18qu'on a en France
20:19la capacité,
20:20dans le numérique,
20:21de faire jaillir
20:25de nouveaux acteurs
20:27qui ont des vraies qualités.
20:29Donc, moi,
20:30je pense qu'il ne faut surtout pas
20:31se rentrer dans cette démarche
20:33où, de toute façon,
20:34c'est perdu.
20:35Moi, je pense qu'on a matière
20:36à faire quelque chose.
20:37Qu'est-ce qui vous met
20:37le plus en colère ?
20:38Vous parliez de la commande publique.
20:40Gilles, qu'est-ce qui...
20:42Alors ça,
20:42ça me met particulièrement en colère
20:43et je reprends vraiment
20:44ce que disait Jean-Régné
20:46tout à l'heure.
20:46Parce qu'on a la capacité,
20:48c'est nos impôts.
20:49C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
20:50avec cette commande publique,
20:51c'est 400 milliards par an.
20:53Enfin, suivant les chiffres,
20:54entre 2 et 400 milliards par an,
20:55200 et 400 milliards par an.
20:57Mais ça,
20:57c'est notre argent.
20:59C'est-à-dire qu'avec notre argent,
21:00on finance l'industrie
21:01à l'étranger.
21:02Donc, moi,
21:02ça me met particulièrement
21:03en colère.
21:04D'autant plus qu'effectivement,
21:06au sein de l'Union européenne,
21:07certains réussissent
21:08à récupérer
21:08une plus grosse partie
21:09de leur commande publique.
21:10Et là,
21:11c'est un moyen immédiat
21:12de temps long.
21:13Parce qu'on parle...
21:14Souvent,
21:14on oublie le temps long.
21:16Parce qu'en fait,
21:16le vrai sujet,
21:17c'est que lorsque vous achetez
21:19des produits fabriqués
21:20au bout du monde,
21:21vous détruisez des emplois
21:22sur le long terme.
21:23Alors,
21:24à court terme,
21:25effectivement,
21:25le ministère du Budget
21:26est content
21:26parce que c'est moins cher.
21:27Mais ça détruit des emplois.
21:28Ça ne participe pas
21:29au modèle social français,
21:31à nos territoires
21:32et à notre économie.
21:33Donc,
21:33je pense que la commande publique,
21:34c'est absolument indispensable
21:36qu'elle soit réfléchée
21:37vers les entreprises françaises
21:39parce que c'est notre argent
21:40qui est en jeu.
21:41Si vous aviez 3 messages clés,
21:42vous avez Emmanuel Macron
21:43en face de vous
21:44et 3 messages clés
21:44pour redresser la barre
21:46de manière rapide,
21:47sur votre périmètre ?
21:49Écoutez,
21:50déjà,
21:50je pense qu'il faut
21:53réfléchir la commande publique
21:54vers les entreprises françaises.
21:55C'est absolument essentiel.
21:57Moi,
21:57je pense qu'il y a
21:58un vrai sujet
21:58de pouvoir d'achat.
21:59Donc,
21:59il faut absolument retravailler
22:01pour arrêter
22:01de faire peser
22:02le poids du travail,
22:03le poids de notre modèle
22:04sur le travail.
22:05Je pense que c'est
22:06absolument essentiel
22:07et je pense qu'il y a
22:07un certain consensus
22:08et les gens sont prêts
22:09à l'entendre aujourd'hui.
22:11Et puis,
22:11je pense qu'il faut arrêter
22:12de fracturer la société.
22:14Il faut que les gens se parlent.
22:15Et nous,
22:15c'est ce qu'on essaye de faire
22:16avec les forces françaises
22:17de l'industrie.
22:18Merci,
22:19Gilles Attaf et Jean Régnier
22:20pour vos mouvements.
22:21On ne lâche rien.
22:22Le numérique pour tous,
22:23c'est fini pour aujourd'hui.
22:24Merci à nos invités
22:25pour leur parler vrai.
22:27Cette semaine encore,
22:28un grand merci
22:28d'être de plus en plus nombreux
22:29et d'interagir avec nous
22:31sur les réseaux sociaux.
22:32Il est temps pour moi
22:32de vous souhaiter
22:33une excellente fin de week-end
22:34et de vous dire
22:34à la semaine prochaine.
22:35Sud Radio,
22:37le numérique pour tous,
22:38Vanessa Perez.
22:39Sous-titrage Société Radio-Canada
22:39Sous-titrage Société Radio-Canada

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