00:00Eh bien Anthony, il y a deux choses essentiellement qui rendent ce mouvement inédit, c'est d'une part effectivement
00:04sa violence et d'autre part sa dispersion sur le territoire national.
00:08Au niveau de la violence, ce qu'on remarque c'est que c'est d'abord une violence qui s
00:12'exprime dès le premier abord, avec des incendies volontaires, un grand nombre d'incendies volontaires, de saccage, de vandalisme sur
00:19des établissements,
00:20mais également des violences physiques, et des violences physiques qui ne sont pas seulement dirigées contre les policiers, ce qui
00:26malheureusement est habituel dans les manifestations, de plus en plus habituel,
00:30mais également contre les personnels enseignants, avec une centaine de chefs d'établissement ou d'enseignants qui ont été pris
00:38à partie et qui ont été blessés, et également contre le public.
00:42Et on a un mélange de violence, on a d'une part une violence très structurée, les incendies volontaires, les
00:47affrontements avec la police,
00:48et là on devine la présence de l'ultra-gauche, on devine les black blocs, et puis une espèce de
00:54violence qui semble issue de l'influence des réseaux sociaux,
00:58avec par exemple, je prendrai l'exemple uniquement de ce jeune homme de 15 ans qui avait projeté un spray
01:05enflammé vers le visage d'une passante à Belfort, sauf à avoir de ma part.
01:11Alors cette violence-là est peut-être due au très jeune âge des manifestants, 86% des personnes interpellées sont
01:20des mineurs.
01:21Ça explique peut-être cela, mais on a vraiment ce mélange de différents types de violences qui est extrêmement préoccupant.
01:29Et puis la dispersion, effectivement le mouvement tend à diminuer, mais jeudi encore, ou mercredi,
01:35on avait des manifestations et des troubles graves dans des endroits aussi distants l'un de l'autre qu'au
01:40Poitiers,
01:41La Rochelle, Saint-Chamond, Strasbourg, Nancy, Lormont.
01:47Donc là il faudrait voir, et le renseignement territorial s'intéresse certainement,
01:51il faudrait voir s'il y a des contacts, des réseaux, des personnes qui sont en liaison
01:58et qui organisent dans chacune de ces villes ces incidents.
02:01Oui, et puis on imagine que ceux qui subsistent sont évidemment les plus radicaux.
02:05Ça doit être évidemment très difficile, les opérations de maintien de l'ordre en ce moment,
02:09les forces de l'ordre, nos policiers, nos gendarmes, ils sont pressurisés de tous les côtés,
02:12de la part des manifestants, des casseurs, des plus violents bien évidemment,
02:16mais aussi de la part des politiques.
02:18Oui, tout à fait, et c'est dû aussi au fait qu'on est dans une période charnière
02:22où on a la cohabitation de deux modes de maintien de l'ordre en France.
02:25Il y a un mode qui est hérité en fait de mai 68, du préfet Maurice Grimaud,
02:29qui est le principe de mise à distance des manifestants.
02:34C'est-à-dire qu'on évite au maximum le contact pour éviter les accidents,
02:38pour éviter ce que le public appelle parfois les bavures.
02:42Et ça a été renforcé bien sûr en 86, en décembre 86, par la mort de Malik Osekin.
02:48Donc on faisait tout jusqu'à présent pour maintenir la foule à distance,
02:53mais ça, ça marche avec une manifestation qui dégénère, je dirais,
02:57de manière, entre guillemets, comprenez-moi bien, naturelle,
03:01par un enchantement de circonstances.
03:03Quand on est en face de casseurs professionnels,
03:05quand on est en face de black blocs,
03:07quand on est en face de gens venus des quartiers qui sont là pour pied,
03:11il faut en fait une autre doctrine,
03:13et qu'on applique également, qui est celle du contact précisément,
03:16aller au contact, extraire les casseurs et les meneurs
03:19de la foule des émotiers, pour casser le mouvement.
03:23Et c'est la cohabitation de ces deux modes de maintien de l'ordre,
03:27différents et contradictoires, qui est difficile,
03:29d'autant plus que les politiques s'en mêlent,
03:31et qu'on tente aujourd'hui de priver la police de ces armes,
03:35de ce qu'on appelle les armes intermédiaires,
03:39comme les grenades de désencerclement,
03:41comme les LBD, qui permettent précisément cette mise à distance.
03:44Donc on a l'impression d'être en face d'une préfiguration peut-être
03:49de ce que pourraient être malheureusement des troubles
03:53qui entoureraient par exemple, et surtout,
03:55l'élection présidentielle de 2027.