00:00Vous pourriez aller vous mettre aux côtés des lycéens aujourd'hui ?
00:02Je vais vous dire, c'est ce que j'ai dit ce matin, moi.
00:04J'étais ce matin aux côtés des lycéens, j'ai été discuter avec eux.
00:08Avec votre écharpe ?
00:10Alors, je n'avais pas mon écharpe.
00:10Et pour les encourager ?
00:11Non, j'ai sorti mon écharpe à un moment,
00:13quand il y a eu des jets de lacrymo qui ont mis un brouillard
00:17parce que je voulais pouvoir être identifié dans ce brouillard.
00:19Mais sinon, moi, j'y suis allé de façon…
00:22J'avais été contacté par des lycéens qui m'ont dit
00:24« Venez, on va échanger demain matin. Est-ce que vous voulez venir nous voir ? »
00:28J'ai dit « Bien sûr, je serai présent parce que je réponds quand on me sollicite. »
00:31Et on a discuté de sujets de fond.
00:33Et je n'ai pas vu ni des casseurs, ni des gens qui veulent mettre à mal la République.
00:37J'ai vu des citoyens, des citoyens en devenir,
00:39qui sont inquiets pour le devenir de leur école.
00:41Voilà ce que j'ai vu.
00:42Alors, évidemment que vous avez toujours quelques individus qui cherchent autre chose.
00:48Mais ce n'est pas la grande masse de ceux qui étaient là ce matin.
00:51Ceux qui sont là, ils disent « En fait, on a des emplois du temps à trous
00:54qui nous font des journées à rallonge.
00:56Ils nous disent « On a des lycées qui débordent et des salles de classe
01:00où on est 35 par classe et on peut bien suivre. »
01:02Enfin voilà, je suis désolé.
01:04Mais c'est ça la réalité aussi de ce qu'ils nous ont dit.
01:06Et je crois que, et ce que je leur ai dit aussi,
01:08le problème c'est que ces images de violence,
01:11ces images de feu de poubelle,
01:12elles sont plus fortes que le message qui est envoyé.
01:15Ça va au-delà des feux de poubelle.
01:16Il y a un lycée qui a pris feu.
01:17Il y a des conférences qui ont été maltraités, tapés.
01:22Ce matin, moi, je n'ai ni vu de professeurs.
01:24Je parle de là où j'étais, j'ai dit ce matin.
01:27Leurs messages ne peuvent plus être entendus.
01:28Ils sont passés maintenant au second plan.
01:30On a intérêt à garder, vous avez intérêt à garder un mouvement pacifique.
01:34Il ne faut pas lancer un appel au calme à ce coup.
01:35Bien évidemment.
01:36Moi, je l'ai dit, je leur ai dit, et par ailleurs, ils l'entendent.
01:39Mais vous le savez, c'est très compliqué de maîtriser des dynamiques de foule.
01:43Parce que quand vous avez même 90 ou 95 ou 99% de ceux qui sont là,
01:48qui sont dans un objectif pacifique,
01:49il suffit de quelques illuminés pour tout à coup faire tout flamber.
01:53Non, non, je vous le dis, c'est pas illuminé de personnes qui ont envie d'en découvrir.
01:57Je pense qu'ils sont pertinemment suffisants quand même.
01:59Quand vous les douanez, peut-être facilement.
02:01Moi, je ne dédouane pas et je n'ai aucun problème.
02:03Si, en disant illuminé, c'est comme si tu étais responsable...
02:05Excusez-moi, je peux dire ce que vous voulez de casseurs, fauteurs de troubles, etc.
02:07Mais ils sont responsables de leurs actes.
02:09Alors, oui, ils sont responsables.
02:10Un illuminé n'est pas responsable de son acte.
02:11Déjà, ils sont responsables de leurs actes.
02:13Ça dépend de leur âge.
02:14Ça dépend, ce sont des mineurs.
02:15Donc, il y a aussi des systèmes de responsabilité pénale spécifique.
02:17Mais, le sujet n'est pas là.
02:19Le sujet n'est pas là.
02:20Non, non, non.
02:21Dans la liste de votre collègue socialiste, Johanna Roland, à Nantes,
02:24vous avez un lycée qui a 12 ans d'âge et qui a tout le hall qui flambe.
02:28Ce sont des illuminés qui ont fait ça ?
02:29Et les premiers qui vont en bâtir, ce sont les lycéens ?
02:31C'est des cinglés.
02:32C'est des cinglés, désolé.
02:33C'est des violences.
02:35Mais les premiers qui vont en bâtir, ce sont les lycéens ?
02:37Mais franchement, à un moment, on ne va pas détruire son outil de travail.
02:41Oui, même si on conteste l'État, les lycées.
02:44Et quand on dit que les lycées sont en ruine,
02:46on ne va pas aller détruire son propre lycée.
02:48Donc, c'est le message que moi, je porte.
02:50C'est un message à la fois d'affaissement,
02:51mais c'est aussi une responsabilité première du gouvernement.
02:55Mais que pensez-vous des députés ?
02:56Ce n'est pas la première fois qu'il y a des mouvements lycéens.
02:59Par contre, moi, je trouve que la gestion du gouvernement,
03:01qui a été, dès le début, sur un discours martial et répressif,
03:04au lieu d'être sur un discours compréhensif et de dialogue,
03:06ça a contribué à attiser des tensions.
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