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Blocage des lycées : «On est passé au règne des gans de voyous décérébrés manipulés par LFI», dénonce Éric Naulleau

Tous les jours, actualité, débats et bonne humeur rythment L'Heure des pros. Ce mercredi, Pascal Praud revient sur les violents blocages de lycées qui secouent le pays depuis plusieurs jours.

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Transcription
00:00Vous, nous qui sommes d'une certaine génération, et pareil, ce qu'on voit, les scènes que nous voyons de
00:07ces jeunes gens
00:09qui parlent à leur proviseur, qui parlent à la police, qui parlent aux journalistes, c'est juste effrayant.
00:16Comme ça, c'est un autre monde, je ne sais pas ce qu'on va faire avec tous ces jeunes
00:20gens.
00:21Alors, on va voir le sujet d'Anaïs Bauché. Je rappelle que l'union syndicale lycéenne a appelé au blocage
00:26des établissements
00:26hier à l'occasion d'une journée de mobilisation dans la fonction publique.
00:29Ils trouvent qu'ils ont trop de cours, de 8h à 17h. Il y en a même un mec qui
00:33trouve que la cantine ne va pas bien.
00:35Bon, les autorités ont recensé 440 interpellations, 31 blessés parmi les élèves et le personnel.
00:41Voyez le sujet d'Anaïs Bauché.
00:44Sur ces images, on peut voir un membre du personnel du lycée qui s'est saisi d'un extincteur
00:49pour tenter d'éteindre un faux de poubelle, être violemment projeté au sol par des dizaines de lycéens.
00:54C'est des malades, mais c'est des fous.
00:57Sur cette autre vidéo, un groupe d'adolescents entoure un proviseur de lycée.
01:02Une élève l'affronte de manière agressive en se positionnant juste devant lui après qu'il a jeté son téléphone
01:07au sol.
01:11Des scènes violentes filmées aux abords des manifestations lycéennes qui secouent le pays depuis plusieurs jours.
01:16Selon les chiffres du ministère de l'éducation nationale, 338 établissements sont touchés par cette mobilisation.
01:2231 blessés ont été signalés entre élèves et personnel.
01:25Des violences condamnées par Édouard Geffray, ministre de l'éducation nationale.
01:29Ces violences sont inqualifiables.
01:31Les légitimer ou appeler dans ce contexte à étendre les blocages,
01:35c'est mettre en danger nos élèves comme les agents publics.
01:38C'est irresponsable.
01:40Le ministre de l'éducation nationale est clair.
01:42La démocratie scolaire a ses instances pour permettre aux élèves de dialoguer.
01:45Mais ce cadre ne peut être contourné ni détourné au service de mots d'ordre politique,
01:50souvent sans lien avec la vie des établissements.
01:52Où sont les parents ?
01:54C'est la question la plus simple du monde.
01:56Où sont les parents ?
01:59Complètement démissionnés, qui laissent leurs enfants faire ça ?
02:01Où sont les parents ?
02:02Qu'est-ce qu'on va faire ?
02:02Il y a plein de séquences que vous allez voir, que j'ai trouvées extraordinaires,
02:06parce que sur les réseaux sociaux, il y en a 50.
02:09Tu te dis, mais qu'est-ce que tu vas faire de ces jeunes gens ?
02:11Alors par exemple, en Haute-Garonne, vous allez voir tir de mortier,
02:16un gosse de 16 ans, de 17 ans.
02:18Tir de mortier.
02:18Regardez cette...
02:21Alors lui, il tire, voilà.
02:22Il est avec jogging, il est cagoulé.
02:24Alors regardez ça.
02:26Cagoulé des pieds jusqu'à la tête, 16 ans, ou 15 ans, ou 17 ans.
02:29En fait, c'est des scènes qu'on ne...
02:32Quand je dis qu'on ne voyait pas en France, c'est le tiers-monde.
02:34C'est-à-dire que c'est maintenant des violences qu'on a vues dans d'autres pays,
02:39parfois, mais qu'on ne voyait pas, dans une France dite civilisée.
02:42C'est ça qui est effrayant.
02:43C'est le niveau de violence.
02:44C'est-à-dire qu'il y a des blocus dans les lycées, ces dernières années,
02:47il n'y a plus en avoir, il y a 10 ans, 20 ans, on peut se souvenir des blocus
02:50qu'il y avait avec le CPE à l'époque de Dominique de Villepin.
02:52Jamais on ne voyait des scènes d'une telle violence.
02:55En 86, avec la loi de Vaquet, il y a eu des violences.
02:59Il y a eu des violences à Paris, à Nantes, à Nanterre.
03:01Vous voulez que je vous montre une archive de 86 ?
03:03Vous voulez qu'on voit les gosses, comment ils parlaient à cette époque-là ?
03:06Ça vous intéresse ?
03:07Bien sûr que ça m'intéresse.
03:09Parce qu'en fait, ce qui est dommage dans les discussions, c'est la mauvaise soie.
03:13Là, vous allez voir un sujet, c'est Emmanuel Yvon, qui était journaliste à FR3 Bretagne.
03:18J'ai retrouvé, moi, un sujet de deux minutes.
03:19Vous allez voir, et il y avait des revendications.
03:21Vous allez voir comment ça se passe.
03:23Vous allez voir comment ça se passe dans les amphis.
03:25C'est un sujet parmi d'autres, sans doute.
03:27Et là, vous vous dites, mais on est...
03:29La France, on est passé de l'autre côté du miroir.
03:32C'était il y a 40 ans.
03:34Ben, regardez le sujet archive.
03:35Parce que je suis allé le chercher volontairement.
03:37Regardez ce sujet archive.
03:38On est en 86, des lycéens et des étudiants.
03:43A Brest, trois facultés sont en grève à 90%.
03:46Même situation à Rennes, à la fac des lettres.
03:49Seuls les UUR de sciences et de droit observent la poursuite des cours.
03:53Mais le phénomène marquant de cette journée, la contestation qui a gagné les lycées.
03:58Le mouvement s'est amplifié tout au long de cette journée.
04:00Dominique Duforest.
04:02La contestation gagne la jeune classe.
04:04Et ce matin, à Rennes, les lycéens ont rejoint les étudiants tout réciproquement.
04:08Ce matin, ça a commencé à 8h.
04:10Moi, je suis à Zola.
04:11Et à 8h, il y avait des étudiants devant Zola.
04:13Et le proviseur a voulu fermer les portes pour les empêcher de rentrer.
04:16Mais ils sont passés par-dessus les grilles.
04:18C'est-à-dire que quand on était en cours de 8 à 9,
04:20ils sont venus dans la cour.
04:21Ils ont commencé à revendiquer, à crier.
04:24C'est-à-dire que la plupart des élèves sont sortis.
04:25Actuellement, ils doivent avoir les trois quarts de Zola en grève.
04:39La rime n'est pas riche, mais l'humeur est bonne lorsque les lycéens décident de rejoindre à pied le
04:43campus de l'université de Rennes 2
04:45où les étudiants de lettres en grève tiennent une assemblée générale dans un amphi surchargé.
04:49Joyeuse et décidée, on rejette la sélection à l'entrée de l'université, la création des diplômes locaux
04:54et l'entrée en force des entreprises au sein des facultés.
04:57Connaît-on vraiment le texte de la loi en projet ?
04:59Peut-être pas toujours, mais outre que les étudiants sont encouragés à le lire,
05:03on sent un rejet de l'esprit même de la loi
05:05et bien minoritaire sont ceux qui prêchent la modération.
05:08Je pense qu'il faut réfléchir et je pense que tout n'est peut-être pas à refuser en bloc
05:12et qu'il faut regarder ce bien-être.
05:22Nous, on est lycéens, on est plus petits.
05:27Et en fait, on a besoin de plus de structures d'organisation.
05:30Donc, on n'a que deux jours pour faire quelque chose,
05:33mais en deux jours, ce qui va être très difficile, c'est d'agir dans tous les lycées à la
05:36fois.
05:36Donc, on va essayer de constituer un comité interlycéens sur Rennes
05:40qui agira d'un bloc.
05:41Mais on promet rien.
05:43Peu d'organisation chez les lycéens, peu chez les étudiants
05:46et les militants de l'INEF-ID, syndicat de gauche,
05:48ont bien du mal à canaliser une foule qui aimerait agir tout de suite
05:51sans attendre la manifestation programmée pour jeudi
05:53dans les rues de la capitale bretonne.
05:55Il faut dire que l'humeur frondeuse se répand comme une traînée de poudre.
05:58Aujourd'hui, à Brest, sauf en médecine, les étudiants avaient déserté les cours.
06:02À Rennes, la fac de lettres, Rennes 2, on l'a vu, est en plein mouvement.
06:04À Rennes 1, en revanche, où l'on enseigne le droit et les sciences,
06:07les étudiants hésitent, voire refusent le mouvement.
06:09Bref, sur les trois universités bretonnes, deux s'opposent à la loi de Vaquet
06:13et leur président aussi.
06:14Une hésite et son président, lui, soutient une loi qu'il qualifie d'imaginative.
06:18En tout cas, on doit constater qu'en Bretagne,
06:20le mouvement contre la loi réformant l'université
06:22s'étend aujourd'hui au lycée, demain peut-être aux enseignants.
06:27Reportage tellement éclairant de la France de 1986.
06:29Vous voyez cette dame qui est en voiture aujourd'hui ?
06:32C'est quoi la confiance sociale ?
06:34C'est qu'elle sait qu'elle est au volant de sa voiture
06:37et qu'elle peut traverser une foule d'étudiants ou de lycéens
06:42et qu'il ne lui arrivera rien.
06:44C'est le principe de la confiance sociale.
06:46Aujourd'hui, cette même dame, elle ne fait pas deux pas,
06:49sa voiture est brûlée, elle est attaquée de toutes parts, etc.
06:53Vous voyez bien, le journaliste parle d'humeur frondeuse.
06:57Donc vous voyez bien qu'on est dans une atmosphère différente
07:00de violences XXL.
07:02Donc qu'avons-nous fait en 40 ans ?
07:04Ben voilà, on paye toutes les factures.
07:06Vous auriez pu aussi choisir d'autres images de cette période,
07:09notamment rue Monsieur le Prince,
07:12le fameux soir où Malik Koussékine est mort.
07:14Et là, vous n'auriez pas eu du tout,
07:16vous auriez eu les mêmes images de violences.
07:18Il faut nommer les choses.
07:20On est passé de ce qu'on a vu
07:21au règne des gangs de voyous décérébrés
07:24manipulés par LFI.
07:25C'est ça qu'on a vu ces jours-ci
07:26et c'est ça qui continue.

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