00:00Vous, nous qui sommes d'une certaine génération, et pareil, ce qu'on voit, les scènes que nous voyons de
00:07ces jeunes gens
00:09qui parlent à leur proviseur, qui parlent à la police, qui parlent aux journalistes, c'est juste effrayant.
00:16Comme ça, c'est un autre monde, je ne sais pas ce qu'on va faire avec tous ces jeunes
00:20gens.
00:21Alors, on va voir le sujet d'Anaïs Bauché. Je rappelle que l'union syndicale lycéenne a appelé au blocage
00:26des établissements
00:26hier à l'occasion d'une journée de mobilisation dans la fonction publique.
00:29Ils trouvent qu'ils ont trop de cours, de 8h à 17h. Il y en a même un mec qui
00:33trouve que la cantine ne va pas bien.
00:35Bon, les autorités ont recensé 440 interpellations, 31 blessés parmi les élèves et le personnel.
00:41Voyez le sujet d'Anaïs Bauché.
00:44Sur ces images, on peut voir un membre du personnel du lycée qui s'est saisi d'un extincteur
00:49pour tenter d'éteindre un faux de poubelle, être violemment projeté au sol par des dizaines de lycéens.
00:54C'est des malades, mais c'est des fous.
00:57Sur cette autre vidéo, un groupe d'adolescents entoure un proviseur de lycée.
01:02Une élève l'affronte de manière agressive en se positionnant juste devant lui après qu'il a jeté son téléphone
01:07au sol.
01:11Des scènes violentes filmées aux abords des manifestations lycéennes qui secouent le pays depuis plusieurs jours.
01:16Selon les chiffres du ministère de l'éducation nationale, 338 établissements sont touchés par cette mobilisation.
01:2231 blessés ont été signalés entre élèves et personnel.
01:25Des violences condamnées par Édouard Geffray, ministre de l'éducation nationale.
01:29Ces violences sont inqualifiables.
01:31Les légitimer ou appeler dans ce contexte à étendre les blocages,
01:35c'est mettre en danger nos élèves comme les agents publics.
01:38C'est irresponsable.
01:40Le ministre de l'éducation nationale est clair.
01:42La démocratie scolaire a ses instances pour permettre aux élèves de dialoguer.
01:45Mais ce cadre ne peut être contourné ni détourné au service de mots d'ordre politique,
01:50souvent sans lien avec la vie des établissements.
01:52Où sont les parents ?
01:54C'est la question la plus simple du monde.
01:56Où sont les parents ?
01:59Complètement démissionnés, qui laissent leurs enfants faire ça ?
02:01Où sont les parents ?
02:02Qu'est-ce qu'on va faire ?
02:02Il y a plein de séquences que vous allez voir, que j'ai trouvées extraordinaires,
02:06parce que sur les réseaux sociaux, il y en a 50.
02:09Tu te dis, mais qu'est-ce que tu vas faire de ces jeunes gens ?
02:11Alors par exemple, en Haute-Garonne, vous allez voir tir de mortier,
02:16un gosse de 16 ans, de 17 ans.
02:18Tir de mortier.
02:18Regardez cette...
02:21Alors lui, il tire, voilà.
02:22Il est avec jogging, il est cagoulé.
02:24Alors regardez ça.
02:26Cagoulé des pieds jusqu'à la tête, 16 ans, ou 15 ans, ou 17 ans.
02:29En fait, c'est des scènes qu'on ne...
02:32Quand je dis qu'on ne voyait pas en France, c'est le tiers-monde.
02:34C'est-à-dire que c'est maintenant des violences qu'on a vues dans d'autres pays,
02:39parfois, mais qu'on ne voyait pas, dans une France dite civilisée.
02:42C'est ça qui est effrayant.
02:43C'est le niveau de violence.
02:44C'est-à-dire qu'il y a des blocus dans les lycées, ces dernières années,
02:47il n'y a plus en avoir, il y a 10 ans, 20 ans, on peut se souvenir des blocus
02:50qu'il y avait avec le CPE à l'époque de Dominique de Villepin.
02:52Jamais on ne voyait des scènes d'une telle violence.
02:55En 86, avec la loi de Vaquet, il y a eu des violences.
02:59Il y a eu des violences à Paris, à Nantes, à Nanterre.
03:01Vous voulez que je vous montre une archive de 86 ?
03:03Vous voulez qu'on voit les gosses, comment ils parlaient à cette époque-là ?
03:06Ça vous intéresse ?
03:07Bien sûr que ça m'intéresse.
03:09Parce qu'en fait, ce qui est dommage dans les discussions, c'est la mauvaise soie.
03:13Là, vous allez voir un sujet, c'est Emmanuel Yvon, qui était journaliste à FR3 Bretagne.
03:18J'ai retrouvé, moi, un sujet de deux minutes.
03:19Vous allez voir, et il y avait des revendications.
03:21Vous allez voir comment ça se passe.
03:23Vous allez voir comment ça se passe dans les amphis.
03:25C'est un sujet parmi d'autres, sans doute.
03:27Et là, vous vous dites, mais on est...
03:29La France, on est passé de l'autre côté du miroir.
03:32C'était il y a 40 ans.
03:34Ben, regardez le sujet archive.
03:35Parce que je suis allé le chercher volontairement.
03:37Regardez ce sujet archive.
03:38On est en 86, des lycéens et des étudiants.
03:43A Brest, trois facultés sont en grève à 90%.
03:46Même situation à Rennes, à la fac des lettres.
03:49Seuls les UUR de sciences et de droit observent la poursuite des cours.
03:53Mais le phénomène marquant de cette journée, la contestation qui a gagné les lycées.
03:58Le mouvement s'est amplifié tout au long de cette journée.
04:00Dominique Duforest.
04:02La contestation gagne la jeune classe.
04:04Et ce matin, à Rennes, les lycéens ont rejoint les étudiants tout réciproquement.
04:08Ce matin, ça a commencé à 8h.
04:10Moi, je suis à Zola.
04:11Et à 8h, il y avait des étudiants devant Zola.
04:13Et le proviseur a voulu fermer les portes pour les empêcher de rentrer.
04:16Mais ils sont passés par-dessus les grilles.
04:18C'est-à-dire que quand on était en cours de 8 à 9,
04:20ils sont venus dans la cour.
04:21Ils ont commencé à revendiquer, à crier.
04:24C'est-à-dire que la plupart des élèves sont sortis.
04:25Actuellement, ils doivent avoir les trois quarts de Zola en grève.
04:39La rime n'est pas riche, mais l'humeur est bonne lorsque les lycéens décident de rejoindre à pied le
04:43campus de l'université de Rennes 2
04:45où les étudiants de lettres en grève tiennent une assemblée générale dans un amphi surchargé.
04:49Joyeuse et décidée, on rejette la sélection à l'entrée de l'université, la création des diplômes locaux
04:54et l'entrée en force des entreprises au sein des facultés.
04:57Connaît-on vraiment le texte de la loi en projet ?
04:59Peut-être pas toujours, mais outre que les étudiants sont encouragés à le lire,
05:03on sent un rejet de l'esprit même de la loi
05:05et bien minoritaire sont ceux qui prêchent la modération.
05:08Je pense qu'il faut réfléchir et je pense que tout n'est peut-être pas à refuser en bloc
05:12et qu'il faut regarder ce bien-être.
05:22Nous, on est lycéens, on est plus petits.
05:27Et en fait, on a besoin de plus de structures d'organisation.
05:30Donc, on n'a que deux jours pour faire quelque chose,
05:33mais en deux jours, ce qui va être très difficile, c'est d'agir dans tous les lycées à la
05:36fois.
05:36Donc, on va essayer de constituer un comité interlycéens sur Rennes
05:40qui agira d'un bloc.
05:41Mais on promet rien.
05:43Peu d'organisation chez les lycéens, peu chez les étudiants
05:46et les militants de l'INEF-ID, syndicat de gauche,
05:48ont bien du mal à canaliser une foule qui aimerait agir tout de suite
05:51sans attendre la manifestation programmée pour jeudi
05:53dans les rues de la capitale bretonne.
05:55Il faut dire que l'humeur frondeuse se répand comme une traînée de poudre.
05:58Aujourd'hui, à Brest, sauf en médecine, les étudiants avaient déserté les cours.
06:02À Rennes, la fac de lettres, Rennes 2, on l'a vu, est en plein mouvement.
06:04À Rennes 1, en revanche, où l'on enseigne le droit et les sciences,
06:07les étudiants hésitent, voire refusent le mouvement.
06:09Bref, sur les trois universités bretonnes, deux s'opposent à la loi de Vaquet
06:13et leur président aussi.
06:14Une hésite et son président, lui, soutient une loi qu'il qualifie d'imaginative.
06:18En tout cas, on doit constater qu'en Bretagne,
06:20le mouvement contre la loi réformant l'université
06:22s'étend aujourd'hui au lycée, demain peut-être aux enseignants.
06:27Reportage tellement éclairant de la France de 1986.
06:29Vous voyez cette dame qui est en voiture aujourd'hui ?
06:32C'est quoi la confiance sociale ?
06:34C'est qu'elle sait qu'elle est au volant de sa voiture
06:37et qu'elle peut traverser une foule d'étudiants ou de lycéens
06:42et qu'il ne lui arrivera rien.
06:44C'est le principe de la confiance sociale.
06:46Aujourd'hui, cette même dame, elle ne fait pas deux pas,
06:49sa voiture est brûlée, elle est attaquée de toutes parts, etc.
06:53Vous voyez bien, le journaliste parle d'humeur frondeuse.
06:57Donc vous voyez bien qu'on est dans une atmosphère différente
07:00de violences XXL.
07:02Donc qu'avons-nous fait en 40 ans ?
07:04Ben voilà, on paye toutes les factures.
07:06Vous auriez pu aussi choisir d'autres images de cette période,
07:09notamment rue Monsieur le Prince,
07:12le fameux soir où Malik Koussékine est mort.
07:14Et là, vous n'auriez pas eu du tout,
07:16vous auriez eu les mêmes images de violences.
07:18Il faut nommer les choses.
07:20On est passé de ce qu'on a vu
07:21au règne des gangs de voyous décérébrés
07:24manipulés par LFI.
07:25C'est ça qu'on a vu ces jours-ci
07:26et c'est ça qui continue.