- il y a 1 semaine
Après avoir révélé le scandale des Ehpad dans son livre enquête « Les Fossoyeurs » et déclenché l’affaire Orpéa, Victor Castanet publie « Les Ogres », une nouvelle enquête accablante sur la rentabilité à tout prix dans le secteur des crèches privées. Il accuse au passage l’ancienne ministre de la Famille, Aurore Bergé, d’accords secrets avec la Fédération des entreprises de crèche.
Un entretien mené par Eugenie Barbezat et Pierre-Antoine Valade.
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NewsTranscription
00:00:00On reçoit Victor Castanet pour son livre Les Ogres, deux ans après la sortie de son premier ouvrage,
00:00:07sa première grosse enquête écrite, Les Fossoyeurs, où il traitait des EHPAD, là c'était sur les crèches.
00:00:16En preambule, moi je voulais un petit peu parler de ton métier de journaliste d'investigation.
00:00:21Nous on est pris par l'actualité.
00:00:25Je peux dire que je suis très content d'être là, c'est mon premier Twitch.
00:00:27C'est ton premier Twitch ?
00:00:28Alors moi je peux déjà te dire de te rapprocher un petit peu du micro.
00:00:31Ouais, il faut qu'on se rapproche.
00:00:31En t'entend un peu moins bien.
00:00:33Les amis, dites-nous si vous entendez bien Victor.
00:00:35En tout cas, il est très content d'être là, de ce que j'ai compris.
00:00:37Je suis très content d'être là et je découvre Twitch, donc je vais essayer de ne pas faire le
00:00:40vieux con quand même.
00:00:42Mais je comprends qu'il y a des questions en direct.
00:00:44Tu vas être super.
00:00:45Tu vas être super.
00:00:45Donc c'est aussi mon premier.
00:00:48Premier Twitch également de Eugénie, journaliste au service Société.
00:00:52Très grande journaliste maison qui a très bien travaillé son sujet, les amis.
00:00:57Moi aussi.
00:00:58J'entends bien.
00:01:00Bon, on va parler un petit peu de ton métier, journaliste d'investigation.
00:01:04Nous, on est pris dans l'actualité avec la création et la conception d'un journal au quotidien.
00:01:09Toi, tu as choisi de ne pas suivre cette voie.
00:01:12Pourquoi ?
00:01:13Déjà, je n'ai pas assez d'argent pour monter un journal.
00:01:16Et au-delà de ça, non.
00:01:18Il y a une vraie question qui est une question sérieuse.
00:01:20C'est est-ce que tu as un business model pour faire des enquêtes de trois ans ?
00:01:26C'est la question.
00:01:27C'est la question parce que, évidemment, on le sait, c'est le nerf de la guerre dans la presse
00:01:32en général.
00:01:34Beaucoup de journées de journon ont des difficultés.
00:01:36Mais c'est évidemment encore plus le cas pour l'investigation parce que l'investigation, ça coûte très cher.
00:01:41Ça prend beaucoup de temps.
00:01:42Et il y a d'ailleurs très peu d'investigation qui durent trois ans.
00:01:48En général, les investigations, les enquêtes, bon, en presse écrite, ça prend souvent plusieurs jours, parfois plusieurs semaines, dans certains
00:01:56cas plusieurs mois, mais plusieurs années, non.
00:02:01Et donc, il faut que tu trouves le business model.
00:02:05Il n'y en a pas vraiment dans la presse écrite.
00:02:07Il y en a peut-être un dans l'édition.
00:02:10Encore faut-il que tu vendes des livres pour que ça couvre ces trois ans de travail.
00:02:16Mais disons que j'ai choisi ce média parce que, un, il permettait de raconter toute la complexité de ce
00:02:26système.
00:02:27Alors d'abord, le système Orpea dans les maisons de retraite, puis après le système People and Baby.
00:02:32Mais il y a un moment où tu comprends que ce que tu as entre les mains vaut un peu
00:02:39plus qu'une double page dans le monde ou ailleurs.
00:02:43Moi, je l'ai compris chez Orpea quand j'ai compris que ça ne concernait pas un seul établissement, en
00:02:48l'occurrence le premier où j'étais allé.
00:02:50Et que c'était systémique.
00:02:51Oui, exactement.
00:02:52Que c'était pour tous les EHPAD de France.
00:02:53Je me suis dit, OK, il y a une histoire tellement importante, tellement nationale, voire internationale, qu'elle mérite d
00:03:00'être déployée.
00:03:01Et puis ensuite, il faut aussi, et il ne faut jamais l'oublier, ce n'est pas parce que tu
00:03:06as beaucoup de matière et beaucoup de révélations que ça mérite un livre.
00:03:08Il faut aussi que tu aies une histoire.
00:03:10Parce que c'est bien beau de faire une enquête et de sortir plein de scoops.
00:03:16Mais encore faut-il que les gens aient envie de lire ton livre et que tu leur racontes une histoire.
00:03:21Parce que sinon, ils s'arrêtent à la dixième page.
00:03:24Et ce n'est pas le but.
00:03:25Tu ne fais pas dépenser 22,90 euros à des gens si derrière, tu n'as pas une histoire à
00:03:32leur raconter.
00:03:33Donc, il y a aussi ça.
00:03:35Et aujourd'hui, j'ai le sentiment que c'est le meilleur média pour faire le genre d'enquête que
00:03:43je fais.
00:03:43C'est-à-dire des enquêtes très longues sur des sujets concernants.
00:03:47Après, il faut encore une fois en vendre assez.
00:03:52Et du coup, toi, par exemple, sur cette première enquête qui a duré deux ans, j'imagine que financièrement, ce
00:03:57n'était pas forcément très facile.
00:03:59Non.
00:04:00Alors, la première, je peux être...
00:04:01J'ai cru entendre que même ta femme payait le loyer.
00:04:04Non.
00:04:05Non.
00:04:06Du coup, la question, c'est est-ce qu'on peut faire des enquêtes si on n'a pas des
00:04:09parents riches ou une femme qui est riche ?
00:04:12Est-ce que c'est viable ?
00:04:15Comment toi, tu t'organises ?
00:04:16Est-ce que c'est viable quand tu n'es pas connu, quand tu n'as pas de nom, en
00:04:22fait, tu vas voir une maison d'édition, tu leur proposes, soit ils te disent oui ou non.
00:04:25Mais dans tous les cas, on te donne des avaloirs, c'est-à-dire une avance sur recettes et en
00:04:31fonction de ce qu'ils donnent comme confiance à ton livre, ce qu'ils espèrent pouvoir générer d'argent.
00:04:39Alors, est-ce que tu as doublé ton avaloir, triplé ton avaloir ?
00:04:42Qu'est-ce qu'un tu plaît ?
00:04:43Je l'ai augmenté très fort.
00:04:46Entre les deux, évidemment.
00:04:47Entre les deux, c'est normal.
00:04:48Tu as un chiffre à donner le public ?
00:04:50Oui, je pense que le premier, j'ai eu 10 000 euros d'avaloir.
00:04:53Ok.
00:04:54Ce qui est plutôt bien pour un premier livre.
00:04:58Si tu la remets sur la temporalité, ça fait très peu.
00:05:00Ah non, mais c'est rien.
00:05:01Non, mais par rapport à tous les livres, oui.
00:05:03En fait, un premier livre, souvent, on va te donner 2 000, 3 000, parfois 5 000 euros d'avaloir.
00:05:08Là, on m'a donné 10 000, donc ce qui est bien.
00:05:10Plus, ensuite, j'ai obtenu 5 000 euros d'enveloppes de frais qui sont transformées en 10 000, 15 000,
00:05:1620 000, je crois.
00:05:18Mais, évidemment, si tu calcules, en fait, tu as beaucoup de...
00:05:22La plupart des journalistes, d'ailleurs, je ne saurais pas citer de nom de personnes qui ne travaillent pas à
00:05:26côté.
00:05:27La plupart des journalistes qui font des enquêtes, travaillent à côté au Mont, au Figaro, ils ont un salaire.
00:05:34Et donc, ils font leurs livres en parallèle.
00:05:36Et bon, ils ont eu 10 000 euros pour leurs livres.
00:05:38Ce n'est pas très grave.
00:05:40Ce n'est pas ça, leur principale source de revenus.
00:05:42Moi, il se trouve que j'ai arrêté de travailler entièrement pour ça.
00:05:46Et donc, là, il faut tenir 3 ans.
00:05:50Pour Orpé, ça m'a pris 3 ans.
00:05:52Donc, évidemment, 10 000 euros, ça ne suffit pas.
00:05:54Et à l'époque, c'était un peu le système D.
00:05:58C'est que...
00:05:59Ce n'est pas ma femme qui payait le loyer, mais on avait un appart qu'on louait.
00:06:04On avait au début deux apparts quand on s'est mis ensemble.
00:06:06Du coup, on en louait un sur Airbnb pour avoir des petits revenus à côté.
00:06:11Eh bien, on ne vous félicite pas.
00:06:12On n'est pas du tout à fait.
00:06:13On n'est pas achatés, là.
00:06:14Eh bien, là, j'ai vu ça.
00:06:15J'ai vu ça.
00:06:17Mais à l'époque, on avait fait ça.
00:06:19Et je peux vous dire que ça m'a permis, en gros, en partie de financer cette enquête.
00:06:22Je crois que j'avais un peu d'intermittence du spectacle.
00:06:25Parce que j'étais intermittent du spectacle.
00:06:27J'avais fait des documentaires à l'époque.
00:06:29Donc, j'avais...
00:06:31Et il se trouve qu'il y a eu le Covid en plus.
00:06:32Donc, à l'époque, le gouvernement avait gelé l'intermittence du spectacle.
00:06:37Ce qui, moi, m'a permis d'avoir près d'un an, en tout cas, six mois de plus pour
00:06:43travailler.
00:06:44Donc, vous avez travaillé pendant le chômage partiel comme les employés de Pétolome Baby.
00:06:49J'ai fait mon livre.
00:06:51Mais oui, c'est un peu le système D à l'époque.
00:06:57Après, j'ai gagné de l'argent avec ce livre.
00:07:01Le droit d'auteur, etc.
00:07:02Oui, j'ai gagné, effectivement, comme on a vendu beaucoup de livres.
00:07:05J'ai gagné de l'argent et plus qu'espéré.
00:07:09Et alors, plus que ce qu'on vous a proposé pour ne pas le publier ?
00:07:12Beaucoup moins, oui.
00:07:13Beaucoup moins.
00:07:14Beaucoup moins, oui.
00:07:15Est-ce que je pourrais rappeler à nos viewers ce que Orpéa a tenté avant publication ?
00:07:22Alors, Orpéa a tenté beaucoup de choses.
00:07:24Mais oui, à un moment, pas Orpéa directement, mais un intermédiaire m'a proposé une grosse somme d'argent
00:07:31que je raconte dans le livre, 15 millions d'euros, pour ne pas publier le livre.
00:07:38What the fuck ?
00:07:38Et donc…
00:07:40Il aurait dit oui.
00:07:41Orpéa aurait dit oui.
00:07:41Moi ?
00:07:42Ah, quand même, je le vois d'entire.
00:07:45Moi, j'aurais dû.
00:07:46Et j'aurais déménagé.
00:07:47On n'aurait plus jamais entendu parler de moi.
00:07:49Mais oui, ils ont…
00:07:51Mais tu sais, ça permet aussi de voir toute une question de rapport de force avec ces groupes
00:07:58et avec les personnes, les entreprises sur lesquelles tu enquêtes.
00:08:01Oui, quand tu es évidemment un journaliste précaire que tu ne gagnes pas très bien.
00:08:05Moi, je ne me plains pas.
00:08:07Il y a des journalistes qui viennent de milieux beaucoup plus populaires que moi.
00:08:12Moi, j'ai des parents qui ont une assise.
00:08:14Enfin, je savais que je pouvais prendre ce risque-là.
00:08:17Même si je ne gagnais pas beaucoup d'argent, je pouvais le faire.
00:08:20Oui, quand tu es très précaire, que tu es pigiste et que tu fais face à un groupe qui pèse
00:08:257 milliards et qui te propose ça,
00:08:29tu comprends aussi pourquoi, un, c'est si difficile de faire une enquête.
00:08:32Et pourquoi, parfois, certains peuvent être dissuadés d'aller au bout.
00:08:37C'est sûr, tu as un rapport de force qui a ton désavantage quand tu es journaliste.
00:08:43D'ailleurs, moi, je fais encore aujourd'hui des enquêtes qui coûtent plus d'argent, déjà,
00:08:50parce que je suis mieux payé par ma maison d'édition.
00:08:52Et puis, aussi, ça lui coûte cher.
00:08:54C'est moi, sur chacune de mes enquêtes, mais c'était le cas aussi concernant Orpea.
00:08:59Alors, même que je n'étais pas connu à l'époque, mon éditrice, en plus des avaloirs et tout,
00:09:05m'avait mis au moment de la sortie un avocat qui avait travaillé sur le livre.
00:09:09Ok.
00:09:10Pendant plusieurs mois.
00:09:11Pour vérifier tous les...
00:09:11Pour tout vérifier, relire, corriger, etc.
00:09:14Donc, pendant six mois, de mai à janvier à la sortie, on a fait des allers-retours avec l'avocat.
00:09:19Donc, en gros, c'est quoi ? C'est le livre, tu le termines, après, tu le donnes à l
00:09:22'avocat, il lit, ou c'est en même temps ?
00:09:23Non, tu le donnes déjà, je le donne à mon éditeur, qui l'a donné à deux grands journalistes d
00:09:28'investigation,
00:09:29Gérard Davé et Fabrice Locke, tout le monde, qui ont publié Le Traitre et le Néant.
00:09:34Un président de l'avocat.
00:09:34Un président ne devrait pas dire ça, sur Hollande, La Haine, sur la droite, enfin, des grands livres d'investigation.
00:09:41Eux, ils ont fait leur travail d'éditeur, ils ont coupé, etc.
00:09:45Ensuite, on a envoyé à l'avocat, qui a fait un travail, lui aussi, de coups, de réécriture.
00:09:50Et puis après, j'avais une attachée de presse, puis il y avait, je ne sais pas, une dizaine de
00:09:55personnes
00:09:55qui ont été mobilisées sur le livre, ce qui est aussi une grande chance.
00:10:00Ce qui permet de le faire connaître au plus grand nombre, d'assurer qu'il soit bien édité
00:10:06et que tu n'aies pas d'ennui juridique.
00:10:07Tout ça coûte beaucoup d'argent.
00:10:08Oui, j'imagine.
00:10:09Et c'est Fayard, l'éditeur, on ne l'a pas dit, d'ailleurs.
00:10:11C'était Fayard.
00:10:13À l'époque, j'étais chez Fayard et on a décidé de partir, peu après la publication, d'ailleurs.
00:10:20Mon éditrice est partie de Fayard, elle a pris la présidence de Flammarion.
00:10:25Et on a été tout un tas d'auteurs, Gérard Davé, Jacques Attali, Virginie Grimaldi,
00:10:30on est tous partis à ce moment-là.
00:10:32Et d'ailleurs, aujourd'hui, il y a un autre tournant éditorial qui a été pris.
00:10:36Le prochain livre, c'est Bardella.
00:10:39Non exposé dans les guerres SNCF.
00:10:42Exactement.
00:10:42Et je suis parti avant qu'il n'arrive ça.
00:10:46Parce que j'estime que, oui, tu dois être dans une maison d'édition
00:10:50qui garde aussi une forme d'indépendance.
00:10:52C'est très important.
00:10:53C'est le cas chez Flammarion aujourd'hui.
00:10:55Et donc, les Ogres.
00:10:57Les Ogres.
00:10:58Combien de temps ça t'a pris pour écrire ça ?
00:10:59Alors, les Ogres, j'ai commencé, donc Les Fossoyeurs est sorti en janvier 2022.
00:11:06J'ai assuré la promo pendant plusieurs mois.
00:11:08Mais dès les premières semaines, j'ai reçu des mails qui me proposaient d'autres enquêtes
00:11:14et beaucoup sur les crèches.
00:11:16Et donc, en fait, très vite après les Ogres, j'ai embrayé.
00:11:19Et je le sors là.
00:11:20Donc, ça fait deux ans et demi.
00:11:22C'est à peu près, moi, le temps que je mets entre deux et trois ans.
00:11:26Donc, il faut tenir.
00:11:27Alors, du coup, ça s'intéresse à un autre public.
00:11:30Enfin, voilà, ça parle d'un autre public.
00:11:34Celui, Les Fossoyeurs, c'était sur les personnes âgées,
00:11:36les personnes vulnérables par essence,
00:11:39qui sont placées dans des maisons de retraite
00:11:42et qui subissent, sans pouvoir se défendre,
00:11:45des choses assez graves que vous avez dénoncées.
00:11:48Qui subissent un système où on s'enrichit sur leur dos.
00:11:52Et là, vous parlez des enfants.
00:11:54Parce que c'est quand même eux qui sont les premiers concernés,
00:11:58qui sont aussi des personnes vulnérables,
00:12:00aussi des gens qui ne peuvent pas forcément se plaindre,
00:12:03même si ça a été les premiers lanceurs d'alerte,
00:12:06en réalité, les enfants auprès de leurs parents
00:12:08qui l'ont relayé auprès de vous.
00:12:10Et puis, donc, vous dénoncez ce système.
00:12:12Alors, à chaque fois, vous dénoncez à la fois
00:12:15le caractère systémique de ces crèches privées, publiques,
00:12:21on verra que ça se mélange,
00:12:23qui réduisent les coûts au détriment de l'accueil des enfants,
00:12:27de toute forme de pédagogie,
00:12:29et parfois provoquant des choses très graves.
00:12:32Il y a eu au moins un mort,
00:12:33il y a eu des enfants blessés, etc.
00:12:36On va en parler.
00:12:38Et alors, il y a le côté systémique,
00:12:40ils sont un peu tous dans le même sac.
00:12:41Et en même temps, vous en sortez toujours un gros méchant.
00:12:44C'est le gros méchant, même reconnu parmi les gestionnaires de crèches.
00:12:48Ce sont les deux fondateurs de People and Baby,
00:12:52dont vous racontez l'histoire,
00:12:53qui est un petit peu atypique par rapport au milieu,
00:12:56mais qui en même temps s'insère tout à fait dans le milieu.
00:12:58Alors ça, c'est un peu, en tant qu'auteur,
00:12:59vous êtes un peu sur les deux tableaux à chaque fois.
00:13:01C'est-à-dire que vous voulez nous démontrer que c'est un système,
00:13:03mais à la fois, vous prenez le pire du pire pour nous le montrer.
00:13:07Non, mais vous avez raison.
00:13:09Il faut, comme on raconte aussi un récit,
00:13:14il faut une trame narrative,
00:13:18une progression dans le récit,
00:13:20aussi des personnages.
00:13:23Et dans le cas d'Orpea, comme dans le cas de People and Baby,
00:13:26oui, c'était les grands méchants du secteur.
00:13:28Et il me semblait plus intéressant de me concentrer sur eux
00:13:31et d'aller au fond de leurs mécanismes financiers,
00:13:35RH, de développement,
00:13:37d'aller décrypter vraiment dans le détail leur pratique
00:13:43plutôt que de s'éparpiller.
00:13:45Et bon, vous racontez ce qu'il y a de plus terrible,
00:13:49de plus dysfonctionnel dans le secteur,
00:13:51mais souvent, ça raconte l'ensemble du secteur.
00:13:54Parce que les dérives d'un,
00:13:59qui est au paroxysme au maximum de ce qu'on peut faire
00:14:03comme pratique irrégulière,
00:14:06bon, d'autres l'ont mis en place à moindre échelle.
00:14:10Mais souvent, c'est effectivement l'axe que je choisis.
00:14:13Si on regarde les commentaires, d'ailleurs,
00:14:16on voit que c'est principalement People and Baby qui est visé,
00:14:19mais bravo pour ton enquête, Victor.
00:14:21Mon patron, les petits chaperons rouges,
00:14:24commence à payer le prix.
00:14:25Donc, ça veut dire que ça a dû être à pousser un petit peu tout le monde.
00:14:28En fait, ça concernait...
00:14:31Déjà, je me focalise sur People and Baby
00:14:33parce que c'est là où il y a les pratiques les plus dysfonctionnelles.
00:14:36Je le raconte.
00:14:37On va en parler.
00:14:38Sur l'optimisation des coûts,
00:14:40sur la gestion de l'argent public,
00:14:42sur la gestion de la masse salariale,
00:14:43sur tout un tas de sujets qui entraînent des incidents.
00:14:45Sur l'évasion fiscale, sur les détournements de fonds,
00:14:48sur le...
00:14:48Tout un tas de sujets.
00:14:49Et je raconte deux autres questions
00:14:54qui sont plus globales,
00:14:56qui touchent plus de groupes,
00:14:58notamment ce que j'ai appelé moi la dynamique du low cost.
00:15:01C'est qu'en gros, mais je vais faire très simple,
00:15:04il y a le secteur qui s'est ouvert au privé,
00:15:07le secteur des crèches.
00:15:08Après ça, je précise, c'est normal.
00:15:11Enfin, c'est normal.
00:15:12C'est incroyable.
00:15:13Quand on sait qu'il y a une place en crèche
00:15:15pour cinq enfants en France,
00:15:16il y a une demande de fou, en fait.
00:15:18Bien sûr.
00:15:18Et du coup, on comprend,
00:15:20je donne quelques éléments de contexte,
00:15:21parce qu'on va comprendre pourquoi,
00:15:23eh bien, dès qu'il y a le moindre margoulin
00:15:24qui veut ouvrir une crèche,
00:15:25on lui dit oui,
00:15:26et on lui déroule quasiment le tapis rouge,
00:15:28y compris avec de l'arrangement en public.
00:15:29Il n'y a que 60% des enfants de moins de trois ans
00:15:33qui sont gardés par leurs parents.
00:15:36Et la moitié de ces 60%,
00:15:38les parents, ils voudraient bien faire autrement.
00:15:40Donc, ça veut dire qu'il y a une demande de malades,
00:15:43en fait.
00:15:44C'est un marché incroyable qui n'est pas satisfait.
00:15:47Et il y a eu une promesse du gouvernement
00:15:48de faire, je crois, 200 000 places à l'horizon 2030,
00:15:52mais c'est mal barré, en fait.
00:15:54Ils n'y arrivent pas.
00:15:56Donc, c'est aussi pour ça que...
00:15:57Ah, je peux le signer qu'ils n'y arriveront pas.
00:15:58Voilà, apparemment, il n'y a pas que vous.
00:16:00Ça paraît une évidence.
00:16:02Donc, ça veut dire que le pouvoir est dans la main
00:16:05de ceux qui ouvrent des crèches, en réalité.
00:16:07Et c'est peut-être pour ça qu'ils ont très conscience
00:16:10de ce pouvoir et qu'ils se permettent à peu près
00:16:11de n'importe quoi.
00:16:12C'est très juste.
00:16:14Et c'était un peu le même sujet,
00:16:15la même problématique dans les EHPAD.
00:16:18C'est qu'à chaque fois, l'ouverture de privé,
00:16:20elle se fait parce qu'il y a une défaillance
00:16:22des pouvoirs publics.
00:16:24On ne créait pas, à l'époque,
00:16:26assez de places en EHPAD.
00:16:27Et on ne créait pas assez de places en crèche.
00:16:31C'est encore le cas aujourd'hui.
00:16:32Donc, il manque.
00:16:33Et ça ne va aller qu'en s'aggravant,
00:16:35plusieurs centaines de milliers de places.
00:16:37Et donc, en 2004,
00:16:39on a décidé de l'ouvrir
00:16:42au privé,
00:16:44sous Christian Jacob, à l'époque,
00:16:46qui s'est dit, bon,
00:16:48on n'y arrive pas.
00:16:49ça coûte trop cher
00:16:49de créer des places de crèche.
00:16:51Ça prend trop de temps.
00:16:52On n'arrivera pas à suivre ce rythme.
00:16:56On va demander au privé
00:16:58de nous accompagner.
00:17:00Et donc, ils ont ouvert au privé.
00:17:01Et avec un certain nombre
00:17:02de dispositifs fiscaux,
00:17:04ils ont incité le privé à venir.
00:17:07Avec notamment,
00:17:08il y a toute une partie de ce secteur
00:17:10qui est évidemment
00:17:12financée par l'argent public.
00:17:13plus de la moitié
00:17:14des chiffres d'affaires
00:17:15de ces groupes,
00:17:16c'est de l'argent public.
00:17:17Mais on a aussi filé de l'argent
00:17:18pour des aides
00:17:20et des subventions d'investissement.
00:17:23Vous créez une place de crèche,
00:17:24vous avez 8 000 euros par berceau
00:17:25pour vous aider à créer.
00:17:28Vous avez comme ça
00:17:29beaucoup d'aides fiscales.
00:17:30Il y a beaucoup,
00:17:31beaucoup d'argent public.
00:17:32Il y a des travaux aussi,
00:17:32les fameux travaux
00:17:33dont on parlera,
00:17:34parce que ça, c'est aussi
00:17:35de l'argent public
00:17:36qui est très souvent détourné
00:17:37avec des systèmes assez simples,
00:17:39connus de l'État,
00:17:41connus des CAF,
00:17:41connus des CNAF
00:17:42qui ne veulent pas le voir.
00:17:43Il y a quelqu'un qui nous demande
00:17:44quel est le coût le plus cher
00:17:45pour la collectivité,
00:17:46les crèches publiques
00:17:47ou les crèches privées ?
00:17:48En fait, ça dépend.
00:17:51Vous avez,
00:17:53ça dépend si vous,
00:17:54ce que vous regardez.
00:17:55En gros, une crèche privée,
00:17:58elle va,
00:17:59ça coûte 20 000 euros
00:18:01à peu près par an.
00:18:02C'est ce que ça rapporte
00:18:04à ces groupes,
00:18:04à peu près 20 000 euros.
00:18:06Il y a 10 000 euros
00:18:08qui sont payés
00:18:09par ce qu'on appelle
00:18:10un réservataire
00:18:12qui va bloquer la place
00:18:14pour une,
00:18:16deux,
00:18:16trois années.
00:18:18Et ça,
00:18:18ça peut être
00:18:19soit
00:18:21une mairie,
00:18:25soit une entreprise.
00:18:26Un réservataire,
00:18:27c'est soit la mairie,
00:18:28soit l'entreprise.
00:18:29Exactement.
00:18:30Et donc,
00:18:30c'est là où c'est compliqué.
00:18:32C'est que la crèche,
00:18:33elle est privée.
00:18:34on parlait des LPCR,
00:18:36les petits chapeurs en rouge.
00:18:37Les petits chapeurs en rouge,
00:18:38ils répondent
00:18:39à des appels d'offres
00:18:40de crèches municipales
00:18:43qui sont au départ
00:18:45municipales,
00:18:45donc publiques.
00:18:46Et ils vont faire
00:18:47cet appel d'offres.
00:18:48Et là,
00:18:49vous avez donc
00:18:5110 000 euros
00:18:51qui sont payés
00:18:52par le réservataire
00:18:53et donc la mairie,
00:18:54en l'occurrence,
00:18:55et 10 000 euros
00:18:56qui sont payés
00:18:57par les familles
00:18:59et la PSU.
00:19:01pour...
00:19:01Alors,
00:19:01la PSU,
00:19:02c'est la prestation
00:19:03de services uniques,
00:19:04c'est la CAF en gros.
00:19:05Ok, d'accord.
00:19:06Quand vous prenez
00:19:06une place en crèche,
00:19:07vous êtes une famille,
00:19:08vous allez payer une partie,
00:19:09la CAF va payer une partie.
00:19:11Si vous êtes...
00:19:13Imaginez,
00:19:14ça coûte à peu près
00:19:141 000 euros par mois
00:19:15pour les familles.
00:19:16Ok.
00:19:17Si vous mettez
00:19:17à plein temps
00:19:17votre enfant.
00:19:18Si vous êtes riche,
00:19:20vous payez globalement
00:19:21900 euros
00:19:22et la CAF paye 100.
00:19:24Si vous êtes...
00:19:25Si vous avez
00:19:25des revenus modestes,
00:19:26vous allez payer 100,
00:19:27la CAF 900.
00:19:29Ok.
00:19:29C'est comme ça
00:19:30que ça se passe.
00:19:31Et là où c'est...
00:19:32D'accord.
00:19:33Une place coûte
00:19:34à peu près ça.
00:19:34Pour vous dire,
00:19:35une place de...
00:19:37En crèche municipale,
00:19:39quand il n'y a pas
00:19:39d'opérateur privé,
00:19:41ça coûte,
00:19:42on va dire...
00:19:44Ça dépend.
00:19:45Vous voyez,
00:19:46à Marseille,
00:19:47j'étais il y a peu de temps,
00:19:48je prenais un café
00:19:49avec l'adjointe
00:19:50à la petite enfance
00:19:51de Marseille.
00:19:51Elle dépense environ,
00:19:53elle,
00:19:5415 000 euros
00:19:55par berceau,
00:19:57auquel il faut rajouter
00:19:58ensuite les 10 000 euros
00:19:59de présence d'enfants
00:20:00qui sont aussi
00:20:00de l'argent public.
00:20:01Donc,
00:20:01ça coûte 25 000 euros
00:20:03à la collectivité.
00:20:04Mais c'est beaucoup,
00:20:0515 000 euros par berceau,
00:20:06si on vous lit.
00:20:07Elle est dans la fauchette
00:20:09très haute, en fait.
00:20:09Elle,
00:20:10parce qu'elle est en gestion directe.
00:20:11Voilà.
00:20:12c'est la crèche municipale
00:20:14de Marseille.
00:20:15En revanche...
00:20:15Quand vous parlez
00:20:15des aprils d'offres,
00:20:17évidemment,
00:20:17l'un des critères,
00:20:18malheureusement,
00:20:19vous le déplorez dans le livre,
00:20:20des aprils d'offres
00:20:21et qui supplantent
00:20:22un peu tous les autres,
00:20:22c'est le coût.
00:20:23C'est-à-dire,
00:20:23on va avoir...
00:20:24Ils vont essayer de tirer
00:20:25jusqu'à 7 000 euros
00:20:26au lieu de 10 000,
00:20:27en fait.
00:20:28Exactement.
00:20:29Mais donc,
00:20:29voilà à peu près
00:20:30ce que ça coûte à Marseille,
00:20:31donc 15 000.
00:20:32Et il y a 10 000 euros
00:20:33qui vont être payés
00:20:34par PSU et famille et tout.
00:20:36Donc,
00:20:36on va dire,
00:20:36ça coûte,
00:20:37là,
00:20:3820 000,
00:20:3825 000 à la collectivité.
00:20:40Mais il y a
00:20:40une autre problématique,
00:20:42c'est qu'il y a
00:20:42de plus en plus de mairies
00:20:45qui,
00:20:45au lieu de gérer
00:20:46en gestion directe,
00:20:47se disent,
00:20:48moi,
00:20:48je vais faire des économies
00:20:50et presse se disent,
00:20:51ah,
00:20:51c'est positif,
00:20:52je vais faire des économies
00:20:53sur l'argent public,
00:20:54je vais déléguer
00:20:55la gestion de ma crèche municipale
00:20:56à des opérateurs privés.
00:20:58OK.
00:20:58Et là,
00:20:58elles font un appel d'offres,
00:21:00elles reçoivent plusieurs offres
00:21:02et malheureusement,
00:21:03moi,
00:21:03ce que j'ai vu,
00:21:04c'est que bien souvent,
00:21:05elles choisissent l'opérateur
00:21:06qui va proposer l'offre,
00:21:07non pas la mieux disante,
00:21:09mais plutôt la moins chère.
00:21:10D'accord.
00:21:11Et donc là,
00:21:13vous avez,
00:21:13alors qu'en gestion directe,
00:21:14ça va coûter 15 000 euros,
00:21:16environ,
00:21:18là,
00:21:18vous avez des opérateurs
00:21:19qui,
00:21:19il y a 20 ans,
00:21:22proposer 8 000 euros
00:21:23qui,
00:21:24aujourd'hui,
00:21:24en proposent 3 000.
00:21:25Mais le prix en crèche
00:21:26reste le même.
00:21:27Le prix pour mettre
00:21:28son gamme en crèche,
00:21:28il reste de 900.
00:21:29Ça,
00:21:29c'est toujours les 10 000 euros.
00:21:30ça ne bouge pas.
00:21:31Mais le réservateur,
00:21:32en gestion municipale,
00:21:35en délégant,
00:21:36ils ont souvent divisé
00:21:37le prix par 5.
00:21:38C'est-à-dire qu'en gestion directe,
00:21:40ça leur coûterait 15.
00:21:41En filant la crèche
00:21:43au petit chapeau en rouge,
00:21:44ça leur coûte 3 000 euros par an.
00:21:46Et donc,
00:21:47vous dites d'une certaine manière,
00:21:48c'est hyper positif
00:21:50de filer au privé
00:21:51parce que ça coûte moins cher
00:21:52à l'argent public.
00:21:53On fait des économies
00:21:54sur le budget municipal.
00:21:56Et bien,
00:21:56si vous voulez bien,
00:21:56on va détailler ces économies.
00:21:58Comment on les fait ?
00:22:00Donc,
00:22:00comment on les fait ?
00:22:01On va peut-être détailler
00:22:02un tout petit peu
00:22:02parce que c'est quand même important
00:22:03de parler des ceux
00:22:04qui sont directement concernés.
00:22:06les effets de ces économies
00:22:07sur les enfants.
00:22:08C'est des enfants traumatisés,
00:22:09comme vous le racontez,
00:22:10vous avez pu le constater,
00:22:11des gamins qui passent
00:22:12devant une crèche
00:22:13qui se mettent à hurler
00:22:14« non, non, je ne veux pas
00:22:14aller à la crèche ».
00:22:15C'est des gamins
00:22:16qui perdent du poids
00:22:17ou qui n'en gagnent pas.
00:22:19Vous avez constaté,
00:22:20plusieurs mères vous ont dit
00:22:20qu'il y avait des cassures
00:22:22de la courbe de poids.
00:22:23Un enfant,
00:22:24en général,
00:22:25il a une courbe de poids
00:22:25assez linéaire
00:22:27dans ses premiers mois.
00:22:30et on voit que ceux
00:22:31qui arrivent dans certaines crèches,
00:22:32tout d'un coup,
00:22:33ça devient...
00:22:33Elles se cassent
00:22:35et elles reprennent aussitôt
00:22:36quand ils sont sortis
00:22:37de la crèche.
00:22:38Des médecins vous ont confirmé
00:22:40que c'était réellement
00:22:40une question de sous-alimentation
00:22:44et aussi d'environnement.
00:22:45Ce sont des gamins
00:22:46qui font des cauchemars,
00:22:47parfois même longtemps
00:22:48après avoir été sortis
00:22:49de la crèche.
00:22:50Ce sont des gamins
00:22:51qui ont pu avoir
00:22:51des traumatismes physiques,
00:22:53c'est-à-dire des coups,
00:22:54des griffures,
00:22:56qui ont pu avoir
00:22:57des punitions sévères
00:22:59pour des si petits.
00:23:01Tout ça,
00:23:01vous l'avez constaté.
00:23:03Et bien sûr,
00:23:03vous nous parlez aussi
00:23:04dans ce livre,
00:23:05mais on ne va peut-être
00:23:05pas y revenir,
00:23:06de cet enfant
00:23:07qui est mort
00:23:08dans une crèche
00:23:09People and Baby
00:23:10à Lyon
00:23:10à l'été 2020.
00:23:12C'est ça ?
00:23:13Juin 2022.
00:23:14Ouais,
00:23:15juin 2022.
00:23:15Voilà,
00:23:15je me trompais de date.
00:23:17Donc,
00:23:17cette petite fille
00:23:18à qui on a fait
00:23:19ingurgiter de force
00:23:19du desktop
00:23:21parce que,
00:23:22sans doute,
00:23:23la professionnelle
00:23:25vous révélait
00:23:26dans le livre
00:23:26qu'on aurait pu se douter.
00:23:27qu'il y avait
00:23:28un problème avec elle,
00:23:29mais que,
00:23:30vu qu'il y a
00:23:31vraiment un sous-effectif
00:23:32dans toutes les crèches
00:23:33et qu'il y a
00:23:34d'énormes difficultés
00:23:35de recrutement
00:23:36qui,
00:23:36de l'aveu même
00:23:37des gestionnaires
00:23:38de crèche,
00:23:38concernent 90%
00:23:39des gestionnaires,
00:23:40ils ont des problèmes
00:23:41de recrutement.
00:23:4212 euros bruts
00:23:43de salaire horaire,
00:23:44quand même.
00:23:44Donc,
00:23:45c'est peut-être
00:23:45pas étonnant.
00:23:47Eh bien,
00:23:48donc,
00:23:48cette professionnelle,
00:23:49il y a eu des alertes
00:23:50sur elle,
00:23:50mais elle n'a pas été sortie
00:23:52du contact
00:23:52avec les enfants.
00:23:53Et puis,
00:23:54le drame
00:23:54est arrivé.
00:23:56Voilà,
00:23:56donc ça,
00:23:57c'est pour dire
00:23:58ce qui se passe
00:23:58sur les enfants,
00:23:59mais ça ne se passe pas
00:24:00pour rien.
00:24:01Ça se passe,
00:24:02on l'a un peu évoqué
00:24:02parce que les personnels,
00:24:04on prend un peu
00:24:04qui veut bien venir.
00:24:06Je crois qu'il y a eu
00:24:07des dérogations
00:24:08quant à la formation
00:24:09des professionnels,
00:24:10notamment pour les micro-crèches.
00:24:13Donc,
00:24:13on garde des tarés
00:24:14car on les préfère
00:24:15au vide.
00:24:16Oui,
00:24:17c'est un peu ça,
00:24:17malheureusement.
00:24:18Parce que,
00:24:19vraiment,
00:24:19le desktop,
00:24:20c'est vraiment écrit dessus
00:24:20qu'il ne faut pas donner
00:24:21à boire,
00:24:22je trouve.
00:24:23C'est vraiment écrit
00:24:24sur l'étiquette.
00:24:25Non,
00:24:25dans ce cas précis
00:24:26de ce drame,
00:24:27c'est un homicide.
00:24:29C'est quoi ?
00:24:30Oui,
00:24:30la professionnelle
00:24:32a voulu
00:24:32empoisonner cet enfant.
00:24:34Ce que je raconte,
00:24:34moi,
00:24:35dans le livre,
00:24:35c'est comment
00:24:37des pratiques financières
00:24:39au siège
00:24:39et notamment
00:24:40des pratiques
00:24:40d'optimisation des coûts
00:24:41ont des incidences
00:24:43sur les conditions
00:24:44de travail
00:24:44et,
00:24:45in fine,
00:24:46sur la qualité
00:24:46de la prise en charge
00:24:49des enfants.
00:24:51C'est ça
00:24:51que j'essaye
00:24:52de raconter
00:24:52et que,
00:24:53donc,
00:24:53même
00:24:55tout le truc
00:24:56de certains
00:24:57de ces fondateurs
00:24:58de ces groupes,
00:24:59c'est de dire
00:24:59quand il y a des incidents
00:25:00et quand il y a des drames,
00:25:01c'est la faute du personnel
00:25:03et d'ailleurs,
00:25:05certains préconisaient,
00:25:06comme Christophe Durieux,
00:25:06le patron de People and Baby,
00:25:07on ne l'avait pas encore cité,
00:25:09quand il a été convoqué
00:25:13face à la ministre
00:25:14Aurore Berger,
00:25:14etc.,
00:25:15il a dit
00:25:16« Ah,
00:25:17mais il faut installer
00:25:19des caméras de surveillance
00:25:20dans les crèches,
00:25:21du coup,
00:25:22comme ça,
00:25:22on évitera les drames. »
00:25:24Moi, je raconte
00:25:25que ce n'est jamais
00:25:27la responsabilité.
00:25:29Évidemment,
00:25:30à Villeneuve-Dasque,
00:25:31il y a eu,
00:25:31près de Lille,
00:25:32il y a eu des faits
00:25:33de maltraitance
00:25:34que je raconte dans l'île,
00:25:35il y a eu deux femmes
00:25:36qui ont été,
00:25:36en première instance,
00:25:38condamnées il y a quelques semaines.
00:25:39Évidemment,
00:25:40la personne qui a tué
00:25:41cet enfant à Lyon,
00:25:43elle a une responsabilité.
00:25:44Il n'empêche que
00:25:45la responsabilité première,
00:25:47elle est toujours
00:25:48à chercher du côté des groupes.
00:25:50Et d'ailleurs,
00:25:51c'est leur ligne de défense
00:25:52de dire
00:25:52que c'est la faute
00:25:53de notre personnel
00:25:53parce qu'ils ont réussi
00:25:54à s'en sortir en disant
00:25:55« Mais on est d'accord
00:25:57pour avoir plus de contrôle,
00:25:58en fait. »
00:25:59Ça a été leur ligne de défense.
00:26:00Et moi,
00:26:01je raconte
00:26:01comment certaines pratiques
00:26:04maximisent
00:26:05ou minimisent
00:26:06la survenance de risque.
00:26:08Dans le cas de cette femme,
00:26:09par exemple,
00:26:10je raconte
00:26:10comment elle a été embauchée
00:26:11quelques mois plus tôt
00:26:14par un autre groupe
00:26:15du secteur
00:26:16qui s'appelle Babylou
00:26:17qui a d'autres pratiques,
00:26:19notamment d'autres pratiques RH.
00:26:21Tout est une question
00:26:22d'investissement
00:26:23et tout est une question
00:26:24de gestion des ressources humaines.
00:26:25Soit vous dépensez
00:26:26des millions d'euros
00:26:27pour bien sélectionner,
00:26:30bien recruter,
00:26:31bien former,
00:26:33accompagner,
00:26:34mettre des procédures
00:26:35de système
00:26:35de remontée d'informations,
00:26:37d'alerte.
00:26:38Et ça coûte très cher tout ça.
00:26:40Mais c'est essentiel
00:26:42dans tous les milieux
00:26:43du care
00:26:46où il y a
00:26:47de la vulnérabilité.
00:26:48c'est soit
00:26:49vous traitez bien
00:26:49votre personnel,
00:26:50vous l'accompagnez,
00:26:51il se sent en sécurité,
00:26:53il se sent accompagné
00:26:54par son groupe
00:26:55et du coup,
00:26:56il va faire du bon travail.
00:26:58Soit il est lui-même
00:27:00maltraité par son groupe
00:27:01et il va être maltraitant
00:27:03avec les enfants.
00:27:03C'est toujours les enfants
00:27:04ou c'est pareil
00:27:06avec les personnes âgées.
00:27:07C'est même pareil
00:27:08avec les flics.
00:27:09C'est pareil un peu partout.
00:27:10C'est pareil un peu partout.
00:27:12Mais évidemment,
00:27:12quand il y a
00:27:12de la vulnérabilité
00:27:13des personnes âgées,
00:27:15des enfants en bas âge,
00:27:16des personnes en situation
00:27:18de handicap,
00:27:18des malades psychiatriques,
00:27:20ils sont encore plus réceptifs
00:27:21à un personnel
00:27:22qui ne va pas bien.
00:27:23Moi, je raconte comment
00:27:24dans un groupe
00:27:25comme People and Baby
00:27:25où il y avait
00:27:26un sous-investissement
00:27:27au niveau des fonctions
00:27:28support et notamment
00:27:29des fonctions RH,
00:27:31ressources humaines,
00:27:33bah oui,
00:27:33du coup,
00:27:33il y avait une récurrence
00:27:35d'incidents
00:27:36dans toute la France
00:27:38qui racontait quelque chose.
00:27:39Il y avait des incidents
00:27:41et des drames partout.
00:27:43Moi, j'ai des familles
00:27:43à Metz,
00:27:45à Lyon,
00:27:46à Lille,
00:27:47à Paris,
00:27:48à Montreuil
00:27:49qui ont porté plainte
00:27:50suite à des incidents graves.
00:27:53Suite à Villeneuve-Dasque,
00:27:55c'est des enfants,
00:27:56effectivement,
00:27:57qu'on va humilier
00:27:59et punir
00:28:00et certains
00:28:01qui vont repartir
00:28:02avec des coups,
00:28:03des griffures.
00:28:04Bon, ça a duré
00:28:05presque un an et demi
00:28:06à Villeneuve-Dasque.
00:28:08Évidemment,
00:28:09un groupe qui fonctionne bien,
00:28:10quand ça arrive,
00:28:12le personnel
00:28:13qui n'est pas responsable
00:28:14alerte tout de suite
00:28:15le siège
00:28:15et en quelques jours,
00:28:17vous avez
00:28:17un audit,
00:28:19une enquête interne,
00:28:20la personne est mise à pied,
00:28:22il y a le groupe qui réagit.
00:28:23Quand pendant un an,
00:28:24ça dure
00:28:25et que le personnel
00:28:27qui alerte
00:28:28est licencié
00:28:30et que les familles
00:28:31qui alertent
00:28:33reçoivent
00:28:33une plainte en diffamation,
00:28:34vous comprenez
00:28:35tout l'aspect
00:28:37dysfonctionnel.
00:28:38Donc moi,
00:28:39je raconte toujours
00:28:39que c'est la responsabilité
00:28:40du groupe
00:28:41et donc,
00:28:42pour le cas
00:28:43de Lyon,
00:28:44cette personne
00:28:46a été embauchée
00:28:47quelque temps plus tôt
00:28:48par Babylou
00:28:49et il se trouve
00:28:50que au bout de...
00:28:52J'ai rencontré
00:28:52la directrice
00:28:53qui l'avait embauchée
00:28:53et qui raconte
00:28:55comment
00:28:56elle s'est rendue compte
00:28:57le premier jour
00:28:58que la personne
00:28:59est arrivée
00:28:59à Riva,
00:29:00le deuxième jour,
00:29:01elle a laissé
00:29:01un enfant
00:29:02sur une table
00:29:03allongée seule.
00:29:04Sauf qu'elle
00:29:05l'avait tout de suite
00:29:06bordée
00:29:06et elle avait mis
00:29:07deux personnes
00:29:07à côté d'elle.
00:29:08Elle était...
00:29:10Cette nouvelle
00:29:11était très accompagnée
00:29:12mais ils se sont rendus
00:29:13compte que ça allait
00:29:14pas le faire.
00:29:15Au bout de cinq jours,
00:29:17ils ont sorti
00:29:18des effectifs.
00:29:19Voilà un système
00:29:21qui fonctionne.
00:29:22Bon,
00:29:22quand vous n'avez pas
00:29:23les investissements,
00:29:24les moyens,
00:29:26il y a une sélection
00:29:27qui est très mal faite.
00:29:29on prend effectivement
00:29:30le tout venant.
00:29:33Ensuite,
00:29:34quand il y a
00:29:34des pratiques
00:29:35dysfonctionnelles,
00:29:36il n'y a pas
00:29:37de remontée d'informations
00:29:38qu'on ne sait pas.
00:29:39Et l'autre élément
00:29:42qui est très important,
00:29:43c'est que
00:29:44dans un groupe
00:29:45chez Babylou,
00:29:46il y avait une règle,
00:29:47on ne laisse pas
00:29:48une personne,
00:29:50une nouvelle employée
00:29:51seule avec un enfant.
00:29:53C'est une règle de base,
00:29:54pendant deux ans,
00:29:55on ne la laisse pas
00:29:55seule avec un enfant.
00:29:56Bon,
00:29:57chez People and Baby,
00:29:58il n'y avait pas
00:29:58cette règle.
00:29:59On a laissé
00:29:59une personne
00:30:00seule avec un enfant,
00:30:01on est obligé
00:30:02de faire le ménage
00:30:02en même temps
00:30:03que de s'en occuper
00:30:03en faisant l'ouverture.
00:30:05C'était vraiment formidable.
00:30:06Et donc,
00:30:06évidemment,
00:30:08juridiquement,
00:30:09cette femme
00:30:10a tué un enfant.
00:30:11Elle doit répondre
00:30:12de ses actes,
00:30:12elle est responsable
00:30:13pénalement.
00:30:15Mais elle n'aurait pas
00:30:16dû être en capacité
00:30:16de le faire.
00:30:17Mais bien sûr,
00:30:17elle n'aurait pas dû
00:30:18être laissée seule
00:30:19avec un enfant
00:30:21alors qu'elle avait
00:30:22si peu d'expérience
00:30:22et alors même
00:30:23que certaines de ses pratiques
00:30:24devaient alerter.
00:30:26Donc,
00:30:26c'est là où vous voyez
00:30:27l'importance de l'investissement
00:30:28dans les fonctions RH
00:30:30et que dès qu'il n'y a pas ça
00:30:31et qu'en plus,
00:30:34vous mettez un enfant
00:30:35ou deux enfants
00:30:36ou trois enfants
00:30:37en plus
00:30:37de la capacité réglementaire
00:30:38de la crèche.
00:30:39Ça, on va en parler.
00:30:39Que vous mettez
00:30:40un effectif,
00:30:42un équivalent
00:30:43en plein en moins.
00:30:45Tout ça fait que,
00:30:46évidemment,
00:30:46on va parler
00:30:46de toutes les petites combines
00:30:48qui sont même
00:30:49des grosses combines,
00:30:50des grosses ficelles,
00:30:52notamment du couple Durieux.
00:30:53Enfin,
00:30:54un petit peu
00:30:54dans tout le secteur,
00:30:55mais eux,
00:30:55ils sont très emblématiques.
00:30:57Comment on fait
00:30:58pour gagner un peu de sous ?
00:30:59On rabote sur tout,
00:31:00en fait.
00:31:01On rabote sur les couches.
00:31:02On change les enfants
00:31:03moins souvent.
00:31:03C'était aussi le cas
00:31:04pour les personnes âgées.
00:31:05On les nourrit mal,
00:31:07on l'a vu.
00:31:08À un point,
00:31:09alors là,
00:31:09on ne va peut-être pas
00:31:10avoir le temps
00:31:10de rentrer dans le détail,
00:31:11mais vous avez rencontré
00:31:13un gars
00:31:13qui était chargé,
00:31:15justement,
00:31:16de faire les fiches nutritionnelles,
00:31:17etc.,
00:31:18de faire les commandes.
00:31:19Ça, c'est fabuleux.
00:31:20Il faut mettre
00:31:20le directeur des achats.
00:31:21Voilà.
00:31:22Lisez le livre,
00:31:22vous saurez ce qu'il faisait avant,
00:31:23le gars.
00:31:24Donc, ça,
00:31:25c'est juste pour l'anecdote,
00:31:26mais il aurait pu être
00:31:27très bon dans son métier.
00:31:27Et peut-être qu'il n'était
00:31:28pas si mauvais,
00:31:29d'ailleurs,
00:31:30mais simplement,
00:31:30il était tout seul,
00:31:31il n'avait aucune formation
00:31:32et il était obligé
00:31:34vraiment de commander
00:31:36des repas au rabais
00:31:37pour les gosses
00:31:38et même des choses
00:31:40que les industriels,
00:31:41qui pourtant,
00:31:42en général,
00:31:43ont envie de vendre leurs trucs,
00:31:44hésitaient à lui vendre
00:31:45tellement c'était hors cadre,
00:31:47quoi.
00:31:47C'était trop peu,
00:31:48c'était trop mauvais,
00:31:49ça n'allait pas du tout.
00:31:50Donc, voilà.
00:31:51Donc, la nourriture,
00:31:52c'est une chose.
00:31:52Le personnel,
00:31:54on en a parlé,
00:31:54on prend le tout venant,
00:31:55on ne remplace pas
00:31:56les gens qui sont absents
00:31:57et qui sont malades,
00:31:58sachant qu'on rajoute
00:31:59en même temps des gamins
00:32:00avec cette fameuse
00:32:00tarification horaire
00:32:01dont on parlera
00:32:02et là,
00:32:02l'État a une responsabilité.
00:32:04C'est plein de petites choses
00:32:06qui sont de la petite tricherie.
00:32:08Et par ailleurs,
00:32:10on pourrait penser,
00:32:11avec ça,
00:32:11ils gagnent de l'argent,
00:32:12les durieux,
00:32:13les fameux.
00:32:13Et en fait,
00:32:14ils sont toujours à découvert.
00:32:15Pourtant,
00:32:16ils ne payent pas leurs fournisseurs.
00:32:17C'est les plus mauvais payeurs
00:32:18de la Terre.
00:32:19Et par contre,
00:32:20vous avez réussi,
00:32:21alors c'est à la fin du livre,
00:32:22je ne sais pas trop le dire
00:32:22parce que c'est une partie
00:32:23du suspense.
00:32:25Comment ces gens
00:32:25arrivent à se payer
00:32:26des villas ?
00:32:27Alors,
00:32:27c'est à Saint-Barthes,
00:32:29à Saint-Barthes,
00:32:30au Maroc,
00:32:32au Maroc,
00:32:32en Grèce,
00:32:33enfin,
00:32:34ils en ont à peu près partout.
00:32:35C'est leur fils
00:32:36qui fait des posts Instagram
00:32:37en disant que
00:32:38c'est très bien là-bas.
00:32:40Mais par contre,
00:32:41eux,
00:32:41on a l'impression
00:32:42qu'ils sont toujours à la dèche.
00:32:43Alors ça,
00:32:43c'est aussi un mystère
00:32:44que vous avez percé.
00:32:45Ça,
00:32:45c'était très intéressant
00:32:49à découvrir.
00:32:51C'est que parfois,
00:32:52vous avez,
00:32:53alors,
00:32:54des pratiques irrégulières
00:32:56et des fraudes,
00:32:57elles sont rarement évidentes.
00:32:58Mais disons que parfois,
00:32:59vous avez des signaux
00:33:00qui vous permettent
00:33:01de dire qu'il y a une alerte.
00:33:03Chez Orpea,
00:33:04c'était très intéressant
00:33:05parce que
00:33:06c'est un groupe
00:33:07qui générait
00:33:08des profits absolument
00:33:11ahurissants,
00:33:12qui était coté en bourse
00:33:14et qui allait,
00:33:15de l'avis de tous
00:33:16les analyses financières
00:33:17que j'avais rencontrées,
00:33:19rentrer dans le CAC 40.
00:33:21C'était une des plus belles boîtes
00:33:23de la place financière
00:33:25parisienne.
00:33:26Et parce que
00:33:27vous aviez quelque chose
00:33:29de très lisible,
00:33:30c'est,
00:33:30il y a de plus en plus
00:33:31de personnes âgées.
00:33:33C'est un secteur
00:33:34énorme
00:33:35qui ne va ne faire
00:33:36que grossir.
00:33:37Et Orpea
00:33:38avait des taux de croissance
00:33:39à des chiffres
00:33:40et faisait
00:33:40des taux de marge,
00:33:42des bidats,
00:33:43on appelle,
00:33:44la rentabilité
00:33:45avant loyer
00:33:46et amortissement
00:33:46de 35%.
00:33:49Ah quand même monstrueux.
00:33:50Et donc,
00:33:52il y avait
00:33:54des analyses
00:33:56financières
00:33:56qui,
00:33:57quand vous étiez,
00:33:58que vous soyez
00:33:58une riche,
00:34:00avec une riche personnalité
00:34:01ou alors
00:34:02un petit épargnant français,
00:34:04un retraité,
00:34:05on vous disait,
00:34:06vous alliez voir
00:34:07votre banquier
00:34:07pour savoir où investir
00:34:08et il vous disait
00:34:10investis dans
00:34:10les EHPAD
00:34:11et investis
00:34:13dans leur grille
00:34:14et investis
00:34:15évidemment
00:34:15dans Orpea,
00:34:16c'est le meilleur
00:34:17de tous.
00:34:19Et ça aurait dû
00:34:21collectivement,
00:34:21et je pense qu'il faut
00:34:22tous se mettre dedans,
00:34:24alerter
00:34:25parce qu'on ne peut pas
00:34:27en vrai
00:34:27faire ces taux
00:34:28de marge
00:34:29dans un secteur
00:34:30comme celui
00:34:31des EHPAD
00:34:33de la grande dépendance
00:34:35où il y a
00:34:36nécessairement
00:34:37beaucoup de masse
00:34:37salariale
00:34:38et vu que l'emploi
00:34:40coûte relativement
00:34:41cher en France,
00:34:42en tout cas plus cher
00:34:42que dans d'autres pays,
00:34:44normalement,
00:34:44vous ne pouvez pas
00:34:44dégager de tel taux
00:34:45de marge.
00:34:46Et donc,
00:34:47vous savez que
00:34:48si vous dépassez
00:34:50ces taux de marge,
00:34:50si vous arrivez
00:34:51à ces taux de marge,
00:34:51ça veut dire que
00:34:52vous avez optimisé
00:34:53sur les coûts
00:34:53et donc sur la masse
00:34:54salariale.
00:34:54Donc,
00:34:55ça ne tenait pas
00:34:56de pouvoir faire
00:34:57ces taux de marge
00:34:58sans être maltraitant.
00:34:59Et donc,
00:35:00ça aurait dû
00:35:00nous alerter.
00:35:01Il se trouve
00:35:02que...
00:35:03Mais alors là,
00:35:03ce n'est pas le cas.
00:35:04Parce que là,
00:35:04on n'est pas dans le CAC 40.
00:35:06On est dans le seul...
00:35:07Quand même,
00:35:08vous exagérez,
00:35:09Victor Castaner,
00:35:09parce que vous attaquez
00:35:10le seul groupe indépendant.
00:35:12Exactement.
00:35:13C'est leur argument.
00:35:14Eux,
00:35:14c'est leur argument.
00:35:15Ils disent que
00:35:16c'est un groupe indépendant,
00:35:18familial,
00:35:19presque.
00:35:19Voilà.
00:35:21Et effectivement,
00:35:22il y a quelque chose,
00:35:23moi,
00:35:23qui m'a surpris
00:35:24assez rapidement,
00:35:25c'est qu'ils ne dégageaient
00:35:26pas de revenus.
00:35:28Je regardais les comptes
00:35:29de People and Baby.
00:35:30Je voyais qu'ils optimisaient
00:35:31partout,
00:35:32sur la masse salariale,
00:35:34sur les couches,
00:35:35sur les repas,
00:35:36et parfois,
00:35:37en se mettant en risque.
00:35:39Parce qu'en flirtant
00:35:40avec la Ligue jaune,
00:35:41voire en la dépassant,
00:35:42dans certains cas,
00:35:43je raconte comment
00:35:44ils ont fraudé
00:35:45au chômage partiel.
00:35:46Voilà.
00:35:46Leurs employés,
00:35:47on travaille,
00:35:48leurs employés,
00:35:48leurs commerciaux,
00:35:49on continuait à travailler.
00:35:50Les grèches étaient fermées,
00:35:51bien sûr,
00:35:51donc pas leur...
00:35:52En étant payés
00:35:53par le chômage.
00:35:54Voilà.
00:35:54Et,
00:35:54bon,
00:35:55il y a tout un tas de sujets
00:35:56où je raconte
00:35:57qu'ils franchissent
00:35:58allègrement la ligne jaune.
00:36:00Et je me dis,
00:36:01mais pourquoi ?
00:36:02Et ça ne se traduit pas sur leur...
00:36:03Non,
00:36:04pourquoi prendre autant de risques
00:36:05alors que People and Baby
00:36:08ne gagnait pas d'argent ?
00:36:09Et d'ailleurs,
00:36:11les fondateurs,
00:36:12à chaque fois qu'ils devaient
00:36:13s'expliquer,
00:36:14disaient,
00:36:15écoutez,
00:36:15nous,
00:36:15on gagne 10 000 euros
00:36:17par mois de salaire
00:36:18et on ne touche pas
00:36:19de dividendes
00:36:20de notre société.
00:36:21Donc,
00:36:22je disais,
00:36:22c'est...
00:36:23C'est étrange.
00:36:25C'est étrange.
00:36:25C'est étrange.
00:36:26Par contre,
00:36:26dès qu'ils avaient un peu de tune,
00:36:27ils rachetaient.
00:36:28Ils avaient une folie de racheter
00:36:29et c'est possible
00:36:30les concurrents.
00:36:31En fait,
00:36:31il y avait ce double mouvement
00:36:32qui est un mouvement de,
00:36:33un,
00:36:35vous faites des économies
00:36:36très importantes,
00:36:38deux,
00:36:39vous ne payez pas
00:36:40vos fournisseurs.
00:36:41Ils avaient de très gros problèmes.
00:36:42Mais des trucs de dingue.
00:36:44Des sommes...
00:36:44Enfin,
00:36:45ni les fournisseurs,
00:36:45ni les bailleurs.
00:36:46Ni les bailleurs.
00:36:47Vous avez des exemples précis pour...
00:36:49Ouais,
00:36:49alors des exemples,
00:36:50j'en ai plein,
00:36:51mais ça va être,
00:36:53par exemple,
00:36:54Elior,
00:36:54qui est le fournisseur de repas
00:36:57pendant un certain nombre d'années,
00:36:59avant de partir
00:36:59parce qu'il n'en peut plus,
00:37:02People and Debit
00:37:02lui doit un peu plus
00:37:04d'un million,
00:37:04un million cent mille euros
00:37:05de factures en paye.
00:37:06Ok.
00:37:07Paypal et Paypal,
00:37:08ses factures.
00:37:09Et donc,
00:37:10Elior relance...
00:37:11Avec une stratégie bien rodée,
00:37:12en fait.
00:37:12Ouais.
00:37:12On commence par
00:37:13pas en payer une,
00:37:14ou aussi ça râle,
00:37:15et ensuite,
00:37:15enfin voilà,
00:37:16ils avaient vraiment,
00:37:16vous avez des lanceurs d'alerte
00:37:18qui vous ont...
00:37:20Et en fait,
00:37:21ça va de facture
00:37:22de un million pour Elior
00:37:24à une petite ferme
00:37:26qui fait venir des animaux
00:37:27dans les crèches
00:37:28pour amuser les enfants,
00:37:30à qui on fait travailler,
00:37:32intervenir dans les crèches
00:37:33pendant un an,
00:37:34et qui on doit,
00:37:35je ne sais pas,
00:37:355 000 euros.
00:37:36et qui on ne paye pas.
00:37:37Des petites structures
00:37:37comme ça,
00:37:38c'est énorme.
00:37:40Et donc,
00:37:42il y a comme ça
00:37:43dans toute la France
00:37:44des entreprises
00:37:45de couches,
00:37:46de repas,
00:37:48de lait
00:37:49qui n'ont pas été payés
00:37:50et la conséquence directe
00:37:51de ça,
00:37:51c'est qu'ils ont,
00:37:53à certains moments,
00:37:54arrêté de livrer.
00:37:55Mais où ils peuvent gratter,
00:37:56ils grattent.
00:37:57C'est dingue ça.
00:37:57Partout.
00:37:58Et donc,
00:37:59avec cette stratégie
00:38:00du mauvais payeur
00:38:00qui était de dire,
00:38:01tu sais quoi,
00:38:02dans tous les cas,
00:38:03s'ils récupèrent
00:38:04leur argent ou pas,
00:38:05parce que quand même
00:38:06un moment,
00:38:06en allant en justice,
00:38:08vous gagnez.
00:38:09Mais on aura fait
00:38:10ce qu'on appelle
00:38:10un fonds de roulement,
00:38:11c'est-à-dire qu'on fait
00:38:13vivre la société
00:38:14en ne payant pas
00:38:16ce qu'on doit.
00:38:18Et en plus de ça,
00:38:20il n'y aura évidemment
00:38:21pas 100%
00:38:22qui vont aller en justice.
00:38:24Il y aura peut-être 70%.
00:38:26Donc,
00:38:26on a déjà gagné ça.
00:38:27Et dans ceux
00:38:28qui vont aller en justice,
00:38:29pareil,
00:38:29il y en a peut-être
00:38:3080% qui vont gagner
00:38:31et 20% qui vont perdre.
00:38:33Faire durer les procédures.
00:38:34Exactement.
00:38:35Abandonner les gens.
00:38:36Et donc,
00:38:37il y a tout ça.
00:38:38Il ne paye pas
00:38:38ses fournisseurs.
00:38:41Les crèches
00:38:42se retrouvent
00:38:43en grande difficulté.
00:38:44Il optimise
00:38:44sur la masse salariale,
00:38:45sur les coûts et tout.
00:38:46Et donc,
00:38:46il ne gagne pas d'argent.
00:38:47Et je vais découvrir
00:38:48à la fin du livre
00:38:50pourquoi.
00:38:51Et c'est parce qu'en fait,
00:38:52l'argent s'est fait
00:38:53non pas avec
00:38:54People & Baby,
00:38:55mais en parallèle,
00:38:56voire au détriment
00:38:57de People & Baby,
00:38:58avec l'immobilier.
00:39:01Les fondateurs
00:39:02étaient propriétaires
00:39:04non pas
00:39:05via People & Baby,
00:39:06mais via des sociétés
00:39:07immobilières
00:39:09personnelles
00:39:10de locaux de crèches
00:39:11qui louaient
00:39:12à leur propre société
00:39:13en fixant
00:39:14eux-mêmes
00:39:14les loyers.
00:39:16D'accord.
00:39:17Et donc,
00:39:17en fait,
00:39:17ils se sont créés
00:39:19un patrimoine immobilier
00:39:20qui représente aujourd'hui
00:39:21presque 150 millions d'euros,
00:39:23mais sans que
00:39:25personne ne puisse
00:39:27le percevoir
00:39:29parce qu'ils étaient
00:39:31propriétaires de SCI.
00:39:32Les salariés
00:39:34de People & Baby
00:39:34ne sont pas forcément
00:39:35au courant
00:39:35de qui est propriétaire
00:39:37des locaux des crèches.
00:39:39Et c'est juste
00:39:40qu'à un moment,
00:39:40ils se sont rendus compte
00:39:41que c'est comme ça
00:39:42que moi,
00:39:43j'étais alerté au départ
00:39:44qu'il y avait
00:39:45des loyers
00:39:46qui étaient hors marché,
00:39:48qui étaient plus chers
00:39:49que les crèches du coin.
00:39:51Deux, trois fois,
00:39:52quatre fois plus ?
00:39:53Non,
00:39:53jamais de cette ordre-là.
00:39:55Ils ne sont pas fous.
00:39:56Ça peut être...
00:39:57Moi, par exemple,
00:39:59j'ai analysé
00:39:59un lot de sept crèches
00:40:01en France.
00:40:02J'ai fait faire analyser
00:40:03par des spécialistes
00:40:04de l'immobilier.
00:40:05Ça allait entre 10 %
00:40:06et 60 %
00:40:07de surfacturation.
00:40:08Mais par exemple,
00:40:09on donne le cas
00:40:10d'une crèche
00:40:11dans le 16e arrondissement
00:40:12de Paris.
00:40:15Le loyer
00:40:15qui est fixé
00:40:17dans les prix du marché
00:40:18par les spécialistes
00:40:19avec lesquels
00:40:19je suis en contact,
00:40:20c'est 200 000 euros par an.
00:40:22Le loyer
00:40:23qu'ils ont fixé,
00:40:23c'est 300 000.
00:40:25Bon.
00:40:26OK.
00:40:26Vous voyez,
00:40:27c'est un...
00:40:28Ouais, ouais, ouais.
00:40:29C'est un chuteau business.
00:40:30Ouais, ouais, ouais.
00:40:31Bien sûr.
00:40:32Mais alors,
00:40:32quand même,
00:40:32il y avait...
00:40:33Bon, je ne raconte pas
00:40:34tout le livre,
00:40:34mais il y avait
00:40:34quelques petits signes
00:40:35d'alerte quand même
00:40:37sur la personnalité
00:40:38aussi de ce fameux
00:40:40Christophe Durieux.
00:40:40Je parle plus de lui
00:40:41que de sa femme
00:40:42qui, elle,
00:40:43est quand même...
00:40:43Est-ce que tu peux
00:40:43les présenter
00:40:44pour les personnes qui...
00:40:45Alors,
00:40:46il va les présenter.
00:40:48Mais Christophe Durieux,
00:40:49c'est le fondateur
00:40:51de People and Baby
00:40:52et sa femme, Odile,
00:40:53je crois,
00:40:54qui, elle,
00:40:55a été un peu
00:40:56péricultrice en hôpital
00:40:57avant de se lancer
00:40:59dans l'aventure.
00:41:01Et bon,
00:41:02elle, en tout cas,
00:41:03elle est plus reconnue
00:41:04pour avoir quand même
00:41:04une attention un petit peu
00:41:05aux enfants,
00:41:06plus que lui.
00:41:07Et quand je parlais
00:41:08des signaux d'alerte
00:41:09sur le fait
00:41:09que ça dysfonctionnait,
00:41:10puis qu'il y avait
00:41:11un côté bling bling
00:41:11quand même
00:41:12quand il vient
00:41:13négocier des salaires
00:41:16en hélicoptère,
00:41:17enfin,
00:41:17il y a quand même...
00:41:18Il ne faut pas négocier
00:41:19des salaires,
00:41:19mais pire,
00:41:20en fait.
00:41:20Il va...
00:41:20Il va dans les...
00:41:24Lors des appels d'offres
00:41:25de délégation
00:41:26de services publics,
00:41:27il va voir une mairie
00:41:29pour négocier le prix
00:41:30et être sûr
00:41:31de remporter le marché.
00:41:32Il va notamment
00:41:32souvent négocier
00:41:33les tickets restaurants.
00:41:35C'est ce que me raconte
00:41:37une RH de l'époque
00:41:38qui me dit,
00:41:38en fait,
00:41:39normalement,
00:41:40d'ailleurs,
00:41:40ce n'est pas légal.
00:41:41Quand vous reprenez
00:41:42une crèche municipale,
00:41:43vous devez faire en sorte
00:41:44que les salariés
00:41:45gardent les mêmes droits
00:41:47et notamment
00:41:48leur avantage
00:41:49en tickets restaurants.
00:41:50Bon,
00:41:50ça faisait faire
00:41:51une petite économie
00:41:52de les supprimer
00:41:53et du coup,
00:41:53ils pouvaient baisser
00:41:54le prix qu'ils faisaient
00:41:55payer à la mairie
00:41:56et donc,
00:41:56ils proposaient ça,
00:41:57la suppression
00:41:58des tickets restaurants
00:41:59et ce qui rendait
00:42:01dingue
00:42:01certains salariés
00:42:03et notamment
00:42:03certaines de mes sources,
00:42:05c'est qu'ils me disaient
00:42:06qu'ils négociaient
00:42:07ces tickets restaurants
00:42:08et globalement...
00:42:09Et donc,
00:42:10pour négocier
00:42:11ces tickets restaurants,
00:42:11ils faisaient
00:42:12l'aller-retour
00:42:12en hélicoptère.
00:42:13C'est l'une heure.
00:42:14Et ça représentait
00:42:15globalement
00:42:16le coût de l'essence
00:42:17de faire ces économies
00:42:19sur les tickets restaurants
00:42:21et donc,
00:42:22ça,
00:42:22c'est bon parmi...
00:42:24Mais cet hélicoptère
00:42:25n'était pas vraiment à lui,
00:42:26il était à une de ses sociétés,
00:42:27sans doute,
00:42:28comme tout c'est bien.
00:42:28Il était...
00:42:29On achète rarement
00:42:31un hélicoptère
00:42:31en son nom propre,
00:42:32c'est souvent via des sociétés.
00:42:33Mais quand on est très riche...
00:42:34Mais oui,
00:42:35il le faisait
00:42:37payer,
00:42:38il le faisait peser
00:42:38sur la boîte.
00:42:39Il y a d'ailleurs
00:42:40un certain nombre
00:42:40de témoins
00:42:41qui m'ont rapporté
00:42:42que les frais
00:42:43d'essence,
00:42:45de maintenance
00:42:46étaient mis
00:42:48sur...
00:42:49Effectivement,
00:42:49je ne sais pas
00:42:50si c'était
00:42:50un hélicoptère,
00:42:51mais en tout cas,
00:42:51comme font tous
00:42:52les gens qui font
00:42:52ce genre d'évasion fiscale
00:42:54ou optimisation,
00:42:55si on veut être gentil,
00:42:56c'est-à-dire
00:42:57qu'ils louent
00:42:58leur propre yacht
00:42:59à la société
00:43:01qui leur appartient,
00:43:02qui l'a acheté.
00:43:02Voilà,
00:43:03c'est ce genre de choses
00:43:05dont il était
00:43:06coutumier
00:43:06et ce que vous avez
00:43:07fini par découvrir.
00:43:09Il faut savoir
00:43:10que People and Baby,
00:43:11ce n'est pas simplement
00:43:11en France.
00:43:12C'est une boîte internationale
00:43:14et il y avait
00:43:15quand même
00:43:15quelques marottes.
00:43:16C'était de choper
00:43:17les marchés
00:43:18de ses concurrents.
00:43:19C'est pour ça d'ailleurs
00:43:20qu'il était un peu
00:43:21blacklisté
00:43:23parmi
00:43:24ce cercle
00:43:25très fermé
00:43:26des gros gestionnaires
00:43:26de crash.
00:43:27Oui,
00:43:28je raconte
00:43:29au-delà
00:43:30de son cas
00:43:30à lui,
00:43:33un développement
00:43:34qui s'est fait
00:43:35au détriment
00:43:36de la qualité
00:43:36des structures
00:43:37et qui a touché
00:43:38plusieurs groupes,
00:43:39c'est que c'est aussi
00:43:40une histoire,
00:43:41il faut le dire,
00:43:42parce que c'est vraiment
00:43:43comme ça,
00:43:44c'est aussi une histoire
00:43:44de mecs et d'égos.
00:43:46C'est-à-dire
00:43:46ces quatre,
00:43:48c'est souvent par duo,
00:43:49mais disons que
00:43:50ces quatre hommes
00:43:51qui ont porté ça
00:43:53au sein de
00:43:54People and Baby,
00:43:55Les Petits Chapeurs en Rouge,
00:43:56La Maison Bleue
00:43:57et Babylou,
00:43:58il y a quatre grands groupes
00:43:59qui ont démarré
00:44:01au même moment,
00:44:022003-2004,
00:44:03qui sont tous devenus
00:44:03des multinationales
00:44:05et à la tête,
00:44:06vous avez donc
00:44:07quatre mecs
00:44:08qui se sont fait,
00:44:09qui ont joué un peu
00:44:11aux petits chevaux
00:44:12ou plutôt,
00:44:13moi c'est comme ça
00:44:14je le raconte,
00:44:15au Monopoly,
00:44:16et c'est celui
00:44:17qui allait avoir
00:44:19le plus de crèches
00:44:20qui allait remporter
00:44:21et donc il y avait
00:44:24vraiment quelque chose
00:44:25de l'ordre
00:44:27du concours,
00:44:28de celui
00:44:28qui allait avoir
00:44:29la plus grosse
00:44:30et il y a un peu ça.
00:44:32On visualise ça.
00:44:36Et donc
00:44:37pour certains,
00:44:38ils ont
00:44:40eu l'obsession
00:44:42de ce développement
00:44:44au point
00:44:45que ça menace
00:44:46même la fragilité
00:44:47de ce groupe,
00:44:47c'est ce qui s'est passé
00:44:48chez People and Baby,
00:44:49il y a eu,
00:44:50avant qu'il devienne
00:44:51un groupe
00:44:51sans actionnaire,
00:44:54il a eu
00:44:55un certain nombre
00:44:55d'actionnaires
00:44:56pour se développer
00:44:56parce qu'il faut
00:44:57de l'argent
00:44:57pour se développer,
00:44:58il faut beaucoup d'argent
00:44:59et donc
00:45:00il a eu
00:45:01un actionnaire
00:45:02comme la
00:45:03caisse des dépôts,
00:45:05la BPI,
00:45:06Banque publique
00:45:07d'investissement
00:45:08qui a mis de l'argent
00:45:09qui est bien sympa
00:45:09mais qui demande
00:45:10un tout petit peu
00:45:10de contrat.
00:45:11Elle a bien voulu
00:45:13mettre de l'argent
00:45:13pour qu'il se développe
00:45:14et puis à un moment
00:45:14elle lui a dit
00:45:15écoute,
00:45:16là,
00:45:17tes fonctions support
00:45:18ça ne va pas,
00:45:20les fonctions RH,
00:45:21c'était en début
00:45:22des années 2010,
00:45:24tu ne peux pas
00:45:24un groupe aussi gros
00:45:25avoir des fonctions RH
00:45:27de ce niveau-là,
00:45:28ce n'est pas du tout
00:45:29professionnel,
00:45:30ça ne va pas.
00:45:31Donc maintenant
00:45:31tu vas arrêter
00:45:32de te développer
00:45:32et tu vas gérer
00:45:35ta base,
00:45:36c'est-à-dire
00:45:36faire en sorte
00:45:36que tu es un siège
00:45:38qui fonctionne.
00:45:39Il a dit
00:45:40bon,
00:45:40vous m'emmerdez,
00:45:42la caisse de dépôt
00:45:43est partie
00:45:44et puis après
00:45:45il ne va prendre
00:45:46non pas des actionnaires,
00:45:49non pas des fonds
00:45:51d'investissement
00:45:51mais il va prendre
00:45:52des fonds de dette.
00:45:54C'est-à-dire
00:45:55c'est des gens,
00:45:56normalement
00:45:56un fonds d'investissement
00:45:57il vous prête
00:45:58100 millions
00:45:58par exemple
00:45:59et il prend
00:46:0020% de votre capital
00:46:02et donc
00:46:02il est au board,
00:46:04il est au conseil
00:46:05d'administration,
00:46:06il surveille
00:46:06vos décisions
00:46:07et quand vous voulez
00:46:09vous développer
00:46:11en empruntant
00:46:12tout en étant tranquille,
00:46:14vous allez voir
00:46:16un fonds de dette
00:46:16qui lui est un peu
00:46:17comme une banque,
00:46:18vous prête
00:46:19beaucoup d'argent,
00:46:20en l'occurrence
00:46:20c'est Alcentra
00:46:22qui est un fonds de dette
00:46:22britannique
00:46:23qui appartient lui-même
00:46:24à Franklin Templeton
00:46:25qui est un fonds de dette
00:46:26américain
00:46:26qui est un des 10 plus gros
00:46:28fonds de dette au monde,
00:46:29il a 1200 milliards
00:46:30d'encours,
00:46:31c'est gigantesque.
00:46:33c'est des gens
00:46:34qui quand même
00:46:35rigolent pas trop.
00:46:35Ils rigolent pas du tout.
00:46:37C'est-à-dire que
00:46:37ok,
00:46:38ils prêtent de la thune
00:46:38mais à un moment
00:46:40si la thune n'est pas remboursée,
00:46:41ils prennent la boîte.
00:46:42En gros,
00:46:43c'est ça.
00:46:43C'est un peu ça,
00:46:44c'est que
00:46:45on vous prête
00:46:47et comme on ne rentre pas
00:46:48au board,
00:46:50on vous prête
00:46:50à des taux très importants
00:46:52et donc on lui a prêté
00:46:54entre 2018 et 2022
00:46:56l'équivalent d'un demi milliard,
00:46:58500 millions d'euros,
00:46:59enfin 460 millions exactement
00:47:00et donc ils étaient très contents,
00:47:03ils étaient très contents
00:47:04que Christophe Durieux
00:47:05au Dille-Bourglin,
00:47:05ils ont acheté
00:47:06un tour de bras,
00:47:08ils ont acheté souvent
00:47:08Dubaï, Corée,
00:47:12Dubaï, Singapour,
00:47:14Chine,
00:47:15Etats-Unis,
00:47:15ils ont acheté sûrement
00:47:17beaucoup trop vite
00:47:18et souvent trop cher
00:47:22parce qu'il y avait
00:47:23la folie des grandeurs.
00:47:24Vous aviez,
00:47:25il avait une carte,
00:47:26c'est comme si
00:47:27on vous donnait une carte
00:47:29illimitée
00:47:29et
00:47:30ça se voit.
00:47:32Moi, on me donne
00:47:33une carte illimitée
00:47:34en disant
00:47:35c'est quoi ?
00:47:35Tu paieras dans 5 ans.
00:47:38Eh bien,
00:47:39évidemment,
00:47:40vous prenez
00:47:41beaucoup plus de risques
00:47:42que
00:47:43C'est quoi le premier truc
00:47:45que tu fais
00:47:45si on me donne
00:47:46une carte illimitée ?
00:47:47C'est quoi le premier truc
00:47:48que je fais ?
00:47:49Peut-être que je m'achète
00:47:50une belle maison
00:47:51à la piscine
00:47:52avec piscine
00:47:53dans le sud.
00:47:54C'est une bonne idée.
00:47:55Une maison
00:47:55pour mes enfants
00:47:58pour avoir
00:47:58une maison de vacances
00:47:59sûrement.
00:48:01Mais
00:48:02si j'avais une carte
00:48:03illimitée
00:48:03et que je devais payer
00:48:04dans des années,
00:48:05Et tu ne fais pas un journal ?
00:48:06Non mais
00:48:07aucun trait
00:48:07Tu ne fais pas un journal ?
00:48:09Tu ne me demandais
00:48:10pour moi.
00:48:10Moi, je pensais
00:48:11que tu allais acheter
00:48:11un nouveau trench
00:48:12à Uniqlo.
00:48:13Non, non.
00:48:13Moi, je pensais
00:48:14que tu allais acheter
00:48:14un journal d'investigation
00:48:16qu'on est tous du boulot.
00:48:17Il préfère ses enfants
00:48:18et sa maison
00:48:19et la piscine
00:48:20et je le comprends
00:48:20totalement.
00:48:21C'est vrai.
00:48:21C'est vrai.
00:48:22Bon, pardon.
00:48:25Non, mais un journal
00:48:26j'y pense d'ailleurs.
00:48:29Et
00:48:30donc
00:48:31quand on vous donne
00:48:31une carte illimitée
00:48:32vous faites n'importe quoi.
00:48:34Il a fait n'importe quoi
00:48:35sur certaines décisions.
00:48:36À Singapour
00:48:36il a acheté un groupe
00:48:3765 millions d'euros.
00:48:39Il valait sûrement
00:48:39entre 10 et 15 millions
00:48:40d'euros de moins.
00:48:42Mais parce que
00:48:43et justement
00:48:44un de ses concurrents
00:48:46avait fait une offre
00:48:46qu'il avait augmenté
00:48:47jusqu'à 55 millions
00:48:48et lui
00:48:49a fait une offre
00:48:51bien supérieure
00:48:53pour le plaisir
00:48:54de battre son concurrent
00:48:55et d'obtenir le marché
00:48:58alors que stratégiquement
00:48:59économiquement
00:48:59ça n'avait pas
00:49:00beaucoup de sens.
00:49:01Et donc
00:49:02il y a eu
00:49:03des gens qui se travaillent
00:49:04à l'intérieur quand même.
00:49:05C'est un peu indistant
00:49:06quand on voit les salaires
00:49:07des gens qui soignent
00:49:08les gamins.
00:49:09Bien sûr.
00:49:09Il y a quelqu'un
00:49:10qui nous parle de ça.
00:49:10Le problème avec le low-cost
00:49:12c'est que l'horizon salaire
00:49:13c'est le SMIC à vie.
00:49:14On n'attire pas
00:49:14les vocations comme ça.
00:49:15En fait
00:49:16il y a cette dynamique
00:49:17de low-cost
00:49:18dont je parlais rapidement
00:49:19tout à l'heure
00:49:19c'est qu'en gros
00:49:20il y a de plus en plus
00:49:22d'opérateurs privés
00:49:23et qu'ils choisissent
00:49:24les moins chers
00:49:25dans les appels d'offres
00:49:26et donc les prix
00:49:27au lieu d'augmenter
00:49:28ce qui aurait été logique
00:49:29avec l'inflation
00:49:30en fait
00:49:31ont été divisés par 3
00:49:32en l'espace de 15 ans.
00:49:34C'est ça globalement
00:49:34ils sont passés
00:49:35de 8000 en 2010
00:49:36à 3000 aujourd'hui
00:49:39ou 7500 à 2005.
00:49:40C'est un peu pas le mouvement.
00:49:42Et pardon
00:49:42juste pour finir là-dessus
00:49:43quand tes prix sont divisés
00:49:45par 3
00:49:46tu peux tordre le truc
00:49:47dans tous les sens
00:49:48mais
00:49:49il n'y a qu'une incidence
00:49:51c'est que tu dois baisser tes coûts.
00:49:52Et ton principal coût
00:49:53c'est ta masse salariale.
00:49:55Et quand on est parent
00:49:56par exemple
00:49:56comment on fait
00:49:57pour savoir ça ?
00:49:58On se renseigne
00:49:59mais de toute façon
00:49:59on est coincé
00:50:00c'est ce qu'on disait au début
00:50:01avec
00:50:01il y a tellement besoin
00:50:03de place en crèche
00:50:03et il n'y en a tellement pas
00:50:05il n'y a pas de solution
00:50:06sauf à enlever
00:50:07son gamin de la crèche
00:50:07en fait.
00:50:08il y a un sujet
00:50:09de société derrière
00:50:11et peut-être d'ailleurs
00:50:12encore plus
00:50:13un sujet féministe
00:50:14aussi derrière
00:50:16c'est que
00:50:17évidemment
00:50:18comme
00:50:18il n'y a pas assez
00:50:20de place
00:50:20en crèche
00:50:21vous vous retrouvez parfois
00:50:23moi c'est le cas
00:50:23de beaucoup de femmes
00:50:24que j'ai suivies
00:50:26bon ben
00:50:26elles se retrouvent parfois
00:50:27à mettre leur enfant
00:50:29dans des crèches
00:50:30sans l'avoir vraiment choisie
00:50:31mais parce qu'il n'y avait pas
00:50:32de place en crèche
00:50:33après elles ont pris
00:50:34la première
00:50:36où il y avait de la place
00:50:37où on leur dit d'ailleurs
00:50:38si tu veux être sûr
00:50:39d'avoir de la place
00:50:40prends une crèche d'entreprise
00:50:44ah bon
00:50:44mais moi je suis médecin
00:50:45ah non mais attends
00:50:46tu peux
00:50:47t'inquiète pas
00:50:47ça passe
00:50:48et donc ils payent en plus
00:50:49de ce qu'ils paieraient
00:50:50habituellement
00:50:5115 000 euros
00:50:52en plus par an
00:50:53c'est quoi cette nuance
00:50:54entreprise
00:50:54entre crèche d'entreprise
00:50:56en fait
00:50:56donc il faut
00:50:57soit tu as une mairie
00:50:58qui a pris une place
00:51:00qui a réservé des places
00:51:02ok ok
00:51:03soit c'est une entreprise
00:51:05L'Oréal
00:51:06LVMH
00:51:07Bouygues
00:51:07vous savez quoi
00:51:08peut-être Luma
00:51:09pour ces salariés
00:51:12réservent des places
00:51:14et du coup
00:51:15ces salariés
00:51:15peuvent avoir
00:51:16des places de crèche
00:51:17dans un réseau
00:51:18qui a des places
00:51:18dans toute la France
00:51:19d'accord
00:51:19c'est une politique
00:51:20d'attractivité
00:51:22pour des groupes
00:51:23pour attirer les salariés
00:51:24en disant
00:51:25bah chez nous
00:51:25tu vas pouvoir
00:51:27avoir une place de crèche
00:51:27pour ton enfant
00:51:28bon
00:51:29et ça
00:51:29disons
00:51:30quand une mairie
00:51:31achète une place
00:51:32à des groupes privés
00:51:33réserve
00:51:34et met 5000 euros
00:51:36L'Oréal
00:51:37met 15 000
00:51:38ok
00:51:39donc ça se passe comme ça
00:51:40donc il y a toujours besoin
00:51:41d'un réservateur
00:51:42donc soit tu vas avoir
00:51:42une place par ta bérie
00:51:44soit tu vas avoir
00:51:45une place par ton entreprise
00:51:46ok
00:51:47sauf que quand t'es profession libérale
00:51:50ou avocat
00:51:51artisan
00:51:51non artisan
00:51:52encore
00:51:52il peut avoir une entreprise
00:51:53mais il y a tout un tas
00:51:55qu'en gros
00:51:56t'es pas salarié
00:51:57et que tu vas
00:51:59moi par exemple
00:51:59je suis pas salarié
00:52:01j'avais pris un moment
00:52:02une place
00:52:02en crèche privée
00:52:04à Marseille
00:52:05pendant une année
00:52:07et du coup
00:52:07je les arrangeais pas du tout
00:52:08parce qu'il y avait pas
00:52:09de réservataires
00:52:10il me manquait
00:52:1010 000 euros
00:52:11il me manquait de l'argent
00:52:12et donc moi
00:52:14on voulait pas de moi
00:52:15et on me demandait
00:52:16est-ce que vous avez une entreprise
00:52:17non j'ai pas d'entreprise
00:52:18bon
00:52:19et moi
00:52:20ils ont accepté
00:52:21parce que ça leur permettait
00:52:22de combler un trou
00:52:22mais c'était moins rentable
00:52:24mais sinon
00:52:24ils vont pousser des gens
00:52:26et notamment
00:52:26des professions libérales
00:52:28à prendre une place
00:52:29d'entreprise
00:52:30et donc à payer
00:52:31ces 15 000 euros
00:52:32en leur disant
00:52:33vous payez 15 000 euros
00:52:35mais vous allez pouvoir
00:52:35bénéficier de déduction fiscale
00:52:37alors qu'en vrai
00:52:38ils ne respectent pas
00:52:39les termes de la loi
00:52:41donc
00:52:41ça c'est une autre petite
00:52:42voilà
00:52:43qui permet
00:52:43mais
00:52:45il y a
00:52:46une pénurie de place
00:52:47qui fait que
00:52:48un
00:52:49les groupes
00:52:51du coup
00:52:52quand vous êtes
00:52:53un groupe
00:52:54de moins bonne qualité
00:52:55quand vous mettez
00:52:56moins d'efforts
00:52:56sur la masse salariale
00:52:58sur les fonctions support
00:52:59sur la bouffe
00:52:59etc
00:53:01ça n'a pas d'incident
00:53:02sur votre business
00:53:03vu que de toute façon
00:53:04comme il n'y a pas de place
00:53:05les gens viennent
00:53:06et qu'il y a un deuxième problème
00:53:08en France
00:53:08c'est que
00:53:09personne n'est capable
00:53:10de dire
00:53:11si une crèche
00:53:14est de meilleure qualité
00:53:15qu'une autre
00:53:15et même pas les avis
00:53:16qu'on trouve sur internet
00:53:18ça peut être le seul
00:53:20élément
00:53:20mais moi
00:53:21je raconte
00:53:23donc effectivement
00:53:23il y a en France
00:53:26aucune grille nationale
00:53:27qui permet de comparer
00:53:29les crèches
00:53:29comme d'ailleurs
00:53:30il n'y en avait pas
00:53:30pour les EHPAD
00:53:31ce qui est donc
00:53:32une catastrophe
00:53:32parce que ça n'a aucun intérêt
00:53:34de faire de la qualité
00:53:35vu que personne n'est là
00:53:36pour montrer
00:53:37que vous avez
00:53:37un meilleur EHPAD
00:53:39ou une meilleure crèche
00:53:39que l'autre
00:53:40ça serait ça la solution ?
00:53:41ça c'est une des solutions
00:53:42c'est évidemment
00:53:43la transparence
00:53:44c'est à dire
00:53:45d'obliger tous les groupes
00:53:46de France
00:53:46d'EHPAD ou de crèche
00:53:47à publier
00:53:485 indicateurs
00:53:49très simples
00:53:51nombre d'effectifs
00:53:53taux de turnover
00:53:54taux d'absentéisme
00:53:57coût des repas
00:53:58des critères comme ça
00:53:59très simples
00:54:00dans toute la France
00:54:01et vous avez un site
00:54:02gouvernemental
00:54:03sur lequel il y a tout
00:54:03et comme ça
00:54:04vous regardez autour
00:54:05de chez vous
00:54:05et vous faites le comparatif
00:54:06entre les deux
00:54:07mais sérieux
00:54:08mais moi je vote
00:54:08pour des gens
00:54:09pour mon maire
00:54:10par exemple
00:54:10dans une ville
00:54:11normalement ça
00:54:12il l'a dans l'appel d'offres
00:54:12pourquoi il ne choisit pas
00:54:13ces critères là
00:54:14aussi ?
00:54:15c'est
00:54:17il y a
00:54:17en fonction
00:54:18quand vous faites un appel d'offres
00:54:20vous faites un cahier des charges
00:54:21ouais bien sûr
00:54:21et ça c'est tout un sujet
00:54:23il y a des mairies en France
00:54:24qui n'avaient pas les compétences
00:54:26pour faire un cahier des charges
00:54:27et donc qui se sont fait avoir
00:54:28et puis il y a d'autres mairies
00:54:29qui l'ont fait volontairement
00:54:32c'est à dire il y avait plein de critères
00:54:33nombre d'effectifs
00:54:34ce que vous voulez
00:54:34et qu'au final
00:54:36le seul critère qui comptait
00:54:38c'était le critère financier
00:54:39et ça je donne
00:54:40un certain nombre d'exemples
00:54:41mais je raconte
00:54:42comment même à Matignon
00:54:43entre deux offres
00:54:45pour les collaborateurs
00:54:46du premier ministre
00:54:47ils choisissent
00:54:49entre deux opérateurs
00:54:50celui qui va être
00:54:52deux fois moins cher que l'autre
00:54:53en l'occurrence
00:54:53c'est les petits chapeurs rouges
00:54:54qui sont à 3000
00:54:55quand le concurrent
00:54:56était à 6000 par berceau
00:54:58et il y a un poste en moins
00:55:01tous partout
00:55:02ils ont choisi
00:55:03ils ont choisi le moins cher
00:55:05alors donc pour les avis
00:55:07ne vous fiez pas à internet
00:55:08parce que sur les avis
00:55:10sur les avis
00:55:11je raconte évidemment
00:55:13je raconte aussi
00:55:14comment chez People & Baby
00:55:18on demandait aux salariés
00:55:20c'était vraiment une politique du groupe
00:55:21de faire des faux avis
00:55:23sur Google
00:55:25en disant
00:55:26c'est une crèche super
00:55:27mon enfant était trop bien
00:55:28mais il fallait qu'il le fasse bien
00:55:30quand même
00:55:30il fallait qu'il le fasse bien
00:55:31il y en a qui l'ont fait
00:55:32sur leur propre mail
00:55:33pourri
00:55:33quasiment leur mail professionnel
00:55:35mais franchement
00:55:36ils sont pas engueulés
00:55:37un peu amateur
00:55:38et donc il y a un moment
00:55:39c'est un au cap de l'entreprise
00:55:42qui m'envoie le mail
00:55:42de la DRH de l'époque
00:55:44ça c'est un truc
00:55:44c'est une histoire singulière
00:55:46ou c'est vraiment propre
00:55:47ça c'est People & Baby
00:55:48ça c'est People & Baby
00:55:49parce qu'il faut prendre
00:55:50vraiment des très gros risques
00:55:51pour faire un truc pareil
00:55:53et là en plus
00:55:54c'était écrit par mail
00:55:55c'est à dire que c'est la DRH
00:55:56qui envoie
00:55:58ils sont primes de foutre le RH
00:56:00j'ai découvert
00:56:02on m'a remonté
00:56:02un certain nombre
00:56:03qu'un certain nombre
00:56:05d'internautes
00:56:06s'étaient rendu compte
00:56:07que des salariés de People
00:56:08mettaient des faux avis
00:56:09et moi je pense
00:56:10qu'elle va dire
00:56:12c'est interdit
00:56:13de mettre des faux avis
00:56:14et là elle met
00:56:15pour rappel
00:56:17si vous voulez mettre
00:56:18des avis
00:56:19faux avis
00:56:20merci de
00:56:21un
00:56:22utiliser un compte
00:56:23à usage unique
00:56:25à usage unique
00:56:26qu'il ne soit pas le vôtre
00:56:28deux
00:56:28ne mettez pas
00:56:29votre nom
00:56:29et votre adresse
00:56:30elle dit tout ce qu'il faut faire
00:56:32pour mettre des faux avis
00:56:33sur internet
00:56:34ce qui est une folie
00:56:36parce que
00:56:37c'est une folie
00:56:38de manière générale
00:56:38pour un gros groupe
00:56:39de dire ça
00:56:40à ses salariés
00:56:40encore plus
00:56:41par écrit
00:56:42encore plus
00:56:42quand ça concerne
00:56:43des enfants
00:56:44sur des sujets
00:56:45aussi sensibles
00:56:46et en plus
00:56:47après le drame de Lyon
00:56:50et donc
00:56:51le mort
00:56:52de ce nourrisson
00:56:53dans une crèche
00:56:54people and baby
00:56:55et bien
00:56:56ils ont demandé
00:56:57à leurs salariés
00:56:57d'écrire
00:56:59encore plus
00:57:00d'avis positifs
00:57:01sur l'internaute
00:57:02pour lutter contre
00:57:03la mauvaise réputation
00:57:0514 messages
00:57:06ça ne vaut pas un mort
00:57:07je pense
00:57:07mais après ça
00:57:08non
00:57:09mais
00:57:10ça confond
00:57:11sûrement
00:57:11comme il n'y a pas
00:57:12de critères
00:57:13pour comparer
00:57:14des crèches
00:57:15et bien
00:57:16un des seuls gestes
00:57:18que font les parents
00:57:19c'est d'aller sur Google
00:57:20et ils voient
00:57:21qu'une crèche
00:57:22des trois derniers avis
00:57:23c'est aussi extraordinaire
00:57:24j'ai jamais vu une équipe
00:57:25comme ça
00:57:26bon ça vous rassure
00:57:27comme on prêt
00:57:27pour un coiffeur
00:57:28exactement
00:57:31alors revenons au Durieux
00:57:32quand même
00:57:32enfin revenons
00:57:33avant de revenir au Durieux
00:57:35il y a quelque chose
00:57:36qu'il faut peut-être
00:57:36qu'on détaille ici
00:57:37parce qu'on a
00:57:38c'est un peu technique
00:57:40mais c'est tout par-delà
00:57:42aussi
00:57:42c'est la fameuse
00:57:43tarification horaire
00:57:44mise en place
00:57:45par les CAF
00:57:47et qui a un peu
00:57:48tout changé
00:57:48et qui a
00:57:51précipité
00:57:51un peu
00:57:52une gestion
00:57:55très différente
00:57:56c'est-à-dire
00:57:56une gestion
00:57:57à la pointeuse
00:57:58alors ça
00:57:59c'est un des points
00:57:59très importants
00:58:00qui est souvent technique
00:58:01donc c'est très difficile
00:58:02à expliquer
00:58:02quand vous avez une interview
00:58:03de 8 minutes
00:58:05à la radio
00:58:06ça demande un peu de temps
00:58:07mais je peux le faire
00:58:08assez court
00:58:08c'est que
00:58:09en gros je raconte
00:58:10donc les dérives
00:58:11d'un groupe
00:58:12comme People and Baby
00:58:12la responsabilité
00:58:13d'un secteur
00:58:14sur le low cost
00:58:15et je dis que
00:58:18c'est un peu trop facile
00:58:19pour le public
00:58:22de pointer seulement
00:58:23la responsabilité
00:58:24de ces groupes privés
00:58:25et de dire
00:58:25qu'en gros
00:58:26bon
00:58:27les groupes privés
00:58:28ils ont l'obsession
00:58:29du taux d'occupation
00:58:30ils ne pensent qu'à remplir
00:58:32remplir
00:58:32remplir
00:58:33et c'est comme ça
00:58:34que vous mettez en tension
00:58:35vos établissements
00:58:36moi je raconte
00:58:37que c'est précisément
00:58:38le système
00:58:39mis en place
00:58:40par l'administration française
00:58:42qui pousse
00:58:43cette dynamique
00:58:44en gros
00:58:46c'est un système
00:58:47de facturation
00:58:48à l'heure
00:58:49comme dans les hôpitaux
00:58:51avec la T2A
00:58:52le système de tarification
00:58:53à l'activité
00:58:56dans d'autres pays
00:58:57et dans la plupart des pays
00:58:59d'ailleurs
00:58:59ça n'existe pas
00:59:00c'est des systèmes
00:59:00au forfait
00:59:01c'est à dire à la journée
00:59:02et donc
00:59:03en fait
00:59:04vous payez à la journée
00:59:04si vous décidez
00:59:06de prendre votre enfant
00:59:07à 16h
00:59:07au lieu de 18h
00:59:08ça ne change rien
00:59:09à ce que va toucher la crèche
00:59:10ce qui est d'ailleurs
00:59:11assez logique
00:59:12parce que
00:59:13c'est pas parce que
00:59:13moi je décide
00:59:14de retirer ma fille
00:59:15à 16h
00:59:16au lieu de 18h
00:59:17qu'on va enlever
00:59:18un membre du personnel
00:59:19pour les deux heures
00:59:20que je fais en moins
00:59:20donc la crèche
00:59:22doit être touchée
00:59:23autant d'argent public
00:59:24en France
00:59:26c'est la cour des comptes
00:59:28notamment
00:59:28et Bercy
00:59:29qui ont poussé vers ça
00:59:31ils ont dit
00:59:31nous on veut que
00:59:32chaque euro
00:59:32d'argent public
00:59:33qui est dépensé
00:59:35soit rentabilisé
00:59:36au maximum
00:59:37donc en fait
00:59:38maintenant on va pousser
00:59:39les groupes
00:59:39quand il y a des absences
00:59:41à les remplacer
00:59:42pour augmenter
00:59:43le taux d'occupation
00:59:44effective
00:59:44ça veut dire
00:59:45qu'on appelle les gens
00:59:46les parents
00:59:47pour leur dire
00:59:47mettez votre gamin
00:59:48aujourd'hui
00:59:48c'est à dire
00:59:49qu'on va
00:59:51il y a
00:59:52des enfants à l'année
00:59:54et par exemple
00:59:55je sais pas
00:59:56dans le contrat
00:59:57qu'ils ont pris
00:59:57ils ont pas
00:59:58le mercredi après-midi
01:00:00et bien on va mettre
01:00:01des enfants en plus
01:00:03pour boucher
01:00:04chaque trou
01:00:06sauf que
01:00:07quand vous faites ça
01:00:07c'est quoi l'incidence
01:00:081
01:00:09les équipes
01:00:10elles sont constamment
01:00:11en tension
01:00:11il n'y a jamais de moment
01:00:12où il y a moins d'enfants
01:00:13constamment en tension
01:00:142
01:00:16les équipes
01:00:17et notamment
01:00:17les directrices
01:00:18elles se mettent
01:00:19à ne penser qu'à une chose
01:00:20c'est le taux d'occupation
01:00:22parce que le groupe
01:00:23pousse
01:00:24parce que l'état
01:00:24demande en disant
01:00:26si ton taux
01:00:28c'est même encore plus compliqué
01:00:29il y a un taux d'occupation
01:00:30et un taux de facturation
01:00:31de taux de facturation
01:00:34qui mesure en gros
01:00:36la différence
01:00:36entre le taux d'occupation
01:00:38dans les heures facturées
01:00:40et le taux d'occupation
01:00:42des heures de présence réelle
01:00:43c'est à dire
01:00:44on met toujours son enfant
01:00:45moins que ce qu'on avait
01:00:46oui
01:00:47et donc
01:00:49et donc il ne faut pas
01:00:50que ce ratio
01:00:50il soit trop élevé
01:00:51exactement
01:00:52sinon on perd l'argent
01:00:53sinon
01:00:54l'argent public
01:00:55en gros vous avez des bonus
01:00:56et du malus
01:00:57vous allez toucher
01:01:004 euros de l'heure
01:01:01au lieu de toucher
01:01:025 euros de l'heure
01:01:02et donc en fait
01:01:03il faut remplir
01:01:05moi je raconte
01:01:06donc l'incidence
01:01:07que ça a eu
01:01:08c'est que
01:01:09tension sur les équipes
01:01:11de
01:01:11on pointe
01:01:12les parents
01:01:15à l'heure d'arrivée
01:01:16à l'heure de départ
01:01:18et
01:01:19les directrices
01:01:20elles vous le racontent
01:01:20elles vous disent
01:01:21maintenant moi mon boulot
01:01:22j'ai pas le temps
01:01:23et les équipes
01:01:24j'ai pas le temps
01:01:25de gérer les enfants
01:01:26parce que je fais que
01:01:27des arrivées
01:01:29des accueils
01:01:30et des départs d'enfants
01:01:31toute la journée
01:01:32en gros le nombre d'enfants
01:01:34a été quasiment doublé
01:01:37depuis cette réforme
01:01:38c'est à dire
01:01:39je raconte comment
01:01:40une crèche de 20 enfants
01:01:42bah normalement
01:01:43il y a 20 enfants
01:01:43et bien il y a
01:01:45il y a dans la plupart
01:01:46des crèches aujourd'hui
01:01:4640
01:01:47parce qu'il y a les 20 enfants
01:01:49de départ
01:01:49avec le même nombre
01:01:50de personnes
01:01:50de personnel
01:01:51c'est juste que
01:01:52il y a
01:01:5440 enfants
01:01:55qui vont passer
01:01:56dans l'année
01:01:56parce qu'il y a
01:01:57des remplaçants
01:01:58et des enfants
01:01:59qui viennent
01:02:00que pour 2h par-ci
01:02:012h par-là
01:02:02en termes de projet
01:02:03pédagogique
01:02:04avant vous aviez 20 enfants
01:02:06vous pouviez les suivre
01:02:07toute l'année
01:02:07vous les connaissiez
01:02:08vous avez du temps
01:02:09pour suivre leur évolution
01:02:10mettre en place
01:02:11un projet éducatif
01:02:12etc
01:02:12bon bah maintenant
01:02:13comme il y a deux fois
01:02:14plus d'enfants
01:02:15et que surtout
01:02:16ils viennent pour des petites
01:02:17séquences
01:02:18de quelques heures
01:02:19et tout
01:02:19vous n'avez pas le temps
01:02:20de suivre votre équipe
01:02:21à l'année
01:02:22donc ça
01:02:23dégrader
01:02:24même le sens
01:02:26du travail
01:02:27des pros
01:02:28qui du coup
01:02:29elles font moins
01:02:30un travail
01:02:31de long terme
01:02:32elles ont moins
01:02:32un travail de suivi
01:02:33elles sont dans
01:02:34des tâches administratives
01:02:35elles sont dans
01:02:36des entrées
01:02:37des accueils
01:02:37et ça c'est un problème
01:02:39commun aux crèches privées
01:02:40et aux crèches publiques
01:02:41crèches publiques
01:02:42enfin crèches municipales
01:02:43associatives
01:02:44privées
01:02:44ils sont tous
01:02:45dans le même bâton
01:02:46il y a quelqu'un qui nous demande
01:02:46si ce serait possible
01:02:47de créer une instance
01:02:48indépendante
01:02:49qui va dans les crèches
01:02:49comme les comités d'hygiène
01:02:50dans les restos
01:02:52il y a
01:02:54des contrôles
01:02:55il y a des contrôles
01:02:56de la PMI
01:02:57la protection maternelle
01:02:58infantile
01:02:58il y a des contrôles
01:02:59est-ce qu'ils ont
01:02:59assez de moyens ?
01:03:00non c'est toujours
01:03:01le même sujet
01:03:03enfin
01:03:03c'est toujours pareil
01:03:05si moi
01:03:06mes enquêtes
01:03:07voient le jour
01:03:08que ce soit sur Orpéa
01:03:09ou sur
01:03:10People and Baby
01:03:11et que je découvre
01:03:12des pratiques
01:03:13notamment de détournement
01:03:14d'argent public
01:03:16de suroccupation
01:03:17pas
01:03:18de suroccupation
01:03:20Micheline
01:03:21directrice
01:03:21de tel établissement
01:03:22a mis 4 enfants
01:03:23en plus
01:03:23c'est le siège
01:03:25de certains de ces groupes
01:03:26qui demandent
01:03:27de dépasser
01:03:27de tant d'enfants
01:03:28sur l'ensemble
01:03:29de leur structure
01:03:30bon
01:03:30si il y a ce jeu là
01:03:32sur le ratio
01:03:33d'encadrement
01:03:33les effectifs
01:03:35des fraudes
01:03:36à l'argent public
01:03:37et que ça a été mis
01:03:38en place
01:03:38pendant 20 ans
01:03:39c'est que les contrôles
01:03:40n'ont pas été fait
01:03:41et je raconte
01:03:43oui manque de moyens
01:03:44souvent manque de compétences
01:03:46il faut un oeil
01:03:47financier et comptable
01:03:48pour découvrir certaines
01:03:49des fraudes
01:03:50et puis pas de remise
01:03:51en cause
01:03:51non plus
01:03:51dans les CAF
01:03:52ils se sont aperçus
01:03:52que ça ne marchait pas
01:03:53c'est un système
01:03:54ils l'ont maintenu
01:03:54et ils l'ont même
01:03:54renforcé en 2014
01:03:56ça je raconte
01:03:57effectivement
01:03:57c'est ce qui est
01:03:58le plus grave
01:03:58peut-être
01:03:59c'est qu'ils se sont
01:04:00rendus compte
01:04:00il y a des directeurs
01:04:01de CAF
01:04:02qui ont alerté
01:04:03la CNAF
01:04:04la Caisse Nationale
01:04:05des Affaires Familiales
01:04:07qu'il y avait des groupes
01:04:07comme People and Baby
01:04:08qui faisaient des fausses
01:04:09déclarations d'heures
01:04:10de présence de bébé
01:04:11pour toucher plus d'argent
01:04:13non c'est en 2019-2020
01:04:16il découvre ça
01:04:18c'est un peu avant le Covid
01:04:22il alerte la CNAF
01:04:24en leur disant
01:04:24il y a un problème là
01:04:25ça ne va pas
01:04:28ils font des fausses déclarations
01:04:29la réponse
01:04:30la relance
01:04:31la réponse
01:04:33et en fait il dit que
01:04:34il explique
01:04:35qu'il y avait des hauts
01:04:36il y avait des membres
01:04:38du conseil d'administration
01:04:39de la CNAF
01:04:40qui avait été informé
01:04:41et il ne s'est rien passé
01:04:43ils ont été informé aussi
01:04:44que des travaux
01:04:45étaient surfacturés
01:04:46et il ne s'est rien passé
01:04:47non plus
01:04:48enfin voilà
01:04:49tout l'argent
01:04:50l'argent public aussi
01:04:51qui va
01:04:52pour faire des travaux
01:04:53dans les crèches
01:04:54parfois les factures
01:04:55sont démentielles
01:04:57pas de vérification
01:04:58ça c'est un autre sujet
01:05:00c'est effectivement
01:05:01sur les subventions
01:05:02d'investissement
01:05:02où je racontais tout à l'heure
01:05:03qu'on donnait 8000 euros
01:05:04par place de berceau
01:05:06et moi on me raconte
01:05:07notamment des membres
01:05:08du service
01:05:09achats et travaux
01:05:10de People and Baby
01:05:11qu'en fait
01:05:13donc ils touchaient
01:05:148000 euros par berceau
01:05:15et ils devaient
01:05:17du coup faire un devis
01:05:18pour dire
01:05:19voilà ça va nous coûter tant
01:05:20la peinture
01:05:22la remise en état
01:05:23de ça etc
01:05:23et en fait
01:05:24ce qu'ils m'expliquent
01:05:25c'est qu'ils faisaient
01:05:25eux-mêmes
01:05:27les devis
01:05:27au lieu d'aller voir
01:05:28une entreprise
01:05:29de bâtiment
01:05:30de peinture
01:05:30pour faire les devis
01:05:31ils me disaient
01:05:32c'est moi
01:05:33un peu aux doigts mouillés
01:05:34en allant sur internet
01:05:35qu'ils faisaient un devis
01:05:37en grossissant le prêt
01:05:39et
01:05:40et donc
01:05:42ça déjà
01:05:42c'est pas légal
01:05:43et ensuite
01:05:45certains m'expliquent
01:05:46qu'en gros
01:05:47People and Baby
01:05:47faisait de la marge
01:05:48sur l'argent
01:05:50et je dis
01:05:51mais attends
01:05:52ils viennent jamais
01:05:53contrôler sur place
01:05:54ils se rendent pas compte
01:05:55que vous avez pas dépensé
01:05:56800 000
01:05:56mais plutôt
01:05:58400 000 de travaux
01:05:59ils me disent
01:06:00bah non en fait
01:06:00c'est ça tout le problème
01:06:02ils disent
01:06:02ils ne viennent pas sur place
01:06:04sinon ils verraient
01:06:05ils comprendraient
01:06:09qu'on n'a pas dépensé
01:06:10ce qu'on a dit
01:06:11simplement
01:06:12ils font un calcul
01:06:13de combien ça coûte
01:06:15de faire des travaux
01:06:16au mètre carré
01:06:17pour une crèche
01:06:18ils ont un calcul
01:06:21abstrait
01:06:22théorique
01:06:22pour l'ensemble
01:06:24de la France
01:06:25et sauf que
01:06:26quand vous avez des groupes
01:06:26comme People and Baby
01:06:27assez malins
01:06:29et qui peuvent trouver
01:06:30parfois
01:06:31des entreprises de travaux
01:06:33en leur disant
01:06:34bon allez
01:06:34moi tu sais quoi
01:06:34je te file
01:06:3615 marchés
01:06:37je te fais
01:06:3715 crèches
01:06:38mais tu fais en sorte
01:06:40de me sortir
01:06:4350 000 euros
01:06:44par crèche
01:06:45de moins que
01:06:46le budget
01:06:48bon bah
01:06:49sur la masse
01:06:50évidemment
01:06:51c'est possible
01:06:51et donc
01:06:52il y avait un sujet
01:06:53que m'ont rapporté
01:06:54plusieurs autres figures
01:06:56au cadre de People
01:06:57qui était de faire
01:06:58de la marge
01:06:59sur l'argent
01:07:00toucher
01:07:01l'argent public
01:07:02ça on est bien
01:07:03dans l'argent public
01:07:04voilà
01:07:04donc voilà
01:07:05parler de l'argent public
01:07:06pour équiper une crèche
01:07:07chez People and Baby
01:07:08on met des plantes
01:07:09à l'accueil
01:07:09mais pas de jeu
01:07:10pour les gamins
01:07:10parce qu'on met
01:07:12ce qui se voit
01:07:12surtout
01:07:13ça c'est un très gros
01:07:14sujet aussi
01:07:15qui est celui
01:07:16de la
01:07:18ce qu'ils ont appelé
01:07:20la qualité perçue
01:07:22la qualité perçue
01:07:23c'est une notion
01:07:24mise en place
01:07:24par People and Baby
01:07:26qui est en vrai
01:07:28effrayante
01:07:29qui parle comme ça
01:07:31sûrement dans les équipes
01:07:32certaines ont dû se dire
01:07:33que ça partait
01:07:33d'un bon sentiment
01:07:34c'est en gros
01:07:36non pas
01:07:36c'est ce que vont percevoir
01:07:38les familles
01:07:39quand elles arrivent
01:07:40c'est ce qui est
01:07:42comme dans les épaves
01:07:43c'est exactement pareil
01:07:44et donc
01:07:45c'est là où vous voyez
01:07:45que la vitrine
01:07:46est souvent plus importante
01:07:47que le fonctionnement
01:07:48réel
01:07:49d'une structure
01:07:50et je raconte comment
01:07:51mais j'ai eu plusieurs exemples
01:07:52une femme
01:07:54qui me rapporte
01:07:54qu'elle arrive
01:07:55dans une nouvelle crèche
01:07:56elle est directrice
01:07:57multi-sites
01:07:57de plusieurs structures
01:07:59et elle se rend compte
01:08:00qu'il y a une crèche
01:08:00où il n'y a pas assez
01:08:01de jouets d'enfants
01:08:02et donc elle demande
01:08:03un budget pour acheter
01:08:04des jouets
01:08:04parce que les enfants
01:08:05n'ont pas assez
01:08:05de jouets pour jouer
01:08:07et on lui dit
01:08:07non on est désolé
01:08:08il va falloir que
01:08:09tu attendes 6 mois
01:08:11ça a dépassé
01:08:12tes budgets
01:08:13ok
01:08:14et quelques semaines
01:08:15plus tard
01:08:15elle a un contrôle
01:08:17de sa supérieure
01:08:18qui vient sur son site
01:08:19et qui lui dit
01:08:20écoute ça ne va pas
01:08:21l'entrée
01:08:21il faut que ça soit
01:08:22un peu plus joli
01:08:23mais mets moi
01:08:24une plante
01:08:24un petit cadre
01:08:25et un fauteuil
01:08:27et elle lui dit
01:08:29ok
01:08:29mais je suis hors budget
01:08:31et donc il dit
01:08:32écoute
01:08:32non ça c'est un budget
01:08:34différent
01:08:34donc t'inquiète pas
01:08:35tu auras ton budget
01:08:37et ça l'a rendu
01:08:38par égal
01:08:39elle a dit
01:08:40mais comment
01:08:41vous me donnez
01:08:42de l'argent
01:08:42pour acheter une plante
01:08:43à l'accueil
01:08:44et pas d'argent
01:08:45pour acheter des jouets
01:08:46pour les enfants
01:08:47et elle s'est plainte
01:08:48à son supérieur
01:08:48et c'est peu de temps
01:08:49après qu'elle a été
01:08:50sorti du groupe
01:08:51il nous reste trois minutes
01:08:53donc que devient
01:08:54que devient monsieur Durieux
01:08:55et sa femme
01:08:56que deviennent-ils
01:08:56comment vont-ils
01:08:57c'est la question
01:08:59à un milliard d'euros
01:09:01ça a de réponse
01:09:02c'est
01:09:03c'est le
01:09:03un milliard d'euros
01:09:05c'est ce qu'ils vous ont proposé
01:09:06pourquoi ?
01:09:07c'est la valorisation
01:09:08selon lui
01:09:11et son banquier d'affaires
01:09:13Mathieu Pigasse
01:09:14de ce que valait
01:09:16ce que vaut
01:09:17People and Baby
01:09:18en ce moment
01:09:19et
01:09:21et non
01:09:22moi je l'ai rencontré
01:09:23au début de l'été
01:09:24quand j'ai envoyé
01:09:25mes questions
01:09:25on a passé plus de 7 heures
01:09:26ensemble
01:09:28où j'ai
01:09:28et il a eu plus de temps
01:09:29que nous
01:09:307 heures
01:09:312 fois 3 heures et demie
01:09:33assez
01:09:35assez virulente
01:09:36enfin
01:09:38c'était assez musclé quoi
01:09:39où je lui donnais
01:09:40la possibilité de répondre
01:09:41donc j'ai mis
01:09:41un certain nombre
01:09:42de ses réponses
01:09:43et
01:09:43et oui
01:09:44depuis la rentrée
01:09:46en fait
01:09:46ce qui est intéressant
01:09:47c'est le silence
01:09:48moi je pensais
01:09:49qu'un certain nombre
01:09:50de ces groupes
01:09:51que ce soit
01:09:51chez People and Baby
01:09:53notamment les fondateurs
01:09:54que ce soit
01:09:54les petits chapeaux en rouge
01:09:56la maison bleue
01:09:56que ce soit au gouvernement
01:09:57il allait se passer
01:09:58quelque chose
01:09:58il se passe quelque chose
01:10:00de très intéressant
01:10:01au niveau politique
01:10:02il y a des députés
01:10:04qui font
01:10:04une proposition de loi
01:10:06récente
01:10:06du parti socialiste
01:10:07qui porte ça
01:10:08il y a
01:10:09et non pas une mission flash
01:10:11comme ça
01:10:11non mais il y a une mission
01:10:13au Sénat
01:10:13il y a des députés
01:10:14qui font des propositions
01:10:15de loi
01:10:15il y en a d'autres
01:10:16qui font des amendements
01:10:17des questions au gouvernement
01:10:18ça bouge
01:10:19et puis globalement
01:10:20au niveau
01:10:21à l'échelle locale
01:10:22dans les mairies aussi
01:10:23il y a un vrai débat politique
01:10:25notamment sur le low cost
01:10:26avec des élus d'opposition
01:10:27qui disent
01:10:28bon maintenant ça suffit
01:10:30ce low cost
01:10:31et ses délégations
01:10:32de services publics
01:10:32sur le secteur des crèches
01:10:34donc ça a entraîné
01:10:35un vrai débat politique
01:10:36et en revanche
01:10:37il y a deux grands
01:10:40silencieux
01:10:40c'est le gouvernement
01:10:42qui effectivement
01:10:43ne réagit pas
01:10:45moi j'étais sûr
01:10:45d'une chose
01:10:46on ne peut jamais savoir
01:10:47quand on sort un livre
01:10:47si ça va prendre
01:10:49dans l'opinion publique
01:10:50et dans les médias
01:10:51mais en revanche
01:10:52je suis toujours à peu près sûr
01:10:53que ça va prendre
01:10:55judiciairement
01:10:55qu'il va y avoir une action
01:10:56j'étais à peu près sûr
01:10:57pour ça
01:10:59et que le gouvernement
01:11:00en gros
01:11:00notamment parce qu'il s'agit
01:11:02d'argent public
01:11:02allait lancer
01:11:04une demande d'enquête
01:11:06de l'IGAS
01:11:07l'inspection générale
01:11:08des affaires sociales
01:11:09ou de l'IGF
01:11:09l'inspection générale
01:11:10des finances
01:11:13et puis faire
01:11:14potentiellement
01:11:14un dépôt de plainte
01:11:15comme il avait fait
01:11:15pour RPA
01:11:16toi par exemple
01:11:16tu n'as pas été auditionné
01:11:17tu n'as pas été
01:11:18moi j'ai été auditionné
01:11:19par des parlementaires
01:11:20ok
01:11:20mais jamais
01:11:21la ministre
01:11:22la nouvelle ministre
01:11:23Agnès Canaillé
01:11:24n'a
01:11:25ne m'a
01:11:27demandé de venir
01:11:28n'a
01:11:29convoqué
01:11:30les patrons
01:11:31de People and Baby
01:11:32ou d'autres groupes
01:11:33n'a lancé une enquête
01:11:35enfin il n'y a eu
01:11:36aucune réaction
01:11:37de la part du gouvernant
01:11:38je raconte
01:11:38mais je ne ferai pas là
01:11:40dans le détail
01:11:41le fait qu'il soit
01:11:43particulièrement
01:11:43mal à l'aise
01:11:44avec le cas d'Aurore Berger
01:11:46qui est cité
01:11:46dans le livre
01:11:48et mis en cause
01:11:49c'est la telle
01:11:50qui a porté plainte
01:11:51contre vous ?
01:11:52alors la fédération
01:11:53indique qu'elle a lancé
01:11:55une plainte
01:11:55on n'a pas reçu
01:11:56bah oui oui
01:11:57c'est toujours la même affaire
01:11:58c'est l'affaire
01:11:58ils sont tendus
01:11:59pour mettre des choses
01:12:00et donc
01:12:01c'est vrai
01:12:02qu'il y a
01:12:04là
01:12:05une concordance
01:12:06d'intérêt
01:12:06entre le gouvernement
01:12:08et les groupes privés
01:12:10qui tous
01:12:10jouent un jeu
01:12:12de com
01:12:13qui est assez habile
01:12:15il faut absolument
01:12:16pas réagir
01:12:18rien faire
01:12:18pour que ça
01:12:19retombe
01:12:20c'est le sentiment
01:12:21que tu avais aussi
01:12:21pour ton premier ouvrage
01:12:22ou il était moins présent
01:12:23du coup ?
01:12:24non parce que quand même
01:12:25à l'époque
01:12:26la ministre avait réagi
01:12:28avait lancé
01:12:29une enquête
01:12:30IGAS
01:12:31et IGF
01:12:31et qui avait découvert
01:12:33le patron a été débarqué
01:12:34il s'était passé quelque chose
01:12:36il s'était passé quelque chose
01:12:37et là il se passe quelque chose
01:12:38au niveau
01:12:39parlementaire
01:12:40au niveau politique
01:12:40mais au niveau de l'exécutif
01:12:42rien
01:12:42et les groupes du secteur
01:12:44qui avaient tous intérêt
01:12:45à aller dans les médias
01:12:46à réagir
01:12:47à dire
01:12:47mais non c'est pas vrai
01:12:48c'est pas vrai sur ci
01:12:50c'est pas ça
01:12:50voilà
01:12:52tous je sais
01:12:53pour avoir un certain nombre
01:12:54de sources
01:12:56notamment dans la com
01:12:57ils ont été contactés
01:12:59enfin leurs conseillers en com
01:13:00leur ont dit
01:13:01tout le monde se cache
01:13:02mais ils n'ont répondu
01:13:04enfin je sais pas
01:13:04aucun journaliste
01:13:05mais aucun journaliste
01:13:06en tout cas
01:13:07nous on ne les a pas eus
01:13:08non non
01:13:09mais quand ils sont invités
01:13:11sur des plateaux télé
01:13:11que ça soit sur des chaînes d'info
01:13:13que ça soit sur France Télévisions
01:13:15ils n'y vont jamais
01:13:17parce qu'on leur a dit
01:13:18il faut jouer la montre
01:13:20et faire en sorte
01:13:21que le sujet retombe
01:13:22et donc moi mon travail
01:13:24c'est pas d'être militant
01:13:25mais mon travail de journaliste
01:13:26c'est faire en sorte
01:13:27que le sujet reste
01:13:28et bien
01:13:29j'espère qu'on y a un petit peu
01:13:31contribué
01:13:32on a parlé du sujet
01:13:34c'est très important
01:13:34c'est là où
01:13:35bon vous avez
01:13:35moi j'ai un travail
01:13:36de mise en lumière
01:13:38d'un sujet
01:13:38après il y a une responsabilité
01:13:39globale des médias
01:13:41de faire en sorte
01:13:42au milieu de cette actu
01:13:43où il y a plein de sujets
01:13:45des sujets
01:13:47compliqués de faire une place
01:13:48des sujets internationaux
01:13:49avec l'Ikraine
01:13:51ou le conflit israélo-palestinien
01:13:53des sujets français
01:13:54avec
01:13:57notamment sur la sécurité
01:14:00il y a ces sujets là
01:14:01et il faut que ces sujets aussi
01:14:05qui sont des sujets
01:14:06de société très important
01:14:07qui touchent les plus vulnérables
01:14:09continuent à être portés
01:14:10par les médias
01:14:11au milieu de tout ça
01:14:12parce que là
01:14:13ça nous concerne tous
01:14:13potentiellement
01:14:14on a tous des gamins
01:14:15et on sera tous vieux
01:14:16de toute façon un jour
01:14:17et on n'a pas envie
01:14:18d'être traités
01:14:19voilà on espère
01:14:20c'est la meilleure chose
01:14:21qui peut peut-être nous arriver
01:14:24c'est repartir tôt
01:14:25d'accord
01:14:25la pièce est ouverte
01:14:27n'hésite pas
01:14:27mais non
01:14:28on te regarde un peu
01:14:29bon Victor
01:14:30ça fait un plaisir
01:14:31d'être ici
01:14:32vraiment
01:14:32t'as le temps de nous dire
01:14:34en deux secondes
01:14:34sur quoi tu bosses
01:14:35ou c'est top secret
01:14:37je sais pas
01:14:38en fait
01:14:38j'ai reçu beaucoup de propositions
01:14:39est-ce que ça va encore
01:14:41ce bavis
01:14:41où il y a des choses
01:14:42je me suis posé la question
01:14:43soit je repars
01:14:45dans cette ligne
01:14:45de travailler sur la vulnérabilité
01:14:47parce qu'il y a beaucoup de sujets
01:14:49et de sujets passionnants
01:14:50l'hôpital psychiatrique
01:14:52ouais
01:14:52ouais c'est un sujet passionnant
01:14:54l'ASE aussi
01:14:55oh bah oui
01:14:56c'est un sujet passionnant
01:14:57t'es inquiète pas uniquement en France
01:14:58aussi
01:14:58il y a des gens qui demandaient
01:14:59pourquoi pas la Belgique
01:15:00là
01:15:01potentiellement bien sûr
01:15:03et donc je sais pas encore
01:15:04ou alors partir
01:15:05sur d'autres thématiques
01:15:08il y en a beaucoup
01:15:10je sais pas
01:15:10en tout cas ce qui est sûr
01:15:11c'est que ça sera une enquête
01:15:12longue
01:15:12qui prendra du temps
01:15:14est-ce que ça met la pression
01:15:15d'avoir écrit
01:15:19les faux soyeurs
01:15:20qu'il y a une commission d'enquête
01:15:21etc
01:15:22ensuite les ogres
01:15:24grosse reprise médiatique
01:15:26etc
01:15:26est-ce que ça te met la pression
01:15:27là aujourd'hui
01:15:28pour le prochain
01:15:30alors
01:15:31si j'étais totalement
01:15:32si j'étais pas honnête
01:15:33je dirais non
01:15:34je me fiche
01:15:34mais
01:15:35oui en fait
01:15:36tu essaies toujours
01:15:36tu veux pas faire moins bien
01:15:38qu'avant
01:15:38après il y a des choses
01:15:39est-ce que tu peux refaire
01:15:41Orpea
01:15:42c'était une anomalie aussi
01:15:43on a fait
01:15:44je sais plus
01:15:44de 240 000 ventes
01:15:46enfin
01:15:46c'est pas jamais
01:15:47c'est pas un peu plus facile
01:15:49quand même
01:15:50enfin voilà
01:15:51les témoins sont peut-être
01:15:52plus faciles à approcher
01:15:53je sais pas
01:15:54alors il y a
01:15:55il y a plein d'avantages
01:15:56les médias
01:15:57font plus confiance
01:15:58ils sont plus à l'écoute
01:15:59etc
01:16:00après si t'as une mauvaise enquête
01:16:01t'as une mauvaise enquête
01:16:01personne la soutient
01:16:03et c'est pareil
01:16:04avec les sources
01:16:05c'est-à-dire que
01:16:07il y a des sources
01:16:08qui au moins
01:16:09se disent
01:16:09ce qui a changé
01:16:10c'est
01:16:10on sort pas du bois pour rien
01:16:12il ira au bout
01:16:12il passera quelque chose
01:16:13si on témoigne
01:16:14donc ça c'est très important
01:16:15c'est un gage de sérieux
01:16:18c'est important
01:16:19c'est très important
01:16:20après
01:16:22pour avoir
01:16:23quelque chose de décisif
01:16:25il faut avoir
01:16:26des très grosses sources
01:16:27des gens tout là-haut
01:16:28moi c'est comme ça
01:16:29que je travaille
01:16:30je vais voir au siège
01:16:31et puis j'essaye de monter
01:16:32monter monter
01:16:33bon bah
01:16:33ces gens-là
01:16:34ils viennent
01:16:35si t'as beaucoup d'infos
01:16:37si tu fais un travail sérieux
01:16:39s'ils sentent
01:16:40que t'arrives
01:16:41avec quelque chose
01:16:41enfin ce boulot d'investigation
01:16:43tu le réduis pas
01:16:44parce que t'es connu
01:16:44de toute façon
01:16:45ah bah non non
01:16:46les Zog m'ont demandé
01:16:48autant de boulot
01:16:49et parfois
01:16:50ça a été très éprouvant
01:16:51que les faux soyeurs
01:16:53mais
01:16:55oui c'est-à-dire
01:16:56qu'il y a une pression
01:16:57je sais pas
01:16:58en tout cas
01:16:58moi je passe pas
01:17:00trois ans de ma vie
01:17:00sur un sujet
01:17:02si c'est pas pour qu'il y ait
01:17:03de l'impact
01:17:03donc ma pression
01:17:05elle est là
01:17:05je veux qu'il se passe
01:17:06quelque chose
01:17:06ok
01:17:07alors il faut évidemment
01:17:08vendre des livres
01:17:09parce que sinon
01:17:09tout simplement
01:17:10tu peux pas faire
01:17:11d'autres enquêtes
01:17:11t'as pas d'argent
01:17:12pour faire d'autres enquêtes
01:17:13donc pour que je puisse
01:17:15travailler deux ans
01:17:15sur un sujet
01:17:16il faut que je vende
01:17:16un certain nombre
01:17:17de livres
01:17:17sinon c'est pas possible
01:17:18mais la vraie pression
01:17:20c'est
01:17:20est-ce que j'ai passé
01:17:21trois ans
01:17:22si c'est juste passé
01:17:23trois ans
01:17:23pour arriver dans les médias
01:17:25et repartir
01:17:26c'est pas très intéressant
01:17:27si c'est pour que ça
01:17:28entraîne un vrai débat
01:17:30et j'espère que c'est
01:17:32ce qui est en train
01:17:32de se passer
01:17:32dans les crèches
01:17:33sur le low cost
01:17:34si par exemple
01:17:34je vois que le low cost
01:17:37dans les prochains mois
01:17:38ou dans un an
01:17:39il est stoppé
01:17:40parce qu'on met
01:17:40un prix plancher
01:17:42qu'on peut pas vendre
01:17:43un berceau en dessous
01:17:44de tel prix en France
01:17:44et tout
01:17:45je me dirais
01:17:45ah ok
01:17:46là on a fait notre taf
01:17:47et ça vaut le coup
01:17:48de recommencer
01:17:49c'est plus là la pression
01:17:50bon bah nous
01:17:50on s'engage à suivre
01:17:51alors on regardera
01:17:52tu prends une photo
01:17:53ça m'amuse
01:17:53bon bon
01:17:54si prends la photo
01:17:56c'est très twitch
01:17:57ça
01:17:58la photo
01:17:58la photo c'est très twitch
01:18:00n'est-ce pas
01:18:01c'était un plaisir
01:18:02en tout cas
01:18:02pareil
01:18:03plaisir partagé
01:18:04vraiment
01:18:04et puis donc
01:18:05lisez les ogres
01:18:06c'est chez
01:18:07flammarion
01:18:09voilà
01:18:09non c'est en plus
01:18:10c'est un livre
01:18:11sympa à lire
01:18:12même si c'est des choses
01:18:13horribles
01:18:13c'est quand même
01:18:14très très sympa à lire
01:18:15en tout cas
01:18:16j'ai fait
01:18:16j'ai fait ce travail là
01:18:17pour cueillir
01:18:19un vrai récit
01:18:20voilà
01:18:20et suivez
01:18:21le fils durieux
01:18:22sur les réseaux sociaux
01:18:24c'est intéressant
01:18:24pour découvrir
01:18:25ses vacances
01:18:25à Saint-Barth
01:18:26bah ses vacances
01:18:27sa maison
01:18:28à Saint-Barth
01:18:28et l'hélicoptère
01:18:29et l'hélicoptère
01:18:29je ne sais pas
01:18:30si l'hélicoptère
01:18:31il y a vraisemblablement
01:18:32une photo de l'hélicoptère
01:18:33c'est ça
01:18:34merci en tout cas
01:18:35à bientôt
01:18:36merci