00:00 En août 2022, cette micro-crèche a été fermée provisoirement
00:03 par la préfecture de Seine-Saint-Denis.
00:06 Une décision exceptionnelle qui fait état d'un doute réel et sérieux
00:10 sur la qualité et la sécurité des enfants
00:13 pris en charge dans cette structure.
00:16 C'est une micro-crèche privée qui accueille une douzaine d'enfants environ.
00:20 Et en fait, on est une majorité de parents à avoir décidé de retirer nos enfants
00:25 parce qu'on a constaté des dysfonctionnements vis-à-vis des enfants.
00:30 Nous, les parents, anciens parents et anciennes employées,
00:35 on voudrait que cet établissement soit fermé définitivement.
00:39 Claire n'est pas seule dans ce combat qu'il oppose à la gestionnaire.
00:45 29 parents l'ont rejointe ainsi que 8 employés
00:48 qui ont travaillé dans cette crèche depuis son ouverture en 2019.
00:53 Le collectif a constitué un long dossier
00:55 dans lequel il a recueilli de nombreux témoignages de dysfonctionnements
00:59 et de maltraitance envers les enfants.
01:02 Par exemple, on a eu un témoignage comme quoi la gestionnaire
01:05 avait bouché le nez d'un enfant pour qu'il ouvre la bouche.
01:08 C'est un réflexe mécanique.
01:10 Et pour lui enfourner une cuillère de purée de poisson ou de que sais-je.
01:15 Et donc, à partir de ce moment-là, vous, votre enfant ne mange plus.
01:18 Donc vous faites la corrélation et vous vous dites
01:20 "Bon, si ça se trouve, ma fille aussi on l'a forcé."
01:23 Et donc là, elle ne veut plus.
01:24 Amandine Nizet, ancienne salariée de la micro-crèche,
01:27 décrit des enfants stressés par une gestionnaire à bout.
01:31 Elle ouvrait sa petite fenêtre, comme vous disiez tout à l'heure.
01:33 Elle ouvrait sa fenêtre et passait sa tête d'une tête d'une colère.
01:38 "Bon, si tu ne t'es pas..."
01:39 Et elle disait le prénom de l'enfant.
01:41 "Je te mets chez le boucher comme ça, il va te découper."
01:43 Et là, "Bon, mais refermez la fenêtre."
01:45 Une heure après, voilà, mais après...
01:46 "Non, mais si tu ne t'es pas, je vais te couper la langue."
01:48 Hop, on referme, on rouvre une heure après.
01:51 "Oh, mais coupez-lui le zizi."
01:52 Et nous, on était là en train de gérer, mais enfin,
01:54 voilà, c'est comme Claire disait.
01:55 Certes, il n'y avait pas de coup, il n'y avait pas, voilà.
01:57 Mais la maltraitance psychologique, c'est la pire.
02:02 Parce qu'elle ne se voit pas.
02:03 On met du temps à la déceler, mais surtout, on met du temps à la soigner.
02:07 Le collectif reproche aussi à la gestionnaire
02:10 de ne pas bien connaître la réglementation.
02:12 Certains jeux et du matériel n'auraient pas été conformes aux normes.
02:17 Résultat, de petites blessures.
02:19 - Là, c'est des éléments du dossier qui est très, très, très fourni.
02:24 Mais bon, c'est des exemples, c'est des exemples de blessures d'enfants
02:29 au sein de la crèche.
02:31 Un incident plus grave a inquiété les parents.
02:35 - Je récupère ma fille un soir à la crèche et je l'avais déposée le matin.
02:40 Tout allait bien. Je la récupère le soir.
02:42 Elle toussait. Elle toussait comme si elle était encombrée, en fait.
02:45 Et c'est juste au moment du coucher, en fait,
02:47 où je me mets à lui changer sa couche.
02:49 Donc, je l'allonge.
02:50 Et par je ne sais quel miracle, en fait, je l'ai vue ouvrir la bouche.
02:54 Il y avait quelque chose qui sortait de sa bouche.
02:56 Donc, moi, je me suis précipité dans sa bouche pour savoir ce que c'était.
03:00 J'ai tiré quelque chose de sa bouche et je me suis retrouvée
03:03 avec un morceau de plastique à peu près comme ça,
03:05 de la taille d'une grosse pièce de monnaie en chocolat, on va dire,
03:08 qui était hyper adhésif.
03:10 Après, j'ai été plutôt cash avec la gestionnaire.
03:13 C'est que vous ne vous rendez pas compte que si je n'avais pas trouvé
03:15 ce morceau-là avant de la coucher, j'aurais pu la retrouver morte le lendemain.
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